Triste chronique d’une pandémie. Grande leçon d’humilité

La France manque de tests…

Monique Cochinal

En novembre 2019, au moment où, chaque année, une épidémie de grippe sévit, on entend parler de « grippette », en signalant quelques cas isolés. Mais, n’ayons crainte, notre système de santé est le meilleur d’Europe, et le corona virus responsable de la grippe, nous le connaissons. Du reste, nous avons un vaccin très efficace. Bonnes gens dormez bien, dormez tranquilles !

Presque à la même époque, dans une province éloignée d’Extrême-Orient, on parle d’une épidémie plus sérieuse et l’on voit circuler les habitants tous masqués. Oh ! Rien d’anormal : ils sont bien habitués à cette protection …. Il y a une telle pollution dans l’air : trop d’usines polluantes, trop de gaz carbonique … Heureusement rien de semblable en France, nous y veillons !!

Il faut dire que nos « élites » avaient d’autres chats à fouetter : elles devaient faire face à une longue série de grèves, manifestations violentes de personnes de tous bords opposées à cette grande réforme (une de plus) de notre archaïque système des retraites. Une bonne majorité de la population française, désemparée par tant d’hésitations, d’incohérences et d’incompréhensions, se sentait abandonnée, et les plaintes s’amplifiaient : trop de réformes, trop de lois votées vite, non appliquées. Les principaux ministères étaient en panique : réforme du travail, réforme de la santé, réforme de l’éducation nationale, réforme de la justice, réforme de la constitution. Trop de chantiers commencés en même temps, traités froidement, sans aucune considération de l’être humain, le grand principe étant partout la « Rentabilité ». Dans les territoires éloignés et les villes de province : fermeture des maternités (non rentables), fermeture des petits hôpitaux de province (non rentables), fermeture des centres médicaux (manque de médecins, manque d’infirmières, manque d’aides soignants, de kinésithérapeutes), fermeture de petites écoles (pas assez d’enfants et manque d’enseignants).

Très vite, dans cette ambiance plus que morose, tout va basculer, et la « petite grippette » va devenir une redoutable pandémie. Tous les pays de la planète seront touchés. Ce virus invisible, que l’on croyait connaître, va se répandre à la vitesse de l’éclair, et apporter deuils, tristesse, malheur, crise sanitaire, crise économique, crise sociale. « Nous sommes en guerre », annoncera notre Président. Notre ennemi ? Un microscopique virus, aux effets imprévisibles, qui laisse impuissants et désarmés nos plus grands scientifiques mondiaux.

Devant une pandémie ou une guerre, tout Etat se doit de prendre rapidement des décisions précises, faire des choix difficiles, avec, avant toute chose, le souci de protéger la population, et éradiquer, le plus vite possible, le mal, en oubliant les querelles politiciennes, la vanité prétentieuse. Pour mériter confiance, reconnaissance et respect, il faut savoir reconnaître ses torts, humblement et sincèrement, et dire toujours la vérité, aussi dure soit-elle. Il faut savoir diriger fermement, mais sans accuser et juger (une main de fer dans un gant de velours). Il faut savoir rassurer et non effrayer.

Ce n’est qu’en temps de catastrophe naturelle, guerre, pandémie, que l’on distingue la force et les capacités d’un Chef d’Etat et sa bonne gouvernance. En Europe, où la pandémie bat son plein, on voit se profiler une fin plus rapide, dans les Etats les plus forts du Nord (Allemagne, Danemark, Suède, Luxembourg, Suisse, Belgique, Hollande) et un durcissement de la situation dans les Etats les plus faibles du Sud (Italie, Grèce, Espagne).

En France, hélas, nous atteindrons très prochainement le chiffre impressionnant  de 30 000 décès du coronavirus, et probablement plus à la fin de cette pandémie, car il est toujours présent. Un triste bilan, qui a révélé des incohérences, des incompétences, des négligences de la part de notre gouvernement : masques manquants, lits manquants et matériels médicaux introuvables dans les services de réanimation, services d’urgence des hôpitaux publics débordés, pénurie de médicaments indispensables pour soulager les souffrances des malades, menacés très vite de mort par asphyxie. Puis, très vite, confinement déclaré officiellement, fermeture de toutes les écoles, tous les services administratifs, mais, « en même temps » maintien du premier tour des élections municipales. Transparence absolue avec, chaque soir, le nombre de décès en 24 heures, le nombre d’amendes distribuées pour non respect du confinement, mais « en même temps » pas encore assez de masques, de médicaments, d’appareils respiratoires, de sur-blouses pour nos soignants.

La période du « déconfinement » (un nouveau mot inventé par nos gouvernants) n’est pas plus claire avec la réouverture des écoles, mais dans certaines conditions sanitaires : masques obligatoires pour les enseignants, distance de plus d’un mètre entre chaque élève, désinfection des locaux, du matériel utilisé plusieurs fois par jour, lavage des mains au savon très souvent dans la journée, et cours donnés par groupe de 15 enfants maximum, deux jours par semaine seulement. La France est partagée en deux zones : zone verte et zone rouge, mais « en même temps » le virus circule toujours dans toute la France. Donc, restons vigilants, et surveillons les nouveaux cas partout, avec des tests, qui arrivent avec difficulté et manquent encore sur le terrain. On craint même qu’ils arrivent en masse au moment où ils deviendront inutiles. Iront-ils moisir au fond d’un hangar ?

Le gouvernement devra rendre compte devant nos deux assemblées de cette mauvaise gestion de la crise, car nous avons droit à la vérité. Combien de morts évités ? Combien de souffrances soulagées ? Combien de malheurs épargnés ? Pourquoi le décès de mon grand frère, certes âgé (il aurait eu 93 ans en septembre 2020), mais en pleine forme physiquement et intellectuellement, confiné dans son appartement, en plein centre de la ville de Massy, mais obligé de sortir pour se ravitailler, sans masque de protection, car, à cette époque, hélas ! On nous affirmait que le port d’un masque était inutile, pour cacher la vérité : il n’y avait plus de masques de protection, la réserve sanitaire ayant moisi dans un entrepôt, donc devenue inutilisable elle fut brûlée.

Plutôt que de distribuer primes, médailles, belles paroles de reconnaissance aux plus petits de nos soignants, aux plus humbles travailleurs, tous nos vaillants soldats en première ligne, dès le début de la crise, nos gouvernants sauront-ils reconnaître et apprécier leurs valeurs humaines. Relisons la belle fable de La Fontaine : le lion et le souriceau, et mettons à profit la morale de ce récit : « on a souvent besoin d’un plus petit que soi ».

URGENT: How France Lost the Weapons to Fight a Pandemic

The French once thought of medical gear, like fighter jets, as a national security asset that had to be made at home. But cuts and outsourcing have left them scrambling for masks, tests and even pain pills.

 By Norimitsu Onishi and Constant Méheut

PARIS — When President Emmanuel Macron repeatedly declared “war” on the coronavirus in March, he solemnly promised that France would support “front-line” health workers with “the means, the protection.”

The reality was that France was nearly defenseless.

The government’s flip-flopping policies on past pandemics had left a once formidable national stockpile of face masks nearly depleted. Officials had also outsourced the manufacturing capacity to replenish that stockpile to suppliers overseas, despite warnings since the early 2000s about the rising risks of global pandemics.

That has left France — unlike Germany, its rival for European leadership — dependent on foreign factories and painfully unable to ramp up domestic production of face masks, test kits, ventilators and even the thermometers and over-the-counter fever-reducing medicines to soothe the sick.

Today, as it has begun loosening one of the world’s strictest lockdowns, France has become a case study in how some countries are now reconsidering their dependence on global supply chains built during the past two decades on the mantra of low costs and quick delivery. Even now, France has no guarantees that it can secure enough supplies in the coming weeks to protect against a potential second wave of the virus.

 

 

Waiting for a coronavirus test in Paris in March. France couldn’t carry out large-scale testing because it lacked cotton swabs and reagents, low-value but crucial elements that had been outsourced to Asia.Credit…Philippe Lopez/Agence France-Presse — Getty Images

“In times of crisis, we can no longer switch from one production zone to another to get our essential products,” Louis Gautier, the former director of the General Secretariat for Defense and National Security, a powerful inter-ministerial unit inside the prime minister’s office that coordinates the response to large-scale crises, said in an interview. “The issue of strategic stocks and secure supplies has to be reconsidered. A new model has to be invented.”

France had long identified masks as indispensable in a pandemic yet the government had mostly stopped stockpiling them during the past decade, mainly for budgetary reasons. Domestic production collapsed at the same time the country’s pharmaceutical industry was also moving overseas.

France had decided “that it was no longer necessary to keep massive stocks in the country, considering that production plants were able to be operational very quickly, especially in China,” the health minister, Olivier Véran, said in Parliament in March.

But the scope and speed of the coronavirus defied that logic. Still reeling from its own outbreak, China, the world’s leading maker of masks, was overwhelmed with orders. India, a top exporter of medication, temporarily banned exports for fear of shortages.

As the globalized supply chain broke down, French health officials lost critical time as the national government — as well as cities, towns and even wards — scrambled to buy supplies directly from China and elsewhere. The government organized highly publicized airlifts of masks from China, betraying both its desperation and its dependence.

 

Unloading boxes of masks from China at an airport in Bussy-Lettree last month. The government organized highly publicized airlifts of masks from China, betraying both its desperation and its dependence.Credit…Benoit Tessier/Reuters

France has suffered more than 27,000 deaths and one of the world’s highest fatality rates, 60 percent greater than in the United States.

“We will have to rebuild France’s agricultural, health, industrial and technological independence,” Mr. Macron said in a recent address.

To many critics, France’s defenselessness in face of the virus was the logical conclusion of the hollowing out of France’s manufacturing base — a transformation that has deepened inequality and fueled violent protests, like the Yellow Vest movement.

In the early 2000s, Germany had a slight edge over France in manufacturing and exporting PCR test kits — the most widely used today to detect the virus — and oxygen therapy equipment, according to United Nations data. But by 2018, Germany had a $1.4 billion trade surplus for PCR test kits whereas France had a deficit of $89 million.

While Germany was able to quickly mobilize its industry to fight the pandemic, France was paralyzed. It couldn’t carry out large-scale testing because it lacked cotton swabs and reagents, low-value but crucial elements that had been outsourced to Asia.

“France has deindustrialized too much since the 2000s — it’s paying for it today,” said Philippe Aghion, an economist who teaches at Harvard and Collège de France.

In a still unpublished study, Mr. Aghion and economists at the Free University of Brussels found that over all, countries with the capacity to manufacture test kits and related instruments, like Germany and Austria, had so far suffered fewer deaths during the pandemic.

In France, shortages have affected even basic goods. Drugstores ran out of thermometers. Supplies of paracetamol — a common pain reliever sold as Tylenol in the United States — became so dangerously low that the authorities restricted its sale.

Waiting outside a pharmacy in Paris in March. Shortages have affected even basic goods, with drugstores running out of thermometers and supplies of paracetamol becoming so dangerously low that the authorities restricted its sale.Credit…Dmitry Kostyukov for The New York Times

The last European factory producing the medication was in France, near the city of Lyon, but it closed in 2008, according to France’s National Academy of Pharmacy. The association has long warned of France’s growing dependence on foreign drugmakers, noting that 60 to 80 percent of active pharmaceutical ingredients in Europe are imported — compared with 20 percent three decades ago.

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“Nothing has been done at the government level to stop this,” said Marie-Christine Belleville, a member of the academy.

Warnings, in fact, had been issued for years.

In the aftermath of the SARS pandemic in Asia in 2003, French officials analyzed the risks in a series of reports and built up a national stockpile of masks and other protective equipment manufactured by domestic suppliers — in keeping with a Gaullist tradition of maintaining a strong domestic defense industry that also exports Rafale fighter jets, submarines, minesweepers and frigates to the world.

In 2006, a government pandemic plan recommended a series of measures, including creating stockpiles of masks. A year earlier, France’s Health Ministry signed a five-year contract to buy 180 million masks a year that Bacou-Dalloz, then the biggest mask manufacturer in France, would produce at a factory in Plaintel, about 280 miles from Paris.

Details from the contract, a copy of which was obtained by The New York Times, reveal the government’s strategic thinking at the time. Securing a domestic supplier would help France avoid being “exclusively dependent on importations that would be disrupted in the context of a pandemic.”

The contract would ensure the government’s “renewal of its stockpile of masks” as older stocks reached their expiration date. And during a pandemic, the government could requisition the plant’s production.

Employees sorting FFP2 masks at the Bacou-Dalloz factory in Plaintel, France, in 2005. The factory, which had once been running 24 hours a day, saw its business shrivel and eventually closed in 2018.Credit…Fred Dufour/Agence France-Presse — Getty Images

The government order “monopolized the Plaintel factory’s entire production capacity,” said Jean-Jacques Fuan, a former director of the plant.

By 2008, the government issued a white paper that for the first time cited pandemics as a potential national threat, ranking it fourth behind terrorism, cyberwarfare and a ballistic missile attack.

“In the next 15 years, the arrival of a pandemic is possible,” the paper warned. It could be highly contagious and lethal, it said, and could come and go in waves for weeks or months.

But soon afterward, many politicians began criticizing the policy of stockpiling masks and medication as wasteful. About 383 million euros spent in 2009 on acquiring 44 million vaccinations against the H1N1 flu caused a political scandal after less than 9 percent of French people were vaccinated.

In 2013, the General Secretariat for Defense and National Security issued new pandemic directives emphasizing “overall savings” and reducing the importance of maintaining a stockpile. Surgical masks would be stocked, but not the more sophisticated FFP2 masks that, the report noted, cost 10 times as much.

The directives also transferred the responsibility — and costs — for securing and stockpiling masks to public and private employers. This contributed to the severe shortages that France has suffered in recent months, as government officials became less engaged on the issue.

Mr. Gautier, the former director of the general secretariat, said that the new directives had been intended to improve the distribution of masks by requiring employers, like hospitals, to stock them and to make them legally responsible for the protection of their employees.

Outside a hospital in Paris in March. Directives taken in 2013 transferred the responsibility — and costs — for securing and stockpiling masks to public and private employers.Credit…Andrea Mantovani for The New York Times

But he acknowledged that “it would have been logical to transfer the credits and not only the costs to the employers. We should have also put in place measures of control to ensure that the reforms had been applied correctly.”

But the new policy also undermined France’s capacity to produce masks. Employers, now charged with procuring masks, naturally sought cheaper suppliers abroad.

And to save costs, the government placed large orders that only Chinese factories were able to satisfy, said Francis Delattre, a former senator whose 2015 report warned of the depletion of masks.

“Small French factories were losing orders,” Mr. Delattre said. “It was very dangerous to entrust only one or two Chinese conglomerates with the health protection of the country.”

And without its single government customer, the factory in Plaintel, which had once been running 24 hours a day, saw its business shrivel and eventually closed in 2018, Mr. Fuan said.

As expired masks were disposed of, France’s national stockpile shrank from 1.7 billion in 2009 to 150 million in March.

And as the “invisible enemy” began rampaging throughout France, the country that made some of the world’s most sophisticated military hardware in the world was unable to produce enough face masks.

“This crisis must lead us to consider health care as a strategic sector that should draw on a lot of what we do in defense,” said Arnaud Danjean, a European lawmaker.

“We weren’t armed for this,” he added.

ELABE: deux sondages fort intéressants

A la veille du déconfinement, la cote de confiance d’Emmanuel Macron recule

A la veille du déconfinement , la cote de confiance de l’exécutif recule.

A moins d’une semaine de la date hypothétique de sortie du confinement, 34% (-5 points) des Français interrogés par Elabe pour Les Echos et Radio Classique accordent leur confiance à Emmanuel Macron pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays. Plus précisément 6% (-4) lui font tout à fait et 28% (-1) plutôt confiance. A l’inverse, 61% (+4) d’entre eux ne lui font plutôt pas (29%, +1) ou pas du tout confiance (32% +3 points). La cote de confiance accordée à Emmanuel Macron, après avoir enregistrée un rebond solide au début de la crise (+10 points), subit donc un décrochage net en ce début de mois de mai ; contrairement à la situation de plusieurs dirigeants étrangers qui connaissent un regain de popularité, elle ne se situe qu’à un niveau légèrement supérieur à celui d’avant-crise.

D’un point de vue politique, sa cote de confiance reste forte mais en baisse auprès de ses électeurs de premier tour (72%, -8 points). Elle est également en baisse auprès des électeurs de Benoit Hamon (28%, -8) et de François Fillon (39%, -15 points). Auprès de ces trois électorats, ces baisses font suite à des hausses comparables le mois dernier (respectivement +10, +10 et +13). La confiance est quasi stable auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (16%, +1) et des abstentionnistes (30%, -2 points). Elle est en revanche en hausse auprès de l’électorat de Marine Le Pen (22%, +9). …

La cote de confiance du Premier ministre Édouard Philippe baisse de 2 points, à 34%.

Suivant la même tendance qu’auprès d’Emmanuel Macron, la confiance baisse d’abord auprès des plus de 65 ans (33%, -15) et des catégories supérieures (38%, -5). D’un point de vue politique, le même mouvement est également enregistré : elle est en baisse auprès de l’électorat d’Emmanuel Macron (70%, -5), de Benoît Hamon (30%, -5) et de François Fillon (44%, -13), elle est quasi stable auprès de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (14%, -1) et progresse légèrement auprès de celui de Marine Le Pen (21%, +4).

Coronavirus : les pouvoirs locaux à la hauteur, l’Etat et l’UE jugés sévèrement

Les échelons locaux jugés plutôt à la hauteur de la crise contrairement à l’Etat et à l’UE

Pour la majorité des Français, les communes (66%), les départements (61%) et régions (58%), ont su se montrer à la hauteur de la crise du coronavirus. Un jugement toutefois à nuancer car seule une faible partie d’entre eux les jugent tout à fait à la hauteur (respectivement 18%, 10% et 9%).

L’opinion selon laquelle les pouvoirs locaux ont su assumer leurs responsabilités face à la situation de crise sanitaire actuelle est majoritaire au sein de toutes les catégories de population, et de façon encore plus forte par les 65 ans et plus (respectivement 74%, 69% et 67%), et les habitants des communes urbaines de moins de 20 000 habitants (74%, 67% et 62%). Politiquement, les électeurs d’Emmanuel Macron (77%, 67%, 66%) et de François Fillon (69%, 71%, 67%) ont un jugement plus positif sur les échelons territoriaux

Si les collectivités locales ont su convaincre, en revanche, l’Etat n’est perçu comme un acteur à la hauteur de la crise que par 31% des Français. Les 18-24 ans ont un avis plus positif que leurs aînés puisque 41% d’entre eux saluent la capacité de l’Etat à faire face à la crise sanitaire. Politiquement, seul l’électorat d’E. Macron considère que l’Etat a su se montrer la hauteur de l’évènement (56%). Les autres électorats sont plus critiques, à l’image de celui de F. Fillon (34% a été à la hauteur) et de B. Hamon (28%). Les électeurs de J-L Mélenchon (20%) et de M. Le Pen (20%) sont ceux qui portent le regard le plus sévère envers l’Etat en ces temps de crise.

Les organisations internationales sont jugées sévèrement, puisque seulement 31% des Français estiment que l’OMS a été à la hauteur de la crise, et à peine 20% pour l’UE.

LES BUIS: LA SUITE ..

La pyrale du buis

A Sénateur Pierre Scharff (Belgique)

Bonjour,

Merci beaucoup  pour nous avoir fait parvenir une documentation complète sur la pyrale des buis qui a troublé bon nombre de jardiniers en Europe.  Suite à votre sympathique collaboration nous allons reproduire certains éléments l’information que vous avez envoyé.  Ce transport d’espèce d’un continent à un autre ne devrait-il pas nous faire réfléchir sur les tragédies que l’être humain peut transporter avec lui ?  Certes notre raisonnement  c’est fixé sur les buis qui apparemment se sont trouvés transportés de la Nouvelle Zélande à la Grande Bretagne. Naturellement, les buis ne font pas vibré les foules mais si nous retournons un peu plus loin dans le temps, n’y a-t-il pas eu à une certaine époque un  drame concernant l’introduction de pieds de vignes provenant des Etats Unis (le Phylloxera) qui nous ont obligé, en France; d’avoir tous nos vignobles plantés sur des pieds américains? (horreur! )

L’être humain n’apprend jamais de ses erreurs.

Bien à vous,

Bernard Owen

Reconnaître la pyrale du buis et la combattre https://www.biogroei.be/kenniscentrum/reconnaitre-la-pyrale-du-buis-et-la-combattre

Reconnaître la pyrale  

Pyrale du buisLa pyrale du buis est un papillon de nuit blanc avec un bord brun et son envergure varie de 3,5 à 4 cm. Les mâles et les femelles se ressemblent, il n’y a qu’une petite différence visible sur l’extrémité de l’abdomen du papillon.

Les larves de la pyrale du buis sont les plus grands responsables de dégâts dans une haie de buis. Les chenilles matures sont vert vif avec une tête noire et un motif constitué de points noirs et de bandes longitudinales noires et claires. Une chenille adulte mesure environ 4 cm. Les chenilles nouvellement écloses affichent une couleur jaune sale.

Aspect des dégâts dus à la pyrale et à sa chenille

Buis attaqué par la pyrale du buis

Les jeunes chenilles grignotent la pulpe tendre sur la face inférieure des feuilles. Les chenilles plus âgées mangent carrément les feuilles, entoilent les feuilles entre elles ce qui finit par former des rameaux dénudés. En présence d’une grande population de chenilles, le buis peut être complètement rongé jusqu’à la calvitie totale. Le buis peut tenter encore et encore de former de nouvelles feuilles, mais à ce rythme-là, il finit toujours par mourir.

AJ’ai toujours voulu voir ce qui arrivait à une haie de buis à cause des chenilles. Vous pouvez voir ci-dessous un timelaps de 1 jour à la cadence d’une photo par minute.

Cycle de vie de la pyrale du buis

Larve de pyrale du buis ou chenille du buis

La pyrale du buis a théoriquement 2 générations par an. En octobre, les jeunes chenilles tissent un cocon et passent l’hiver parmi les feuilles du buis. Elles réapparaîtront de fin avril à début mai. Elles recommencent à manger le buis jusqu’à ce qu’elles se nymphosent. La première génération de papillons se rencontre de juin à juillet. Les papillons femelles pondent des œufs, d’où naît la première génération. L’œuf est pondu sur le dessus et le dessous des feuilles. La première génération de chenilles apparaît à partir de fin juillet et atteint son apogée en août. La deuxième génération de papillons vole de fin août à septembre-octobre. La deuxième génération de chenilles apparaîtra en septembre. Ces chenilles s’enroulent en cocons en octobre pour hiberner.

Il est à noter que le moment exact d’apparition est lié aux conditions climatiques du moment. Par un printemps chaud, les papillons peuvent apparaître un peu plus tôt et, par un automne chaud, les chenilles peuvent être présentes plus longtemps avant d’hiverner. Notez que les chenilles commencent à faire des dégâts à partir d’avril-mai et s’arrêtent en octobre avec de petites pauses entre ces périodes. Cette constatation est cependant limitée car nous observons dans la pratique que les générations se chevauchent, de sorte que les chenilles et les papillons sont presque toujours présents ensemble.

Lutter contre la pyrale du buis

Vous pouvez combattre la pyrale du buis en combinant différentes mesures. Aucune solution n’offre un contrôle total, mais vous pouvez sauver votre haie de buis en y prêtant attention et en y consacrant du temps.

Nous énumérons ci-dessous les étapes à suivre pour lutter contre les larves de la pyrale du buis.

  1. Pièges à phéromones

Attraper les papillons mâles à l’aide d’un piège à phéromones. Plus on attrape de papillons mâles, moins ils peuvent féconder de femelles. Moins de femelles fécondées, moins de ponte et donc moins de dégâts.

Ci-dessus, un instrument idéal pour contrôler la pression démographique et le cycle de la pyrale du buis.

    • Vous capturez peu de pyrales du buis ? Alors c’est qu’il n’y a pas d’imago à cet instant mais les chenilles sont présentes dans votre haie. Une pulvérisation biologique ou un enlèvement manuel est à ce moment recommandé.
    • o Vous attrapez beaucoup de pyrales du buis ? C’est que le papillon adulte est fortement présent. À ce moment, il y a principalement des pupes et des papillons de nuit. Inutile donc de tenter de les combattre. Laissez le piège à phéromones faire son travail en attrapant le plus grand nombre de papillons de nuit possible.

N’achetez pas de pièges Delta pour la pyrale du buis. Les pièges Delta utilisent une plaque de colle. Cela fonctionne bien pour d’autres ravageurs comme les carpocapses de la prune ou des pommes et poires mais pas pour la pyrale du buis. Certains fabricants ne testent pas leurs produits et continuent de le recommander sans distinction.

  1. Pulvérisation biologique

Lorsque les larves sont petites, quelques semaines après la ponte, est une bonne période pour la pulvérisation biologique. À ce moment-là, les larves de la pyrale du buis sont sensibles à certains produits. Vous pouvez utiliser des nématodes contre la chenille du buis, ou une préparation à base de bactéries, Bacillus thuringiensis. Il est important que la pulvérisation touche les larves de la pyrale du buis et de répéter l’opération plusieurs fois.

Enlever manuellement les chenilles

Si vous n’avez pas trop de plants, vous pouvez attraper les chenilles manuellement autant que possible ou couper les parties affectées. Les déchets de taille doivent ensuite être éliminés le plus rapidement possible. Cela peut sembler une tâche énorme, mais c’est la plus efficace. Dégagez chaque rameau du buis séparément, retournez les feuilles et recueillez les chenilles dans un seau avec un peu de détergent sur le pourtour pour qu’elles ne puissent pas grimper le long des parois.

Sortez vos déchets d’élagage de votre buis dans un récipient fermé ou couvert jusqu’au parc de recyclage, pour éviter toute dissémination ultérieure. Lorsque vous les apportez, vous devez vous assurer qu’ils iront vers la section déchets de jardin qui sera certainement compostée. Habituellement, les parcs à conteneurs ont plusieurs sections. Dans certains cas, les sarments ou les racines des arbres sont hachés et utilisés comme paillis. Ceci doit toujours être évité avec le buis.

Astuce: Placez une bâche sous la haie de buis et passez à travers les rameaux avec une brosse dure.

  1. Taillez au bon moment

Les papillons pondent des œufs en grand nombre sur les jeunes pousses du buis. Si vous taillez votre haie au bon moment, vous enlevez beaucoup d’œufs et de petites larves en même temps. Suivez notre newsletter pour être informé du meilleur moment pour tailler votre haie de buis.

Astuce: Placez une bâche sous la haie pendant la taille. De cette façon, vous pouvez ramasser et détruire les chenilles et les œufs en une opération.

  1. Ennemis naturels

La pyrale du buis commence aussi à avoir des ennemis naturels comme les poules et les canards. Les poules sont attirées par les chenilles de la pyrale du buis. Si vous avez des poules, il est absolument recommandé de les laisser courir dans le jardin près des haies de buis. Les moineaux et d’autres oiseaux aiment également ces chenilles.

Astuce: Vos poules n’aiment pas ces chenilles ? Apprenez-leur à les aimer en jetant des chenilles sur leur nourriture. Répétez ceci quelques fois et par la suite elles nettoieront toute votre haie en un rien de temps.

Il est très important de ne pas utiliser de produits toxiques parce que les moineaux meurent massivement à cause des arrosages chimiques des haies de buis. N’oubliez pas de lire l’article dans metronieuws.nl. Voici le film d’un moineau qui ramène quelques chenilles au nid.

Plantations alternatives

La pyrale du buis ne disparaîtra pas rapidement de Flandre ; il vaut donc la peine d’envisager de remplacer la haie de buis par des haies mixtes qui apportent plus de biodiversité, comme le troène, l’aubépine, la bourdaine ou l’érable champêtre. Vous pouvez aussi opter pour des plantes à fleurs comme la verveine, la lavande ou la marjolaine. Les papillons, les bourdons, les abeilles sauvages et les abeilles mellifères vous en seront reconnaissants.

La pyrale du buis ne disparaîtra pas rapidement de Flandre ; il vaut donc la peine d’envisager de remplacer la haie de buis par des haies mixtes qui apportent plus de biodiversité, comme le troène, l’aubépine, la bourdaine ou l’érable champêtre. Vous pouvez aussi opter pour des plantes à fleurs comme la verveine, la lavande ou la marjolaine. Les papillons, les bourdons, les abeilles sauvages et les abeilles mellifères vous en seront reconnaissants.

Conclusions

http://lagriondeloise.over-blog.com/2014/08/pire-que-la-pyrale-du-buis.html

De nombreuses haies de buis ont aussi une valeur émotionnelle, tout comme dans le jardin de Biogroei. Par conséquent, nous comprenons que souvent le remplacement n’est pas une option retenue. Cependant, même avec ce fléau, la nature se rétablira son équilibre d’elle-même. Comme les chenilles sont massivement présentes, beaucoup d’ennemis naturels apprennent à connaître les bons endroits et ce sera l’en-cas idéal après l’hiver ou pour passer l’hiver. La patience, la vigilance et les techniques décrites ci-dessus sont la solution idéale.

 

Foire aux questions sur la pyrale du buis

  • Le buis se rétablit-il après une forte infestation?

Oui, les buis repousseront toujours même après une forte infestation. Cependant, vous devez vous assurer que les nouvelles pousses ne sont pas attaquées immédiatement. Comme la chenille ne s’attaque pas aux racines et ne se nourrit que de feuilles vertes, la haie de buis se rétablit simplement s’il y a un équilibre entre les chenilles et les ennemis naturels.

  • La pyrale du buis est-elle dangereuse pour l’homme?

Non, la chenille du buis est inoffensive pour les humains. Elles sont aujourd’hui massivement présentes, mais la nature est toujours à la recherche d’un équilibre. Elles ont de plus en plus d’ennemis naturels qui commencent à les manger en masse.

  • Où se trouve la chenille du buis en hiver?

Dès que la température baisse, la chenille cesse de se nourrir et se cache dans la haie de buis. Elles s’enroulent dans le buis pour survivre à l’hiver. À partir d’une température supérieure à 10°C, la chenille recommence à se nourrir dans votre haie de buis.

  • Que faire contre la chenille du buis ?

Capturez autant de papillons de nuit que possible avec un piège à phéromones et combattez autant de chenilles que possible avec les conseils ci-dessus.

  • Comment contrôler préventivement la pyrale du buis?

Accrochez un piège à phéromones contre la pyrale du buis. Si vous n’avez jamais eu de chenilles auparavant, vous n’attraperez que les premiers papillons volants. De plus, vous saurez immédiatement s’il y a ou non des pyrales du buis dans la région.

 

 

D’OU VIENT LA CYLINDROCLADIOSE DU BUIS ? Le champignon ascomycète responsable de la maladie trouverait son origine en NouvelleZélande. En Europe, les premiers symptômes de dépérissement des buis ont été observés en 1994 au Royaume-Uni, où il s’est largement répandu avant que les premières attaques massives ne s’y déclarent quatre ans plus tard. Depuis, ce pathogène s’est étendu à d’autres pays, le Sud de l’Europe ayant été touché plus tardivement. https://document.leefmilieu.brussels/opac_css/elecfile/IF_170802_cylindrocladiose_FR

 

Maladie du buis et le Coronavirus

Bonjour

Ma recherche est dans un tout autre domaine que les buis et de surcroît cela reste pour moi de l’amateurisme. Mais je suis un passionné des buis. Alors pourquoi vous écrire?

Il m’est apparu une similitude dans la façon dont la nature s’est acharné sur une certaine espèce d’une façon globale et terrible. J’ai remarqué dans mon jardin que le buis asiatiques et l’américain ont survécu à la maladie. Pour information, le buis s’est développé au cours des siècles, résistant à la taille et d’une  couleur éternelle. Toujours à l’aise. C’était merveilleux mais voila qu’un jour , un papillon de couleur blanche de nuit est apparu.

L’on a entendu qu’il venait d’Allemagne ou peut ^tre la Chine.

L’on n’avait rien contre le papillon mais l’on s’est aperçu qu’il se plaisait sur les buis. Puis à l’emplacement  des papillons  on a trouvé des chenilles vertes, des sortes de monstres à mille pâtes qui se nourrissaient  des feuilles des buis.

L’on est à la recherche de la façon de se débarrasser de s marauder de buis. L’ultime solution est encore devant nous. Toute remarque sera la bienvenue.

Merci.

Bernard Owen

Bernard Owen – Docteur en Science Politique de Panthéon Sorbonne Paris 1. Pour information. Son Doctorat en Science Politique a reçu la mention très honorable avec félicitations, Jean-Claude Colliard, le Président de l’université Panthéon Sorbonne Paris I, ayant souhaité diriger le jury de thèse.

Secrétaire général du Centre d’études comparatives des élections

Diplômé de la United States Army Air Defence Center.

 

Maria Rodriguez McKey

Maîtrise en Droit Russe, Novembre1996. Institut d’Etat et de Droit de l’Académie Russe des Sciences, Moscou.

Juris Doctor, Mai 1995. Washington D.C.  Faculté

01 39 59 54 41 – bowen@univ-paris1.fr cece-owen.net

ww.senat.fr Europe et international

European Boxwood and Topiary Society

Association Francçaise pour l’Art topiaire et le buis  (Association regie par la Ioi de 1901 )

Bureau et Conseil d’administration, Site : www.buxusfrance.com

Principal Honorary Member

H.R.H. the Prince of Wales, K.G, K.T.

Membre d’Honneur France

Leonce DEPREZ, depute-Maire 62520 Le Touquet

PRESIDENT  Patrick SALEMBIER

« Le village » BP 1 80260 Villers-Bocage – Tel : 03.22.93.01.80

GSM : 06.07.46.32.64   Fax : 03.22.93.76.15  patrick.salembier@wanadoo.fr

VICE-PRESIDENTS  Louis de CLERMONT-TONNERRE 80260 Chateau de Bertangles

Tel : 03.22.93.68.36  GSM : 06.62.64.68.36 pjsomme@wanadoo.fr

Veronique GOBLET d’ ALVIELLA Chateau de Court St-Etienne 1490 BELGIQUE. Tel : (00-32)1.062.16.21. Fax (00-32) 1.061.76.43.  GSM : (00-32)476-34-32-37.  VeroniqueGoblet@hotmail.corn

SECRETAIRE Jean-Yves HABERER  80640 Chateau de Selincourt  Tel : 03.22.90.61.22 & Paris 01.45.25.33.59

TRESORIER  Christine KNIGHT 43 impasse Perpois 62170 Inxent http://www.chateauxetiardins.com/pagesintro/TopiaireSocietv/DageIntro.html 01/03/2009

 

La grande réforme des retraites ? Un ballon qui se dégonfle

Monique Cochinal

Voilà bien longtemps qu’en France on nous parle de la nécessité de faire une réforme de notre système de retraite, les caisses de l’Etat étant, d’année en année, de plus en plus vides, nos seniors vivant de plus en plus longtemps, et nos jeunes travaillant de plus en plus tard, après de longues études supérieures. J’entends encore mon défunt mari dire en toute connaissance de cause : « la retraite à 60 ans  et les semaines de 35 heures, quelle folie ….L’Etat va à la faillite … Moi je prendrai ma retraite à 65 ans ». Il est décédé à 64 ans, après avoir cotisé toute sa vie. C’était en 1987 ….

Chaque nouveau gouvernement (de droite ou de gauche) a bien essayé. Quelques « réformettes » ont été entreprises, sans grand succès dans notre beau pays, alors qu’en Europe et dans plusieurs autres pays du monde, l’âge autorisé de la retraite était reculé (exemple : 67 ans en Allemagne). Chaque programme d’une nouvelle campagne présidentielle comprenait ce grave problème des retraites et nous faisait miroiter des recettes miracles qui nous permettraient de conserver nos droits acquis : régimes spéciaux (42), retraite à 60 ans, avec un niveau de vie suffisant, donc revalorisation suivant le coût du pouvoir d’achat, sans augmentation des cotisations, malgré une grave crise économique et financière mondiale, surtout depuis 2007.

Mais, ce que personne n’avait réussi à faire auparavant, notre jeune et brillant Président Macron le ferait, il nous l’avait promis, et « il fait toujours ce qu’il a promis de faire ». La tâche sera rude, mais ….. Il réussira …. Il fallait, dans ce nouveau monde, une grande et belle réforme des retraites, universelle, équitable, sûre, bien préparée par d’excellents technocrates, pour qu’enfin toutes les classes de la société puissent avoir une longue vieillesse heureuse et paisible, profitant ainsi des progrès de notre médecine moderne, dans ce monde nouveau. Très convaincus (au départ), nos Ministres, députés, guidés par notre Chef d’Etat, n’ont cessé de nous vanter le bien-fondé de cette nouvelle et unique réforme universelle à points, un système différent, le meilleur, le plus fiable, le seul valable. Il fallait expliquer, débattre, avancer les bons arguments, concerter les différents syndicats, et surtout convaincre tous les citoyens français.

Hélas, plus on expliquait, plus tout s’embrouillait chez ces citoyens français, qui devenaient de plus en plus anxieux pour leurs vieux et longs jours, car ils savaient que la vieillesse n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il n’y a pas grand choix : ou bien on est capable de vivre autonome, chez soi, en ayant recours à des aides à domicile, moyennant salaire, ou bien nos chers enfants doivent chercher un établissement spécialisé, moyennant coût de plus en plus important, dépassant largement le montant mensuel de notre retraite.

Plus on essayait d’expliquer, plus on décortiquait ce beau système nouveau, plus on s’apercevait que l’universalité si prometteuse d’équité, devenait une grande source d’inégalités entre les différents régimes (42), chacun revendiquant, syndicats à l’appui, des droits acquis depuis longtemps, et essayant d’obtenir des compensations au manque à gagner que l’on découvrait. Le beau ballon bien gonflé se dégonflait peu à peu …… Pour en arriver aux conflits actuels : grèves, manifestations, grande division, colère, violences : hier, une première fois peut-être dans notre cinquième république, nous avons vu nos pompiers en opposition aux policiers, s’affronter à coups de gaz lacrymogènes, grenades, jets d’eau.

Après un rapport plus que néfaste du Conseil d’Etat, qui a révélé que cette loi sur la réforme des retraites n’était pas subventionnée, et qu’elle ne pouvait pas être présentée à l’Assemblée Nationale ainsi, selon l’article 42 de la Constitution, le gouvernement doit revoir sérieusement sa copie.

 

ELABE: L’image d’Emmanuel Macron se détériore dans l’opinion

Réforme des retraites : 61% pensent qu’Emmanuel Macron devrait prendre en compte les contestations et la retirer.

A 48 heures de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, 61% pensent qu’Emmanuel Macron devrait prendre en compte les contestations et retirer la réforme. A l’inverse, 39% estiment qu’il a raison de faire cette réforme et qu’elle était dans son programme. C’est notamment le cas des retraités (50%) et des cadres (59%).

D’un point de vue politique, 74% de ses électeurs de 1er tour et 62% de ceux de François Fillon le soutiennent concernant la réforme des retraites. A l’inverse, respectivement 26% et 38% estiment qu’il devrait prendre en compte les contestations et la retirer.

Chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Benoît Hamon …

Plus de 6 Français sur 10 sont déçus de l’action du Président de la République

62% des Français déclarent que l’action d’Emmanuel Macron en tant que Président de la République est décevante. Seuls 14% la jugent satisfaisante et 24% estiment qu’il est encore trop tôt pour se prononcer.

En 3 mois, le jugement des Français s’est durci à l’égard de l’action d’Emmanuel Macron (+7 points par rapport à fin octobre 2019) et retrouve un niveau de déception proche de celui atteint pendant le mouvement des « gilets jaunes » (entre 62% et 69%).

La proportion de personnes se déclarant satisfaites de son action est relativement stable (+2 par rapport à octobre 2019), alors que celle des Français faisant appel à la patience est en baisse de 8 points.

Sur le long terme (depuis juillet 2017), les dynamiques d’opinions montrent que les principales évolutions se sont faites entre les « déçus » et les « patients ». En effet, le taux de « satisfaits » a toujours oscillé dans une fourchette relativement restreinte, entre 7% et 20%.

A l’inverse, le taux de « patients » est passé de 64% en juillet 2017 à 24% aujourd’hui, alors que celui des « déçus » est passé de 21% à 62%. Entre ces deux jugements à l’égard de l’action du Président de la République, les courbes se sont croisées dès le mois de janvier 2018, la proportion de déçus restant alors jusqu’ici toujours plus importante que celles des « patients ».

Si la période entre avril 2019 et octobre 2019 avait fait preuve d’exception avec un léger recul des déceptions à la faveur d’un regain de la patience, la dynamique de durcissement des opinions est de nouveau d’actualité.

Cette hausse de la part des « déçus » s’observe auprès de l’ensemble des catégories de populations, hormis chez les cadres et les retraités.

A noter que la proportion de déçus est largement plus importante chez les répondants ayant une situation financière difficile* : si elle n’est « que » de 54% pour ceux bouclant facilement leurs fins de mois, elle atteint 72% chez ceux pour qui les fins de mois sont difficiles.

le taux de déçus Chez les électeurs de François Fillon, la déception augmente de 12 points (54%) au détriment de la patience (28%, -12). Chez les électeurs d’Emmanuel Macron, la proportion estimant qu’il est trop tôt pour se prononcer baisse de 14 points, à 33%, celle des « déçus » progresse de 4 points, à 26%, et celle des « satisfaits » progresse de 10 points à 41%.

*58% déclarent finir leurs fins de mois plutôt facilement, 42% plutôt difficilement.

Pour plus de 3 Français sur 4, l’action du Président de la République n’a pas amélioré leur situation personnelle ni celle du pays

82% des Français jugent que depuis le début du quinquennat l’action d’Emmanuel Macron n’a pas amélioré leur situation personnelle (+2 par rapport à octobre 2019) et 75% celle du pays (+4). Le jugement sur la situation du pays se dégrade particulièrement : si la hausse au global est de 4 points, on remarque un net durcissement avec une hausse de 8 points des opinions les plus négatives (« non, pas du tout »).

L’ensemble des catégories de population portent un regard négatif sur l’amélioration de la situation personnelle et la situation du pays. Une nouvelle fois, les opinions négatives sont nettement plus nombreuses auprès des personnes ayant une situation financière difficile. A titre d’exemple, 89% des personnes ayant des fins de mois difficiles estiment que l’action d’Emmanuel Macron n‘a pas permis d’améliorer leur situation personnelle.

. La dégradation concernant le regard sur l’état du pays s’observe avant tout chez les électeurs de François Fillon (65% « non », +9) et ceux d’Emmanuel Macron (41% « non », +5).

On observe un double mouvement :

un basculement du positif vers le négatif d’une petite partie des électorats d’Emmanuel Macron et de François Fillon

-et en parallèle, un durcissement des opinions négatives (« non, plutôt pas » vers « non, pas du tout

») auprès de nombreuses catégories de population, et notamment des classes moyennes et des classes populaires.

L’image d’Emmanuel Macron se détériore par rapport à octobre 2019.

Par rapport à fin octobre 2019, Emmanuel Macron est notamment jugé plus inquiétant (+7), obtenant moins de résultats (-5), moins sympathique (-4), moins dynamique (-3) et plus arrogant (+3).

Au-delà de ces évolutions, l’image d’Emmanuel Macron reste structurée autour des dimensions suivantes autoritaire (72%, +1), arrogant (70%, +3), inquiétant (64%, +7) et dynamique (61%, -3).

Il clive davantage sur les dimensions de courage (51%, -2) et de représentations de la France à l’étranger (52%, -1).

Environ 4 Français sur 10 lui reconnaissent sa capacité à réformer le pays (42%, +2), à respecter ses engagements (41%, +2), ces traits d’image lui sont reconnus par une partie de l’opinion publique, notamment son cœur électoral et environ la moitié des électeurs de François Fillon.

Sa sympathie (35%, -4), sa capacité à obtenir des résultats (31%, -5) et sa sincérité (31%, -2) lui sont attribués par environ un Français sur trois, et notamment par une partie de son électorat (environ deux tiers).

Il continue d’enregistrer un déficit d’image sur la proximité (22%, -1) et la capacité à rassembler les Français (19%, -3).

L’image d’Emmanuel Macron subit une double dégradation par rapport à octobre 2019 :

une bascule d’une partie de ses électeurs et des électeurs de François Fillon d’une image positive vers une image négative. A titre d’exemple, auprès de ses électeurs, on observe une hausse de 13 points sur le qualificatif « vous inquiète », une baisse de 11 points concernant sa capacité à rassembler les Français et de 9 points sur sa sympathie. Seule amélioration au tableau, sa capacité à respecter ses engagements (+9). Auprès des électeurs de François Fillon, la bascule est d’une ampleur plus importante : sympathie (-21), obtient des résultats (-20), sincère (-14), dynamique (-9), proximité (-9), capable de rassembler les Français (-9), courage (-8), capacité à réformer (-7), etc.

un durcissement des opinions négatives : la proportion de l’item le plus négatif (« s’applique très mal ») progresse de 7 points sur la capacité à rassembler les Français, de 7 points sur les résultats et de 5 points sur le courage.

Deux ans et trois mois avant l’élection de 2022, 7 Français sur 10 pensent qu’Emmanuel Macron ne serait pas réélu.

31% des Français estiment que si Emmanuel Macron se représentait à l’élection présidentielle de 2022 (-8 points par rapport à octobre 2019), il serait réélu (7% certainement, 24% probablement) et 69% (+10) qu’il ne serait pas réélu (37% probablement pas, 32% certainement pas).

A noter que la proportion de « certainement pas » progresse de 13 points.

Politiquement, 62% de ses électeurs de 1er tour pensent qu’il serait réélu (-12), mais 37% pensent l’inverse. Chez les électeurs de François Fillon, 46% pensent qu’il serait réélu (-10)…

Russie : Vladimir Poutine annonce une réforme de la Constitution

BERLIN, GERMANY – OCTOBER 19: Russian President Vladimir Putin attends a meeting to discuss the Ukrainian peace process at the German federal Chancellery on October 19, 2016 in Berlin, Germany. The leaders of Russia, Ukraine, France and Germany, known as the Normandy Four, met in Berlin to discuss implementation of the peace plan known as the Minsk Protocol, a roadmap for resolving the conflict in Ukraine after Russian forces invaded in 2014 and annexed the peninsula of Crimea. The United States has threatened renewed sanctions on Russia if the country did not either implement the plan in the coming months or arrive at a plan on how to do so. (Photo by Adam Berry/Getty Images)

Cette déclaration a aussitôt été suivie de la démission surprise du gouvernement russe conduit par Dmitri Medvedev, mercredi 15 janvier.

Modifié le 15/01/2020 à 17:54 – Publié le 15/01/2020 à 15:51 | Le Point.fr

Vladimir Poutine a proposé mercredi une série de réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il pilote depuis vingt ans.

© ALEXANDER NEMENOV / AFP

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Dmitri Medvedev laisse le champ libre à Vladimir Poutine. Le Premier ministre russe a présenté mercredi au président la démission de son gouvernement, une annonce surprise après un discours du chef de l’État annonçant une réforme de la Constitution. « Nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela […] que le gouvernement dans sa composition actuelle donne sa démission », a déclaré Dmitri Medvedev dans des propos retransmis à la télévision.

Le président a remercié son Premier ministre sortant et ses ministres, leur demandant d’expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination d’une nouvelle équipe. « Je veux vous remercier pour tout ce qui a été fait, exprimer ma satisfaction pour les résultats obtenus […], même si tout n’a pas réussi », a-t-il affirmé. Dmitri Medvedev, proche parmi les proches de Vladimir Poutine, a expliqué démissionner à la suite de la décision du président d’apporter des « changements fondamentaux à la Constitution » russe, des réformes qui modifient, selon lui, « l’équilibre des pouvoirs » exécutif, législatif et judiciaire.Vladimir Poutine a désigné en fin d’après-midi comme nouveau Premier ministre le patron du fisc russe, Mikhaïl Michoustine, inconnu du grand public, selon le Kremlin. En poste à la tête du Service fédéral des impôts depuis 2010, M. Michoustine, homme chauve au visage épais, est une nomination inattendue. Il a néanmoins la réputation d’être un haut fonctionnaire efficace.

Renforcer le rôle du Parlement

Vladimir Poutine a proposé mercredi une série de réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il pilote depuis vingt ans. La principale mesure annoncée vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d’élire le Premier ministre que le président sera alors « obligé de nommer ». Actuellement, la Douma confirme le choix du chef de l’État. Selon Vladimir Poutine, il s’agit d’un changement « significatif » pour lequel il a jugé la Russie assez « mûre ». Les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

Ces annonces pendant le discours annuel du président russe devant le Parlement et les élites politiques ont nourri les interrogations quant à son avenir après 2024, à l’issue de son mandat, alors qu’il n’a jamais mis en avant de successeur ni exprimé ses intentions. Dmitri Medvedev a occupé de 2008 à 2012 les fonctions de président russe, Vladimir Poutine ayant dû céder le Kremlin pour un mandat en raison de restrictions constitutionnelles, prenant à la place la tête du gouvernement. En 2012, les deux hommes ont échangé leur rôle. Vladimir Poutine a indiqué mercredi proposer à son fidèle collaborateur le poste de vice-président du Conseil de sécurité russe, un organe que le chef de l’État préside.

Vladimir Poutine change la Constitution et son gouvernement. Pourquoi ?

Analyse 

Le président russe a pris tout le monde de cours, mercredi 15 janvier, lors de son discours à la nation, en annonçant une vaste réforme constitutionnelle, avant de recevoir la démission de son premier ministre. Les spéculations sur sa volonté de prolonger sa main mise sur le pays repartent de plus belle.

  • Benjamin Quénelle à Moscou,  le 15/01/2020 à 17:37
  • Modifié le 15/01/2020 à 20:44

Annonce de réformes constitutionnelles, démission inattendue du gouvernement… La politique russe a connu, mercredi 15 janvier, un séisme. Tout a commencé par le discours à la nation du président, à la mi-journée.

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 Face aux membres du parlement et de l’élite politique, ce grand rendez-vous du chef du Kremlin, habituellement en mars, avait étonnamment été avancé. Après avoir parlé de la crise démographique du pays, Vladimir Poutine a pris l’assistance de cours, proposant une vaste réforme de la constitution afin d’accroître les pouvoirs du parlement et du premier ministre.

« La Russie est mûre »

La réforme prévoit de confier au parlement la prérogative d’élire le chef du gouvernement alors qu’actuellement, la Douma (chambre basse) ratifie le choix du président. Pour Vladimir Poutine, c’est « un changement significatif ». « La Russie est mûre », dit-il, pour passer à un régime plus parlementaire. Vladimir Poutine a insisté pour que cette réforme, incluant d’autres mesures soit soumise à un vote, possiblement un référendum.

« Un petit pas » vers plus de démocratie représentative, a commenté Alexeï Koudrine, son ancien ministre des finances. Cet économiste se fait l’avocat depuis longtemps de profondes réformes. Régulièrement, il est cité comme un possible successeur au premier ministre Dmitri Medvedev.

Précisément, peu après la fin de son discours, Vladimir Poutine a reçu dans son bureau son chef du gouvernement. Une réunion bien mise en scène pour une autre décision surprenante : la démission de Medvedev. « Nous devons donner au président les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent », a expliqué ce dernier, ajoutant que la décision d’apporter des « changements fondamentaux à la constitution » signifie des réformes devant modifier « l’équilibre des pouvoirs » exécutif, législatif et judiciaire.

« Désormais, tout pourrait aller vite »

Vladimir Poutine n’a toutefois pas donné de calendrier pour ces réformes. Mais avec la démission du gouvernement, tout s’est accéléré. « Et, désormais, tout pourrait aller vite, prévient le politologue Fyodor KrasheninnikovCar derrière la façade démocratique, il s’agit d’abord d’organiser le maintien de Poutine au pouvoir pour longtemps. »

Réélu en 2018, le président russe de 67 ans doit quitter le Kremlin en 2024, au terme de son mandat actuel. « Si, après la réforme proposée, le rôle du premier ministre est renforcé, rien ne l’empêche d’occuper alors ce poste. Avec, en plus, le soutien populaire du vote du parlement », envisage le politologue Dmitri Orechkine.

Parmi les autres changements annoncés figure le renforcement du Conseil d’État. « Dans la nouvelle construction, la tête de ce Conseil d’État renforcé pourrait se retrouver, dans les faits, au-dessus de tout, du premier ministre et du président. Un poste taillé sur mesure pour… Poutine ? », s’interroge Andreï Kolesnikov, politologue du centre Carnegie.

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« Poutine, c’est une vraie boîte noire… », ironise ce haut diplomate européen à Moscou face aux multiples pistes lancées ces dernières semaines par Vladimir Poutine sur ses projets. Alors que des rumeurs courent sur la présumée lassitude du président et sur de possibles problèmes de santé, cette réforme annoncée pourrait n’être qu’une des pièces d’un puzzle orchestrant la suite de ce qui, au terme de son mandat présidentiel en 2024, marquera déjà un quart de siècle au pouvoir.

Vol 655 Iran Air

Carte avec le lieu approximatif, la flèche montre la direction et la destination du vol.

Le 3 juillet 1988, le vol 655 d’Iran Air, un Airbus de la compagnie aérienne Iran Air est abattu par erreur au-dessus du golfe Persique par des missiles tirés par le croiseur américain USS Vincennes. La catastrophe fait 290 victimes civiles, dont 66 enfants. L’avion assurait la liaison entre Téhéran, la capitale de l’Iran, et Dubaï aux Émirats arabes unis, via Bandar Abbas. Le signal radar de l’Airbus a été confondu avec celui d’un avion de combat iranien F-14 ayant décollé de Bandar Abbas juste après lui, conduisant le commandant du croiseur à ordonner d’abattre la cible.

Les États-Unis ont d’abord nié leur responsabilité, Le président Reagan a exprimé ses « regrets » pour cette « terrible tragédie humaine », tout en justifiant une « action défensive appropriée »1.

C’est la huitième catastrophe aérienne la plus meurtrière de l’histoire de l’aviation (la sixième si l’on compte uniquement celles impliquant un seul appareil), la plus grave de l’histoire de l’Iran2 ainsi que la pire impliquant un Airbus A3003.

Contexte régional

La situation est très instable dans le golfe Persique, la guerre Iran-Irak s’éternise depuis 1980. Divers affrontements armés ont lieu opposant les forces armées des États-Unis aux forces iraniennes, allant de simples escarmouches à des batailles en règle concernant essentiellement la liberté de navigation des pétroliers dans le Golfe. C’est d’ailleurs l’une des principales tâches des navires américains : assurer la protection des pétroliers et autres navires de commerce face aux attaques notamment dans le détroit d’Ormuz.

Circonstances du tir

Le vol 655 Iran Air décolle le 3 juillet 1988 de Bandar Abbas avec plus de vingt-sept minutes de retard par rapport à l’horaire prévu, mais il faut moins de trente minutes pour rejoindre sa destination : Dubaï. En raison de la brièveté du trajet, l’avion ne monte qu’à 4 300 mètres (14 000 pieds), ce qui est relativement bas pour un vol commercial. Il est piloté par Mohsen Rezaian.

Au même moment, la frégate USS Elmer Montgomery (en) se trouve face à des embarcations puis à treize vedettes iraniennes, le commandant demande à sa hiérarchie ce qu’il doit faire, on lui répond qu’il doit seulement envoyer son hélicoptère Sikorsky SH-60 Seahawk. Le commandant de l’USS Vincennes désobéit à cet ordre direct et déplace son navire vers l’USS Elmer Montgomery en plus d’envoyer son hélicoptère. Cela met son équipage sous tension, ce qui aura de graves conséquences.

Ce dernier essuie quelques coups de feu de la part des Iraniens. La situation vue du Vincennes est délicate, un engagement en surface étant possible, avec un P-3F Orion de l’armée de l’air iranienne qui patrouille au nord de sa position. Le Vincennes reçoit l’autorisation de tirer sur deux embarcations qui viennent sur lui lorsqu’il détecte un vecteur aérien en rapprochement à 80 km qui ne correspond à aucun plan de vol connu à bord et qui ne répond pas aux appels.

Quelques minutes plus tard, le navire ouvre le feu sur les embarcations iraniennes à l’origine de l’attaque de l’hélicoptère américain. Le radar identifie l’avion en approche comme potentiellement ennemi à son code de reconnaissance. Les marins pensent avoir affaire à un avion de combat F-14. En fait, un F-14 a bien décollé de Bandar Abbas, juste derrière l’Airbus civil, et c’est l’identification du F-14 qui mènera à la confusion, de plus l’opérateur radar déclare que l’avion est en descente alors que les instruments du croiseur indique qu’il est en montée. Dans les esprits américains, l’incident de l’USS Stark est encore très présent : le 17 mai 1987, deux missiles air-mer Exocet tirés par un avion irakien avaient failli couler une frégate américaine. L’attaque avait fait 37 morts et 21 blessés. Pourtant, les F-14 n’étaient pas équipés de missiles air-mer4.

Personne ne vérifie l’information indiquant que l’avion hostile serait en descente, et le commandant de l’USS Vincennes, le captain Will Rogers, décide de lancer deux missiles surface-air RIM-66 Standard pour abattre l’appareil situé à onze nautiques (20 km) de leur position. À moins de dix nautiques de distance, il aurait été impossible d’atteindre la cible. L’équipage de l’USS Vincennes se rend compte de la terrible méprise quelques minutes plus tard5.

Selon le gouvernement iranien il y avait 66 enfants parmi les passagers, soit 22 % du total des victimes.

En 1996, le gouvernement américain verse 100 millions de dollars de dédommagements au gouvernement iranien, soit 345 000 dollars par victime.

Enquête et causes du drame

Le premier rapport de la marine américaine est incomplet, il n’y fait figure d’aucune carte donnant la position du croiseur au moment du tir, la marine américaine souligne le fait que l’USS Vincennes a essayé de contacter sans succès l’Airbus, sept fois sur la fréquence d’urgence militaire et trois fois sur la fréquence d’urgence civile, mais jamais sur les fréquences du contrôle du trafic aérien. Le vol d’Iran Air est civil et par conséquent n’a pas accès aux fréquences militaires. Cependant les pilotes iraniens ont capté les trois appels sur la fréquence d’urgence civile. L’équipage n’a sans doute pas compris que le message leur était destiné. Les marins décrivent l’appareil en approche par son cap et sa vitesse au sol. Même si le cap est correct, l’indication de vitesse ne correspond pas à la vitesse air fournie par l’Airbus, la différence est notable (environ 50 nœuds de différence). Le Vincennes ne mentionne ni le couloir aérien ni le code transpondeur qui auraient permis une identification.

L’utilisation du radar de l’USS Vincennes est mise en cause également, le personnel était encore peu familiarisé avec cette technologie. Effectivement, de mauvaises manipulations ont sans doute mené à l’identification erronée de l’Airbus. L’aéroport international de Bandar Abbas servait pour les vols civils mais aussi militaires. Plusieurs F-14 étaient stationnés à Bandar Abbas, lors du scan d’identification des appareils, il est possible que le radar ait attribué un code de reconnaissance d’un F-14 à l’Airbus.

La Navy avait la liste des vols civils prévus pour la journée du 3 juillet, toutefois les différents fuseaux horaires ont compliqué l’identification du vol 655 qui avait déjà pris du retard sur l’horaire prévu. Enfin, un opérateur du navire de guerre croit voir (à tort) l’appareil perdre de l’altitude, une manœuvre d’attaque typique. Cet avertissement influence le capitaine de l’USS Vincennes qui donne l’ordre de tirer, après avoir hésité longuement[réf. nécessaire].

Une des causes techniques est décrite dans un des chapitres consacrés à la Liaison 16.

En 1990, Roger Charles (ancien lieutenant-Colonel) réussit à récupérer auprès de l’organisation internationale de l’aviation civile, une copie intégrale du rapport d’enquête qui indique qu’au moment du tir le croiseur américain était à plus de quatre kilomètres à l’intérieur des eaux territoriales iraniennes. En poursuivant les vedettes le commandant Rogers a violé l’espace Iranien et placé son navire juste sur la trajectoire du vol 655. Si le commandant Rogers n’avait pas désobéi a un ordre direct il n’aurait pas mis son équipage sous tension et il n’aurait pas été dans la trajectoire de l’Airbus…

Conséquences

Les États-Unis n’ont jamais admis leurs erreurs ni accepté la responsabilité de ce drame6. Le président Reagan a exprimé ses « regrets » pour cette « terrible tragédie humaine », tout en justifiant une « action défensive appropriée »1. Son vice-président George Bush a déclaré le 2 août 1988 dans le cadre de la campagne présidentielle : « Je ne présenterai jamais d’excuses au nom des États-Unis — Que m’importe les faits… Je ne suis pas de ces gens qui présentent des excuses au nom des États-Unis. (I will never apologize for the United States — I don’t care what the facts are… I’m not an apologize-for-America kind of guy). »7,8. Enfin, en 1996, les autorités américaines acceptent de payer 131,8 millions de dollars après que l’Iran eut porté le cas devant la Cour internationale de justice. Environ 61,8 millions ont servi d’indemnisation aux 248 victimes iraniennes (soit environ 300 000 dollars par victime). Les autorités n’ont pas révélé à quoi serait attribué le reste de la somme. Cet accident va compliquer les relations déjà tendues entre les deux pays.

Médaille du devoir

En dépit de la destruction du vol IR655, les hommes de l’USS Vincennes ont été décorés du Combat Action Ribbon pour l’accomplissement de leur mission en zone de combat. Lustig, le coordinateur de guerre aérienne, a reçu la Commendation Medal9 pour « sa capacité à conserver sous le feu ennemi son sang froid » (c’est lui qui est responsable de l’information selon laquelle l’avion piquait sur le croiseur alors que l’avion était en montée).

En 1990, le commandant William C. Rogers III a été récompensé de la Legion of Merit pour son service en tant que commandant de l’USS Vincennes d’avril 1987 à mai 1989. L’éloge ne fait aucune mention de la destruction du Vol 655 Iran Air10. En mars 1989, la voiture conduite par son épouse Sharon a été détruite par une bombe placée dans le tuyau d’échappement. En 1992, William et Sharon Rogers ont écrit un livre11, qui reproduit la lettre poignante adressée au commandant Rogers par le frère du commandant de bord, Mohsen Rezaian12.

CRIMEE: MUCH ADO AOUT NOING ou BIEN DES EFFORTS POUR RIEN

Le début des problèmes en Crimée… 

BERNARD OWEN

Bernard OWEN, Secrétaire général du Centre d’Etudes – Sénat

Bernard Owen – Sénat

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En 1855 le camp d’infanterie britannique à Baklava(Il y a 160 ans, la guerre de Crimée
Paris Match | Publié le 06/03/2014 à 12h16|Mis à jour le 06/03/2014 à 12h27 )

L’Europe, à travers l’histoire, nous apporte une image de frontières qui se forment et se décomposent à partir de guerres, de révolutions internes dont les raisons reposent sur des stratégies valables ou non sans compter la vanité de certains. L’ensemble pourrait porter à sourire si ce n’était pour les morts, les déplacements de population, les destructions.

Prenons un exemple qui se situe de par son nom dans l’actualité. La guerre de Crimée qui a eu lieu de 1853 à 1856. Illustrons cette complexité. L’Union Soviétique a renversé les statues de ses tsars et pourtant deux existent encore. L’une se trouve au centre de Sofia. Alexandre II est à cheval entouré de ses troupes sur la Grande Place.

Il était le vainqueur des Ottomans qui occupaient la Bulgarie. Un soir à Helsinki nous nous sommes trouvés sur une petite place qui s’appelle « Tzarina » au milieu de laquelle se trouve la statue d’Alexandre II par qui la Finlande était devenue un duché possédant certaines prérogatives qui menèrent à l’indépendance en 1905.

La puissance militaire de la Russie et la stratégie de la première armée russe qui détruisit la Grande Armée de Napoléon I, avant même que le froid n’intervienne, inquiétaient les grandes puissances européennes.

L’Empire Ottoman qui s’étendait en Europe du Sud jusqu’à Vienne était en décomposition. Pas loin de Budapest l’on peut encore gravir les marches d’un minaret. La capitale de la Hongrie a été transférée à Bratislava pendant un siècle et demi. Mais comment s’y retrouver, car la réforme du catholicisme est suivie de la contre-réforme ?

L’Empire Ottoman tentera de se réformer, mais l’opposition traditionnelle étant forte et les puissances européennes sont intervenues ici et là pour protéger les minorités chrétiennes. Les interventions russes reposaient sur l’importance des minorités orthodoxes 30 % de la population (dix millions de personnes).

De 1821 à 1853, divers mouvements ou révoltes de chrétiens contre les Ottomans et les massacres qui suivirent menèrent à l’écrasement de l’armée ottomane par l’armée russe en 1829. Le Tzar Nicolas I arrêta ses troupes aux portes de Constantinople, car il redoutait le chaos. La Russie déploya 90 000 hommes en 1833 quand le vice-roi d’Égypte se révolta contre le Sultan simplement pour sauver Constantinople.

En 1840, le traité de Londres trouve un accord entre l’Égypte et le Sultan s’engagea à modifier le statut des minorités. La Russie accepta la partie du traité qui interdisait le passage des détroits de la Mer Noire à tout navire de guerre appartenant à des pays non alliés à l’Empire Ottoman. Cette clause présentait des dangers pour la Russie et sa flotte de Sébastopol, mais la Russie accepta, car elle cherchait à conclure un accord avec la Grande-Bretagne qui n’eut pas lieu.

La France était devenue à nouveau un empire, le second, avec à sa tête Napoléon III qui voulait que la France retrouve sa place sur la scène internationale. Il était conscient de la crainte qu’inspirait la puissante Russie ainsi que son rôle de protecteur des chrétiens orthodoxes.

L’empereur français trouva un argument fantaisiste à savoir que la France avait été à l’origine des croisades et que cela lui imposait le devoir d’assurer la sécurité des lieux saints de Jérusalem.

Il se trouve que les lieux saints étaient administrés par diverses congrégations religieuses ce qui pouvait mener à des affrontements et qui fut le cas le jour de Pacques 1846 où 40 personnes furent tuées. Napoléon III, par l’intermédiaire de son ambassadeur, demanda aux Ottomans de remettre les clés de la Basilique de la Nativité à la France en 1853 ce qui indisposa la Russie engagée depuis longtemps à soulager les chrétiens traités d’inférieurs. Cette opposition de la Russie à la France sur cette question marginale a été un merveilleux prétexte pour le Sultan qui n’arrivait pas à réformer son empire et à mettre fin aux incursions pour sauver diverses nationalités encore dans l’empire.

Napoléon III, en défenseur de la chrétienté n’eut guère de difficulté à convaincre les Britanniques de présenter une sourde oreille à ce qui se passait entre Ottomans et la Russie.

Le Sultan déclare la guerre à la Russie le 4 octobre 1853. La Russie rompt ses relations diplomatiques avec les Britanniques et la France le 16 février 1854. La guerre de Crimée fut très dure. La France avait ses zouaves aguerris en Algérie et un meilleur fusil que tous les autres. D’énormes progrès du côté humanitaire furent accomplis par les Anglais et les Russes. Un chirurgien russe mit au point de nouvelles règles pour les amputations et exigea que celles de l’anesthésie furent appliquées.

La guerre pris fin quand les Russes se retirèrent ayant incendié Sébastopol et Tolstoi, officier de l’armée russe, nous fait part de sa tristesse devant la défaite et le drapeau français qui flottait sur les ruines. Le congrès de Paris en février-mars 1856 mit fin à la guerre de Crimée. Le congrès restaura le statu quo sur la gestion des lieux saints qui avait mené à l’inconcevable guerre de Crimée.

Napoléon III et d’autres auraient dû tenir compte de ce qu’armée française avait rencontré en Russie. La Grande Armée était vaincue avant l’hiver et pour les grands conflits les Russes avaient des stratégies qui sont encore étudiées avec attention.

En revanche, quand le fin stratège qu’était Bismark fit de sorte que ce soit la France qui déclara la guerre à la Prusse en 1870 il savait que la Russie n’interviendrait en aucune façon pour sauver la France. Le résultat fut tragique pour la France, car les différents États allemands se sont réunis à Versailles pour acclamer le roi de Prusse devenu empereur d’Allemagne selon les frontières d’avant Louis XIV.

COMPRENDRE AVANT DE SE PRONONCER

Bernard Owen

Prenons l’Ukraine et la Crimée situées dans des environnements comparables à ceux que nous allons évoquer, et qui devraient modérer le discours des Etats étrangers et les faire agir avec réflexion et beaucoup de doigté.

Imaginons un vaste empire divisé en provinces, ou en « républiques autonomes ». La capitale de cet empire dirige l’ensemble, tout en laissant une certaine autonomie aux provinces qui le composent. En admettant que ce vaste empire s’écroule en tant que structure politique, et que les bouleversements retirent l’autorité à la puissante capitale, il y aura rapidement des répercussions au niveau des régions se retrouvant alors sans institutions. Elles vont se trouver d’autres chefs, qualifiés ou non, mais souvent improvisés. Elles vont alors découvrir des difficultés avec leur propres minorités.

Dirigeons-nous vers le Caucase, et prenons un exemple : l’ancienne province de Géorgie devient un Etat avec trois zones distinctes, dont deux peuplées de non géorgiens : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. La troisième zone, peuplée de Géorgiens va aussi déclarer son indépendance. Il s’agit de la République autonome d’Adjarie. Il se trouve que la personne à la tête de cet Etat avait une forte personnalité, se nommait Abashide et avait des liens d’amitié avec le maire de Moscou. Des troupes russes campaient sur son territoire. Les évènements entre l’Adjarie et la Géorgie se sont détériorés et les canons étaient en place …. Or, l’armée russe n’est nullement intervenue, elle s’est retirée, emmenant avec elle le Président Abashide et sa haute administration à Moscou. Petite anecdote : le chien du Président Abashide (un lévrier du Caucase), après le départ de son maître, a cessé de s’alimenter, et les Russes sont venu le chercher par avion pour qu’il retrouve son maître.

Pour l’Ukraine :

Ce n’est qu’en 1954 que la province de Crimée se trouve rattachée à l’Ukraine. Jusque là, cette province était, depuis le XVIII ième siècle, la tête de pont de la Russie sur la mer Noire, permettant la sortie en Méditerranée. Le rattachement à l’Ukraine, en 1954, a été l’objet d’un simple décret de huit lignes. A l’époque, ceci ne représente qu’un simple transfert juridique d’une province au sein d’un vaste empire. A noter que 98 % de la population parle russe.

Le débarquement d’équipement militaire américain en 2006 en préparation de l’opération « Sea Breeze » n’était pas du meilleur goût.
Un autre lien avec la Géorgie se situe dans les passeports russes distribués aux russophones de Crimée. La Géorgie agit de même avec les citoyens d’Abkhazie, bien qu’au début des années 90 elle ait perdu deux guerres contre l’Abkhazie. Un rattachement à la Russie ne peut que favoriser la Crimée en tant que débouché et approvisionnement, ne serait-ce même que pour le tourisme développé déjà du temps des Tzars.

Les mouvements d’une violence considérable à Kiev peuvent avoir des conséquences que les organisateurs autant que l’Occident étaient loin d’envisager. La télévision a transmis de brefs entretiens avec des manifestants parlant de corruption, et l’on fait sortir de prison Timoshenko à l’origine d’une énorme fortune. Lors de notre séjour à Kiev avant les dernières élections, personne dans l’opposition n’a mentionné ou cité le nom de Timoshenko..

Les dernières élections se sont fort bien déroulées. Cinq sociétés ukrainiennes et étrangères ont pratiqué des sondages à la sortie des urnes, et tous ont été positifs. Notons que cette procédure de contrôle paraît supérieure à celle de l’observation qui se doit d’être neutre, mais dont les conférences de presse et les rapports préliminaires sont cependant politiques, tant au niveau national qu’international. Alors, que penser des actions violentes sur la place principale de Kiev menées par un boxeur suivi par des personnes dont le nombre est de loin inférieur au corps électoral, qui a choisi un gouvernement en toute légitimité ? Insistons sur le danger de ces mouvements ayant entraîné la séparation de la Crimée, t mené à d’autres éléments plus dangereux.

En savoir plus sur http://www.les echos.fr/idees-debats/cercle/cercle-92430-ukraine-comprendre-avant-de-se-prononcer-
1000663.php ?3Bxo4uxLzLDhSTT.99 (information à partir du journal « Le Monde » – article de Mathilde Gérard.