La République en Marche et l’affaire des homards de François de Rugy

Monique Cochinal

Les années se suivent et …. Se ressemblent pour notre parti La République en Marche et son nouveau monde de Macronistes exemplaires :

En juillet 2018 : un bel été bien éprouvant pour nos élus : c’est le début de la malheureuse affaire Benalla et Compagnies, bien cachée par nos dirigeants pendant deux mois, loin d’être terminée, puisqu’elle est entre les mains de la justice aujourd’hui encore. On dit que les Français ont la mémoire courte, ils auront ainsi le temps d’oublier. Ce fut, pourtant, une grave crise politique pendant des mois et non « l’affaire de l’été » comme on semblait le prétendre. Un jour, quand la justice sera prête, nous saurons enfin la vérité.

Juillet 2019, juste un an après, voici une nouvelle affaire politique, qui entache l’exemplarité de nos « macronistes » au pouvoir. Le journal Médiapart vient de révéler les somptueuses dépenses de notre Ministre de l’environnement et de l’écologie : François de Rugy et de sa femme. Ce sont de grandes réceptions données dans un bel hôtel parisien, possédant une cave aux grands crus, datant de l’empire napoléonien, avec homards bien rouges, bien préparés et fort appétissants (photo à l’appui), caviar, mets fins et champagne, naturellement. Autour de la table dressée, Madame a invité de très nombreux convives, comme à chaque fois, triés sur le volet : grands patrons de lobbies puissants, amis du couple, journalistes et autres personnages influents. Ce sont voitures avec chauffeurs mises à la disposition de la famille De Rugy. Ce sont ces sommes folles engagées pour la rénovation des appartements de Monsieur et Madame. On parle même d’un sèche-cheveux de Madame recouvert de feuille d’or, laissé dans un des appartements (photo à l’appui). On dit aujourd’hui qu’il n’a pas payé un Euro d’impôts sur le revenu, car il aurait fait don de 1200 Euros chaque mois à des associations écologiques et à son parti. Il me semblait, cependant, que le montant total de dons pour chaque foyer fiscal était règlementé. Il essaie de se défendre comme il peut, mais c’est d’un comique !!! Exemple : un journaliste lui montre la photo de la table dressée, avec, en premier plan, trois magnifiques homards, vins fins, champagne etc… François de Rugy répond : « c’est un coup monté, on veut ma mort …. De toute façon, je ne bois pas de champagne et je suis allergique au homard ainsi qu’à tous les crustacés ». Cela me rappelle la réplique, l’été dernier, du Président Macron interpellé par un journaliste concernant la construction de la piscine dans sa résidence d’été, en bord de mer. « On ne m’a pas demandé mon avis » nous dit Monsieur le Président, qui poursuit : « moi, je préfère de beaucoup les bains de mer, sur ma plage privée, mais …. Par économie, il est moins coûteux d’assurer ma sécurité au bord de la piscine dans l’enceinte de ma résidence que sur ma plage privée ». On peut dire que nos jeunes recrus se ressemblent et ont les mêmes réactions quand ils se sentent menacés.

Le parti, devant ces nouveaux événements, a aussitôt réagi, contrairement aux deux mois de silence absolu dans l’affaire Benalla. François de Rugy a été convoqué, hier, à Matignon par le Premier Ministre, et le président s’est, paraît-il, fâché, il est furieux. Une enquête judiciaire est ouverte, et les fouilles des appartements se font en quête de preuves. Notre Ministre de l’écologie sera, peut-être obligé de donner sa démission, car son comportement est inexplicable, surtout quand on a passé son temps à donner des leçons de morale pour une « république exemplaire », quand on a exigé de tous les citoyens de faire des efforts pour changer notre mode de vie en vue d’une planète écolo, toute verte.

Les deux images ont déjà fait le tour du monde sur internet : l’une montrant les trois homards et le champagne, l’autre montrant le sèche-cheveux recouvert d’or. Elles vont le poursuivre partout où il ira. Quel poids aura-t-il à l’avenir. Ce sera « le Ministre écolo aux homards », l’affaire « des homards et du champagne de François de Rugy », et l’homme de la « république exemplaire, pour les autres seulement, pas pour lui ».

Au sein du parti La République en Marche, la bataille meurtrière en vue des prochaines élections municipales pour la direction de la ville de Paris, n’est pas mieux. On assiste à des compromissions multiples. Tous les coups les plus bas sont permis. Gare à celui qui veut faire bande à part, il sera limogé et exclu du parti. La façon dont on a imposé la candidature de Benjamin Griveaux fait dire à un éditorialiste que c’était un vote à la russe, du temps du régime communiste en Russie.

Alors, le parti La République en Marche, est-ce un mouvement de jeunes élites avides de pouvoir et de richesse ? Est-ce un nouveau parti aux méthodes plus que troubles ? Un nouveau « panier à crabes » (en la circonstance, on pourrait plutôt dire : un panier à homards ?

Les prochaines élections municipales : Neptune va-t-en guerre ?

Monique Cochinal

Aucun répit n’est autorisé pour notre Président Macron-Neptune, surtout quand il sent que son pouvoir est menacé. Il a, en effet, ressenti une rupture importante entre le pouvoir exécutif, tout puissant, faiseur de lois nationales, gérant tous les problèmes d’en haut, bien établi dans la capitale, et tous les citoyens d’en bas : villageois, campagnards, banlieusards subissant chaque jour les inconvénients majeurs créés par une application malheureuse de ces lois votées à la va vite. D’où la grave crise des gilets jaunes, passablement étouffée.

 

Après des déboires importants aux élections européennes, même si on proclame le contraire …. Après de nombreux désaccords internationaux …. Voici le temps des élections municipales et le constat, pour le Président, qu’il est, lui et son parti, bien seul devant tous ses opposants qu’il a si bien su anéantir pour un temps seulement, semble t-il ?. Grave inconvénient quand on veut continuer à régner en maître absolu….. Et il faut absolument réagir et combattre tous ces opposants de maires qui relèvent la tête lentement, depuis les revendications de ce mouvement des gilets jaunes, encore eux !!!

La bataille fait rage. Tous les moyens sont bons. On envoie même Brigitte Macron en éclaireur auprès des maires des plus grandes villes de France : Lyon, Marseille et la capitale : Paris. Les visites amicales chez Gérard Collomb se renouvèlent (oubliée la rupture entre ces deux inséparables amis), on inaugure en grande pompe dans la belle ville de Lyon. On parle à l’un puis à l’autre, toujours en présence d’une foule de journalistes curieux. Notre Première Dame est honorée, écoutée, fêtée. Elle entreprend un tour de France, mais ne se mêle surtout pas de politique (nous affirme-t-elle), bien qu’elle confie, avec un beau sourire, que son mari et elle, sont très unis, parlent beaucoup de tout, n’ont pas de secret l’un envers l’autre, tant ils communiquent à tout moment de la journée. Ces échanges sont vitaux pour lui comme pour elle ….. Etc ….Etc.

A Marseille, la troisième grande ville de France, tenue depuis fort longtemps par ce maire au sympathique accent méridional, et au parler fort et franc, le même scénario se reproduit : diners amicaux, embrassades de remerciements aux petites filles venues offrir un joli bouquet de fleurs resplendissantes à Brigitte Macron. On se montre beaucoup en sillonnant toute la ville. On donne des signes d’une apparente entente parfaite. Comme c’est plaisant sous ce grand soleil de juillet, avec en toile de fond d’un côté la « grande bleue » et sur la colline Notre Dame de la Garde !

Pendant ce temps, à la capitale, la bagarre est serrée pour trouver un leader susceptible d’emporter la direction de la ville de Paris aux prochaines élections municipales. Et notre Président lui-même montre quelques signes de mécontentement envers Madame Anne Hidalgo, qui  a refusé les millions d’Euros de la compagnie pétrolière Total, sous prétexte que cette société ne respectait pas assez les accords arrachés dernièrement par les Verts pour une prompte transition écologique « toute verte ». L’enjeu est de taille : pas de capitaux, pas de jeux olympiques à Paris, en 2024. Il va falloir trouver un autre sponsor, qui plaise par ses « vertes vertus » à tous nos amis écolos. A–t-on pensé, une seconde, aux conséquences fâcheuses d’une telle entreprise, tant au point de vue environnement qu’au point de vue financier ? Est-ce bien sérieux, au moment où la Cour des Comptes nous confirme que notre dette grandit de jour en jour, et que les caisses de l’Etat sont de plus en plus vides. Et vivent les jeux olympiques et le coq gaulois !!!

MEDIAPART: Menaces sur la justice anticorruption

27 JUIN 2019 PAR FABRICE ARFIMICHEL DELÉAN ET ANTTON ROUGET

De vives inquiétudes entourent la succession de la magistrate Éliane Houlette à la tête du

Contrairement à la France, aux Etats-Unis le judiciaire a le statut de POUVOIR (article III de la Constitution). Quand un Président (Article II de la Constitution) nomme un juge à la Cour Suprême, le candidat doit être auditionné par le Sénat (le pouvoir législatif est le le premier pouvoir selon la Constitution). Selon la Constitution, le Président français est est le  « garant » de l’indépendance  du judiciaire ce  qui représente une anomalie au niveaux des institutions étant donné que le Président de la République est élu en tant qu’homme politique. 

Aux Etats Unis, l’équilibre des trois pouvoirs garantit ‘indépendance du judiciaire, et des deux autres pouvoirs,  dans un dialogue permanent.  Maria Rodriguez McKey, Bernard Owen

Parquet national financier (PNF), concernant les interférences du pouvoir exécutif, et tout particulièrement de l’Élysée, dans le processus de nomination. Le PNF dirige au moins deux enquêtes sensibles pour le pouvoir : les contrats russes d’Alexandre Benalla et l’affaire Alexis Kohler.  

C’est le dossier brûlant du moment au sein de la magistrature française. Plusieurs magistrats et fonctionnaires de justice ont raconté à Mediapart ces dernières semaines les vives inquiétudes et tensions qui entourent la succession d’Éliane Houlette à la tête du Parquet national financier (PNF), dont la mission prend fin vendredi 28 juin. Inquiétudes sur les interférences politiques dans les arrière-cuisines des palais de la République : le pouvoir exécutif, et tout particulièrement l’Élysée, qui s’était déjà mêlé à l’automne dernier de la nomination de l’actuel procureur de Paris, Rémy Heitz, dans des conditions qui ont fait scandale, surveille cette succession comme le lait sur le feu, au point d’avoir déjà évincé certains candidats jugés trop indépendants, selon plusieurs sources concordantes.

Éliane Houlette, patronne du PNF. © Reuters

En un mot, la crainte est réelle qu’un proche du pouvoir soit nommé dans le but d’enterrer les affaires qui menacent… le pouvoir.

Tensions sur la désorganisation patente autour de cette nomination pourtant ultrasensible : alors qu’Éliane Houlette fait ses adieux cette fin de semaine au PNF, aucun nom n’a encore été soumis au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par le ministère de la justice pour lui succéder, en dépit de la vingtaine de candidatures déposées. De sorte que va s’ouvrir une période d’intérim ; donc de flou.

Il faut ajouter à cela le fait que les départs cet été de deux poids lourds de l’instruction au pôle financier, les juges Serge Tournaire (muté à Nanterre) et Renaud Van Ruymbeke (à la retraite), ne vont pas être remplacés dans l’immédiat. Ce qui va aggraver la charge de travail, déjà considérable, des autres juges d’instruction du pôle, et pourrait par ailleurs peser sur le cours de certains dossiers.

La ministre de la justice, Nicole Belloubet, l’a pourtant assuré sans rire à des visiteurs voilà quelques jours : la délinquance financière sera, avec la justice des mineurs, la priorité de la garde des Sceaux. Mais chez les magistrats financiers et même au-delà dans les couloirs du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, on est plutôt enclin à rappeler l’adage chiraquien selon lequel les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Une véritable crise larvée frappe en réalité la justice financière depuis plusieurs mois.

Nommée à la tête du tout nouveau PNF en mars 2014, créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac révélée un an plus tôt par Mediapart, Éliane Houlette incarne depuis cinq ans, côté parquet, le visage de la lutte contre la délinquance en col blanc (corruption, atteintes à la probité, fraude fiscale, blanchiment…). De fait, le procureur financier détient des pouvoirs considérables, pouvant ouvrir une enquête sur tous les sujets entrant dans son champ de compétence, et demander à d’autres procureurs de se dessaisir de gros dossiers en sa faveur.

Côté pile, Éliane Houlette a ouvert et piloté des centaines d’enquêtes sensibles – il y a actuellement 532 dossiers ouverts –, se saisissant sans trembler des plus gros dossiers de corruption et de fraude fiscale du moment : les affaires des banques UBS ou HSBC, des hommes politiques Jérôme CahuzacFrançois Fillon ou Patrick Balkany

Mais côté face, plusieurs membres du PNF ainsi que des juges d’instruction et des avocats critiquent certains choix d’Éliane Houlette, qui aurait mis sous l’éteignoir plusieurs grosses affaires. Par exemple, l’affaire GL Events, du nom d’un prestataire de la campagne d’Emmanuel Macron (laissée au parquet de Lyon), ou du scandale des Rafale de Dassault vendus à l’Inde sous le quinquennat de François Hollande (pas d’ouverture d’enquête).

Le management de la procureure, pourtant décrite comme une femme courageuse et indépendante, suscite également des questions. Un membre de son équipe, Patrice Amar, a claqué il y a peu la porte du PNF (au mois de mars) en la critiquant vertement auprès de sa supérieure hiérarchique, la procureure générale de la cour d’appel de Paris, Catherine Champrenault.

En privé, plusieurs magistrats dénoncent une gestion « autoritaire » et « très personnelle » de leur patronne, qui ne saurait pas déléguer et aurait « ses têtes ». Résultat : plusieurs départs de magistrats du PNF sont déjà entérinés, alors que l’étoile de l’institution pâlit. « On ne fait jamais l’unanimité », commente-t-on sobrement dans l’entourage d’Éliane Houlette, où l’on ne cache pas de réelles « inquiétudes »sur la nomination du futur chef du PNF.

De fait, le remplacement d’Éliane Houlette pose un gros problème. Selon nos informations, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne l’a pas encore inscrit à son ordre du jour, faute de candidat proposé par le ministère de la justice. Pourtant, 21 personnes se sont portées candidates au poste mais aucune ne cocherait toutes les cases réclamées par le pouvoir… C’est-à-dire que l’exécutif n’a pas (encore) trouvé chaussure à son pied.

Conséquence directe de cette situation ubuesque : soit le parquet général de Paris, soit un procureur adjoint du PNF va devoir assurer l’intérim pour une durée inconnue, selon la chancellerie.

Au vu des nominations très politiques et largement critiquées du procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, et du procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, le monde judiciaire ne se fait aucune illusion. « Le prochain PNF sera bien en cour », grince un fin connaisseur des arcanes du pouvoir.

La question est aujourd’hui de savoir s’il sera choisi directement par Matignon ou par l’Élysée, Emmanuel Macron étant très inquiet des développements de l’affaire Kohler, du nom du secrétaire général de la présidence, Alexis Kohler, visé par des investigations pour prise illégale d’intérêts. Il reviendra, en effet, au prochain procureur du PNF de donner des suites à cette enquête, un champ de mines pour la présidence après le scandale Macron-Benalla, dont le PNF doit en outre gérer le volet sur les contrats russes.

Selon les institutions françaises, les procureurs de la République sont soumis hiérarchiquement au pouvoir exécutif. D’où des soupçons récurrents d’immixtions possibles du pouvoir dans des enquêtes susceptibles d’inquiéter ledit pouvoir.

Sollicité, Matignon indique : « À ce stade, le Premier ministre attend les propositions de la Garde des sceaux. Comme pour tous les grands postes du ministère public [comprendre : du parquet – ndlr], l’autorité de nomination s’assure de l’adéquation entre le profil des personnes concernées et les compétences requises. Ne pas s’en soucier serait au contraire bien incongru pour les Français étant donné le rôle du PNF dans les politiques publiques de lutte contre la fraude fiscale, la corruption, la grande criminalité financière mais aussi compte tenu de l’importance des dossiers traités par le PNF. »

De son côté, l’Élysée n’a pas souhaité faire de commentaire.

Emmanuel Macron entouré, en septembre 2017, de la ministre de la justice, Nicole Belloubet, et de celui de l’intérieur, Christophe Castaner. © Reuters

Les manœuvres de l’ombre, pourtant, ont bel et bien commencé. Selon des informations concordantes de Mediapart, l’actuel patron de Tracfin, le service de renseignements financiers de Bercy, Bruno Dalles, qui a candidaté à la tête du PNF, est d’ores et déjà barré par l’Élysée.

Spécialiste de la délinquance financière, il est l’un des plus « capés » pour le poste, mais ses investigations sur l’affaire Benalla, et tout particulièrement sur les contrats russes de l’ancien protégé d’Emmanuel Macron, auraient déplu à l’Élysée. Contacté, Bruno Dalles n’a souhaité faire aucun commentaire.

Un autre magistrat très en vue au PNF, Jean-Yves Lourgouilloux, qui est actuellement le numéro 2 de l’institution, sait avec certitude que sa candidature a été mise de côté : il vient d’être nommé à Marseille. Également contacté, l’intéressé n’a pas souhaité faire de commentaire.

La désignation du prochain PNF est par ailleurs retardée par le choix imminent du tout nouveau procureur européen, qui doit prendre ses fonctions fin 2020. Le candidat français au parquet européen, Jean-François Bohnert, actuellement procureur général à la cour d’appel de Reims, serait certainement recasé au PNF si l’autre candidate, la Roumaine Laura Codruta Kövesi, était choisie par le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen, qui ont du mal à s’entendre sur cette nomination.

Décrit comme un bon professionnel ayant certains talents de diplomatie et parlant plusieurs langues, Jean-François Bohnert offrirait surtout un profil rassurant pour le pouvoir. Les autres candidats à la tête du PNF le sont tout autant, ayant en commun de ne pas être spécialement marqués à gauche, plusieurs d’entre eux ayant fait partie de cabinets ministériels sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Il s’agit de Xavier Bonhomme, procureur à Pointe-à-Pitre, Jacques Carrère, premier avocat général à la cour d’appel de Paris, Nathalie Becache, directrice du Service national des douanes judiciaires, ancienne procureure de Créteil, Anne Kostomaroff, directrice de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc), ancienne cheffe de la section antiterroriste, et d’Élisabeth Pelsez, déléguée interministérielle à l’aide aux victimes.

Au-delà du seul parquet, la situation est également très tendue du côté des juges d’instruction financiers du tribunal de Paris. Renaud Van Ruymbeke, célèbre pour avoir traité le volet financier du dossier Karachi, les affaires Elf-Aquitaine, Kerviel ou Balkany, entre autres, prend sa retraite à la fin de la semaine et n’a pas de remplaçant, alors qu’il a notamment la charge de coordonner le travail et répartir les dossiers entre les juges financiers.

Son collègue Serge Tournaire, à qui l’on doit (notamment) la direction des enquêtes sur les financements libyens de Sarkozy, les affaires Bygmalion, Squarcini ou le Kazakhgate, quitte également son poste, pour prendre d’autres fonctions au tribunal de Nanterre, et ne sera pas non plus tout de suite remplacé.

« Pourquoi faire supporter par le service financier le poids de deux vacances de poste ? » se demande un magistrat parisien. « Ça grince sérieusement à la galerie financière », ajoute un autre. « Sans parler du manque cruel de moyens de la police anticorruption en France », précise un troisième. 

Selon des sources judiciaires, le poste « à profil » de Renaud Van Ruymbeke demanderait un peu de temps pour trouver un remplaçant, alors que son départ à la retraite était connu de longue date. Quant au successeur de Serge Tournaire, qui était trouvé, il vient d’accepter un détachement, et il faut donc remplacer le remplaçant…

« Il n’y a aucune suppression de poste à la galerie financière, ce sont des vacances de postes », insiste le président du tribunal de Paris, Jean-Michel Hayat, qui trouve toutefois la situation contrariante. Rien ne devrait bouger avant fin septembre, d’après lui.

Chez les juges d’instruction de la galerie financière, qui ne sont saisis que trop rarement par le PNF – seulement 20 % d’informations judiciaires (entre les mains des juges d’instruction) contre 80 % d’enquêtes préliminaires (entre celles des procureurs) –, le moral n’est plus au beau fixe. Le spectre d’une mort lente du juge d’instruction indépendant est dans tous les esprits.

MAKING DEMOCRACY SAFE FOR THE WORLD

Ferdinand A. Hermens...

Voici une des dernières lettres que j’ai reçu de mon ami Ferdinand A. Hermens. Il était allemand et enseignait les mathématiques et l’économie. Il était prussien alors que le gouvernement national composé de cinq partis ne pouvait rien pour rétablir le calme en 1929 mais qu’il avait vu la police prussienne chasser les groupes de Nazis venus du sud  avec leur matraques.

A cette époque, mon ami n’avait  aucune position politique et dû se contenter de rejoindre les Etats-Unis, où il trouva immédiatement un poste d’enseignant chercheur.

Il prit peu de temps à trouver que l’être humain quant il s’agissait de la politique, ne pouvait nullement être considéré comme un chiffre immuable dans son être mais surtout variable qui lui permettait  de s’adapter à différentes circonstances. Certes, la variabilité peut provenir de différentes sources.

La structure  des institutions joue certainement un rôle longtemps non reconnu ou ignoré. Le mot « institutions » doit être considéré au  sens très étendu car de nombreuses organisations  se doivent par  les textes se contenter de mots tels  groupements,  groupes, réunions, assemblées, équipes. L’on peut dire que ces ensembles dont la plupart joignent ceux ils retrouvent car ils sont à l’aise. La provenance familiale,  tout comme les autres (par exemple, syndicats, religion) , peuvent devenir des structures d’accueil d’influence électorale et structure pour le vote contre

MAKING DEMOCRACY SAFE FOR THE WORLD

Ferdinand A. Hermens

Events are moving in the direction of ‘making the world safe for democracy. » But will new democracies be safe for the world? At the end of both world wars democratic government spread over large areas. In too many Cases it failed. This need not have happened. It did not happen in countries where the articulation of the political will was directed into the centripetal channels provided by majority voting.

In the « socialist' » countries in which autocratic rule is being loosened, majority voting clearly displays a unifying, even exhilarating, effect. The entire process is, as yet, rudimentary, but it can be fit into a rational democratic structure when the time comes.

Meanwhile, it is good to recall that the part played by majority voting in the  »keeping » of democracy has been set forth by James Madison in the, alas so often misunderstood, #10 of The Federalist. We must forgive him when he, like virtually all of his contemporaries, was not yet aware of the nature and essential functions of modern political parties. He wanted to show how ‘a well-constructed Union » could “break and control the violence of faction. » and his attention was focused on the warring, and destructive, factions in the Italian city-states. In our day the prime examples for the violence of faction! entered history successively as Communists, Fascists and Nazis.

Madison wanted no special laws (often so difficult to enforce) against such extremists. He emphasized that wherever in a “representative republic a faction consists of less than a majority, relief is supplied by the republican principle, which enables the majority to defeat its sinister views by regular vote. » Even if violence-prone groups win some local districts there is always the chance to finish them off in national contests, in particular in a large country. This is exactly what has been accomplished in the United States for two centuries. There have been examples of violent factions, such as the Anti-Masons, the Know-Nothings, the Klan of the post-Civil War and post-World War I periods, as well as the incipient « factions » which arose more recently in connection with the racial crisis. They all had their original flare-up followed, however, by a sobering-up when they had to pour water into the wine of their ideological purity in order to win that cross-section of “all sorts and conditions of men » (John Locke) without which they could not achieve a majority. This greatly impaired their credibility. When, eventually and invariably, defeat came on the national level there followed the break-up. Most of the rank and file returned to the moderate parties; some of the leaders did the same. The rest were relegated to the political fringe, where they might become a nuisance but never managed to be a danger.

Groups prone to violence have a much easier time wherever Proportional Representation (P.R.) prevails. In the then required multiple-member constituencies a fraction of the vote suffices for success. Nowadays, in most P.R. countries proportionality is limited to comparatively small constituencies. In Israel MEET nections are national and one percent suffices, pro- proportionality is complete, and its results are horrendous. Still, in most P.R. countries seats can be won with the support of those of whom Lincoln h:d in mind when he said: « You can fool some of the people all of the time. » Inter- national opinion polls indicate that everywhere about five percent of the voters tend to political violence. Let their country become the victim of unusual conditions, such as a severe depression, and these extremists can benefit from a potentially large protest vote. They may become strong enough to disrupt democratic government from within, and eventually, in he words of Madison, « to execute and mask (their) violence under the forms of the constitution. »

Thus, in pre-Fascist Italy. according to Gaetano Salvemini, ‘post-war neurasthenia' »‘ came to an end late in 1920. When, however, in March 1921 new P.R. elections took place, « parliamentary paralysis » developed. For the first time the Fascists were strong enough to benefit. In the Chamber their 36 deputies, together with the weaker Communists and the left-wing Socialists, played on the divisions among the moderates; no viable government could be formed. In 1922 the faceless Facta became prime minister, and when he too h:d to resign, no majority could agree on a forceful substitute. Facta returned, to Mussolini’s taunt: « With this Parliament 30 crises could only result in 30 Factas. » In October « Il Duce » could make his own ‘March on Rome » in a sleeping car. The ragged bands which he had put in motion could, in the words of General Bagdolio, have been routed in « five minutes of gunfire. »

The Weimar Republic fought Hitler for 14 years. When, in 1928, the Nazi’s national vote fell to 2.8 percent they seemed doomed, but P.R, gave them enough deputies to keep their party going. Eventually, doddering President von Hindenburg appointed the « Bohemian corporal » (whom he despised) to the Chancellor’s post because he had been persuaded that only with him could a viable government be formed.

In view of recent events particular interest attaches to Poland and the Baltic States/, In Poland P.R. had been adopted without even a minimum of discussion. The Sejm soon developed, in Marshal Pilsudski’s words, into a sterile jabbering, howling thing that engendered enough boredom to make the very flies die of disgust. » » He called it « a locomotive drawing a pin. » After he took over he had no  trouble ignoring it whenever he wished to do so. -As to the Baltic States, a reviewer in The Economist (May 11, 1974) wrote: . »…  they could hardly become advertisements for liberal democracy: there were for example, 14 political parties in the Estonian parliament and 27 in the Latvian. »

After the Second World War the weakness of P.R. was, on the whole, somewhat less conspicuous. Constitutional provisions to encourage stability helped in Some countries, and the memory of Mussolini and Hitler encouraged cooperation among the moderates. Yet, the France of the Fourth Republic was not even officially both before a three-party deadlock developed; General de Gaulle left public life a month after the first F.R. election. When, in 1958, the threat of a takeover by the parachutists from Algeria caused the parties to recall the General, majority voting was reinstituted and produced stable majorities without delay. In 1986 the Socialists, afraid of a defeat, restored P.R. which, even with proportionality limited to the « départements », brought the racist Jean-Marie Le Pen and his “National Front » into the Chamber with 35 deputies. Tu years later majority voting was restored, and only one of these ‘’Lepenists!! was elected. The party had to rely on those contests still held under P.R., such as the ones on the regions and for the European Parliament, to demonstrate its continuing existence.

In Germany all major problems seemed to be solved when the Bonn Constitution made it difficult to overthrow a chancellor, and the election law provided that parties with less than three SR REe districts, and less than five percent of the national vote, received no seats. The Free Democrats were, for a long time, the only minor party in the Bundestag, where they decided which of the major ones was to form a government. Even then coalitions were not easy to form; Konrad Adenauer saië that he would rather go through two election cam- paigns than one Kabinettsbildung. Nor did it help when two neo-Nazi parties, the Socialist Reiché Party (SRP) in the early 1950’s and the National Democratic Party (NDP) in the later 1900’s caused an international uproar.

This changed after the Berlin elections of January 1989. The FDP lost out with 3.9 percent of the votes, and the « Alternatives! (the Berlin name of the Greens) had 11.8 percent. The sensation was the 7.5 percent of the votes cast for the radical right-wing « Republicans. » The SPD increased its share to 37.8 percent, slightly less than the CDU. Sirnce the Social Democrats, during the campaign, rejected a coalition with the Greens, they were expected to join in a « Great Coalition » with the CDU. When, however, the Alternetives dropreë their more outlanäish demands, the SPD coalesced with them, and their decision was welcomed by most of their friends in other parts of the country.

The result was a significant change in the German political system. First, a reform of the election law became even harder than it has been since the failure of the “Grand Coalition’s » attempt to institute a ‘’mehrheitsbildendes Wahlrecht' »‘ (a system which you have made single-party majorities likely in future elections). The Free Derocrats left no doubt that they would leave any coalition, be it on the Land- or on the Federal level, if a psrtner even considered changes opening the road to a two-party system. Henceforth, the Greens will exert additional pressure from the left.

Second, the country’s party system became asymmetric. The Social Democrats can form a coalition with the Greens, but a coalition between CDU and « Republicans! is out of the question.

Third, the upgrading in the political status of the Greens has intensified the changes in the articulation of political will, which began as soon as the Greens won their first parliamennary seats. Since that time the three traditional parties have stood in danger of losing votes to the new competitor ; they began to make policy changes in order to reduce this possibility. So far as environmental policy is concerned the result may be little more than what the situation has been demanding for some time. In the areas of constitutional government (where at least the earlier demands of the Gheens were ‘chaotic’) economic and foreign (including defense) policy the basic consensus established by the three traditional parties was thrhatened. When the Social Democrats coalesced with the Greens in Berlin they did obtain concessions in these matters, but many feel that their own views changed. . .

The party most sensitive to the pressures emanating from the Greens is the Free Democrats. The five percent clause worked in their favor as long as it merely kept minor competitors from gaining seats. However, as the Greens began to take that hurdle they became a mortal danger: they could push the FDP out of a parliament, as they did in some of the Diets of the Laender, and nationally in the European elections of 1984, though they made-it with 5.6 percent in 1989.

Such developments are one of the reasons why Foreign Minister Hans Dietrich Genscher insisted on immediate negotiations for the curtailment, and eventual elimination, of short-range nuclear weapons. He had other reasons, set fatheloquently in a speech he gave at the University of Bologna, but their impact would hardly have been strong enough to make him ke quite the stand he did, bearing in min& that its possible consequences included the break-up of Chancellor Kohl’s government, with a coalition of Social Demo- crats and Greens to follow in due course.

Chancellor Kohl has been sharply, and hardly fairly, criticized for modifying his own stand in regard to the missiles. Had he accepted a reso- lution calling for their modernization it would have meant the immediate end of this government and the shift of power to more radical epponents of the missiles.

At that point the institutional background of political decision-making should have been taken into account by the Western leaders. Maïority voting in England, France and the United States means thst parties like the German Greens or »Republicans' » simply don’t exist; their potential followers choose, for the most part, to make their demands on the major parties, which accept them onlÿ within the framework of their overall policies. Furthermore, Mrs. Thatcher and François Mitterrand can dissolve their parliaments at any time, putting the parliamentary representatives of all parties, including their Own, on notice that they too must stand up to any panicky pressures on the part of their constituents. (To avoid misunSerstandings, let it, however, be said in conclusion that RATE crisis can have its advantages.

In this case that included a/reformulation of the United States attitude to the changes in Eastern Europe.)

Israel resembles Weimar Germany. First, in regard to the fact that there was no real discussion before P.R. was adopted. In Germany the revoluticnary Council of People’s Commissars did this by decree, following the Socialists’ Erfurt program, which was adopted at a time when their party suffered from the under-representation of the urban constituencies which, in 1918, they could have easily corrected. Once the National Assembly had been elected under P.R. the valiant effortsof Friedrich Naumann to have it stopped (combined with the warning that its continued use might lead to an impasse which could be corrected only by a coup d’état), was bound to fail. In Israel the election law was patterned on the one applied for the Zionist executive. David Ben Gurion came soon to oppose it vigorously and,

at the end of his career, desperately: he founded a small party, the Rafi, which was to block any coalition which would not abolish P.R. He failed by a small margin, as did, in 1977, professor Yigael Yadin, his chief of staff during the war for Independence.

The elections of 1984 led to the worst result yet. The novelist, Amos Kenan, wrote « The people of Israel voted against itself. It…voted against the government – against any government. » The « government of National Unity' »‘ which was eventually established came soon to be called a « Government of National Disunity. » » It could, in particular, not take any serious step to continue the peace process started with the Camp David accord. It was unable to resist the demand of a comparatively small group for addi- tional settlements in the occupied territories which Israel’s major ally, the Urited States, openltermed illegal. Nothing was better suited to engender the spirit which led to the Arab « uprisins. » The 1988 elections led to Le es kind of result as those of 1984, except that Likud had gained slightlÿ Pbautr might have managed to assemble a majority with the help of the religious parties and minor rightist splinters. President Herzog stepped in, denouncing Israel’s « strangand incomprehensible electoral system » which, he added, gives « ‘disproportionate power » to the smallest parties. He called for a “stable, wide-based government » which alone could tackle electoral reform and other issues. He concluded: « I represent the people’s wishes…This is a moral, not a political problem. »

Israel’s political leaders did form a new « Great Coalition, » and the major parties agreed on electoral reform. A commission of four cabinet members, two each from Likud and Labour, is to make concrete recommendations. This procedure avoided the mistake made by Germany’s Grand Coalition » government, which h=d been set up to establish an electoral system giving the voter a chance to decide which party was to form –. à government. Four months later a committee of seven professors (this writer was one of them though he had protested against setting up such a body at such a time) was appointed to examine the matter which, after ten more months, reported six to one in favor of plurality voting in single-member constituencies. The time lost sufficed to give the vested interests opposed to reform (including those within the major parties) a chance to get to work; they won by default.

Israel’s procedure permits timely action. Yet, both major parties have, for years, worked with some of the minors and retained close ties to them. So they cannot follow the view which Ben Gurion expressed (in a letter to this writer, November 7, 1970): « I always considered the British electoral System as the best, just as ours here in Israel is the worst. » The best is, of course, not always attainable, According to early reports, the system now favored provides for constituencies electing three or four candidates. This arrangement still might change the country’s political landscape sufficiently not only to eliminate the smallest parties but also to produce a concentration on the major ones, giving One of them, as a rule, an overall majority. The smaller parties could, however, elect candidates by concentrating, singly or jointly, on constituencies in which they are strong. Furthermore, the large parties could admit minor party representatives to their Tickets who, if elected, would be expected to cooperate closely with the respective major one. All things considered, the risks involved in such a system appear worth taking. À serious delay could, however, prove just as fatal as it did in the case of Germany’s « Great Coalition. »

The above remarks present highlights; details have been discussed in previous publications, which can be supplemented and brought up to date, whenever required.

To summarize: What Madison wrote in No. 10 should make us realize that he was not only the “Father of the Constitution » but also the father of « militant democracy. » When, on leaving Philadelphia’s Convention Hall Benjamin Franklin was asked what the Framers had given us, a republic or a monarchy, and answered « A Republic if you can keep it, » he could not know that the way for accomplishing that task would so soon be shown by a close associate.

Madison did not want to win the fight against « the violence of faction. » by special laws. In his view, what we now call « the « immune system of democracy » would do the job. When, however, that system is gravely weakened, as happens under any consistent system of P.R., valiant men and women will still fight for free government, but anything can happen, and sometimes does. If P.R. is diluted in small constituencies, its effects will be limited, though they make the task of responsible people unduly hard, and at times their best efforts unavailing.

What political institutions, such as P.R., mean in fact is one thing; its proper perception is something else again. Surprisingly, before there vas any significant experimentation with P.R. English political literature, beginning with Walter Bagehot’s English Constitution and Ramsay MacDonald’s Socialism and Government, described, in surprising detail, what P.R. would when applied. Harold Laski, mean when applied.  Harold Laski, Ivor Jennings and Herbert Morrison continue this tradition during the next generation, which also witnessed some pertinent points being made by Austen Chamberlain.

In the United States Liberal opinion, largely motivated by the wish to foster minor parties, and/or to strengthen the fight against machine- and boss- government, long considered P.R. a vital need. The simple fact was overlooked that in order to get good government you have to have a majority, even if that begins with a plurality (as La Guardia did in New York). When, in 1936, P.R. with the Single Transferable Vote (STV) was adopted in New York City its countryside success seemed to be assured.  The results soon disappointed many, and  the tide turned.  When P.R. was repealed in New York in 1947, an unprecedented series of editorials, published in The New York Times, (October 27, 28, 29, 30, November 5,6, 1947) spelled the beginning of the end for the STV in American local government. There now remains Cambridge, Mass. where, however, when a deadlock developed after one election, the council had to vote more than 1300 times in order to elect a mayor.

Meanwhile, intellectual opinion had also begun to turn away from P.R. The change was highlighted by the fact that a few years after the war Charles A. Beard, Paul H. Douglas, “alter Lippmann, and Norman Thomas resigned from the Board of the P.R. League, expressing their change of mind in no uncertain terms. Walter Lippmann, in a letter to this writer, emphasized that his own political observations had turned him against P.R. some years earlier; he had simply forgotten to notify the P.R. League.

This is not the place to ask why this emerging consensus was not reflected in public policy. By now, however, any hesitations should have been put to rest by the recent elections in Ireland and Greece as well as by the prospects which the European elections in Germany offer for the future political stability of that country.

In Ireland Prime Minister Haughey, who had steered his minority government, not without some trouble, through two years of a successful, though not every- where popular, austerity policy, asked for an absolute majority and instead lost a few more seats. The gainers were not the moderate opposition, but minor left-wing parties. Though Mr. Haughey did better than Mrs. Thatcher in any of her three victories, he must try to cope with increased possibilities for trouble.

In Greece Mr. Papandreou, certain to lose to Mr. Mitsotakis’ « New Democracy »! under an electoral system which combined P.R. with elements of majority voting, had a completely proportional system instituted. It left Mr. Mitsotakis, with about #4 percent of the votes, short of the majority which he could have won under the old system. A Communist-led coalition with about 13 percent of the votes now turns the scales.

In Germany five parties won seats in the European elections. If the distribution of the votes were the same in Bundestag elections, there would be no majority for either a Christian Democratic-Free Democratic coalition or for one formed by Social-Democrats and Greens. The only possibilities would be either the Free Democrats joining a « Red-Green » combination, something difficult to imagine, or the Social Democrats teaming up with the Christian Democrats for a new « Great Coalition. » Theoretically, they might then succeed in instituting that « majority forming . electoral system which Chancellor had Kiesinger promised in 1966. But it would take some doing for this to come to pass.

It is, at any rate, so much simpler to avoid F.R. when there is a clean slate than to try to abolish it, or even modify it seriously, once it has begun to create its powerful vested interests. As of now, there exists a clean slate in the hitherto « socialist » states. Since, however, Hungary is close to free elections, consider this sentence from an editorial in The Washington Post (June 16, 1989): « The opposition is composed of nine embryo parties, none of which has yet gained any great standing in the country. » The usual procedure is to form a committee consisting of party delegates who will without fail vote for a system giving everyone a chance to cut himself a slice. Enough parties are likely to succeed to prevent anyone from having a clear majority. If this is the case in a constituent assembly a hundred horses will not drag it away from P.R. Therefore, whatever can be done to place the articulation of the country’s political will on the right track has to be done now.

What is needed is ‘. : a general intellectual clarification, and it has to begin in the West. This writer has, for some decades, been begging proponents of P.R. to join him in drawing up a systematic comparison of the arguments for Madison’s ‘republican principle » of majority voting, and for P.R.  There have been no takers. So let there be done what can be done to make up for the deficit in literature critical of PR « In particular in recent years, has been engendered by the renewed, and obviously well funded, activity of proponents of P.R. in civic and academic organizations.

Issues of principle need to be tackled first. It is said, and widely believed, that P.R. is « just and fair. » Since problems of ethics are in the realm of philosophy, let a philosopher speak. When, at the end of the war, French patriots in the United States studied Ways to avoid the weaknesses of  the Third Republic, Jacques Maritain warned:

In order to eliminate, in addition, every attempt to introduce the « Trojan horse! » of proportional representation into the democratic structure, let us note that just as the common good is not a simple sum of individual goods, so the common will is not a simple sum of individual wills. Universal suffrage does not have the aim to represent simply atomic wills and opinions, but to give form and expression, according to their respective importance, to the common currents of opinion and of will which exist in the nation. The political line of a democracy must frankly an decidedly be determined by the majority, while the parties composing the minority play the past, also fundamental, of the critical element, in an opposition which is not destructive, but as much as possible constructive and cooperative.  Thus the majority and the minority express the will of the people in opposite, but complementary and equally real, fashions. » (La République Française, Dec ember 1943. Translated from the French by FAH)

Maritain’s warning was ignored. He lived to see both the rise and the fall of the Fourth Republic.

Systems of voting require urgent attention, but so does the warning expressed by John Jay in No. 64 of The Federalist: « Although the absolute necessity of system, in the conduct of any business, is universally known and acknowledged, yet the high importance of it in national affairs has not yet become sufficiently impressed on the public mind. »

New democracies should, in the first place, pay attention to the difference between the essential elements of the government structure and the many concrete problems which should be left to the normal legislative process. There is now a tendency for constitutions to RE which pressure groups have deposited their favorite demands. This procedure obscures the preeminent importance of structural provisions. It also deprives a country of the flexibility which the managing of day by day problems requires.

Needless to say, the “unity of system » is frequently ignored within the “framework of government » itself. Practically all Latin American constitutions need a good combing out for obvious inconsistencies. Thus in a democratic government the implementation of popular decisions should not be unduly delayed, and Argentina has just demonstrated what it means when there is a long inter- val between the election and the inauguration of a President. The effects of other irrational provisions, which cannot be listed here, are not so glaring, but quite real. À general treatise could systematize them, but in the end these problems can be treated only in country by country studies.

Lastly, political and economic problems are now more closely intertwined than ever. This is : widely acknowledged insofar as radical ‘socialist » policies are concerned. When Marxists reject the market, they reject rationality.  Unless prices are shaped with reasonable freedom, the relative value of goods and services cannot be ascertained. The market has also an informative function: It gives producers a chance to know the preferences of the consumer, and makes possible a meaningful comparison between costs and returns. Finally, there is the market’s selective function: Only competition, rising from the lowest level to the highest, can identify entrepreneurs capable of performing the task of successful innovation.

If doctrinaire socialism is now leaving the scene, there remains the ever-recurring fascination . With « populist » measures. These may, as Alan Garcia was to recognize in Peru and François Mitterrand in France, produce the symptoms of prosperity for a limited time, but their inflationist base becomes obvious in short order. That Mitterrand could correct himself within two years and Garcia never is in good part due to the fact that the French Constitution (not necessarily ideal in every respect) made quick and coherent action possible, whereas the Peruvian political system (in the widest sense of that term, including the election law) did the opposite.

Still, economic problems are nowadays 50 freely and so openly discussed that the options available in that area can be referred to rather briefly in the studies so urgently needed. Economists should, however, pay as much attention to the political implications of their proposals as political scientists should to the significance of economic factors for their own conclusions.

Malgré l’affaire Loiseau, Macron se rêve en maître du jeu européen

21 JUIN 2019 PAR ELLEN SALVI MEDIAPART

À l’issue du conseil européen, le président s’est réjoui d’avoir fait tomber le système de nominations aux postes clefs de l’Union. Mais il a été largement aidé par les sociaux-démocrates. Et il risque de payer encore longtemps le fiasco Nathalie Loiseau.

Bruxelles (Belgique), envoyée spéciale.– Emmanuel Macron est satisfait. À l’issue de deux jours de sommet à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement des vingt-huit membres de l’Union européenne ont échoué à s’entendre sur les nominations aux postes clefs du continent. Mais aux yeux du président de la République, il s’agit bel et bien d’une victoire : celle de son opposition au système des Spitzenkandidaten, qui prévalait depuis 2014, et selon lequel le parti arrivé en tête des élections européennes envoyait son chef de file à la présidence de la Commission.

« Aucun des trois candidats qui sortaient de cette procédure [l’Allemand Manfred Weber (PPE, droite), le Néerlandais Frans Timmermans (sociaux-démocrates) et la Danoise Margrethe Vestager (libéraux) – ndlr] n’est apparu comme faisant l’objet d’un consensus, a confirmé le chef de l’État le 21 juin, lors d’une conférence de presse. Nous avons décidé de relancer une procédure pour que d’autres noms émergent et pour que des équilibres soient trouvés. »Si possible au moment du sommet extraordinaire qui se tiendra le dimanche 30 juin.

« Nous avons acté ce soir qu’il n’y avait pas une automaticité du Spitzenkandidat », avait déjà assuré Emmanuel Macron le 28 mai, lors d’une première rencontre post-élections entre les dirigeants européens. In fine, il aura fallu un mois supplémentaire pour que cette non-automaticité soit réellement actée, la chancelière allemande Angela Merkel ayant longtemps défendu la candidature de Weber. « Il y a eu un processus de deuil pour les grandes familles politiques européennes », indiquait vendredi l’Élysée pour justifier l’allongement des délais.

Le président de la République a réussi son pari sur un point : pour la première fois depuis 1979, le PPE et la famille des sociaux-démocrates (S&D) n’ont plus la majorité qui leur permettait de se répartir les postes à deux. Le groupe « Renew Europe » – réunissant l’ADLE (« Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe ») et les Français de « Renaissance » –, troisième force politique au Parlement, est désormais en mesure de peser sur les négociations. Il ne peut pas imposer ses candidats, mais il peut bloquer ceux des groupes jusqu’alors hégémoniques.

Une photo prise avant le dîner des 28 de jeudi soir témoigne de cette nouvelle donne. On y aperçoit le chef de l’État en pleine conversation avec Angela Merkel, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le président du Conseil européen Donald Tusk. Emmanuel Macron a beau avoir perdu le défi qu’il s’était lui-même lancé en France, en arrivant derrière le Rassemblement national (RN) lors du scrutin du 26 mai, il peut, sur la scène européenne, se mettre en scène comme faiseur de rois.

Dans les faits et malgré les effets de com’, le président de la République n’a pas réussi à écarter la candidature de Weber tout seul. Les sociaux-démocrates, désormais dominés par les Espagnols, lui ont en effet donné un sérieux coup de pouce, en annonçant dès le 20 juin au matin qu’ils ne soutiendraient pas la candidature de l’Allemand. « L’homme fort de la social-démocratie en Europe, c’est Sánchez », confiait Daniel Cohn-Bendit à Mediapart quelques jours avant le conseil européen. C’est en effet lui qui a largement pesé sur les discussions qui s’y sont tenues. C’est aussi lui qui parvient à faire monter ses troupes depuis quelque temps.

Le nom de son actuel ministre des affaires étrangères, Josep Borrell, revient ainsi avec insistance pour devenir chef de la diplomatie européenne. De même, le premier ministre espagnol peut se prévaloir d’avoir imposé une autre de ses proches, Iratxe García, à la tête du groupe S&D, contrairement à Emmanuel Macron qui a dû gérer le naufrage de son ancienne tête de liste, Nathalie Loiseau. Au sortir d’une campagne déjà douloureuse, l’ex-ministre des affaires européennes a été contrainte de renoncer à briguer la présidence de « Renew Europe », après un « off » qui restera dans les annales bruxelloises. Et qui a montré toutes les limites de sa maîtrise de la diplomatie.

Quelques jours après son arrivée au Parlement, Nathalie Loiseau a en effet plongé celui-ci dans la stupéfaction en tenant des propos méprisants à l’égard de plusieurs de ses collègues et dirigeants européens face à une poignée de journalistes. Dans sa bouche, son allié belge Guy Verhofstadt est devenu un « vieux de la vieille qui a des frustrations rentrées depuis quinze ans », Manfred Weber un « ectoplasme » qui « n’a jamais rien réussi », l’ancien ministre centriste Jean Arthuis un « homme totalement aigri », et Angela Merkel « le problème de l’Europe ». Ni plus ni moins.

Du côté de l’Élysée, on cherche depuis plusieurs jours à minimiser cet épisode. « On l’aura vite oublié », assurait l’entourage d’Emmanuel Macron la veille du conseil européen. « Cette polémique est un faux départ. Elle n’aura pas de conséquence à long terme sur notre délégation », veut aussi croire Stéphane Séjourné, qui dirige désormais le groupe « Renaissance » à Strasbourg. Elle a pourtant largement fragilisé la délégation macroniste, qui a dû céder au Roumain Dacian Ciolos la présidence de « Renew Europe », alors qu’elle en compose le gros des troupes.

Pour beaucoup, l’attitude de Nathalie Loiseau a agi comme le révélateur du comportement adopté par bon nombre d’élus « Renaissance » depuis leur entrée au Parlement. Dans les conversations de diplomates et d’eurodéputés, le mot « arrogance » revient souvent. Et ce n’est pas la façon dont la France a torpillé la candidature de Manfred Weber – jugé « totalement disqualifié » par Pascal Canfin au lendemain des élections – qui a arrangé les choses.

Pour écarter le nom de l’Allemand, les macronistes n’ont eu de cesse de pointer le manque d’expérience – il n’a jamais été ministre – de celui qui avait pourtant été désigné haut la main comme le candidat du PPE lors d’un congrèsorganisé en Finlande, fin 2018. C’est aussi avec un déficit d’expérience qu’Emmanuel Macron avait été élu président de la République, en mai 2017. Mais à l’entendre, les deux situations n’ont strictement rien à voir.

 « Moi je me suis présenté devant le peuple français et le peuple français en est le jugeManfred Weber se serait présenté devant le peuple européen qui aurait dit “on veut que ce soit notre président de la Commission”, pas de problème. Mais il s’est présenté comme tête d’une liste en Allemagne… La belle affaire ! », a soutenu le chef de l’État vendredi, lors de sa conférence de presse, oubliant un peu vite que Weber était en réalité le candidat du PPE – première force représentée à Strasbourg –, et qu’il avait été désigné selon un processus que chacun considérait justement comme une avancée démocratique en 2014.

Au-delà de la seule question des Spitzenkandidaten, c’est surtout le principe des listes transnationales, qu’il avait échoué à imposer avant les élections, qu’Emmanuel Macron souhaite continuer à défendre pour les scrutins futurs. « Si un jour le peuple européen décide de se doter d’une Constitution ou de traités qui disent [que] le président de la Commission est élu par le peuple européen dans le cadre des élections européennes, on fera de vraies élections européennes », a-t-il fait valoir au deuxième jour du sommet, comme si celles qui se sont tenues du 22 au 26 mai derniers n’étaient pas assez légitimes.

ELABE: L’exécutif peine à convaincre

Les Français ne croient pas au changement de style et de méthode.  Suite au discours de politique générale d’Edouard Philippe devant l’Assemblée Nationale le 12 juin et aux récentes interventions d’Emmanuel Macron, 80% estiment que cela ne va pas marquer un changement de style et de méthode dans le quinquennat d’Emmanuel Macron (+4 par rapport au 26 avril au lendemain de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron). A l’inverse, seuls 19% croient en un changement du style et de la méthode.

En comparaison avec le 14 janvier 2019 après l’annonce du « grand débat national », ce taux est inférieur de 13 points.

D’un point de vue politique, ce changement de politique et de style annoncé par l’exécutif ne convainc qu’une minorité auprès de l’ensemble des électorats, y compris auprès des électeurs d’Emmanuel Macron : seuls 41% croient en un changement de style.

La crédibilité des baisses d’impôts progresse mais reste minoritaire.

Alors que le Premier Ministre a annoncé mercredi dernier vouloir baisser le taux d’imposition des deux premières tranches, 58% des Français jugent que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, 42% estiment qu’elle est crédible.

A noter que la crédibilité d’une baisse d’impôt, bien que minoritaire dans l’opinion publique, est en hausse progressive depuis plusieurs mois : 26% jugeaient crédible la baisse d’impôts de 6 milliards annoncée par Emmanuel Macron fin septembre 2018, 29% l’annonce par Edouard Philippe de baisse d’impôts à la restitution du grand débat national, et 37% lors de l’intervention d’Emmanuel Macron fin avril 2019.

A date, l’annonce de la baisse d’impôt sur le revenu apparaît crédible pour 73% des électeurs d’Emmanuel Macron et 52% de ceux de François Fillon. En revanche, 73% des électeurs de Marine Le Pen et 68% de ceux de Jean-Luc Mélenchon affirment ne pas y croire.

Le tournant écologique : les Français ne le jugent pas crédible.

Alors que le Premier Ministre a annoncé que « les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique », 70% des Français estiment que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, seuls 29% estiment qu’elle l’est.

Cette annonce n’apparaît pas crédible auprès d’une majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (84%), de Marine Le Pen (84%) et de François Fillon (61%).

Si une majorité apparaît convaincue auprès des électeurs d’Emmanuel Macron du 1er tour de l’élection présidentielle, ce taux n’est que de 58%.

Politique de l’exécutif : si près d’un Français sur deux estime que les promesses de campagne sont tenues, l’efficacité de la politique du gouvernement reste jugée très négativement

46% des Français estiment que la politique menée depuis le début du quinquennat est conforme aux engagements de campagne, un chiffre en nette hausse (+8) par rapport à début mai.

En revanche, elle est jugée inefficace pour réduire les inégalités entre territoires (79%), pour réduire le déficit public (78%), injuste (78%, +5) et inefficace pour améliorer le pouvoir d’achat (77%).

71% (stable) estiment également qu’elle ne permet pas d’améliorer la situation du pays et 66% (-1) qu’elle est inefficace pour relancer l’économie.

La hausse du jugement concernant les promesses de campagne s’explique par une progression de 19 points auprès des électeurs de François Fillon, à 65%.

Si l’électorat d’Emmanuel Macron tire un bilan plus positif, il reste néanmoins en majorité négatif sur les sujets de justice fiscale (52% « non »), de réduction du déficit public (54% « non »), de réduction des inégalités entre territoires (60%) et est divisé sur l’amélioration du pouvoir d’achat (51% « non », 48% « oui »).

PMA : une majorité de Français favorable à son élargissement aux femmes seules et aux couples de femmes

Suite à l’intervention d’Edouard Philippe annonçant l’examen à l’Assemblée Nationale en septembre de l’élargissement de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, 53% des Français affirment y être favorables, dont 23% très favorable. A l’inverse, 30% y sont opposés, dont 15% très opposé. 17% déclarent y être ni favorable ni opposé.

Les femmes apparaissent nettement plus favorables que les hommes (58% pour les femmes contre 47% pour les hommes) à sa mise en place. D’un point de vue de l’âge, le taux d’approbation est relativement homogène, l’unique différence se situant dans une plus grande indifférence ou indécision chez les plus jeunes (environ 20%), alors que les plus âgés s’y opposent légèrement plus (environ 30%).

D’un point de vue politique, environ deux tiers des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (62%), de Benoît Hamon (73%) et d’Emmanuel Macron (63%) y sont favorables. En revanche, auprès des électeurs de François Fillon, l’élargissement de la PMA à toutes les femmes recueille une opposition majoritaire (50%, contre 37% favorables).

A noter que les résultats sont relativement semblables auprès des sympathisants LR uniquement (48% opposés, 40% favorables), signe que l’opposition à ce projet n’est pas unanime auprès de cette population.

Les électeurs de Marine le Pen sont plutôt favorables mais assez divisés : 45% y sont favorables, 32% opposés et 23% ni favorable ni opposé.

Répartition des rôles au sein de l’exécutif : si un Français sur deux estiment que la répartition actuelle est bonne, 32% (+10) souhaiteraient qu’Edouard Philippe ait un rôle plus important.

Invités à se prononcer sur la répartition des rôles entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe, une majorité relative (48%, -13 par rapport à janvier 2018) estime que la répartition actuelle des rôles est la bonne.

En revanche, 32% (+10) pensent qu’Edouard Philippe devrait avoir un rôle plus important, et qu’Emmanuel Macron devrait être plus en retrait, un score en nette hausse par rapport à janvier 2018. Enfin, 18% (+3) ont un avis inverse, jugeant qu’Emmanuel Macron devrait avoir un rôle plus important.

Si 61% des électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron jugent que la répartition actuelle est la bonne, ce taux est en baisse de 22 points, au détriment d’un souhait croissant qu’Edouard Philippe ait un rôle plus important (28%, +22).

Les autres principaux électorats sont plus nuancés, même si une majorité relative fait le constat d’une bonne répartition. Cependant, le souhait d’un rôle plus important d’Edouard Philippe progresse auprès de tous les électorats.

Edouard Philippe : une image qui s’est durcie et dégradée en un an et demi

Par rapport à la mesure réalisée les 23 et 24 janvier 2018, l’image du Premier Ministre s’est nettement dégradée.

Alors que le dynamisme et la volonté de vraiment changer les choses étaient les qualificatifs les plus attribués il y a un an et demi, ils le sont aujourd’hui nettement moins : -13 points pour le dynamisme (46%) et -10 points pour la volonté de vraiment changer les choses (46%).

Edouard Philippe est aujourd’hui d’abord jugé autoritaire par 56% des Français (+2) et inquiète un Français sur deux (50%, +4). 50% lui accordent un certain courage.

Il n’est jugé honnête et sympathique plus que par 42% (-12) et 39% (-13) des Français.

Sa capacité à réformer le pays est en nette baisse aux yeux des Français (-12) à 36%, alors que moins d’un tiers (31%) estiment qu’il obtient des résultats.

Enfin, seuls 26% lui attribuent une certaine proximité, en baisse de 9 points en un an et demi.

En comparaison avec Emmanuel Macron (mesure du 30 janvier 2019), Edouard Philippe possède quelque avantages comparatifs, notamment sur ses qualités humaines : il est jugé nettement moins autoritaire (56% contre 78%), plus honnête(42% contre 35%), sympathique (39% contre 35%) et proche (26% contre 19%).

En revanche, il est jugé nettement moins dynamique que le Président de la République (46% contre 70%) et légèrement moins en capacité de réformer le pays (36% contre 43%).

D’un point de vue politique, en un an et demi, son image se dégrade très nettement auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen (15 à 20 points de moins selon les qualificatifs).

Auprès des électeurs de François Fillon, l’image d’Edouard Philippe est en baisse d’une dizaine de points mais reste assez positive (scores supérieurs à 50%), hormis sur sa proximité et sa capacité à obtenir des résultats.

Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, son image reste bonne et est relativement stable, hormis une baisse d’une dizaine de points sur son dynamisme et sa capacité à réformer le pays. Il est également jugé légèrement moins proche et sympathique auprès de cet électorat.

Le référendum

Bernard OWEN, Secrétaire général du Centre d’Etudes – Sénat

La venue au CECE d’un étudiant m’a donné l’idée d’écrire deux mots sur le référendum. Cet étudiant (M. Galvez) a noté les différentes remarques des journalistes et hommes politiques en préparation de son mémoire ce qui a mené aux réflexions suivantes :

Les commentaires portaient essentiellement sur les questions internes à la France. Peut-on admettre que l’électeur vote en pensant à tout autre chose que la question posée ? Je crois que l’électeur est plus intelligent qu’on ne pense et d’autre part qu’il accompli son acte électoral très sérieusement.

Les citoyens ne sont pas passionnés ni connaisseurs de politique ni d’idéologie mais dans le cas présent ils savent très bien voter et les motivations essentielles doivent être recherchées dans ce qui touche de près l’Europe et ce dont on parle sur le lieu de travail.

Il est toujours dangereux de faire appel aux citoyens en dehors des échéances électorales normales. Il est non moins dangereux que les institutions prévoient un trop fréquent cycle électoral. Pour le premier point les exemples français les plus évidents sont le référendum de 1969 et l’élection de 1997. Le Président disposait alors d’une large majorité et le fait que lPélection puisse faire correspondre la fin des mandats présidentiels et de l’Assemblée Nationale ne justifiait pas un tel risque. Pour le deuxième point, le Kosovo pour qui les organisations électorales internationales ont prévu quatre élections en cinq ans. Le but était d’initier « le peuple » à la démocratie, le résultat a été de réduire progressivement le vote pour le parti le plus modéré.

Quant au référendum en général le citoyen s’engage volontiers pour une cause pour lequel il se croit fortement impliqué autrement ii préfère s’en remettre à ses représentants. Si nous prenons le cas de Paris la participation pour l’échéance essentielle de septembre 1958 ; approbation de la constitution qui marquait la fin de la IV République était de 85% et le « oui » obtenait 78% des suffrages exprimés. Les référendums sur l’Europe intéressent moins Paris même si la capitale est toujours favorable.En revanche, la France dans son ensemble ne suit pas l’exemple parisien. Le référendum portant sur l’élargissement de ia Communauté Européenne (avril 1972) même à une participation faible ; 60% et 7% de blancs ce qui est important. Le succès du oui est net, 67,7% des suffrages exprimés. Il ne s’agit alors que d’un élargissement à des pays proches. L’on n’était pas dépaysé. De surcroît, cela apportait à l’Europe une puissance supplémentaire face au monde soviétique car le printemps de Prague en 1968 (OTAN ou pas) n’était pas si loin. Le référendum sur l’accord de Maastricht (septembre 1992) donne un résultat plus timide. La participation est supérieure, 70%, quasiment identique au référendum de 2005 mais le «oui » n’obtient que 51% ce qui aurait dû rendre très méfiants ceux qui envisageraient l’organisation de tout référendum sur l’Europe.

Nous arrivons au référendum de la Constitution Européenne de juin 2005. Tout comme le référendum de 1972 un événement proche a pu fausser la conception de l’électeur. L’électeur perçoit une « Constitution » qui est présenté sous la forme d’une compilation de 190 pages. Il ne l’a pas lu. De toute façon il a d’autres occupations et n’a pas la connaissance technique pour apprécier.

En revanche, il perçoit clairement l’admission récente des nouveaux Etats aux salaires nettement inférieurs au sien, aux économies de grand public inexistantes, aux régimes sociaux en loques et des institutions politiques généralement instables que différents organismes internationaux ou étrangers dirigent d’une façon précipitée et parfois dangereuse vers les normes occidentales.

Moralité : Rien ne devrait être entrepris sans tenir compte des exemples passés (l’histoire) ou de ce qui se passe ailleurs (le comparatisme.)

Les élections municipales : un modèle de démocratie locale participative ?

G COLLOMB ELU AU CONSEIL MUNICIPAL

 

Monique Cochinal

www.senat.fr › Europe et International › International

 

Il faut savoir que le maire est le personnage le plus proche des simples citoyens, surtout dans les petites communes. Souvent, un enfant du village, il est connu, respecté, écouté, mais aussi critiqué, débiné, envié. Ses fonctions sont multiples. Il est à la fois agent de l’Etat et agent de la commune, en tant que collectivité territoriale.

En tant qu’agent de l’Etat, sous l’autorité du Préfet, il remplit des fonctions administratives telles que :

  • La publication des lois et règlements
  • L’organisation des élections
  • La légalisation des signatures

Sous l’autorité du procureur de la République, il exerce des fonctions dans le domaine judiciaire.

En tant qu’agent exécutif de la commune, il est chargé de l’exécution des décisions du conseil municipal et agit, sous contrôle de ce dernier. Il représente la commune en justice, passe les marchés, signe des contrats, prépare le budget, gère le patrimoine communal. Il doit rendre compte de ses actes dans des domaines très divers (affectation des propriétés communales, réalisation des emprunts, création de classes dans les écoles, actions en justice. Il est chargé de maintenir l’ordre public (police administrative – bon ordre, sûreté, sécurité et salubrité publiques). Chef de l’administration communale, il dispose d’un pouvoir d’organisation des services de la commune.

Depuis la prise de pouvoir de notre Président Macron, en 2017, et sa politique autoritaire de réformation complète, les maires ont vu leurs dotations forfaitaires (DGF) bien réduites et par contre, leurs fonctions et leurs responsabilités de plus en plus grandes. Beaucoup se sont sentis « abandonnés, « incompris » et laissés pour compte par l’Etat. Les plus petites communes allaient à la faillite. Beaucoup de maires ont même démissionné. Je me souviens avoir beaucoup parlé avec une jeune femme maire d’une petite commune de Charente-Maritime, invitée à un repas de noce, assise à côté de moi, son portable bien en évidence sur la table, me parlant de ses journées surchargées, et de ses nuits de veille, appelée sans répit par des personnes du village en grande difficulté, allant auprès d’une femme battue par son mari, sans toit avec ses enfants, ou encore chez un fermier venant de perdre sa vache laitière, ou encore prodiguant réconfort à une famille en grande détresse devant le suicide et la faillite de l’entrepreneur X. Notre sympathique conversation fut brusquement interrompue par un appel téléphonique, bien avant le dessert. Un violent incendie venait de se déclarer, et elle devait gérer tout elle-même, car aucune personne compétente ne pouvait l’aider (contrairement à une commune plus importante bien équipée).

Si la confiance dans nos élus au pouvoir a complètement disparu, les citoyens Français gardent foi en leur maire et reconnaissent ses capacités de bon gestionnaire (qu’il soit de n’importe quel bord) et on va volontiers voter pour élire « son maire ».

Le nouveau conseil municipal de Gommecourt autour du maire Daniel ledru.

Depuis la grave crise de ce mouvement spontané des gilets jaunes, qui a obtenu, en quelques mois, ce que les syndicats réunis n’avaient pu obtenir, l’attitude du gouvernement envers les maires a beaucoup évolué. On a beaucoup parlé des injustices produites par des lois venant du pouvoir absolu (ressenti comme tel), et appliquées dans tous les territoires de la même façon, toujours au profit des grandes agglomérations urbaines.

Les modes de scrutin de ces élections sont différents selon la taille de la commune déterminée par le nombre d’habitants : une première injustice, peut-être ?

  • Pour les communes de moins de 1000 habitants : élection des conseillers municipaux au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours avec panachage
  • Pour les communes plus importantes : un scrutin proportionnel de liste avec prime majoritaire

Régimes particuliers pour Paris, Lyon et Marseille : dans ces trois grandes villes les plus peuplées, l’élection se fait par secteur électoral, en suivant les mêmes règles que pour les communes de plus de 1000 habitants. Ces secteurs correspondent à chaque arrondissement pour Paris et Lyon, tandis qu’à Marseille, chacun des 8 secteurs regroupe 2 arrondissements.

Il est bon d’ajouter que les grands électeurs du Sénat sont déterminés à 95 % par les  élections municipales.

Pourquoi ces élections municipales semblent-elles, subitement, autant prisées pour notre actuel gouvernement ?

Pourquoi ce soudain revirement du Président Macron en faveur des maires et de leurs communes ?

Serait-ce une sérieuse prise de conscience du pouvoir macroniste d’une rupture importante entre les grandes métropoles et les nombreux territoires français, les gens du peuple et les élites ? (souvenons-nous des revendications premières des gilets jaunes).

Serait-ce le constat d’un échec prochain d’une politique de mesures improvisées, dictée par des personnes grisées par de petites réussites, qui ont cru prétendre à des postes de haute fonction, mais, en fait, ont mené à des situations catastrophiques bien au-delà de l’Etat.

Belgique: La rupture de l’élection de 1965

 Depuis décembre de l’année dernière la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. L’article suivant apporte une explication à cette situation dramatique. Les structures d’influence ou la structure pour le vote contre sont contrecarrés par le phénomène linguistique. Il faut noter que quelque soit la structure social d’un Etat, un scrutin de liste proportionnelle va traduire les divisions existantes dans la population qui va se retrouver avec de nouvelles formations politiques qui n’auraient jamais du exister.

Bernard Owen Maria Rodriguez McKey

L’élection fait suite à quatre ans de gouvernement de grande coalition : PSC – PSB. (Gouvernement LEFEVRE du 25 avril 1961 au 24 mai 1965). Les autrichiens appel lent ce genre de gouvernement un « gouvernement d’éléphants”.

Avant 1961, et depuis l’époque qui a suivi l’immédiat après guerre, le PSC représentait essentiellement le courant de droite avec une forte influence catholique bien qu’officiellement un parti non confessionnel. (la création d’un parti catholique “progressiste” avait été tenté en 1945 mais n’avait obtenu aucun député aux législatives de 1946)

De son coté le PSB représentait le courant de gauche plus fortement implanté en pays Wallon au contraire du PSC bien installé en pays flamand. De 1949 à 1961 l’électorat propre à ses deux tendances politiques : droite -—gauche se trouvait rejoint ou abandonné par les électeurs qui jugeaient positivement ou non l’action du gouvernement que l’un de ces deux partis représentait.

Schématiquement la situation se présente de la façon suivante :

1949 – 1961

Parti au gouvernement (avec le Parti Libéral ou homogène)

Parti dans l’opposition (avec le Parti Libéral ou sans lui)

parti A —- noyau représentant l’électorat constant du parti au gouvernement … X

 + électorat satisfait de l’action gouvernementale …………… Y

 — électorat mécontent de l’action gouvernementale ….. Z

 

parti B – noyau représentant l’électorat constant du parti dans l’opposition .

 — L’électorat satisfait de l’action gouvernementale ……………… M

+ électorat mécontent de l’action gouvernementale ……………… N

L’électorat satisfait M quittera le parti B et ira voter pour le parti A. L’électorat mécontent Z quittera le parti À et ira voter pour le parti B.  La différence entre : M + Y et Z+N déterminant si l’on est devant un exemple d’usure du pouvoir ou non. Or, la règle en Belgique parait être celle de l’usure du pouvoir et nous trouvons généralement Z+N = M+Y

Or, à partir de 1961 la situation est différente. Les gouvernements de grande coalition nous obligent à poser la question suivante : Comment peuvent voter les électeurs mécontents de l’action du gouvernement sortant ?

Le gouvernement de grande coalition de 1961 à 1965 est à direction PSC et a tenté d’apporter une solution au problème linguistique. Cette période a été politiquement mouvementée.

Résumé des événements survenus pendant la période 1961 – 1965

Le gouvernement Théo LEFEVRE décide de soumettre au parlement des projets appor-tant des précisions à la législation de 1932. En fait ils étendront sa rigueur :

Lois du 8 novembre 1962 – Fixant la frontière linguistique.

du 27 juillet 1963 –  – Enseignement des langues dans les écoles.

du 2 août 1963 – Régime linguistique de l’agglomération bruxelloise et de l’administration de l’Etat. (Le vote ‘pour’ est de 157 voix contre 33 (Volksunie, Parti Libéral, Parti Communiste et 3 PSC flamands)

Voir CHIROUX, p.175 : (le vote a lieu) “.., à la suite de longs et pénibles débats et des difficultés politiques que le gouvernement ne peut écarter par une conférence formée des 2 partis alliés au sein de la majorité. Le gouvernement cède aux exigences des extrémistes flamands en supprimant le volet linguistique du recensement. »

La frontière est donc fixée une fois pour toute. Le parlement (contre le gouvernement) se prononce pour le transfert de 6 communes de la Voer, les Fourons à la zone flamande. Les 4 200 habitants réagissent avec énergie et un référendum (67,6% de participation) donne 93% des électeurs se prononçant pour l »usage principal du français et leur maintien dans la province de Liège. Le parlement, sous la pression flamande, maintien sa décision du rattachement des Fourons au Limbourg.” (CHIROUX, p.180) : Alors que le problème linguistique semblait avoir trouvé sur le plan législatif une solution définitive, il est incontestable que se développe en Belgique un malaise dans les rapports entre les communautés. Selon le procureur du Roi auprès du tribunal correctionnel de Bruxelles, 24 attentats par explosifs auraient eu lieu entre 1964 et 1966 (Le MONDE du 15 octobre 1966).

CHIROUX, p. 204 : “Les véritables impulsions ne viennent pas des gouvernements ni même de |’appareil des partis mais de la -société civile- du corps politique en tant que celui-ci est distinct … de la machine des partis. Les partis seraient ainsi facilement soumis à l’influence des groupes de pression et s’efforceraient seulement de contrôler les poussées wallonnes et flamandes nées hors d’eux. »

CHIROUX,p. 205 : II souligne l’effet déstabilisant d’extrémistes minoritaires quand ceux-ci accèdent au parlement où leurs propos prennent alors une stature officielle. “De nombreux groupes dont 1”’influence ne cesse d’augmenter se sont implantés dans  une des 3 régions belges affirmant leur volonté de défendre exclusivement les intérêts de cette région. N’ayant pas de vocation gouvernementale , ne nourrissant pas l’ambition d’attirer les suffrages des habitants des 2 autres communautés, ces partis ont établi des programmes extrémistes, souvent même démagogiques et déterminent des mouvements d’opinion incontrôlables.”

« Ts participent aux consultations électorales et possèdent ainsi des représentants au parlement capables d’exposer leurs objectifs mais ils veulent surtout faire pression sur les grands partis … dès lors ces 3 grands partis vont se sel ivrer à une surenchère sur les positions de ces mouvements.”

Or, une période aussi animée 1961 – 1965 ne peut que susciter le mécontente- ment de certains électeurs. Nous allons maintenant tenter de répondre à la question posée précédemment : Pour qui vont voter en 1965 les mécontents de l’action gouvernementale de la grande coalition ?

Les chiffres obtenus à partir des analyses du vote réalisées par Nicole ELRUELLE, René EVALENKO et William FRAEYS, « Le Comportement Politique des Electeurs Belges » (Edition de l’Institut de Sociologie, 1970) permettent de distinguer 2 types de mécontents:

1) Les mécontents_du résultat obtenu sur le plan linguistique . Ces mécontents ont transférés leur voix sur un parti linguistique

  &961 1965

 

 Cantons wal lons, – listes wal lonnes  

0

 

3,5%

Cantons Flamands, listes flamandes 6% 11,9%

Sur le plan national, les listes wallonnes ont pour la première fois 3 sièges (FDF, IFW, FWT) alors que les listes Volksunie gagnent 7 sièges pour obtenir un total de 12.

  • Les mécontents de la trop grande place occupée par les langues

Le Parti Libéral qui avait dans l’opposition adopté une position de détache ment à l’égard de ce problème “un parti fidèle à la Belgique unitaire” recueille les voix de ceux qui réagissent contre l’invasion de la scène politique par la question des langues.

 

1961 1965
Cantons wallon – Parti Libéral   11,7% •          25,5%

 

•          Cantons flamands Parti Libéral

11,6% •          16,6%

 

Les 2 partis principaux qui dominaient de loin la scène politique électorale belge se sont effondrés :

              1961 •                1965
•                PSC (catholique)            41,5% 4,4% (-19 sièges)
•                PSB (socialiste) •                36,7% 28,2% (-20 sièges)
  • Le Parti Libéral recueillait sur le plan national:
•                1961 •                1965
•                Le Parti Libéral •                12,3% •          21,6% (+28 sièges)
  • Le Parti Communiste qui était descendu à 3,1% en 1961 est remonté à 4,6%.

Comportement électoral_face à un_ gouvernement de_grande coalition

  • L’électorat mécontent du gouvernement sortant se tourne vers une structure d’accueil quelle qu’en soit la nature quand les principales formations sont associées à la coalition Gouvernementale.
  • Nous avons rencontré une situation comparable en Autriche lors des élections législatives de 1990 où l’électorat mécontent de l’action gouvernementale s’est tourné vers la formation qui était dans l’opposition. Contrairement à la Belgique, une seule possibilité se présentait à l’électeur autrichien mécontent du gouvernement: Le Parti Libéral qui avait aux élections précédentes déjà franchi un pas en raison de son changement d’orientation idéologique. L’élection de 1968.
  • L’élection de 1968 surviendra au moment où se développe l’affaire de Louvain (qui est linguistique) et qui provoque la démission du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée.
  • Les acteurs politiques ne sont plus les mêmes mais l’électorat réagit de la même façon.

Les 2 partis au gouvernement sont le PSC et le Parti Libéral (du 19 mars au 7 février 1968). Ces 2 partis perdent des voix. Le PSC continue sa descente

•                  •          1965 •          1968
•                PSC •                34,4% •                31,87
•                Parti Libéral •          l 21,6% •                20,9%
  • Le Parti Libéral perd peu par rapport à sa forte augmentation de 1965 qui était de +12,3%. Le PSB, qui est dans l’opposition, reste au même niveau : 28,2% en 1965 et 28% en 1968

Franco-German tension complicates race for EU’s top jobs

Strained relations between Berlin and Paris make it hard to predict who will end up running the commission and ECB

Mallet in Paris and Guy Chazan in Berlin

Europe is picking a new batch of EU presidents and there is nothing like the symbols of a coronation for France and Germany to show the world how close their relationship is — and who exactly is on top.

When General Charles De Gaulle invited Konrad Adenauer for a “mass for peace” in 1962 it was held in Reims Cathedral, where French kings had been crowned since the sixth century. The event was a historic reconciliation after three catastrophic wars, but De Gaulle nevertheless chose a chair that was noticeably taller than the German chancellor’s.

Six decades on, with Berlin’s economic power now in the ascendant, Angela Merkel and Emmanuel Macron renewed the vows of the Franco-German relationship in January, signing the Aachen treaty in a hall where Holy Roman Emperors once held coronation banquets.


German chancellor Konrad Adenauer (left) and French President Charles De Gaulle attend mass at Reims cathedral on July 5 1962 © AFP

But instead of a backdrop of vaulted medieval ceilings, fit for the ambition of Mr Macron, the German hosts put the leaders in front of a white panel, smattered with functional black lettering. “It said it all,” says one senior official present at the ceremony. Ms Merkel, now on her fourth French president, is not one for vaulting ambition.

The episode is a window on an increasingly lopsided political double act that, along with the rest of the EU’s leadership, is seized by transition. Brussels is in the throes of a succession battle, and the Franco-German relationship, once the guiding force for the European project, is showing the strain.

At a Brussels summit next week, the EU is supposed to start nominating new presidents for its main institutions — the European Commission, European Council, European Central Bank and European Parliament. It is a chance for the two senior partners to shape the outcome. Yet rather than rush to Berlin to seal a deal, Mr Macron is openly challenging the veteran chancellor and her centre-right allies in the European People’s party.

Nominally in his sights is Manfred Weber, the lead candidate for the EPP and Ms Merkel’s official choice for the Commission. But Mr Macron’s aim is broader: to “rebalance Europe” through alliances with progressives and liberals to end what senior French officials call the “hegemonic habits” of the Berlin-dominated EPP. France’s disrupter-in-chief is turning his energy to the political networks that underpinned two decades of German dominance in Brussels.