• ELABE – sondage du 4 JANVIER 2018

Militants favourable towards an international airport project in Notre-Dame-des-Landes, carry a plane model reading « Air Mediation » as they prepare to simulate an airplane crash as they demonstrate on November 25, 2017 in Nantes, western France.
The controversial project, which was approved in 2008, has since been facing opposition for ecological and human reasons, and no specific date to start the construction has been set. / AFP PHOTO / Jean-Sebastien EVRARD

ELABE – Observatoire politique – janvier 2018

  • ÉTUDES & SONDAGES
  • Avec la hausse enregistrée ce mois-ci, Emmanuel Macron bénéficie d’un score supérieur de 7 points à celui de François Hollande à la même période de son quinquennat (39%).
    Malgré cette hausse, un Français sur deux (50%, -4) déclare ne pas lui faire confiance, dont 20% (-4) « pas du tout confiance ». A noter que le taux de personnes affirmant ne « pas du tout » faire confiance au chef de l’Etat est en baisse de 8 points en deux mois, après avoir été en constante hausse depuis le …il début du quinquennat.(Emanuel Macron) progresse auprès des électeurs de 1er tour de François Fillon (52%, +7) et de Marine Le Pen (20%, +5).

MEDIAPART:Banque de France: la stupéfiante promotion de Sylvie Goulard

17 JANVIER 2018 PAR LAURENT MAUDUIT

Emmanuel Macron a décidé de promouvoir Sylvie Goulard au poste de sous-gouverneure de la Banque de France. Pourtant, une cascade d’objections, de nature judiciaire, politique ou éthique, aurait dû disqualifier l’éphémère ministre des armées pour ce poste à la tête d’une institution réputée indépendante.

C’est une promotion sans précédent dans l’histoire de la Banque de France, qui risque de faire des vagues en France mais aussi en Europe : au poste vacant de deuxième sous-gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Macron a décidé, lors du conseil des ministres de ce mercredi (le communiqué est ici), de nommer Sylvie Goulard, l’éphémère ministre des armées, en remplacement d’Anne Le Lorier. Pourtant, une cascade d’objections, de nature judiciaire, politique ou éthique, aurait dû la disqualifier pour entrer à la tête d’une institution qui, aux termes de la loi et des traités européens, est réputée indépendante.

La première objection coule de source. Nommée le 17 mai 2017 ministre des armées dans le gouvernement d’Édouard Philippe, elle annonce un mois plus tard, le 20 juin, qu’elle renonce à ses fonctions pour démontrer sa « bonne foi » dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen, une affaire qui conduit également François Bayrou (justice) et Marielle de Sarnez (affaires européennes) à quitter le gouvernement et qui donne lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Si, au terme de cette jurisprudence, un dirigeant politique sur lequel pèse un soupçon d’emploi fictif, ne peut rester ministre et doit se tenir à l’écart d’une fonction publique importante, le temps que la justice fasse son office, pourquoi cela en serait-il autrement pour une fonction aussi importante à la Banque de France ? Pourquoi ce souci d’exemplarité devrait-il jouer dans un cas, mais pas dans l’autre ? C’est incohérent. Cela l’est d’autant plus que la Banque de France procède à l’agrément des banquiers de la place de Paris, et parmi les critères d’agrément, le premier est « l’honorabilité ». La première question en génère donc immédiatement une autre : comment la Banque de France pourrait-elle faire prévaloir cette disposition du code monétaire et financier si, dans le même temps, elle s’exonère elle-même de ce principe.

Il est pour le moins paradoxal qu’Emmanuel Macron se moque de ces règles, au moment même où il a donné des instructions à la ministre de la communication pour demander à Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme, d’abandonner ses fonctions de PDG de Radio France, dans un souci précisément d’« exemplarité ». À croire que Radio France doit être exemplaire, mais pas la Banque de France ?

Autre problème majeur : la loi française, depuis la ratification par la France en 1992 du traité de Maastricht, stipule que la Banque de France est une institution indépendante, comme l’est la Banque centrale européenne. Depuis, jamais un dirigeant politique, proche de surcroît du chef de l’État, n’a fait son entrée au sein de la Banque de France. Le profil recherché était plutôt celui des hauts fonctionnaires, du type inspecteur des finances, qui pouvait garantir (au moins en apparence) le caractère « transpartisan » de la banque, selon le jargon qu’affectionnait en son temps Jean-Claude Trichet.

Or Sylvie Goulard rompt avec cette tradition. Non seulement à cause de sa proximité avec la majorité présidentielle, mais aussi des nombreuses attaches qu’elle a longtemps entretenues avec des lobbys puissants.

Dans une enquête publiée en octobre 2014 par Mediapart, Ludovic Lamant détaillait ainsi la situation des députés européens qui avaient des activités rémunérées et il relevait que quatre élues françaises figuraient dans les dix premières places de ce classement. Sylvie Goulard (UDI-MoDem), apparaissant au sixième rang. Elle déclarait ainsi toucher « plus de 10 000 euros brut »chaque mois, en tant que « conseillère spéciale » pour le think tank pro-européen lancé par l’homme d’affaires américain Nicolas Berggruen, aux côtés de Jacques Delors ou Mario Monti. « Ce sont des sommes brut, hors charges sociales », insistait Sylvie Goulard, jointe par Mediapart. « Il s’agit d’un think tank américain, qui ne dégage aucun profit, et qui pratique effectivement des rémunérations à des niveaux comparables à ceux des cabinets d’avocats américains. Son but est de travailler aux questions de gouvernance en Europe. »

N’y a-t-il donc pas un conflit d’intérêts à ce qu’une personnalité ayant eu ces attaches rémunérées entre ensuite au sommet de la Banque de France ? Dans un billet de blog sur Alternatives économiques, Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne, va même plus loin : « Jusqu’à son entrée au gouvernement, elle avait été pendant huit ans députée européenne. En tant que membre titulaire de la commission parlementaire en charge des affaires économiques et monétaires (ECON), elle a été (co-)rapporteure de nombreux textes législatifs concernant notamment la supervision financière (celle des banques et celle des assurances) et l’Union bancaire. Les mauvaises langues disent d’elle qu’il lui arrivait de recopier textuellement les amendements proposés par la Fédération bancaire européenne et la Fédération bancaire française. » Aucune preuve de cette assertion assassine n’est donnée, mais elle est véhiculée par beaucoup d’économistes.

À toutes ces critiques, l’économiste français Romain Rancière, professeur à l’université de Californie du Sud, ajoute celle qui a trait à la compétence. Il fait en effet valoir que si l’ex-députée à Strasbourg connaît bien les questions européennes, ses compétences sont de nature diplomatique ou juridique, et pas économique. Or la complexité de la politique monétaire, qui est de la compétence des banques centrales, ne s’improvise pas. C’est si vrai que des économistes sont de plus en plus souvent choisis pour piloter des banques centrales, par exemple en Irlande ou en Estonie. L’économiste fait encore valoir qu’un banquier central doit être neutre politiquement.

Comment certains pays, à commencer par l’Allemagne, vont-ils réagir à cette nomination ? Du temps où il officiait à La Tribune – il nous a depuis rejoints à Mediapart –, Romaric Godin avait raconté dans une enquête l’histoire du gouverneur de la banque centrale chypriote, qui avait dû démissionner de ses fonctions en mars 2014 – ce qui éclaire notre interrogation. Après un an de guerre de tranchées avec le président Nikos Anastasiadis, le gouverneur de la banque centrale de Chypre (CBC), Panikos Dimitriadis, avait dû jeter l’éponge. Nommé en mai 2012 par le précédent président, le communiste Dimitris Khristofias, Dimitriadis était immédiatement devenu la bête noire de la nouvelle administration arrivée au pouvoir en mars 2013, en pleine tempête financière qui avait porté le pays dans les bras de la troïka. Or dans la bataille qui avait conduit à mettre sur la touche le banquier central, Francfort avait aussi pesé, n’appréciant guère ce gouverneur partisan d’une politique favorisant la croissance. Preuve que l’Allemagne est toujours très sourcilleuse sur l’indépendance des banques centrales – pour Angela Merkel, on ne plaisante pas avec ces questions !

Enfin, si la nomination de Sylvie Goulard risque d’alimenter la controverse, c’est aussi parce qu’elle va former un étrange attelage avec le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. En septembre 2015, quand François Hollande avait en effet porté ce dernier à cette fonction, un collectif de 150 économistes s’était insurgé dans une tribune publiée par Le Monde, faisant valoir que l’intéressé avait fait une bonne partie de sa carrière à BNP Paribas. « L’expérience de François Villeroy de Galhau lui confère à n’en pas douter une excellente expertise du secteur bancaire, au moins autant qu’elle l’expose à un grave problème de conflit d’intérêts et met à mal son indépendance. Étant donné les enjeux de pouvoir et d’argent qu’il véhicule, le secteur bancaire est particulièrement propice aux conflits d’intérêts. Il est totalement illusoire d’affirmer qu’on peut avoir servi l’industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance », remarquaient-ils.

Soit dit en passant, au plus fort de ces controverses autour de François Villeroy de Galhau, Sylvie Goulard avait pris la défense de l’ancien banquier de BNP Paribas. Dans une tribune publiée par Les Échos, le 17 septembre 2015, elle s’était indignée du procès qu’on lui faisait et lui avait apporté son soutien : « Haro sur François Villeroy de Galhau, inspecteur des finances, ancien dirigeant de BNP Paribas, candidat au poste de gouverneur de la Banque de France ! Des économistes, des élus crient au conflit d’intérêts. Vu de Bruxelles, le débat a quelque chose de consternant », écrivait-elle. Avec le recul, on se prend donc à penser qu’il y a dans sa nomination un petit air de renvoi d’ascenseur. Et on a envie de lui renvoyer aujourd’hui le compliment : tout cela a « quelque chose de consternant ».

Après une nomination controversée, en voici donc une seconde : la polémique sur l’indépendance de la Banque de France n’est pas près de s’éteindre. Et c’est le chef de l’État qui devra en assumer la responsabilité…

Les medias selon Macron: « Daddy Knows Best » ou « Il faut écouter papa »

Maria Rodriguez McKey

L’article du New York Times intitulé « Macron Opens Year Pulling No Punches With Journalists, Or Anyone », que nous avons placé sur le site le 6 janvier 2018, commence par les mots du Président Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse, des mots qui, selon l’auteur de cet article, ont été prononcés comme si les journalistes étaient des enfants car il a utilisé le mot scold » ou gronder.

« Vous (les journa « listes) avez besoin de règles, quelques principes, un code d’éthique, vous donnez  trop d’importance à des citations en off alors que ce qui compte c’est la version officielle. »

Est-ce que le journaliste Adam Nossiter du New York Times a trouvé le Président français quelque peu paternaliste? Mon expérience américaine me fait dire que oui. Mais la presse française a toujours été soumise à des lois restrictives de leur travail.  Il y a plusieurs années, une journaliste française très connue, expliquait à ses confrères britanniques qu’ici le journaliste doit s’arrêter à la porte de la chambre à coucher. Néanmoins, les mots du Président ont aussi provoque des vifs débats dans les médias français.

Le projet de loi du Président Macron, inclut une disposition par laquelle pendant les élections il serait possible de prendre des mesures d’urgence pour éliminer le contenu qui propagerai de la propagande et des fausses informations. Il me semble dangereux de prendre ce genre de décision en pleine bataille électorale car prouver qu’une fausse nouvelle est bien fausse peut s’avérer difficile. La présomption d’ innocence est un principe juridique très important.  La liberté de presse ne devrait pas être soumise à des mesures d’exception car les mots ne touent pas, seuls les actes.

.  Néanmoins, les exemples d’interdictions en matière électorale existent déjà. Par exemple, le jour avant l’élection, la télévision et les journaux ne doivent pas faire mention de la campagne électorale en cours, et ne peuvent pas publier des sondages.  Les candidats ne peuvent pas continuer leurs débats ni leur attaques, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis. J’ai un vieille ami américain, qui est membre du Parti Démocrate et qui travaillait pour ceux faisant les sondages pour ce parti, qui, en me parlant de cette vieille république, me disait que le meilleur exemple de « mudsling », (« jeter de la boue », autrement dit  attaquer son opposant), est ce qui se fait la nuit avant le jour de l’élection, car la cible n’a que le lendemain pour répondre.

Il faut dire qu’en France, lors des élections présidentielles de 2002, les sondages qui ont été fait vers 11 du matin le jour de l’élection, tendaient à prouver que Jospin ne passerait pas au deuxième tour. Si les électeurs avaient pu voir ces sondages, ils auraient pu réagir car le problème du premier tour est qu,il garantit une dispersion des suffrages contrairement au scrutin majoritaire à un tour des Etats-Unis.

En ce qui concerne les résultats électoraux,  ont peut les connaitre avant 20h sur les chaines de télévision ou la BBC ou chez les belges, car eux n’ont pas ces interdictions. Néanmoins, regarder les résultats à 20h est une tradition qui est probablement chère aux français.

Aux Etats-Unis le Président Trump, aussi, n’aime pas les fake news, il voudrait même une investigation du Congrès. La semaine dernière le Président américain a suggéré que la Cellule  de Renseignements du Sénat lance une enquête sur les fake news qui existent dans « notre pays » ( “the Fake News Networks in OUR country”). Jeudi, dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche, il a dit de façon autoritaire mais révélatrice, que « c’était franchement répugnant que la presse puisse écrire ce qu’elle veut… »

Le Wahington Post, dans l’article intitulé « How to squash fake news without trampling free speech », par Callum Borchers du 12 octobre 2017, constate la seule vérité des fake news:

« Dans l’absence d’une définition universellement  acceptée, combattre les fake news (quoique que cela signifie) est une proposition difficile à tenir, voire effrayante. »

Malheureusement pour le Président Trump, mais heureusement, pour les américains,  il y a le premier amendement à la Constitution. Cet amendement interdit le politique de légiférer sur trois droits essentiels: la liberté d’expression et de presse, la liberté de culte et la liberté de s’associer. C’est aux tribunaux, et éventuellement, la Cour Suprême, de trancher quand, par exemple, elle constate lors d’un procès qui lui est soumis, qu’il existe des interprétations différentes au niveaux des tribunaux inférieurs. C’était le cas de la troisième clause du premier amendement, qui au XIX siècle, a été interprété comme un droit de libre association alors que le texte prévoyait des pétitions citoyennes.

[Fitst Amendment I.]

Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances.

Les dix premiers amendements de la Constitution datent datent de 1791.

Pour revenir à la France, un autre article anglophone rappelle à ses lecteurs le fait que pendant la campagne présidentielle française, il y eu des rumeurs propagés sur l’Internet, disant que le candidat Macron était homosexuel (« Emmanuel Macron promises ban on fake news during elections. French president warns democracies are under threat as he sets out plan including emergency blocks on websites  » par Angelique Chrisafis,  The Guardian, journal de gauche, anciennement The Manchester Guardian, à l’époque où la gauche était représentée par le Parti Libéral et non le Labour).  Je ne pense pas que les fake news constituent une menace pour les démocraties comme le dit notre Président. En revanche, l’élections d’un certain comme le dit notre Président Parti Nazi le fut. Et n’oublions pas, le différents partis dits « populistes » ou nationalistes qui polluent les démocraties en Europe peuvent devenir un danger.

Le Président Macron voudrait aussi mieux armer la CSA pour contrer les tentatives de déstabilisation des chaînes de télévision qui seraient contrôlées ou influencées par des Etats étrangers. Lors de la visite du Président Putin, le Président Macron a accusé la chaîne publique russe, Russia Today, d’essayer d’influencer les élections en France. L’article intitulé « Sees little evidence of Russian meddling in Brexit vote »  par DAVID D. Kirkpatrick du Times (britanique, conservateur) explique que Facebook, qui a été contacté concernant l’influence que la Russie aurait eu pendant la campagne du référendum pour le  Bréxit, a répondu par courriel qu’à travers leur réseaux sociaux les russes avaient dépensé 97 centimes pour ce faire, ce qui reste négligeable. L’autre exemple étant l’élection présidentielle américaine de 2017, où la Russie aurait dépensé $100,000 pour essayer d’influencer  cette élection mais en vain, car ce sont Grands « lecteurs qui ont choisi le candidat du Parti Républicain. Tout cela est de bonne guerre mais il est plus que probable que les américains fassent de même.

L’article du Washington Post cité explique bien la différence entre la France et les Etats-Unis en notant que l’association PEN, qui veille aux questions de la liberté de presse et des droits de l’homme aux Etats-Unis suggère, entre autres, que l’on s’adresse aux associations, aux éducateurs pour que dès leur plus jeune âge, il y soient initiés aux possibilités de l’internet.

La jurisprudence de la Cour Suprême assimile la liberté d’expression et de presse à  un « maketplace of ideas », autrement dit un marché d’idées.  Que la concurrence des différentes idées fait ressortir la vérité. On n’aime pas que le Gouvernement définisse ce que nous pouvons lire ou écrire. Il ya tout de même des exceptions car même si la pornographie adulte est protégé par le premier amendement, la pornographie l’enfantine ne l’est pas.

The Washington Post: Emmanuel Macron speaks to the world. But what about the French?

Two nice couples…?

BJames McAuley December 10, 2017

PARIS —Seven months after his election, Emmanuel ­Macron has established himself as a force on the world stage. But at home some call him shy on the thorniest question in one of Western Europe’s most diverse societies: national identity.

The young president appears in nearly every important geopolitical discussion, issuing statements and sounding alarms. Next to a Germany mired in internal divisions — and a Britain distracted by Brexit — Macron may be Europe’s most persuasive public face. And at a time of U.S. withdrawal, some argue that the 39-year-old ex-investment banker could even become the de facto leader of the free world.

In any case, he loves to play the part. This week, for instance, Macron hosts a climate summit in Paris, reaffirming global commitments to the 2015 Paris agreement that President Trump abandoned over the summer. In the presence of about 50 world leaders — and in the absence of Trump — Macron will reiterate the need for action. A particular emphasis this time around will be on private funding for climate initiatives, especially in the United States. Former New York mayor Michael R. Bloomberg, Bill Gates and other American philanthropists are also slated to attend.

The climate summit will be only the latest of Macron’s global interventions. Last week, he chastised Trump over the latter’s decision to move the U.S. Embassy in Israel to Jerusalem from Tel Aviv, and he met with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu in Paris on Sunday. Last month, Macron inserted himself in the strange standoff among Saudi Arabia, Lebanon and Iran, persuading Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman to permit Saad Hariri, the Lebanese prime minister, to fly to Paris and ultimately back to Beirut. Not to appear one-sided in the Gulf crisis, Macron last week also visited Qatar, where he secured nearly $14 billion in contracts for French companies, including the sale of 50 Airbus jets.

[Within France, however, the young leader’s image does not quite match his international profile. While the French are mostly proud to have an internationally respected leader, many remain ambivalent about a character often seen as overly timid on cultural problems raging at home. Identity in general — and Islam in particular — remain crucial issues in France, yet on both questions Macron has been quiet.

“This is one where people are asking the question, ‘When is he going to speak?’ ” said François Heisbourg, a Paris-based political analyst and former presidential adviser on national security issues to Nicolas Sarkozy and François Hollande. “He will not be able to keep silent forever. It’s one of the deepest divisions in the public debate that I’ve seen in a very long time, and it’s very ugly.”

The French presidential elections this year, perhaps the most contentious in decades, saw Macron run against Marine Le Pen, the leader of the far-right, xenophobic National Front, whose fiery speeches regularly decried migrants and an “Islamist globalization” that, in her view, “threatened to bring France to its knees.” Macron defeated Le Pen in a landslide, but his victory did not put an end to the debate that her candidacy encouraged.

Lately, France has been consumed with the Tariq Ramadan scandal, which began with rape allegations against one of the most prominent Muslims in French public life. The debate almost immediately transformed from a collective discussion about sexual assault into a fight over the proper place of Islam in a staunchly secular republic. According to Le Monde, citing Elysee Palace insiders, Macron considered weighing in last week on France’s secular ideals but ultimately decided against it, instead opting to speak early next year.

In the aftermath of the election, Macron largely avoided those explosive social issues, assembling an unusual centrist governing coalition and immediately setting to work on streamlining a stagnant French economy. With a party made up of novice deputies from various professional backgrounds, technocracy more than anything else has shaped the new president’s governing style.

Macron said as much at an entrepreneurial conference in Paris in June. “I want France to be a start-up nation,” he said, “a nation that thinks and moves like a start-up.”

Macron’s technocratic vision has paid off. In ways few thought possible at the start of his presidency, he stared down France’s famously strong labor unions this fall and won authorization in parliament for what probably will be the most monumental market reforms in generations. Likewise, his approval ratings, after a historic nosedive in the summer, have begun to rise, reaching 50 percent last week, according to Ifop, a leading French polling agency.

But to critics on the right and left, the “start-up nation” Macron imagines is still just a nation, replete with several long-brewing cultural and social struggles that cannot be quantified, outsourced or ignored. For many in France, the profoundly existential questions posed during the election — about what it means to be French and, most importantly, about who really belongs — remain unanswered. And while the photogenic former executive travels the globe, a number of fringe figures have started addressing the subjects Macron will not.

The formation of Macron’s cabinet saw the defection of key players from France’s traditional center-right party, Les Républicains. Their influence on the new president, especially in the economic sphere, earned Macron the reputation as “the president for the rich.” But their departure also left a party without a clear center, a void that seems to be filled by a hard-line conservative who is placing identity issues center stage.

Laurent Wauquiez — who was elected Sunday as leader of the center-right party — has promised a return “to the true values of the right,” playing on France’s Christian roots and what he considers the need to stand firm in the face of an Islamist threat. Wauquiez has condemned Le Pen but embraced many of her talking points.

“I want to speak to these disappointed voters who voted for the National Front,” he said this month. “We need to bring them back.”

A similar phenomenon can be seen on the political left.

Manuel Valls, a former Socialist prime minister and current parliamentary deputy, is known for his bravado on identity issues. Under Hollande’s presidency — and in the aftermath of a devastating slew of terrorist attacks — Valls led the charge against what he viewed as communitarian assaults to France’s nominally secular society.

Notably, he authorized the crackdown on the “burkini” swimsuit, a garment designed for Muslim women to wear at the beach while respecting traditional codes of modesty. For Valls, this was a means of “enslavement.”

In recent weeks, Valls has attacked what he called “the problem of Islam, the Muslims,” and has reiterated that he considers it foolish to say Islamist terrorists have nothing to do with Islam. “That is to deny any responsibility to act for our fellow Muslims,” he told the French newspaper Sud-Ouest this month. “We have to help them.”

For some commentators, Macron’s avoidance of this debate is a testament to what they see as political intelligence, a means of avoiding a discussion that might otherwise unnecessarily divide the electorate.

Macron speaks at a news conference at the Elysee Palace in Paris on Dec. 2. He has largely avoided explosive social issues, assembling an unusual centrist governing coalition and working on streamlining a stagnant economy. (Etienne Laurent/AP)

“He wants to appear as a voice of reason,” said Dominique Moïsi, a foreign policy expert at the Institut Montaigne, a Paris think tank linked to Macron’s campaign. “There are more important problems today, with irrationality in North Korea, in Washington and Jerusalem. His thought is, essentially, ‘Let’s preach moderation, common sense and intelligence.’ ”

For others, Macron’s silence has only allowed the problem to grow. As he takes the stage Tuesday at the Paris climate summit, they wonder whether he will ever weigh in on the issues that continue to animate so many in France.

“He’s a banker; he doesn’t care about social issues. To his credit, he doesn’t think French secularism should be used against Muslims,” said Yasser Louati, a French human rights advocate. “But by remaining silent, he’s allowing the public debate to be hijacked by extremist parties. God knows why.”

La censure par le privé ou par le publique, s’agirai-t-il d’une pente savonneuse?.

Privé ou publique, du pareil au même?

Voici un article du Times anglais, journal conservateur, concernant une décision des trains Virgin de ne plus vendre certains journaux dans leurs wagons.

En France, c’st  la « double peine » e comme le montre le sort de Stéphane Guillon, congédié par France Inter puis par Bolloré?

La loi promise par le Président Macron sur les fake news, dans un pays qui se veut exemplaire sur des questions de liberté, ne fera pas oublier que     la Belgique n’est pas loin, la Suisse non plus, même le Québec, franchement francophone.

Bernard Owen, Maria Rodriguez McKey

Beware the slippery slope of censorship

david aaronovitch

There is apparently a publication called Razzle. I’d never heard of it before yesterday when it came up during a Twitter discussion about Virgin Trains’ decision to stop selling the Daily Mail. Some asked why I was criticising Virgin over its boycott of the Mail when I wasn’t criticising it for refusing to sell Razzle. Or Socialist Worker, or a series of hypothetical titles from Nazism Today to a collection of improbable fetish magazines.

Here’s what the fuss was all about. Virgin Trains has for some time stocked a small selection of newspaper titles for sale in their onboard shops. The Times is one of them and, until recently, the Mail was too. But then Virgin told its staff in an internal memo that the Mailwould no longer be made available. This was nothing to do with lack of demand but because, in the words of the memo, the paper’s editorial content was “not compatible” with the Virgin brand. The decision, the memo suggested, was partly in response to the Mail’s editorial stance on matters such as “immigration, LGBT rights and unemployment”.

My argument was that stopping selling the Mail for this reason amounted to censorship and was wrong. Before I give my reasons, just take a look at the response I got. Within minutes I was inundated with accusations that I was the one who was mistaken. Most of these points were made politely, and some by people I know and respect.

But what struck me most was their combination of ingenuity and disingenuousness. Very few of them said what they really think — “the Daily Mail is a hateful publication and deserves to be boycotted” — and imacronstead tried to argue that, in this case, the ban did not amount to censorship. The Razzle line of logic, if you can call it that, was the most commonly used line of attack. Private companies are not required to sell or advertise products that they, for whatever reason, don’t like or which they don’t believe will make money. So, my opponents argued, refusing to stock the Mail is no different to refusing to stock the Morning Star. Besides, no one will be stopped from reading the Mail on the train, so what are people like me worrying about?

This is what I’m worrying about: if a company servicing the public (in this case a monopoly train company) decides that it disapproves of the general content of a publication and withdraws it from sale, then this constitutes an act of censorship. The fact that, in the case of Virgin Trains, it’s a private company making the decision doesn’t make it any less reprehensible.

Back in the day, Prague airport had one British paper: the Morning Star

Ah, said some anti-Mail types. But isn’t this simply a commercial decision based on an appreciation by Virgin that many of its customers don’t like the Mail and that it’s wiser not to appear to endorse it? Just business common sense really; what’s all the fuss about? The fuss is that this is a slippery slope. Back in the day, if you flew in or out of Moscow or Prague airports, you could always find a British newspaper. And it was always the same one: the Morning Star. The communists’ reasoning was much the same as Virgin’s. The bourgeois British press gave a distorted picture of life in socialist countries, spread false propaganda and ignored the struggles of the working class at home. The Morning Star was the only paper compatible with proletarian internationalist values.

Around the same time, WH Smith, the news and magazine retailer, took Gay Newsoff its shelves and kept it off for years. Its reason for doing so was quickly forgotten but it maintained the ban as, in effect, a statement of disapproval of gay liberation. I don’t imagine that many defending Virgin’s attitude to the Mail would have any difficulty in seeing this action as one of pure, old-fashioned censorship. Smith’s, of course, used the commercial argument to defend its decision too.

Companies cave as soon as campaigners bring a loud hailer

British politics is becoming increasingly tribal, not around parties but around identities. The people disagreeing with me on Twitter were overwhelmingly members of my own tribe. Like me they have spent the past few years being defeated and feeling insulted. They are in a bubble, they are metropolitan lefties, they are not patriotic, they don’t “get it”, they’re traitors, Remoaners and the figures they admire are “enemies of the people”. Yet despite the constant accusations, they feel sneered against rather than sneering. So they are as mad as hell and they aren’t going to take it any more.

One focus of their anger is with those news outlets and journals that have done most, in their view, to stoke up the social media fires. They see a relentless anti-migrant, anti-liberal campaign run by many outlets but above all by the Daily Mail. Hence an organisation like Stop Funding Hate, whose sole objective is to stop advertisers placing their business with what they regard as “unethical” publications. They perceive the Virgin decision as a big victory.

But in doing so, these people fail to see how the other side sees them. To many who may not even read the Mail but who oppose the kind of one-sided censorship that now gets it banned from trains, the boycott represents a bullying juggernaut hurtling towards them and their belief in the freedom of expression. Today Virgin, tomorrow . . . who else?

Going down this route — using the bludgeon rather than reasoned argument — simply answers intolerance with more intolerance. To attempt to shut down a world view, however much it may offend you, is far worse than allowing that world view to be heard. And doing so merely justifies attempts to shut down the opinions of those who claim to be liberals.

Companies such as Virgin, I fear, will continue to let this sort of piecemeal censorship happen; they’re not brave. They’ll cave quite easily in the face of campaigns or pressure groups if it means a quiet life. Galleries displaying controversial works of art or theatres staging controversial plays are full of courage until the moment a campaign group with a loud hailer pitches up in the foyer to harass the punters.

You can be the bold, banning anti-racist one moment, only to find that you’re someone else’s to-be-banned transphobe the next.

When the censors come knocking it’s never just for your enemies. That’s why the only thing that we can all hang on to is the right to be heard whatever we think of the other side’s opinions.

Macron Opens Year Pulling No Punches With Journalists, or Anyone

Just a few extracts from a an aricle by a New York Times journalist… 

 By ADAM NOSSITERJAN. 5, 2018

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PARIS — President Emmanuel Macron met with French journalists this week in what is an annual tradition by French presidents to extend a New Year’s greeting. Instead, Mr. Macron seized the occasion to lecture them.

You need a set of rules, he told the assembled press corps, some principles, an ethics code. And besides, you give too much weight to off-record quotes when it’s the official word that counts.

The scolding was audacious. But that is Mr. Macron’s style these days. For now, he is the undisputed master of French politics and his absolute self-confidence — critics say, arrogance — is undaunted, when it comes to French journalism, its labor code, migration or almost anything else.

Mr. Macron, with his upsets to the established order in France and his bid for leadership in the Europe of a politically weakened Germany, appears inspired by the same thought.

His grand vision for France’s role, as expressed in the New Year’s Eve address, harks back to de Gaulle, a leader to which the French press sometimes compares him: “A strong country with a universal pull which, because it is stronger, produces more, and can therefore ensure solidarity at home and make humanist demands abroad,” Mr. Macron said.

Europe, he said, “can stand up to China, to the United States.

The emphasis in these words is on strength. The hallmark of Mr. Macron’s program so far — and what is promised in the coming months in two major domains, immigration and unemployment — is its tough-mindedness.

For his critics, that determination tips at times into disdain. That was the message that many took from his greeting, if it could be called that, to the journalists.

The irony was not lost on the assembled press corps that Mr. Macron, in fact, owes most of his amazing political good fortune to bold French journalism: it was the weekly Le Canard Enchaîné that torpedoed his principal opponent — and the otherwise likely winner of the 2017 presidential election — François Fillon.

…Adding insult to injury, the French president then announced a new, if redundant, law repressing “fake news” — hardly the currency of the professionals in the room, and a problem already addressed in French statutes.

Others have felt similarly discarded, or even betrayed. Mr. Macron rose to power through his service in a Socialist government, but there is little of the socialist about his policies.

…It is an unusual position for a French politician, who for generations have emphasized the protective power of the state — and the proof of any success will come only with a significant drop in the stubborn 10-percent jobless rate, elusive so far. But already surveys show higher levels of confidence among business executives than have been seen in many years.

That is so even though Mr. Macron’s cadre of technocrats are “incredibly far from an electorate that demands protection,” Mr. Perrineau, the political scientist, said in the Le Un interview. Yet Mr. Macron’s poll numbers are climbing again, after a summer trough.

But there are challenges ahead. Mr. Macron may not be so lucky with his next intended shock to the French system, a change to the country’s generous unemployment compensation system, scheduled to be negotiated beginning next week.

Similarly, his sharp-elbowed immigration policy has marked a break with the looser attitude of his Socialist predecessor. He is outflanking both the far-right’s National Front and the conventional right, both of whom make immigration their war cry. Mr. Macron is depriving them of the issue.

He set the tough tone to African students themselves, in a November address to those at Ouagadougou, Burkina Faso, who were demanding easier access to France.

“I can’t tell my middle classes who work, who pay taxes, that it’s great, we’re going to welcome everybody into the country,” Mr. Macron said. “That’s just ridiculous. Who’s going to pay for that? You’ll just fuel racism and xenophobia. That doesn’t exist, totally open frontiers, that just doesn’t work.”

Accordingly, forced expulsions of those denied asylum were up more than 13 percent last year, hovering around 15,000, compared with the previous year. The interior minister has asked prefects all over France to step up such expulsions .

“We can’t take in everybody,” Mr. Macron said in his New Year’s Eve speech. “There must be rules. It’s indispensable that we check the identities of everyone, and when someone arrives in our country who is not eligible for asylum and has no chance of getting French citizenship, we can’t accept that they stay for months, years, in an irregular situation good for neither them nor the country.”

 

MEDIAPART: Macron face au monde, ou le président Castafiore

La Castafiore, la Diva, le Petit Prince (Stéphane Guillon)

3 JANVIER 2018 PAR ANTOINE PERRAUD

En recevant le Turc liberticide Recep Tayyip Erdoğan vendredi 5 janvier, Emmanuel Macron va au-delà d’une diplomatie fondée sur les réalités. Il joue avec notre crainte de la menace dictatoriale. Pour cultiver son ascendant et s’embellir en ce miroir…

Le côté caméléon kaléidoscopique d’Emmanuel Macron défie les étiquettes, dont il se méfie. Elles collèrent à ses deux prédécesseurs. Jusqu’à les faire disparaître sous les dénominations infamantes reprises en chœur par les électeurs : Nicolas Sarkozy n’était plus, aux yeux de tous, que le vulgaire insensé ; puis François Hollande l’empoté dépassé. Du coup, M. Macron refuse de se laisser épingler par les entomologistes médiatiques : insaisissable il se veut. Aucune danse du scalp définitionnelle ne pourra le « jivariser » !

Dans ce grand jeu à l’œuvre sous nos yeux depuis l’élection de mai, l’hôte de l’Élysée se voue au simulacre, à la feintise, aux mascarades les plus diverses : la politique est pour lui la continuation du théâtre par d’autres moyens. D’où le paradoxe sur le président : « C’est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes » (Denis Diderot, Paradoxe sur le comédien). Ne surtout rien éprouver pour donner l’impression de compatir : « Tout son talent consiste non pas à sentir, comme vous le supposez, mais à rendre si scrupuleusement les signes extérieurs du sentiment, que vous vous y trompiez » (Diderot toujours).

Tapisserie de l’Apocalypse («La Grande Prostituée sur les eaux »), château d’Angers…

Le huitième président de la VeRépublique ajoute quelques degrés à ce vertige : il se regarde – en observateur continu de l’effet qu’il produit – nous embobiner. Et il invite par conséquent les plus critiques d’entre nous à le contempler se regardant nous embobiner.

S’il n’y avait qu’un fil à tirer de la pelote Macron, ce serait la fibre narcissique. Il se mire et s’admire, penché sur l’image que lui renvoie l’opinion publique, tout en appréciant de surcroît le contraste flatteur reflété par les despotes qu’il reçoit en provenance de Moscou, Washington et bientôt Ankara : « Ah ! je ris de me voir si beau en ces miroirs ! », semble chanter à tue-tête ce président Castafiore.

Puisqu’il aime à picorer chez ses grands prédécesseurs histoire de bâtir et d’installer son personnage, force est de rapprocher l’ardeur mise à recevoir les horreurs mondiales d’un certain goût, naguère manifesté par François Mitterrand, pour la canaille transgressive – Hassan II du Maroc au-dehors, Bernard Tapie au-dedans…

Toutefois, le modèle insurpassable demeure de Gaulle, que singe avec constance son lointain successeur – Emmanuel Macron est le premier président de la République française né après la mort de mon général : « Il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités (…) On va sur des chimères, on va sur des mythes ; ce ne sont que des chimères et des mythes. Mais il y a les réalités et les réalités ne se traitent pas comme cela. Les réalités se traitent à partir d’elles-mêmes »(Charles de Gaulle, entretien radio-télédiffusé avec Michel Droit, 14 décembre 1965).

Emmanuel Macron nous sert du de Gaulle dévoyé en ne traitant pas les réalités à partir d’elles-mêmes, mais à partir de l’idée présomptueuse que s’en fait, à sa seule aune, l’actuel locataire de l’Élysée. Celui-ci n’est guère loin de penser, à propos de lui-même et pour paraphraser Aragon : suffit-il donc que je paraisse…

Aller au contact, sans peur sinon sans reproche, ne signifie pas que notre président thaumaturge guérisse ses hôtes, et partant la planète, des écrouelles dictatoriales. Dès le 20 mai 2017, Vladimir Poutine fit mine de considérer l’amphitryon de Versailles, de façon que ce tendron français gonflé d’importance entravât l’omnipotence de la chancelière allemande et désincarcérât le maître du Kremlin de son dialogue contrariant avec cette Angela Merkel à qui on ne la fait pas.

Lors du 14 juillet, le tour de piste en compagnie du bouillant Donald Trump offrit à ce dernier le bol d’air international dont il avait besoin. Ces deux dirigeants contestés, le Russe et le Yankee, mirent donc les formes au nom de leur intérêt bien compris, permettant au président Macron de se hausser du col, sans rien obtenir mais en donnant accroire que sa diplomatie cash était payante – avec la complicité des médias français prompts à entonner l’air du service après-vente.

En revanche, grande discrétion des thuriféraires après que M. Macron était tombé sur un os : Bachar al-Assad, qui ne tire pour sa part aucun profit à ménager ce président français se prenant pour le deus ex machina de la scène internationale. Paris a été sèchement et injurieusement traité par Damas à la mi-décembre. L’Élysée a poussé un petit cri de réprobation étonnée, puis c’en fut fini de l’aggiornamento que la France brûlait de faire adopter pour résoudre la désolation syrienne.

Les tyrans sur la défensive n’auront jamais, vis-à-vis de la mouche du coche française, la magnanimité madrée d’un Poutine ou d’un Trump au faîte de leur puissance. Emmanuel Macron le découvrira sans doute à ses dépens, vendredi 5 janvier, en recevant le président turc Erdoğan. Celui-ci a du reste commencé par une mauvaise manière diplomatique : il annonça tout de go sa visite à Paris le 30 décembre, avant même que la puissance invitante n’eût eu son mot à dire.

Qu’importe, pour Emmanuel Macron, que soient nuls les résultats de ses invites à le venir rencontrer, tant l’avantage escompté s’avère, au bout du compte, intérieur. En se constituant un tel musée des horreurs confinant à une Monstrueuse parade géopolitique, le président joue à la fois gros et fin. Il rappelle aux Français ce à quoi ils ont, grâce à lui, échappé : la démagogie haineuse et scélérate d’une Marine Le Pen à laquelle plus des deux tiers s’opposent ; le populisme rageur de Jean-Luc Mélenchon que redoute une majorité du corps électoral.

Ne manque plus que le proconsul de Budapest, Viktor Orbán, à cette collection en forme de piqûre de rappel : moi Macron, ou le chaos atrabilaire, autoritaire, arbitraire, totalitaire des grands fauves oppressifs.

Le libéralisme politique, c’est ce qui reste à la France quand elle a tout perdu, selon la mise en récit (storytelling) du nouveau pouvoir. Et M. Macron se présente comme l’ultime incarnation de cette dernière carte. D’où son perpétuel chantage électoral rétrospectif, qui consiste à lui conférer les pleins pouvoirs : « C’est pour faire cela que j’ai été élu. » Le président joue sur les affres de tout perdre, jusqu’à sa dignité de peuple tombé sous une férule odieuse, qui taraudent l’esprit public en notre étrange pays.

Alors le Machiavel amiénois ravive, à coups d’invitations lancées à des personnages horrifiques, cette grande peur restée en partie sourde et inavouée du printemps 2017, quand tout sembla tragiquement possible et qu’il fut hissé à l’Élysée davantage par un lâche soulagement que par l’adhésion populaire.

C’est une façon de nous tenir. En témoigne ce passage, au troisième paragraphe de ses vœux, sur « les mille fils tendus qui nous tiennent ». Nous avons porté sur le pavois un président-araignée. Araignée, quel drôle de nom pour un monarque républicain ! Pourquoi pas lib élu, ou pas à pas pillons (les pauvres) ?