French vent their anger in Macron’s ‘national debate’

President uses meetings to defuse rumblings of discontent and recapture the political  initiative.

Victor Mallet in Rouen, France, ft.com

Everyone wants to have their say. Immediately.

Annie Vidal, member of parliament for Emmanuel Macron’s La République en Marche party, is trying to launch a session of the French president’s “great national debate” — two months of public meetings organised to defuse nationwide protests over the cost of living.

But in a meeting hall in a depressed suburb of Rouen, she is quickly interrupted by an angry Olivier Demiselle, a Communist municipal councillor.

He loudly reads a speech about “citizens’ anger and rebellion”, and the failings of a debate for which Mr Macron has chosen the questions, when he is interrupted in turn by an even angrier man whose father died in hospital. “They did nothing for my father,” he screams at Ms Vidal, Mr Demiselle and the bemused debaters. “They don’t give a damn for us. The debate is pointless.”

 The French want to express themselves Karl Olive, mayor of Poissy

The old mill town of Darnétal — where the discussion finally began after the protester was escorted by police from the hall — is typical of the post-industrial communities fomenting the anti-establishment “gilets jaunes” (yellow vest) demonstrations. More than 20 per cent of the workforce in this corner of Normandy are unemployed and others struggle to eke out their earnings until the end of the month.

But despite the occasional rowdiness, even Mr Macron’s opponents see his choice of a public consultation to quell the unrest as a politically canny move. It has allowed him to recapture the initiative — and television airtime — from the protesters by challenging them to explain exactly what they want and taking the arguments to a wider audience.

The uprising began as a motorists’ rebellion against a rise in green fuel taxes — which Mr Macron reversed — but grew into a wider protest against the president and government.

“It’s his last chance to reconcile with the French people,” says Karl Olive, the centre-right mayor of Poissy near Paris and a former television sports producer at the start of the debate in January. “The French want to express themselves.”

Halfway through the two-month debate, which ends on March 15, the government has declared it “an undoubted success”. More than 6,000 public meetings have been arranged (2,500 have already happened), and more than 850,000 contributions have been posted online about tax and public spending, environmental policies, public services and the future of democracy.

For Mr Macron, the results are clear: he has regained the ebullient confidence that won him the presidency, and his standing in the opinion polls has risen sharply from a low at the end of last year.

“He has really regained the initiative,” says Jean Pisani-Ferry, the former Macron adviser and author of the president’s original economic programme.

The looming question now is what happens next and whether the result will satisfy the diverse views of those who have taken part — or trigger a new round of disillusion with Mr Macron and his reform programme. It does not help that the active debaters are overwhelmingly white and elderly and thus not representative of France as a whole.

The nationwide debate is a good “emergency measure that makes it more difficult for the gilets jaunes”, says Dominique Reynié of the Fondapol think-tank in Paris. “But what is there at the exit? . . . I fear we forget the primary reason [for the protests], which is extremely important, namely the demands for the French state to change the way it governs.”

Mr. Macron’s advisers have floated the idea of a multi-question French referendum to coincide with the.0 European elections in May, but the suggestion is proving to be constitutionally and politically awkward. Like Donald Trump’s US and Brexit Britain, France remains deeply divided between a liberal metropolitan elite and a resentful hinterland of people in small towns who feel scorned by their rulers.

Back in the meeting hall in Darnétal, the proposals are coming thick and fast from the 45 participants, who include a retired teacher, an IT manager and a prison social worker: abolish income tax altogether or, alternatively, impose an obligatory charge on everyone “in the spirit of the revolution”; extend the presidential term to six years and cut the National Assembly’s to four (both are currently five); make it easier to complete the government’s fiendishly complicated online forms; introduce proportional representation for national elections; and reopen remote railway stations.

“People are happy to talk,” says Ms Vidal, the Macron MP who organised the debate. “It’s unprecedented.” Others are dismissive. “For us it’s not a debate, it’s a questionnaire,” says Alain Havel, a 56-year-old stonemason who lost his job after the 2008 financial crisis.

It falls to one of the rapporteurs from the rebellious table at the back of the hall (they refuse to use the forms provided) to sum up the mood as people gather their coats: “We are agreed that we pretty much agreed on nothing,” he announces cheerfully.

L’affaire politico judiciaire BENALLA. Affaire d’Etat ? Scandale international ?

« Qu’ils viennent me chercher! »

Monique Cochinal

Acte I

En juillet 2018, nous apprenons les violents agissements d’un certain Alexandre Benalla et de son coéquipier et ami Vincent Crase, deux fidèles amis du Président Macron, lors des manifestations du 1er mai à Paris. La vidéo diffusée dans les médias prend beaucoup d’ampleur. On ne parle plus que de ce Monsieur Benalla, garde du corps, dit-on, du Président Macron, depuis le début de sa campagne électorale, et de ce Monsieur Crase, un des fondateurs du parti tout nouveau : La République en Marche. Que faisaient-ils là à tabasser des manifestants ? Comme l’Elysée se tait, semblant ignorer toutes les rumeurs, une commission d’enquête au Sénat est ouverte, car c’est le rôle du Sénat de vérifier le bon fonctionnement de nos institutions : pouvoir exécutif, pouvoir législatif, pouvoir judiciaire, Ministère de l’Intérieur. D’audiences en audiences, on soupçonne de plus en plus une grande connivence entre le Président et son très fidèle ami, qu’il protège : « oui il est fautif, oui, malgré tout, il l’apprécie car c’est un excellent organisateur, dévoué corps et âme, oui le président se sent en sécurité auprès de lui, mais c’est une affaire classée, une grosse bêtise, rien de plus. Il va même téléphoner au Président du Sénat : le Sénateur Larcher pour lui demander d’arrêter ces auditions, ils ont d’autres nombreuses occupations à faire …… Mais, comme nos sénateurs, avides de vérité, continuent, interrogent avec beaucoup de doigté et de conscience, notent leurs impressions, notre Président furieux lance, dans une harangue auprès de ses plus fidèles collaborateurs : « Enfin, c’en est assez, je suis responsable, je l’ai dit, s’ils veulent me poser des questions, qu’ils viennent me chercher ». Oh ! La malheureuse phrase de trop ! Elle va le poursuivre : plusieurs mois après, elle est encore reprise par quelques braves femmes en tête de cortège des gilets jaunes s’approchant de l’Elysée et venant chercher le Président.

A la fin de cette première série d’audiences, Alexandre Benalla affirme qu’il est chômeur, qu’il n’a plus aucun contact avec son ami Macron, qu’il a laissé armes, passeports, papiers officiels dans le tiroir de son bureau. Il a dû quitter son appartement de fonction et déménager. Plus aucune fonction auprès du Président. Il est dorénavant entre les mains de la justice, il faut laisser faire la justice (Il a fallu attendre trois mois pour que la justice intervienne …. Elle a été beaucoup plus rapide pour mettre en examen le principal opposant du candidat Macron, lors de la dernière campagne électorale). N’y aurait-il pas un traitement de faveur à l’égard de ce cher Benalla ?

Acte II

Le journal « Médiapart » nous apprend, de source sûre, que Monsieur Benalla, toujours en examen, fait des affaires, rencontre les dirigeants du Tchad, ceux du Maroc, possède à lui tout seul quatre passeports diplomatiques, et mène belle vie : superbes hôtels, avion privé auprès de très gros industriels étrangers. Il est reçu partout avec beaucoup d’égard. A nouveau, de nombreuses questions se posent. A nouveau, le Sénat demande à Monsieur Benalla de se présenter devant leur commission d’enquête, ainsi que Monsieur Crase et d’autres personnes du Ministère de l’Intérieur. A-t-il menti devant les sénateurs ? Comment avait-il en sa possession encore des passeports diplomatiques ? Quelles affaires traitait-il au Tchad, au Maroc ? Pour le compte de qui ? Nos sénateurs, vraiment contrariés, n’ont obtenu aucune réponse, car ce malin de Benalla, conseillé par son avocate, répétait : « je ne peux pas répondre à cette question, le dossier est entre les mains de la justice, l’enquête est en cours ».

Acte III

Aujourd’hui, A. Rouget, journaliste de « Médiapart » révèle qu’au mois de juillet déjà, Alexandre Benalla a mis en place avec son ami Crase un contrat de sécurité avec un proche de Vladimir Poutine accusé de liens mafieux. Un autre contrat a été signé, en décembre, avec un second oligarque. Les deux contrats ont rapporté la modique somme de 2 millions d’Euros. Une partie a été versée au Maroc.

Quelques jours avant, le journal « Médiapart » avait diffusé un enregistrement téléphonique entre Benalla et son ami Crase, affirmant à son ami quelque peu inquiet, qu’il n’avait rien à craindre, que le « patron » les soutenait toujours, il était avec eux, il lui avait dit : «  tu vas les bouffer…. Tu es le plus fort … ».

La petite bêtise devient une affaire d’Etat et maintenant un complot international, même si Monsieur Castaner minimise l’affaire, une fois de plus. Il va falloir très vite une mise au point sérieuse de l’Elysée et de son gouvernement. Une bonne partie de nos institutions sont touchées : en premier, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le Ministère de l’Intérieur, le Ministère des Affaires Etrangères, le Ministère de la justice. Heureusement, il nous reste le Sénat et nos sénateurs….

Grave crise des gilets jaunes et grand débat national

Monique Cochinal

Hier, quatorzième samedi de manifestations du mouvement des gilets jaunes, et malheureusement, quatorzième samedi sanglant. Comme chaque semaine, le bilan de cette journée est désastreux. Dans la capitale, dans certaines villes de province, c’est un défilé de scènes de violence, de personnes mutilées, traînées à terre, d’arrestations musclées, de jets de gaz lacrymogène, de nombreux et puissants canons à eau, et…… toujours de lancements de grenades (il faut bien épuiser le stock !) et de flash balls, ces terribles armes interdites chez nos voisins européens et dans tout Etat démocrate. Que de commentaires ! Que d’analyses ! Que d’évaluations ! Qui est responsable ? Jusqu’à quand ? On est tous d’accord pour que ces violences cessent au plus vite, avant le chaos final, mais comment ? Et chacun y va de son idée magique : journalistes, éditorialistes, politologues, économistes, opposants de tous bords, et notre Président, en personne qui lance le grand débat national. Grande opération unique en France, nous dit-on, la seule façon de mettre fin à cette grave crise, qui n’a que trop duré. Tout citoyen peut y participer, ce qui occupe beaucoup le gouvernement et les médias, au point de laisser de côté tout autre grave problème.

Notre Président ne sait plus où donner de la tête, car il sort de son palais pour aller à droite et à gauche débattre avec les maires, avec les cultivateurs, avec les jeunes des banlieues. On le voit au nord, au sud, à l’ouest, à l’est, sortir de son hélicoptère, entouré d’une bonne douzaine de collaborateurs, pour se rendre, en grande pompe, dans la salle d’une ville choisie, devant un public choisi d’avance (en banlieue, des jeunes « bon chic, bon genre »), et débattre avec ardeur et parler abondamment. La séance commence par un bref discours toujours parfaitement approprié (il est doué), puis on débat, pendant des heures. Les interlocuteurs et leurs questions sont choisis d’avance. Au bout d’un moment, et à force de parler, notre Président est en sueur, et tombe la veste, retrousse les manches de sa chemise blanche, et boit quelques gorgées d’eau. C’est la vedette, il sourit, fronce le front, réfléchit, prend des notes, écoute, avant de répondre à chacun et à chaque question, souvent les mêmes. Car, finalement, ce grand débat n’est qu’une série de questions posées sur quatre grands thèmes imposés : nos impôts, nos dépenses et l’action publique, organisation de l’Etat et des collectivités publiques, la transition écologique, et enfin la démocratie et la citoyenneté. Vaste programme …. Les séances retransmises en direct sur plusieurs chaînes de la télévision, se terminent avec un autre superbe discours du Président. On se congratule, on se prend en photo, on se remercie, et tout le monde est content. Bravo Monsieur le Président ! La séance est terminée, le rideau est baissé, jusqu’à la prochaine séance. Pendant tout ce temps, à l’extérieur de la salle, nous voyons quelques gilets jaunes, tenus à l’écart par un service d’ordre, battant le pavé, qui brandissent quelques banderoles faites « maison ». Il faut dire qu’il y a des artistes chez nos gilets jaunes, et ils ne manquent pas d’humour. Chaque samedi, on invente de nouveaux slogans, on danse parfois autour de gilets jaunes musiciens, on compose des chansons, on poursuit un dragon chinois (nouvel an chinois oblige). Un des derniers samedis, nous avons pu voir un gigantesque portrait de Monsieur Castaner (très ressemblant) fait de petits portraits de manifestants blessés, une façon de répondre à notre Ministre de l’Intérieur, niant les blessés et les estropiés du côté des manifestants.

Il est grand temps que cette malheureuse situation cesse au plus vite, car nous avons de plus en plus l’impression que, depuis l’affaire Benalla, puis la crise des gilets jaunes, rien ne va plus dans notre pays. Tout s’écroule, et qui nous sortira de ce cauchemar ?

Affaire Benalla: Matignon a provoqué l’enquête sur les sources de Mediapart

6 FÉVRIER 2019 PAR FABRICE ARFIANTTON ROUGETMATTHIEU SUC ET MARINE TURCHI

Le parquet de Paris entretient le mystère sur les « éléments » à l’origine de son enquête visant à identifier les sources de notre journal. La procédure repose en réalité sur des rumeurs transmises par le pouvoir exécutif. Les services du premier ministre ont alerté la justice à la suite de questions d’un journaliste de l’hebdomadaire Valeurs actuelles.

Sur quelle base le nouveau procureur de Paris, Rémi Heitz, a-t-il décidé d’envoyer deux procureurs escortés par la brigade criminelle perquisitionner les locaux d’un journal, en l’occurrence Mediapart, qui enquête sur le pouvoir exécutif ? La réponse est : par un simple jeu de poupées russes derrière lesquelles on retrouve… le pouvoir exécutif.

Quarante-huit heures après la tentative de perquisition de notre rédaction – unanimement dénoncée par l’opposition, des syndicats et de nombreux juristes –, le parquet de Paris continue d’entretenir le mystère sur les « éléments » reçus qui sont à l’origine de sa procédure pour atteinte à la vie privée ouverte à la suite des révélations de Mediapart de la semaine dernière.

Mediapart a pu reconstituer le parcours de cette enquête qui n’a qu’un seul objet : identifier les sources et les informations confidentielles de notre journal dans l’affaire Benalla, qui fait trembler le sommet de l’État depuis l’été dernier. Selon nos informations, cette procédure attentatoire à la liberté de la presse a été ouverte à la suite de la transmission, vendredi 1er février, de rumeurs par le pouvoir exécutif, plus précisément les services du premier ministre Édouard Philippe, qui avaient eux-mêmes été interrogés la veille par… l’hebdomadaire Valeurs actuelles.

Voici les faits.

Jeudi 31 janvier, dans la foulée de nos révélations accablantes pour Vincent Crase et Alexandre Benalla, qui s’appuient notamment sur des enregistrements clandestins, Valeurs actuelles adresse deux questions à Matignon. L’hebdomadaire croit savoir que la conversation enregistrée entre Benalla et Crase a eu lieu dans l’appartement de la responsable du Groupement chargé de la sécurité du premier ministre, le GSPM, et se demande si les enregistrements révélés par Mediapart ne seraient pas des écoutes administratives – comprendre : réalisées par un service de renseignement.

Après avoir interrogé la fonctionnaire, Matignon répond au journaliste. « La chef du GSPM dément être impliquée d’une quelconque façon dans la rupture du contrôle judiciaire de MM. Benalla et Crase. Elle affirme connaître M. Benalla, mais ne jamais avoir rencontré M. Crase et qu’à sa connaissance celui-ci n’est jamais venu à son domicile. Elle dément également que son compagnon ait pu organiser cette rencontre chez elle en son absence », explique à Mediapart l’entourage d’Édouard Philippe. Matignon a aussi vérifié qu’aucune écoute administrative n’avait été autorisée concernant les protagonistes cités pendant la période des faits.

Résultat : Valeurs actuelles ne publie rien. Contacté, le journaliste de l’hebdomadaire, Louis de Raguenel, confirme avoir envoyé des questions à Matignon. « S’il était avéré que ce sont mes questions qui ont entraîné la tentative de perquisition de Mediapart, je trouve cela choquant. Moi, j’ai fait mon travail de journaliste », a-t-il réagi.

Mais parce qu’ils veulent éviter la propagation de rumeurs et agir « en toute transparence », explique Matignon, les services du premier ministre indiquent dès le lendemain, en fin d’après-midi, au parquet de Paris, le contenu des questions dont ils ont fait l’objet, et les réponses qu’ils ont apportées. Un autre média aurait adressé des interrogations semblables à Édouard Philippe.

« Il ne s’agit en aucun cas d’un signalement ou d’un article 40 [article du code de procédure pénale qui oblige une personne dépositaire de l’autorité publique à dénoncer un délit – ndlr]. Il s’agit simplement de partager en toute transparence avec la justice des éléments de réponse transmis à la presse et qui sont susceptibles de concerner une affaire judiciaire en cours », justifie aujourd’hui Matignon, en faisant allusion aux nombreuses procédures visant Alexandre Benalla.

C’est donc sur la base de cette simple « alerte » de l’exécutif, qui repose sur du sable, que le procureur de la République ouvre dans la foulée une enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et « détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception et de télécommunications ou de conversations ».

De qui Mediapart aurait-il violé l’intimité de la vie privée en publiant son article ? Le parquet de Paris fait face à une difficulté : il n’y a aucune plainte, de personne, pour dénoncer une quelconque violation de la vie privée, ce qui rend la légalité de la procédure contestable, comme l’a relevé Le Monde.

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Avec un zèle inédit, le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz, organise en moins de trois jours (week-end compris), et sans le mandat d’un juge indépendant, la première perquisition de l’histoire de Mediapart. Lundi matin, deux procureurs du parquet de Paris se présentent à notre rédaction, accompagnés de trois policiers, dont un commissaire divisionnaire de la brigade criminelle. Au nom de la protection des sources et de la confidentialité de nos informations, Mediapart a refusé l’accès à nos locaux (lire iciet ).

Sollicité à plusieurs reprises par Mediapart, le parquet de Paris s’est refusé à tout commentaire.

Le procureur Heitz, qui pilote personnellement les investigations, n’est pas n’importe qui. Il a été nommé en octobre dernier par le pouvoir exécutif après un processus de désignation qui avait suscité une vive polémique, l’Élysée ayant retoqué les trois postulants retenus par le ministère de la justice et le Conseil supérieur de la magistrature.

Les procureurs, « parce qu’ils sont porteurs d’une politique publique définie par notre gouvernement […], s’inscrivent dans une ligne de hiérarchie », avait estimé en octobre dernier la ministre de la justice, Nicole Belloubet, qui a couvert mardi 5 février, en mentant devant l’Assemblée nationale, la tentative de perquisition de Mediapart par le parquet de Paris.

Le premier ministre Édouard Philippe a quant à lui dit assumer être intervenu, avec le président de la République, dans la nomination de Rémy Heitz, voulant « être certain » qu’il serait « parfaitement à l’aise » avec le nouveau procureur de Paris.

LES PRIMAIRES

Bernard Owen, Monique Cochinal

HISTORIQUE

Juin 1991 : c’est à cette date que Pierre Monzani, Directeur général chez « Assemblée des départements de France », situe « la naissance officielle des primaires » « une charte a été signée. Le RPR et l’UDF s’engageaient à faire des primaires en 1995 » explique le préfet proche de l’ancien ministre de l’intérieur : Charles Pasqua.

A quatre ans de l’élection présidentielle, la droite est alors persuadée de pouvoir battre la gauche, mais redoute une multiplication des candidatures qui éparpillerait les voix. En passant par une primaire, celui que Pierre Monzani appelle le « Monsieur organisation », espère éviter « l’affrontement fratricide entre Messieurs Giscard et Chirac, et sélectionner le meilleur des deux » pour être le candidat de la droite.

Les primaires ont été lancées officiellement pour la première fois, en 2011, chez les socialistes et les radicaux de gauche. Des primaires ouvertes à tout le monde, mais les socialistes avaient déjà organisé par le passé ce qu’on appelait une élection interne pour désigner leur candidat à la présidentielle.

Rappelez-vous, en 1995, Jospin contre Emmanuelli …. C’est Jospin qui gagne. Et, en 2007, on l’oublie parfois, ils étaient trois en lice : il y avait Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn et Laurent Fabius. Et c’était Ségolène Royal qui avait gagné, mais là – on le rappelle – ce n’était que des élections internes réservées aux affiliés du Parti.

Stéphane De Sakutin (– AFP RTBF – publié le jeudi 01 septembre 2016) nous dit : « Depuis plusieurs semaines, on nous rabâche les oreilles avec les primaires françaises. Mais, si on est habitué à les voir passer tous les quatre ans aux Etats Unis, juste avant les élections présidentielles, c’est un concept assez récent dans les « pays des droits de l’homme ». Marc Sirlereau, journaliste RTBF, éclaire notre lanterne sur le fonctionnement et la raison de ces primaires françaises.

APPROCHE THEORIQUE :

Marie France Diop a rédigé un mémoire sur la question des primaires en France. Quels seraient les apports pour la démocratie ? Pourquoi ce choix ?

Je pense qu’à la lecture de son texte, elle représente le sérieux de la jeunesse, qui est à la recherche d’une nouveauté menant à l’amélioration de nos démocraties. Il s’agissait d’un rapprochement du simple citoyen à celui qu’il va élire. En quelque sorte, il y aurait un parcours en continu. La politique se rapprocherait de la vie de tous les jours. La recherche de la perfection dans les tâches qu’il faut accomplir dans une démocratie est certes louable,  mais gare à l’imprévu.

L’approche de Marie France Diop est humaine et logique. En revanche, il suffit de parcourir le monde où des générations se sont épuisées à construire des démocraties exemplaires pour que cette constatation modifie notre approche. Car, il semblerait important de réfléchir, en premier lieu, à la mise en place d’une démocratie qui puisse satisfaire à certaines volontés de la recherche des êtres humains, et qui peuvent assumer les complexités d’un Etat souverain et démocratique, mais, malheureusement, certaines personnes peuvent partir dans des extrêmes.

L’on peut se poser la question, à savoir si l’introduction de primaires permettrait aux citoyens de distinguer la personne candidate comme à l’abri de tout soupçon. Notre discernement est-il valable ? Le sentiment pour le présent est-il aussi celui de l’avenir ?

Envisageons l’élection présidentielle. Prenons l’instant où cette élection se prépare à l’avance auprès de l’équipe qui présente le candidat. Il peut s’agir d’une primaire fermée, destinée aux seuls adhérents du parti. Dans ce cas, il faut prévoir une intervention de la magistrature et le contrôle de la Commission Nationale des comptes de campagne.

Le principe des primaires est intéressant sur le terrain des individus, mais l’observation des démocraties nous a démontré que l’être humain est un ensemble qui porte en lui des facultés pouvant partir dans des extrêmes. Notre discernement est-il à ce point fiable de façon que l’erreur ne soit pas envisageable ? Pourtant, dans l’histoire, nous trouvons sans difficulté des exemples de personnes qui, en tant qu’individus, paraissaient irréprochables, mais qui, dans de graves circonstances, sont devenues des tyrans au-delà de notre imagination. Réfléchissons à ceci, car cette question est complexe.

La science politique, le droit constitutionnel doivent en tenir compte, car il semblerait que l’homme politique accepte difficilement l’instabilité gouvernementale, et un gouvernement composé de cinq partis, en pleine crise économique, va vite réagir à la façon d’un individu complètement perdu, fou. En politique, les remèdes seront les élections, le référendum, ou le coup d’Etat.

Or, il est parfois intéressant de lire certains auteurs, qui ont écrit sur leurs réflexions à partir de leurs voyages. Notre ami Tocqueville a remarqué que, lors de son voyage aux Etats Unis, il avait compris qu’il n’était pas souhaitable de tenir trop souvent des élections, car c’était le moment où l’on portait en avant une tendance, un parti, une religion qui prenaient une importance exagérée qu’elle n’aurait pas eu en situation détendue, normale.

(Exemples de primaires récentes (la guerre des chefs p. 13 – 2002)

Parti socialiste (2006 – primaire fermée) :

Ségolène Royale – 66 %

Strauss Kahn – 21 %

Fabius – 19 %

Front National

Primaires de 2011 pour choisir le nouveau président

Marine Le Pen (vote interne) – 67, 65 %

Parti Communiste

Pour choisir son candidat pour les élections présidentielles

Jean Luc Mélenchon – 59, 12 %

Parti Socialiste : résultats du deuxième tour

Premier tour des primaires : 2 millions 5 votants

Deuxième tour : Hollande et Aubry s’affrontent

Présidentielle 2012 – 600,200 suffrages

Résultats nationaux : Deuxième tour : Hollande – 56,6 % et Aubry 43,4 %

FONCTIONNEMENT DES PRIMAIRES

Eric Dupin – 07 02 2001 – state.fr

Les primaires à la française se multiplient, mais n’ont pas grand-chose à voir avec celles des Etats Unis. Elles ne permettent pas de simplifier l’offre électorale et ont l’inconvénient d’accentuer la personnalisation de la vie politique, tout en recréant un suffrage objectivement censitaire.

Les journalistes politiques ont d’excellentes raisons d’être, en général, très favorables au système des primaires présidentielles. Ces premières manches du tournoi élyséen leur offrent des compétitions supplémentaires, une matière pour nourrir leurs chroniques. Plus on vote, plus on sonde, plus on commente….

L’incapacité du système des primaires à simplifier vraiment l’offre électorale se lit encore dans sa faible légitimité à l’intérieur même de la famille socialiste. Arnaud Montebourg, pourtant l’un des principaux artisans de l’instauration des primaires socialistes, laisse aujourd’hui planer le doute sur sa participation à cet exercice en 2017.

A droite, Alain Juppé s’est également réservé le droit de présenter sa propre candidature si la primaire de la droite et du centre ne devait pas se dérouler loyalement. En toutes hypothèses, la multiplication des primaires (de la droite, de la gauche, des écologistes) se conjuguera avec la multiplicité des candidatures.

Une plus grande personnalisation

Le plus grand inconvénient des primaires est d’accentuer encore la personnalisation de la vie politique française, déjà très forte depuis l’élection du président de la république au suffrage universel direct. Ces compétitions internes à une famille politique opposent, d’abord, des personnalités différentes. On choisit parmi des hommes ou des femmes bien plus qu’on arbitre entre des idées ou des projets.

Les primaires attirent de nombreux dirigeants en quête de notoriété. Elles sont l’occasion de se faire découvrir du grand public. Manuel Valls a profité à plein, en 2011, de ce phénomène. Malgré la modestie de son résultat, il y a gagné une enviable identification politique qui l’a conduit place Beauvau, avant de l’amener à l’hôtel Matignon. Arnaud Montebourg fut l’autre grand gagnant de la première primaire socialiste, le capital politique alors accumulé lui permettant, par la suite, de décrocher un beau portefeuille ministériel avant de poursuivre son aventure politique.

Ces exemples n’ont pas échappé aux jeunes ambitieux de la droite, comme Geoffroy Didier. La tribune médiatique qu’offrent les primaires et les dividendes politiques qui en résultent ultérieurement, expliquent le nombre ahurissant de candidats à la candidature à ce type d’élections.

Pas moins de treize personnalités ont fait connaître leur désir de participer à la primaire de la droite et du centre. Comme les conditions de participations sont assez draconiennes (2500 adhérents et 250 élus dont 20 parlementaires), le nombre de candidats effectifs sera bien moindre. Aux quatre candidats principaux (Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Bruno Lemaire et François Fillon) s’ajouteront peut-être Jean François Copé, Nathalie Kosciusco-Morizet, Hervé Mariton ou encore Geoffroy.

On se bouscule également au portillon socialiste. En attendant la candidature de François Hollande, on compte déjà sept candidatures déclarées, même si toutes n’arriveront pas à terme : Jean Luc Benhamias (écologiste centriste, Gérard Filoche (extrême gauche socialiste), Sidi Hama-Mamidou (parti radical de gauche), Benoît Hamon (gauche socialiste).

Les primaires contribuent fortement à dévitaliser les partis politiques, privés de leur fonction de sélection des candidats à la principale élection. Ces partis deviennent de moins en moins le lieu de définition d’une orientation politique, dès lors que l’essentiel se joue désormais sur l’identité de la personnalité qui remporte la primaire. C’est ainsi que la vie politique tourne toujours plus autour de la « course de chevaux », dénoncée, en son temps, par Michel Rocard.

Alexis Corbière, l’un des dirigeants du parti de gauche considère que « la primaire a recréé une forme de suffrage censitaire ». Ce sont effectivement les électeurs les plus intégrés au système politique, les mieux informés, qui sont les plus susceptibles de participer à cet exercice démocratique.

C’est ainsi qu’à droite comme à gauche, ce sont des électeurs nettement plus âgés et socialement intégrés que la moyenne des Français qui auront le privilège de choisir le représentant des deux plus grands partis à l’élection présidentielle. Ce filtre ne contribuera pas à ramener vers l’acte électoral toute la partie de la jeunesse et des classes populaires qui s’en sont éloignés.

A quoi servent ces primaires en France ?

C’est sans doute un bon moyen pour dynamiser une campagne, pour impliquer les affiliés, les militants traditionnels, mais aussi pour aller chercher des gens plutôt proches, peut-être en terme d’idées, d’un parti ou d’un candidat, mais qui étaient jusque là moins impliqués. Les partis ratissent beaucoup plus large. Ca dynamise, ça permet aussi de créer des réseaux.

Vous allez voter, vous signez, on connaît votre nom, donc le parti peut vous récupérer après en demandant : « Est-ce que vous ne voulez pas vous impliquer dans la campagne ? ». C’est un bon moyen de créer un véritable réseau pour les élections. Pour rappel, en 2011, pour les primaires des socialistes et des radicaux de gauche, près de trois millions de personnes étaient allées voter.

On dit souvent de la présidentielle française que c’est le rendez-vous entre un homme et la France. Est-ce qu’on ne dénature pas l’esprit de la présidentielle avec ces primaires ?

« Oui et non, mais ne tournons pas autour du pot, si on recourt aux primaires en France, c’est parce que chaque camp n’a plus aujourd’hui un leader naturel qui se dégage pour son camp. Est-ce qu’on pourrait imaginer que De Gaulle ou Mitterrand aient dû passer par une primaire pour être candidat, le candidat de leur camp ? Non. Donc, derrière ces élections, avant l’Election, il y a une recherche de savoir qui est le leader naturel, à gauche comme à droite.

Le risque, bien sûr, c’est qu’il y ait de belles tensions durant ces primaires qu’il est difficile après pour un parti de vraiment se réunir, de se retrouver. C’est un peu le risque que des gens évoquent avec les primaires de la droite où on sent bien qu’entre le camp de Sarkozy, Juppé, Fillon, Lemaire et tout ça, il y a déjà de fortes tensions ».

Est-on obligé de passer par les primaires pour se présenter à la présidentielle ?

« Non. Pour Marine Le Pen, il n’y a pas de doute, on sait que c’est le leader du Front National. Par contre, Mélanchon ne passe pas par une primaire, il s’est directement déclaré candidat. Il ne sait pas vraiment de quoi parce que le Parti Communiste ne le soutient plus vraiment.

On a évoqué le cas d’Emmanuel Macron, qui pourrait être candidat, mais sous quelle étiquette et sans passer par une primaire. Arnaud Montebourg, on ne sait toujours pas s’il va être candidat en passant par les primaires de la gauche ou si ce sera un candidat qui va se lancer au-delà des partis.

 

LES INCONVENIENTS DES PRIMAIRES

Le cas italien

Les primaires sur le modèle italien ont mené à un parlement composé de partis n’ayant pas vocation, après modification de la loi électorale, de s’entendre au sein du gouvernement

Primaires socialistes de 2011

Le succès des primaires socialistes en 2011 aurait aussi accéléré la généralisation du processus. Près de trois millions de personnes participent au second tour du scrutin qui, fortement médiatisé, offre une rampe de lancement à François Hollande. « Il y a un mimétisme entre les partis » explique Rémi Lefebvre. « L’UMP l’a adopté parce que ça a marché pour les socialistes, mais si François Hollande n’avait pas été élu président, ça n’aurait pas été le cas ».

Présidentielle 2002 : au PS la « première primaire moderne »

Peu à peu, les primaires internes sont instituées dans les partis politiques français. En 2002, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) choisit ce processus pour désigner son candidat et renouvèle l’expérience en 2007. Le Parti Communiste, le Parti socialiste et l’UMP font le même choix, avec quelques subtilités entre les partis. Du côté de l’UMP, Nicolas Sarkozy est seul candidat. Côté socialiste, des adhésions au parti à prix réduit sont lancées pour augmenter le nombre d’adhérents et donc de votants.

Pour Henri Weber, ancien député européen, dans un entretien au journal « Le Monde » les primaires cherchent à répondre à deux préoccupations socialistes, en 2011. D’une part, « la volonté d’associer le maximum de sympathisants et d’électeurs socialistes à l’activité politique » mais aussi de « répondre à la crise aigüe de leadership que le PS a subi après juin 2002 au lendemain du calamiteux congrès de Reims ». Le scrutin qui place Martine Aubry à la tête du Parti Socialiste est en effet entaché de soupçons de fraudes et d’arrangements politiciens.

Frédéric Lefebvre nous dit : « Depuis l’instauration du suffrage universel direct pour l’élection présidentielle, on va dans le sens d’une présidentialisation et d’une personnalisation de la politique. Les primaires ne sont que l’aboutissement de cette tendance puisqu’elles concentrent le débat autour des personnes et non des idées d’un parti ».

Le souci de démocratisation de la vie politique arriverait donc bien loin sur la liste des raisons qui expliquent la généralisation des primaires au sein des partis ? « C’est le facteur le plus faible » affirme Monsieur Lefebvre. « les élites ont besoin des primaires et créent donc la demande sociale ».

LA COMMISSION NATIONALE DES COMPTES DE CAMPAGNE POUR LE FINANCEMENT DES PARTIS (CNCCFP)

Il existe deux façons de s’intéresser aux comptes de campagne, et il serait utile de les examiner pour choisir la façon la plus efficace de procéder.

(Etude publiée par Laura Motet, le 8 juin 2018)

Née en 1990, la CNCCFP a été créée après la mise en place d’une réglementation encadrant le financement de la vie politique. La loi de transparence a été adoptée en 1988, après de nombreux scandales de financements illégaux de partis. Les factions politiques, qui ne se finançaient que par les cotisations des adhérents et par les dons, acceptaient en effet ceux d’entreprises. En premier lieu, la CNCCFP a été chargée de contrôler des règles énoncées dans la loi de transparence. Et, depuis 2007, elle se charge d’examiner les comptes de campagnes de l’élection présidentielle, à la place du Conseil constitutionnel.

Aucun pouvoir d’enquêter, ni de sanctionner

Composée d’un président, un vice-président ainsi que neuf membres issus des Conseil d’Etat, Cour de Cassation et Cour des Comptes, la CNCCFP est une autorité indépendante. Ses membres sont aidés par dix huit rapporteurs issus de l’administration.

La CNCCFP peut valider des comptes de campagne et les signaler au Parquet.

Fonctionnement de la CNCCFP

(Journal Le Monde)

Le travail de la Commission consiste à vérifier si les comptes présentés par les candidats respectent les règles et les lois en matière de droit électoral.

Concrètement, chacune des milliers de factures épluchées par les rapporteurs est l’occasion, pour eux de s’interroger :

  • Cette dépense revêt-elle un caractère électoral ou profite-t-elle seulement au bon plaisir du candidat ?
  • Est-elle surévaluée, permettant éventuellement d’enrichir un prestataire proche du parti ?
  • Est-elle sous-évaluée, c’est- à-dire s’apparentant potentiellement à un don déguisé de la part d’une entreprise, ce qui est strictement interdit depuis 1995 ?
  • Certaines dépenses ont-elles été oubliées ou écartées pour ne pas dépasser le plafond autorisé ?

Lorsqu’ils doutent, les rapporteurs interrogent le candidat : en quoi le règlement pour Marine Le Pen d’une gerbe de fleurs à 150 Euros pour l’enterrement de la mère de Nicolas Dupont-Aignan est-il une dépense électorale ? « Je m’en remets à la sagesse des rapporteurs » avait répondu la candidate du Front National. Ces derniers décideront d’exclure cette dépense du compte de campagne de la candidate, c’est-à-dire de ne pas la faire rembourser par l’Etat. Tout comme celle de 7000 Euros présentée par Emmanuel Macron pour des séances de « coaching vocal ».

Emmanuel Macron a bénéficié d’importantes « ristournes », lors de la campagne présidentielle de 2017, indiquait France Info jeudi. La Commission Nationale des comptes de campagne et des financements politiques, chargée d’examiner les dépenses et recettes des candidats à l’élection présidentielle, semble être passée à côté de ces avantages accordés au président. François Logerot, président de la commission, a admis ce vendredi sur France Info que les rapporteurs n’ont pas « souligné » certaines remises, affirmant qu’ils n’avaient toutefois pas failli à leur mission. La commission ne peut ni enquêter ni sanctionner. La commission se charge uniquement de rendre des décisions. Elle  dispose uniquement du pouvoir de rejet, d’approbation ou encore de réformation des comptes. C’est seulement si elle remarque des irrégularités dans les comptes de campagne qu’elle peut prendre contact avec la justice afin de lui transmettre ces informations. C’est ensuite au Parquet de choisir s’il poursuit ou pas l’enquête.

Je connais bien les membres de la commission des comptes de campagne et ma recommandation sera que ses prérogatives soient étendues au pénal, car il existe un exemple récent où la justice a démontré que le judiciaire n’était pas à son aise dans le domaine politique. Certaines de ses décisions se sont révélées préjudiciables pour l’avenir de la nation.

Je voyage à travers le monde et la presse internationale suit avec attention les images et les récits qui viennent de chez nous, ce qui complique considérablement notre tâche.

PROCES FILLON

Hervé Lehman, ancien juge d’instruction et avocat au barreau de Paris vient de publier « le Procès Fillon (édition du Cerf, 2018)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Dans un livre qui vise à faire toute la lumière sur « l’affaire Fillon », des révélations du Canard Enchaîné à l’élimination de l’ex candidat, Hervé Lehman dénonce la connivence entre le pouvoir judiciaire et l’exécutif.

FIGAROVOX – un an après l’élimination de François Fillon au second tour de la présidentielle, l’affaire semble au point mort. Comment expliquez-vous cette lenteur après la rapidité de sa mise en examen ?

HERVE LEHMAN – Le rythme actuel de la procédure visant François Fillon est normal, c’est-à-dire conforme à la durée habituelle des procédures d’instruction. Ce qui est stupéfiant, c’est la rapidité avec laquelle l’affaire a été traitée au début, comme si on avait voulu éliminer le principal candidat de l’opposition. Comme il était procéduralement impossible de faire comparaître François Fillon devant un tribunal dans les quelques mois de l’élection présidentielle, on a choisi d’ouvrir une instruction qui permettait sa mise en examen, cette pré condamnation des présumés innocents.

Le Parquet national financier était-il légitime dans cette affaire ?

Le Parquet National financier a été créé pour lutter contre « la grande délinquance financière ». La loi lui donne compétence pour les affaires de détournement de fonds publics « d’une grande complexité ». L’affaire de l’emploi de Pénélope Fillon est d’une grande simplicité. On n’a pas créé un parquet national financier pour vérifier l’emploi du temps d’une assistante parlementaire de la Sarthe. Si le parquet national financier s’est saisi, précipitamment (le jour même de la sortie de l’article du Canard Enchaîné), en raison de la dimension politique de l’affaire, alors ce n’est plus un parquet national financier, mais un parquet national politique.

Dans cette affaire, il semblerait aussi que le judiciaire n’était pas à son aise dans le domaine politique…..

 

QUELQUES NOTIONS DE L’IMPORTANCE DE NOTRE TRAVAIL EN COURS

 

Les Etats, grands ou petits, ne deviennent pas des démocraties comme par miracle. Il existe des règles, encore faut-il les connaître et les appliquer. L’être humain est passionnant, l’immensité de ses possibilités peut faire rêver, mais il a besoin, pour s’épanouir, d’un environnement bien structuré (famille, associations, syndicats, communautés religieuses etc…). Il a besoin de lois pour vivre en parfaite entente avec ses semblables, dans un pays bien déterminé : l’Etat, dans un monde en perpétuel mouvement.

Les techniques de la démocratie ne sont pas faciles, et il nous faut toujours regarder à la fois dans le passé pour aller de l’avant. Depuis l’antiquité, la démocratie existe, alors, regardons ce qui s’est déroulé dans des sociétés si différentes des nôtres (mode de vie, langues, habitudes) pour progresser dans notre travail de recherche.

Premier point important : les systèmes électoraux : la pratique des systèmes électoraux dans le temps nous démontre qu’ils diffèrent selon l’environnement (structures d’accueil, structures d’influence). Cette question est d’importance, et notre Centre tente de définir des moyens et des règes universels, qui permettent de prévoir des choix à effectuer.

Cette façon de travailler n’est guère facile en ce qui concerne sa conception, car les exemples fourmillent autour de nous et aussi dans le passé.  La difficulté apparaît, quand nous apercevons la diversité des résultats obtenus. Il n’existe pas une uniformité dans les techniques de base et de surcroît, les moyens utilisés nous livrent des résultats tellement différents que l’on s’interroge.

Notre recherche de techniques de base doit être élargie. L’environnement des nations doit être exploré. Notre travail nous force à voyager, à consulter nos collègues sur les lointains territoires. Un sociologue suédois, dont j’ai pu consulter la thèse en bibliothèque, m’a permis de découvrir la notion d’influence électorale et de structure d’accueil. Personne dans ce domaine électoral ne les connaissait. Il m’a invité et j’ai aussitôt pris l’avion pour faire sa connaissance. Son travail m’a ouvert les yeux sur l’importance de l’environnement dans nos recherches de démocratisation. L’environnement est un bien grand mot, auquel s’ajoute « la structure d’accueil » dans toute élection. La recherche a évolué et évolue sans cesse. Les exemples se multiplient et on ne peut que s’en réjouir.

French President of the Democrat Front (Front Democrate) Jean-Luc Bennahmias poses on October 11, 2016 in Paris. / AFP PHOTO / JOEL SAGET

Alstom: Emmanuel Macron rattrapé par son passé

7 FÉVRIER 2019 PAR MARTINE ORANGEMEDIAPART

La Commission européenne a mis son veto au rapprochement avec Siemens au nom de la concurrence. General Electric, qui a repris les activités énergie du groupe au temps où Emmanuel Macron était secrétaire général de l’Élysée, ne peut tenir ses engagements et s’apprête à tout restructurer. 

Sept ans après, Emmanuel Macron peut prendre la mesure de ses décisions sur Alstom lorsqu’il était secrétaire adjoint de l’Élysée puis ministre de l’économie : un désastre. Tout le plan concocté dans le plus grand secret dès octobre 2012 (voir notre enquête) dans les soupentes de l’Élysée – avec l’aide d’AT Kearney et l’appui de David Azéma, alors directeur de l’Agence de participations de l’État (APE) d’un côté ; Grégoire Chertok et Nicolas Bonnault, associés gérants chez Rothschild de l’autre – pour aider Bouygues à vendre sa participation dans Alstom au prix d’un démantèlement du groupe industriel, tourne au fiasco.

Mercredi 6 février, Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, a confirmé ce qui se murmurait depuis des semaines : la Commission européenne met son veto à la fusion des activités ferroviaires d’Alstom et de Siemens, estimant que ce rapprochement risquait d’aboutir à la création d’une entité monopolistique sur le marché européen qui briderait la concurrence et les autres opérateurs.

La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, annonçant le veto sur la fusion Siemens-Alstom le 6 février. © Reuters

Ce rejet a été approuvé à l’unanimité par les États européens. « Tous les États de l’UE ont approuvé cette décision, jeudi dernier, lors d’une réunion du comité consultatif de la concurrence », explique une source proche du dossier. Une gifle pour le gouvernement français, persuadé que la magie du couple franco-allemand permettrait de faire plier toutes les oppositions, de balayer tous les obstacles.

Mais ce n’est pas le seul revers. Mardi, un premier bilan du rachat des activités énergie d’Alstom par General Electric (GE) a été dressé. Résultat ? La fusion qui devait être créatrice de valeur, selon Emmanuel Macron, connaisseur de la « grammaire des affaires » et grand soutien de ce projet face à Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, est catastrophique. Le groupe américain a reconnu qu’il n’avait pas tenu ses engagements pris il y a trois ans : au lieu des 1 000 emplois promis, il n’en a créé que 25 ! Il a accepté de payer 50 millions d’euros d’amende à l’État français, comme le prévoyait le contrat, pour ne pas avoir respecté ses promesses de création d’emplois. Mais il a les mains libres désormais pour mener les restructurations de ses activités énergie en France.

Discret sur les déboires causés par GE, le ministre des finances, Bruno Le Maire, s’est montré beaucoup plus offensif sur le dossier Alstom-Siemens. Sans attendre l’annonce publique, il condamnait dès mercredi matin la décision de la direction de la concurrence européenne de bloquer la fusion entre Alstom et Siemens. « C’est une erreur économique qui va faire le jeu de la Chine », a-t-il déclaré, avant de réclamer, comme son homologue allemand, une révision des règles de concurrence européennes.

Paris et Berlin connaissaient pourtant les difficultés du projet. Le 11 mars 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, évoquait un rapprochement entre Siemens et Alstom en ces termes : « De telles opérations se heurtent toutefois à des obstacles importants, s’agissant en particulier des règles européennes relatives à la concurrence et des impacts sociaux. Ce n’est donc pas l’option que nous privilégions à ce stade », affirmait-il alors. Avant de se raviser.

Quatre mois après son élection, le mariage Siemens-Alstom était annoncé par le gouvernement français, avant même que les deux conseils d’administration se soient prononcés. « L’Europe de l’industrie était sur les rails. Alstom-Siemens allait être le champion européen capable de tenir tête aux Chinois », clamait le ministre des finances.

La concurrence chinoise a été le grand argument utilisé par les gouvernements français et allemand pour tenter de forcer la main de la direction de la concurrence. Face au groupe CRRC, né du regroupement des deux entreprises d’État chinoises, il convenait de bâtir un « Airbus européen du ferroviaire », selon un de ces slogans aguicheurs si souvent utilisés par les banquiers d’affaires pour vanter leurs grandes opérations financières.

Dans les faits, le rapprochement entre Alstom et Siemens n’avait rien d’un Airbus. Aucune coopération industrielle entre les différents constructeurs, aucun grand projet de développement entre Européens n’étaient prévus. Il s’agissait seulement d’une opération capitalistique des plus classiques, où le plus gros, en l’occurrence Siemens, devait absorber le plus petit – Alstom – pour se bâtir une position de force, voire dominante, se créer une rente de situation sur les marchés européens.

C’est en tout cas l’analyse qu’en ont faite les autorités de la concurrence britanniques, espagnoles, italiennes et même allemandes. Toutes ont exprimé leurs réticences, voire leur opposition à ce projet de rapprochement qui aurait déséquilibré les marchés ferroviaires européens, et créé une différence quasiment irrattrapable pour ses concurrents, qu’ils s’appellent Bombardier, Talgo ou Ansaldo.

« C’est une vision technocratique », a dénoncé Joe Kaeser, PDG de Siemens, alors que tous les signaux annonçaient que la fusion allait dérailler. Mais Siemens et Alstom n’ont jamais proposé les solutions acceptables pour la Commission de la concurrence européenne, pour remédier à cette situation. Au mieux, les deux groupes acceptaient de céder des activités représentant à peine 4 % de leurs chiffres d’affaires.

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Quant à la concurrence chinoise, l’argument n’a pas vraiment convaincu les différentes autorités de la concurrence. Pour l’instant, CRRC a vendu une poignée de locomotives en Hongrie et en Tchéquie. « Pour être présent sur un marché ferroviaire, il faut avoir des capacités de production sur place. Or CRRC n’en a pas », explique Boris Amadoz, délégué central CGT du groupe. « Si ce concurrent chinois est si dangereux alors pourquoi est-il l’un des partenaires les plus importants d’Alstom ? Pourquoi le gouvernement français ne se bat-il pas plutôt pour l’ouverture réelle du marché chinois et la fermeture du marché européen tant qu’il n’y aura pas réciprocité ? » s’interroge la CGT dans un communiqué se félicitant du veto européen à la fusion.

Depuis l’annonce du rapprochement, les représentants du personnel d’Alstom et de Siemens n’ont jamais été convaincus par la pertinence de ce projet. Pendant les dix-huit mois de discussions, les directions des deux groupes n’ont rien fait pour les rassurer, entretenant le même brouillard qu’auprès de la Commission européenne sur leurs intentions. À aucun moment, il ne leur a été précisé quels seraient les produits, les métiers, les projets retenus, quels seraient les sites maintenus et ceux qui seraient sacrifiés.

Un seul chiffre leur a été donné : le rapprochement devrait permettre de réaliser 400 millions d’euros de synergie en trois ans. Il y a longtemps que les salariés ont appris à traduire le mot synergie. Pour eux, cela signifie suppression d’emplois. Selon l’étude AT Kearney de 2012, la fusion des deux groupes devait se traduire par la disparition de 6 000 emplois, soit plus d’un tiers du groupe Alstom.

Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg lors de la passation de pouvoirs en juillet 2014. © Reuters

Le veto de la Commission européenne rebat désormais toutes les cartes pour les deux groupes. Rien n’indique que ce refus conduise forcément au drame. Ainsi, après le rejet européen d’avaliser leur fusion en 2001, les deux groupes électriques français Schneider et Legrand ont poursuivi leur route et continuent de se développer.

Avant même de connaître la décision officielle, le groupe Siemens avait fait savoir qu’il avait d’autres possibilités. Il envisage notamment de reprendre le projet d’une cotation indépendante de ses activités ferroviaires, projet qu’il avait suspendu pour discuter avec Alstom.

Le groupe français, de son côté, a les moyens d’affronter la situation seul. C’est en tout cas ce qu’affirmait Patrick Kron, alors PDG d’Alstom, après la vente des activités énergie du groupe à l’américain General Electric. C’est aussi ce que soutenait Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie. Les 34 milliards d’euros de carnet de commandes, représentant plus de cinq ans d’activité, ne se sont pas envolés et permettent de laisser un peu de temps au groupe pour s’adapter.

Mais le vrai problème d’Alstom, celui qui pèse sur le groupe depuis des années, c’est moins ses activités que son actionnariat. Le groupe a besoin d’un actionnariat stable et solide, prêt à accompagner son développement industriel sur le long terme. Il ne l’a jamais trouvé depuis la privatisation de la CGE (devenu Alcatel-Alstom) en 1986 puis la scission avec sa maison mère en 1999. Tous les actionnaires qui se sont succédé n’ont cessé d’exiger des rentabilités hors norme et des dividendes exceptionnels chiffrés en milliards, dès qu’ils le pouvaient, épuisant les ressources du groupe, déstabilisant l’ensemble de ses activités.

Depuis, les crises s’enchaînent à répétition. Entré au capital d’Alstom en 2006, et après avoir touché des dividendes assurant jusqu’à 20 % de son résultat annuel, Bouygues ne fait plus mystère depuis 2011 de sa volonté de sortir du tour de table du groupe industriel. Ce qui a dès lors conduit à toutes les manœuvres obscures autour d’Alstom. C’est pour lui faciliter la tâche et sauvegarder les seuls intérêts du groupe de BTP qu’Emmanuel Macron a supervisé dans le plus grand secret le démantèlement d’Alstom et la vente des activités énergie à GE puis la fusion – aujourd’hui avortée – avec Siemens. Tellement persuadé que rien ne pouvait s’opposer à la fusion, le gouvernement s’est empressé aussi de renoncer à l’option d’achat sur les 20 % du capital du groupe qu’avait négociée Arnaud Montebourg au moment de la vente des activités énergie.

Aujourd’hui, tout le monde se retrouve pris de court. Le beau montage imaginé depuis 2012 par Emmanuel Macron agissant plus comme banquier d’affaires que comme responsable d’État, pour sauver les intérêts d’un groupe privé plus que les intérêts stratégiques d’un groupe industriel important, est à terre. Ce qu’il reste d’Alstom est à reconstruire. Encore faut-il une volonté d’État pour le faire, qui échappe pour une fois à une logique de banquier d’affaires pour retrouver une vraie stratégie industrielle.

 

Participations aux élections présidentielles américaines

Les premières élections de la République des Etats-Unis ont eu  lieu en 1789…


Pourcentage de participation de 1824 à 2008 (selon le nombre de électeurs éligibles1,2).

Historique

La participation aux élections présidentielles américaines a progressé par grandes vagues, à commencer par celle de 1828 qui reflète la mise en place du suffrage universel, le scrutin étant auparavant censitaire et réservé aux propriétaires terriens. La participation aux élections présidentielles américaines a également progressé lors de la mise en place du New Deal par le président démocrate Franklin Delano Roosevelt dans les années 1930, puis lors du développement des programmes sociaux de la Grande société du président démocrate Lyndon B. Johnson dans les années 1960, dans la continuité de la « Nouvelle Frontière » de John F. Kennedy.

Dans les années 2000, de nouveaux progrès sont constatés qui tranchent avec le recul du milieu des années 1990: le nombre de votants a augmenté de 49,4% en une dizaine d’années, passant de 86,6 millions en 1996à 129,4 millions en 2008. En 2008, le nombre total de votants a atteint 131,2 millions, établissant un nouveau record absolu de participation en nombre de voix après celui de 2004 (122,3 millions). En pourcentage, la participation de 2008 atteignit un pic de 61,7 %3 et 63 %2 des électeurs potentiels, soit le plus fort taux de participation depuis 1968. En 2012, ce record est approché, avec 129,064 millions de voix, la deuxième meilleure performance de l’histoire.

En 2016, le record de 2008 est battu avec 134,64 millions de votes (comptabilisation par The Cook Political Report le 27 novembre 20164), le dépouillement des bulletins de vote par correspondance, particulièrement nombreux dans les grandes agglomérations, n’étant pas encore terminé au-delà des délais qui avaient été prévus, les estimations évaluant à 42 millions le nombre d’Américains ayant voté avant le jour du scrutin5.

Données statistiques

Election Population en âge de voter
(en milliers)
Participation
(en milliers)
Participation (%)
1828 57,6
1832 55,4
1836 57,8
1840 80,2
1844 78,9
1848 72,7
1852 69,6
1856 78,9
1860 81,2
1864 73,8
1868 78,1
1872 71,3
1876 81,8
1880 79,4
1884 77,5
1888 79,3
1892 74,7
1896 79,3
1900 73,2
1904 65,2
1908 65,4
1912 58,8
1916 61,6
1920 49,2
1924 48,9
1928 56,9
1932 75 768 39 817 52,6
1936 80 174 45 647 56,9
1940 84 728 49 815 58,8
1944 85 654 48 026 56,1
1948 85 654 48 026 56,1
1952 99 929 61 552 61,6
1956 104 515 62 027 59,3
1960 109 672 68 836 62,8
1964 114 090 70 098 61,4
1968 120 285 73 027 60,7
1972 140 777 77 625 55,1
1976 152 308 81 603 53,6
1980 163 945 86 497 52,8
1984 173 995 92 655 53,3
1988 181 956 91 587 50,2
1992 189 044 104 427 55,2
1996 196 498 96 278 49,0
2000 205 815 105 405 51,2
2004 215 694 122 295 56,7
2008 229 945 131 314 58,2
2012 235 248 129 085 54,92
2016 251 107 136 6696 55,76

Il n’y a pas de données officielles pour les élections présidentielles de 1789 à 1820 (178917921796180018041808181218161820).

Références[

  1. (en) The American Presidency Project, « Voter Turnout in Presidential Elections: 1828–2012 » [archive] [« Participation aux élections présidentielles de 1828 à 2012 »], sur http://www.presidency.ucsb.edu [archive]Santa Barbara (Californie)Université de la Californie à Santa Barbara, 2013 (consulté le 28 octobre 2017).
  2. ↑ ab et c (en) Curtis Gans (dir. et analyse), Matthew Mulling et al.« African-Americans, Anger, Fear and Youth Propel Turnout to Highest Level Since 1964 » [archive] [« Les Afro-Américains, la colère, la peur et la jeunesse ont propulsé la participation électorale à son plus haut niveau depuis 1964 »] [PDF], sur files.wordpress.com, American University, Washington D.C., 17 décembre 2008 (consulté le 28 octobre 2017).
  3. (en) Michael McDonald, « 2008 Unofficial Voter Turnout »(Archive Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), United States Election Project, 12 mars 2009 (consulté le 26 avril 2009).
  4. (en) « 2016 National Popular Vote Tracker »(Archive Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), sur cookpolitical.comThe Cook Political Report (consulté le 29 novembre 2016).
  5. (en) Julia Glum, « Are Absentee Ballots Counted Last? Clinton, Trump Votes Still Being Tallied In Some States » [archive], sur com, The International Business Times, 15 novembre 2016 (consulté le 28 octobre 2017).
  6. ↑ aet b https://transition.fec.gov/pubrec/fe2016/federalelections2016.pdf [archive]

Lien externe[modifier | modifier le code]

(en) Voter Turnout in Presidential Elections

Le grand débat: national Ultime issue de secours du macronisme

Monique Cochinal

Et voilà … le grand débat national est lancé. Depuis plus d’une semaine, on nous en parle sur toutes les chaînes de télévision, en direct, nous vivons au rythme des régions de France, au nord, au centre, au sud. C’est l’occasion de reconna: tre certains visages mais, surtout de découvrir tous les principaux et nouveaux jeunes illustres inconnus députés, ministres, secrétaires d’Etat en fonction, le Premier Ministre en tête. Après l’ouverture fracassante et les séances de réconciliation du président en personne avec nos maires fort en colère du peu d’intérêt porté par le gouvernement, il faut ramener à la bonne cause les citoyens Français, mécontents, eux aussi, et leur prouver que leur bon roi les a entendus. Au passage, une simple remarque : dans cette foule de Français, on ne voit pas de Gilets jaunes, face au Président, et pourtant…. La belle lettre du Président est adressée à tous les Français, mais on se méfie beaucoup de cette foule criarde, revendicatrice, jamais satisfaite de son sort. Y aurait-il, également, une grande méfiance aussi de la part des gilets jaunes ?

Edouard Philippe fait son tour de France et va, de commune en commune, de village en village, rencontrer au plus près, en décontracté, nos habitants, citoyens Français pour un débat sur les quatre thèmes principaux imposés par le Président. L’ambiance des salles est fort sympathique, on parle beaucoup, de tout : les souffrances de la vache de Monsieur X et des difficultés pour trouver un abattoir « agréé » pour euthanasier cette pauvre bête. Notre Premier Ministre hoche de la tête, compatit. On ne s’ennuie pas, ils sont sympa ces braves paysans. Tout va bien …. Juste quelques remarques sifflantes sur les 80 kilomètres heure imposés partout, au lieu des 90. Il est responsable de cette loi, il assume et il savait qu’elle était « vachement impopulaire », mais il ne regrette pas, car, affirme-t-il, moins de morts sur les routes, les statistiques le montrent, donc, c’est une bonne loi et il n’est pas question de la supprimer. Et, au fil des heures, le même scénario se poursuit. Chacun prend le micro, explique son problème, fait part de ses critiques et de ses difficultés devant notre premier ministre, très attentif, puis qui répond, essaie de convaincre, avec simplicité, qu’il est impossible de changer quoique ce soit des lois « vachement bien préparées et débattues dans de nombreuses commissions, en pesant le pour et le contre, et qui doivent donner de bons résultats, mais il faut attendre, et encore attendre…. Finalement, nous sommes tous des impatients, et des Français jamais contents…. Difficiles à gouverner.

Dans chaque débat, la position du gouvernement reste toujours la même. La transition écologique ? Tous les problèmes sont évoqués : en premier, celui de réduire notre consommation d’énergie, réduire nos habitudes alimentaires en consommant moins de viande (subitement, la viande rouge est devenue très mauvaise pour notre santé), on peut aussi se passer de voiture (la marche à pied est recommandée chaque jour pour notre santé), et ainsi de suite. En conclusion, les affirmations du Premier Ministre ou du Président tombent : impossible de faire autrement pour cette rapide transition écologique, sans augmenter les tarifs de l’électricité et du gaz, c’est normal et naturel, mais ne nous plaignons pas, puisque notre pouvoir d’achat va augmenter (c’est en route), grâce aux bons résultats de cette politique, et nous pourrons donc payer les augmentations successives de nos factures, tout contents de participer à cette transition écologique. Soyons solidaires et bons citoyens !

Cependant, en toile de fond, on suit avec tristesse le douzième samedi de manifestations des gilets jaunes, avec, en tête du cortège, les manifestants blessés par des armes dangereuses : grenades, flash balls, sans compter l’usage de plus en plus fréquent de canons à eau et de gaz lacrymogènes. On compte le nombre de manifestants, de moins en moins nombreux, et l’intensité des violences, le nombre de blessés et de mutilés de part et d’autre, et toujours …. Le petit nombre de voyous professionnels qui se mêlent aux manifestants, une minorité agissante qui attaque, pille, détruit, et se joue des répressions violentes commandées par Monsieur Castaner. De semaine en semaine, on assiste à une escalade de violence et de haine, à de nombreuses arrestations musclées par un service d’ordre disposant d’armes redoutables interdites partout en Europe dans ce genre de manifestations, car jugées dangereuses par les graves blessures et mutilations qu’elles provoquent, surtout lorsqu’elles sont mises à la disposition de personnes non formées. Comment, avec tous ces moyens mis en place, on ne peut pas venir à bout de ces bandes de voyous minoritaires, bien connus des forces de l’ordre, qui reviennent à chaque manifestation, échappant aux arrestations et aux sanctions ? N’y aurait-il pas une autre méthode de fonctionnement pour protéger les manifestants et les biens, en punissant sévèrement les vrais coupables, sans envisager et voter une nouvelle loi « anti casseurs » ?

Et en même temps, nouveau rebondissement de l’affaire politico judiciaire Benalla (acte III) révélée par le journal « médiapart » et qui diffuse un enregistrement d’une conversation téléphonique entre Monsieur Benalla et son ami Vincent Crase, tous deux sanctionnés par la justice avec interdiction de se voir et de communiquer, affirmant que le patron (le président Macron) les soutenait toujours, qu’il leur gardait sa confiance, et qu’ils n’avaient rien à craindre pour leurs prochaines affaires en cours, alors que l’Elysée dément. Qui a menti ? Qui protège qui ? Dans quel but ? Nous voulons toute la vérité.

ELABE. Emmanuel Macron : un Président jugé autoritaire et arrogant mais aussi dynamique et courageux

Par rapport à décembre, Emmanuel Macron est perçu nettement plus dynamique et courageux, mais les qualificatifs autoritaire et arrogantprogressent également et restent en tête.

Les Français dépeignent toujours le portrait d’un Président autoritaire (78%, +5 points par rapport à l’enquête Elabe du 11 décembre 2018), arrogant (76%, +5) et dynamique (70%, +13). Le courage lui est également attribué par une majorité de Français (57%) et progresse de 13 points.

Le lancement du « grand débat national » et sa présence dans plusieurs échanges avec les maires et les citoyens semblent avoir fait bouger les lignes par rapport à début décembre, lui permettant de retrouver des niveaux d’image proches de ceux d’octobre 2018 avant la crise des « gilets jaunes ». Si cette séquence lui permet de recueillir une prime de dynamisme et de courage en allant se confronter aux maires et citoyens, les accusations d’arrogance restent très présentes et se renforcent même.

Sa capacité à réformer le pays (43%, +3 par rapport à décembre 2018) et à respecter ses engagements (42%, +1) sont relativement stables et attribuées par environ 4 Français sur 10.

Moins de 4 Français sur 10 jugent qu’Emmanuel Macron est honnête (35%, +2), sympathique (35%, +6), sincère (32%, +2) et capable d’obtenir des résultats (31%, +4).

Sa capacité à rassembler les Français (20%, -1) et sa proximité aux Français (19%, stable) ne lui sont que très peu attribuées.

L’amélioration de l’image d’Emmanuel Macron concernant le dynamisme et le courage est principalement le fait d’une hausse de ces indicateurs auprès de ses opposants, qui portaient un jugement très négatif en décembre dernier : +28 et 20 points auprès des électeurs de Marine Le Pen et +10 et 11 points auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

De manière générale, même si son image reste mauvaise dans l’absolu auprès de l’électorat de Marine Le Pen, l’ensemble des indicateurs s’améliorent .

A noter quelques dégradations auprès de l’électorat de François Fillon : arrogant (+19 à 76%), capable de réformer le pays (-12 à 59%) et de rassembler le pays (-9 à 25%).

Le changement de style et de méthode de l’exécutif n’apparaît pas crédible pour deux Français sur trois

Suite à l’organisation du « grand débat national » et aux récentes interventions d’Emmanuel Macron et du gouvernement, 66% des Français estiment que cela ne marquera pas de changement de style et de méthode dans le quinquennat d’Emmanuel Macron. Rappelons que mi-octobre, au lendemain de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron faisant suite à la démission de Gérard Collomb et au remaniement du gouvernement, ce taux avait été mesuré à 84%.

Si les électeurs de Marine le Pen et de Jean-Luc Mélenchon et estiment majoritairement que l’exécutif ne va pas changer de méthode et de style (respectivement 79% et 69%), les électeurs d’Emmanuel Macron et de François Fillon sont plus partagés : respectivement 56% et 44% estiment que l’exécutif change de méthode.

La volonté de réformer (28%) est la première qualité d’Emmanuel Macron selon les Français.

Mais 48% des Français ne trouvent rien de positif.

Invités à choisir parmi une liste de neuf qualités que l’on entend dans le débat public à l’égard d’Emmanuel Macron, 28% citent sa volonté de réformer.

Ensuite, 21% citent sa détermination et 18% sa façon de représenter la France à l’étranger.

Moins de 15% des Français citent sa jeunesse (12%), sa vision pour la France (9%), sa capacité à renouveler la politique (8%), le fait qu’il tienne sa promesse (8%), sa façon d‘incarner la fonction (7%) et l’orientation globale de sa politique (6%).

Enfin, les Français sont 48% à déclarer ne rien trouver de positif concernant Emmanuel Macron.

Par rapport cette fois au mois d’avril 2018, sa détermination (-11), sa volonté de réformer (-7) et le respect des promesses (-9) sont en nette baisse. La proportion de Français ne trouvant rien de positif grimpe de 12 points.

Si la volonté de réformer est nettement plus citée auprès des électeurs d’Emmanuel Macron (50%) et de François Fillon (38%), elle est en forte baisse par rapport à avril 2018 : -10 et -15 points.

La volonté réformatrice du Président reste un moteur du soutien de son électorat et d’une partie de celui de François Fillon mais s’est nettement estompée ces derniers mois.

La déconnexion des réalités quotidiennes (51%) et la politique en faveur des plus aisés (47%) sont les principales critiques envers Emmanuel Macron.

Invités cette fois-ci à choisir parmi une liste de neuf critiques, les Français citent d’abord sa déconnexion des réalités quotidiennes (51%), sa politique en faveur des plus aisés (47%), son arrogance (39%) et son manque d’écoute des Français (37%).

Viennent ensuite le fait qu’il décide seul (19%), son autoritarisme (18%), l’orientation globale de sa politique (13%), le fait qu’il ne tienne pas ses promesses (12%) et son excès de communication (7%).

8% des Français ne lui trouvent rien de négatif.

Par rapport au mois d’avril 2018, sa déconnexion des réalités est en très forte hausse (+19), et dans une moindre mesure son arrogance (39%, +9).

La critique la plus largement partagée d’une déconnexion est en forte hausse auprès de tous les électorats : celui de Jean-Luc Mélenchon (56%, +18), d’Emmanuel Macron (40%, +18), de François Fillon (54%, +14) et de Marine Le Pen (59%, +29)

Quelques remarques sur la participation électorale aux Etats-I,os d’Amérique:Il est utile d’apporter quelques précisions sur la participation aux élections qui ont lieu aux Etats-Unis.

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Ce pays a le tort d’utiliser un système peu précis et différent de celui utilisé dans le restant du monde. Le pourcentage de participation aux Etats-Unis fait sourire celui qui n’est pas au courant de la façon dont le calcul est effectué. Alors que le restant du monde considère le nombre des votants par rapport au nombre de citoyens inscrits sur les listes électorales, les chiffres américains tiennent compte d’un nombre de votants par rapport à une population fictive en age de voter qui comprend à la fois les interdits pour cause d’incapacité légale, pour cause d’impossibilité physique et les personnes ne possédant pas la citoyenneté américaine.

Les deux premières catégories comprendraient selon le « ‘Census!’ 500 000 personnes et la troisième de 6 343 000 à 12 000 000 de personnes selon que l’on considère les appréciations les plus pessimistes ou les plus optimistes. Donc première difficulté; déterminer avec exactitude la population en age de voter.

Il faut bien noter que le ‘Census‘ ne donne qu’une estima- tion et aucun chiffre officiel concernant la population en age de voter. Le New York Times du I6 I 80 page AI, indique que le nombre d’étrangers illégaux est au moins de IO 000 000 et que le chiffre de 4 à 6 000 000 au milieu des années 70 est considéré comme raisonnable par le Select Committee on Population of the House of Representatives, senior demographs of the Bureau of Census et par les autorités du Département d’Etat. Le ‘Current Population Reports, series P 20 n°359 du Bureau of Census’ donne 6 343 000 étrangers de plus de I8 ans en novembre 1980.

La ‘Monthly Labor Review’ d’octobre 1980, dans un article de SEBGEL ‘Documenting the Undocumented’ avance que le service des immigrants a décelé en 1977 – I 042 215 étrangers illégaux alors qu’il est généralement admis que la plus grande partie n’est pas interpellée.  Il est possible d’obtenir le nombre d’inscrits sur les listes électorales à l’exception du Nord Dakota où les listes électorales n’existent pas et dans quatre Etats où l’inscription se fait le jour du vote.

Les calculs de participation aux élections américaines effectués selon des normes se rapprochant des habitudes internationale donnent une très forte participation électo- rale. Le Bureau of Census ‘’voting and Registration in the Flection of November 1980′(présidentielles), series P 20 n°359, indique comme votants par rapport aux inscrits 88,6% se décomposant de la façon suivante: population blanche 89,1%, population noire 84,1%, population espagnole 82%. En revanche, des données plus justes sont données par

(GANS – Non voter Study, 1980-81 – Summary Sheet, page 5 (Committee for the Study of the American Electorate), 1981. La période couverte va ae 1960 à 1980, concerne les élections présidentielles et considère les Etats qui fournissent les chiffres des inscrits sur les listes électorales un mois avant l’élection elle-même.

Majorité électorale

20 ans 18 ans
1960 1968 1972 1976 1980
33 Etats

84,3%

45 Etats

83,2%

43 Etats

74,3%

44 Etats

74,9%

43 Etats

74,6%

Ces chiffres sembleraient être ceux pouvant le mieux se comparer aux résultats des autres pays. Reste la question des non-inscrits. Les sondages GALLUP obtiennent 25% des américains qui se disent non-inscrits. Or, ces chiffres étant inférieurs à ceux généralement admis (30%), l’on peut raisonner que le non-inscrit n’a pas la conscience tranquille, d’où la tendance à se faire passe pour inscrit (registered) alors qu’il ne l’est pas.

Levant l’incertitude des chiffres avancés pour représenter les nationaux en état de voter, ne devrions-nous pas accorder plus de valeur aux appréciations de GALAUP dont la marge d’erreur sur les intentions de vote aux élections présidentielles est de 2,3% de 1936 à 1976 et seulement de I,5% de 1950 à 1976 (The Gallup Poll-Public Opinion 1972 to 1977, Scholarly Kesources, 1978). Selon GANS, on obtient les pourcentages suivants de non-inscrits:

1960

1968 1972 1976 1980
25,9% 26,6% 26,1% 27,1% 27,6%

Reste que 27% est un chiffre élevé si nous comparons aux estimations européennes, Or, le contexte américain n’a rien de comparable au contexte européen et les difficultés de récemment rencontrées là-bas, ne sont pas étrangers à la très forte immigration que connait actuellement ce Pays, la plus forte de toute son existence,

L’intéreseante étude de WOLFINGER et ROSENSTONE (Who Votes- Yale University Press, 1980) nous apporte de précieux renseignements en liant, en premier lieu, l’inscription à la Stabilité du domicile alors qu’une des caractéristiques de la population américaine est sa très grande mobilité.

EFFET DU CHANGEMENT DE RESIDENCE SUR LA PARTICIPATION ÉLECTORALE SELON L’AGE, EN 1974 (pourcentage) – TEMPS DE RESIDENCE A L’ADRESSE ACTUELLE

Age 4 mois 4 – 11 mois 1 – 2 ans 3 – 5 ans 6 – 9 ans
18-24 -17% -15% -12% –4% -2%
25-31 -23% -23% -19% -8% 0
32-36 -28% -26% -21% -9% -1%
37-69 -31% -28% -23% -11% -2%
70+
total -26% -23% -18% -8% 0
TOTAL -23% -22% -19% -9% -1%

(Wolfinger et Rosenstone, page 52.)

Les trois autres facteurs favorisant la non-inscription et l’abstention dans l’ordre décroissant sont: la faiblesse du niveau d’étude, la jeunesse et le faible niveau des revenus. D’autre part, il est intéressant de noter que les auteurs ont trouvé que les références ‘idéologiques et les affiliations politiques étaient pratiquement identiques entre non-votants et votants, les premiers ayant un léger penchant vers des positions plus conservatrices. Ceci vient confirmer ce que FREE et CANTRIL trouvaient en 1968. La baisse de participation aux élections de 1972 est indis- cutablement liée à l’abaissement de la majorité électorale pour l’ensemble des Etats à I8 ans bien que GALLUP (page 617 de l’ouvrage déjà cité) ne Le présente pas comme la cause principale.

Dans cet esprit, les chiffres fournis par Nie, Verba et Petrocik, Anderson (The Changing American Voter), correspondent bien à ce que nous savons sur la participation des jeunes sur le plan international: Élection présidentielle de 1972.

66% des + de 30 ans  20% pour les 20 à 24 ans

41% pour les I8 à 20 ans