Affaire Benalla: Mediapart assigne l’Etat en justice

5 AVRIL 2019 PAR EDWY PLENEL

Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel (D) et le journaliste Fabrice Arfi à Paris le 4 février 2019 Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel (D) et le journaliste Fabrice Arfi à Paris le 4 février 2019 FP/Archives
Mediapart assigne l’État en justice pour la tentative de perquisition de notre journal dans l’affaire Benalla. Nous demandons au tribunal de juger qu’en ordonnant cette action infondée, déloyale et disproportionnée, le procureur de la République de Paris a engagé la responsabilité de l’État en violant la protection accordée au secret des sources et en entravant la mission journalistique de Mediapart.

Deux mois, jour pour jour, après la tentative de perquisition ayant visé, le 4 février dernier, notre journal dans l’affaire Benalla, Mediapart a délivré, jeudi 4 avril, auprès de l’agent judiciaire de l’État une assignation lui signifiant le procès que nous lui intentons devant le tribunal de Paris.

Dans ses trente-six pages, complétées par vingt-sept pièces, nos avocats, MesEmmanuel Tordjman et François de Cambiaire du cabinet Seattle, détaillent avec précision le « préjudice anormal, spécial et d’une particulière gravité »causé par cette tentative de perquisition. Ils demandent au Tribunal de juger que Mediapart n’était pas visé par la procédure ouverte par le Procureur de la République, et qu’ainsi, compte tenu du préjudice causé à sa mission d’information sur un sujet d’intérêt général majeur, la responsabilité de l’État est engagée.

Si l’État, contrairement à ce qu’il a toujours soutenu, affirmait que Mediapart était bien visé par cette procédure, nos avocats démontrent que, s’inscrivant dans le cadre d’une enquête préliminaire « ouverte de manière précipitée et infondée juridiquement », cette tentative de perquisition, « déloyale et disproportionnée », constitue « une violation de la protection accordée au secret des sources » des journalistes. « Du fait de la succession des fautes ainsi relevées, concluent-ils, le procureur de la République de Paris a commis une faute lourde de nature à engager la responsabilité de l’État. »

En conséquence, outre la condamnation de l’État à lui verser un euro à titre de dommages et intérêts, Mediapart demande que soit ordonnée la publication, en page d’accueil du site du ministère de la justice, d’un communiqué judiciaire ainsi rédigé : « Par jugement en date du […], le tribunal de grande instance de Paris a condamné l’agent judiciaire de l’État à indemniser Mediapart du préjudice causé par la tentative de perquisition dans ses locaux le 4 février 2019, portant gravement atteinte à sa réputation et à la protection du secret des sources journalistiques. »

C’est à 11 h 10, le lundi 4 février, que se sont présentés dans les locaux de Mediapart deux procureurs, Yves Badorc et Aude Duret, accompagnés de trois officiers de police judiciaire (un commissaire divisionnaire de la brigade criminelle, un capitaine de police et un brigadier-chef).

En l’absence du directeur de publication (j’étais au même moment en train de déposer à la barre du tribunal de Paris dans le cadre du procès que nous a intenté Denis Baupin), c’est Fabrice Arfi, co-responsable de notre pôle enquête qui les a accueillis, s’entendant dire par le procureur Badorc : « C’est une visite domiciliaire, en d’autres termes une perquisition. »

Après avoir constaté que cette perquisition n’avait pas été, au préalable, autorisée par un juge des libertés et de la détention (JLD), Fabrice Arfi a pu légalement s’y opposer, contraignant l’équipage judiciaire et policier à faire demi-tour.

Toutefois, le même procureur Badorc n’a pas exclu de revenir après avoir obtenu le feu vert d’un JLD, preuve de la détermination initiale du parquet de Paris de commettre cette transgression rarissime en matière de presse, en violation des droits fondamentaux et, notamment, de la protection des sources qualifiée de « pierre angulaire de la liberté de la presse » par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

De fait, la CEDH a déjà condamné la France à deux reprises pour des perquisitions effectuées sur le lieu de travail des journalistes (en l’espèce Le Midi Libre et L’Équipe), en raison de leur caractère disproportionné.

Cette tentative de perquisition était le tout premier acte d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris des chefs d’atteinte à l’intimité de la vie privée et de détention illicite d’appareils visant à intercepter des télécommunications au lendemain de la mise en ligne, le 31 janvier 2019, de notre article intitulé « Affaire Macron-Benalla : les enregistrements qui changent tout ». Elle fut décidée par le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, récemment imposé par le président de la République à la tête du parquet de Paris.

Or l’ouverture de cette enquête était un acte politique. Notre assignation le démontre amplement : elle n’a pas de fondement juridique ; elle ne repose sur aucune information crédible ; elle ne concerne en aucun cas le travail de Mediapart ; elle témoigne d’un dysfonctionnement du service public de la justice aggravé par un détournement de procédure. En effet, cette enquête préliminaire prétend protéger l’atteinte à l’intimité de la vie privée d’une personne inexistante, en l’absence même de la révélation de son identité.

Surtout, il est établi que son prétexte n’était autre qu’une lettre adressée par le directeur de cabinet du premier ministre au procureur de Paris lui faisant part de questions posées à Matignon par un journaliste de Valeurs actuelles à la suite de nos révélations. Lequel directeur de cabinet tiendra à préciser qu’il ne s’agissait « en aucun cas d’un signalement ou d’un article 40 » [l’obligation pour un fonctionnaire de signaler à la justice une infraction dont il est témoin] mais « simplement de partager en toute transparence avec la justice des éléments de réponse transmis à la presse ».

Pas de victime, pas de signalement, pas l’ombre d’une plainte, et néanmoins l’ouverture précipitée d’une enquête dont le premier acte était de tenter de perquisitionner Mediapart ! Alors même que nos révélations venaient de mettre au jour et, donc, d’apprendre à la justice le non-respect des contrôles judiciaires d’Alexandre Benalla et Vincent Crase ainsi que le rôle personnel du premier dans l’affaire des contrats russes !

Diffusés après que nous nous sommes assurés de leur authenticité, de leur intégrité et de l’absence de toute falsification ou manipulation – ce que la justice a depuis confirmé –, nos extraits sonores dévoilaient des faits d’intérêt public dans le respect scrupuleux de la vie privée des deux protagonistes et de la protection des sources, garantie du rôle d’alerte de la presse.

Non seulement Mediapart n’a commis aucune des infractions visées par l’enquête préliminaire, mais de plus il ne peut même en être suspecté. Les magistrats du parquet de Paris spécialisés dans les affaires de presse le savent fort bien, connaissant parfaitement la décision de relaxe rendue en notre faveur dans l’affaire Bettencourt à propos des enregistrements du majordome révélés et diffusés sur notre site en 2010.

Que leur support soit un témoignage, un écrit, un enregistrement, une photographie ou une vidéo, nous rendons compte des faits relevant de l’intérêt général que nous rendons publics dans le cadre de la loi sur la presse qui fait droit à la légitimité du but poursuivi, au service de la liberté d’information.

Enfin, cette tentative de perquisition ajoutait au détournement de procédure un fonctionnement défectueux du service public de la justice. Car le procureur de la République de Paris, se renseignant comme tout procureur diligent, aurait appris que, dans le cadre de l’information judiciaire visant Alexandre Benalla et Vincent Crase, une réquisition judiciaire avait été adressée à Mediapart, dès le 1er février, à la demande des juges d’instruction afin d’obtenir copie des enregistrements que nous avions révélés.

Avant même la tentative de perquisition, nous nous étions ainsi engagés à remettre cette copie à des magistrats indépendants, ce qui sera fait dans la journée du 4 février. En venant nous « visiter », les magistrats du parquet ne peuvent donc prétendre que cet acte liberticide était le seul moyen d’obtenir les enregistrements que nous avions publiés.

Cette tentative de perquisition relève donc « d’une forme d’intimidation des journalistes de Mediapart » et, à travers eux, de pression sur les sources qui les informent, comme l’expliquent nos avocats dans leur assignation : « Des personnes qui souhaitaient remettre à Mediapart des informations et/ou des documents sur des sujets d’intérêt général hésitent, voire pour certaines d’entre elles refusent désormais de le faire, du fait du caractère dissuasif de la tentative de perquisition réalisée et de la crainte évidente de pouvoir être un jour identifiées. »

« Le Tribunal, poursuivent-ils, constatera la gageure dans laquelle se trouve Mediapart pour justifier l’exceptionnelle gravité de son préjudice puisqu’il se trouverait contraint de devoir porter atteinte au secret des sources en révélant l’identité de celles qui ne souhaiteraient plus lui fournir d’informations. »

La matérialité, la gravité et l’anormalité du préjudice subi sont donc flagrantes, et c’est pourquoi nous en demandons symboliquement réparation afin que soit confortée la protection du droit de savoir du public sans le libre exercice duquel il n’est plus de démocratie véritable, vivante et pluraliste.

Même si son exécution a été finalement empêchée, cette décision de perquisitionner les locaux de Mediapart est une attaque frontale contre notre travail d’enquête, illustré sous trois présidences successives, notamment par nos révélations dans les affaires Karachi, Bettencourt, Kadhafi-Sarkozy, Cahuzac et, maintenant, Benalla.

Nous n’avons d’autre choix que d’agir en justice pour que soit protégée sa légitimité et défendu le secret des sources qui le garantit.

 « La tentative de perquisition de Mediapart,résume notre assignation, a suscité un grand émoi dans la profession de journaliste et bien au-delà dans l’opinion en créant le sentiment que la liberté d’enquête de la presse était désormais en péril. Même si elle n’a pas pu aboutir, elle a été ressentie comme une pression, voire une menace, à l’encontre d’un journal et de ses sources enquêtant sur des affaires sensibles pour le pouvoir exécutif. Les modalités de mise en œuvre de cette tentative de perquisition ont entretenu la croyance que Mediapart exercerait sa mission d’information de manière illégale et contraire à sa déontologie, portant atteinte à sa réputation professionnelle. »

Face au grave préjudice subi dont la responsabilité incombe à un procureur soumis au pouvoir exécutif, nous demandons donc à la justice rendue par des magistrats indépendants « de rappeler l’effectivité et l’importance de la liberté de la presse, et du secret des sources journalistiques, en condamnant l’État du fait du dysfonctionnement du service public de la justice, afin qu’il ne soit plus jamais instrumentalisé et utilisé à d’autres fins que celles limitativement énumérées par la loi ».

 

Les avatars du macronisme et du « nouveau monde »

Monique Cochinal

Depuis l’affaire Benalla, rien ne va plus pour nos élus et leur idéologie macroniste. Ils étaient pourtant bien partis « en marchant » puis « en courant » pour arriver « en grande pompe » au sommet de la cordée, étonnés et ravis de leur victoire inattendue. Les premiers mois du quinquennat (tout nouveau, tout beau) notre jeune équipe, sans grande expérience des affaires de l’Etat, s’est attaquée à tous les dossiers en même temps, a voté de nouvelles lois à tour de bras, et en grande vitesse. La vie était facile, ils étaient majoritaires à l’Assemblée Nationale, tous derrière le chef, liés à lui. Les opposants ? Disparus, anéantis, muets (ou presque). Il y avait bien quelques rumeurs, par ci, par là, mais rien d’important. De toute façon, les mesures prises, les réformes engagées étaient les seules valables pour rétablir travail, prospérité, sécurité, bien-être dans notre beau pays de France, en ville comme à la campagne, car nos jeunes élus, pendant la campagne électorale nous l’avaient promis, et notre candidat Emmanuel Macron, au cours de merveilleux discours de plus en plus enflammés affirmait : « je ferai baisser le chômage, je ferai repartir notre économie…. Je ne toucherai pas à l’âge obligatoire de la retraite…. Mon cap est bien défini …. Je ferai ce que j’ai dit … j’en prends l’engagement …. Pour le bien de tous et toutes ». Hélas, gouverner un pays est une très lourde tâche et une grosse charge. Rien à voir avec les promesses utopiques des discours de campagne électorale. Il y faut du doigté, de l’expérience, une bonne dose de sincérité, de l’humilité, parfois, et aussi une véritable attention aux autres. Sinon …..

En plein été 2018, subitement, un violent orage éclata dans ce ciel sans nuage : la malheureuse affaire Benalla et les nombreuses enquêtes sénatoriales, diffusées en direct sur les plateaux de télévision, qui ont suscité un grand intérêt de la part de nombreux citoyens. Des mensonges, des erreurs, des dysfonctionnements de nos principales institutions furent dévoilés, et le peu de  confiance, que nous avions envers nos élus, s’envola très vite. Décidément, ce « nouveau monde » avec son idéologie était pire que l’ancien monde. Plus les mois passaient, plus on doutait. Et puis, malgré toutes ces réformes, le pouvoir d’achat diminuait, le taux de chômage ne baissait pas, les impôts augmentaient, et le chef d’Etat, droit dans ses bottes, s’entêtait, se cabrait, accusant l’un, l’autre.

On connaît la suite : la grave crise des gilets jaunes, depuis novembre 2018, les réformes suspendues, la grogne des citoyens, leur colère violente et la panique à bord du bateau France, qui sombre lentement mais sûrement. Nos moussaillons, effrayés, quittent le navire, les uns après les autres. De cette belle équipe, bien soudée, il n’en reste plus que quelques uns ou quelques unes. Le capitaine Macron a beaucoup de difficultés, il lui faut déplacer l’un pour remplacer l’autre. Curieux remaniement !

C’est ainsi que nous avons assisté au chassé croisé du dernier remaniement. A nouveau, trois départs de l’équipe des fidèles de notre président, que l’on a dû remplacer rapidement. Alors, quelles jolies têtes fidèles allons-nous choisir ? La jolie Sibeth Ndiaye, jeune, costaude, sûre, porte parole du gouvernement, qui a déclaré, devant l’Assemblée Nationale, savoir mentir pour protéger le président.

Aurélie de Montchalin (33 ans) est nommée secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes pour remplacer Nathalie Loiseau, désignée tête de liste du parti LAREM pour les élections européennes, et enfin, Cédric O (36 ans), le trésorier de la campagne électorale du président Macron, devient secrétaire d’Etat au numérique.

Ce qui fait dire aux opposants que ce dernier remaniement « faisait la part belle aux fidèles d’Emmanuel Macron » (on peut rajouter « aux derniers fidèles »). Comme dans l’ancien monde, on prend les mêmes et on recommence.

Grand débat : l’exécutif face au scepticisme et aux fortes attentes sur le pouvoir d’achat

Quelques extraits du dernier sondage ELABE…

Le scepticisme grandit à quelques jours de la restitution du « grand débat national ».

Pour 79% des Français le « grand débat national » ne résoudra pas la crise politique que traverse le pays (+9 points par rapport au mois de mars), 68% que les points de vue exprimés lors de celui-ci ne seront pas pris en compte (+5 points) et 62% que le « grand débat national » permettra d’améliorer la participation des citoyens aux décisions (+7 points).

… …

  • La baisse des dépenses publiques est notamment citée par 48% des personnes âgées de 65 ans et plus, et 63% des électeurs de François Fillon. …

Les élections européennes

Monique Cochinal

Dans notre pays bien tourmenté, la campagne électorale pour les élections européennes est commencée. Les listes des candidats se forment, et les professions de foi s’élaborent. Ce n’est certes pas le moment favorable pour de telles élections : il y a déjà une telle tension entre le gouvernement et les citoyens mécontents, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, mais il nous faut respecter le calendrier établi.

Comment réfléchir calmement pour élire, en son âme et conscience, les parlementaires européens qui sauront redresser une Europe bien secouée, et qui va à la dérive elle aussi ?

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et pour avoir toute leur valeur, ces élections européennes ne devraient pas être une sanction affligée aux dysfonctionnements de notre gouvernement macroniste, un votre « contre », ou un vote « par défaut », mais plutôt la désignation de parlementaires unis, sachant mettre en place un projet commun, aux bases solides, qui permettrait à l’Union Européenne de faire face aux nombreux défis de la mondialisation sur tous les plans : économie, affaires sociales, santé, éducation, affaires étrangères, armée : un très vaste chantier dépassant, et de beaucoup, nos querelles internes, nos petits clans, nos folles ambitions personnelles. Notre petite France seule est insignifiante face à de grandes puissances telles que les Etats Unis d’Amérique, la Chine, l’Asie, la Russie, le grand continent africain et ses Etats continuellement en guerre. Mais, ne dit-on pas que l’union fait la force. Il est donc nécessaire et urgent que tous nos petits Etats européens acceptent de s’unir s’ils ne veulent pas disparaître.

Cependant, il y a un désamour prononcé pour ces élections et une grande abstention à chaque fois. On a assisté à de grandes campagnes anti européennes, ces derniers temps, qui ont mené, malheureusement, au brexit en Grande Bretagne avec de grandes conséquences autant du côté britannique que du côté européen. Il faut ajouter à cela et déplorer le mode de scrutin employé : la proportionnelle, avec l’émergence de petits partis minoritaires incapables de s’entendre et de former un parlement fort.

Et pourtant, dans deux mois, tout citoyen conscient de l’importance de son bulletin de vote devra choisir ses leaders. Rien de simple dans cette atmosphère plus que troublée.

Pour E. Macron et son parti, la campagne électorale a commencé depuis quelques mois déjà avec de nombreux déplacements, prises de paroles, rencontres, de vrais meetings bien organisés (aux frais de l’Etat, je pense, c’est-à-dire à nos frais). Il ne manque pas une occasion de nous mettre en garde contre nos Etats voisins et amis européens devenus « populistes », « nationalistes », « extrémistes de droite », donc à combattre. Deux idéologies se font face : les progressistes macronistes et les « nationalistes anti européens ». Son ennemi numéro un est, on s’en serait douté, le Rassemblement National et Marine Le Pen, comme dans l’ancien monde, lors des malheureuses élections présidentielles. Les sondages le montrent avec La République en Marche en tête avec un petit pourcentage (24 %) d’intentions de vote, et très près derrière, le Rassemblement National et Marine Le Pen avec 23 % d’intentions de vote.

Nous avons assisté à la présentation peu sérieuse, devant les médias, de la liste des candidats choisis pour le parti La République en Marche. Pour voir toutes les têtes, le cameraman avait aligné avec soin tout le monde (les petits devant, les grands derrière juchés sur un banc (comme pour nos anciennes photos de famille ou de classe), mais, juste au moment de la prise de vue de la camera, un malencontreux mouvement du banc a fait chuter les trois ou quatre personnages, que l’on a vu disparaître les uns après les autres. Est-ce ce malheureux incident qui a troublé le second de la liste chargé de présenter ses coéquipiers et coéquipières au point de le faire bégayer et d’écorcher leurs noms, s’excusant à chaque fois avant de rectifier ?

Quant à Jean Luc Mélanchon et sa liste, nous savons depuis longtemps que ses adhérents voteront en bloc contre le gouvernement actuel, pour instaurer la merveilleuse VIème République (peu sérieux pour des élections européennes). Nos autres grands partis, complètement anéantis depuis la dernière élection présidentielle, ont bien du mal à présenter leurs listes et leurs propres candidats. Espérons un réveil de leur part, avant qu’il ne soit trop tard.

French Senate refers three of Macron’s aides to public prosecutor

Alexis Kohler

Move marks latest twist in Benalla affair that centres on president’s private bodyguard Alexandre Benalla seen with Emmanuel Macron during the 2017 election campaign

Harriet Agnew in Paris – MARCH 21, 2019

The French Senate has decided to refer three of Emmanuel Macron’s top aides to the public prosecutor, the latest twist in an investigation into the so-called Benalla affair that centres on the president’s private bodyguard.

On Thursday the upper house of the French parliament, which is controlled by the opposition rightwing party Les Republicains, sent the cases of bodyguard Alexandre Benalla, his associate Vincent Crase and Patrick Strzoda, Mr Macron’s chief of staff, to the prosecutor on suspicion of false testimony before the Senate commission of inquiry, according to a statement from the Senate.

The move follows a report last month by the Senate that condemned “failings at the heart of the state” that led to the Benalla scandal last summer. Mr Macron’s favoured bodyguard was fired after video footage emerged of him beating up two protesters during the May Day riots. Mr Macron and his team were aware of the incident but failed to inform judicial authorities, and the affair contributed to a political crisis and a fall in the president’s approval ratings in the second half of last year.

The cases of Alexis Kohler, the Elysée secretary-general and Mr Macron’s most senior adviser, and General Lionel Lavergne, head of the presidential security group, were also sent to prosecutors, the Senate said on Thursday. Senators said they believed there were “a number of omissions, inconsistencies and contradictions” in sworn statements during hearings that were part of the investigation. “

There is a worry about whether this will affect the relationship between the Senate and the president of the republic,” Hervé Marseille, president of the centrist union group in the Senate, said on Thursday. “What matters for the population is not institutional and political matters like this but to find a response to the crisis in France that has shown itself in 18 consecutive weekends of sometimes violent protests.”

The Senate’s decision comes as Mr Macron is pushing through legislation to overhaul France’s parliament, one of his signature proposals during his presidential campaign. The overhaul would reduce the number of seats from 577 to 404 in the National Assembly, the lower house, and from 348 to 243 in the Senate. Gerard Larcher, president of the Senate, has been one of the fiercest critics of the measure.

Stanislas Guerini, the leader of Mr Macron’s La République en Marche party, denounced Thursday’s development as a political move against the Elysée by the opposition. He said in a statement to AFP: “They obviously seek to serve their hidden purpose: to attack the president of the republic.” The Elysée declined to comment.

The justice department will now have to decide if there was, during these individuals’ hearings before the commission of inquiry, false testimony, an offence punishable by five years in prison and a €75,000 fine.

Fake news : « Supprimer les contenus, c’est l’inverse du débat démocratique »

ENTRETIEN. Pour l’avocat Dan Shefet, la proposition de loi est liberticide et ne s’attaque pas aux vrais problèmes de notre démocratie.

Par Laurence Neuer

Modifié le 07/06/2018 à 09:35 – Publié le 07/06/2018 à 09:20 | Le Point.fr

Porte ouverte sur « l’arbitraire », « danger pour la démocratie », etc., les réactions à la proposition de loi sur les fakes news, qui sera examinée à partir du jeudi 7 juin à l’Assemblée nationale, se multiplient. Le caractère liberticide du texte est dénoncé par de nombreuses personnalités. L’avocat Dan Shefet, farouchement opposé au projet, explique en quoi il passe à côté de son objectif.

Lire aussi : Fake news : la proposition de loi qui fait un tollé

Le Point : Le texte définit la fausse information ainsi : « Toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ». Que pensez-vous de cette rédaction ?

Dan Shefet : Cette formulation me semble très dangereuse et liberticide, même si elle n’est pas aussi radicale que la loi allemande (qui punit d’une amende de 50 millions d’euros les plateformes n’ayant pas supprimé les contenus illicites qui leur ont été signalés). Car, avec une telle définition, tout ce qui relève de l’opinion est interdit. Il serait alors interdit de critiquer la politique migratoire d’Emmanuel Macron ou de dire que les élections américaines ont été influencées par de fausses informations, car tout cela n’est pas vérifiable…

Quelle serait l’efficacité d’une telle loi dès lors que les informations proviennent de pays indifférents à notre législation ?

Il est illusoire de supprimer des fake news qui proviennent de pays qui n’appliquent pas nos lois ! Soyons réalistes : la déstabilisation par ces news provient le plus souvent de ces pays. À partir du moment où elles sont accessibles en France, il n’y a plus rien à faire. Si, par exemple, un faux site « Le Point » venant de Russie diffuse des informations sur le président de la République, celles-ci seront reprises par tous les journaux et des millions de tweets. Comment supprimer ces informations ? En supprimant l’URL du site russe ? Impossible ! Entre-temps, il y aura eu beaucoup de dégâts…

Se trompe-t-on de cible avec la fake news ?

Bien sûr ! Car ce qui est dangereux, ce n’est pas la news en tant que telle, mais son interprétation, ce sont les théories que l’on développe à partir de faits parfaitement vérifiables. Et l’influence d’une telle information interprétée est bien plus insidieuse que la fake news. La théorie que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune repose sur l’interprétation des faits qui, selon elle, ne constituent pas la preuve que cet exploit n’a pas été tourné dans des studios d’Hollywood. Ce genre de théorie complotiste n’est pas interdit…

Lire aussi : La défaite de la vérité aura-t-elle lieu ? 

Quelle serait la solution idéale pour se débarrasser des parasites informationnels ?

Il faut commencer par oublier la terminologie de « fake news » qui peut nous conduire à la dictature, car seul le juge décidera si une opinion est légale ou pas. Avec le populisme qui gagne du terrain dans de nombreux pays, on ne sait pas comment une telle loi pourrait être dévoyée. Il me semble au contraire capital d’interdire les news sélectives en période préélectorale sur les médias sociaux. Tout le monde doit être en mesure de posséder les mêmes informations de façon à pouvoir s’exprimer sur la même base. Le vrai risque pour la démocratie, c’est de recevoir des news qui nous confortent dans nos opinions. Donc, arrêtons de parler de « fake », parlons de news « contestées » ! Et, au lieu de supprimer les contenus litigieux (qu’il s’agisse de faits, d’opinions, etc.), taguons-les en indiquant qu’ils sont contestés. Le tag pourrait par exemple indiquer : « Attention, tant de personnes ont signalé que ces informations sont fausses. » Et la news contestée circulerait alors sur Internet avec son tag d’avertissement. Supprimer les contenus, c’est l’inverse du débat démocratique. Pour être efficace, une loi ne doit pas conduire à les supprimer, mais à dire qu’ils sont contestés, et à interdire les news sélectives. Et cette contestation doit être facilitée par les médias sociaux. Je regrette d’ailleurs que l’élaboration de ce projet n’ait pas, semble-t-il, intégré l’expérience et les observations de ces médias sociaux pour pouvoir identifier ce qui est techniquement possible.

Lire aussi : « Les nouvelles sélectives sont encore plus dangereuses que les fake news » 

Le projet épingle aussi les « fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin, diffusées de mauvaise foi, de manière artificielle ou automatisée et massive par le biais d’un service de communication au public en ligne ». Serait-il possible d’é voquer l’affaire de François Fillon dans un tel contexte ?

La « mauvaise foi » visée par le texte pourrait être soit d’utiliser une information pour déstabiliser le scrutin, soit de faire état de faits non vérifiés. Cela impliquerait que de tels faits ne pourraient pas être divulgués en période préélectorale. Naturellement, la présomption d’innocence serait préservée, mais doit-elle céder devant le droit à l’information ? La loi est muette sur ce point et sur l’arbitrage éventuel à faire entre la diffusion de l’information en période électorale et l’importance de préserver la présomption d’innocence. Or, ce texte a théoriquement pour but de protéger le processus démocratique…

Vous aviez, il y a un an, rédigé avec la sénatrice Nathalie Goulet une proposition de loi visant à créer une nouvelle infraction. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

J’ai en effet évolué sur cette question. Ce qui m’a frappé, c’est la sévérité de la loi allemande avec ses conséquences délétères sur les petits médias incapables de payer les très lourdes amendes qu’elle prévoit. Cela va conduire à des concentrations antidémocratiques et tuer le débat. En outre, cette loi a été reprise textuellement par Poutine. Et là, j’ai réalisé qu’il était dangereux de légiférer. Je me suis dit : « Il ne faut pas toucher à cette question en créant un Frankenstein qu’on ne contrôle plus »…

Grande fermeté chez Monsieur Castaner

Monique Cochinal

Il a fallu attendre presque quatre mois, il a fallu assister aux différents échecs de répressions employées quant au maintien du service d’ordre, il a fallu constater avec tristesse, samedi après samedi, les nombreux dégâts, pillages, saccages, incendies laissés dans notre capitale après le passage de cette petite minorité de casseurs, sans compter les nombreux blessés, estropiés, expédiés de toute urgence dans les hôpitaux, pour obtenir un semblant d’ordre public dans les belles avenues de notre capitale. Le plus invraisemblable s’est produit, ce 19ème samedi de manifestation (déclarée), subitement, comme par enchantement, pas l’ombre d’un « black bloc, casseur, extrémiste, brute révolutionnaire », donc une manifestation pacifique. Bravo, Monsieur Castaner ! Il était temps, car c’était votre dernière chance …… avant d’être limogé.

Mais, voilà qu’on apprend qu’à Nice, une ville calme, sans gilets jaunes casseurs, un drame s’est produit, ce même samedi : parmi un petit groupe de manifestants, une femme de 73 ans brandit avec fierté un grand drapeau sur lequel on peut lire, écrit en gros caractères, le mot PAIX, juste devant une rangée serrée de policiers, bien équipés. C’en est trop …. Ordre est donné de charger…. On charge et notre brave femme, violemment bousculée tombe, se fracasse le crâne et se retrouve à l’hôpital, ensanglantée, sans avoir bien compris ce qui lui arrivait. Le cas est sérieux et une plainte est déposée auprès du procureur. La justice scrute avec attention toutes les vidéos déjà diffusées dans le monde entier. Sur tous les plateaux de télévision, on en parle (catastrophe pour Notre ami Castaner !), on se pose des questions. Périmètre interdit aux manifestations ? Policiers attaqués ? Ordres de fermeté respectés ? Pourtant, sur ces vidéos, à part un drapeau qui voltigeait dans l’air, nous n’avons pas vu le moindre projectile lancé sur les forces de l’ordre. Pourquoi avait-on interdit toute manifestation dans le centre de cette ville, si calme les autres samedis ? Les nouvelles mesures anti casseurs doivent être rigoureusement respectées, et surtout, éviter tout désordre dans cette ville, où le Président Macron recevra en grande pompe, le lendemain, le chef d’Etat Chinois et madame.

Quelle malchance ! D’autant plus qu’on attaque à nouveau le Président Macron, qui se défend en donnant une bonne leçon de sagesse à cette vieille femme, pas solide sur ses jambes, irresponsable, qui n’avait rien à faire dans cette manifestation, sur une zone interdite aux manifestations par la préfecture. Quelle mauvaise idée avait-elle eue ! Il lui souhaite un prompt rétablissement, et surtout qu’elle ne recommence pas ….. Car elle savait ce qui l’attendait en venant manifester ici. Quand il se sent attaqué, notre cher Président ne peut s’empêcher de faire de malencontreux commentaires. Il n’a pas encore compris que « la parole est d’argent, mais le silence est d’or ».

Atempted Raid on News Site’s Offices Prompts Outcry in France

The Mediapart journalist Fabrice Arfi, at the microphones, and his colleague Edwy Plenel, right of him, at a news conference in Paris on Monday defending their news site.CreditPhilippe Lopez/Agence France-Presse — Getty Images

By Aurelien Breeden – New Tork Times

  • February 8, 2019

ARIS — French journalists and press advocates expressed outrage this week after prosecutors tried to search the offices of the investigative news site Mediapart, which had published audio recordings of a former aide to President Emmanuel Macron whose legal troubles have dogged him for months.

The outcry over possible executive overreach grew following reportsthat information from the prime minister’s office had pushed the Paris prosecutor to open the inquiry that prompted the search.

“This investigation is nothing else than a hunt for our sources which aims to prevent us from seeking and finding the truth,” said Fabrice Arfi, who leads Mediapart’s investigations department.

When two prosecutors and three police officers arrived Monday morning to search Mediapart’s offices in Paris, they were turned away.The news site was not legally obliged to submit to the search linked to the disgraced former aide, Alexandre Benalla, because of the preliminary nature of the investigation into a possible violation of privacy and the illegal possession of wiretapping devices.

Still, French journalists and their supporters saw the move as new proof of the adversarial stance toward the media of Mr. Macron, who recently faced pushback after deciding to move the press room outside of the Élysée Palace, the seat of the presidency.

Journalists at dozens of publications issued a statement this week expressing “solidarity with our colleagues” at Mediapart. The National Union of Journalists — referring to the attempted raid and to laws passed this year on the protection of trade secrets and on so-called fake news — described it as worrying that “journalists’ duty to inform can be flouted in this way, in France, in 2019.”

The episode was the latest of many tied to Mr. Benalla, who was firedlast summer as a security aide to Mr. Macron after it was revealed he had hit a protester at a May 1 demonstration.

Once billed the most serious threat to Mr. Macron, the Benalla affair died down and was eclipsed in France’s news cycle by the “Yellow Vest” economic protests against the president — until a steady stream of news reports in recent weeks raised questions about how the Élysée had handled the earlier case, and whether Mr. Benalla had used his ties to the presidency to obtain business contracts.

In the audio recordings, which date to July and which Mediapart published last week as part of a wider investigation, Mr. Benalla can be heard discussing the case against him with Vincent Crase, who had also worked on security for the Élysée and for Mr. Macron’s party, and who is being investigated over accusations similar to those against Mr. Benalla.

“Crazy thing, yesterday evening the boss sent me a message; he says to me: ‘You’ll eat them alive. You’re stronger than them, that’s why I had you beside me,’” Mr. Benalla is heard saying, referring to Mr. Macron, who was still publicly supportive at the time.

Mr. Crase and Mr. Benalla were under legal orders not to see each other because of the investigations, and they could face repercussions for the meeting.

Each revelation about Mr. Benalla has sprouted another, leading to a complex entanglement of legal inquiries around him. He is also facing investigations into his continued use of a diplomatic passport after he was fired and his involvement, while still working at the Élysée, in the negotiation of a security contract between a company owned by Mr. Crase and a Russian oligarch with ties to President Vladimir V. Putin.

Édouard Philippe, France’s prime minister, confirmed Thursday in an interview with the newspaper Paris-Normandie that his office had informed Rémy Heitz, the Paris prosecutor, about suggestions from journalists that the recordings Mediapart published might have been taped at the home of Mr. Philippe’s head of security.

But Mr. Philippe said in the interview that the only goal had been to share potentially useful information in the cases against Mr. Benalla, not prompt a separate inquiry into Mediapart.

“No instructions were given to the prosecutor’s office,” Mr. Philippe said. “We never do on individual cases.”

Mr. Heitz’s office did not respond to requests for comment on Friday. Mr. Macron’s office declined to comment, citing the continuing investigations. His government has rejected accusations it had a hand in the attempted search of Mediapart’s offices.

Justice Minister Nicole Belloubet said in Parliament that there had been no “manipulation” of the justice system and that freedom of the press and the protection of journalists’ sources were “cornerstones for our democracy.”

“That is the concept of justice that is supported by this government,” she said.

Delphine Meillet, a lawyer in Paris who specializes in press law, said police raids on the offices of news outlets were “extremely rare” in France, with only a handful of cases in the past few decades. Journalists have a legal right not to reveal their sources.

But Ms. Meillet noted that French prosecutors are not independent. They answer to their hierarchy, the Justice Ministry and, as a result, to the executive. Mr. Macron was much more closely involved in the nomination of the Paris prosecutor than his predecessor, François Hollande.

That puts prosecutors in a difficult spot when the president is connected to an investigation, Ms. Meillet said, especially in this case, because “it’s not just any media that they were going to search.”

Mediapart, an online, subscription-based publication, has garnered a reputation in France for hard-hitting investigations of politicians and other officials, with direct consequences, including the downfall of a budget minister and the opening of an investigation into possible Libyan financing of former President Nicolas Sarkozy’s campaign.

The company’s publisher, Edwy Plenel, said at a news conference after Monday’s attempted search that Mediapart was “violating the privacy of no one” and that it was “publishing information in the public interest.”

Mr. Macron’s political opponents seized on the case as proof of his monarchical leadership and lack of appetite for dissent.

“Intimidations against the press, a law that restricts the right to demonstrate, police violence, antimigrant policies — each day the current administration is shrinking bit by bit the space for fundamental rights in France,” Benoît Hamon, who ran against Mr. Macron as a Socialist in the 2017 presidential elections, said on Twitter.

Mr. Arfi, the Mediapart journalist, said Mr. Macron “hasn’t gotten to the point of calling us ‘enemy of the people,’ but he says we no longer seek the truth,” referring to his criticism of the news media last year, after the accusations against Mr. Benalla were first reported.

Mr. Macron, Mr. Arfi said, “is developing a very worrying contempt for journalism.”

Follow Aurelien Breeden on Twitter: @aurelienbrd.

Juliette Hirsch contributed reporting.

 

Macron’s plan to use troops in Paris protests sparks anger

© AFP

Government bans demonstrations on Saturday in parts of the French capital

Victor Mallet in Paris  MARCH, 23, 2019- Financial Times

Thousands of mostly leftwing demonstrators took to the streets of Paris and other French cities on Saturday for the 19th consecutive Saturday of anti-establishment gilets jaunes protests, undeterred by a show of force from the government of President Emmanuel Macron.

Riot police fired tear gas in several cities to disperse bottle-throwing protesters, including in Lille in the north and Montpellier in the south — and eventually also in Paris at the end of an otherwise peaceful march across the city to the Sacré Coeur basilica in Montmartre.

There were protests in Bordeaux, Toulouse, Nice and La Rochelle.

Asked in Paris why her yellow vest had “unhappy granny” written on the back, 59-year-old Laurence Gonzalvo, a social security administrator who lives in the Pigalle district of the capital, replied: “Because she’s afraid for the future of her children.” She added: “We would like a better share of the wealth . . . Many people live worse than four or five years ago.”

Yann Cardin, a 34-year-old dancer, said during the peaceful part of the Paris march that he and his companion — both carrying white flags as a sign of non-violence — were protesting “to show we won’t give in to the security-minded threats of the government in response to legitimate demands”. The marchers were expressing themselves freely “against a capitalist system that no one wants” he said.

Since the gilets jaunes protests erupted in November as a motorists’ protests against rising fuel prices because of green taxes, Mr Macron and his interior minister Christophe Castaner have struggled to try to bring an end to regular Saturday protests.

The thousands marching to Montmartre waved an eclectic selection of flags — red, white, French, Algerian, Catalan, Breton — and placards with leftwing slogans.

The demonstrations have at times been hijacked by dozens of so-called casseurs (wreckers) and militants of the extreme left and right using “black bloc” tactics to sow havoc while avoiding detection and arrest.

After an exceptionally violent Saturday a week ago during which militants rampaged down the Champs Elysées in central Paris, smashing shop windows and setting fire to Fouquet’s restaurant, Mr Macron ordered a new crackdown for today.

The government sacked the Paris police chief, deployed extra anti-terrorist troops to relieve the police of their duties guarding important buildings, and banned protests in various city centres.

Didier Lallement, the new police chief, deployed 6,000 members of the security forces in the capital on Saturday morning and said the authorities had developed more responsive tactics “so as to immediately stop violence or any destruction”.

Mr Castaner said the new hardline approach had “allowed us to maintain order and avoid excesses” during the latest day of protests. There were 40,500 demonstrators across the country, including 5,000 in Paris, compared with 32,000 the previous week, official figures showed. Protesters say the government’s numbers routinely underestimate the size of the crowds.

Hundreds of demonstrators and police officers have been injured in the confrontations over the past four months.

The movement has been evolving from its origins as a workers’ provincial protest about the cost of living into broader and more traditionally leftwing challenge to a leader perceived as an out-of-touch “president of the rich”.

Mr Cardin, the dancer, said he had demonstrated a week ago in support of action to deal with climate change, which is a cause also championed by Mr Macron. “We agree with the carbon tax. That’s why we weren’t with the gil<ets jaunes at the start,” Mr Cardin said.

Le garde du corps de Macron est un proche de Benalla, spécialiste de «l’effraction» et de «l’infiltration»

22 MARS 2019 PAR FABRICE ARFIANTTON ROUGET ET MARINE TURCHI

MEDIAPART

L’actuel principal garde du corps d’Emmanuel Macron est un proche d’Alexandre Benalla, dont il a poussé au recrutement à l’Élysée dans des conditions dérogatoires. L’homme en question, Christian Guédon, est aussi, d’après son C.V. consulté par Mediapart, un spécialiste dans les « domaines […] de l’effraction et de l’infiltration », ainsi que « des techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules » à des fins judiciaires. 

Dans le jargon de la protection rapprochée, Christian Guédon est « l’épaule » du président de la République. C’est le garde du corps le plus proche du chef de l’État, garant de son intégrité physique dans chacun de ses déplacements. Depuis le début du grand débat national, on le voit, des heures durant, dans l’axe des caméras de la télévision, scrutant les faits et gestes d’Emmanuel Macron au milieu des participants.

Mais Christian Guédon n’est pas qu’un membre dévoué du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). C’est aussi un homme placé par Alexandre Benalla dans des conditions inhabituelles. La preuve définitive que, contrairement aux déclarations de représentants de l’Élysée, Benalla avait bien engagé la refondation de la protection du chef de l’État, en vue de créer une structure à sa main, une « brigade du chef » composée de gendarmes de réserves et d’anciens policiers échappant au contrôle direct du ministère de l’intérieur.

Notre enquête montre que :

  • Christian Guédon a été intégré au sein du GSPR grâce à Alexandre Benalla et dans des conditions dérogatoires aux règles jusqu’ici en vigueur.
  • Spécialisé dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration », Christian Guédon a travaillé pendant plusieurs années pour des sociétés de sécurité privée en Afrique et au Moyen-Orient.
  • Christian Guédon a continué à échanger avec Alexandre Benalla après son départ de l’Élysée. Il s’est même rendu en sa compagnie, à la fin de l’été, chez un trouble intermédiaire syrien domicilié à Paris.

Ancien membre du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), Christian Guédon fut garde du corps d’Emmanuel Macron pendant la présidentielle. Il a d’abord été rémunéré à travers sa société « CGSolution » au lancement d’En Marche! (voir une facture ici), avant de signer un CDI avec le parti le 19 septembre 2016 (voir un bulletin de paie ici).

Il a ensuite travaillé sous l’autorité directe d’Alexandre Benalla à l’embauche officielle de ce dernier en qualité de responsable de la sécurité du mouvement, le 5 décembre 2016. Guédon est « un gars très sérieux », considère-t-on chez LREM.

Mediapart avait raconté en août comment l’ancien gendarme avait ensuite été intégré au Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), alors qu’il avait pourtant quitté la gendarmerie depuis plusieurs années. Sa reprise d’activité avait été jugée irréalisable administrativement par la hiérarchie de la gendarmerie. Mais le président a obtenu gain de cause pour faire entrer Guédon dans l’unité de protection présidentielle.

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla a confirmé le caractère atypique de cette nomination. « Alors même que le recrutement des agents du GSPR ne relève, en théorie, que du chef du GSPR, au moins un agent aurait été recruté au sein du GSPR après avoir été recommandé par Alexandre Benalla », se sont étonnés les sénateurs, dans leur rapport d’information (à retrouver en intégralité ici).

Lors de son audition devant la commission le 19 septembre 2018, Alexandre Benalla n’a pas contesté son rôle dans le recrutement de M. Guédon, tout en le relativisant : « Sans émettre, à proprement parler, un avis, j’ai pu dire le bien que je pensais d’une personne, en soulignant qu’il s’agissait d’un grand professionnel et qu’il serait bon qu’il rejoigne les rangs du GSPR. Ce policier a été soumis aux tests, au processus de sélection normal ; il disposait de toutes les compétences requises, et il a été recruté. »

Guédon a certes été soumis à des tests mais, contrairement à ce que soutient Benalla, son recrutement « n’a pas été fait dans le respect des règles habituellement applicables au GSPR », ont souligné les sénateurs.

Sans remettre en cause les « compétences de ce professionnel », la commission d’enquête a constaté « que le seul fait qu’il ait pu être intégré au sein du dispositif de sécurité du président de la République révèle les limites du cadre réglementaire applicable à l’organisation et à la composition du GSPR, qui ne paraît pas garantir que seuls des policiers et gendarmes d’active [en activité – ndlr] dûment formés et sélectionnés puissent y être nommés ».

Aucun texte ne régit formellement le mode de recrutement des membres du GSPR mais la « pratique constante » imposait jusqu’ici que celui-ci « ne soit composé que de fonctionnaires de police et de militaires de la gendarmerie ». Christian Guédon a, lui, quitté la gendarmerie en 2010 et n’était donc plus en activité dans le service public depuis de longues années.

Quand il était gendarme comme chef d’unité opérationnelle, Christian Guédon avait une spécialité pour le moins particulière. Il a été le « créateur », en 2002, de la « cellule ouverture fine au GIGN ». Sa spécialité : les « techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules à des fins judiciaires », revendique-t-il dans son C.V., consulté par Mediapart. Il forme aussi les agents dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration ». La gendarmerie nous a confirmé l’existence de la « cellule ouverture » du GIGN, ainsi que sa création en 2002.

Fort de cette expérience, Guédon part dans le privé en 2010. « Il avait une solide réputation », explique à Mediapart son premier employeur, Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN ayant cofondé quelques mois plus tôt l’entreprise Gallice Security. Pour cette société, Guédon part en Afrique, où Gallice a des marchés avec plusieurs chefs d’État (Mali, Centrafrique ou encore Gabon).

Frédéric Gallois déclare que M. Guédon assure alors la formation des forces de sécurité gabonaises avant la coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2012. « Nous avons utilisé plusieurs instructeurs en free lance. Christian Guédon en faisait partie », explique-t-il. S’est-il appuyé sur son savoir-faire en « ouvertures discrètes » « Non, il s’est occupé de choses très simples, comment organiser un convoi, comment organiser une équipe de sécurité. Toute personne qui sort du GIGN maîtrise ces standards de sécurité », détaille M. Gallois.

Christian Guédon change ensuite d’employeur et bourlingue à travers le monde : de la « contre-piraterie maritime » dans l’océan Indien pour la société Triskel, enregistrée à Londres et opérant depuis Djibouti, des opérations de sécurité électronique au Qatar, etc. En 2013, Guédon assure une formation de sniper en Arabie saoudite.

Depuis 2011, « nous l’avions perdu de vue, avant de le voir réapparaître au GSPR », explique Frédéric Gallois.

 

Le garde du corps de Macron est un proche de Benalla, spécialiste de «l’effraction» et de «l’infiltration»

22 MARS 2019 PAR FABRICE ARFIANTTON ROUGET ET MARINE TURCHI

L’actuel principal garde du corps d’Emmanuel Macron est un proche d’Alexandre Benalla, dont il a poussé au recrutement à l’Élysée dans des conditions dérogatoires. L’homme en question, Christian Guédon, est aussi, d’après son C.V. consulté par Mediapart, un spécialiste dans les « domaines […] de l’effraction et de l’infiltration », ainsi que « des techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules » à des fins judiciaires. 

Dans le jargon de la protection rapprochée, Christian Guédon est « l’épaule » du président de la République. C’est le garde du corps le plus proche du chef de l’État, garant de son intégrité physique dans chacun de ses déplacements. Depuis le début du grand débat national, on le voit, des heures durant, dans l’axe des caméras de la télévision, scrutant les faits et gestes d’Emmanuel Macron au milieu des participants.

Mais Christian Guédon n’est pas qu’un membre dévoué du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). C’est aussi un homme placé par Alexandre Benalla dans des conditions inhabituelles. La preuve définitive que, contrairement aux déclarations de représentants de l’Élysée, Benalla avait bien engagé la refondation de la protection du chef de l’État, en vue de créer une structure à sa main, une « brigade du chef » composée de gendarmes de réserves et d’anciens policiers échappant au contrôle direct du ministère de l’intérieur.

Notre enquête montre que :

  • Christian Guédon a été intégré au sein du GSPR grâce à Alexandre Benalla et dans des conditions dérogatoires aux règles jusqu’ici en vigueur.
  • Spécialisé dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration », Christian Guédon a travaillé pendant plusieurs années pour des sociétés de sécurité privée en Afrique et au Moyen-Orient.
  • Christian Guédon a continué à échanger avec Alexandre Benalla après son départ de l’Élysée. Il s’est même rendu en sa compagnie, à la fin de l’été, chez un trouble intermédiaire syrien domicilié à Paris.

Ancien membre du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), Christian Guédon fut garde du corps d’Emmanuel Macron pendant la présidentielle. Il a d’abord été rémunéré à travers sa société « CGSolution » au lancement d’En Marche! (voir une facture ici), avant de signer un CDI avec le parti le 19 septembre 2016 (voir un bulletin de paie ici).

Il a ensuite travaillé sous l’autorité directe d’Alexandre Benalla à l’embauche officielle de ce dernier en qualité de responsable de la sécurité du mouvement, le 5 décembre 2016. Guédon est « un gars très sérieux », considère-t-on chez LREM.

Mediapart avait raconté en août comment l’ancien gendarme avait ensuite été intégré au Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), alors qu’il avait pourtant quitté la gendarmerie depuis plusieurs années. Sa reprise d’activité avait été jugée irréalisable administrativement par la hiérarchie de la gendarmerie. Mais le président a obtenu gain de cause pour faire entrer Guédon dans l’unité de protection présidentielle.

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla a confirmé le caractère atypique de cette nomination. « Alors même que le recrutement des agents du GSPR ne relève, en théorie, que du chef du GSPR, au moins un agent aurait été recruté au sein du GSPR après avoir été recommandé par Alexandre Benalla », se sont étonnés les sénateurs, dans leur rapport d’information (à retrouver en intégralité ici).

Lors de son audition devant la commission le 19 septembre 2018, Alexandre Benalla n’a pas contesté son rôle dans le recrutement de M. Guédon, tout en le relativisant : « Sans émettre, à proprement parler, un avis, j’ai pu dire le bien que je pensais d’une personne, en soulignant qu’il s’agissait d’un grand professionnel et qu’il serait bon qu’il rejoigne les rangs du GSPR. Ce policier a été soumis aux tests, au processus de sélection normal ; il disposait de toutes les compétences requises, et il a été recruté. »

Guédon a certes été soumis à des tests mais, contrairement à ce que soutient Benalla, son recrutement « n’a pas été fait dans le respect des règles habituellement applicables au GSPR », ont souligné les sénateurs.

Sans remettre en cause les « compétences de ce professionnel », la commission d’enquête a constaté « que le seul fait qu’il ait pu être intégré au sein du dispositif de sécurité du président de la République révèle les limites du cadre réglementaire applicable à l’organisation et à la composition du GSPR, qui ne paraît pas garantir que seuls des policiers et gendarmes d’active [en activité – ndlr] dûment formés et sélectionnés puissent y être nommés ».

Aucun texte ne régit formellement le mode de recrutement des membres du GSPR mais la « pratique constante » imposait jusqu’ici que celui-ci « ne soit composé que de fonctionnaires de police et de militaires de la gendarmerie ». Christian Guédon a, lui, quitté la gendarmerie en 2010 et n’était donc plus en activité dans le service public depuis de longues années.

Quand il était gendarme comme chef d’unité opérationnelle, Christian Guédon avait une spécialité pour le moins particulière. Il a été le « créateur », en 2002, de la « cellule ouverture fine au GIGN ». Sa spécialité : les « techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules à des fins judiciaires », revendique-t-il dans son C.V., consulté par Mediapart. Il forme aussi les agents dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration ». La gendarmerie nous a confirmé l’existence de la « cellule ouverture » du GIGN, ainsi que sa création en 2002.

Fort de cette expérience, Guédon part dans le privé en 2010. « Il avait une solide réputation », explique à Mediapart son premier employeur, Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN ayant cofondé quelques mois plus tôt l’entreprise Gallice Security. Pour cette société, Guédon part en Afrique, où Gallice a des marchés avec plusieurs chefs d’État (Mali, Centrafrique ou encore Gabon).

Frédéric Gallois déclare que M. Guédon assure alors la formation des forces de sécurité gabonaises avant la coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2012. « Nous avons utilisé plusieurs instructeurs en free lance. Christian Guédon en faisait partie », explique-t-il. S’est-il appuyé sur son savoir-faire en « ouvertures discrètes » « Non, il s’est occupé de choses très simples, comment organiser un convoi, comment organiser une équipe de sécurité. Toute personne qui sort du GIGN maîtrise ces standards de sécurité », détaille M. Gallois.

Christian Guédon change ensuite d’employeur et bourlingue à travers le monde : de la « contre-piraterie maritime » dans l’océan Indien pour la société Triskel, enregistrée à Londres et opérant depuis Djibouti, des opérations de sécurité électronique au Qatar, etc. En 2013, Guédon assure une formation de sniper en Arabie saoudite.

Depuis 2011, « nous l’avions perdu de vue, avant de le voir réapparaître au GSPR », explique Frédéric Gallois.