Pourquoi François Fillon peut encore gagner

FIGAROVOX/TRIBUNE- Le premier tour des élections présidentielles aura lieu dans six semaines. Pour Étienne Dujardin, Emmanuel Macron peut s’effondrer et François Fillon pourrait l’emporter.

Etienne Dujarin est un juriste belge. Il publie fréquemment des chroniques dans les médias en Belgique.

Beaucoup de journalistes avaient enterré Fillon depuis longtemps. D’abord, il ne gagnerait jamais les primaires, ensuite il ne résisterait pas aux révélations du Canard Enchainé, enfin il ne survivrait pas à l’annonce de sa mise en examen. Et bien, il est toujours là et il peut gagner cette élection pour plusieurs raisons.

Sa force de caractère, tout d’abord, a impressionné tout le monde jusqu’à ses adversaires politiques. Aucun autre candidat n’aurait résisté à une telle séquence. Imaginez Monsieur Macron devoir subir un tel contretemps dans sa campagne… L’ancien banquier d’affaires aurait eu du mal à conserver un socle électoral autour de 20% en pleine tempête médiatique. Dimanche dernier, le Trocadéro était noir de monde en 3 jours de temps. Même Nicolas Sarkozy, en 2012, à la veille d’un second tour et avec bien plus de préparation, n’avait réussi un tel pari. François Fillon peut s’appuyer sur la force de cette réussite au Trocadéro en n’étant plus seulement le candidat des réformes et de la rigueur mais en jouant la carte du rebelle qui tient face au système. Il apparaît aujourd’hui comme le candidat capable de donner une claque à la caste médiatique qui le voyait hors course. En cette période, où triomphent le Brexit et Trump, devenir le candidat anti-système – à tort ou à raison – pourrait le renforcer dans les semaines qui viennent. Les premiers sondages post-rassemblement de dimanche dernier montrent déjà un premier sursaut du candidat de la droite.

Une campagne, c’est donner de l’espoir et le candidat doit s’améliorer à ce niveau.

Pour réussir cette prouesse de gagner les élections contre toute attente, le candidat de droite doit toutefois repartir en campagne au plus vite. Il doit enchaîner les meetings, les propositions, et faire tourner le débat autour de ses thèmes de campagne et non plus autour de sa mise en examen. Le corps électoral qui lui est resté fidèle, l’est resté non pour défendre sa personne mais pour un programme qu’il ne veut pas voir édulcoré. Un candidat de droite ne gagne pas une élection au centre, mais à droite, surtout lorsque l’extrême droite réalise entre 25% et 30% des voix selon les enquêtes d’opinion. Dans une France qui se droitise toujours plus, François Fillon ne peut gagner qu’en soulevant les thèmes de prédilection de la droite qui parlent à la classe moyenne et populaire: immigration, sécurité, identité, baisse des charges, innovation, soutien des PME, soutien des agriculteurs et des artisans, fin du règne des idéologues qui trustent les programmes pédagogiques… Il ne peut gagner que s’il propose une équipe cohérente pour mener à bien son programme et s’il émet des messages positifs. On pense au fameux slogan de Sarkozy en 2007: «Travailler plus pour gagner plus». Une campagne, c’est en effet donner de l’espoir et le candidat doit s’améliorer à ce niveau. Il pourrait notamment insister davantage sur la libération des énergies qu’il veut provoquer face aux normes et contraintes administratives toujours plus fortes. Il reste de nombreuses semaines d’ici au premier tour, il reste notamment les débats télévisés qui ont révélé François Fillon lors des primaires et qui pourront lourdement peser dans la balance s’ils sont réussis avant le premier tour.

Emmanuel Macron doit faire attention à ne pas passer du candidat du renouveau au candidat qui recycle.

Quant à Macron, rien n’est encore joué. Ce dernier pourrait en effet aussi être atteint par certaines affaires. On pense à ses dépenses lors de son passage au ministère de l’économie ou à son évitement de l’ISF, alors qu’il a gagné plusieurs millions d’euros en tant que banquier d’affaires. Les Français attendent certainement une clarification du candidat à ce sujet. De plus, Emmanuel Macron n’a jamais été élu à la moindre élection et ne dispose pas d’un parti. Or, pouvoir compter sur une organisation bien huilée, avec des élus présents sur tout le territoire, capables de défendre le candidat dans les médias et d’organiser de multiples meetings sur le terrain, est un sérieux avantage. Macron a-t-il la base militante nécessaire pour tenir une élection dans la durée? Et l’ancien ministre de Hollande a-t-il les moyens de mettre son programme en action une fois élu? A mon sens, la réponse est non, car il n’aura pas, par la suite, la majorité nécessaire au parlement pour pouvoir passer ses réformes. Les Français trouvent le candidat d’En Marche! sympathique, jeune, porteur d’un certain renouveau, mais vont-ils vraiment voter pour lui sachant qu’il ne pourra ensuite pas mettre son programme en œuvre, faute de majorité parlementaire et qu’il devrait composer en permanence avec les différents partis présents au parlement? Par ailleurs, et ces derniers jours sont très révélateurs, Emmanuel Macron doit faire attention à ne pas passer du candidat du renouveau au candidat qui recycle principalement d’anciennes figures politiques en mal de troupe. Comment concilier le soutien de Robert Hue et de François Bayrou, celui d’Alain Minc et de Bertrand Delanoë? Sur quelle ligne politique toutes ces personnes peuvent-elles se retrouver? Il n’est pas sûr également que le soutien de beaucoup d’anciens ministres de François Hollande, voire du Président lui-même, fasse beaucoup de bien au candidat en termes de sondage. Cela risque au contraire de brouiller sa ligne politique et de l’affaiblir. Ses adversaires ne manquent d’ailleurs déjà pas d’insister sur le fait qu’il serait le candidat chargé de poursuivre le quinquennat précédent.

Bref, à l’opposé de la thèse la plus répandue dans le microcosme médiatique, l’élection française 2017 aura été certainement celle qui a connu le plus de rebondissements dans l’histoire et les semaines qui arrivent amèneront encore leur lot de surprises.

he Dutch Elections: An Example of Failed Political Institutions

Les élections des Pays-Bas: L’échec de ses institutions politiques

 

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

 

We have been working on these same issues for years as a result of which we have many articles to our name and a book published by Palgrave MacMillan entitled « Proportional Westerne Europe: The Failure of Governance. »  (2013)

This short text is an introduction to several articles on the next Dutch elections. 

The main reason for the breakdown of democracies is their political institutions and in particular the use of proportional election systems to translate vote into seats.  There are a number of reasons for this.

The two main reasons are the  » influence structure » such as trade unions or organized religion and this is evident in the Dutch case.

 The second is the « welcome structure for the protest vote » which is a result of traditional political parties not bieng able to work together and there being no clear alternative.  

 The Netherlands has both catholics and protestants and up to sixties it had a stable political life.  There was one Catholic Party whereas the protestants were divided into three small parties.

Then came Vatican II. It had quite an unexpected effect on the Netherlands. The Catholic workers members of the Catholic trade union considered that time had come for them to change, move on. Meetings were held and they preached house to house in order to accomplish the Popes wishes. Civilians had to work had in hand with the priests all guided by this religious fervor. For example, during the meetings discussions covered all issues such as homosexuality which, for the times, was revolutionary.

How did this affect the Catholic Party?  From the 60’s onwards the vote for the Catholic Party droppped spectacularly and at a certain point it had to merge with two of the protestant parties which were very small.  This signalled the breakdown of the Dutch party system.

 Dutch elections: all you need to know

After Brexit vote and Trump win, presence of anti-Islam, anti-EU Geert Wilders is drawing global attention to 15 March vote by Jon Henley.

Thursday 2 March 2017 08.17 GMT

What’s the story and why is it important?

The Netherlands holds parliamentary elections on 15 March. Polls have long predicted that the anti-Islam, anti-EU Geert Wilders’ populist Party for Freedom (PVV) could emerge as the country’s largest party, although Wilders is thought unlikely to enter government.

After Britain’s EU referendum and the election of Donald Trump in the US (read more on the connections between the two here and here), a PVV victory could be seen as fitting a developing narrative of nativist, anti-establishment movements on the rise.

The probable strong showing by the far-right Front National leader, Marine Le Pen, in May’s French presidential poll reinforces this view (the Guardian’s French election coverage is here). Some observers believe the EU’s future is in play.

How are you voting in the Dutch elections?

What’s the political landscape and how does the system work?

There are 150 MPs in the Dutch parliament, meaning a government needs 76 seats to form a majority. No single party ever manages this and the Netherlands has been governed by coalitions for more than a century.

Parliament is elected by proportional representation in a single, nationwide constituency – which means that any party that wins 0.67% of the national vote is assured of a seat (key facts about the Dutch electoral system here).

Dutch politics have been marked in recent decades by a sharp decline in support for the three main parties of government from the centre-right and left. Their share of the vote has shrunk from more than 80% in the 1980s to a projected 40% this year.

This is a trend visible across Europe; see more about it here. In the Netherlands, it has been paralleled by a proliferation of smaller special interest parties: no fewer than 28 of them, many new, are contesting this election. As many as 14 are forecast to win seats, including eight with 10 or more MPs.

It is this fragmentation of the vote, rather than a big increase in support, that could see the PVV become the largest party. The movements that produced Brexit and Trump won about half the vote; Wilders’ is forecast to get below 20% (more from the Peilingwijzer poll aggregator here).

Who is Wilders and what does he want?

Wilders was elected a Liberal VVD party MP 19 years ago, then became an independent before founding the PVV in 2006 – a party defined mostly by its virulent opposition to Islam and what it describes as the Islamisation of the Netherlands. We have profiled him here.

Wilders was found guilty of inciting discrimination against Dutch Moroccans last December and at his campaign launch denounced “Moroccan scum who make the streets unsafe”. He lives under 24-hour police protection.

The PVV is not a normal party; Wilders is its only member. Its one-page election manifesto (in English here) promises mainly anti-Muslim measures such as closing mosques and Islamic schools, banning sales of the Qur’an and barring Muslim migrants.

It also pledges to withdraw the Netherlands from the EU, close Dutch borders, and spend more on security and defence and less on wind power and foreign aid. Several proposals breach international law and the Dutch constitution.

Which other parties are standing?

The VVD of prime minister Mark Rutte, on target for between 23 and 27 seats, and its coalition partner, the centre-left Labour party (PvdA), are on course to lose 30% and 70% of their MPs respectively.

Medium-sized parties likely to win between 10 and 20 seats are the Christian democrats (CDA) and liberal-progressive D66, both parties of government since the 1960s, plus the more radical Socialist party (SP) and fast-growing Green-Left (GL), likely to quadruple its MPs. More about the main Dutch political parties here.

Smaller parties forecast to win fewer than 10 seats include two religious parties; the Party for Animals (PvdD); the 50Plus party for pensioners; the anti-EU Forum for Democracy (FvD); and Denk (Think), which courts mainly Muslim immigrants.

And there’s a party called Niet Stemmers (Non-Voters) for the 25% of Dutch voters who are expected to abstain. It promises that its MPs – should it get any – will not vote in parliament either.

What are the issues?

Unemployment is at a five-year low and economic growth is at 2.3%: the fundamentals of the Dutch economy are recovering well. (The Dutch government’s economic policy bureau has more on that here).

Refugees remain a concern, but less so than during the peak of Europe’s crisis in 2015. About 31,000 asylum seekers registered in the Netherlands last year, far fewer than the 90,000-plus the government predicted.

Immigration – and integration – are a big issue. (You can read a thorough, if not completely up to date, review of Dutch immigration issues here.) Wilders talks of “Henk and Ingrid”, an imaginary Dutch couple suffering at the hands of a corrupt political elite, a despotic EU and – of course – entitled Muslim immigrants.

His influence, the fact Rutte has also demanded migrant communities conform to Dutch norms, and Europe’s current political climate mean the dominant themes inevitably include multiculturalism, globalisation, sovereignty, Dutch values, and how far the EU works – or doesn’t work – for the Netherlands.

Who will win the most seats?

The overwhelming majority of polls since summer 2015 have shown the PVV narrowly ahead of the VVD.

But Wilders’ support appears to be fading: the Peilingwijzer suggests the PVV has shed three to four seats in the past month and is now on about 16% of the vote – level with Rutte’s party at best, and on a downward trend.

This would be consistent with past elections, when the PVV was ahead until the final weeks. But polls also indicate more than half of voters could yet change their minds.

What happens if Wilders does win the most seats?

The PVV may not get the chance to try to form a government even if it does become the largest party. Under the Dutch system, the new parliament appoints an “informateur”, usually a senior politician, to explore likely coalitions.

Since the VVD and all main parties to its left have pledged not to work with Wilders (and Wilders has pledged not to work with Rutte), it is hard to see how the PVV – even with 30-plus seats – would be capable of convincing 46 more MPs to join it in government.

Wilders has said his exclusion would spark a revolution, but it would not be the first time the Netherlands’ largest party has been shut out: it has happened three times to the PvdA, including once when it won more than a third of the vote.

So it is unlikely Wilders will end up in government. He may not even try: in 2010, the PVV propped up a minority Rutte government, but quit abruptly two years later. Many expect Wilders to prefer to remain an outsider rather than compromise.

So what might the government look like?

The SP has said it will not work with the VVD, which complicates matters. But probable permutations revolve around the mainstream VVD, PvdA, CDA and D66 parties, with the addition of one or more smaller parties. The fast-advancing GL could prove a key player.

Polls suggest at least five parties will be needed to form a government without the PVV. Although this time the differences between several possible coalition partners are not major, the coalition-forming process could take some time: the average in the Netherlands is three months.

  • This article was amended on 3 March 2017. An earlier version said the movements that produced Brexit and Trump won “more than half the vote”; Trump won 46.1% of the popular vote.
  • Pays-Bas : des élections marquées par l’atomisation de l’électorat.  Par Romaric Godin  |  07/03/2017, 16:26

La Tribune

La campagne a commencé pour le premier ministre néerlandais (VVD parti libéral-démocrate). (Crédits : Reuters/ Michael Kooren)13 millions de Néerlandais sont appelés à renouveler la chambre basse du parlement le 15 mars. Outre le renforcement de l’extrême-droite, le scrutin devrait être marqué par une fragmentation de l’électorat qui ne rendra pas aisée la constitution d’une coalition.

Il reste désormais un peu plus d’une semaine avant les élections législatives aux Pays-Bas qui se tiendront le 15 mars. Cette élection est perçue comme un scrutin à haut risque par plusieurs observateurs en raison de la progression du parti d’extrême-droite PVV (Partij voor de Vrijheid – parti pour la liberté) de Geert Wilders, allié indéfectible du Front National français, ouvertement islamophobe, xénophobe et europhobe. Certains ont même agité le spectre d’un éventuel « Nexit », une sortie des Pays-Bas de l’Union européenne dans la foulée. Mais ce scénario semble hautement improbable.

Certes, le PVV est historiquement au plus haut. Lors du scrutin de septembre 2012, il avait recueilli 10,08 % des voix et était arrivé en troisième position. Les derniers sondages disponibles le donnent en deuxième position derrière le parti libéral-démocrate VVD du premier ministre Mark Rutte entre 14,4 % et 16 %. Ceci peut paraitre beaucoup, mais, en juin 2010, le PVV avait déjà recueilli 15,7 % des voix. Il retrouve donc son ancien point haut électoral, mais on est loin d’un « raz-de-marée » et le PVV n’est clairement pas en mesure de former un gouvernement avec un tel score, puisqu’il ne dispose d’aucun allié dans le paysage politique.

Un PVV en perte de vitesse

Surtout, le PVV semble plutôt sur le reculoir ces dernières semaines (il a longtemps été en tête des sondages) alors même que, en 2012, les sondages avaient surestimé son score. Plusieurs éléments freinent l’avancée du PVV. D’abord, ce dernier s’est enfermé durant la campagne dans un discours xénophobe et islamophobe qui réduit sa base électorale. D’autant que les partis de droite ont également axé leur campagne sur la sécurité et l’immigration, tout en prétendant défendre les « valeurs des Pays-Bas », pour reprendre les paroles de Mark Rutte.

Son discours eurosceptique peut séduire certains, mais les Pays-Bas demeurent un pays d’épargne et d’exportation et la sortie de l’UE et de la zone euro effraie une grande partie de la population. Certes, comme l’a montré le référendum de l’an passé qui a rejeté l’accord d’association avec l’Ukraine, notamment à la faveur d’une forte abstention, l’UE n’est pas populaire, elle est jugée trop lointaine, trop bureaucratique. Mais les Néerlandais souhaitent sans doute davantage une UE réformée dans un sens plus libéral que pas d’UE du tout. Un point de vue que la masse des partis traditionnels, des travaillistes sociaux-démocrates aux libéraux, défendent tous.

Enfin, le programme du PVV est très léger et il peine à convaincre en dehors de ses cercles habituels une fois la campagne lancée. D’autant que l’identité revendiquée par Geert Wilders avec Donald Trump ne l’a guère avantagé. Au final, le PVV ne semble pas devoir atteindre les 30 sièges sur 150 qu’on lui promettait cet automne et devra se contenter de 21 à 25 sièges.

Fragmentation de l’électorat

Même en tête du scrutin au soir du 15 mars, il faudra donc se garder de voir dans cette élection une « victoire » de Geert Wilders. Le principal fait nouveau de cette élection risque d’être ailleurs, principalement dans la fragmentation extrême de l’électorat. Certes, ce fait n’est pas nouveau. En 2012, on comptait 11 partis représentés à la Seconde Chambre des Etats-Généraux, la chambre basse du parlement. Cette fois, il pourrait y en avoir 13, mais la différence sera que, contrairement aux habitudes, aucune « grande force » ne devrait se dégager. En 2012, les travaillistes du PvdA et le VVD cumulaient 51,4 % des voix. Cette fois, les deux premiers partis ne devraient pas faire mieux que 35 %. La part des voix réparties dans les 11 autres partis sera donc importante et les scores des uns et des autres risquent alors d’être très proches, ce qui, du reste, rend les sondages assez peu fiables et très divergents.

Défaite annoncée de la coalition sortante

Le premier élément fort de ce scrutin sera d’abord la volonté de sanctionner la coalition sortante entre travaillistes et libéraux. Selon les derniers sondages, les deux partis ne devraient pas cumuler plus que 26 % des voix, soit près de la moitié du score de 2012. Le VVD de Mark Rutte pourrait terminer en tête encore cette année, pour la troisième fois de suite, mais il perdra néanmoins pas moins de 10 points et entre 12 et 16 sièges. Quant au PvdA social-démocrate, il n’a pas résisté à son alliance avec les Libéraux-démocrates et à l’application d’une politique d’austérité sévère. De 25 % des voix et 38 sièges, le parti, traditionnellement un des plus puissants de la politique néerlandaise, est donné entre 7 et 9 % des voix et pas plus de 10 à 14 sièges…

Un bilan économique en demi-teinte

Dans les deux cas, la facture est sévère. Certes, la croissance est revenue aux Pays-Bas, et elle est assez soutenue en 2016 (+2,1 %) après celle de 2015 (+2 %). Parallèlement, le déficit public est passé de -5,4 % en 2009 à -1,9 % en 2015. Mais l’effet de la crise et de l’austérité se font encore sentir dans le pays. Sur le moyen terme, la performance néerlandaise reste modérée. De 2010 à 2016, le PIB a progressé de 6,1 %, soit autant que la France (6 %). Rapportés par habitant en parité de pouvoir d’achat, le PIB néerlandais a crû au cours de la législature, c’est-à-dire depuis 2012, de 4,8 % contre 7,4 % pour la France.

Si le taux de chômage est revenu en moyenne en 2016 à 6 % après avoir atteint 7,3 % en 2013, il reste historiquement élevé selon les critères néerlandais. Avant 2013, il faut remonter à 1997 pour voir un tel taux de chômage. Entre 2008 et 2015, le pays a connu 312.000 personnes de plus en risque de pauvreté, alors que, par exemple la France n’en compte que 103.000 de plus avec une population cinq fois supérieure. Et si le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités, reste un des plus faibles de l’UE, il a progressé nettement au cours des dernières années, passant de 25,4 en 2012 à 26,7 en 2015.

Les petits partis en hausse

Tout ceci concourt naturellement à un sentiment de déclassement de la population néerlandaise qui ne fait que sortir de la crise. On comprend mieux que l’électorat se détourne des partis au pouvoir et se sente perdu politiquement. Au profit de quels partis ? Les partis traditionnels d’opposition comme les Chrétiens-démocrate du CDA profitent en partie de ce désaveu : ce parti est donné entre 10 % et 14 % contre 8,5 % en 2012. Même constat pour les sociaux-libéraux de D66 donnés à 11-12 % contre 8 % en 2012. A gauche, c’est la gauche écologiste de GroenLinks, pro-européenne, qui tire son épingle du jeu, avec 9 à 11 % des intentions de vote contre 2,3 % en 2012. En revanche, le parti socialiste (SP), parti de gauche eurosceptique, se tasse et pourrait rester proche de 9,8 % de 2012 (les sondages lui donnent entre 7 % et 11 %). Enfin, tous les petits partis devraient fortement progresser : les animalistes du PvdD (1,9 % en 2012), les retraités de 50+ (1,9 % en 2012) et les protestants de la ChristenUnie (3,1 % en 2012) pourraient atteindre ou dépasser les 4 %. Enfin, de nouveaux venus comme le parti des immigrés Denk ! pourraient faire son entrée au parlement. Le mode de scrutin, une proportionnelle intégrale sans seuil d’entrée, favorisera encore cette dispersion des voix et des élus.

Avec qui gouverner ?

Devant une scène politique aussi atomisée, constituer un gouvernement ne sera pas tâche aisée. Mark Rutte devrait pouvoir recevoir du roi Guillaume-Alexandre cette charge comme leader du parti le plus représenté à la Deuxième-Chambre, mais atteindre les 76 députés pour construire une majorité sera une gageure. Si le « cordon sanitaire » à l’encontre du PVV est maintenu, ce qui est très probable dans un premier temps, la coalition devra comporter beaucoup d’alliés. Or, la campagne de Mark Rutte a été très à droite, insistant sur la sécurité, la maîtrise des migrations et le libéralisme économique, afin de contenir Geert Wilders. Cela rendra une alliance plus difficile.

Tradition de la coalition

Certes, les Pays-Bas sont habitués aux compromis politiques et aux alliances, souvent à trois. De 2010 à 2012, par exemple, VVD et CDA gouvernaient sous la tolérance du PVV. Entre 2007 et 2010, la majorité incluait CDA, travaillistes et ChristenUnie qui avaient remplacé D66. On a même vu des alliances à cinq dans les années 1970. Or, si les sondages voient juste, il faudra sans doute cette fois inclure de quatre à cinq partis pour faire une majorité. Cette majorité sera-t-elle solide ? Rien n’est moins sûr. Une chose l’est cependant : le Nexit n’est pas pour demain dans la mesure où le PVV restera dans l’opposition. Mais son influence pourrait peser sur le futur gouvernement. Soumis à la critique externe du PVV, Mark Rutte risque de durcir son discours sur les migrations, l’évolution de la zone euro, la dette grecque ou le Brexit. L’UE va donc devoir compter avec cette nouvelle donne néerlandaise.

Dans l’article suivant l’on traite la question des élections de 2012 avec leurs résultats à l’opposé des prédictions faites pour 2017.

Nette victoire des partis pro-européens aux élections législatives aux Pays-Bas

Fondation RobertSchuman _ Observtoire des Élections en Europe

Pays-Bas – Législatives

13/09/2012

 

Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte est arrivé en tête des élections législatives le 12 septembre aux Pays-Bas. Le VVD, parti libéral, a recueilli 26,5% des suffrages, soit le résultat le plus élevé de son histoire, et a obtenu 41 sièges (+10 par rapport au dernier scrutin législatif du 9 juin 2010). « C’est une victoire exceptionnelle parce qu’il est le chef de file du plus grand parti au pouvoir. Il y a beaucoup de pays européens où les dirigeants ont perdu des élections lors de cette crise » analyse Andre Krouwel, politologue à l’université libre d’Amsterdam. Le VVD a devancé de peu le Parti du travail (PvdA) de Diederik Samsom, qui a obtenu 24,7% des voix et 39 sièges (+ 9).
La campagne électorale centrée sur la crise avait tout d’abord profité aux forces d’opposition les plus radicales et hostiles à l’Union européenne (Parti socialiste et Parti de la liberté). Ces derniers jours cependant, les choses avaient évolué et les partis pro-européens avaient regagné du terrain. Ensemble, les libéraux et les travaillistes rassemblent 80 sièges, soit la majorité absolue à la Chambre des Etats généraux, chambre basse du Parlement.
Les partis populistes ont essuyé un net revers. A droite, le Parti de la liberté (PVV) a recueilli 10,1% des suffrages et obtenu 15 sièges (- 9). « Notre combat est plus que jamais nécessaire aux Pays-Bas. Les problèmes ne feront que croître et les meilleures années du PVV sont devant nous » a déclaré son leader Geert Wilders. Le Parti socialiste, parti d’extrême gauche dirigé par Emile Roemer, a obtenu 9,6% des voix et 15 sièges (=), soit en dessous de la performance que lui prédisaient les enquêtes d’opinion il y a encore quelques semaines.
L’Appel chrétien-démocrate (CDA) a enregistré le plus faible résultat de son histoire : 8,5% des suffrages et 13 sièges (- 8). Son leader Sybrand van Haersma Buma avait anticipé cette défaite, indiquant que le rétablissement de son parti, en baisse constante dans les urnes depuis bientôt 10 ans, prendrait plusieurs années.
Les Démocrates 66 (D66) d’Alexander Pechtold ont recueilli 7,9% des voix et 12 sièges (+ 2). Enfin, la Gauche verte (GL), parti écologiste conduit par Jolande Sap, a reculé, obtenant 2,3% des voix et 3 sièges (- 7).
La participation a été légèrement plus faible que celle enregistrée lors des dernières élections législatives du 9 juin 2010 (- 1,6 point) et s’est élevée à 73,8%.

Source : quotidien Volkstrant
(
http://verkiezingen.volkskrant.nl/uitslag/resultaten.html)
Les libéraux (VVD) n’ont donc pas in fine souffert du soutien parlementaire apporté par le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders au gouvernement, ni de la crise. Le VVD, qui a affiché durant la campagne électorale une plus grande fermeté à l’égard des Etats du sud de l’Europe (« Nous poursuivrons notre proche collaboration avec l’Allemagne et la Finlande pour combattre la crise de l’euro. La Grèce et les autres doivent tenir leurs promesses, ou alors nous ne pouvons pas les aider » a déclaré Mark Rutte le 12 septembre), reste pour les Néerlandais le plus capable de diriger les Pays-Bas et de faire respecter le pays au sein de l’Union. « Demain, nous nous mettrons au travail : un gouvernement stable doit être formé au plus vite aux Pays-Bas et je vais y travailler, avec vous, pour que les Pays-Bas sortent plus fort de la crise » a déclaré le Premier ministre.

Le leader travailliste Diederik Samsom a réussi son pari de redresser son parti et a finalement devancé le Parti socialiste, longtemps donné gagnant du scrutin. Il avait déclaré avant le vote qu’il ne renoncerait à son siège de député que pour le poste de Premier ministre. Pourtant le 12 septembre, il a affirmé : « Les Pays-Bas ont besoin d’un gouvernement stable aussi tôt que possible. Nous souhaitons y participer du moment que les résultats de ce soir sont fidèlement représentés dans son programme du nouveau gouvernement« . « Beaucoup doutaient qu’en si peu de temps, les Pays-Bas repasseraient du populisme à l’honnêteté en reconnaissant que les moments difficiles imposent des choix difficiles. Nous devons aux électeurs de travailler ensemble. Ce pays n’a pas besoin de polarisation mais de cohésion pour les 5 années qui viennent. Pas de divisions, mais de l’unité » a-t-il ajouté.
« Totalement inconnu il y a quelques semaines, le nouveau chef des travaillistes s’est montré brillant dans les débats. Il joue sur sa « normalité » comme le président français François Hollande. Il dit: « Regardez la France ! Ce sera dur, mais c’est comme ça qu’il faut faire »  » a souligné Andre Krouwel.

Mark Rutte devrait conserver son poste de Premier ministre, fonction qui revient traditionnellement au leader du parti arrivé en tête du scrutin. La reine Beatrix, qui jusqu’alors désignait l’informateur – personnalité chargée de travailler à la formation du gouvernement à l’issue des élections législatives – a été privée de cette compétence qui revient désormais à la Chambre des Etats généraux.
Agé de 45 ans, Mark Rutte est diplômé d’histoire. Il a commencé sa carrière professionnelle chez Unilever où il s’est occupé de ressources humaines avant de devenir en 2002 secrétaire d’État à l’Emploi et à la Sécurité sociale dans le gouvernement dirigé par Jan Peter Balkenende (CDA). En 2004, il est nommé secrétaire d’État à la Formation professionnelle et à l’Enseignement supérieur. En 2006, il prend la tête du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) qu’il conduit, le 9 juin 2010, à la victoire aux élections législatives. Il devient, 4 mois plus tard, le premier chef de gouvernement libéral depuis 1913.

Avant le scrutin, Diederik Samsom et Mark Rutte avaient exclu le parti d’une coalition violette (nom donné à l’union des libéraux et des travaillistes) mais les résultats rendent cependant quasi inévitables leur rapprochement et leur association au sein d’une coalition gouvernementale. « L’union des libéraux et des travaillistes, tous deux pro-européens, dans une coalition de gouvernement est probable au prix de concessions sur leurs programmes électoraux. Les Néerlandais veulent la stabilité. La coalition violette a été très efficace entre 1994 et 2002. En temps de crise, ce sera plus difficile, mais c’est peut-être la seule manière d’imposer des réformes structurelles importantes » a souligné Andre Krouwel.
Libéraux et travaillistes s’affrontent cependant sur leur vision de l’Europe : les premiers sont partisans de la poursuite d’une politique de grande rigueur quand les seconds critiquent l’austérité imposée par Bruxelles. Les Néerlandais ont en tout cas dit le 12 septembre un « oui » décisif à l’Europe.

 

 

L’esprit du droit et la gouvernance

Bernard Owen

Dans ma jeunesse l’on étudiait,  pendant les deux premières années, le droit romain. J’ai trouvé cela passionnant mais 2000 ans plus tard je remarque que certains de nos juristes appliquent le droit sans esprit critique car là nous parlons politique.

L’on peut discuter âprement sur la compétence ou non de la PNF dans l’affaire Fillon. La discussion est inutile car il suffit de regarder au delà du Rhin pour voir que la Cour Constitutionnelle de Karlsrough avait, à la demande du Chancelier Helmut Kohl qu’un article devait être appliqué dans un sens très différent du souhait du législateur. La cour avait donc décidé pour le bien de la politique nationale de le faire. Les juristes n’étaient pas ravi mais ne purent qu’accepter (le Chancelier Helmut Kohl votant la dissolution du Bundestag en 1983). Le même processus s’est retrouvé en 2005 par la dissolution du Bundestag par le chancelier Schröder.

Revenons en France. L’avance du Front National, la décomposition du Parti Socialiste, l’arrivée d’un plaisantin appelé Macron. L’on avait pu penser que la procédure  contre François Fillon soit repoussée selon la trêve coutumière.

Nous citons à partir de Wikipedia qui nous offre la position de spécialistes du droit, de journalistes et les nombreuses possibilités de trahison:

« Pour l’avocat pénaliste Éric Dupond-Moretti, la séparation des pouvoirs législatif et judiciaire interdit précisément au parquet national financier (PNF) de mener l’enquête au stade où il l’a saisi. Il précise que « selon le droit parlementaire, c’est au bureau de l’Assemblée nationale de se saisir de cette affaire et d’enquêter »121. Il reproche également au PNF de n’avoir pas engagé d’action publique pour savoir qui aurait transmis les procès verbaux aux journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet.

Reprenant la formule du « coup d’État institutionnel » treize juristes argumentent dans une tribune et dénoncent une procédure qu’ils jugent illégale123. Ils affirment que l’action judiciaire en cours viole le Code constitutionnel et soutiennent que « pour préserver le principe de séparation des pouvoirs, les assemblées disposent, comme elles l’entendent, de leurs crédits de fonctionnement. » Pour eux aussi, il est évident que « les faits allégués contre le candidat n’entrent pas dans les chefs de compétence » du PNF.

Anne-Marie Le Pourhiet, spécialiste de droit constitutionnel, note que le PNF n’était pas compétent pour déclencher l’enquête. Elle remarque que « l’idée de faire intervenir le juge pénal dans la façon dont un représentant de la Nation organise l’exercice de sa fonction est une nouveauté parfaitement soudaine. » Comme Dupond-Moretti, elle rappelle que « la tradition d’autonomie des assemblées parlementaires veut qu’elles fassent leur propre police et exercent elles-mêmes leur pouvoir disciplinaire… » et qu’il n’existe aucune règle « portant sur le choix, le temps, le lieu, la quantité et les modalités de travail des collaborateurs parlementaires. » « Le contrôle de ces pratiques relève du seul parlement, comme elles relèvent de l’entreprise dans le monde du travail ou du chef de service dans la fonction publique. » Selon elle, le juge pénal « vise délibérément et exclusivement » un député qui est un candidat bien placé à l’élection présidentielle. 125

Pour l’éditorialiste politique Alain Duhamel : « Peut-on demander des sacrifices aux Français lorsque l’on accorde des privilèges à sa famille comme à l’époque de Louis XIV ? ». Si la primaire de la droite a été exemplaire, son vainqueur ne l’est plus et risque, en maintenant sa candidature, de faire disparaître du deuxième tour des élections présidentielles sa famille politique128. La journaliste Catherine Nay qualifie François Fillon de « Tartuffe ». Selon elle, il a profité d’un système légal : « Disons qu’il abusait, en douce, de cette légalité. Et qu’il ne dédaignait pas ces petits arrangements qu’il avait dénoncés jadis ! ».

La journaliste Élisabeth Lévy se dit moins choquée que beaucoup de gens, en expliquant qu’elle a « de l’indulgence pour la nature humaine et que tous les procureurs qui rivalisent dans l’indignation ne sont sans doute pas plus vertueux que celui sur lequel ils s’acharnent ». Elle est convaincue que « Fillon est sincère et qu’il ne comprend pas pourquoi on l’enquiquine pour des pratiques absolument généralisées ».

 

Rachida Dati, qui avait vainement tenté d’attirer l’attention sur le manque de transparence de Fillon dans ses enveloppes parlementaires dès juillet 2014, dément être la source du Canard enchaîné et déclare : « Est-ce que c’est mon genre de faire des coups dans le dos? Moi je fais les coups en direct. Alors après je le paie cher. Mais j’assume »141.

Quatre jours après l’éclatement de l’affaire, voit le jour sur internet, selon StéphaneJourdain de BuzzFeed News, une théorie du complot, qui soutient que Thomas Cazenave, nouveau secrétaire général adjoint de l’Élysée (en remplacement de Boris Vallaud, l’époux de Najat Vallaud-Belkacem) aurait remis le dossier à François Hollande, François Hollande l’aurait transmis à son conseiller en communication Gaspard Gantzer en lui disant simplement « faites-en bon usage », le mardi (sic) 9 janvier 2017 Gaspard Gantzer aurait rencontré Michel Gaillard, directeur de la rédaction du Canard enchaîné.

Renaud Revel relaie cette théorie sur son site personnel, avant de supprimer son billet142,143. Le 13 février, Gaspard Gantzer déclare que l’article de Renaud Revel est totalement faux, sans donner de précisions 144. Le site buzzfeed relève trois erreurs dans l’acte d’accusation du complot : Thomas Cazenave a été membre du cabinet mais n’a pas été directeur de cabinet de Macron ; Gaspard Gantzer a soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn en 2011 mais n’a jamais été proche de lui (il dit ne l’avoir jamais rencontré) ; le 9 janvier 2017 est un lundi et non pas un mardi. »

L’acharnement.

Bernard Owen

Nous avons déjà évoqué la situation des attachés parlementaires. La situation actuelle en France nous la remet en mémoire. Cette évocation consistait à faire deux comparaison.

La loi des Etats-Unis qui est claire. Toute action impliquant la famille proche ou éloignée est interdite. C’est clair. L’Europe a choisi une autre position.  C’est le Parlement Européen qui lui même règle chaque cas. Cela parait raisonnable.

Le cas Fillon est intéressant car l’une des raisons de l’action du procureur et de la police pourrait se qualifier d’acharnement alors que  le procureur justifie de s’être exprimé sur une affaire en cours (la procédure pénale le permet) mais il s’agissait d’une « non décision » et dans ce cas l’on ne s’exprime pas. Le Parquet se justifie en invoquant « toutes les rumeurs… »  Le Parquet considère que les révélations du Canard Enchaîné venaient s’ajouter à ce qui existaient déjà laissant supposer d’un classement sans suite.

Ceci ouvre la porte à une mise en examen. Il restait la possibilité d’une citation devant le tribunal correctionnel.

A partir d’ici la police s’est lancée dans des recherches au sein des assemblées. Tout s’est retrouvé entre les mains de la police anti corruption et les infractions financières.

Il n’existe pas de preuves d’un travail de Penelope Fillon pour son mari. En revanche, l’on a trouvé du travail pour son mari qui avait lieu dans les communes de la Sarthe.

La défense de François Fillon annonce au Procureur (Procureur National Financier) que son article 432-15 annonce qu’il est compétent dans le cas  d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargé d’une mission de service public. Il s’agit là de l’interprétation qui tombe dans le cas de la séparation des pouvoirs. Les avocats des époux Fillon invoquent cette interprétation. Naturellement, ils tombent dans la notion qui pourrait être juridique « l’acharnement » car il s’agit là d’un parlementaire.

L’acharnement du Procureur pourrait être à nouveau contesté, cette fois, par une coutume (le droit coutumier en France), veut qu’un candidat ne puisse être poursuivi pendant la trêve qui précède une élection. Dans le cas présent la date serait le 17 mars.

L’acharnement de bien des personnes ou des organismes ne justifierait-il pas une autre enquête?