La Fédération de Russie

Bernard Owen

Etant donné les ennuis rencontré lors des actuelles élections Françaises et le voyage à Paris du Président Putin de la République Fédérale Russe il paraît indispensable de tenir compte et de prendre exemple du travail considérable effectué au sein d’un vaste et puissant pays.

Russie: la dernière loi concernant les ONG

BERNARD OWEN  – 23 AVRIL 2016

De nombreuses tentatives ont vu le jour pendant la guerre froide avec ou sans l’Union Soviétique pour assouplir la situation internationale. Il fallait agir avec doigté. Par exemple, ne pas intervenir dans les affaires internes d’un Etat.

En dehors de l’Union Soviétique, le Conseil de l’Europe s’ét                              ait intéressé, le 24 avril 1986, à la question des ONG (naturellement, il ne s’agissait que des Etats membres). Voyons la Convention 124 et citons l’article 2 : « La personnalité légale accordée à une ONG par l’Etat, dans lequel se trouve son siège statutaire, sera reconnue automatiquement par les autres Etats membres aux mêmes conditions ». Pour l’instant, il n’est pas question de la question pécuniaire. Avant cet accord limité aux membres du Conseil de l’Europe, une entente internationale avait vu le jour. Prenons l’exemple de l’accord le plus important, qui a mené aux accords d’Helsinki, signés le 1er août 1975, comprenant 35 Etats. Il fallut deux ans de travail entre Helsinki et Genève pour arriver à un texte de dix chapitres. Chapitre VIII : « égalité des droits et libre détermination des peuples ». Le transfert de la Crimée, sans que soit tiré un seul coup de feu, correspond bien à cet article, alors que cet exemple ne va guère dans le sens de l’article III, qui traite de l’inviolabilité des frontières. L’article VII pose les principes généraux de la grande pensée libérale : les droits de l’être humain : la liberté de pensée, la conscience, la religion ou les croyances.

Ceci étant, l’article VI est d’une clarté et d’une fermeté, qui va dans le sens de l’encadrement par le gouvernement de la Fédération de Russie des ONG, « la non intervention dans les affaires intérieures d’un Etat ».

Dès la disparition de l’Union Soviétique, tout va changer. Dès 1990, l’on assiste à la mise en place de l’O.S.C.E.. Il ne s’agit pas d’un traité, mais d’une simple entente entre nations. Il faut comprendre l’importance qu’a prise l’O.S.C.E. du fait que l’élément moteur est : les Etats-Unis, car il s’agit de la seule organisation européenne civile où ils se trouvent (à part un siège d’observateur au Conseil de l’Europe depuis que la Fédération de Russie en fait partie).

Le 29 juin 1990, à Copenhague, l’O.S.C.E., lors de la réunion qui porte le nom de la ville, introduit, dans l’article 10-1, une notion révolutionnaire dont les conséquences ne sont pas évidentes à l’époque, le « droit de s’associer librement ». Il ouvre la porte à la circulation de l’argent d’un Etat membre à l’autre : « contributions volontaires financières nationales et internationales, ainsi que le permet la loi ». Rapidement, le 30 octobre 1991, l’article 43-1 de la réunion de Moscou déclare que : « les Etats membres reconnaîtront les ONG qui se déclareront comme telles selon les règles nationales existantes » et faciliteront le fait que ces organisations puissent vaquer librement à leurs occupations.

Les sommes qui alimentent les ONG peuvent être indirectement des fonds publics. Par exemple, issus d’Endowment for Democracy votés tous les ans par le Parlement des Etats-Unis, ou bien des fonds venant de riches mécènes, qui peuvent à leur gré se débarrasser d’un chef d’Etat qui leur déplaît.

Notons que les ONG possèdent une idéologie pouvant réussir ou mener à des catastrophes. Il s’agit de la « Bible de Gene Sharp » de 198 articles intitulée : « The politics of non violent action ». Les révolutions de couleur en font partie. Le Professeur Weinstein, qui dirigeait l’étude sur la création de la National Endowment for Democracy, a pu dire plus tard : « Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui, a été faite secrètement pendant vingt cinq ans par la CIA ».

Revenons à la Russie d’aujourd’hui. Comment se situe cette nouvelle restriction des ONG par les autorités Russes ? Cette loi, promulguée le 23 mai 2015, se fonde sur les révolutions de couleur, dont il a souvent été question. La loi introduit une réglementation large sur les ONG étrangères ou recevant un financement de l’étranger. Le Parquet peut décider la fermeture après aval du Ministère des Affaires Etrangères, comptes bancaires bloqués, interdiction d’accès aux médias, jusqu’à ce qu’elles rendent compte de leurs actes. La première ONG visée a été l’Association GOLOS, qui après treize ans d’activité, est devenue célèbre pour avoir indiqué des exemples de fraudes, lors des élections parlementaires de 2011. GOLOS utilise un système informatique, qui signale par de petites croix sur une carte de la Fédération, les endroits où des personnes sur le terrain leur indiquent les lieux de fraudes, avant ou après les élections. Le système n’est pas limité à la Fédération de Russie, on l’a constaté dans d’autres Etats. Les problèmes se situent dans l’absence de contrôle, car lors de contrôle, dans le cas où une erreur apparaît dans le positionnement d’une croix, les informaticiens déclarent, qu’il n’est pas possible de retirer la croix. Or, sur place, l’on a pu constater des erreurs dans le placement des croix.

De nombreux Etats se sont élevés contre ces nouvelles restrictions, citant les termes utilisés « activités politiques », « agents étrangers ». Effectivement, l’on a cité le peu de précisions dans le texte de la loi, mais il est très difficile d’être précis dans cette catégorie de texte. Les Etats Unis d’Amérique en donnent l’exemple, car ils pratiquent une loi semblable intitulée « Foreign Agent Registration Act », loi de 1938, renforcée en l’an 2001, suite au « Patriot Act ». Cette loi énonce que des agents représentant les intérêts de puissances étrangères en qualité d’étrangers ou ayant la capacité politique ou quasi politique, doivent présenter leur relation exacte avec le gouvernement étranger.

A l’origine, l’application de la loi dépendait du Ministère des Affaires Etrangères, puis, à partir de 1942, du Département de la Justice. Cette loi a subi des modifications en 1966, puis en 1995. Les données de la loi , en piètre état, ont été informatisées en 2007.

Les Etat Unis ont eu maille à partir avec différents Etats, alors, les ONG américaines, se voulant internationales, font très attention de ne pas s’adresser directement aux autorités, pour éviter de perdre l’avantage de ne pas être imposable..Elles informent le Congrès par un moyen détourné en côtoyant un député ou un sénateur qui leur est favorable, et qui diffusera leur message.

Les systèmes électoraux, les idées reçues

et la Fédération de Russie

BERNARD OWEN | LE 04/12/2011

La Russie a choisi la démocratie et la libéralisation économique. Naturellement, l’Etat soviétique a fait peur pendant si longtemps que rares sont ceux qui peuvent regarder avec sérénité ce nouveau monde qui se développe.

Nombreux sont les auteurs qui ont considéré les effets des systèmes électoraux sous leur seul aspect mathématique. Il s’agissait pour eux de rechercher la plus grande exactitude entre le pourcentage des suffrages et le pourcentage des sièges. Etant donné que rares sont les pays qui possèdent des partis dépassant la moitié des suffrages exprimés, cela a pour conséquence qu’une relation exacte suffrages – sièges limiterait dans la majorité des cas la possibilité de former des gouvernements majoritaires homogènes.

Restreindre les études aux seuls effets des transferts mathématiques des suffrages en sièges omet de tenir compte de l’action des structures d’influence électorale qui agissent sur le terrain de la sociologie et modifie la conception de l’enjeu électoral. Ceci est de la plus grande importance car telle structure d’influence qui compose une nation sera plus ou moins favorisée par le système électoral. C’est pour cela qu’un électorat ne doit pas être considéré comme un agrégat d’individus isolés, mais au contraire comme une réunion de groupements auxquels l’individu est plus ou moins intégré et dont l’influence électorale est considérable.

Nos raisonnements à partir de scrutins majoritaires seront très différents de ceux que nous tiendrons pour les scrutins de liste proportionnelle. En premier lieu, le scrutin majoritaire apporte une accentuation en sièges au parti gagnant, ce qui veut dire que le quasi bipartisme au niveau des suffrages est encore plus évident en ce qui concerne les sièges.

A noter que la perte de contrôle des organisations sociologiques par l’Eglise catholique des Pays Bas dans les années 60 après Vatican II a provoqué l’effondrement de son parti qui a  perdu la moitié de ses voix en l’espace de deux élections législatives. Cela veut dire qu’aucun parti européen dans un pays pratiquant le scrutin de liste proportionnel ne peut dépasser régulièrement +25% des voix exprimées à une élection législative s’il ne répond pas à l’une de ces conditions.

L’exemple de la Turquie parait indiquer que la religion musulmane exerce la même influence électorale que l’Eglise Catholique. Mustapha Kemal a voulu une Turquie laïque, mais cela n’a pas été sans peine et la volonté de l’Union Européenne pour que la recomposition du « conseil de surveillance » soit modifiée fait preuve d’une certaine insouciance.

L’influence du syndicalisme ouvrier ou autre structure d’influence électorale n’est pas limitée à un seul mode de scrutin, il subsiste dans les scrutins majoritaires mais est généralement moins apparent, étant donné la présence de deux partis pouvant atteindre +40% des voix. L’apport syndical est donc important mais non déterminant comme en cas de scrutin de liste proportionnel. L’influence syndicale a été peu étudiée mais se traduit par un phénomène propre à tous les pays, à savoir que 50 à 70% de l’ensemble des syndiqués vote dans le sens souhaité par leur confédération.

L’utilisation de différents systèmes électoraux à travers le monde permet de dégager l’importance des lois électorales et du mode de scrutin, en particulier dans la catégorie de partis qui seront présents aux parlements. Il faut bien noter que l’exactitude du rapport % voix – % sièges fait l’objet d’une attention exagérée dans la science politique internationale car cette approche fait négliger d’autres aspects plus importants.

Nous avons, jusqu’à présent, considéré les systèmes électoraux dans le cadre d’un régime parlementaire. Un régime présidentiel modifie la donne, car un seul homme est élu par le peuple directement ou indirectement ou par le parlement. Quels seront alors ses rapports avec le parlement et surtout quel effet sur les élections des députés?

L’on a craint que le pouvoir qui se situerait dans un seul homme soit exorbitant. Une façon d’agir était de réduire son pouvoir à un seul mandat. Louis Napoléon est élu président de la République en 1848 pour un seul mandat. Pour lui c’était trop court. En 1852 un coup d’Etat lui donne le titre d’empereur Napoléon III. Cette limite à un mandat est courante en Amérique du Sud mais le point qu’il faut considérer est l’élection présidentielle par rapport à l’élection du parlement.

Les Etats –Unis, qui pratiquent le scrutin majoritaire pour le parlement et autres postes, accordent un telle puissance aux deux partis du bipartisme qu’aucun candidat qui n’est pas présenté par ces deux partis ne peut être élu. Beaucoup ont essayé, aucun n’a réussi.

En revanche, en Amérique du Sud, où la proportionnelle plus au moins manipulée, a longtemps élu les parlements, et fait apparaître une situation toute différente. Ici nous trouvons ce que certains ont appelé présidentialisme à l’opposé du régime présidentiel des Etats-Unis. La grande différence provenait que dans l’Amérique du Sud la situation était inverse, c’était le Président élu qui tirait son parti derrière lui. En cas de fin de mandat et lors de l’élection où il ne se représentait pas son parti perdait une grande partie de ses suffrages ou s’effondrait.

Qu’en est il de nos amis russes ? Après 70 ans de communisme, ils sont méfiants et n’ont pas toujours été bien conseillés.

Leur loi N° 175-FZ de décembre 2002 présente pour la dernière fois l’élection à la Douma où 225 députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour et 225 autres députés élus à la proportionnelle sur une liste fédérale au niveau des districts. Cela était bien préférable au système allemand car la loi russe n’avait aucun système de compensation. Il fallait continuer dans cette voie mais la loi 51-Fz de mai 2005 introduit l’élection des 450 députés au scrutin proportionnel dans le cadre unitaire de la fédération ce qui est très gênant pour l’opposition tout en accordant un grand avantage au parti du président. L’on tombait alors dans le présidentialisme d’Amérique Latine.

La modification de l’élection des députés à la Douma ne s’est pas faite sans consultation. Malheureusement, nous ne sommes au courant que d’une table ronde en deux parties qui eu lieu au Centre Cultural Russe où ma position allait clairement dans le sens qu’il ne faillait nullement changer le système électoral tout en étant d’accord avec la nouvelle façon d’élire les sujets de la Fédération. Trois juristes français furent invités du 4 au 7 avril 2005 à Moscou pour débattre de la question avec les membres de la Commission, des parlementaires et des journalistes. Nous avons compris lors du diner qui précédait les réunions que la décision était prise. Les trois juristes français avaient une position commune anti-proportionnelle mais la consultation venait trop tard.

Revenons aux idées reçues : la représentation proportionnelle favorise la naissance de partis. Certes les listes du scrutin proportionnel émanent des partis qui les confectionnent. Dans bien des cas, les candidats élus sur les listes le sont dans l’ordre établi par leur parti. Dans une circonscription qui doit nommer 20 députés les un, deux, trois ou quatre premiers des listes ont une chance d’être élus. Le choix dépend donc des électeurs mais surtout de la façon dont les partis auront classé les candidats. Pour mettre à mal cette idée reçue, il suffit de regarder autour de soi et l’on peut alors faire l’énoncé suivant : Le système de liste proportionnel mène à plusieurs partis sensibles aux aléas de la politique nationale, et internationale alors que le scrutin majoritaire (selon ses caractéristiques) mène à un quasi bipartisme ou à une bipolarisation dans lesquels les partis trouvent une certaine sérénité qui apporte aux citoyens une image bien définie du parti au gouvernement et celui dans l’opposition.

Dans tous les nouveaux Etats des partis de petites tailles représentant parfois une poigné de personnes alors que d’autres se retrouvent sur l’ensemble du territoire. Les lois électorales doivent trouver des moyens pour distinguer les uns des autres, par exemple, en demandant un certain nombre de signatures. En doublant le marché de signatures entre 1993 et 1995 le résultat escompté n’a pas été obtenu car de 11 partis l’on est passé à 43 au niveau fédéral.

Dans la partie proportionnelle de l’élection les partis ne sont nullement encouragés de s’associer et une autre façon de procéder est de prévoir un seuil qu’il faut dépasser pour participer à la distribution des sièges au niveau fédéral. 5% a été fixé pour les élections de 1993 et 1995 puis 7% pour celle de 2000 ce qui a été critiqué par les internationaux. L’on a critiqué cela bien à tort car dans un vaste territoire comme celui de la Russie avec 92.000 bureaux de vote un tel seuil n’a rien d’anormal. Le problème ne se pose pas au niveau des sièges au scrutin majoritaire à un tour car étant donné que seuls la moitié des députés étaient élus de cette façon la taille des circonscriptions étaient grande ce qui empêche aux tout petits partis de s’y aventurer.

L’élection de 1995 est particulièrement intéressante car l’on constate, par exemple, que le nouveau parti « Our Home Russia » qui représentait la tendance gouvernementale s’était concentré sur la liste fédérale tout en négligeant les circonscriptions uninominales majoritaires. (Pour les élections de 1993 « Démocratic choice » était le parti présidentiel. En 1995 il ne représentait plus grand-chose, 3.6% au niveau fédéral, mais ne pouvait que porter préjudice au nouveau venu)

Prenons Moscou : La liste proportionnelle fédérale se divise en districts pour l’attribution finale des sièges.  « Our Home Russia » est arrivée en premier dans presque tous les districts (de la liste fédérale proportionnelle) à Moscou mais le parti n’avait que très peu de candidats pour contester les circonscriptions uninominales majoritaires. Our Home Russia est arrivé premier dans 21 districts mais n’avait pas de candidats. Il est aussi arrivé premier dans deux districts que représentaient une circonscription majoritaire ou il présentent un candidat qui remporta le siège. Dans trois autres districts de la liste fédérale, il occupe la première place ce qui correspond à une seule circonscription majoritaire. Il présente un candidat mais perd le siège. L’un des districts comprend 5 circonscriptions majoritaires. Le parti n’obtient pas la première place au niveau fédéral mais remporte les circonscriptions.

L’on a souvent entendu que le directeur de telle administration ou de telle coopérative serait largement gagnant au niveau des circonscriptions uninominales majoritaires car ils étaient bien connus et personne ne pourrait leur résister. En fait il n’en était rien certains furent élus mais de peu. Les gagnants eurent dans les 30% des suffrages ce qui montre qu’il existait une compétition politique locale bien vivante et active.

Un assez grand nombre de candidats indépendants ont été élus. Cela indique une certaine réticence de certains à s’engager dans de toutes nouvelles formations dont on comprenait mal les positions. De toute façon tant que la Fédération a utilisée ce mode de scrutin, le nombre de candidats indépendants a été en baisse. Une étude aurait pu nous renseigner sur la nature des positionnements des candidats indépendants élus dans les circonscriptions majoritaires.  Premièrement, quels étaient les candidats des partis qu’il a battu ?  Deuxièmement : A-t-il voté contre le gouvernement à la Douma ou au contraire a-t-il rejoint l’opposition ?

Naturellement l’on retrouve en Fédération de Russie des stratégies très différentes selon l’un ou l’autre, des deux systèmes électoraux utilisés. L’indépendance d’un parti par rapport aux autres dans l’élection proportionnelle d’autant que les partis sont généralement optimistes quant ç leur possibilité de franchir le seuil de 5% ou même 7%.  Tendance à rechercher des désistements réciproques entre partis semblables selon leur force respective dans telle ou telle circonscription majoritaire.

L’alternance étant difficile sinon pouvant entraîner l’inquietude, nos amis russes ont inventé une semi alternance Poutin – Medvediev – Poutin sans aller à l’encontre d’aucune réglementation.. Ils ont vite fait des émules, car les géorgiens ont modifié leur constitution pour effectuer un transfert de compétences du président au premier ministre. La raison étant que le Président Saakashvili, ne pouvant se représenter  au poste de président, se retrouvait en tant que premier ministre où il conserverait les mêmes fonctions qu’avant.

Mais ce n’était pas la première fois qu’ils faisaient preuve d’ingéniosité. Déjà Gorbachev qui voulait transformer le communisme en profondeur a modifié l’état d’esprit des populations. Sa tâche était probablement impossible mais il s’est trouvé Yeltsine, forte personnalité qui s’était déjà fait remarquer par l’excellente gestion de sa région. Il était l’homme tout trouvé pour prendre la relève lors de l’effondrement du communisme. D’autres hommes ont à leur tour pris la relève, le général Lièbed, mort prématurément, Medviedev, Putin …

La Fédération de Russie doit retrouver sa place dans le monde. Je suis convaincu que la Russie peut et doit représenter le contre pouvoir à l’amateurisme occidental qui fragilise le monde.  Il lui faut adopter un scrutin majoritaire dont les 2 ou 3 partis intègrent l’ensemble des tendances de droite ou de gauche que l’on trouve dans tous les pays du monde. Les Etats-Unis d’Amérique peuvent être critiqués dans des domaines de leur politique étrangère (la guerre d’Irak) mais leur système de partis est d’une solidité à toute épreuve et aucun des grands pays du monde ne doit pratiquer le scrutin de liste proportionnel qui décompose le monde politique et rend la nation vulnérable aux événements intérieurs ou extérieurs.

Les élections Russes : au-delà des apparences.

Bernard Owen, avril 2012

En Russie, comme dans nos sociétés, dans nos Etats, un événement, qui se produit et surprend, peut avoir plusieurs raisons. Il ne s’agit pas seulement d’énumérer les causes, mais de réfléchir un instant, afin de considérer, parmi tout ce qui a pu intervenir, et trouver ce qui a pu jouer un rôle déterminant dans cet événement.

L’écoute et la vision des différents entretiens, auxquels on a pu assister sur les télévisions de pays divers concernant les élections récentes de la Fédération de Russie, ont évolué des élections législatives aux présidentielles. L’on a posé un nombre considérable de questions, et les réponses ont été des plus variées, au point où l’on ne pouvait se forger une opinion, tant ces affirmations restaient floues et entremêlées.

Commençons par remonter aux élections législatives. Les manifestations prônant la fraude électorale avaient l’apparence des révolutions de couleurs – cocardes blanches, écharpes blanches, ballons blancs. Affirmer haut et fort qu’il y a eu fraude, alors que l’on défile, n’est pas difficile. Cela est très différent que d’aller devant la justice, où la preuve est obligatoire.

La loi russe ne permet pas l’observation par des organisations nationales, mais elle l’a toléré. La télévision a montré à l’époque un jeune observateur russe dans un bureau de vote, parlant de ce qu’il considérait comme une fraude. Or, l’observation électorale possède ses règles, comme tout ce qui se fait dans un lieu public et politique. Parmi ces règles : un observateur ne peut pas donner à la presse son avis. Il peut inscrire une remarque sur le procès verbal, en rendre compte à son organisation, qui, elle, seulement après avoir étudié l’ensemble des questionnaires, peut, dans le cadre d’une déclaration préliminaire, ou une conférence de presse, faire la synthèse de l’ensemble de l’observation.

Il faut dire, qu’après ces manifestations, dans lesquelles le mot « FRAUDE » était le leitmotiv, les autorités ont apporté un certain nombre de modifications, pour l’élection présidentielle :

  • introduction de caméras dans les bureaux de vote – deux caméras dans chaque bureau de vote, l’une donnant une vue d’ensemble, l’autre, directement sur l’urne. A noter que 30 % des urnes sont transparentes. Les prises de vue sont conservées un an.
    ·        L’élection des Présidents de régions élus, auparavant, par un vote indirect, se fera dorénavant au suffrage universel direct.
  • La Commission Electorale Centrale (C.E.C) étant sûre d’elle-même a invité l’OSCE -ODHIR à organiser une observation électorale à grande échelle.

    Les réactions des internationaux et nationaux concernant cette élection présidentielle, sont différentes de celles de l’élection précédente. Il y a eu, quand même quelques milliers de personnes, dont le slogan était : « la Russie sans Poutine », mais ils n’avaient plus le même allant que celui qui a suivi les élections législatives (Ellen Barry et Michael Schwitz). La police a arrêté 250 personnes, qui ont été libérées mardi matin. Les arrestations ont eu lieu deux heures après que la police ait donné l’ordre de se retirer (la Bible Sharpienne ordonne de refuser l’ordre de se disperser). Chose surprenante, le nouvel ambassadeur des Etats Unis : Michael A. McFaul a déclaré au moyen de twitter que c’était « troubling to watch arrests  of peaceful démonstrations at Pushkin Square ».
    Le rapport préliminaire de l’OSCE – ODHIR ne peut pas être plus positif dans un grand pays comptant plus de 95 000 bureaux de vote et 9 tranches horaires. 95 % de leurs observateurs considèrent que les évènements dans les bureaux de vote visités étaient positifs, voire même très positifs. Seuls 70 % des observateurs ont considéré que le décompte des suffrages était positif. Ceci n’a rien d’exceptionnel. Surtout qu’il s’agissait de questions techniques – diverses procédures n’étaient pas appliquées.

Autre point d’importance : 95 % des bureaux de vote visités comprenaient des représentants des candidats : 80 % pour le candidat Poutine, 72 % pour le candidat Zyuganov. Donc, après les résultats de l’élection présidentielle de la Fédération de Russie, les critiques sur la situation politique russe devaient se placer autrement. Il fallait trouver autre chose : la prédominance du Parti United Russia, face  aux partis morcelés de l’opposition. L’on a parlé de tout sauf de l’essentiel : la Fédération de Russie a adopté un système proportionnel pour l’élection des députés à la Duma. Lors de cette introduction du système proportionnel, ses partisans avaient dit : « cela va nous permettre d’avoir un système de partis forts ».

Il est certain que les premiers ministres, tels que Primakov, ne comprenaient pas la façon dont il fallait utiliser le système mixte que la Russie utilisait au départ – négliger de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions uninominales était loin de ce qu’il fallait faire.

En politique, il existe des pays avec des partis forts, et d’autres avec des partis nombreux mais faibles ou fluctuants. Or, les partis faibles sont vulnérables car exposés à ce qu’on appelle les structures d’influence. Dans ce dernier cas, se situent les partis issus de la proportionnelle. En Europe, en régime parlementaire, les pays ont un ensemble de partis sensibles soit au syndicalisme ouvrier, soit à l’Eglise catholique, ou au clivage ethnique ou linguistique. Un homme charismatique  peut bouleverser la donne.

Dans le cas de régime présidentiel, la situation est quelque peu différente. La proportionnelle, pour les législatives, nous fait traverser les mers pour rejoindre les pays d’Amérique du Sud. Les candidats traînent leur parti derrière eux, au point où l’on assiste à des partis accordéons, le parti peut passer de 40 % à 15 % des suffrages, ce qui est loin d’atteindre les critères de la bonne gouvernance.

La faiblesse et le morcellement des partis russes ne peut que favoriser le candidat sortant. De toute façon, quelque soit le système de partis, le candidat sortant peut se prévaloir de ses succès. Il inaugure une usine, pose la première pierre d’une école, tout cela entrant dans le cadre de ses fonctions. Cet avantage promotionnel du candidat sortant est le seul reproche de l’OSCE – ODHIR.
Le système électoral est un élément déterminant pour régler la vie politique d’une nation, mais en écoutant les commentaires sur la faiblesse de l’opposition russe, personne ne mentionne le scrutin proportionnel. Nous devons bien savoir et répéter que le scrutin majoritaire intègre, alors que la proportionnelle entraîne la ségrégation. Cela veut dire que le citoyen votera différemment selon le système électoral utilisé. Cela ne peut se comprendre qu’en envisageant la question de façon comparative, ou en développant des schémas au tableau. Un intéressant sondage, datant de 1972, porte à réfléchir. Il s’agit du Danemark : les interrogés ne savaient pas si le parti pour lequel ils avaient voté était au gouvernement ou dans l’opposition. Autre remarque : 80 % des interrogés pensaient qu’en cas de crise il serait préférable de faire appel à un homme fort, plutôt qu’au gouvernement.

Les systèmes électoraux, les idées reçues et la Fédération de Russie

BERNARD OWEN | LE 04/12/2011

La Russie a choisi la démocratie et la libéralisation économique. Naturellement, l’Etat soviétique a fait peur pendant si longtemps que rares sont ceux qui peuvent regarder avec sérénité ce nouveau monde qui se développe.

Nombreux sont les auteurs qui ont considéré les effets des systèmes électoraux sous leur seul aspect mathématique. Il s’agissait pour eux de rechercher la plus grande exactitude entre le pourcentage des suffrages et le pourcentage des sièges. Etant donné que rares sont les pays qui possèdent des partis dépassant la moitié des suffrages exprimés, cela a pour conséquence qu’une relation exacte suffrages – sièges limiterait dans la majorité des cas la possibilité de former des gouvernements majoritaires homogènes.

Restreindre les études aux seuls effets des transferts mathématiques des suffrages en sièges omet de tenir compte de l’action des structures d’influence électorale qui agissent sur le terrain de la sociologie et modifie la conception de l’enjeu électoral. Ceci est de la plus grande importance car telle structure d’influence qui compose une nation sera plus ou moins favorisée par le système électoral. C’est pour cela qu’un électorat ne doit pas être considéré comme un agrégat d’individus isolés, mais au contraire comme une réunion de groupements auxquels l’individu est plus ou moins intégré et dont l’influence électorale est considérable.

Nos raisonnements à partir de scrutins majoritaires seront très différents de ceux que nous tiendrons pour les scrutins de liste proportionnelle. En premier lieu, le scrutin majoritaire apporte une accentuation en sièges au parti gagnant, ce qui veut dire que le quasi bipartisme au niveau des suffrages est encore plus évident en ce qui concerne les sièges.

A noter que la perte de contrôle des organisations sociologiques par l’Eglise catholique des Pays Bas dans les années 60 après Vatican II a provoqué l’effondrement de son parti qui a  perdu la moitié de ses voix en l’espace de deux élections législatives. Cela veut dire qu’aucun parti européen dans un pays pratiquant le scrutin de liste proportionnel ne peut dépasser régulièrement +25% des voix exprimées à une élection législative s’il ne répond pas à l’une de ces conditions.

L’exemple de la Turquie parait indiquer que la religion musulmane exerce la même influence électorale que l’Eglise Catholique. Mustapha Kemal a voulu une Turquie laïque, mais cela n’a pas été sans peine et la volonté de l’Union Européenne pour que la recomposition du « conseil de surveillance » soit modifiée fait preuve d’une certaine insouciance.

L’influence du syndicalisme ouvrier ou autre structure d’influence électorale n’est pas limitée à un seul mode de scrutin, il subsiste dans les scrutins majoritaires mais est généralement moins apparent, étant donné la présence de deux partis pouvant atteindre +40% des voix. L’apport syndical est donc important mais non déterminant comme en cas de scrutin de liste proportionnel. L’influence syndicale a été peu étudiée mais se traduit par un phénomène propre à tous les pays, à savoir que 50 à 70% de l’ensemble des syndiqués vote dans le sens souhaité par leur confédération.

L’utilisation de différents systèmes électoraux à travers le monde permet de dégager l’importance des lois électorales et du mode de scrutin, en particulier dans la catégorie de partis qui seront présents aux parlements. Il faut bien noter que l’exactitude du rapport % voix – % sièges fait l’objet d’une attention exagérée dans la science politique internationale car cette approche fait négliger d’autres aspects plus importants.

Nous avons, jusqu’à présent, considéré les systèmes électoraux dans le cadre d’un régime parlementaire. Un régime présidentiel modifie la donne, car un seul homme est élu par le peuple directement ou indirectement ou par le parlement. Quels seront alors ses rapports avec le parlement et surtout quel effet sur les élections des députés?

L’on a craint que le pouvoir qui se situerait dans un seul homme soit exhorbitant. Une façon d’agir était de réduire son pouvoir à un seul mandat. Louis Napoléon est élu président de la République en 1848 pour un seul mandat. Pour lui c’était trop court. En 1852 un coup d’Etat lui donne le titre d’empereur Napoléon III. Cette limite à un mandat est courante en Amérique du Sud mais le point qu’il faut considérer est l’élection présidentielle par rapport à l’élection du parlement.

Les Etats –Unis, qui pratiquent le scrutin majoritaire pour le parlement et autres postes, accordent un telle puissance aux deux partis du bipartisme qu’aucun candidat qui n’est pas présenté par ces deux partis ne peut être élu. Beaucoup ont essayé, aucun n’a réussi.

En revanche, en Amérique du Sud, où la proportionnelle plus au moins manipulée, a longtemps élu les parlements, et fait apparaître une situation toute différente. Ici nous trouvons ce que certains ont appelé présidentialisme à l’opposé du régime présidentiel des Etats-Unis. La grande différence provenait que dans l’Amérique du Sud la situation était inverse, c’était le Président élu qui tirait son parti derrière lui. En cas de fin de mandat et lors de l’élection où il ne se représentait pas son parti perdait une grande partie de ses suffrages ou s’effondrait.

Qu’en est il de nos amis russes ? Après 70 ans de communisme, ils sont méfiants et n’ont pas toujours été bien conseillés.

Leur loi N° 175-FZ de décembre 2002 présente pour la dernière fois l’élection à la Douma où 225 députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour et 225 autres députés élus à la proportionnelle sur une liste fédérale au niveau des districts. Cela était bien préférable au système allemand car la loi russe n’avait aucun système de compensation. Il fallait continuer dans cette voie mais la loi 51-Fz de mai 2005 introduit l’élection des 450 députés au scrutin proportionnel dans le cadre unitaire de la fédération ce qui est très gênant pour l’opposition tout en accordant un grand avantage au parti du président. L’on tombait alors dans le présidentialisme d’Amérique Latine.

La modification de l’élection des députés à la Douma ne s’est pas faite sans consultation. Malheureusement, nous ne sommes au courant que d’une table ronde en deux parties qui eu lieu au Centre Cultural Russe où ma position allait clairement dans le sens qu’il ne faillait nullement changer le système électoral tout en étant d’accord avec la nouvelle façon d’élire les sujets de la Fédération. Trois juristes français furent invités du 4 au 7 avril 2005 à Moscou pour débattre de la question avec les membres de la Commission, des parlementaires et des journalistes. Nous avons compris lors du diner qui précédait les réunions que la décision était prise. Les trois juristes français avaient une position commune anti-proportionnelle mais la consultation venait trop tard.

Revenons aux idées reçues : la représentation proportionnelle favorise la naissance de partis. Certes les listes du scrutin proportionnel émanent des partis qui les confectionnent. Dans bien des cas, les candidats élus sur les listes le sont dans l’ordre établi par leur parti. Dans une circonscription qui doit nommer 20 députés les un, deux, trois ou quatre premiers des listes ont une chance d’être élus. Le choix dépend donc des électeurs mais surtout de la façon dont les partis auront classé les candidats. Pour mettre à mal cette idée reçue, il suffit de regarder autour de soi et l’on peut alors faire l’énoncé suivant : Le système de liste proportionnel mène à plusieurs partis sensibles aux aléas de la politique nationale, et internationale alors que le scrutin majoritaire (selon ses caractéristiques) mène à un quasi bipartisme ou à une bipolarisation dans lesquels les partis trouvent une certaine sérénité qui apporte aux citoyens une image bien définie du parti au gouvernement et celui dans l’opposition.

Dans tous les nouveaux Etats des partis de petites tailles représentant parfois une poignée de personnes alors que d’autres se retrouvent sur l’ensemble du territoire. Les lois électorales doivent trouver des moyens pour distinguer les uns des autres, par exemple, en demandant un certain nombre de signatures. En doublant le marché de signatures entre 1993 et 1995 le résultat escompté n’a pas été obtenu car de 11 partis l’on est passé à 43 au niveau fédéral.

Dans la partie proportionnelle de l’élection les partis ne sont nullement encouragés de s’associer et une autre façon de procéder est de prévoir un seuil qu’il faut dépasser pour participer à la distribution des sièges au niveau fédéral. 5% a été fixé pour les élections de 1993 et 1995 puis 7% pour celle de 2000 ce qui a été critiqué par les internationaux. L’on a critiqué cela bien à tort car dans un vaste territoire comme celui de la Russie avec 92.000 bureaux de vote un tel seuil n’a rien d’anormal. Le problème ne se pose pas au niveau des sièges au scrutin majoritaire à un tour car étant donné que seuls la moitié des députés étaient élus de cette façon la taille des circonscriptions étaient grande ce qui empêche aux tout petits partis de s’y aventurer.

L’élection de 1995 est particulièrement intéressante car l’on constate, par exemple, que le nouveau parti « Our Home Russia » qui représentait la tendance gouvernementale s’était concentré sur la liste fédérale tout en négligeant les circonscriptions uninominales majoritaires. (Pour les élections de 1993 « Démocratic choice » était le parti présidentiel. En 1995 il ne représentait plus grand-chose, 3.6% au niveau fédéral, mais ne pouvait que porter préjudice au nouveau venu)

Prenons Moscou : La liste proportionnelle fédérale se divise en districts pour l’attribution finale des sièges.  « Our Home Russia » est arrivée en premier dans presque tous les districts (de la liste fédérale proportionnelle) à Moscou mais le parti n’avait que très peu de candidats pour contester les circonscriptions uninominales majoritaires. Our Home Russia est arrivé premier dans 21 districts mais n’avait pas de candidats. Il est aussi arrivé premier dans deux districts que représentaient une circonscription majoritaire ou il présentent un candidat qui remporta le siège. Dans trois autres districts de la liste fédérale, il occupe la première place ce qui correspond à une seule circonscription majoritaire. Il présente un candidat mais perd le siège. L’un des districts comprend 5 circonscriptions majoritaires. Le parti n’obtient pas la première place au niveau fédéral mais remporte les circonscriptions.

L’on a souvent entendu que le directeur de telle administration ou de telle coopérative serait largement gagnant au niveau des circonscriptions uninominales majoritaires car ils étaient bien connus et personne ne pourrait leur résister. En fait il n’en était rien certains furent élus mais de peu. Les gagnants eurent dans les 30% des suffrages ce qui montre qu’il existait une compétition politique locale bien vivante et active.

Un assez grand nombre de candidats indépendants ont été élus. Cela indique une certaine réticence de certains à s’engager dans de toutes nouvelles formations dont on comprenait mal les positions. De toute façon tant que la Fédération a utilisée ce mode de scrutin, le nombre de candidats indépendants a été en baisse. Une étude aurait pu nous renseigner sur la nature des positionnements des candidats indépendants élus dans les circonscriptions majoritaires.  Premièrement, quels étaient les candidats des partis qu’il a battu ?  Deuxièmement : A-t-il voté contre le gouvernement à la Douma ou au contraire a-t-il rejoint l’opposition ?

Naturellement l’on retrouve en Fédération de Russie des stratégies très différentes selon l’un ou l’autre, des deux systèmes électoraux utilisés. L’indépendance d’un parti par rapport aux autres dans l’élection proportionnelle d’autant que les partis sont généralement optimistes quant ç leur possibilité de franchir le seuil de 5% ou même 7%.  Tendance à rechercher des désistements réciproques entre partis semblables selon leur force respective dans telle ou telle circonscription majoritaire.

L’alternance étant difficile sinon pouvant entraîner l’inquietude, nos amis russes ont inventé une semi alternance Poutin – Medvediev – Poutin sans aller à l’encontre d’aucune réglementation.. Ils ont vite fait des émules, car les géorgiens ont modifié leur constitution pour effectuer un transfert de compétences du président au premier ministre. La raison étant que le Président Saakashvili, ne pouvant se représenter  au poste de président, se retrouvait en tant que premier ministre où il conserverait les mêmes fonctions qu’avant.

Mais ce n’était pas la première fois qu’ils faisaient preuve d’ingéniosité. Déjà Gorbachev qui voulait transformer le communisme en profondeur a modifié l’état d’esprit des populations. Sa tâche était probablement impossible mais il s’est trouvé Yeltsine, forte personnalité qui s’était déjà fait remarquer par l’excellente gestion de sa région. Il était l’homme tout trouvé pour prendre la relève lors de l’effondrement du communisme. D’autres hommes ont à leur tour pris la relève, le général Lièbed, mort prématurément, Medviedev, Putin …

La Fédération de Russie doit retrouver sa place dans le monde. Je suis convaincu que la Russie peut et doit représenter le contre pouvoir à l’amateurisme occidental qui fragilise le monde.  Il lui faut adopter un scrutin majoritaire dont les 2 ou 3 partis intègrent l’ensemble des tendances de droite ou de gauche que l’on trouve dans tous les pays du monde. Les Etats-Unis d’Amérique peuvent être critiqués dans des domaines de leur politique étrangère (la guerre d’Irak) mais leur système de partis est d’une solidité à toute épreuve et aucun des grands pays du monde ne doit pratiquer le scrutin de liste proportionnel qui décompose le monde politique et rend la nation vulnérable aux événements intérieurs ou extérieurs.

Macronleaks et Atlantico

Voici quelques extraits de l’information fourni par MEDIAPART à partir des Macronleaks. C’est un portrait sur la personnalité de Macron.

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Progressivement, c’est une véritable entreprise industrielle de récupération de dons qui va être lancée, taillée sur mesure pour convaincre les grands noms de la finance et du patronat. Le 1er juin, un événement organisé chez un jeune patron, dans le XVIe arrondissement de Paris, prévoit « le passage d’Emmanuel ». La présentation est soignée au millimètre près pour les 35 membres de « cercles influents (hors PDG CAC 40) ». « Potentiel maximum de dons » : 225 000 €. « Probabilité de dons » : 60 %. Résultat, « un montant prévisionnel » de 135 000 euros.

Les rencontres (dîners, déjeuners, cocktails) s’enchaînent. Les enjeux sont clairement annoncés comme le montrent les communications de Deseglise, le banquier de chez HSBC : si Macron vient pour présenter « les grands thèmes de son programme présidentiel », il précise : « Le second objectif, soyons très clairs, est une levée de fonds ». « Un enjeu majeur pour les prochains mois » selon ses propres mots. Selon Libération, 1,7 % de gros donateurs auraient fourni à eux seuls, à l’échéance de mars 2017, près de 45 % de la collecte globale.

Cette levée de fonds va se faire à l’international. Du 4 au 6 décembre, Macron est à New York et il enchaîne les rencontres. Il s’affiche au côté de l’économiste en vogue Joseph Stiglitz. Dans une scène filmée par le documentariste Yann L’Hénoret et diffusée au lendemain de la victoire de Macron, l’ex-ministre de l’Economie prend la parole devant parterre d’invités, dont les visages sont floutés : « Je ne vais pas vous faire un très long speech. Sur l’argent, une campagne présidentielle, c’est plafonné. Vous n’avez pas le droit d’être aidé par des entreprises, vous pouvez être aidés par des particuliers. […] J’ai encore besoin de lever en « equity » (fonds propres) 5-6 millions d’euros ». Le message est clair.

Opacité et soupçons de conflits d’intérêts

C’est donc bien les milieux financiers internationaux qui ont lancé la carrière présidentielle d’Emmanuel Macron. Pourtant, à en croire l’intéressé et les médias, il n’y aurait rien à cacher. Mais le contenu des documents révélés par Libération suggère une vision très différente. Macron en campagne a tout fait pour rendre le plus opaque possible ses différents financements. Ainsi, dans les échanges mails, il est impossible de connaître le nom des donateurs. Car les consignes de contenu sont claires : aucun nom ne doit passer par mail, mais seulement à l’aide de la messagerie cryptée Telegram. Libération révèle également que l’équipe de Macron a délibérément annoncé publiquement un montant de dons reçus systématiquement inférieur à la réalité durant sa campagne. Rien à cacher, vous êtes surs ?

De plus, l’émission de chèques de la part de secteurs financiers alors que le futur candidat est encore ministre de l’Economie inquiète dans son équipe. On pourrait l’accuser de conflits d’intérêts, d’autant plus quand on sait que celui-ci aurait utilisé, selon deux journalistes, une partie de sa réserve budgétaire de ministre pour organiser des rendez-vous. Qu’à cela ne tienne, ceux-ci décident d’attendre sa sortie du gouvernement pour encaisser les chèques. Mais on ne voit pas bien la différence que cela fait.

Surtout, le conflit d’intérêts est bien réel quand on sait que ce futur président de la République prévoit une guerre antisociale au profit de ceux qui ont financé sa campagne. Les sources de financement de Macron en disent long sur le « renouveau politique » que celui-ci appelle de ses vœux : celui d’un ex-banquier, financé par les banquiers à l’échelle mondiale et qui s’apprête à faire une politique au service de la finance et du grand patronat.

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Voici quelques extraits d’Atlantico  (http://www.atlantico.fr) sur un des ministres du gouvernement Macron:

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

La redécouverte de quelques lignes oubliées a provoqué une avalanche de réactions dans la matinée du 28 février. Sur Twitter, un court extrait du livre de Corinne Lepage, Les Mains Sales (2015) est partagé par des centaines de personnes.

Son contenu a de quoi faire bondir de nombreux soutiens de François Fillon et de Marine Le Pen, tous les deux mis en cause dans des affaires d’emplois fictifs, à l’Assemblée Nationale pour l’un et au Parlement européen pour l’autre. Évoquant son éloignement du Modem qu’elle avait fondé avec Bayrou en 2008, la présidente de LRC-Cap21 y dénonçait un étrange manège au sein du parti de François Bayrou. Une pétition en ligne est même lancée, comptant le 28 février au soir près de 1 000 signataires et demandant que le parquet se saisisse du dossier. L’affaire – qui ne date donc pas d’hier – est loin d’être anodine, surtout quand on sait que Corinne Lepage puis François Bayrou et la majorité de ses équipes du Modem se retrouvent depuis peu au sein d’En Marche ! , et sont donc à priori nouveaux alliés dans cette campagne.

« Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. »

Contactée pour connaître son avis, Corinne Lepage a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire et s’est contentée de rappeler que le livre a reçu le Prix du Livre Politique du Barreau de Paris en 2015.

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

 

Les Français et le nouveau gouvernement

Bernard Owen

Gouvernement Philippe : une équipe populaire au bénéfice du doute 

Par Nathalie Raulin — 24 mai 2017 à 19:36

 Selon le dernier baromètre mensuel Viavoice-«Libération», les Français ont une opinion plutôt positive des nouveaux ministres, plaçant Hulot et Flessel en tête, et une «bonne opinion» du nouveau président à 49%.

 

« Macron ne peut se targuer du soutien populaire massif affiché par ses prédécesseurs. » En effet le Président Macron est loin de la cote de François Mitterrand. En 1981 celui-ci dépassait 70%d’opinion favorables (SOFRES).  Laurent Fabius justifie cette faiblesse d’opinion favorable de Macron « Il  chamboule tout. »

En ce qui concerne le premier ministre Edouard Philippe il obtient 33% de bonnes opinions, 25% de mauvaise et 42% de refus de se prononcer.

 Sondage : Macron et Philippe privés d’état de grâce

Le Figaro  Par Tristan Quinault Maupoil

Mis à jour le 18/05/2017 à 19:28

Publié le 18/05/2017 à 18:46

Le couple exécutif n’a pas la confiance de la majorité des Français au lendemain de sa victoire.

Un premier sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique (*) indique jeudi que les Français ne sont pas prêts à faire confiance les yeux fermés au nouveau couple exécutif. Le président de la République bénéficie de 45% de cote de confiance. 46% des Français ne lui font pas confiance, 9% sont sans opinion. Au même stade de son mandat, François Hollande obtenait, en 2012, un meilleur taux de confiance (58%). De même pour Nicolas Sarkozy en 2007 (59%) ou encore Jacques Chirac (61% en 1995 et 53% au début de son deuxième mandat en 2002). «On sent un certain attentisme des Français et face à eux, un président de la République et un premier ministre qui vont avant tout devoir faire leurs preuves», commente Yves-Marie Cann, le directeur des études politiques d’Elabe cité par Les Echos.

Sans surprise, c’est chez ses électeurs du premier tour qu’Emmanuel Macron obtient sa meilleure cote de confiance (92%). Viennent ensuite les électeurs de Benoît Hamon (56%) puis les électeurs de François Fillon (49%). «La double déception, suite à la fois au quinquennat de Nicolas Sarkozy à droite et celui de François Hollande à gauche, fait que les Français ne se contentent plus des promesses et ne s’attendent pas à ce que la situation s’améliore sous le seul effet de l’élection», juge Yves-Marie Cann.

Le score d’Edouard Philippe n’est pas plus positif, loin de là. Le premier ministre obtient seulement 36% de confiance. A noter que 21% des personnes interrogées se disent «sans opinion» à son egard, preuve que le maire du Havre pâtit d’un manque de notoriété. Lorsque Jean-Marc Ayrault est arrivé à Matignon, il bénéficiait d’une cote de 56%.

Issu des rangs de la droite, Edouard Philippe ne parvient pas à obtenir la confiance de tous les électeurs de François Fillon. 45% lui font confiance, quand 40% ne la lui accordent pas. C’est chez les électeurs d’Emmanuel Macron qu’il obtient le meilleur score (73%).

Législatives: la majorité présidentielle en hausse

Si les taux de confiance du couple exécutif ne sont pas très élevés, cela n’empêche pas les électeurs d’envisager de voter pour la majorité présidentielle aux élections législatives de juin. 32% envisagent de le faire selon une enquête Harris Interactive pour France télévisions, publiée jeudi (**). C’est trois points de plus que lors de la précédente enquête du 11 mai et six points de plus que dans l’enquête du 7 mai. Surtout, c’est huit points de plus que le score d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle.

À l’inverse, les Républicains et l’UDI sont crédités de 19% des voix (-3 points par rapport au 7 mai). Un score et une tendance identiques pour le Front national. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon progresse (15%; +2 points) et le Parti socialiste continue sa descente infernale, crédité de 6% des voix (-2points).

(*) Sondage réalisé les 16 et 17 mai auprès d’un échantillon de 999 personnes, par Internet, selon la méthode des quotas.

(**) Enquête réalisée en ligne du 15 au 17 mai 2017 (après la nomination d’Édouard Philippe comme premier ministre, et avant la présentation du nouveau gouvernement), auprès d’un échantillon 5 015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus comprenant un échantillon de 4 598 inscrits sur les listes électorales.

Extrémisme : la burqa et la barbe ne font pas le terroriste

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Même si les pays occidentaux voient le nombre d’extrémistes croître sur leur sol, il est difficile de les distinguer du reste des autres citoyens.

En France, la neutralité de l’école publique s’applique officiellement aux professeurs et aux élèves. Il n’en est pas partout ainsi, par exemple, aux États-Unis, dans les écoles publiques, les professeurs doivent observer une stricte neutralité, ce qui n’est pas exigé des élèves (port du voile, vêtements ostentatoires, croix, kippa, etc.).

Peut-être en raison des nombreuses religions qui cohabitent ensemble depuis longtemps dans ce pays, et surtout que de nombreux immigrants avaient quitté l’Europe où l’on ne pratiquait pas la liberté de culte.

Poussée des extrémistes

Mais on assiste, comme partout dans le monde, à une montée grandissante d’extrémistes jeunes et moins jeunes, vivant dans un pays comme tout autre citoyen. Ils n’ont pas de signes ostentatoires. La burqa et la barbe ne font pas le terroriste. Ils fréquentent les discothèques, ont de petites amies, et semblent parfaitement intégrés.

En Grande Bretagne, ils jouent au cricket. Le père d’un de ces tueurs était propriétaire d’un « fish and chips shop », sa famille n’était-elle pas des plus intégrées ? Nous ne sommes plus à l’époque où l’art de la guerre faisait manœuvrer des combattants qui portaient des uniformes et brandissaient des fanions. De toute façon ces belles tenues et armures n’étaient-elles pas témoins d’atrocités ?

Notre tueur actuel n’inscrit pas sa nature. Il est poli avec ses voisins et semble bien intégré dans le milieu où il vit. Dans ces conditions, comment le reconnaître ? Par le passé, il a été un petit délinquant. Il a fait de la prison, pas trop. Il a été en Afghanistan, au Yémen : c’était pour faire du tourisme. Mais à ce moment-là, il va basculer dans l’horreur, certain qu’il est devenu un héros.

1.000 terroristes français fichés aux Etats-Unis

Certes, il est difficile de les suivre dans leurs activités malfaisantes, car intervient la notion de liberté individuelle. Les événements du 11 septembre 2001, aux États-Unis, ont mené au « Patriot act », car le succès de Ben Laden découlait du manque de coordination entre le terrain et le centre opérationnel – le fait qu’un des pilotes apprentis ne souhaitait pas apprendre comment atterrir avait éveillé les soupçons à la base, mais sans suite…

Nos terroristes français étaient fichés dans le cadre du « Patriot Act » et disponible pour la France. Ils étaient au nombre de 1.000, encore fallait-il que nos informaticiens conçoivent des logiciels qui feraient de sorte qu’une cohorte de policiers ne soit pas nécessaire pour les suivre dans leur activité de terrorisme.

Les événements en France du 8 janvier 2015 mènent à des interrogations. Faut-il poser des limites à la liberté individuelle au nom du bien-être général ? Sur un autre registre moins difficile à résoudre est celui de l’application de peines. Était-il normal qu’un de nos tireurs n’ait accompli que deux ans d’une peine de prison de six ans ? Chaque situation dramatique doit mener à réfléchir. Celle-ci est d’autant plus importante qu’elle couvre le monde entier.

Macron?

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Nous avons pour l’instant un Président de la République qui interpelle.

Le Nouvel Obs (Gautier Pirotte) titre ainsi cette idée de tout recommencer. La société civile est une sorte de lessiveuse qui nettoie « plus blanc que blanc ».

Nous avons déjà évoqué la « société civile » et oui, nous lui avons même consacré un ouvrage. Notre nouveau Président parle de « dépolitisation » mais de la compétence de ses candidats (source Rémi Noyon, mai 2017). Notre nouveau Président n’est pas le premier a se lancer dans la bataille idéologique: Jean-Charles Simon, Denis Payre, qui veulent reprendre la Bastille en 2011.

Voici quelques extraits de différents articles sur la question.

L’obs: « La société civile est une sorte de lessiveuse, qui néttoie plus blanc que blanc »

Emmanuel Macron l’assure : ses députés (et ses ministres) seront largement issus de la « société civile ». Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Explications du sociologue Gautier Pirotte.

Rémi NoyonPublié le 10 mai 2017 à 20h24

Promis, juré, la moitié des candidats de la République En Marche !, présentés au public jeudi 11 mai, seront « issus de la société civile ». C’est une promesse d’Emmanuel Macron, qui prévoit aussi de faire monter au gouvernement des « femmes et des hommes » qui ont « une légitimité dans le champ qui est le leur ». Pour éclairer cette expression magique, nous avons passé un coup de fil à Gautier Pirotte, sociologue, professeur à l’université de Liège et auteur de « La notion de société civile » (La Découverte, 20017).

Emmanuel Macron a promis d’investir aux législatives des candidats « issus de la société civile ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est une façon d’utiliser un concept flou afin de redonner sa virginité au discours politique. Il y a chez Emmanuel Macron la volonté de ressourcer le système politique dans ce maelstrom de gens « ordinaires » auxquels on prête toutes les qualités : liberté, spontanéité, créativité. C’est assez finement joué d’un point de vue de communication politique, puisque toute la campagne a démontré l’envie de renouvellement de la classe politique.

On pourrait presque déceler dans cet appel à la société civile une forme de populisme : il s’agit de régénérer le politique dans les vertus du peuple. Sauf que dans la version d’En Marche !, c’est un peuple de jeunes gens qui « en veulent » et qui, de par leur mérite, vont « ouvrir le champs des possibles ». Toute la difficulté du nouveau président, maintenant, sera d’être le « système » tout en conservant cette supposée fraîcheur.

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Est-ce qu’il n’y a pas une contradiction dans les termes à dire que l’on voudra des « députés de la société civile » ?

Oui et non. Le fondement de la valorisation de la société civile, c’est un jeu d’opposition : d’un côté, l’Etat corrompu et bureaucratique ; de l’autre, une société civile propre, harmonieuse, autonome, créative et innovante. Ce sont donc supposément des exacts opposés. Lorsque l’on passe de l’un à l’autre, on se charge des vertus ou des vices de la sphère dans laquelle on arrive. C’est exclusif. Sauf que la réalité est plus complexe : quelles que soient les lectures, marxistes ou libérales, la société civile n’est pas vue comme déconnectée de l’Etat. Quelqu’un qui a un rôle au sein de l’appareil d’Etat ne se déconnecte pas de son intérêt privé. Vous êtes multifacettes, vous avez plusieurs rôles. C’est là que réside le mythe : la société civile est une sorte de lessiveuse, qui nettoie plus blanc que blanc.

 « Les erreurs dans les investitures d’En marche ! montrent l’amateurisme du mouvement »

Jean-Ed : Comment expliquer les erreurs dans la première liste communiquée à la presse ?

Nicolas Chapuis : En marche ! a expliqué les erreurs en prétextant des « bugs informatiques ». Je doute que l’informatique ait quelque chose à voir là-dedans. Il s’agit manifestement d’erreurs humaines… Il semblerait que des noms qui ont été envisagés dans certaines circonscriptions (du type de Mourad Boudjellal dans la première circonscription du Var) aient été laissés par erreur dans la dernière version du document donnée aux journalistes.

En marche ! avait fait beaucoup de communication autour de sa commission d’investiture et sur sa démarche innovante avec une sélection des candidats qui rappelle les procédures des entreprises. Ces quatorze erreurs relevées (plus les petits couacs locaux…) viennent démontrer qu’il y a quand même ici une part d’amateurisme et nous rappellent qu’En marche ! est un jeune parti, qui commet des erreurs… de jeunesse.

Glam : Au-delà des couacs, on a l’impression que cette liste ne résulte que de calculs politiciens. Est-on vraiment loin de l’ancienne politique sur ce plan ?

En marche ! voulait vraiment éviter cet effet-là, mais il y a évidemment des calculs politiques derrière cette liste. Comment ne pas faire autrement ? La composition d’une majorité demande de passer des accords, de faire des compromis… C’est l’essence même de la politique, et ce n’est d’ailleurs pas forcément une mauvaise chose. En voulant présenter une vision de la politique « pure » et dénuée de tout arrangement, En marche ! se retrouve aujourd’hui en butte à la réalité.

Marianne : Les adhérents d’En marche ! n’ont pas eu leur mot à dire sur l’investiture des candidats de leur mouvement ?

Depuis le début, En marche ! a assumé un processus avec une commission d’investiture qui sélectionne des dossiers, un comité politique qui arbitre, et Emmanuel Macron qui tranche.

Lire aussi :   Investitures aux législatives : pourquoi ça coince entre La République en marche ! et le MoDem

Raphaël : Que sait-on des accords qui ont été passés entre François Bayrou et Emmanuel Macron lors du ralliement du premier au second durant la campagne présidentielle ?

Les versions divergent. Mais une chose est sûre : contrairement à ce que MM. Macron et Bayrou ont affirmé, la main sur le cœur, pendant des mois, il s’agissait dès le début d’un accord d’appareil avec négociation de circonscriptions.

L’argument de M. Bayrou est simple : quand il a rejoint M. Macron, il lui a permis de passer dans les sondages de 18 % à 24 %. Il réclame donc l’équivalent, à savoir un quart des députés. Il pensait manifestement avoir obtenu gain de cause avec quelque cent vingt circonscriptions. Du côté d’En marche !, on fait valoir que le MoDem n’avait que deux députés, et qu’ils n’ont pas les « ressources humaines » pour fournir autant de candidats. Comprendre : les candidats proposés par le MoDem n’avaient pas le niveau. Depuis hier, le ton des échanges par médias interposés est assez violent.

PC : François Bayrou n’a-t-il pas gâché cette séquence qui aurait dû être un moment extrêmement fort au vu de la présence de nouveaux visages, de la parité et de toutes les autres « promesses » faites par Emmanuel Macron pour ces investitures ? D’autant plus qu’il remet sur le tapis la vieille « tambouille politicienne »…

L’opération de communication autour du renouvellement a été gâchée par le communiqué du MoDem. Mais elle avait déjà été bien écornée par les nombreuses erreurs relevées, et notamment par le démenti de Mourad Boudjellal, l’une des principales figures de la liste, qui a assuré qu’il ne serait pas candidat En marche !.

Une question : Est-il sûr que Manuel Valls n’aura pas de candidat LRM dans sa circonscription ? Si oui, cela veut dire que M. Valls est accepté dans la majorité présidentielle officieusement ?

Oui, il est certain qu’il n’aura pas de candidat face à lui, cela a été annoncé par Richard Ferrand jeudi lors de la conférence de presse. Il s’agit d’un entre-deux. M. Valls n’aura pas l’étiquette En marche !. Le mouvement a jugé que l’image de M. Valls lui serait néfaste. Mais il considère manifestement que M. Valls pourra s’inscrire dans une future majorité présidentielle. Ce qui est intéressant, c’est que tous les lieutenants de Manuel Valls ont, eux, des candidats En marche ! face à eux. M. Macron ne veut manifestement pas que M. Valls puisse se constituer un petit groupe de députés entre le PS et lui.

Macron Leaks : dans les coulisses

des investitures d’En Marche

https://www.franceculture.fr  – 10.05.2017

Derrière l’exercice de communication autour du processus de recrutement ouvert à tous, des mails piratés de certains membres de l’équipe de campagne lèvent le voile sur un exercice de cuisine électorale.

« La République en Marche » (LRM), nouveau nom du parti « En Marche ! », a dévoilé ce jeudi la liste de ses candidats pour les prochaines élections législatives des 11 et 18 juin. Le but est de donner une majorité au président fraîchement élu, Emmanuel Macron, avec la promesse d’avoir des candidats incarnant le renouvellement, la probité, la société civile et la parité. Officiellement, l’opération d’investiture est présentée comme un succès populaire avec 19.000 dossiers de candidatures déposés sur le site du mouvement depuis le 19 janvier, pour 577 circonscriptions. La première liste révélée à la mi journée ce jeudi est de 428 noms.

Mais dans les coulisses, la gestion a été bien plus compliquée. Avec notamment une Commission Nationale d’Investiture (CNI) qui a eu du mal à faire face. C’est en tout cas ce que nous apprennent les mails de certains membres du mouvement qui ont fuité suite à un piratage de données et à leur publication sur internet. Dans ces mails : pas de scandales, pas de révélations, mais une plongée dans les coulisses de la campagne.

Dès février, on peut lire l’inquiétude de certains candidats à l’investiture sur le calendrier. Une fois nommés, il leur faudra trouver un financement, un local et surtout le temps nécessaire pour faire campagne. À tel point que certains candidats auraient « jeté l’éponge » peut-on lire, en Amérique du nord, dans la circonscription des Français de l’étranger.

Présidentielle : la personnalité

d’Emmanuel Macron clive les Français

 07h14, le 19 mars 2017, modifié à 13h49, le 19 mars 2017

A un mois du premier tour de la présidentielle, la personnalité du candidat d’En Marche! ne parvient pas à susciter l’emballement d’une majorité de Français.

Emmanuel Macron veut dépasser les clivages… Mais sa personnalité divise. Tel est le principal enseignement du sondage* Ifop pour le JDD publié dimanche sur les traits d’image du leader d’En Marche!

Trop éloigné des préoccupations des Français. Au coude-à-coude avec Marine Le Pen dans les intentions de vote du premier tour, la candidature d‘Emmanuel Macron semble susciter la perplexité. Pour cause : les personnes interrogées se divisent en deux blocs quasi-égaux sur sa personnalité. De son aptitude à présider, à réformer ou à garantir la sécurité des Français, l’ex-Premier ministre de l’Economie ne parvient pas à dégager une majorité d’adhésion. Ils sont ainsi 51% à douter de sa capacité à réformer le pays (contre 49% favorables),  ou encore 59% à le considérer trop éloigné des préoccupations des Français.

Le régalien, talon d’Achille de Macron. Dans la même veine, un peu plus d’un Français sur deux (52%) juge que le patron d’En Marche! est « inquiétant ». Une courte majorité (54%) estime également qu’Emmanuel Macron n’est pas en mesure de de garantir la sécurité des Français. Un talon d’Achille que le candidat a tenté de rectifier cette semaine, en multipliant les déplacements sur les thèmes régaliens et les annonces, à l’image du retour du service national obligatoire.

« Pas de trait saillant. » Pour autant, ce manque d’affiliation sur sa personnalité laisse planer un doute sur sa capacité à l’emporter. « En 2007, deux tiers des Français voyaient en Nicolas Sarkozy l’homme du changement ; en 2012, François Hollande était perçu comme honnête et attentif aux problèmes des Français. Macron, lui, n’a pas de trait saillant », résume Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

*Sondage réalisé le 16 et 17 mars auprès d’un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode par quotas). 

 

Conclusion

Certes,  Emmauel Macron a battu Marine Le Pen mais n’importe  autre candidat en aurait fait de même. En 2002 la notion de « gauche plurielle » avait mené Le Pen au deuxième tour de la présidentielle qui accorda à Jacques Chirac une majorité confortable, trop confortable. Un certain équilibre  est préférable en démocratie.

Mon père était anglais (de Manchester)  mais travaillait avec la marine française et en 1940 il était à l’Arsenal de Nantes. Dès qu’il était évident que la France était vaincue  mon père acheta une bicyclette  et partit en Périgord où il fit interné dans deux camps puis dans un troisième à Vichy.

Heureusement les autorités  Suisses sont intervenues et il put rejoindre Gibraltar  et continuer la guerre. A la fin de la période Nazi il se trouva pendant 4 ans en tant que colonel dans le corps d’ingénieurs de l’armée Britannique pour démanteler les structures militaires allemandes.

Face à la mort que vaut l’idéologie?

Captagon: La drogue qui permet le terrorisme.

Bernard William Owen

Le monde regorge de nouvelles. L’on sait tout mais il faut une étincelle pour mettre à mal ce que seule quelques privilégiés  pouvaient   évoquer entre eux. Il a fallu qu’un homme politique, respectable  s’il en était, se rende à New York  pour que toute la presse étale ses besoins sexuels disproportionnés. Un autre  français directeur d’une école française bien connue décède à New York  pour que soit découverte une gestion financière désastreuse. Il en va de même, non pas pour un individu, mais pour un comportement     généralisé pour les  personnes  dans les taches surhumaines et allant  contre l’éthique de la société.

Il a suffit que l’on trouve quelques seringues dans un appartement où s’étaient réfugié les auteurs de la tuerie de Paris pour que le grand public découvre que les extrémistes utilisaient la drogue.

Naturellement les djihadistes ce n’est pas l’Occident et pourtant sommes nous si différents?

Les livres que l’on peut lire ici ou là sur  l’armée Nazi ou même sur les expériences des médecins des camps de la mort  ne mentionne pas les drogues qui permettaient  à l’armée de tenir malgré des conditions parfois terribles. La drogue se nommait PERVITIN. Une drogue dure (Méthamphétamine).  Le journal Der Spiegel  publie des lettres écrites par les militaires à leur famille réclamant un  supplément de cette drogue qui venait à manquer à mesure que la guerre se prolongeait. Parmi les lettres,  par exemple de Heinrich Böll (prix Nobel), le militaire demande à ses parents de lui envoyer cette drogue « dont une seule pilule l’aide à rester attentif autant qu’avec des litres de café et qui après une prise toute  anxiété semble s’évanouir.

Apparemment les pilotes  et les conducteurs de chars avaient le privilège de chocolat bourrés de drogue.

En janvier 1942 un médecin militaire raconte que les troupes, encerclés par les Russes, à bout de force se laissent tomber dans la neige, mais il suffisait de distribuer du PERVETIN pour qu’une demi- heure plus tard la troupe reprenne la marche.

Norman Ohler qui  écrit  « L’euphorie totale des drogues dans le Troisième Reich ». La drogue est montée jusqu’à Adolphe Hitler dès 1936 où son médecin Theodore Morell lui a prescrit du Motaflor pour ses crampes d’estomac. Vous remarquez que son médecin est à ses cotés sur les photos quand il se trouve à Berchtesgaden.

L’être humain se ressemble où qu’il soit quelle que soit sa religion

Nécessité fait loi

Bernard owen, Maria Rodriguez-McKey

Toute attaque contre un être vivant entraîne obligatoirement une réaction. Pour un animal, c’est soit la fuite, soit des subtilités dans son comportement, inconnues de l’assaillant. Le principe général est de réagir. Il en va de même pour l’être humain vivant en démocratie.

L’attaque du 11 septembre 2001 a été une surprise pour les citoyens Américains. Il existe toujours les « conspiracy theories » qui peuvent avoir un rien de vérité, mais pour l’attaque elle-même, tout ce que l’on peut relever est le manque d’efficacité entre le terrain et les autorités centrales. En effet, l’un des agents Américains s’était étonné du fait que l’un des pilotes en formation avait refusé de prendre la section concernant les manoeuvres d’atterrissage. Il avait prévenu Washington, mais son message s’était perdu dans la bureaucratie…. Il y avait déjà eu un cas semblable auparavant, quand le patron du F.B.I. Edgard Hoover n’avait pas pris au sérieux un espion double, qui l’avait prévenu trois mois avant Pearl Harbour d’une attaque possible contre la flotte américaine tranquillement amarrée. C’est pour cela que Roosevelt créa l’O.S.S., et Truman la C.I.A. Quelque soient les moyens, l’incompétence est toujours prête à tout faire basculer.

Le drame qui vient de se produire à Paris et dans sa banlieue a été retransmis dans le monde entier. Le nombre de morts et de blessés est important. Alors, que faire ? Nos amis, qui prônent la démocratie réagissent …. Et la liberté ! On parle de mesures liberticides.

Après le 11 septembre, les Etats Unis se devaient de réagir fortement pour eux-mêmes, mais aussi pour lres autres Etats. N’oublions pas que Ben Laden, fils d’une riche famille saoudienne, s’était lancé contre le plus puissant Etat de l’Occident. C’était un acte symbolique, il voulait frapper fort.

En 2004, 2005 et 2006, les Etats Unis ont passé des accords avec les pays européens pour mettre à jour les banques de données sur les personnes, mais, devant les restrictions apportées aux voyageurs européens se rendant aux Etats Unis (70 jours avant son départ, fournir des données personnelles), les Européens ont fortement réagi, et les Américains ont supprimé ces réglementations.

Jean Claude Paye sous-entend que, du fait que le « Patriot Act » comprenant 128 pages, soit rédigé seulement quatre jours après l’attentat, avait été préparé longtemps avant. En cela, il ignore l’efficacité d’un travail administratif et juridique en cas d’urgence.

Il est toujours intéressant de comparer la façon dont les différents Etats traitent la question du terrorisme. Jean Paul Pelissier évoque le journal « The New York Times » qui s’est intéressé à l’affaire Mohamed Merah (le 22 mars 2012). Il semblerait que notre terroriste soit passé à côté des renseignements sur le terrorisme français. Celui-ci travaille essentiellement sur la recherche humaine en pénétrant les sources de recrutement de terroristes potentiels, soit dans certaines mosquées, soit dans des réseaux islamistes radicaux. Cela permet à la France d’être bien informée. Les Américains peuvent utiliser de façon systématique des moyens informatiques d’écoute à un niveau qui permet le recoupement des informations, et obtenir un regard général mais précis de l’ensemble des recherches. Cet auteur cite Gary Schmitt, qui présente le système français comme « très répressif » même avant le « Patriot Act » concernant les écoutes téléphoniques, la loi sur l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste paraît efficace, mais le côté solitaire de Merah et un certain laxisme de son ancien interlocuteur policier révèle la faiblesse du système.

D’ailleurs, l’ensemble de l’affaire Merah n’apparaît pas atypique, car la police allemande a trouvé à Berlin un document d’Al Qaïda, qui recommandait à leurs membres en Europe de l’Ouest et aux Etats Unis de chercher des éventuels terroristes solitaires pouvant se fondre facilement dans la population, sans éveiller les soupçons, et préparer des attaques destinées à terroriser la population.

Le journal « Le Figaro » fournit les détails des contraintes des lignes aériennes devant communiquer les données personnelles appliquées, au départ, par certains pays, et en 2015, par tous. Cela peut paraître une demande nécessaire dans ces guerres non conventionnelles, mais pourrait aussi encourager la pénétration en Europe le flot de personnes non désirables parmi les immigrants empruntant lers voies non conventionnelles par mer. Les terroristes d’outre mer ne sont-ils pas capables de se transformer en agence de voyage pour faire traverser à un coût raisonnable ou non une quantité d’immigrants difficilement contrôlables.

Un instant de réflexion sur les personnes chargées d’explosifs sur le point de perdre la vie. Des seringues ont été trouvées dans l’appartement loué par des terroristes à Alfort Ville. Au départ, la presse a parlé de seringues appartenant à la police pour recherche d’ADN, puis sur RTL et ailleurs, l’on a donné des détails sur la drogue utilisée par Daesh : le captagon qui est utilisé pour éliminer tout sentiment de peur. Cela est très logique. Il s’agit d’un psychostimulant et se trouve sous trois noms différents : captagon, biocapton et fitton. Le captagon était utilisé par les étudiants, dans les années soixante, où il était en vente libre, jusqu’en 2011. Il était produit principalement en Libye et au Liban, alors que la Syrie est devenue le premier producteur à partir de 2011. L’Arabie Saoudite en saisit des tonnes tous les ans, ainsi que le Qatar et d’autres pays arabes. Selon Wikipedia, l’auteur de l’attentat de Sousse du 28 juin 2015, Seifessine Rezgui, revendiqué par Daesh, était sous l’empire du captagon.

La Hongrie: Le fragment d’un empire

Le Parlement à Budapest

Bernard Owen

Les frontières de la nouvelle Europe: Pour moi la nouvelle Europe a commencé en 1918.

La Hongrie faisait partie de ce vaste empire qu’était l’Autriche-Hongrie. Dans ce cadre chaque une de ces deux unités avait son parlement. Le bâtiment du parlement de Budapest est   sur la plaine de la ville nouvelle. Il a pris modèle sur Westminster hormis sa coupole. Les hongrois ont été les premiers   a avoir un métro et un tronçon a été conservé dans son état d’origine.

Mais revenons au découpage de l’Empire en 1918. L’armée d’Autriche-Hongrie  n’existait plus. Les barrages régionaux se répartissaient selon des frontières incertaines: 7% de la population est en Roumanie, différentes parties sont dans la Voïvodine (Yougoslavie)   et une partie en Slovaquie. Pendant l’occupation de l’armée russe le régime communiste s’est adouci. Les frontières avec l’Autriche se sont assoupli. Les familles se réunissaient autour du lac Balaton., d’énormes hôtels pour les accueillir  ont été construit. Dans les revues j’ai été surpris de voir le vaste  nombre d’associations  de gitans. Certes, ils sont nombreux car, en revenant en 1918 le découpage du vaste empoire a découpé les voies de communication. Autant les lignes principales étaient Bratislava-Budapest, puis Vienne et Prague. Maintenant ces lignes sont remplacé par des frontières. Le sens de l’organisation de la Hongrie était propice aux internationaux où nombreuses réunions ont eu lieu à partir de 1990.

N’oublions pas que la Hongrie a été occupé longtemps par les armées turques (à l’époque de l’Empire Ottoman) et tout près de Budapest se trouve un minaret. Le palais impérial sur le hauteurs     de Budapest est impressionnant.

Les partis hautes et basses de la ville divisées par le Danube sont reliées par des ponts dont un a été construit par Eiffel.

Cet empire a protégé l’Europe des envahisseurs qui ont traversé la Méditerranée.

En  regardant les institutions l’on peut regretter le système mixte qui a été adopté. Un système majoritaire à 1 ou 2 tours eut été préférable. Mais nous en parlons par ailleurs.

Les élections législatives de 2014

En Hongrie, des élections législatives se tiennent le 6 avril 2014, les citoyens hongrois devant élire les 199 députés de la 7e législature de la Diète, pour un mandat de quatre ans. Les élections se traduisent par une large victoire du Fidesz-Union civique hongroise de Viktor Orbán qui est assuré de conserver sa majorité des deux tiers au Parlement. Le parti nationaliste Jobbik sort renforcé et obtient 20 % des voix.

La domnation du Fidesz

À l’issue des élections législatives des 11 et 25 avril 2010, le Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz), le premier parti de l’opposition depuis huit ans, a largement remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale de Hongrie (Országgyűlés), avec 263 députés sur 386, soit 68 % des sièges. Le Parti socialiste hongrois (MSzP), au pouvoir depuis 2008 et discrédité par sa politique de rigueur comme par les aveux de mensonge de l’ancien Premier ministre, Ferenc Gyurcsány, avait dû se contenter de 59 députés, seulement onze de plus que le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik), un parti d’extrême droite. D’autre part, le parti La politique peut être différente (LMP), écologiste et libéral, avait surpris de par son notable résultat, obtenant 15 élus à la Diète.

Le 29 mai suivant, l’ancien Premier ministre et président du Fidesz, Viktor Orbán, était officiellement élu Premier ministre de Hongrie par l’Assemblée nationale, sur la proposition du président de la République, László Sólyom. Enfin, le 29 juin, le président du Parlement, Pál Schmitt, fut élu président de la République par la majorité du Fidesz ; cet ancien sportif olympique et diplomate promettait aux grands électeurs de soutenir le gouvernement, sans constituer un obstacle à toute procédure législative, assumant, de facto, son franc soutien à la politique du Premier ministre.

En 2011, le gouvernement Orbán II proposait à l’Assemblée l’approbation d’une nouvelle Loi fondamentale, d’obédience conservatrice, dans laquelle furent mis en valeur les racines chrétiennes du pays, le mariage entre un homme et une femme comme pilier fondateur de la famille et le patriotisme économique. Cette nouvelle Constitution, fort critiquée par l’Union européenne2 et une partie des intellectuels hongrois, fut cependant approuvée par les seuls députés membres du parti du Premier ministre.

Loi électorale

La Diète se compose de cent quatre-vingt-dix-neuf députés, élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, selon un mode de scrutin majoritaire mixte.

Cent six députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour, chacun dans une circonscription. Les quatre-vingt-treize autres sont désignés par un scrutin séparé sur liste nationale des partis, dont la répartition des sièges est faite selon un système de « compensation » pour lequel on ajoute aux suffrages du scrutin de liste nationale les suffrages « fragmentaires » (töredékszavazat) du scrutin uninominal, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas permis aux différentes forces de remporter des sièges dans les circonscriptions, ainsi que toutes les voix du parti ayant remporté le siège qui dépassent le seuil nécessaire pour l’emporter, et on effectue la répartition selon le scrutin proportionnel d’Hondt3.

Campagne

Partis en présence

Force politique Idéologie Chef de file Score en 2010
Fidesz-Union civique hongroise – Parti populaire démocrate-chrétien
Fidesz – Magyar Polgári Szövetség – Kereszténydemokrata Néppárt
Droite
Conservatismenationalismepopulisme
Viktor Orbán
(Premier ministre)
263 députés
Unité
Összefogás
Centre gauche
Social-démocratieprogressisme
Attila Mesterházy 65 députés
Mouvement pour une meilleure Hongrie
Jobbik Magyarországért Mozgalom
Extrême droite
Nationalismeeuroscepticismepopulisme
Gábor Vona 47 députés
La politique peut être différente
Lehet Más a Politika
Centre
Écologie politiquesocial-libéralisme
András Schiffer 15 députés

Les résultats en pourcentage de voix

FIDESZ

Victor Orban

44,87%
MSZP EGYUTT 25,57%
JOBBIK

Gabor Vara

20,22%
LMP

Andreas Schiller

5,34%

(Stabilité du FIDESZ depuis 8 ans)

 

 

Le Mali : Prolongement de la Libye

BERNARD OWEN | LE 17/01/2013

Nous avons écrit dans le Cercle des Echos du 9 avril 2012 un article : « Mali, le coup d’Etat par désespoir ». L’Afrique du Nord, le Moyen Orient se trouvent en période de trouble et de remise en cause brutale des institutions.

Les effets de ces bouleversements créent des situations totalement sous-estimées sinon ignorées par l’Occident. Il s’agit, d’une part, des Touaregs, nomades dont le rôle économique n’est plus, et les sédentaires qui occupent et exploitent le terrain. La seule personne, qui avait réglé le problème de cette vaste zone, était le Président Kadhafi, dont les forces avaient déjoué un attentat et expulsé les terroristes, tout en accordant un visa à vie aux touaregs. Kadhafi ne s’était pas arrêter là, car il avait financé de vastes projets agricoles, touristiques, au Mali, et avait grandement aidé ce pays.

Lors de l’attaque Occidentale sur la Libye, des centaines de combattants du Niger et du Mali sont partis soutenir Kadhafi, considérant qu’ils avaient une vraie dette de sang envers lui. Eric Denécé, Directeur du Centre Français de recherche sur le renseignement, est clair sur l’origine de la situation présente (à savoir, la révolution du 21 mars 2012) : « Il faut dire et répéter que le facteur déclenchant tout cela est l’intervention occidentale en Libye ».  17 janvier 2013, la chaîne de télévision CNN nous dit la même chose.
Nous ne développerons pas plus avant, ayant déjà abordé ce sujet, et ne citerons pas nos sources, l’ayant déjà fait.

Mali, le coup d’Etat par désespoir

BERNARD OWEN | LE 17/01/2013

Nous avons écrit dans le Cercle des Echos du 9 avril 2012 un article : « Mali, le coup d’Etat par désespoir ». L’Afrique du Nord, le Moyen Orient se trouvent en période de trouble et de remise en cause brutale des institutions.

Les effets de ces bouleversements créent des situations totalement sous-estimées sinon ignorées par l’Occident. Il s’agit, d’une part, des Touaregs, nomades dont le rôle économique n’est plus, et les sédentaires qui occupent et exploitent le terrain. La seule personne, qui avait réglé le problème de cette vaste zone, était le Président Kadhafi, dont les forces avaient déjoué un attentat et expulsé les terroristes, tout en accordant un visa à vie aux touaregs. Kadhafi ne s’était pas arrêter là, car il avait financé de vastes projets agricoles, touristiques, au Mali, et avait grandement aidé ce pays.

Les partis et le régime présidentiel

Bernard Owen

L’on va situer le parti dans le contexte présidentiel, car c’est le domaine où le parti est de première importance, ce qui n’est pas évident dans les travaux qui lui sont habituellement consacrés.

La recherche considère habituellement que les pays d’Amérique Latine utilisent des institutions très semblables à celles des Etats-Unis du Nord. Les causes permettant d’expliquer les divergences entre le comportement politique du sud et du nord sont donc recherchées ailleurs. On se limite à incriminer l’esprit latin, le niveau économique, les grands propriétaires etc.. Or, il existe une différence essentielle entre les institutions du nord et du sud. Il s’agit de la façon dont sont élus les membres des assemblées législatives ainsi que les présidents. Le fait que les lois électorales ne figurent pas habituellement dans les constitutions leur accorde un rôle tout à fait secondaire.

La grande difficulté de l’Amérique Latine se situe au niveau de la continuité du régime démocratique. L’interdiction du deuxième mandat présidentiel consécutif, qui a été conçu pour éviter d’établir la permanence d’un pouvoir personnalisé, ne pouvait se justifier qu’en admettant la présence de partis électoralement puissants et modérés qui pouvaient, mieux qu’un homme, par le renouvellement continuel de leurs adhérents, assurer la continuité.

L’absence de bipartisme et le multipartisme caractérisé mènent à « l’excès d’alternance ». En effet, la faiblesse électorale de l’ensemble des partis va retirer de la crédibilité à leur candidat. Ce qui importera ne sera pas le fait d’être présenté par tel parti mais d’avoir une personnalité qui apparaît clairement à la tribune ou à la télévision. Cette situation livre la campagne à la condamnation générale du passé par l’ensemble des candidats. Ne devant rien ou peu de choses à un parti, les candidats accentueront l’aspect novateur de leur programme. Ils devront frapper l’imagination de l’électeur, flatter le désir de changement et se mettre en spectacle.

Au contraire, dans le cas de bipartisme (comme aux Etats-Unis) les deux seuls candidats acceptables aux yeux de 90 % de l’électorat sont ceux choisis par ces deux partis. L’essentiel est donc de se faire admettre, soit par les réunions de dirigeants de ces partis, soit par des élections primaires, que nous avons développées précédemment. La campagne électorale sera alors très différente : l’un des candidats attaquera la politique suivie par le président sortant, alors que le candidat du parti de l’ancien président devra la soutenir. En effet, ce candidat sera obligé d’assumer une part de l’ancienne politique pour obtenir le soutien et la nomination de l’appareil du parti et des électeurs potentiels.

En ce qui concerne l’Amérique Latine, l’impossibilité de deux mandats présidentiels successifs, liée à la non existence d’une permanence de la représentation parlementaire de partis approchant les 50 % des sièges, crée une obligation d’alternance qui se trouve à tous les niveaux de la vie politique nationale, et mène à une tragique absence de continuité. Il est certain qu’un président populaire favorisera un regroupement autour de son parti. Mais cet avantage disparaîtra avec la fin de son mandat électoral.

Principes de la procédure d’une élection présidentielle

 Le souci des constituants est d’éviter l’élection d’un président ne représentant pas une part importante de l’électorat. Cette part qui doit garantir l’élimination d’un candidat risquant de jeter le trouble dans le pays est de se situer autour de 50 % des voix exprimées, lors de l’élection au suffrage universel. Ce résultat peut être obtenu de façon différente. La France a réglé la question de façon radicale en exigeant l’obtention de la majorité absolue des voix exprimées au premier tour, et de la présence au deuxième tour des deux candidats ayant obtenu le plus de voix au premier tour. L’un des deux candidats devra donc obligatoirement obtenir plus de 50 % des voix au deuxième tour.

Les garanties constitutionnelles pour l’élection d’un président représentatif étaient moins brutales, par exemple au Chili avant 1971, et aux Etats-Unis. Ces deux pays utilisaient un procédé présentant des similitudes, qui a remarquablement bien fonctionné aux Etats-Unis, alors que l’avant dernière expérience démocratique du Chili a pris fin en 1971.

Tout comme la France, le Chili et les Etats-Unis envisagent l’élection en deux parties : un premier tour où intervient le suffrage universel et où le candidat devrait obtenir au Chili 50 % des voix pour être élu, et pour les Etats-Unis la majorité absolue au sein d’un collège formé par les « grands électeurs » qui, eux, sont élus au suffrage universel. Un deuxième tour, au cas où aucun candidat ne remplirait les conditions imposées par le premier tour, confie la désignation du président à la Chambre des Représentants pour les Etats-Unis et au Congrès (réunion des deux chambres) pour le Chili.

Voyons la façon dont s’accomplit le premier tour de scrutin. L’élection aux Etats-Unis se fait officiellement au suffrage indirect. En fait, l’électeur vote pour un « grand électeur » qui a fait campagne pour un candidat déterminé. Ce n’était pas l’intention des constituants mais la pratique est ainsi.

Chaque Etat Américain désigne un nombre de « grands électeurs » correspondant au nombre de députés qui le représente à la Chambre des Représentants + 2 (les deux correspondant aux 2 sénateurs auquel a droit chaque Etat, quelle que soit sa population). Chaque Etat choisit en quelque sorte son candidat à la présidentielle, car tous les grands électeurs de l’Etat seront pour le même candidat.

Nous ne nous attarderons pas maintenant sur les critiques qui concernent la théorie du procédé, mais envisagerons les faits, la réalité de la politique. Le système a-t-il donné dans le temps les résultats souhaités ? Il est indéniable que les présidents des Etats-Unis ont été désignés dans de bonnes conditions, et ont assuré la stabilité politique de ce vaste pays composé d’ethnies et de religions les plus diverses.

Fait surprenant, seulement deux présidents (en 1800 et en 1824) n’ont pas réuni la majorité absolue du collège électoral (composé des grands électeurs), et ont été désignés par la Chambre des Représentants. Certains feront remarquer que la majorité dans les collèges électoraux représente une accentuation des tendances propres au scrutin majoritaire, et que cela ne reflète pas nécessairement la situation au niveau du suffrage universel. Cela est vrai, mais seulement jusqu’à un certain point, car la moyenne générale obtenue par les présidents élus depuis 1824 (premiers chiffres du vote populaire disponibles) est de 51,9 % des voix exprimées.

Autre fait important, les deux partis de ce bipartisme ont obtenu plus de 90 % des voix exprimées par le suffrage universel, sauf pour quatre cas (1912, 1924, 1968, 1992).

Il en va tout autrement quand un pays d’Amérique Latine adopte des règles comparables, mais présentant deux divergences, dont une fondamentale :

  1. le mode de scrutin aux élections des assemblées est dérivé du scrutin de liste proportionnel, et crée un multipartisme caractérisé et variable
  2. La comptabilisation des voix, lors de l’élection présidentielle se fait directement au niveau national (sans passer par l’intermédiaire des grands électeurs).

La faiblesse et la multiplicité des partis siégeant dans les assemblées leur accordent peu d’autorité morale, ce qui diminue leur possibilité d’action, quand il s’agit de choisir le Président de la République. La volatilité du vote à l’assemblée nationale chilienne est surprenante. L’élection du Président FREI, en 1964, fait passer le vote de son parti aux élections législatives à 43,6 % des suffrages, alors qu’aux élections précédentes il n’obtenait que 14,91 %. Aux élections suivantes, alors que le Président FREI n’avait pas le droit de se présenter pour un deuxième mandat, ce même parti redescendra à 29,8 % des suffrages.

Dans le cas d’un bipartisme, les deux partis désignent les deux seuls candidats acceptables à l’électorat. Dans le cas d’un multipartisme caractérisé, c’est le parti qui dépend de l’élection de son candidat.. Cette insuffisance d’autorité morale leur interdit d’intervertir l’ordre donné par le peuple au moyen du suffrage universel. Ainsi, le Congrès ne fera que confirmer le résultat du premier tour (ce qu’il a toujours fait au Chili). Restons au Chili. Les trois présidents élus au suffrage universel obtenaient, au seul tour prévu par la loi :

1958 ……………… ALESSANDRI    –    31,6 % des voix

  1964 ………………FREI                      –    56,1 % des voix

 1970 ………………ALLENDE             –    36,3 % des voix

Deux des présidents représentaient un pourcentage proche du tiers des voix, et l’un d’eux avait un programme quasi révolutionnaire. D’autre part, la Constitution accroît les risques d’instabilité en interdisant deux mandats successifs. Le Président FREI ne pouvait donc pas se représenter en 1970, et le candidat ALLENDE remportait l’élection à la surprise générale. Les Démocrates Chrétiens au Congrès acceptèrent de soutenir son nom contre des garanties sur les libertés individuelles. La position du Président ALLENDE était extrêmement délicate. Comment pouvait-il espérer entreprendre des réformes quasi révolutionnaires en ne représentant le programme de partis qui n’avaient réuni que 29,4 % des voix exprimées, lors des élections législatives de 1969 (voix du Parti Communiste et du Parti Socialiste) ?

En considérant la chute du Président ALLENDE, il n’est nullement besoin de rechercher des causes économiques, sociologiques ou des interventions extérieures. Ces divers éléments ont certes pu jouer un rôle dans le déroulement des évènements, mais les institutions chiliennes portaient en elles le germe de la discorde. Le système chilien aboutissait donc, dans la pratique, à une élection du Président à la majorité toute relative. Ceci pourrait être le cas des Etats-Unis, mais les graves dangers sont évités grâce au bipartisme et au nombre important de voix que cela permet d’obtenir aux candidats des deux partis du bipartisme.

 

Le rôle du parti politique

L’élection législative aboutit à une situation nationale où les deux ou plusieurs partis politiques sont présents sur l’ensemble du territoire par les députés qui ont été élus pour un mandat de quatre ou cinq années. La situation est toute autre dans le cas de l’élection présidentielle, car le, ou les candidats perdants n’ont aucun statut, sauf celui d’avoir été battus, statut peu flatteur d’une part, et qui n’accorde pas une place officielle dans les institutions de la République.

 

Le candidat battu aux élections présidentielles redevient officiellement, du jour au lendemain, un citoyen comme les autres, alors que le parti ayant perdu la bataille législative conserve un certain nombre de députés officiellement reconnus et d’un statut en tous points égal aux députés du parti gagnant.

La disparition, sur le plan officiel, du ou des candidats malheureux ne porte pas à la stabilisation, s’agissant en fait d’une uni polarisation, dès le combat électoral terminé. C’est alors que l’essentiel du potentiel d’opposition de l’électorat devra regarder vers le parti ou les partis d’opposition se trouvant à l’Assemblée Législative, à qui va incomber le rôle, indispensable en démocratie, de contrepoids au pouvoir présidentiel et gouvernemental.