Comprendre l’actualité au travers des révoltes d’antan.

Alexandre II,
29 avril 1818 – Saint-Pétersbourg, 13 mars 1881), empereur de Russie (3 mars 1855 – 13 mars 1881), dit « Le Libérateur ».

Bernard Owen

De nos jours, nous constatons des mouvements de révolte, mais ceux-ci n’ont rien de nouveau. Ils se bousculent à travers l’histoire du monde et certains, plus récents, observés au travers du prisme électoral, peuvent apporter des renseignements, jusque là ignorés.

C’est pour cela que nous allons fournir un bref aperçu des évènéments politico-électoraux, qui ont secoué la Russie de février 1917 à janvier 1918.

Le « Capital » de Marx présente la Russie comme exemple d’un pays en voie d’industrialisation. Qu’en était-il de la politique ? Dès 1809, le pouvoir absolu du Tzar Alexandre I avait déjà fait l’objet de recommandations de son conseiller Spéranski pour mener à une monarchie constitutionnelle. Le système juridique n’avait rien à envier à ce qui se faisait en Occident, mais la politique avait un certain retard. Il faudra attendre Alexandre II pour les grandes réformes terriennes et celles des villes, par exemple, en 1864. Elles concernaient, dans un premier temps, les provinces de la Russie centrale et une partie de l’Ukraine, où ont été créés les « zemstovs », qui formaient des organes de direction locale. Le vote avait lieu tous les trois ans, était censitaire, tels la propriété, l’âge et l’éducation. Ces organes étaient responsables du registre, de l’éducation et de l’approvisionnement en nourriture en cas de mauvaise récolte et de l’état des routes.

Cette réforme a été étendue aux villes à partir de 1870. A Moscou, l’application d’un cens limitait l’électorat à 4 % de la population masculine, pour reprendre le mémoire d’Inga Vahramyan : « la Douma de 1905 à 1917 », pour le Certificat Administrateur d’élections – Université Panthéon Assas Paris 2, « ainsi, la Douma de 1905 n’était pas véritablement une nouveauté dans la Russie tsariste, elle était issue d’une ancienne tradition des assemblées ».

Cela n’est pas tout, car à partir de ces assemblées prendra forme un système de partis, qui apparaîtront, lors de l’assemblée constituante, à la surprise de Lenine et des bolcheviques, qui n’avaient pas organisé ces élections, et qui pensaient, qu’à partir des assemblées des soviets et de leur coup d’état, ils avaient l’opinion de leur côté. Cette élection avait lieu les 12 – 14 novembre 1917, neuf mois après la révolution ayant entraîné l’abdication du Tzar, et moins de trois semaines après le coup d’état bolchevique. Dans certaines régions, ces élections ont donné lieu à des difficultés, car elles étaient organisées par la Commission Centrale nommée par le gouvernement provisoire, alors que le pouvoir central venait d’être pris en main par les bolcheviques. L’organisation générale des élections semble avoir été bien pensée, mais le système de communication et le télégraphe n’étaient plus entretenus, et la campagne des bolcheviques contre la presse de tous bords battait son plein.

Deux études ont servi de base à Oliver Henry Radkey, l’une d’un député des socialistes révolutionnaires de 1918, Nivisviatiski, et l’autre, dans les archives de la Révolution d’octobre consulté en 1950.

Quels étaient les partis ?

Le secteur socialiste était divisé. Les Marxistes, représentés par les « Mensheviks », pensaient qu’il fallait attendre pour pouvoir transformer le pays. Les « bolcheviks » prônaient, comme Robespierre, l’insurrection. Les non marxistes : les « Narodnik » fondaient leur idéologie sur les habitudes et les traditions paysannes pour transformer le monde. Le P.S.R. – socialistes révolutionnaires s’est avéré de loin le parti le plus important, car son noyau était formé de tous les responsables locaux dans le cas des autorités villageoises, dont il a été précédemment question – une intelligentsia locale, les personnes chargées des registres, les enfants des prêtres orthodoxes, les responsables des coopératives, les instituteurs et tous les fonctionnaires élus du « zemstvo ». Ce n’était pas un parti avec une idéologie bien marquée, ce qui leur permettait d’accueillir des nationalistes de toutes régions d’Ukraine, ou autres, qu’elles soient orthodoxes ou musulmanes. Ils étaient réformistes socialistes, mais, surtout ce parti entrait dans le cadre de celui qui possède une structure d’influence électorale. Les membres du parti étaient les élus responsables de la vie municipale (zemstvo). Les administrés les avaient vus à l’oeuvre, avaient travaillé avec eux, connaissaient leurs capacités. La confiance que l’on peut avoir pour une personne est de loin supérieure aux paroles d’un homme politique, quels que soient son programme, et ses intentions. La présence de la troupe livrée à elle-même, influencée par les Bolcheviques qui voulaient terminer la guerre, montre une percée inattendue des Bolcheviques, dans certaines localités, mais inférieure au vote pour le P.S.R. Le problème se pose différemment à Moscou, sujet d’affrontements violents, où le bipartisme se joue principalement entre les Bolcheviques et les Cadets.

Le parti des démocrates constitutionnels, connu sous le nom de « Cadets » avait été un parti de grande importance dans la douma. Il réunissait des intellectuels, des professeurs d’université, des hommes d’affaires. Les « Cadets » étaient pour une monarchie constitutionnelle, au moins jusqu’à la chute de l’empereur, s’inspiraient de la Grande Bretagne et de la France et soutenaient leur alliance contre l’Allemagne et l’Autriche.

Au début du siècle, il existait des partis d’extrême droite, qui s’étaient désintégrés avec le temps. Lors des élections à la Constituante, est apparu un autre groupement non socialiste, celui des « cossaks », représentant dans les 2.000.000 de suffrages.

Les résultats en sièges

Deux listes en sièges sont disponibles : celle des archives de la révolution d’octobre 1917 consultée en 1950, et porte sur 707 représentants élus (la liste de janvier 1918, plus ancienne, comprend 703 représentants). Les Socialistes Révolutionnaires (P.S.R.) obtiennent de loin la majorité – 410 représentants. Après l’élection, 40 représentants feront défection pour créer le P.S.R. de gauche qui ne s’entendent pas avec les « Bolsheviks ».. Les « Bolcheviks » auront 175 représentants, les « Mencheviks » 16, les Socialistes populaires : 2, les « Cadets » : 17, des groupes nationaux : 86 (Kirghiz, Arméniens, Polonais, Cossaks ….).

Notre auteur donne quelques exemples de vote atypique – La province de Kursk – une région agricole où, ce qui est normal, le P.S.R. Obtient 868,743 suffrages, suivi des « Bolcheviks » avec 119,127 suffrages, le vote important pour ces derniers, s’expliquant par une garnison avec la présence de soldats revenant du front. Les « Kadets » obtiennent 47,199 suffrages et les « Menshevik » : 6,037. D’autres obtiennent en tout 17,250 suffrages.

La troupe votait sur le terrain. En réalité, la révolte militaire, qui avait emporté le Tzar, était semblable à celles qui avaient secoué les armées allemandes et françaises, mais beaucoup plus vaste, étant donné l’étendue du front russe difficilement contrôlable.

Le front de l’ouest, proche de Petrograd et Moscou, où la propagande bolchevique était puissante, a placé en tête les Bolcheviques : 653,430 suffrages contre 180,582 au P.S.R., alors que sur le front de la Roumanie les Bolcheviques ne réunissaient que 167,000 suffrages contre 679,471 au P.S.R.

Quant aux deux grandes villes : Petrograd et Moscou, les deux premiers partis sont et de loin les Bolcheviques et les « Cadets ». A Petrograd, les Bolcheviques obtiennent 424,027 suffrages contre 246,506 aux Cadets. A Moscou, les Bolcheviques ont 366,148 suffrages contre 263,859 aux Kadets (le P.S.R. N’obtenant que 62,260 suffrages).

La validité de l’élection

Une élection nationale, dont l’organisation était le fait des autorités provisoires mises en place en février 1917, mais venant d’être balayées par un coup d’état, pouvait-elle être considérée comme représentant l’expression du peuple ? Les documents contemporains font état d’intimidations, et l’on parle essentiellement des bolcheviques qui, en contrôlant le gouvernement, disposaient de la garnison militaire, sans compter les gardes rouges, près de 25 000 hommes, et les soldats en retraite, qui étaient sensibles à la fin de la guerre prônée par les bolcheviques. Mais, ceux-ci ne contrôlaient pas l’administration électorale, et devaient faire face aux instituteurs, au clergé et aux riches fermiers, ce qui pouvait mener à l’absence de certains bulletins dans un bureau de vote. En dehors des grandes villes, les deux forces antagonistes étaient le P.S.R. et les bolcheviques. L’auteur cite le journal du P.S.R. « Delo Naroda » qui, dans un article, critique le fait que les bolcheviques aient le monopole des automobiles, alors que dans un autre article, il parle des automobiles au service des Cadets.

Les rapports de toute provenance dans ce vaste pays, qu’il s’agisse des grands centres ou de la campagne, indiquent que les conditions du vote étaient satisfaisantes. Il faut souligner que les Bolcheviques, qui avaient pris le pouvoir, ont perdu l’élection.

L’on note que trois présidents de bureaux de vote ont été abattus, mais Radkex fait remarquer que, lors d’élections, il est normal que dans le seul Etat du Kentucky l’on compte autant de morts.

L’évolution du vote

Une comparaison du pourcentage des votes obtenus par les partis, lors des élections municipales de juin, septembre et pour la constituante de novembr e, est intéressante. Ceci ne peut se faire que pour les villes, et Moscou indique la plus grande différence. Les élections de juin étaient de pourvoir l’autorité centrale de la ville, et celle de septembre de pourvoir les conseils des districts de la ville. En pourcentage de suffrages, nous obtenons :

Le P.S.R.                       58 %, 14 % et  8 %
Les Bolcheviks          12 %, 51 % et 48 %
Les Kadets                 17 %, 26 % et 35 %
Les Mencheviks        12 %,   4 %  et   3 %

La technique de l’élection
Le transfert des suffrages en sièges se fait au scrutin proportionnel. Le pays est divisé en 80 circonscriptions.
La méthode utilisée est le système d’Hondt avec listes bloquées.
Le bulletin est placé dans une enveloppe.
Le suffrage est universel féminin et masculin.
Le nombre d’électeurs serait de 41 686 876 (certains chiffres ne sont pas connus).
La participation serait de l’ordre de 60 %.
Les chiffres indiquant le nombre d’élus par parti sont eux fiables.

La réaction de Lénine

L’Assemblée constituante élue au suffrage universel se rassembla du 5 au 6 janvier 1918, et fut dissoute par le gouvernement bolchevique. Lénine fut déçu par la faible performance du Parti Bolchevique, et publia un article dans la Pravda (n° 213) du 26 décembre 1917, de façon à la déconsidérer « …. la république des Soviets est une forme de démocratie supérieure à celle de la république bourgeoise habituelle avec assemblée constituante ».

« D’abord, la représentation proportionnelle ne traduit véritablement la volonté du peuple que lorsque les listes des partis correspondent réellement à la répartition effective du peuple dans les groupements politiques reflétés par ces listes ».

Lénine critique le fait que la loi électorale ne comprenne pas le droit de rappel et que les électeurs ne furent pas suffisamment informés des travaux des Bolcheviques pour obtenir la paix. Il demande une déclaration de l’Assemblée Constituante reconnaissant : « sans réserve, le pouvoir des Soviets… sans quoi la crise ouverte ne peut être dénouée …. que par les mesures révolutionnaires les plus énergiques, les plus promptes, les plus vigoureuses et les plus décidées …. ». L’assemblée constituante refusa de reconnaître le pouvoir des Soviets.

Les dirigeants des Cadets furent immédiatement arrêtés, et la presse française (l’Illustration) publia la photo de deux ministres Cadets du gouvernement libéral assassinés. Les Socialistes Révolutionnaires, qui avaient remporté l’élection, tentèrent d’assassiner Lénine. Le premier attentat manqué est en date du 1er janvier 1918. Le deuxième attentat fut mieux réussi mais non mortel, il eut lieu le 30 août 1918 par une femme : Fanny Kaplan, qui tira trois coups de pistolet blessant Lénine au bras gauche et au poumon proche de la colonne vertébrale. Craignant pour sa vie, Lénine se fit emmené au Kremlin et non à l’hôpital. Les médecins ne purent enlever la balle. Les blessures le génèrent dans ses activités. A partir de 1922, il eut plusieurs attaques et mourut le 21 janvier 1924. La tireuse qui se faisait appeler Fanny Kaplan déclara « qu’elle était en faveur de l’Assemblée Constituante ». Elle fut exécutée sans jugement le 3 septembre 1918.

Fanny Kaplan, qui voulait qu’on applique la Constituante voté par le peuple tenta de tuer Lenin le 30 août 1918.

Quelques jours avant, le 30 août 1918, était assassiné Moïse Uritsky, chef de la Tcheka de Petrograd. Le 5 septembre, le Conseil des Commissaires du peuple publie le décret officialisant la terreur rouge.

En Russie, et à cette époque, la force l’a emporté sur le droit du peuple à s’exprimer. Actuellement, le Moyen Orient est en émoi. Il s’agit d’une spontanéité assistée, orientée par l’un des puissants pays d’Occident. Et maintenant, que va-t-il se passer ? Allons-nous retrouver des situations à l’Irakienne ? Nous n’en avons pas le droit, et pourtant, les démarches, auxquelles on assiste en Tunisie et en Egypte, ne sont pas encourageantes.

Vive les sénatoriales!

Bernard Owen

La France peut reprendre son souffle. Le Sénat a a rétabli la stabilité.

Une démocratie dépend de l’application de certaines règles. L’une d’elles inconnue du grand public.  Elle se nomme « structure d’accueil  pour le vote contre ». Tous les citoyens  et citoyennes ne sont pas en accord avec les autorités.

Les élections sénatoriales ont produit un certain équilibre; or, la France accorde un pouvoir exorbitant au Président de la République et de son gouvernement. Une sorte de royauté républicaine. Il arrive que dans d’autres Etats l’on puisse rencontrer un président fantaisiste. Par exemple, le président Trump mais le Congrès est là et veille sur lui.

Quant au Président Macron: jamais n’aurai-t-il dû être président. Ses liens avec Soros m’ont immédiatement inquiété. Ce dernier est le roi des « hedge funds » et a fait l’objet de nombreuses enquêtes et interrogations. Or, nous prenons connaissance d’un Président de la République qui est là par accident.

La réglementation des assistants parlementaires était à revoir. Fillon a été l’objet d’un acharnement de la part des magistrats qui peut surprendre. Certes, loin de nous de mettre en cause leur honnêteté et leur sincérité.

Il reste que nous devons supporter un président mal habile qui profite des réformes mises en route par le Président Hollande. Certes, ce dernier manquait  d’autorité. Je terminerait par « vive les élections sénatoriales » qui représentent un équilibre nécessaire à la démocratie.

Le fonctionnement du système électoral Allemand.

Bernard Owen

L’appréciation habituelle du système électoral allemand ne comprend que l’effet arithmétique, à savoir que le résultat en pourcentage des suffrages est sensiblement égal au pourcentage des sièges de chaque parti.

Ce point de vue ne considère nullement qu’un mode de scrutin joue sur la façon dont l’électeur et les candidats perçoivent l’enjeu électoral. Cela remet en cause ce qui est couramment écrit sur la partie majoritaire et proportionnelle de cette élection : à savoir que la partie majoritaire servirait à désigner des personnalités, alors que la partie proportionnelle serait l’élément déterminant. En réalité, il n’en est rien.

Nous constatons que les élus des 299 circonscriptions uninominales sont définitivement élus. Nous constatons que le nombre d’élus sur les listes proportionnelles n’est pas fonction des suffrages obtenus par les partis sur la partie à la proportionnelle (deuxième voix), mais est inversement proportionnel au nombre de sièges obtenus au scrutin majoritaire uninominal (1re voix). Plus un parti obtiendra de sièges majoritaires, moins il aura de sièges proportionnels.

Résultat : le scrutin proportionnel ne sert qu’à réduire ou éliminer l’accentuation en sièges du parti, ou des partis qui obtiennent le plus grand nombre de sièges majoritaires.

L’électorat et les hommes politiques ont bien compris l’importance de ces deux suffrages, et leur attitude diffère quand ils considèrent la première voix uninominale par rapport à la deuxième voix proportionnelle.

Les possibilités offertes par le système électoral allemand ont été comprises par le F.D.P. (libéral), et qui les utilise au maximum. En effet, le F.D.P. est un petit parti qui remonte à l’origine de la R.F.A. et qui n’obtient pas de sièges dans les circonscriptions uninominales majoritaires. Le F.D.P. joue donc sur l’obtention du plus grand nombre de suffrages au niveau proportionnel, ce qui, en raison de la compensation, lui apportera un nombre de sièges beaucoup plus important que les deux grands partis C.D.U. – C.S.U. et S.P.D. Ceux-ci, en raison de leur grand nombre de sièges majoritaires, n’auront droit qu’à un très faible nombre de sièges proportionnels.

Par exemple, cette année 2009, le C.D.U. n’obtient que 21 sièges à la proportionnelle, alors que le F.D.P., lui, en a 93 – ceci alors que le C.D.U. obtient 27,3 % des suffrages à la proportionnelle et le F.D.P., malgré sa technique bien au point, n’en a que 14,6. Ainsi, les 11 824 794 de suffrages des listes proportionnelles de la C.D.U. – C.S.U. au niveau national représentent 21 sièges, alors que les 6 313 023 suffrages proportionnels du F.D.P. (libéral) leur accordent 93 sièges.

Pour le F.D.P. il ne s’agit donc nullement, comme il est souvent dit, que la première voix corresponde au choix de la personne, en quelque sorte, un suffrage personnalisé. Pour ce parti, la personnalité de son candidat majoritaire pourra, certes, jouer sur l’attrait pour le parti dans la région considérée, mais ira surtout se placer sur la deuxième voix, qui, elle, comptera pour le décompte final au niveau national.

Répétons donc que moins un parti gagnera des suffrages lors des premières voix (circonscriptions uninominales), plus il obtiendra de suffrages et sièges à la proportionnelle. Le principe de la compensation est donc bien compris.

L’effet des grandes coalitions gouvernementales : l’élection législative de 2009.

Les grandes coalitions gouvernementales présentent la caractéristique d’accaparer la structure d’accueil pour le vote « contre » par des formations plus petites, moins connues, et parfois extrémistes.

Les élections législatives allemandes de 2009 faisaient suite à un gouvernement de grande coalition, depuis 2005, comprenant la droite : C.D.U. – C.S.U. (qui ne s’opposent pas dans les circonscriptions majoritaires uninominales et se comportent comme un seul parti) et le S.P.D. Le Chancelier (premier Ministre) était Angela Merkel avec des ministres C.D.U. – C.S.U. et S.P.D.

Comment un opposant au gouvernement pouvait-il voter ? Naturellement pas pour le parti d’Angela Merkel. Quant au S.P.D., parti traditionnel de gauche, une partie de ses dirigeants et de son électorat n’appréciait guère cette entente depuis 1995 avec la droite. L’on a assisté, alors, à une diminution des affiliations politiques. Lors de différentes élections régionales, l’on avait constaté la présence de candidats N.P.D. (néonazi), or, pour l’Allemagne, c’était gênant, et à l’occasion de procès, il est apparu que ce parti avait été infiltré par les renseignements généraux. En revanche, un nouveau parti « Die Linke » était un parti de la gauche tout trouvé.

C’était à l’origine le parti de la ex R.D.A. (le P.D.S.), donc communiste, qui avait déjà obtenu 3 sièges au scrutin majoritaire. La présence du S.P.D. au gouvernement et la politique réaliste, mais pas très à gauche du Chancelier Schröder avaient poussé certains dirigeants de la gauche du S.P.D., ainsi que certains syndicalistes à rejoindre le P.D.S. (communiste) pour former « Die Linke ». Ce parti a représenté une structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement, obtenant 16 sièges directs et 60 sièges à la proportionnelle. Les autres partis, en dehors de la grande coalition, ont tous gagné en sièges. Le Parti libéral (FDP), dont il a été question, n’obtient aucun siège majoritaire, mais, grâce à une stratégie indiquant la compréhension du système électoral allemand, obtient 93 sièges à la proportionnelle (+32 par rapport aux élections précédentes).

Les Verts ont eux aussi gagné 1 siège majoritaire et 68 sièges proportionnels (+17 par rapport à l’élection précédente).

Un système électoral plus logique considéré sur la continuité de la démocratie serait un scrutin majoritaire uninominal à un tour (peut-être bi nominal, chaque électeur ayant deux voix). Le reproche qui est fait, concernant cette proposition, consiste à dire que dans des régions, telle la Bavière, la C.S.U. remporterait tous les sièges et la gauche bavaroise n’aurait aucun représentant. Or, cet argument n’est pas valable, car la disparition de la partie proportionnelle pousserait à réduire considérablement la taille des circonscriptions uninominales, et l’on sait que plus une circonscription majoritaire est petite, plus une formation, mal implantée dans la circonscription, a de chance d’obtenir un élu.
Remarques générales

Oserons-nous rappeler l’inconscience de nos idéalistes de la politique électorale, qui parlent de représenter les différents courants de pensée ? Certes, ils sont dans le vrai, quand il s’agit de publications, entretiens et discussions. La liberté de parole et d’expression est une fort belle chose, dont on ne saurait se passer, mais il en est tout autrement, lors qu’il s’agit de travaux portant sur la création d’institutions, de systèmes électoraux, sachant que l’idéologie figurant sur les affiches de nos partis est subordonnée à différentes techniques : structure d’influence électorale, structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement, et que ces techniques, comme il en existe dans toute profession, servent à considérer une autre notion : celle de la bonne gouvernance. N’est-il pas bon, alors, de tenir compte de certains facteurs, qui apparaissent dès que l’on pénètre dans le domaine des comparaisons ? La tendance de la proportionnelle a mené à une ségrégation des forces politiques, alors que le scrutin majoritaire tend à l’intégration de différents courants au sein de grands et puissants partis.

Une autre attitude de nos législateurs et de leurs conseillers ne devrait-elle pas évaluer les conséquences de certains dysfonctionnements, qui apparaissent dans le temps, allant même jusqu’à mettre en cause la continuité de la démocratie : les gouvernements chargés des affaires courantes, l’instabilité gouvernementale ?

Ne faudrait-il pas aussi veiller à rendre l’alternance du pouvoir sans danger, allant de soi, et acceptable par tous (ou presque tous).
Le système allemand pourrait illustrer un adage que l’on retrouve dans bien d’autres exemples : « Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ? ! »

Popularité : Macron inverse la courbe et gagne cinq points

23h15 , le 23 septembre 2017, modifié à 10h03 , le 24 septembre 2017

Baromètre IFOP-JDD – Après avoir perdu 24 points en deux mois, Emmanuel Macron se reprend un peu. 45% des Français sont satisfaits de son action (53% mécontents).

Après deux mois successifs de dégringolade (-10 points en juillet, -14 en août), la cote de confiance du président de la République remonte sensiblement. Selon notre baromètre Ifop-JDD, Emmanuel Macron progresse de 5 points, le taux de satisfaction vis-à-vis de son action s’établissant désormais à 45%. Le chef de l’Etat demeure ainsi minoritaire…

Petite introduction à un article de MEDIAPART sur les élections sénatoriales

Bernard Owen

Nous Français, peuvent  se trouver dans des situations embarrassantes. Dans le cas où l’on signale, même discrètement, une erreur  ou maladresse,  de notre Président  de la République, l’interlocuteur étranger nous répondra « mais il a été élu ». (l’on ajoute parfois « par le peuple »)

L’interlocuteur a raison, or jusqu’à un   certain niveau. Son élection a eu lieu avec  une très faible participation. Seulement 18% des électeurs inscrits se sont déplacé.

En ce qui nous concerne,  l’on raisonne sur le résultat de l’élection l’on pourrait dire « grâce aux institutions » et aux magistrats ». Et oui le suffrage universel était fragile. Il ne faut pas jouer avec ce qui n’est pas un jeu.

Certains Etats peuvent supporter de vivre tout juste sans gouvernement grâce à la proportionnelle.  En Europe l’importance d’un président et l’absence de gouvernement  se ressemblent. Alors que faire?

Voici des extraits d’un article très complet sur les prochaines élections au Sénat.

Sénatoriales: les équilibres ne devraient guère bouger dimanche

22 SEPTEMBRE 2017 PAR LUCIE DELAPORTELOUP ESPARGILIÈRECHRISTOPHE GUEUGNEAUDONATIEN HUETMANUEL JARDINAUD ET ELLEN SALVI

Dimanche 24 septembre, 170 sénateurs sur 348 seront renouvelés pour un mandat de 6 ans. La droite devrait rester largement majoritaire. La République en marche a revu ses objectifs à la baisse ces dernières semaines. Le PS escompte rester le deuxième groupe. Le PCF veut sauver le sien. La  2

En 2011, le Sénat basculait à gauche, dans une élection « historique ». Il est depuis revenu à droite, comme il l’a toujours été sous la VeRépublique. Et ça ne risque pas de changer dimanche 24 septembre, à l’issue d’une élection sénatoriale qui renouvelle 170 sénateurs sur 348. En pleine affaire sur les fonds détournés par la droite au Sénat, plus de 76 000 grands électeurs sont appelés à voter, essentiellement des conseillers municipaux. La vague LR des élections de 2014 assure logiquement au parti de la rue de Vaugirard une confortable avance pour ce scrutin.

Chez La République en marche (LREM), les grands espoirs du mois de juin appartiennent déjà au passé. En cause notamment : la décision du gouvernement de supprimer les contrats aidés et la baisse des aides publiques pour les collectivités locales. Le parti du président Macron n’espère même plus être le deuxième groupe de la Chambre haute. Pour autant, il n’abandonne pas l’objectif d’avoir suffisamment de sénateurs socialistes, radicaux et centristes pour s’assurer une majorité des 3/5es et pouvoir ainsi modifier la Constitution.

Les socialistes, au plus mal au Palais-Bourbon – ils sont passés de près de 300 à 30 députés –, devraient réussir à conserver un groupe d’une petite soixantaine de sénateurs. Les centristes de l’UDI et du MoDem, quant à eux, peuvent escompter sortir renforcés d’un scrutin qui recycle un nombre important de candidats à la députation non élus au mois de juin, et qui, une fois de plus, laisse les femmes de côté.

  • Les sénatoriales, cette machine à recycler

Parmi les 2 463 candidats et leurs suppléants, 286 ont, selon le décompte de Mediapart, été battus aux élections législatives des 11 et 18 juin. Le Front national est le parti le plus adepte du recyclage de ces malchanceux : près de 40 % de ses 309 postulants au Palais du Luxembourg ont échoué à entrer au Palais-Bourbon. 98 sénateurs sont par ailleurs en lice pour leur propre succession : Les Républicains est la formation politique qui présente le plus de sortants (26), devant le Parti socialiste (17).

  • Pour LR et les centristes, garder une majorité cohérente

53 des 142 sièges que détient LR sont aujourd’hui à renouveler. L’élection de dimanche s’annonce des plus favorable pour la droite qui a tout raflé aux municipales de 2014. Un temps bousculés par l’ascension irrésistible de LREM, après le coup de balai à l’Assemblée, Les Républicains craignaient de subir le même sort aux sénatoriales. La colère grandissante des élus locaux contre le gouvernement leur a redonné l’espoir de non seulement garder la majorité dans la Chambre haute, mais aussi de gagner encore quelques sièges. « Entre la réduction des dotations aux collectivités locales, la suppression de la taxe d’habitation et la baisse des contrats aidés, les grands électeurs qui ont été un moment séduits par Macron sont de plus en plus remontés contre le gouvernement », affirme le sénateur Roger Karoutchi, candidat à sa réélection dans les Hauts-de-Seine.

Dans ce mode de scrutin particulier où la liste en tête est favorisée, les divisions pourraient coûter quelques précieux sièges à LR. Dans les Hauts-de-Seine et le Nord, ces dernières battent des records avec pas moins de quatre listes concurrentes à droite. Dans le Val-d’Oise comme à Paris, trois listes concurrentes à droite vont aussi s’affronter. Un certain nombre de recalés des législatives que la direction de Les Républicains avait préféré ne pas investir ont quand même décidé de partir sur des listes dissidentes. Ils devraient être une dizaine à se présenter contre les candidats officiellement investis après avoir échoué à se faire élire au mois de juin. Ces divisions pourraient bien aussi, même si aucun des élus contactés ne l’admet, être un habile moyen de contourner l’obligation de liste paritaire. En cas de dispersion des voix, seule la tête de liste est élue. Et en l’occurrence, il s’agit d’hommes.

Pratiquement assuré de sa réélection à la présidence du Sénat, Gérard Larcher candidat dans les Yvelines, est confronté à la candidature dissidente du très droitier Jacques Myard, battu aux législatives. L’ex-député mène auprès des grands électeurs une campagne à la fois contre Macron qui, explique-t-il, « veut déstabiliser le Sénat et concentrer tous les pouvoirs », mais aussi contre Larcher, qu’il juge « bien trop conciliant avec le président ». En cause : sa volonté de faire nommer le « macroniste » Michel Mercier au conseil constitutionnel. Une nomination qui s’est finalement heurtée au scandale des emplois familiaux de l’élu, mais qui sert néanmoins en cette rentrée d’argument de campagne anti-Larcher.

Le nombre d’élus LR et UDI qui pourraient créer un groupe dit « constructif » à l’image de celui de l’Assemblée nationale, reste l’autre enjeu de ce scrutin à droite. Ces dernières semaines, la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller s’est particulièrement activée pour organiser ce rassemblement de sénateurs désireux de soutenir le gouvernement. Une armée de réserve qui pourrait s’avérer décisive pour obtenir la majorité des 3/5es au Congrès, nécessaire à Emmanuel Macron pour mener ses réformes institutionnelles.

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Dans le détail, le « renouvellement » tant vanté par les macronistes est moins évident qu’il n’y paraît. Sans même parler des sénateurs sortants, nombre de candidats estampillés LREM sont en réalité des militants historiques des partis traditionnels, élus locaux recrutés au sein du PS (comme Julien Bargeton, ex-adjoint aux finances d’Anne Hidalgo, tête de liste à Paris), de la droite (comme Emmanuel Capus, adjoint aux finances du maire LR d’Angers, tête de liste en Maine-et-Loire) ou du centre (comme la ministre Jacqueline Gourault, placée en deuxième position sur la liste menée par Jeanny Lorgeoux dans le Loir-et-Cher).

Quant à la fameuse « société civile », elle ressemble à s’y méprendre à celle qui a fait son entrée à l’Assemblée nationale, fin juin : on y retrouve une majorité de banquiers, de chefs d’entreprises et de présidents d’organismes patronaux. « Les personnes issues de la société civile étaient déjà en contact avec les grands électeurs, explique Hadrien Ghomi. Ils ont donc une visibilité très forte dans les territoires. » Au-delà des baronnies et de l’ordre établi, Jean-Paul Delevoye reste persuadé que « tout le monde a déjà bougé ses positions partisanes ». C’est pourquoi il compte sur le soutien de ces grands électeurs « silencieux », ces « maires qui ne veulent plus être enfermés dans une logique partisane ».

Au Sénat, les macronistes ont pour ambition de « créer l’intergroupe le plus important », poursuit l’ancien président de la commission d’investiture. « Ce n’est pas une chambre monolithique, abonde le secrétaire général du groupe LREM. Nous devons saisir cette capacité à travailler les textes de lois ensemble. » Hadrien Ghomi observera avec attention ce qui se passera après le 24 septembre. « Pour le moment, chacun défend sa boutique, mais ensuite il y aura du mouvement », prévient-il. Entre les divergences des socialistes et la scission, à droite, du groupe dit « constructif », les soutiens d’Emmanuel Macron escomptent entamer leur « grande recomposition du paysage politique » dans une chambre guère habituée au changement. C’est en tout cas l’objectif affiché du président de la République, résumé ainsi par Ghomi : « Transformer le Sénat dans le respect de ses spécificités. »

  • Pour le PS, serrer les rangs

Il est loin le temps où le PS avait raflé la majorité au Sénat. C’était en 2011. Depuis, le quinquennat Hollande est passé par là. Les socialistes ont perdu toutes les élections intermédiaires depuis 2012 : les municipales en 2014, les régionales et les départementales en 2015. Pour le coup, la base électorale pour les sénateurs s’est très largement effritée. Dimanche, sur les 86 sénateurs que compte le PS, 46 sièges sont remis en jeu, et 24 sénateurs sortant ont choisi de ne pas se représenter.

La Vème République a-telle un avenir?

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

La République Française serait-elle une démocratie qui laisse à désirer?

Le système des partis s’est décomposé. Le Président Macron a été élu mais lors de son élection la participation a chuté. Seuls 18% des électeurs inscrits se sont déplacés

Or, une démocratie se juge dans le long terme. Regardons autour de nous. Aux Etats-Unis le Parti Républicain prend naissance en 1854. Le Parti Démocrate en 1829.

La longévité d’une République est donc celle de ses partis politiques.  Et la Vème République date de quand?  Elle n’a pas encore 100 ans.

Avec l’effondrement du système de partis résultant des dernières élections nationales que va-t-il se passer en 2022?  L’incertitude.

La Vème République sera-t-elle toujours ce qu’elle est maintenant?  Ou sera-t-elle , un parti dominant et une opposition consistant d’un ou deux partis capables de gouverner?

Une démocratie a besoin d’alternance. Lequel de ces cinq partis sera capable pas seulement d’incarner l’opposition maintenant mais pouvoir être un parti de gouvernement?

L’inquiétude que nous ressentons maintenant, celle des politiques, l’économie et la bourse peuvent le ressentir éventuellement. La politique et l’économie sont imbriqués.

 En séminaire, les députés LREM reprennent les bases

19 SEPTEMBRE 2017 PAR CHRISTOPHE GUEUGNEAU ET ELLEN SALVI

Pendant deux jours, les élus néophytes du mouvement d’Emmanuel

Macron ont tenté une professionnalisation express. Au menu : jeux de rôle et travaux pratiques. Un exercice limité par l’absence de corpus idéologique.

Sur les rares photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on aperçoit des députés La République en marche (LREM) attablés par groupes de cinq ou six personnes. Certains ont enroulé un foulard blanc autour de la tête, d’autres en portent un couleur bleu ciel autour du cou, d’autres encore sont penchés sur une série de post-it au contenu mystérieux. À observer ces images, difficile de comprendre ce qui pouvait bien occuper les élus de la majorité réunis en séminaire de rentrée, lundi 18 septembre, aux Docks d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), pour préparer la session parlementaire qui s’ouvre lundi prochain. À les écouter raconter en « off » leur première journée de réunion, force est de constater qu’eux aussi n’ont pas franchement saisi ce qu’ils faisaient là.

Au moins officieusement, car officiellement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Lundi, « il y a eu un travail de cohésion, sur le rôle du député, sa relation au mouvement, au gouvernement, à sa circonscription », se félicite Gilles Le Gendre, élu de Paris et vice-président du groupe LREM. Fidèle au concept de « start-up nation » cher à Emmanuel Macron, le séminaire avait toutes les allures d’une réunion de « team-building » de n’importe quelle société en forte croissance. Son organisation a d’ailleurs été confiée à la société de « coworking » Up and Co. Il y a quelques années, une grande entreprise francilienne avait réuni ses cadres pour leur expliquer qu’ils devaient être des dauphins « à même de sauter par-dessus les vagues qui se présentaient devant eux ».

Point de mammifère marin ici, mais des jeux de rôle et des travaux pratiques. Avec les fameux foulards, par exemple. Les couleurs de ces derniers correspondaient à quatre catégories : le député, la circonscription, le gouvernement et le groupe LREM. Le député avait pour mission de s’adresser à la circonscription pour lui demander quelles étaient ses attentes et en quoi il pouvait l’aider. Une restitution aléatoire a ensuite été réalisée devant les 313 membres du groupe réunis là – seuls 200 députés étaient réellement présents, selon d’autres sources. Mardi, beaucoup d’entre eux avaient déserté la deuxième journée.

Les mantras macronistes étaient, eux, tous au rendez-vous : chaque interlocuteur a par exemple pris soin de mettre en avant la « bienveillance » qui a régné pendant le séminaire. D’autres exercices ont ponctué l’après-midi de lundi, l’un d’entre eux consistant à se réunir « par cercle d’âge », un autre à définir l’« écosystème du député ». Il a également été question de la rentrée ratée du groupe au mois de juillet. Jugé mal préparé, pas assez politique, pas assez maître des sujets traités, le groupe aura été, par conséquent, régulièrement débordé par les élus Insoumis ou Les Républicains. Et ce, alors même qu’un premier « team-building » s’était tenu les 24 et 25 juin derniers au Palais-Bourbon.

« Il y a eu des moments d’échange et de retour d’expérience », indique Hervé Berville, député des Côtes-d’Armor et porte-parole du groupe LREM. « La parole était libre, franche et sincère, mais avec beaucoup de bienveillance », ajoute-t-il. « On s’est dit beaucoup de choses, ce que les gens avaient sur le cœur. On n’a pas nié les points de frottement », confirme Gilles Le Gendre. Voilà pour les éléments de langage. Car d’autres députés interrogés de façon informelle par Mediapart livrent un récit sensiblement différent de leur journée. « C’est pas à ça que je m’attendais… », confie l’un d’entre eux en riant. « Il n’y a pas eu de vrai moment de débat sur ce qu’il s’est passé cet été, regrette un autre. À un moment, on en avait tellement marre qu’on a fait des jeux entre nous. »

Aurore Bergé et Claire O’Petit © Twitter/@GabrielAttal

Finalement, les élus de la majorité ont surtout retenu l’occasion qui leur était offerte de nouer quelques contacts. Voire de se réconcilier, comme ce fut le cas entre Aurore Bergé et Claire O’Petit, la seconde ayant promis fin août qu’elle allait « se faire » la première. Apprendre à se connaître, mais aussi créer du lien avec les membres du gouvernement (eux-mêmes rompus à l’exercice du séminaire) qui les ont rejoints dans la soirée pour partager les produits régionaux que chacun avait ramenés de sa circonscription. « C’était un séminaire de cohésion, résume Arnaud Leroy, membre de la direction collégiale provisoire du parti macroniste. Une façon d’expliquer aux députés la chorégraphie du pouvoir. » Et de leur fournir quelques clefs pour ne pas se laisser marcher sur les pieds par les cabinets des ministres.

La seconde journée, mardi, devait permettre d’entrer dans le vif du sujet des prochains textes à l’agenda des députés : la loi antiterroriste, le projet de loi de finance et celui de financement de la Sécurité sociale. Trois textes ardus de prime abord, mais qui fixeront le cap du quinquennat. Le directeur de communication du groupe, Christophe Malbranque, nommé fin juillet, qui a eu l’idée de ces deux journées, estime qu’il faudrait à terme que les députés puissent « délivrer la vision globale d’une loi et donner un sens général à des mesures ponctuelles parfois impopulaires ».

Ce n’est pas gagné. Car le vrai problème de ces journées réside dans le fait que le parti n’a pas encore d’idéologie claire, commune, en partage. Gilles Le Gendre le reconnaît : « Il manque un corpus idéologique, on est bien d’accord. Mais justement, voici le temps du deuxième souffle. On est dans une reconstruction complète, le parti aussi, et nous nous construirons de la même manière. Ça passera comme toujours par une remise au goût du jour de nos valeurs. » Brigitte Bourguignon, présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, ne dit pas autre chose dans L’Opinion : « À l’Assemblée, il n’y a pas encore de véritable ligne politique. »

C’est d’ailleurs aussi le cas au parti, toujours en construction. « Pour le moment, nous pouvons continuer à vivre sur la base du programme, indique un cadre LREM. Au moins jusqu’en 2018. Après, nous serons bien forcés d’organiser des consultations… » « Nous sommes liés par notre loyauté au président de la République et au programme, mais nous n’avons pas une éducation idéologique qui s’est construite dans les sections comme au PS ou chez LR », explique de son côté le député du Rhône Bruno Bonnell à Libération. Une autre formation prévue ces jours-ci en témoigne. Elle sera menée par le député LR Éric Woerth, président de la commission des finances – un poste qui échoit à l’opposition –, chargé de former l’ensemble des membres de la commission, dont plus de la moitié sont issus des rangs LREM.

Les députés macronistes renouvelleront-ils l’expérience du séminaire ? « Je ne lis pas dans le marc de café, explique Hervé Berville, le porte-parole du groupe, mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes 313 et qu’il nous faudra des moments pour tous se retrouver et échanger. » À partir de mi-octobre, les élus de la majorité auront déjà le droit à des ateliers pour apprendre à parler devant une caméra et prendre la parole en public. Un « media-training » de plus de trois heures, financé en partie par le groupe LREM. Les cabinets de conseil ont visiblement trouvé un nouveau vivier de clients.

Le Président Macron et les Français

Bernard Owen

Voici un petit résumé des sondages de notre Présidence, y compris une interrogation sur la personne. Peut-on ressentir de la sympathie pour cette catégorie de personnage?  Est-ce l’absence de maturité? Un être humain qui va ici ou là?  Qui a invité les grands de ce monde, qui se rend chez eux pour récolter un brin de leur puissance? de leur maturité?

Le 11 août 2017

36% des français satisfaits de l’action d’Emmanuel Macron.

23% estiment des français que les pays évoluent plutôt dans le bon sens.

La baisse des aides au logement: 60% ne sont pas satisfaits.

Le 27 août 2017

57% se déclarent mécontents de l’action d’Emmanuel Macron.

20% sont très mécontents.

Le 5 septembre 2017

54% n’approuvent pas l’action d’Emmanuel Macron dont 30% pas du tout.

Le 13 septembre 2017

La cote de popularité du Président de nouveau en forte baisse avec une chute de 13 points en deux mois.