Dernière enquête au Sénat

Monique Cochinal

L’audition de Christophe Castaner, chef du Parti La République En Marche, et délégué général du gouvernement face à l’assemblée nationale, s’est déroulée, ce matin, avec autant de calme et de sérieux que les autres auditions publiques au Sénat.

Christophe Castaner condamne les actes d’Alex Benalla, le 1er mai dernier, dès le 2 mai, il agit et inflige les sanctions adéquates aux deux personnes reconnues sur la vidéo : Monsieur Alexandre Benalla et Vincent Crase. 

Un Sénateur qui, après toutes ces auditions, a la nette impression qu’une consigne a été donnée de minimiser cette affaire, à la limite de l’étouffer, demande ce qu’en pense Christophe Castaner. Réponse un peu brusque : « devant ces actes, certains peuvent carrément exagérer les faits, intentionnellement ou pas, et, dès le 19 juillet, j’ai tenu à en parler, sur vos plateaux, et remettre les choses en ordre ».

Les autres questions ont des réponses à peu près semblables à celles déjà entendues les autres jours, pendant les auditions précédentes. Une autre vidéo mise en ligne et saisie par le Parquet, nous révèle que, le même jour, quelques heures avant la manifestation, Monsieur A. Benalla et Monsieur Vincent Crase avaient interpelé et malmené des personnes au Jardin des Plantes, à Paris. D’où plusieurs questions sur Vincent Crase, qui est-il ? Il est employé et rémunéré par le Parti LR en marche, jusqu’à maintenant. Il avait les mêmes fonctions que Monsieur Benalla pendant la campagne présidentielle du candidat Macron. Il sera licencié très prochainement par Christophe Castaner. Son « copain » Benalla l’aurait convié aux manifestations du 1er mai, comme observateur. Là ….. Grosse zone d’ombre à nouveau. Qui a délivré les autorisations ? Qui sont les responsables ? N’y a-t-il pas un contrôle beaucoup plus sévère ? Le comble quand on apprend qu’il était en possession d’une arme, probablement sans autorisation, et ainsi de suite …. Espérons que les enquêtes judiciaires nous dévoileront bien des faits obscurs. Je dis bien « les enquêtes » car, maintenant, il y a en cours deux enquêtes judiciaires, si j’ai bien compris.

A la question brûlante d’un Sénateur : « Monsieur Castaner, comment pensez-vous concilier favorablement votre fonction de chef de parti et celle de Délégué du gouvernement devant l’Assemblée Nationale ? ». Il répond assez brusquement : « Ce n’est pas un gros mot de dire que je fais de la politique, mais je suis bien trop conscient, tout comme vous, Monsieur le Sénateur, de l’importance de nos institutions et du rempart pour la République qu’elles constituent pour mener à bien les travaux qui m’ont été confiés par le Président de la République, et devant l’Assemblée Nationale ».

En fin de séance (la dernière avant la période des vacances), on nous livre quelques impressions et réflexions des sénateurs de toutes ces auditions. Ils demandent, après un petit recul, et toujours dans le souci du bon fonctionnement des Institutions de l’Etat, l’autorisation d’auditionner, en septembre, d’autres personnes ou les mêmes pour éclaircir certains points. Puis un rapport sera établi, et ils feront quelques recommandations.

Après ces trois semaines d’auditions, on ne peut pas dire qu’on y voit plus clair. Pour beaucoup de Français, même s’ils sont en vacances, il reste un grand malaise ? Ils sont déçus. Ce beau Président, modèle de transparence, de sa tour d’ivoire, devient de plus en plus éloigné de ses compatriotes. Qui est-il en réalité ? Que vont devenir nos institutions ?

Il me semble qu’il y aura bel et bien un avant et un après cette malheureuse affaire Benalla. Rendez-vous est donné en septembre.

 

 

L’affaire Macron-Benalla vue de l’étranger

Voici quelques extraits de la presse étrangère.

L’affaire Benalla vue par la presse étrangère

BLOG : LE BLOG DE VILMAUVE

« Le cogneur de Macron envoie l’Élysée au tapis » « la pire crise » « la gravité des faits » ETC…

Tout le week-end, les différentes rédactions étrangères, soit dans les journaux télévisés, soit dans les éditions numériques et papier des quotidiens, ont relayé l’histoire du garde du corps d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, qui agite depuis mercredi la France.

… La « pire crise » de l’exécutif

Idem en Espagne pour le grand quotidien madrilène, qui évoque la « pire crise » du gouvernement français actuel. « Macron a jusqu’ici évité d’aborder le problème, mais pourrait devoir changer de stratégie. Car qu’il n’y a aucun signe que la tempête va se dégager dans les prochains jours », écrivait ce week-end El Pais. Le journal espagnol estime que vu « la gravité des faits », la sanction est considérée comme trop douce ».  …

…Une affaire qui « détruit » l’image de Macron

Avec des mots plus forts, le plus ancien journal danois, le Berlingske va même jusqu’à dire que l’affaire « détruit l’image de Macron ».

Quotidien le plus diffusé en Suède, Aftonbladet estime que « pour Macron, l’histoire devient de plus en plus embarrassante ».

Pour la presse européenne, l’affaire Benalla écorne l’image d’Emmanuel Macron

Alors que le chef de l’Etat se rend jeudi à Madrid, les journaux espagnols, allemands, britanniques et belges décrivent le scandale comme une « crise » grave pour lui.

LE MONDE | 25.07.2018 à 19h26 • Mis à jour le 26.07.2018 à 09h57 |Par Intérim (à Bruxelles), Sarah Calamand, Thomas Wieder (Berlin, correspondant) etSandrine Morel (Madrid, correspondance)

Emmanuel Macron est attendu à Madrid jeudi 26 juillet pour une visite de travail avec le nouveau président du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez. S’il lui donne l’occasion de s’éloigner de Paris, le voyage devrait se dérouler dans l’ombre de l’affaire Benalla, qui ne passe pas inaperçue au-delà des Pyrénées ou dans d’autres pays européens.

Depuis une semaine, les journaux espagnols, allemands, britanniques ou belges suivent les révélations de près, sans en faire pour autant leurs gros titres. Ils s’accordent cependant sur la gravité de l’affaire. The Guardian au Royaume-Uni et Die Welt, le quotidien conservateur allemand, parlent ainsi « du plus gros scandale depuis le début du mandat » de M. Macron.

 Comprendre pourquoi   l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat

Dans un pays très « macronphile » comme l’Espagne, l’affaire Benalla risque d’entacher la venue du président français alors même que Pedro Sanchez espérait réaffirmer sa carrure internationale en posant au côté de son invité. C’est la « pire crise de son gouvernement », selon El Pais.

Pour le quotidien de droite El Mundo, ce scandale « révèle au moins un dysfonctionnement : un président tout-puissant a cru avoir le droit de concéderd’extraordinaires prérogatives à son garde du corps de confiance, et peut-être, c’est à voir, a permis que fonctionne une police présidentielle loin des contrôles légaux ». D’après le journal, M. Macron se trouve dans son « pire moment de popularité » : « le nom d’Alexandre Benalla pèsera pour toujours sur son mandat ».

Pour sa part, le journal conservateur et monarchique ABC estime que « le scandale du “gorille” d’Emmanuel Macron s’est transformé en un champ de mines politique qui menace tous les projets de réformes du président,transformé dans un rosaire de casseroles qui peuvent le poursuivreindéfiniment ».

 Lire notre analyse sur   les failles de la chaîne de commandement

« Avant son élection, Macron a publié un livre intitulé Révolution, rappelle le Süddeutsche Zeitung, quotidien munichois de centre gauche. La politique manque trop souvent de transparence, estimait alors le candidat, qui promettait de gouverner de façon désintéressée et honnête. Un tel candidat, pouvait-on imaginer, allait être un président capable de supporter la critique. On a plutôt l’impression du contraire. Macron se tait. »

Malgré ces critiques, la presse allemande qui, depuis le début du quinquennat, s’est montrée globalement très élogieuse à l’égard de M. Macron, refuse de basculer d’un extrême à l’autre, et, même si l’image du président français est sérieusement écornée, la condamnation n’est pas totale. « Si l’on met tous les détails bout à bout, l’affaire apparaît moins grave que d’autres scandales qui ont entaché la Ve République – par exemple celui du Rainbow Warrior, ce bateau de Greenpeace coulé par les services secrets français en 1985 », relativise ainsi le Tagesspiegel.

 Lire comment,   après des jours de silence, Macron organise la riposte

La presse britannique ironise

Un président à l’image dépréciée, c’est aussi ce qui ressort dans la presse britannique. Si l’affaire ne fait pas non plus les gros titres outre-Manche, les quelques analyses se concentrent sur le récit des faits et sur le président, alors que M. Macron est « arrivé au pouvoir en mai 2017 plaidant pour un nettoyage de la politique française et la “moralisation” de la vie publique », comme le rappelle le quotidien The Guardian.

Un scandale « qui n’arrange rien » à l’image du président, « rapidement passée de celle d’un souple libéro-centriste à celle d’un réactionnaire inflexible » à en croire le quotidien généraliste The Independent.

Pour la BBC, l’affaire Benalla est même révélatrice des faiblesses d’un président désormais « aux pieds d’argile » :

« Qu’un si petit événement devienne une affaire d’Etat suggère une de ces deux choses. Soit l’opposition et les médias manquent tellement d’éléments critiques sur le président qu’ils ont joyeusement poussé “l’affaire Benalla” dans ses retranchements, au risque d’exagérer. Soit l’événement en lui-même révèle une vérité plus sombre à propos de la présidence Macron, qui nous a jusqu’alors trop éblouis pour que nous puissions la remarquer. »

Et The Guardian de rappeler que, malgré la « probité exemplaire de son équipe à l’Elysée » vantée par M. Macron lors du sommet du G7 au Québec les 8 et 9 juin, sa présidence s’intègre dans l’histoire des présidents de la Ve République qui n’est, elle, pas un exemple. Enumérant les scandales – des diamants de Bokassa pour Valéry Giscard d’Estaing aux soupçons de financements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy, en passant par le « cabinet noir » de François Mitterrand –, le quotidien suggère que M. Macron « aurait dû savoirque sa croisade de nettoyage finirait par tomber sur un os ».

The Daily Telegraph, quotidien conservateur, suggère enfin un double coup pour le chef de l’Etat, dont la popularité « a atteint des records de baisse après la publication des images », au lieu du « bond » qu’elle aurait dû connaître après la victoire française à la Coupe du monde de football, le 15 juillet.

 Les questions   que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla

La presse belge temporise

S’ils ont un peu boudé leurs voisins français après la Coupe du monde de football, les Belges retrouvent peu à peu leur curiosité pour la politique hexagonale avec l’affaire Benalla. Les quotidiens suivent l’affaire de près, surtout depuis le début des auditions devant l’Assemblée nationale.Globalement, les éditorialistes se rejoignent sur deux points : ils critiquent, eux aussi, le mutisme observé par le chef de l’Etat jusqu’au 24 juillet, et applaudissent la soif de démocratie du peuple français.

« La France, l’Europe ont besoin d’un Macron éclairé, pas d’un Jupiter retranché », écrit ainsi le quotidien La Libre Belgique« Dans l’affaire Benalla, ce sont la presse d’abord, la justice et le Parlement français ensuite, qui ont forcé l’exécutif à appliquer les lois et à respecter les prescrits éthiques et de responsabilité (…). C’est la seule chose réjouissante à constater », soulignait, pour sa part, lundi, l’éditorialiste Béatrice Delvaux, du journal Le Soir. Elle explique au Monde que la presse francophone « suit l’affaire, mais pas de manière hystérique non plus »….

Enquêtes au Sénat

Monique Cochinal

Aujourd’hui, deux enquêtes de deux collaborateurs de Gérard Collomb, devant nos sénateurs, on est gâté. J’ai pu suivre l’une et l’autre avec beaucoup d’intérêt, et j’essaie de rassembler mes impressions, toujours en tant que « simple citoyenne ».

Jean Marie Girier, Chef de Cabinet de Gérard Collomb, directeur de campagne du candidat d’Emanuel Macron (je viens de l’apprendre) se porte garant du Ministre et de son Ministère et charge plusieurs fois le Préfet de Police. 

Il reconnaît quelques dysfonctionnements, et nous assure aussitôt qu’il y sera remédié très prochainement. Il n’a pas eu connaissance de l’autorisation du port d’arme de Monsieur Benalla. Il n’a pas été chargé du recrutement de Monsieur Benalla, mais connaissait ses qualités d’organisateur, de sérieux, d’efficacité dans la fonction de protecteur civile, puisqu’il avait déjà exercé (avec succès) cette fonction pendant toute la durée de la campagne électorale du candidat Macron. Il ne lui appartient pas de juger des fonctions rapprochées et du nouveau statut qui lui sont attribués auprès du candidat Macron élu Président (élu par défaut, après l’élimination douteuse de son concurrent). Il n’a pas eu connaissance de l’autorisation du port d’arme de Monsieur Benalla. Il n’a pas vu Monsieur Benalla aux réunions préparatoires, après la sanction qui lui a été infligée, en regard de la vidéo des malheureux événements du 1er mai.

En résumé, Monsieur Benalla n’avait pas à se trouver là en tant qu’observateur, il n’avait aucun pouvoir pour intervenir, et surtout se comporter de la sorte. Il a été aussitôt sanctionné, et l’enquête judiciaire est en cours, donc, à nouveau : «  circulez, il n’y a rien à voir ». Le Ministre de l’Intérieur a bien fait « son » travail, et les fonctionnaires de son ministère sont compétents, dévoués, au service, avant tout, de la République. Bravo !!

Quant à Stéphane Fratacci, le Directeur de Cabinet de Gérard Collomb, à peu près mêmes réponses. Il loue (lui aussi)  

les décisions prises le lendemain de la manifestation, reconnaît quelques dysfonctionnements de coordination entre les différents services de police, et aux questions de plus en plus subtiles de plusieurs sénateurs, il renvoie aux différentes autres auditions précédentes, ou bien à l’enquête judiciaire en cours, qui saura apprécier. A ce stade, une petite remontrance du Président de la commission, le sénateur Bas, très digne, très calme, très poli : « Vous comprendrez, Monsieur le Directeur de cabinet, qu’en tant que sénateurs, il est de notre devoir d’insister ou de revenir sur certains faits qui nous paraissent troubles, toujours en regard des lois en vigueur de la République. L’enquête judiciaire en cours est tout autre chose ».

Ces enquêtes au Sénat, très utiles ont fait émerger deux dysfonctionnements de nos institutions : un mauvais fonctionnement dans la coordination des services de police, et …. Surtout, il me semble, la sur puissance du nouveau Président de la République et un déséquilibre flagrant entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (absence d’oppositions, réduites à néant), qu’il serait grand temps de réformer. A suivre ……

Droit Constitutionnel Hellénique

Nous venons de recevoir le dernier texte de notre ami Antoine PANTELIS intitulé

Droit Constitutionnel Hellénique

Notions de base. Histoire

Constitutionnelle Hellénique

Organisation de l’Etat

Droits de l’Homme

La préface est de Bernard Pacteau, éditeur L’Harmattan, Collection Logiques Juridiques.

L’ensemble est un dictionnaire historique, international sans prendre position pour tel point de vue ou tel autre, laissant au lecteur sa liberté de choix. Facile à lire et qui devrait  plaire aux étudiants et leurs professeurs tout en donnant lieu à discussions et saines confrontations. Bernard Owen

Affaire Benalla : le déroulement des faits, le 1er mai, place de la Contrescarpe

« Guérilla urbaine », selon Alexandre Benalla ; « rendez-vous convivial » pour les manifestants présents sur la place. Que s’est-il passé au cours du rassemblement en marge du 1er Mai ?

LE MONDE | 27.07.2018 à 13h55 • Mis à jour le 27.07.2018 à 18h02 |Par Cécile Bouanchaud

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Il est 19 h 10, mercredi 1er mai, et, dans la rue Lacépède, donnant sur la place de la Contrescarpe, des jeunes, sourires aux lèvres, accueillent les CRS par une ola aussi ironique que bon enfant. Moins d’une heure plus tard, au même endroit, un homme — identifié le 18 juillet par Le Monde comme étant Alexandre Benalla — s’en prend violemment à deux personnes, sous le regard de plusieurs manifestants filmant la scène.

Une semaine après ces révélations, Emmanuel Macron est sorti de son silence, s’interroge sur le contexte de ces violences. « On ne voit jamais la scène d’avant ou la scène d’après, quel est le contexte, que s’est-il passé ? S’agissait-il d’individus qui buvaient gentiment un café en terrasse ? Que s’est-il passé juste ensuite ? J’ai cru comprendre qu’il y avait des images, où sont-elles ? Sont-elles montrées avec la même volonté de rechercher la vérité et d’apporter de manière équilibrée les faits ? Non », a réagi mardi le président de la République.

 Les questions   que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla

Présent dans le défilé du 1er Mai et place de la Contrescarpe quelques minutes avant les agissements de M. Benalla, Le Monde reconstitue ce rassemblement dans le Quartier latin, qui s’inscrivait alors dans une journée de tensions inédites. La préfecture ne souhaitant pas s’exprimer « au vu des affaires en cours », nous nous appuyons sur des témoignages et des vidéos de personnes présentes ce jour-là.

« Une journée très éprouvante »

A l’origine de ce rassemblement, les membres de la mouvance autonome — notamment le Comité d’action interlycéen et les collectifs interfacs — invitent, la veille de la manifestation, à « passer un moment convivial en partageant un apéro […] à la fin de la manif [du 1er Mai], vers 18 heures ».

C’est à cette heure-là que Sonia B. s’installe à la terrasse d’un café de la place du quartier touristique du 5e arrondissement. Elle est l’une des premières sur le lieu du rendez-vous. La jeune femme de 33 ans, qui n’a pas participé à la manifestation du 1er Mai, mais qui « soutient les demandes des militants », a décidé de « venir observer ce rendez-vous », en voyant l’appel au rassemblement sur le site Demosphère, qui répertorie les manifestations en France. La Polono-Américaine, qui vit en France depuis douze ans et habite le quartier, voit la place se remplir de manifestants visiblement soulagés d’avoir laissé derrière eux les lacrymogènes du pont d’Austerlitz.

« C’était une journée très éprouvante, on a été nassés sans raison, on a pris beaucoup de gaz, on a couru pour les éviter », rapporte Nicolas Lescaut, militant de La France insoumise et élu de l’UNEF. « De loin la manifestation la plus violente que j’ai connue », résume Renaud Delacroix, délégué syndical SUD-Santé Sociaux, qui est pourtant de « toutes les manifestations », citant celles du printemps 2016 contre la loi El Khomri et celles, plus récentes, contre les « lois Macron »« Vu ce qu’on avait subi toute la journée, c’était bien de pouvoir se retrouver pour échanger, dans le calme », se remémore cet homme de 43 ans, qui travaille au sein de l’association Aides.

Relire notre reportage   lors de la manifestation du 1er mai

 

« Attitude hostile »

Si une poignée de manifestants ont pu accéder à la place sans se fairecontrôler, la majorité d’entre eux, arrivés vers 19 heures, ont fait l’objet d’un filtrage par les forces de l’ordre, dont les effectifs se sont étoffés en début de soirée à mesure que le nombre de personnes souhaitant accéder à la place augmentait. « J’ai vu un jeune se faire refouler, simplement parce qu’il avait des lunettes de plongée dans son sac », commente Sonia B., qui déplore « une provocation inutile » des forces de l’ordre, vidéos à l’appui.

Nicolas Lescaut décrit, lui aussi, des « contrôles aléatoires et parfois humiliants ». Le militant insoumis mentionne également « les invectives violentes aux passants », comme cette mère souhaitant traverser la place avec sa poussette, et qui se serait vu rétorquer « dégage de là ! ».

A l’unisson, les manifestants estiment que c’est « la présence démesurée » de forces de l’ordre, le fait qu’elles empêchent des personnes supplémentaires d’accéder à la place et, selon Sonia B., « les méthodes de nasse utilisées par les CRS », qui ont fini d’« attiser les tensions ». En lisant l’interview de M. Benalla dans Le Monde — qui évoque un climat de « guérilla urbaine » sur la place — elle confie s’être « étouffée ». Jeudi 26 juillet, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire sur les violences commises contre des policiers.

 La demande du procureur de Paris,   qui exige des explications à la police sur les violences survenues place de la Contrescarpe

« Des jeunes avaient une attitude très hostile envers les policiers », reconnaît Nicolas Lescaut, qui évoque « en face » des policiers avançant vers la place en « bousculant les gens et les chaises ». Sur les vidéos tournées place de la Contrescarpe, on entend notamment des manifestants entonner des chants antipoliciers, comme « tout le monde déteste la police »« tous les flics sont des bâtards », ou encore « cassez-vous ! ».

Des canettes et des bouteilles de verre sont également jetées sur les forces de l’ordre, ce qui donne lieu à une première charge de police, vers 19 h 30, à grand renfort de gaz lacrymogène. « Les CRS ont répliqué en gazant, sans distinction, les gens assis par terre et les clients en terrasse », se souvient Renaud Delacroix, qui décrit un événement « très bref ».

Violences « tristement banales »

C’est là, peu avant 20 heures, que le couple molesté par M. Benalla intervient. Sur plusieurs vidéos, on voit les deux jeunes gens jetant chacun un projectile sur les CRS en faction sur la place. Puis, la jeune femme termine par un bras d’honneur. Alexandre Benalla et Vincent Crase, un gendarme réserviste employé par La République en marche et ponctuellement par l’Elysée, repèrent le couple, le désignent du doigt.

 

1er mai, à la place de la Contrescarpe. Dommage qu’on ne parle pas aussi de cette jeune femme qui s’est fait violenter, elle aussi, par Alexandre Benalla avant que ce dernier s’en prenne à son ami. #AffaireBenalla #MyFirstTweet

19:15 – 19 juil. 2018

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Le chargé de mission à l’Elysée, casqué, s’avance, récupère la jeune femme au coin de la rue Mouffetard, et l’entraîne de l’autre côté de la place. Les forces de l’ordre, auxquelles Vincent Crase vient prêter main-forte, s’occupent du jeune homme. Les violences sont désormais connues de tous.

Les manifestants présents sur place disent qu’ils sont « choqués » par cette scène, mais surtout qu’ils y sont « habitués »« C’est terrible à dire, mais quand on assiste souvent à des manifestations, ce genre de comportement de la part des forces de l’ordre est tristement banal, les réseaux sociaux regorgent de ce genre de vidéos », commente Renaud Delacroix pour expliquer que « l’affaire n’en était pas une avant que l’on apprenne qu’il ne s’agissait pas d’un fonctionnaire de police ». Et d’évoquer « le climat de violences policières » de ce printemps, citant l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes et celle de facultés, comme Tolbiac, à Paris.

Plus tard dans la soirée, le face-à-face entre manifestants et policiers s’est poursuivi dans le 5e arrondissement de Paris, jusqu’à environ 22 heures. Et de façon bien plus virulente selon Nicolas Lescaut, qui rapporte que des black blocs étaient cette fois présents. L’étudiant assure avoir assisté, « encore une fois », à des « scènes de violences policières ». Mais cette fois pas de vidéos. Et pas de M. Benalla.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla

Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.

Alexandre Benalla se justifie-t-il?

Monique Cochinal

Alexandre Benalla livre « ses vérités » sur TF 1.  Il faut reconnaître qu’il est très performant. Sûr de lui, il répond aux questions de la journaliste clairement, simplement. Il apparaît comme un jeune homme, maître de lui, travailleur, sérieux, dévoué. Il ne s’est pas emporté, il a eu des gestes vigoureux, mais n’a pas tapé ce jeune délinquant à terre, il a agi comme un simple citoyen l’aurait fait dans une telle circonstance. Il a vécu cette sanction, qui a été bien appliquée comme une profonde humiliation. Il regrette de s’être trouvé comme observateur ce jour là à cet endroit précis où les violences étaient particulièrement intenses. Il pense, malgré tout avoir gardé la confiance du Président de la République et il regrette surtout que « cette grosse bêtise » ait été autant exploitée. « En m’attaquant, on a voulu attaquer le Président, et je trouve cela profondément injuste, et c’est pourquoi je suis là ». Bravo, Monsieur Benalla, voilà une superbe défense, digne de celle de votre avocat, très naturelle quand on doit se défendre. Mais, en y réfléchissant, à mon avis, le problème est tout autre et dépasse la simple affaire Benalla (affaire d’été, comme vous dites) pour devenir une « affaire d’Etat », d’où les enquêtes en cours : enquêtes parlementaires, entravées par le pouvoir, enquêtes sénatoriales, très sérieuses, et enquête judiciaire (mise en examen, perquisitions au domicile de Monsieur Benalla).

De nombreux points restent encore obscurs, concernant les dysfonctionnements de nos institutions, la question la plus grave étant : Pourquoi notre Président a gardé le silence devant cette affaire grave pendant presque trois mois, lui qui sait très bien s’exprimer devant les citoyens, quand cela l’arrange ?

Nous , citoyens, devons avoir un jour « LA VERITE » sur cette malheureuse affaire Benalla, très vite maintenant, avant de passer à autre chose.

Trois articles sur les dernières élections Européennes

L’élection au Parlement européen (mai 2014)

BERNARD OWEN | LE 23/04/2014

Nous arrivons bientôt aux élections européennes, qui se pratiquent au scrutin de liste proportionnel. Or, ce mode de scrutin mène parfois à des situations surprenantes. Contentons-nous d’indiquer que ce mode de scrutin présente à première vue certaines incohérences, à savoir qu’il est moins politique qu’il ne paraît et serait mieux placé dans le domaine de la sociologie.

Un schéma commun à l’Europe

Voyons les élections pour le Parlement européen de 2004 et citons le journal « Le Monde » du 15 juin 2004 : « Les électeurs européens de tous les pays s’abstiennent ou punissent leurs dirigeants ». Tomaz Zukowski parle des élections parlementaires européennes : « un vote de défiance contre le gouvernement, une pré-élection nationale ». Le journal « Le Monde » revient sur le cas de la France : « L’élection européenne a lieu au moment d’un gouvernement de droite : Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac, déjà défaits aux régionales de mars 2004 ».

Confusion quant aux raisons des niveaux atteints

Plus tôt encore : aux élections européennes de 1979, donnons l’exemple d’une élection gagnée par une personne intéressante, mais dont le charisme n’était pas la raison de la victoire de la liste U.D.F.

Simone Weil, tête de liste, obtient 27,6 % des suffrages, alors que Jacques Chirac, R.P.R., n’obtient que 16,3 % des suffrages, sous la présidence de Giscard d’Estaing : U.D.F. Jérôme Jaffré dans la revue « Pouvoirs » II 79 nous fait part d’une étude où il découvre plus de similitudes géographiques entre le vote pour le candidat Giscard d’Estaing aux élections présidentielles de 1974 qu’avec le score des candidats U.D.F. aux élections législatives, pourtant plus proches, de 1979. La liste U.D.F. faisait mieux que celle du R.P.R., mais, naturellement, l’opposition de gauche obtenait un retentissant 44,1 % des suffrages. Le président de la République entraînait donc derrière lui la partie de la majorité législative qui était la sienne.

La popularité du Président par rapport à l’élection

Plus proche de notre époque. Aux élections européennes de 2009, l’U.M.P. avait obtenu 27,9 % des suffrages, ce qui était reconnu comme une victoire, et avait représenté un gain de popularité au Président Sarkozy, qui dura un mois pour retomber aux 37 % précédents (TNS – SOFRES).

Qu’en sera-t-il de nos élections européennes de 2014 ? Une victoire des socialistes en cette période de crise se présenterait comme exceptionnelle. Une telle victoire découlerait directement du changement de premier ministre. Pourquoi ? Une élection pour le parlement européen disposant d’un pouvoir peu connu du public et dont la structure n’est pas à l’image d’une de nos démocraties, à savoir : une équipe qui gouverne et une autre qui la contrôle au sein d’une assemblée, entraîne des doutes. L’Europe est-elle une protection contre la mondialisation ? Ou, au contraire, se mêle-t-elle de questions nationales propres aux diverses nations ?

La crise étant présente, l’action gouvernementale sera commentée et surveillée. Seulement, voilà, les spécialistes de l’économie étant rares, l’on prendra en compte ses propres ennuis, ses craintes, et l’on sera attentif au travail du gouvernement. Là encore, que savons-nous sur la valeur de sa besogne, sa technicité ?

Alors, nous devrons nous fier à son apparence. L’on jugera le gouvernement tel que l’on sait juger une ou telle personne. Sont-elles énergiques, courageuses ? Peut-on faire confiance au gouvernement pour prendre, le moment venu, les décisions qui s’imposent ? Il s’agira moins de l’action du gouvernement, mais que de l’impression et de la confiance qu’il suscitera..

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/04/23/cercle_96123.htm#vIeKvqZgQhHZ3ysG.99

Elections européennes : la nouvelle donne

BERNARD OWEN | LE 06/05/14

De toutes nouvelles données se présentent à l’approche des élections européennes. Elles se situent au niveau de l’autorité qui apparaît au gouvernement. Les sondages, qui se présentaient de façon monotone, prennent leur envolée et apportent l’éclat d’un véritable combat politique, même si l’Europe n’en est que la scène.

Que penser de ces prochaines élections européennes ? Elles faisaient peur… La proportionnelle, même au sein d’une France découpée en 8 circonscriptions, ne pouvait que favoriser les extrêmes. La dynamique de Marine Le Pen (« Marine la Divine » des Guignols) devancerait-elle l’U.M.P. ? Lors du sondage Opinion Way dans le Figaro du 6 avril 2014, 17 % des interrogés ne se prononçaient pas, mais veulent aller voter. En consultant les sondages, qui s’étalent du 9 octobre 2013 au 9 avril 2014, le Parti Socialiste est systématiquement en troisième position derrière l’U.M.P. et le Front National. Or, le monde politique français vient de se transformer au moment des élections européennes du 25 mai 2014.

Il est certain que le scrutin proportionnel favorise les extrêmes, mais il y a aussi bien d’autres choses à dire sur ce sujet. Regardons la situation en France. Trois principaux partis sont présents. Le Parti Socialiste dispose du Président de la République et, jusqu’à une date récente, d’un Premier ministre, qui l’un comme l’autre ne présentaient pas l’image de l’autorité. L’U.M.P., à partir de la C.O.C.O.E., a donné l’impression d’une force désorganisée. C’est de ce constat que l’énergie de Marine Le Pen apporte l’image qu’une nation attend de ses dirigeants. Or, la proportionnelle a d’autres effets.

Hormis certaines situations que nous connaissons bien, le parti est subordonné à l’homme. Cela en Europe ou ailleurs. Par exemple, en Amérique du Sud, on a longtemps pratiqué exclusivement la proportionnelle dans des régimes présidentiels, et dans ce cas, le Président tire derrière lui le parti, qui retombera à un niveau dérisoire, si le Président n’accomplit qu’un seul mandat. Il faut comprendre que l’électeur, surtout dans le cas de ce mode de scrutin, cherche le chef qui se doit d’être compétent et énergique.

Le scrutin proportionnel, sous quelque forme que ce soit, est dangereux. Un livre en anglais (non en américain) vient d’en parler abondamment. Encore faut-il à l’occasion tenir compte des possibilités de ce mode de scrutin.

En France, depuis les élections municipales, le gouvernement a changé. Plaçons-nous le 4 mai 2014 (rédaction par M6 info – GETTXI de 1) : près de deux tiers des Français (64 %) estiment que Manuel Valls est un bon Premier ministre (sondage BVA pour le journal « Le Parisien »).

À noter que pour 76 % des sympathisants de gauche, il est un bon Premier ministre, et 51 % des sympathisants de droite. 50 % des Français pensent qu’il sera efficace pour réduire les déficits publics, mais seulement 32 % croient à sa possibilité de réduire le chômage (les Français sont lucides). 80 % des interrogés le jugent autoritaire.

Il a suffi de le voir devant l’Assemblée nationale où il a répété à trois reprises avec beaucoup d’énergie « j’assume » pour en être convaincu. Quant à son comportement politique, 53 % des Français le trouvent juste comme il faut, ni trop à gauche, ni pas assez à gauche. Pour les sympathisants de gauche, une courte majorité le trouve pas assez à gauche, alors que 47 % le trouvent juste comme il faut, et 3 % « trop à gauche ».

Les élections européennes sont différentes des votations municipales qui représentent un enjeu local proche de chacun.

Par suite du changement de personnalité du gouvernement cette année, l’élection européenne prendra une configuration réellement politique, non seulement nationale, mais aussi européenne.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/05/06/cercle_97061.htm#TtjFY4pi7mte9lm3.99

Les élections européennes à la recherche de la bonne gouvernance

BERNARD OWEN | LE 27/05/14

par Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey –

À la suite des auteurs du XIXe siècle, la croyance dominante a été que le fait de pratiquer le scrutin proportionnel jouait essentiellement sur l’obtention d’une certaine équivalence entre le pourcentage de suffrages et le pourcentage de sièges obtenus. Or, il n’en est rien.

Le scrutin proportionnel, en comparaison à un scrutin majoritaire à circonscription uninominal (cela veut dire que la nation est divisée en circonscriptions, chacune devant élire un seul député), a un effet non négligeable sur le nombre de suffrages obtenus par les partis eux-mêmes.

Pour illustrer ceci, prenons le cas de l’UKIP, parti récemment venu en Grande-Bretagne, qui peut se réjouir du scrutin proportionnel des élections européennes.

En France, les élections qui se présentent à la façon d’une grande circonscription, qu’elles soient ou non au scrutin proportionnel, sont un avantage pour les partis non intégrés dans le bipartisme droite-gauche. L’on y trouve le premier tour d’une élection présidentielle. En 2002, Jean Marie Le Pen a éliminé le candidat socialiste.

Certes, elle faisait suite à une longue période de cohabitation (1997 – 2002), ce qui ne pouvait que troubler l’électorat. L’expérience a peu de chance de se renouveler. Les élections européennes au scrutin proportionnel (même si la France est divisée en 8 circonscriptions) sont la porte ouverte aux partis tels que le Front National, d’autant plus que ce mode de scrutin peut favoriser les scissions des autres formations du bipartisme. L’on revient à « l’accordéon électoral ».

Le scrutin majoritaire rassemble et le scrutin proportionnel divise : ce dont parlait Jean-Luc Parodi – les scrutins majoritaires ou à tendance majoritaire, et les élections européennes au scrutin proportionnel, déjà bien installées dans la plupart des États européens, et le Front National ou les partis populistes toujours prêts à s’engouffrer dès qu’une porte est ouverte.

Lors des élections européennes de 1989, le Front National obtient déjà 11, 73 % des suffrages et 10 sièges, ce qui n’est déjà pas très loin du Parti Socialiste : 23, 6 % des suffrages et 22 sièges, alors que le RPR et l’UDF présentent une seule liste.

Les élections européennes de 1994 accordent 10,6 % des suffrages au Front National et 11 sièges, mais la proportionnelle divise la gauche et le Parti Socialiste n’obtient que 14,5 % des suffrages et 15 sièges, et les Radicaux de Gauche 12 % des suffrages et 13 sièges.

Les élections européennes de 1999 voient toute la droite divisée. Le Front National n’obtient que 5,7 % des suffrages, la scission 3,3 % des suffrages. Le RPR – DC obtient 12,8 % des suffrages, alors que le RPF réussit mieux avec 13 % des suffrages et 13 sièges. L’UDF obtient 9,3 % des suffrages et 9 sièges. Le bipartisme est en loque.

En réalité, il ne faut pas critiquer les élections européennes de 2014. Elles ne sont que l’image de la mauvaise gouvernance que l’on constate dans la plupart des États membres « proportionnalistes ».

Psychologues, psychiatres, sociologues scrutent l’être humain dans sa vie privée ou dans sa vie sociale et politique, ce qui donne lieu à de nombreuses recherches et publications… et les institutions ? Les rédacteurs de lois, de systèmes électoraux ne tiennent aucun compte des recherches faites, et l’on considère l’être humain comme une unité que l’on maîtrise selon des règles en dehors des réflexions comparatives. Il paraît plus simple de concevoir un ordinateur, une fusée que de mettre en place des institutions raisonnables.

Note : Information obtenue des sites BBC, CEVIPOL.

Commission d’enquête au Sénat Audition d’Alexis Kohler

Monique Cochinal

Alexis Kohler, Secrétaire Général de l’Elysée, le « bras droit du Président Macron, deuxième cerveau de la République, dit-on, répond, sous serment, aux questions des Sénateurs. Ambiance très sérieuse, questions multiples et très bien formulées. Le Président de cette commission : le Sénateur Bas précise bien que cette « commission » qu’il préfère appeler « comité « du Sénat n’est pas un tribunal, mais elle a pour but de faire toute la vérité sur cette « affaire Benalla », en regard des lois définies par la Constitution en vigueur depuis la cinquième République, uniquement dans ce seul but. D’où une longue séance de questions pertinentes, avec une exigence de précisions, en revenant sur les différents points d’ombre perçus par les réponses des uns et des autres hauts fonctionnaires déjà interrogés les autres jours par la commission parlementaire. Un exemple de questions : « Monsieur le Secrétaire Général, depuis la loi sur la transparence votée en 2013, tout collaborateur de la Présidence doit fournir une déclaration de patrimoine, est-ce que Monsieur Benalla, un collaborateur du Président, a fait cette déclaration de patrimoine, si oui, pouvons-nous en obtenir une copie ? », réponse très embarrassée de Monsieur Kohler. Il ne pense pas ….. Mais il croit savoir que le statut de Monsieur Benalla, ainsi que celui des sept autres chargés de mission auprès du président ne l’exigeait pas …. A voir …. A vérifier mais il pense que ces personnes chargées de mission auprès du président, qui ne sont pas déclarées au Journal Officiel, en sont dispensées.

Les autres questions sur l’autorisation du port d’arme donnée à Monsieur Benalla ont des réponses floues, Monsieur Kohler semble mal à l’aise, il se reprend, hésite et « noie le poisson » en vantant l’exemplarité de Monsieur Benalla, tout dévoué au Président, le sérieux de son travail. Il le connaît bien et le voit souvent pour organiser tous les voyages et déplacements du Président. Du reste, dans ce cabinet de l’Elysée, il y a un travail fou, chacun prend ses responsabilités. Il est entouré et il y tient, de personnes conscientes de leur haute fonction, et du reste, avant d’avoir fauté, il a toujours eu des retours positifs du travail de Monsieur Benalla, ajoutant : « on peut en être fier » ……

Questions d’un Sénateur : « Monsieur le Secrétaire Général êtes-vous au courant de tensions possibles entre Monsieur Benalla et la police ? Réponse : « je n’en ai pas connaissance » et d’ajouter : « mais, comme dans toute structure il y a des jalousies, des petites tensions entre collaborateurs, on envie celui qui est arrivé à un poste plus élevé ».

Il assure, à nouveau, qu’il a pris seul, dès qu’il a eu connaissance de la vidéo, des sanctions adéquates envers Monsieur Benalla : mis à pied pour 15 jours, sans salaire, et rétrogradé dans ses fonctions auprès du Président.

Avant la fin de la séance, un sénateur signale que Monsieur Benalla répond aux questions des journalistes du journal « Le Monde ». L’accusé affirme que le Président Macron l’a appelé, lui a dit qu’il avait fait une « grosse bêtise » et qu’il était dans l’obligation de le sanctionner, mais qu’il avait toujours confiance en lui….. Monsieur Benalla a été très affecté par ces sanctions … le pauvre !! et qu’il était certain qu’en l’attaquant lui, on voulait faire tomber le Président, mais il se défendrait. Une journaliste, après l’avoir entendu, s’est exclamée : « Dieu qu’il est grossier » …..

Dernière scène médiatique cet après midi de notre Président, tout souriant, ambiance décontractée, photographies, accolades, embrassades, poignées de mains (on a l’habitude maintenant) au pas de course car poursuivi par quelques journalistes voulant lui poser quelques questions embarrassantes ; Pas de réponse, seulement quelques mots sans intérêt…. Il était trop pressé de rencontrer tous ces gens qui l’acclamaient.

On veut nous faire croire que cette affaire Benalla … une « grosse bêtise » d’un petit jeune fougueux, acte d’un gamin bagarreur. Il est puni comme il se doit, une petite goutte d’eau dans la mare, mais surtout pas une « affaire d’Etat ». Du reste, le coupable reconnaît sa faute, accepte la punition, et …. En est très affecté…… Tout le reste n’est que complot de l’opposition, les méchants !!

Affaire Benalla: les Français ont tout compris

 SONDAGE LCI – Affaire Benalla : une affaire d’Etat pour une majorité de Français, 70% jugent Macron incapable de les rassembler

SONDAGE – Le scandale Benalla fait couler beaucoup d’encre depuis qu’il a éclaté. Si l’opposition dénonce une affaire d’Etat, la majorité minimise son importance. Mercredi, un sondage exclusif d’Opinionway pour LCI révèle que 59% des Français estiment que l’affaire Benalla relève bel et bien d’une affaire d’Etat.

26 juil. 07:19 – Sébastie MASTRANDREAS

Depuis plusieurs jours, les révélations sur Alexandre Benalla ébranlent l’exécutif. Malgré le blocage parlementaire et le déchaînement médiatique que suscite l’affaire, l’entourage d’Emmanuel Macron – qui a perdu 4 points dans les sondages – soutient que ce n’est pas une affaire d’Etat.  

8 Français sur 10 choqués par l’affaire Benalla, l’image de Macron entachée

24/07/2018 à 17h00  _ BFMTV

Le dernier sondage Elabe « L’opinion en direct » pour BFMTV, publié ce mardi, révèle que 80% des Français se disent choqués par l’affaire Benalla, moins d’une semaine après les premières révélations du Monde.

L’affaire Benalla et ses révélations en cascade ont choqué une très large majorité de Français. C’est ce qui ressort du sondage « L’opinion en direct » mené par l’institut Elabe pour BFMTV, publié ce mardi. Le 1er mai dernier, Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron, était filmé en train de frapper et violenter des manifestants place de la Contrescarpe à Paris. Une commission d’enquête parlementaire tente cette semaine d’éclaircir son rôle et les raisons de sa présence, tandis que les révélations s’accumulent chaque jour dans la presse.

Un état d’esprit général 

l apparaît ainsi que moins d’une semaine après les premières révélations du Monde, 8 Français sur 10 se disent choqués par cette affaire, dont un Français sur 2 se disant très choqué.

Et cet état d’esprit se retrouve globalement chez toutes les catégories de population et chez toutes les sensibilités politiques, mais également chez les électeurs d’Emmanuel Macron puisque 71% d’entre eux se disent « choqués », dont 42% « très choqués ».

Les Français veulent entendre Macron 

De fait, une quasi-majorité de Français attendent d’Emmanuel Macron qu’il s’exprime sur l’affaire. Le président de la République est sorti de son long silence pour la première fois ce mardi matin, par le biais d’un message posté sur Twitter dans lequel il envoie un message de solidarité à la Grèce, touchée par de violents incendies.

Ainsi 75% des Français estiment que le chef de l’Etat doit s’exprimer sur l’affaire Benalla (dont 49% se disant persuadés qu’il doit le faire), tandis que 25% jugent qu’il ne doit pas prendre la parole sur le sujet. Une tendance que l’on retrouve là encore chez les électeurs d’Emmanuel Macron, qui pensent à 64% (soit 2 électeurs sur 3) qu’il doit parler.

Une image écornée

Quant à savoir si cette affaire a un impact négatif sur l’image que les Français perçoivent d’Emmanuel Macron, la réponse est sans équivoque: les sondés répondent « oui » à 73%. Dans le détail, 36% estiment qu’il s’agit d’un impact « assez négatif », tandis que 37% le jugent « très négatif ». Seuls 23% des interrogés affirment que cette affaire n’a aucun impact sur leur image du chef de l’Etat.

Une fois de plus, la tendance s’observe aussi chez les électeurs d’Emmanuel Macron: 64% d’entre eux jugent que cette affaire a un impact négatif sur l’image qu’ils se font du président (dont 16% « très négatif »).

Sondage mené sur Internet les 23 et 24 juillet 2018, sur un échantillon représentatif de 983 personnes âgées de 18 ans et plus, composé selon la méthode des quotas.