Aux jardins de l’Elysée

Ghislain Mariette / Présidence de la République – NO PRESS

Monique Cochinal

Dimanche 16 septembre

e : c’est la journée du patrimoine. Les portes de l’Elysée sont grandes ouvertes. Déjà très tôt le matin, de nombreux visiteurs se pressent, font la queue pour découvrir ce superbe palais royal, ces splendides jardins éblouissants de soleil, car il fait encore très beau et chaud. Notre Président prend avec grand plaisir un nouveau bain de foule. Poignées de main à droite, à gauche, sourires détendus, photos, et, bien sûr, entouré de ses journalistes attitrés et leurs micros.

Dans la foule, un jeune homme s’approche et se présente : «  Bonjour, Monsieur le Président, j’ai fait une formation d’horticulteur, j’envoie  mes CV partout, depuis un certain temps, et je suis toujours au chômage, je n’arrive pas à trouver du travail ». La réponse est toute prête, pour notre Président : « du travail, il y en a pourtant. Je traverse la rue et je vous en trouve, moi du travail, il faut juste du courage et vouloir ». Il est vrai qu’il y a une bonne quantité d’offres d’emplois qui ne sont pas honorées, pour certains métiers. Mais, le hic c’est que ce pauvre jeune homme a une formation d’horticulteur. Planter, semer, arroser, tailler, entretenir de beaux parcs comme celui de l’Elysée, c’est son métier. Cette malencontreuse réponse de notre Président a vite été colportée à juste titre et pose question. Comment un président peut être aussi sûr de lui et parler de la sorte ? Il n’est pas sans ignorer que, même dans son nouveau monde, un horticulteur n’a pas du tout la même formation, et donc la même vie, qu’un cuisinier, qu’un carrossier, qu’un plombier, qu’un mécanicien ? Quel changement d’attitude et de ton avec son beau discours de présentation de son nouveau plan pauvreté, prononcé devant tous ces représentants d’associations caritatives, il y a quelques jours. Je repense à son prédécesseur : François Hollande, le champion des aides sociales, se disant très proche des pauvres, et traitant ces mêmes pauvres, en privé, de « sans dents » adjectif fort méprisant. Cela révélé par sa compagne de l’époque, après avoir été répudiée. Décidément, on ne peut guère faire confiance à de tels dirigeants.

Et en même temps, on veut stopper l’affaire Benalla en boycottant l’enquête de mercredi prochain, en invoquant, c’est le plus grave, de la part du Sénat, une violation de la constitution et de la séparation des pouvoirs : exécutif et justice. Comme si nos sénateurs ignoraient les lois de la République.

En y réfléchissant, depuis le début du règne Macron il en est ainsi. Pendant la malheureuse campagne présidentielle, tous les moyens furent bons pour éliminer les autres concurrents. François Fillon en est un exemple flagrant, et cela continue. On a parlé des costumes donnés en cadeau par son faux ami, et rendus, du reste, et maintenant, on parle de chemises de grande marque …. A quand les sous-vêtements et les chaussettes ? Quelle décadence dans ce nouveau monde !!

Les sources « dignes de confiance » du JDD

Bernard Owen

Le journal cite les sources « dignes de confiance ». Je serai ravi de les rencontrer. Hier, le Journal du Dimanche (JDD ‘EXCLUSIF. Fillon : en plus des costumes, il y avait aussi des chemises) mentionne les nombreux indices,  documents, témoignages qui pourraient entraîner sa comparution devant un tribunal correctionnel pour l’affaire des emplois contestés de sa femme. Dernière étape avant la possible clôture du dossier.

C’est en tous cas ce que commentent les sources dignes de foi . Un  « détournement de fonds publiques ». Qu’en est-il des costumes et même des chemises que François Fillon a accepté? L’on est loin du détournement de fonds publiques.

Pour cette « acceptation » il pouvait avoir deux raisons: Fillon qui ne doit pas être a plusieurs costumes ou chemises près, pouvait très bien accepter pour ne pas froisser son ami. Ce n’est que plus tard que le soi-disant « ami »  a montré sa véritable intention, celle d’avoir agi de la sorte en revanche de l’attitude de François Fillon à l’égard de Nicolas Sarkozy.  Sa réelle intention a fait l’objet d’une déclaration de lui-même à deux reprises à la télévision.

Le JDD annonce aussi les témoignages  de Pénélope Fillon qui fragilise la défense. La semaine entière était consacré aux  relations de travail de François Fillon avec sa femme. Le mode de fonctionnement de l’épouse dans l’équipe était pour « l’essentiel ». Le mot « essentiel » a son importance et modifie le raisonnement.

L’accusation  compare la déclaration de Fillon à celle du 29 mai 2017 où il avait évoqué des rapports écrits où étaient traités, par exemple, « L situation économique la Sarthe » ou bien « Le sort des élus locaux » et encore « L’aménagement du bocage  sabolien « .

François Fillon précisait que ces documents n’avaient pas été conservés. Cela peut très bien se comprendre car pour différentes raisons tous les documents ne sont pas conservés.  Cela dépend de quels documents. François Fillon avait souligné que les archives étaient détruites chaque année.

Cela est une bonne raison pour encourager les parlementaires de s’exprimer et n’empêche nullement le député ou sénateur d’en tenir compte et d’envoyer à l’intéressé par téléphone ou mail son propre point de vue.

L’on a trouvé dans l’ordinateur de Pénélope Fillon une lettre en date de janvier 2017. La date n’est pas certaine, elle pourrait être de juin 1997. Madame Fillon déclare que  « je commence à être rémunéré pour le travail que j’effectue pour François, jusque là, c’était de façon informelle ». Les enquêteurs ont trouvé une trentaine de cartons pleins.  Ne sachant pas ce qu’ils contenaient je n’ai pas d’opinion sur la valeur ou la nature du contenu.

L’étranger se régale de la valeur quelque peu douteuse du fonctionnement de nos institutions juridiques? qui leur paraissent éloignées de la notion fondamentale de procès « équitable » et déjà certains journaux étrangers l’assimilent à la classe politique.  C’est pour cela que nos commentaires sont en Français. Mais lisez donc le New York Times du 3 février 2017 (ci-dessous).

French Institutions: No Checks And Balances But, Rather, A Confustion Of Powers

Adam Nossitor’s article was written in the middle of the François Fillon crisis and it is about the political elite in general. The reality he describes is a  result of an instituional system that is based on a confusion of powers, be it at the political level or at the judicial one.

The Constitution gives the President of the 5th Republic the power to dissolve the National Assembly (Article Article 12).  The idea underpinning that article  is that the legisltive power seves as « check » on executive power.  It is not really that as Presidents of the French Republic have always had a majority in Parliament which, let’s get eal, will not vote against its own party and intrests.  Nevertheless, this Presidential power is not likely to be uses as the mandate of both the Executive and the Lagislative powers coincide (5 years), which was not the case at the time of the last one (1997).

The dissolution of a legislative assembly is a practice in parliamentary systems.  But there the Prime Minister and the National Assembly are one and only election, the legislative one. In France both national elections are distict, there is the Presidential election, and one month later the legislative one. So in a system where there is a true separation of powers the Executive should not have the right to dissolve an assembly which results from a separate legislative election.

This is rather a confusion of powers.

Maria Rodriguez McKey

Fillon Scandal Indicts, ForemostFrance’s Political Elite.

By Adam Nossiter

  • 3, 2017
  • One can say the same thing about the judiciary. The « juge d’instruction » (no equivalent in the US) leads the investigationof the he police.  He must lead it « à charge et à décharge or in englishaccusatory and exculpatory, which again, are two opposite powers in the US.  Judge Badinter talks about the « juge d’instruction » as being  schizophrenic .  An impossible task and, agai, a confusion of powers.

Maria Rodriguez McKey

 

Fillon Scandal Indicts, Foremost, France’s Political Elite

By Adam Nossiter

  • 3, 2017

PARIS — The president of the National Assembly does it. The president of the Senate defends it. Dozens of rank-and-file parliamentarians do it, too. Hiring your spouse, son or sister in France’s Parliament is perfectly legal.

So, with François Fillon, until recently France’s leading presidential candidate, in deep trouble for payments of nearly $1 million from the public payroll to his wife and children, many French politicians are asking: What’s the big deal?

The answer has, belatedly, come roaring back from much of the country’s press and public: They just don’t get it.

“Penelopegate,” a scandal named for Mr. Fillon’s wife, now threatens to sink the ambitions of a man who little more than a week ago seemed all but certain to become France’s next president.

But the scandal has done more than add another volatile element to France’s presidential campaign. It has also tapped a wellspring of anger in the French electorate and called into question the standard operating procedures of the political class.

The outrage has buffeted the establishment, rendering it ever more vulnerable to the same angry populist forces that have already upset politics as usual from Washington to London to Rome.

France’s gilded political culture of immunity and privilege — free train and plane tickets, first-class travel, chauffeurs, all in a setting of marble and tapestries — can no longer be taken for granted, analysts warn.

The perception of a political structure run by and for elites who use it to enrich themselves — sometimes corruptly, but more often perfectly legally — is helping propel the far-right National Front candidate, Marine Le Pen.

“Nepotism is part of French institutional genetics,” said Matthieu Caron, an expert on government ethics at the University of Valenciennes. “It is unfortunately a ‘great’ French tradition.”

The scandal over Mr. Fillon, he added, is “making the National Front’s day,” even as Ms. Le Pen’s party, too, faces its own no-show employment scandal in the European Parliament.

The difference is that, unlike Mr. Fillon, who has campaigned on a platform of probity and high ethics, Ms. Le Pen has never “presented herself as the incarnation of republican morality,” Mr. Caron said.

Though a fixture of France’s political landscape for over 40 years, the National Front has never held power at the top, and so can position itself outside the establishment.

Just how much Mr. Fillon’s scandal has improved the Front’s chances of toppling the old order in elections this spring is among the most urgent questions facing France and Europe as a whole.

The uproar has similarly lifted the hopes of Emmanuel Macron, the former Rothschild banker and economy minister in the Socialist government, who is running an insurgent campaign atop his own newly formed political movement.

The immediate problem facing Mr. Fillon from the revelations in The Canard Enchaîné newspaper is that it is not clear his family members actually worked for the money.

France’s financial prosecutor is now looking into Mr. Fillon’s cozy monetary arrangements with his wife. His parliamentary offices were raided this week, he and his wife, Penelope, were questioned by the investigators, and Mr. Fillon has said he will bow out of the race if he is indicted.

But it is telling of the decades of slow rot that have eaten into France’s political establishment that virtually no one in line to replace Mr. Fillon is untainted, either.

Former Prime Minister Alain Juppé, defeated by Mr. Fillon in the November primary, was himself convicted in a no-show employment scheme. The runner-up, former President Nicolas Sarkozy, too, is a subject of multiple financial investigations into alleged improprieties.

Image

The far-right National Front candidate Marine Le Pen in Paris on Wednesday. Her party faces its own no-show employment scandal in

In France, to be a high-level member of the political class is to enter an exalted state where it appears O.K. to summon a professional shoeshiner to the presidential palace (one of President François Hollande’s top aides was forced to resign after that and similar revelations). Lunches with the minister are at least three courses with wine, served by gloved footmen in gilt-paneled chambers hung with tapestries.

Which may explain why Mr. Fillon, 62 and also a former prime minister, sounded plaintive this week, defending himself at a Paris trade show.

He had been in France’s Parliament for 30 years and his wife had been working for him that long, he said. “If they wanted to get me in trouble over this, they could have done it earlier,” he complained.

But that may be precisely the problem. Mr. Fillon didn’t say it, but the implication seemed clear: Over years of fat parliamentary paychecks to his wife, nobody ever raised questions about it.

And that, in spite of the fact that she was never seen around the building, did not have a badge or an email address, according to some news reports, and told interviewers over the years she stayed away from her husband’s political life.

The sense of entitlement, and indeed nepotism, is an inheritance of the country’s monarchical culture, political experts and historians say.

At least 20 percent, and probably more, of French parliamentarians hire family members. Others hire the wives, children or nephews of colleagues, according to some in Parliament — a mutual back-scratching that can profit both sides.

Inside Parliament’s stately marbled chambers this week, some deputies ducked questions about family hiring. Just a few wondered whether moral issues might be involved.

“On the whole, they are not calling into question at all family employment,” insisted René Dosière, a veteran Socialist deputy who has been associated with ethics reform in Parliament. Even he defended the practice, though he does not do it himself.

“It is legal,” Mr. Dosière mused. “But is it moral?”

That question has not arisen publicly, until now, and for good reason, experts say. Employing family members “bears witness to a culture of caste or oligarchy that makes it absolutely natural for politicians to profit to the maximum from political power,” said Jean Garrigues, a leading historian of France’s political culture.

“There’s a custom, a culture which has become part of French political life, which is a heritage of the monarchy, and which is completely French,” Mr. Garrigues said. “There’s this idea that, as soon as he is picked, he’s free to dispose of public money as he pleases.”

That is so despite reforms in 2013 that have raised public expectations for change, something Mr. Fillon appears to have underestimated.

Since the ethics reform, members of Parliament have to give the names of their assistants, though not necessarily their relationship to them.

“François Fillon is in a new world now,” said Mr. Caron, the ethics expert. “There is a demand for transparency.”

Some lawmakers were indignant. “I’m transparent,” one parliamentarian, Jean-Pierre Gorges, said angrily. “I tell people, go see my wife and daughter, and you will see how hard they are working.”

“People are mixing everything up,” said Mr. Gorges, who represents the town of Chartres. “It’s all just to have next to you an employee who is actually much closer to you, and can keep things confidential. You are not just a deputy 9 to 5, you know.”

The scandal over Mr. Fillon is unlikely to simply blow over. “What was tolerated 10 years ago will no longer be tolerated by the French,” Mr. Garrigues said. “There’s a disjunction between public opinion and the conservatism of the politicians.”

That certainly appeared to be borne out in the comments of visitors to the grand old Parliament building this week. As the deputies ducked and scurried in a marble antechamber off the main hall, a visiting group from the rural Loiret département expressed dismay at the affair.

“This just casts a shadow over our political institutions,” Marc Bouwyn said. “And we are only now finding out about it.”

A version of this article appears in print on Feb. 4, 2017, on Page A6 of the New York edition with the headline: French Nepotism Scandal Incriminates Political Elite. Order Reprints | Today’s Paper | Subscribe

Jupiter descend de sa tour d’ivoire

Monique Cochinal

Aujourd’hui, c’est la présentation du plan (le énième) de lutte contre la pauvreté, au Musée de l’homme. Notre Président est en pleine forme, et il va parler sans interruption pendant plus d’une heure de ces oubliés de la société, nos pauvres, qu’il a longuement rencontrés récemment, qui lui ont ouvert les yeux, en lui faisant prendre conscience de toutes leurs difficultés, leurs souffrances. Avec les responsables des différentes associations et lui-même Président, ils mettront toute leur énergie pour éradiquer toute cette pauvreté par tous les moyens possibles, et avec l’aide de tous, car nous sommes plus ou moins responsables avec nos préjugés tels que : « Pourquoi ces personnes sur assistées refusent des offres d’emploi proposées ? » et encore : « Pourquoi refuser, ne serait-ce qu’un travail précaire, même le dimanche, par exemple ? ». Notre Président est transformé, il est « touché par la grâce ». Il va passer la fin de son quinquennat auprès des plus pauvres …. Que Dieu l’entende ! Mais, moi, je ne suis pas Dieu et je l’entends parler de « certains chômeurs fainéants », de « toutes ces aides sociales qui nous coûtent un pognon fou ».

Ce plan nouveau est ensuite très détaillé, avec, pour chaque réforme, de puissants arguments à l’appui. On n’oublie personne : les jeunes enfants (école obligatoire à trois ans). On pense aux futurs parents, même, car on va leur apprendre à devenir pères et mères, par des conseils distribués auprès d’organismes compétents. Encore, faudrait-il que ces jeunes parents veuillent suivre ces bons conseils. Pour les plus grands : école et formation obligatoire jusqu’à 18 ans. Formation professionnelle mieux organisée et plus juste. Chaque jeune doit pouvoir, selon ses capacités, choisir son futur métier. Les réformes de l’éducation nationale déjà engagées donnent des résultats, grâce à notre Ministre de l’éducation nationale Jean Michel Blanquer, du reste dans la salle. Ouverture de crèches, aides données pour la garde des enfants, prix de la cantine scolaire à 1 Euro dans certaines communes pauvres, cela sur tout le territoire. Création d’un revenu universel d’insertion, attribué d’office pour toute personne en grande difficulté, et j’en passe …… Trente millions d’Euros par ci, 50 000 d’Euros par là, 130 millions d’Euros là aussi. C’est pour la bonne cause, c’est même un excellent investissement. Où allons-nous trouver tous ces millions ? Au moment précis où on apprend que la France n’arrive pas à se redresser au point de vue économique, contrairement à beaucoup d’autres pays européens. Le bon sens veut que nous soyons plus qu’inquiets.

Il est vrai que l’idéal serait qu’il n’y ait plus un seul pauvre dans notre beau pays de France. Est-ce réalisable, même quand on s’appelle Emmanuel Macron ? Dans l’ancien monde, et depuis longtemps, on a souvent essayé, mais hélas, sans succès.

Ce fut un superbe discours, avec des promesses de campagne électorale de la part de notre Président, à la reconquête de cette masse de citoyens qui ne votent pas, tellement éloignés de la politique, ou bien qui iront voter pour un candidat Mélanchon ou Le Pen.

Encore une fois, le moment est particulièrement bien choisi pour un tel discours. Notre Président est à l’écoute des colères, des grognements de ces « gaulois réfractaires », il voit dégringoler sa popularité, il assiste au désamour de son peuple, dû surtout à son attitude jugée autoritaire, arrogante, presque inhumaine. Donc, changement complet d’attitude : le Président des riches se tourne vers les pauvres, avec « humilité ». Jupiter veut revenir sur terre….

Au Sénat : affaire Benalla

Monique Cochinal

Peu satisfaits des auditions des différents collaborateurs proches du Président Macron, avant la période des vacances, et dans le but d’éclaircir différentes zones d’ombre, avant leur rapport détaillé, nos sages Sénateurs, calmes et déterminés, ont repris, aujourd’hui, leurs auditions. Ils nous l’avaient promis. C’est leur droit le plus absolu. Et pourtant, que de critiques entendues : « Ils perdent leur temps, ils devraient plutôt s’occuper de toutes ces lois en suspens, ils entravent le bon fonctionnement de notre République …. Ce monsieur Benalla est entre les mains de la justice, laissons la justice faire son travail. Et … Le comble ! Monsieur Benalla lui-même insulte nos Sénateurs, les traitant de « petites gens qui emploient des méthodes anti démocratiques ». Ce petit arriviste se permet de telles insultes, car il a été convoqué pour une prochaine audition, et a d’abord fait dire, par l’intermédiaire de son avocat, qu’il refusait de s’y rendre, car il estimait qu’étant entre les mains de la justice, il n’avait pas à s’y rendre, séparation des pouvoirs (justice et pouvoir exécutif) oblige. Là, très ferme rappel à l’ordre du président de la commission, le Sénateur Philippe Bas : « tout citoyen convoqué à une audience ne peut pas refuser, c’est la loi, elle est la même pour tous, s’il refuse, il est passible de la prison et d’une forte amende ». Et d’ajouter : « il viendra, entouré de deux gendarmes, s’il le faut ». Le Président du Sénat : Gérard Larcher, outré, rouge de colère, intervient aussi devant les médias : « je ne laisserai pas insulter ainsi nos Sénateurs, surtout par ce petit individu ». Il rappelle le rôle du Sénat et ses fonctions : dénoncer tout dysfonctionnement des institutions de la République. Monsieur Benalla viendra donc, mais gardera le silence sur toute question relative à sa mise en examen de la justice, ça promet ! Mais j’ai confiance dans l’habileté des Sénateurs pour l’obliger à nous révéler une partie de la vérité, car ce Monsieur Benalla se contredit souvent, tout en voulant se défendre. Saura-t-il garder son calme ? J’en doute.

Les deux auditions d’aujourd’hui ont, malgré tout, dévoilé des dysfonctionnements au sein de l’Elysée, et ont surtout mis en évidence l’importance de Benalla, son arrogance, sa façon violente d’expulser toute personne jugée trop gênante près du Président. Il a surpassé ses fonctions, donné des ordres aux policiers, alors qu’il n’a jamais été policier. Avec difficulté, les sénateurs ont pu obtenir sa feuille de paye : 6 000 Euros net, salaire en rapport, paraît-il, avec ses nombreux services, avec ses qualités d’organisateur etc… Mais, aucune réponse donnée, quand une sénatrice demande pourquoi il n’est pas mentionné sur cette feuille de paye, les avantages en nature qui lui sont attribués : logement de fonction, primes, évalués d’ordinaire (c’est la loi), car susceptibles de la redevance de l’impôt sur le revenu.

De ces deux auditions, nous discernons mieux ce sombre personnage, et nous découvrons à quel point il est protégé par les amis du Président et le Président lui-même. Pouvoir …. Pouvoir absolu. Point final.

Exercices militaires à l’Est de la Fédération de Russie

Bernard Owen,  Maria Rodriguez McKey

Nos amis russes préparent leurs exercices  militaires du 11 au 17 septembre 2018. Le nom sera «Vostok 2018»  et sera d’une grande étendue, celle de l’Est de la Russie. Pour plus d’information, nous vous proposons de vous référer à la fin de cet article.

Nous apprenons du porte-parole de l’OTAN (Dylan White) que cet exercice aura lieu loin des terres de l’OTAN. Il a ajouté que l’alliance militaire surveillerait avec attention et de près ces exercices. Il qualifie ces exercices comme une préparation à un conflit d’une grande ampleur. Dylan White admet que c’était le droit de toute nation  « tant que l’ensemble ait lieu de façon prévisible ».  En revanche, il nous fait savoir que l’OTAN réfléchissait à la proposition russe d’envoyer des représentants de l’alliance assister aux exercices.

L’on pourrait supposer que l’exercice de nos amis russes sont une réponse à l’extension de l’OTAN aux frontières russes.

… » A travers la voix de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, Moscou a balayé les éventuelles inquiétudes de l’OTAN : «Vostok 2018 se tient loin de la zone de responsabilité [de l’OTAN] et ne change en rien la sécurité de ses Etats membres», a-t-elle affirmé.

« Participante de «Vostok 2018», la Chine a en outre expliqué que sa présence avait pour but d’améliorer les capacités militaires communes de Moscou et Pékin, afin qu’ils soient en mesure de «faire face conjointement à des menaces sécuritaires», sans viser de «partie tierce». »

La description du travail militaire faite par le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou « .contingent attendu : 300.000 soldats, 36.000 véhicules militaires, 1.000 avions et 80 navires.

« Imaginez 36.000 engins militaires se déplaçant en même temps : des chars, des blindés de transport de troupes, des véhicules de combat d’infanterie. Et tout cela, bien sûr, dans des conditions aussi proches d’une situation de combat que possible. »

L’on ne peut tenir compte des propos d’un journaliste tel que Pavelrce Pavel Felguengauer qui parle  « de préparation à une guerre réelle. » L’on voit dans l’ensemble de ces textes que son savoir est loin de la vérité diplomatique et militaire. « Cela s’inscrit dans une tendance que nous voyons depuis un moment : une Russie plus sûre d’elle, qui augmente significativement son budget de Défense et sa présence militaire. »  

(L’Obs « La Russie mène les plus grandes manœuvres militaires de son histoire » (publié le 10 septembre 2018 à 12h11« )

( «Vostok 2018» : la Russie se prépare aux plus grands exercices militaires de son histoire. RT France, 10 sept. 2018, 18:49. )

Voir article sur la confrontation Etats-Unis et l’Union Soviétique ici : http://cece-owen.net/du-tac-au-tac

Reconquête de popularité

Monique Cochinal

Après une rentrée politique très controversée, l’attitude du Président jugée comme arrogante et autoritaire, et un désenchantement de plus en plus important d’un bon nombre de Français, on assiste, depuis une semaine ou deux, à un revirement, à la fois  du gouvernement et de l’Elysée, devant la « grogne de tous ces gaulois récalcitrants ». Serait-ce une tentative de reconquête de popularité ? Les élections approchent : élections européennes, élections communales, et, dans moins de quatre ans, l’élection présidentielle, déjà. Se lèvent de toutes parts, des leaders de partis opposants, tous, vent debout, devant la politique menée par notre petite assemblée d’élus « par défaut » autour du président « jupitérien ».

Le lundi 3 septembre, jour de la rentrée scolaire de nos chères têtes blondes et brunes, que ne voit-on pas : Emmanuel Macron, son Ministre de l’éducation : Jean Michel Blanquer et l’équipe de journalistes habituels, micros et caméras en main, visitant une école « modèle », assis en classe parmi les élèves, et parlant avec eux de choses et d’autres, répondant aux questions des enfants, jouant même avec eux. Quelles belles images, quel bon moment ! Bravo ! Très réussi ce reportage.

Puis, en public, on entend, dans la bouche de notre président, des mots bien plus doux : « …. Il nous faut écouter ….. Nous devons être à l’écoute …. Concertations nécessaires…. Sachons entendre ….. ». Son ministre  préféré : Gérard Collomb parle même d’un manque d’humilité, d’un manque de transparence. Quel changement ! Et on s’interroge : Dans quel but ? Il faut se lancer, bien vite, à la recherche de nombreux électeurs, il faut former un grand parti politique susceptible de remporter le plus de suffrages aux différentes élections à venir. Sinon, finie La République en Marche, fini le nouveau monde, fini le règne macroniste.

Ces jours ci, Angela Merckel et notre Président se sont rencontrés à Marseille pour une conférence importante, avant les prochaines élections européennes. Nous aurions aimé avoir un compte-rendu détaillé de cette rencontre ….. En vain. Après le départ d’Angela Merckel, et tard dans la nuit, voilà que notre Président décide de prendre un bain de foule dans cette belle ville de Marseille, le fief bien connu de Jean Luc Mélanchon, qui s’y trouvait, comme de bien entendu, entouré de plusieurs de ses partisans, et …. La rencontre fortuite eut lieu : Jean Luc Mélanchon faisant campagne contre l’Union Européenne, contre la politique de notre gouvernement, incitant ses partisans à faire, des élections européennes, des élections anti-Macron. Le dialogue fut « comique » : Jean-Luc Mélanchon, un peu raide : « Bonjour, Monsieur le Président, quelle coïncidence ». Poignées de mains rapides, sourires discrets de part et d’autre. A ce moment, une question embarrassante est posée par un journaliste : « Vous avez dit, Monsieur Mélanchon, que vous étiez opposé au Président Macron, contre sa politique, contre sa façon d’être par rapport au peuple ». Embarras de plus en plus voyant de Jean Luc Mélanchon, qui répond, un peu gêné : « Moi, j’ai dit ça ? Vous croyez ? Oh ! Non …. Ici, à Marseille, on exagère toujours un peu. » C’est vrai, on connaît la légende de la sardine qui avait bloqué le port de Marseille !!!! La réponse de notre Président, décontracté, sourire gracieux aux lèvres, ne se fait pas attendre : « Il est vrai que nous n’avons pas du tout les mêmes idées, mais je n’ai jamais pensé que vous étiez mon pire ennemi. Je vous respecte et j’ai un certain plaisir à vous rencontrer ».

Avec une certaine tristesse, je pense qu’on nous amuse. Serait-ce intentionnellement ? Serait-ce pour nous étourdir ? Serait-ce pour éviter de nous révéler des événements ou des dysfonctionnements graves ?

Soyons très attentifs avant qu’il ne soit trop tard.

Financial Times: An opinion piece on President Macron’s economic vision of France.

Excerpts of a text in the Opinion pages of the Financial Times .

Emmanuel Macron is neither Margaret Thatcher nor Tony Blair

The French president starts from a vision of empowerment and social mobility

Sophie Pedder JUNE 8, 2018

While Emmanuel Macron appears increasingly isolated in Europe over his ambitious plans to reform the eurozone, he is succeeding in advancing his domestic agenda. But what, exactly, does this amount to? At home, his opponents have dubbed him Margaret Macron or Emmanuel Thatcher. Abroad, his showdown with the rail unions has been depicted as his “Thatcher moment”: a test of whether France’s homme de fercan face down striking workers and shake up the country. On the streets Mr Macron is indeed facing the stiffest test yet of his will to “unblock” France. But, in inspiration, the French president is closer to a first-term Tony Blair than to Thatcher — and would probably dislike the comparison to either former UK prime minister.

It is understandable that his critics depict Mr Macron as a red-blooded capitalist. A former investment banker at Rothschild, trained at the country’s top institutions, he embodies the rootless globalising elite. Today, the left accuses him of dismantling France’s cherished social model. Last month, Forbes magazine put the French president on its cover under the title “Leader of the free markets”. Mr Macron is indeed unapologetic about backing the private sector in order to encourage investment and job creation. To that end, he has cut taxes on business and the rich, loosened labour rules, and devised schemes to lure tech start-ups to Paris. At the same time, a public spending review, designed to find budget savings, is about to be published. Yet his thinking has little to do with a Thatcherite conception of the state, or of laissez-faire economics. “I believe in the market economy, the open world,” Mr Macron told me last summer. “But we need to rethink regulation so as to deal with the excesses of global capitalism.” With illiberal populists at the door, he argues that voters need to feel that they are not out there alone faced with the threat of machines, algorithms or open borders. What Mr Macron seeks is a benign way for the state to offer reassurance: a framework of protection that generates the confidence people need in order to feel they can accept or adapt to change. …

The writer is The Economist’s Paris bureau chief and author of ‘Revolution Française: Emmanuel Macron and the Quest to Reinvent a Nation’.  Letter in response to this article: Macron reminds me most of Mendès-France / From Francis Ghilès, Senior Research Fellow, CIDOB, Barcelona,

Un gaulois au Danemark

Bernard Owen

Un gaulois récalcitrant, mais qui a péniblement appris à écrire, va enchaîner (brièvement) sur les propos de sa collègue : Monique Cochinal. La thèse de doctorat du nouveau gaulois parle abondamment des pays du Nord de l’Europe, et le Danemark en fait partie. Il raconte même qu’il a participé à une table ronde à Aarhu, ville importante du Danemark.

Le Danemark pratique un scrutin proportionnel. Or, il faut noter que ce mode de scrutin est très sensible aux structures d’influence. En Scandinavie, les structures d’influence sont le syndicalisme, qui exerce un contrôle considérable sur le parti socialiste. Pourquoi pas ? Dans les années soixante, le Parti Socialiste dirigeait la coalition gouvernementale traînant derrière lui un ensemble de partis modérés. Jusqu’au début des années soixante dix, les sondages indiquaient un fort mécontentement de la population concernant les impôts. Malgré cela, le gouvernement décida de faire voter, par cette coalition dirigée par les socialistes, une augmentation considérable des impôts. Il faut préciser que le gouvernement ne disposait que d’une seule voix d’avantage. Devant cette situation plus que gênante, l’un des députés socialistes a trouvé l’excuse d’une panne d’automobile pour ne pas se rendre à la Chambre. Le vote a eu lieu et le gouvernement est tombé. De nouvelles élections générales se déroulèrent en 1973.

Kopenhagen, Slotsholmen, Danish Parliament Christiansborg, Denmark during summer

Le résultat fut une surprise pour tous, car soudainement un tout nouveau parti est apparu qui devint le second parti danois. Il se trouve qu’en Norvège où la situation économique n’était guère plus satisfaisante, le même phénomène se reproduisit, mais de façon moins spectaculaire, avec un parti qui ne remporta que 5 % des sièges.

Voyons maintenant un troisième pays : les Pays Bas. Ils possédaient une population semblable mixte : catholiques et protestants. La rénovation du catholicisme, décidée par Vatican II, a provoqué une scission entre les électeurs du Parti Catholique et les hommes du terrain : enseignants, activistes, jusqu’à provoquer le bouleversement de la vie politique de l’Etat.

A titre d’information, le gaulois a écrit une thèse publiée par l’éditeur bien connu : LGDI, en 2002, qui traite des pays européens en ce qui concerne les effets des systèmes électoraux (520 pages), de plus en plus d’actualité, au moment où l’on parle d’une modification importante de nos systèmes électoraux dans cette même Europe. Plus tard, un autre livre fut publié (un peu plus court, car les gaulois se fatiguent vite), mais, de surcroit, en langue anglaise, qu’il serait souhaitable de consulter, car décidément, ces gaulois ont traversé le monde et ont vécu des situations dramatiques. Ils en ont tiré une certaine expérience, qu’il serait bon de mettre à profit.

 

Les « gaulois récalcitrants » se cabrent

Monique Cochinal

Chaque jour, on assiste à un flot d’annonces, et de faits divers révélant de sérieux dysfonctionnements de la part de notre équipe gouvernementale. En l’espace de quelques jours, voici les principaux connus :

La démission brutale et complètement inconnue de Nicolas Hulot, un ministre d’Etat bien connu des Français et apprécié pour ses beaux reportages à travers le monde, il y a une vingtaine d’années. Grand embarras du gouvernement. On doit le remplacer. Qui mettre à sa place ? On cherche un remplaçant. Tractations en cours. Le nom de Daniel Cohn-Bendit est avancé. Ce n’est pas un jeune homme et il a fait beaucoup parler de lui pendant les graves évènements de mai 68. Ce n’est pas un tendre, mais il défend assez bien notre Président, depuis le début, alors, que ne ferrait-on pas pour ramener dans son camp quelques « partis verts » pas toujours d’accord avec la politique actuelle bien molle envers les mesures prônées des différents partis européens verts ? Un autre ami de notre Président : Stéphane Bern, le « Monsieur Patrimoine » pas trop content, met en garde le gouvernement et risque de donner sa démission, lui aussi. On attend mardi prochain, jour « J » pour savoir à quel genre de remaniement gouvernemental nous assisterons.

Ce matin, le journal « Le Parisien » nous révèle, preuves à l’appui, de graves dysfonctionnements dans la mise en place du recouvrement de l’impôt à la source, dès janvier 2019, alors que Gérald Darmanin, chargé de l’application de la nouvelle loi, nous affirmait, la veille, le contraire :

  1. « Tout est en place, nous sommes prêts, tout fonctionne … ». Du côté du Président, il subsiste un grand doute, cependant. Il hésite, recule la date de mise en application de cette nouvelle loi, et serait peut-être prêt à la supprimer. Notre Président serait-il, au moins une fois, sensible à la révolte de « ces gaulois récalcitrants » qui l’entourent ?

    A ces graves problèmes, s’ajoutent quelques mauvaises nouvelles touchant notre vie quotidienne : hausse du baril de pétrole, donc hausse du prix de l’essence à la pompe, et « en même temps » hausse des prix du gaz, et de tous les prix à la consommation : inflation estimée à 2,3 % et « en même temps » baisse du pouvoir d’achat de tous les français.

    On peut ajouter à tout cela la nomination bien imprévue d’un « très proche » ami du président : Philippe Besson, Consul de France à l’étranger, un écrivain tout dévoué, depuis le début, à la politique d’Emmanuel Macron, un « très » proche ami de la famille. De quoi faire rougir de colère et d’envie les hauts fonctionnaires destinés, et surtout préparés à ce poste.

    Le ciel va-t-il tomber sur la tête de tous ces « gaulois récalcitrants » ? A suivre …