Financial Times: Macron unveils new cabinet in long-awaited reshuffle

French President Emmanuel Macron © Reuters

Overhaul prompted by string of high profile resignations French President Emmanuel Macron

French President Emmanuel Macron finally launched a long-awaited reshuffle on Tuesday morning, appointing longtime supporter Christophe Castaner as the country’s new interior minister.

The reshuffle follows the resignation two weeks ago of Gérard Collomb, an early supporter of Mr Macron and the third minister to quit the government in as many months.

The departure deepened a sense of crisis around Mr Macron, with the French president suffering from falling approval ratings and accusations that he is out of touch with average voters.

Mr Castaner, who was the leader of Mr Macron’s En Marche party, takes one of the most visible jobs in the French government.

Mr Macron also replaced his agriculture and cultural ministers but other big names in the Macron government, such as prime minister Edouard Philippe, finance minister Bruno Le Maire and foreign minister Jean-Yves Le Drian kept their jobs.

These latest changes come after a similar reshuffle in September that saw Mr Macron appoint a new environment minister following the surprise departure of the popular Nicolas Hulot, a former television personality and longtime environmental campaigner — a blow to the government’s green credentials.

Mr Macron had also appointed Roxana Maracineanu as sports minister after her predecessor Laura Flessel resigned for “personal reasons”.

De Gaulle et les systèmes électoraux (Deuxième partie)

Bernard Owen

Colloque : 100 ans depuis la naissance de De Gaulle, Athènes les 6 et 7 avril 1989

Centre d’études comparatives des élections, Département de Science Politique de l’Université Paris II et Centre d’étude comparative des systèmes politiques de l’Université Paris I

 L’ordonnance du 13 octobre 1958

La situation est tout autre que celle de 1945. En 1945, les partis réapparaissaient après une période de quatre ans pendant laquelle ils étaient interdits. La démocratie reprenait ses droits et les partis étaient les mieux placés pour parler en son nom. Charles de Gaulle, par sa popularité même, ne pouvait pas être comparé aux anciennes menaces de la République, bonapartisme, boulangisme mais c’était quand même un homme seul, un homme providentiel, un homme tout puissant.

Ambiance générale dominante: Majoritaire

A l’opposé de 1945, il n’y a plus de divergence entre les conseillers de Charles de Gaulle qui sont pour le scrutin majoritaire et les autres qui sont proportionnalistes.

Réalisation de l’ordonnance du 13 octobre 1957

Dès les premières réunions constitutionnelles de la Commission restreinte (comprenant Michel Debré, Guy Mollet, Louis Jacquinot, Félix Houphouët-Boigny, Pierre Pflimlin) du 13 au 23 juin 1958, Charles de Gaulle, en réponse à Pflimlin qui attache la plus grande importance à la stabilité gouvernementale, estime que la séparation du gouvernement et du parlement, d’une part, et le droit de dissolution, d’autre part, assureront cette stabilité.

Charles de Gaulle réaffirme en cela sa position d’agir avant tout sur le parlement de l’extérieur, en l’isolant et l’empêchant d’agir sur le gouvernement ainsi qu’n faisant planer sur lui la menace de dissolution. Il n’est donc pas revenu sur son idée dominante, à savoir que rien, même pas un scrutin majoritaire, ne pourra modifier le système des partis présent au parlement.

Le 15 août 1958, le Comité consultatif Constitutionnel, dans l’article 78 de son rapport, propose qu’une consultation populaire précède des ordonnances qui fixeraient le régime électoral de l’Assemblée pendant la période transitoire. Ce sera la seule tentative de limiter la toute puissance du Général et de son gouvernement dans cette matière. Aucune suite lui sera donnée.

Charles de Gaulle a assisté à l’exposé de l’opinion de divers partis présents dans son gouvernement sur le mode de scrutin lors du conseil des ministres du 30 septembre 1958. (« Lois électorales et inégalités de représentation en France: 1936-1960 », Jean-Marie Cotteret et Claude Emeri, Armand Colin, 1960, p. 357)

– Guy Mollet a présente le système Weil Raynal qui est quasiment identique à celui pratiqué en République Fédérale Allemande. La Moitié des députés sont élus dans de grandes circonscriptions uninominales, l’autre moitié étant élu au scrutin de liste proportionnel dans le cadre regional.

– Michel Debré et Jacques Soustelle étaient pour le scrutin de liste majoritaire à deux tours.

– Antoine Pinay était du même avis en ajoutant une possibilité d’entente entre les listes dans le cas où il aurait un deuxième tour.

– Pierre Pflimlin proposait un système dit « Coty », majoritaire à deux tours. La majorité absolue étant nécessaire pour les deux tours sinon la répartition se faisait à la proportionnelle. L’idée d’un scrutin proportionnel provoqua une réaction de la part des autres membres et – Pierre Pflimlin retira sa proposition et se rallia au scrutin majoritaire uninominal.

Charles de Gaulle écouta et demanda une semaine de réflexion après avoir déclaré que alors s’appliquerait à des grands arrondissements ou de petits départements.

Au conseil de cabinet du 7 octobre 1958, Charles de Gaulle annonce qu’il a choisi le scrutin majoritaire d’arrondissement uninominal à deux tours. Ce choix est entériné par le conseil de cabinet du 8 octobre après trois heures délibération. Le conseil des ministres l’approuve le 10 octobre 1958. L’ordonnance relative à l’élection des députés date du 13 octobre 1958.

Avis sur la décision prise

Voici la façon dont Charles de Gaulle annonce cette décision dans ses mémoires, tome I, Le Renouveau, p. 38: « Afin d’avoir une majorité il faut un scrutin majoritaire. C’est ce que décide mon gouvernement qui fixe le système  électoral en vertu de ses pouvoirs spéciaux rejetant la représentation proportionnelle chère aux rivalités et aux exclusives des partis mais incompatible avec le soutien continue d’une politique et adoptant tout bonnement le scrutin uninominale à deux tours. »

Le terme employé par Charles de Gaulle « tout bonnement »est conforme au choix effectué ca ril ne s’agit en aucune façon d’une innovation. On se rabat sur un mode de scrutin habituel pour la France de la IIIème République. Pourquoi avoir choisi un mode de scrutin qui avait engendré l’instabilité gouvernementale?  Pourquoi ne pas avoir adopté un scrutin majoritaire à un seul tour tendant à un bipartisme tel que Michel Debré préconisait dans La Mort de l’Etat Républicain: « Il convient d’être ferme sur un point: pas de second tour: c’est le vers dans le fruit et bientôt la pourriture. » « Charles de Gaulle pensait-il que le droit de dissolution et la faible limite fixé à la présentation au deuxième tour limiterait à la fois le nombre de partis au parlement et la stabilité gouvernementale?. » 

René Capitant fait une analyse intéressante de la réforme de 1958: « Cette réforme est très importante parce que c’est elle qui rend au corps électoral la possibilité d’exprimer une volonté, la volonté collective ne pouvant être que majoritaire. »

(« Démocratie et Participation Politique », Bordas, 1972, p. 145)

 » Bien des hommes avaient souhaité au début de la Vème République que l’on adopta un scrutin majoritaire plus nettement affirmé, soit le scrutin anglo-saxon, uninominal à un tour soit le scrutin majoritaire de liste à un tour; c’était la préférence de Michel Debré. Finalement ce fut la volonté délibérée du Général de Gaulle, on préféra le vieux scrutin de la IIIème République, uninominal à deux tours dont nous connaissons les résultats qui tendent à instituer, non pas le bipartisme à la mode l’anglo-saxone  mais à défaut de cela l’opposition de deux coalitions, une coalition de droite et une de gauche conduisant à un bipolarisme selon l’expression que les auteurs de science politique ont depuis beaucoup employé. »( « Démocratie et Participation Politique », Bordas, 1972, Page 146)

Conclusion

Charles de Gaulle a cherché la stabilité de l’exécutif, à laquelle il attache la plus grande importance. A travers une structure constitutionnelle qui sépare l’exécutif (Président du Gouvernement) de l’Assemblée législative, en quelque sorte, « livrée aux partis. » Il n’a pas considéré comme réellement possible une modification du régime des partis aux deux moments où une réforme du mode de scrutin était possible car il ne croit pas à l’effet transformateur des systèmes électoraux.

Dans la pratique, Charles de Gaulle s’est rallié à l’idée dominante des deux époques considérées: scrutin de liste proportionnel en 1945 et scrutin majoritaire en 1958. Mais chaque fois, il en adopte la forme la plus neutre rejetant la proportionnelle intégrale et le scrutin majoritaire à un seul tour.

Charles de Gaulle apparaît en ce domaine pour lui d’une importance marginale comme étant modéré, pragmatique et peu innovateur.

Bibliographie

René CAPITANT

– « Démocratie et Participation Politique », Bordas, 1972.

– « Ecrits Constitutionnels », CNRS, 1982.

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– « Les Présidents de la Vème République et le mode d’élection des députés », Pouvoirs, n° 32, 1985.

_ Rapport présenté au colloque de l’AFSP du 8 mars 1985.

Jean CHARLOT

« Le Gaullisme », Armand Colin, 1970.

Jean-Marie COTTERET et Claude EMERI

–  « Lois électorales et inégalités de la représentation en France 1936 – 1960 »

, Armand Colin, 1960.

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– « Le vocabulaire du Général de Gaulle », Armand Colin, 1969.

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–  « La Constitution de la Vème République », PUF, 1975.

– « Les idées Constitutionnelles du Général de Gaulle », Pichon Duras, 1974.

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– « La Mort de l’Etat Républicain », Gallimard, 1947.

– « Trois Républiques pour une France », Albin Michel, 1984.

Charles DE GAULLE

– « Discours et messages », Le Livre de Poche, 1958.

– « Mémoires d’espoir: le renouveau », Plon, 1970.

Olivier GUICHARD

– « Mon général », Grasset, 1980.

Jean-Noël JEANNENEY

– « Journal Politique », Armand Colin, 1972.

Marie Hélène MARCHAND

– « Les conseillers généraux en France depuis 1945 », PFNSP, 1970.

De Gaulle et les systèmes électoraux (Première partie)

Bernard Owen

 Colloque : 100 ans depuis la naissance de De Gaulle, Athènes les 6 et 7 avril 1989, Athènes les 6 et 7 avril 1989

Centre d’études comparatives des élections, Département de Science Politique de l’Université Paris II et Centre d’étude comparative des systèmes politiques de l’Université Paris I

Introduction

Charles De Gaulle a toujours voulu une France capable de tenir sa place parmi les nations européennes et mondiales.

Pendant sa jeunesse et son adolescence, la France se trouve amputé de deux de ses provinces par la défaite de 1870. Pour redevenir elle-même, la France doit retrouver ses frontières « naturelles » et pour cela Charles De Gaulle s’engage dans une carrière militaire.

Mais pour que la France puisse remplir son rôle de grande nation, il faut que l’Etat soit fort, que ses gouvernements soient stables de régler les problèmes auxquels ils sont confrontés. C’est pour cela que Charles de Gaulle s’est tôt intéressé à la politique.  Jean Lacouture dans « De Gaulle », Tome I, Seuil, 1984, page 81, cite des propos tenus à un codétenu universitaire pendant sa captivité lors de la guerre de 1914-18: « Pourquoi ne faites-vous pas de la politique? Moi, si je n’étais pas militaire… »

La grande inquiétude politique de Charles de Gaulle est l’instabilité politique française qu’il impute au jeu des partis au point où le terme « partis » prend dans son discours un sens péjoratif:

« le régime des partis », « les agitations partisanes », « à la discrétion des partis », « rejette la confusion et l’impuissance du régime des partis ».

Charles de Gaulle distingue alors l’exécutif qu’il veut fort et indépendant, détaché du pouvoir législatif auquel il veut limiter le rôle des partis. La notion qu’il soit possible d’agir sur la façon dont les partis sont représentés à l’Assemblée Nationale n’est pas claire chez lui.  Il enseignera  l’histoire à Saint-Cyr. Sa formation n’est pas juridique et il n’est pas préparé à envisager les effets des systèmes électoraux. La confusion entre les différents types de scrutins majoritaires ne lui facilite pas la tâche. Charles de Gaulle sera pourtant entouré de deux juristes comparatistes (lui-même fait très référence à l’étranger) qui ont des idées très nettes sur les systèmes électoraux. Il ne suivra pas leur avis quand celui-ci ira contre l’idée dominante de 1945 et ne le suivra que partiellement quand cet avis sera semblable à l’idée du moment en 1958. Les deux conseillers sont René Capitant (absent en 1958 car en mission au Japon)  lu, et Michel Debré.

 

Première période: L’ordonnance du 17 août de 1945

Son entourage: Majoritaire

Deux  membres de son entourage ont beaucoup écrit et ont eu une attitude constante en ce qui concerne l’importance des effets des systèmes électoraux. Ils ont, tous deux, été influencés par Ferdinand Hermens qui dès les années trente trouvait un lien entre la percée électorale spectaculaire d’Hitler (2,6% des voix exprimées en 1928 à 18,3% en 1030) et l’impossibilité pour les gouvernements de coalition engendrés par la représentation proportionnelle de prendre les mesures qui s’imposaient lorsque l’Allemagne a été frappée para la crise de 1929.

René Capitant a traduit un article de Ferdinand Hermens et Michel Debré le mentionne dans « Trois  Républiques pour une France « , Albin Michel, 1984. Il dit plus loin: p. 399, « … Je pense que ce qu’on a appelé la crise de la démocratie aux alentours des années 30 vient de l’incapacité des régimes européens à prendre des décisions et à s’y tenir. »

Michel Debré accorde aux systèmes électoraux  la primauté dans la structure institutionnelle des nations dans « Mort de l’Etat Républicain » , Gallimard, 1947, p. 215: « Derrière les formes diverses de démocratie, régime parlementaire, regime présidentiel, régime d’assemblée, il est une division plus juste, peut-être la suite juste. D’une part les démocraties sont fondées  avant tout sur les partis et où de ce fait leurs ambitions et de leurs luttes. D’autre part, les démocraties fondées avant tout sur un mode de scrutin stable, simple, respecté, dégageant une majorité; alors le système des partis est organisé en fonction de ce mode de scrutin. Celles-ci ont une volonté et le pouvoir remplit son rôle. Celles -la, au contraire sont comme des hommes incapables de se diriger. » et Michel Debré cite la Grande Bretagne et les Etats-Unis comme nations a gouvernements responsables.

Ambiance générale dominante: proportionnaliste.

L’ambiance de 1945 autant politique que chez les organismes socio-politiques est proportionnaliste. La ligue des Droits de l’Homme, la CGT encore unifiée (que Charles de Gaulle refusera de recevoir pour traiter de cette question) sont pour la proportionnelle intégrale (une seule circonscription nationale)  sur des critères de « justice ».

Michel Debré dans « Trois Républiques pour une France. », 1984, p. 399: « Je vois flancher plusieurs de mes amis du Comité National d’Etudes (formé au printemps 1942 à Londres). Sans doute au gouvernement évite-t-on de prendre position publiquement. On évoque l’intérêt d’éviter un clivage gauche-droite qui renverrait les socialistes dans les bras des communistes.  C’était un bon moyen d’instituer la légitimité des partis en face de celle du Général de Gaulle. Il faut avoir le courage d’un Réné Capitant au sein du gouvernement ou d’un Paul Bastid à l’Assemblée Consultative pour oser refuser la proportionnelle (le premier pour soutenir dans son combat un scrutin de liste majoritaire).

Position de Charles de Gaulle

Sa vision essentiellement dirigée vers l’histoire politique française et la confusion qu’entraîne le terme de « scrutin majoritaire » à des modes de scrutin aux effets différents qui font douter du « scrutin majoritaire » quand il pense à la IIIème République.

Le discours de Charles de Gaulle  à l’Assemblée Consultative du 12 juillet 1945: « … cet état  presque chronique de crise ainsi que ces marchandages à l’extérieur et ces intrigues à l’intérieur du Conseil m^me des ministres. De 1870 à 1940 nous avons eu 102 ministres, la Grande Bretagne 20, les Ettats-Unis 14 présidents ». (Il s’agit de la seule comparaison dans ce domaine à la vie politique d’autres nations). Il reprend cette même argumentation dans sa conférence de presse du 14 novembre 1949 et dans celle du 16 mars d1940: « La IIIème République n’avait pas cette grande netteté, grande fermeté, grande continuité: 40 ministères en 20 ans. »

« Nous avons expérimenté, nous français, tous les systèmes électoraux possibles et aucun n’a jamais pu compenser la malfaisance du régime des partis. En particulier, c’est une aimable plaisanterie que dire comme on le fait parfois, qu’il suffirait d’établir en France un système majoritaire pour que l’Etat soit régénéré. » (et il cite la IIIème République).

Le scrutin majoritaire est écarté aussi en raison de l’injustice dans le découpage des circonscriptions de la IIIème République (Conférence de presse du Général de Gaulle du 14 novembre 1949).  Dans la même conférence, il évoque le risque communiste mais il s’agit là d’une appréciation à posteriori. Le risque d’une puissance électorale communiste en 1945 n’était pas aussi évident avant que la première élection ait eu lieu (à ma connaissance il n’y a pas eu de sondage).

Il reprend la même idée dans la lettre adressée à Michel Debré du 3 juillet 1946 (Jean-Louis Debré, « Idées Constitutionnelles du Général de Gaulle) … « si nous avions adopté le scrutin à la majorité relative après trois ou quatre (un tour) c’était au moins 250  communistes à l’Assemblée, sans doute après trois ou quatre épreuves eut on  assisté au regroupement des factions en trois ou quatre, puis en deux ou trois mais aurait-i eu d’autres épreuves? »

Que veut dire Charles de Gaulle par « épreuves »?  Certainement pas « élections ».  Il semblerait  donc que pour lui les effets des systèmes électoraux ne surviendraient que dans le cadre d’épreuves (de crises) et non dans le cadre de vie normale.

Dans sa conférence de presse du 14 novembre 1949 il invoque le fait : « comme personne à l’époque ne parlait de scrutin de liste majoritaire ». Ceci s’accorde mal à ses autres déclarations ainsi que celles de Michel Debré (précédemment citées).

La Reforme du Mode de Scrutin par rapport à la Réforme Constitutionnelle

Dans la conférence de presse du 14 novembre 1949 et pensant à la IVème République, Charles de Gaulle présente une vue qui est  dominante chez lui et opposée à celle de Michel Debré: l’importance toute secondaire de l’effet des systèmes électoraux. Seulement il ne faut pas croire qu’on pourrait éviter une réforme du régime en procédant à une réforme du mode de scrutin. Ce qui est en cause par dessus tout, c’est le régime actuel des partis.

« Quant à moi, je crois en effet, à l’importance du mode de scrutin. Mais à mon sens, cette importance est tout à fait secondaire par rapport à celle du régime. » Il parait être avant tout conscient que son rôle ne se situe pas au niveau des partis et cela, en soit, lui retire le besoin de s’occuper de l’effet des modes de scrutin.

« Kirs même qu’il est arrivé qu’un parti peut se maintenir quelques temps au gouvernement c’est qu’il y était pour combattre quelque chose d’organique à l’Etat ou à la société: l’Eglise, l’armée, l’administration, les finances, la sécurité extérieure et quand, enfin, il fallait recourir à quelqu’un pour réparer ce qui pouvait l’être, ce quelqu’un n’a jamais été un home de parti, sous la IIIème République, Waldeck Rousseau, Poincaré, Clemenceau. » (Lettre à Michel Debré du 3 juillet 194, Jean-Louis Debré, « Les idées Constitutionnelles du Général de Gaulle – Pichon Duras, 1974, p. 413.)

 Avis sur la décision prise

Conférence de presse de Charles de Gaulle du 14 novembre 1949: « Tous voulaient m’imposer la représentation proportionnelle intégrale. » (Discours et Messages. Dans l’attente 1946 -1958.) Mais pour lui les listes de 600 noms par partis était  un non sens, c’est pourquoi il optera pour la représentation proportionnelle  de liste dans le cadre départemental.

De toute façon, il se considère comme devant rester au dessus des partis. Le 23 juillet 1945, René Mayer (ministre des travaux publics) qui lui demande  pourquoi il n’a pas choisi le scrutin d’arrondissement (majoritaire) avec dans chaque circonscription un candidat se réclamant de lui? … Il répond: « Quand donc comprendrez vous que mon ambition n’a jamais d’être le chef d’une majorité? » (Jean Lacouture, « Le Général de Gaulle », Tome I, p. 201)

Michel Debré tire la conséquence dans « Trois Républiques pour une France »: « L’absence d’un grand parti gaulliste dont j’ai souhaité la création et dont il aurait été le chef condamné par défaut à la proportionnelle. »

Dans « Mon Général » (Grasset, 1980, p. 186) Olivier Guichard émet l’hypothèse qu’il soignait son image d’homme providentiel et que cela l’obligeait à rester en dehors de toute question de technique institutionnelle (p. 187)

« Pensait-il alors que s’il gardait intacte son autorité morale sur le pays celui-ci pourrait s’accommoder d’une constitution médiocre? »

La réalisation de l’ordonnance du 17 août 1945

René Capitant, « Ecrits Constitutionnels, 1982, p. 292: « C’était alors le Général de Gaulle, lui-même, et son gouvernement à une faible majorité, il est vrai, qui avaient décidé cette modification dans la procédure électorale (introduction de la représentation proportionnelle) mais elle avait été envisagée à cette époque que pour l’Assemblée Constituante. « Michel Debré, « Trois Républiques pour une France »1984, p. 400): « Il me demande de m’entendre avec René Capitant quoi que nous soyons l’un et l’autre favorables au scrutin majoritaire. Nous rédigeons le texte qui deviendra l’ordonnance du 17 août. »

René Capitant  a de semblables réticences:Michel Debré insiste pour que soit publié simultanément un texte d’accompagnement (Journal Officiel du 17 août 1945) soulignant le caractère limitatif de l’ordonnance destinée à la  destinée à la seule élection de l’Assemblée Constituante: « Cette décision ne présage pas du caractère que devra revêtir le mode de scrutin en régime constitutionnel normal. » « …egige que le système électoral aboutisse à dégager une majorité. »

René Capitant  a de semblables réticences: « J’ai même  déposé devant l’Assemblée Constituante un amendement à la future Constitution qui tendait à inclure le principe majoritaire par les dispositions institutionnelles. Ce fut sans résultat. L’Assemblée a maintenu la représentation proportionnelle à peu près telle qu’elle avait été établie en 1945.

L’après 1945

Le parti gaulliste, le RPF (Rassemblement pour la France), est crée en 1947 (première circulaire du 22 mars 1947).

Ce parti obtient un succès considérable aux élections municipales d’octobre 1947 (55% des voix à Paris et la mairie des principales villes françaises en dehors de Lyon). Mes élections cantonales (au scrutin majoritaire) de 1949 lui donnent 269 élus RPF en 98 apparentés (il est alors question de « succès » mais plus de « raz de marée »). Ils s’agit néanmoins de préparer les élections législatives prévues pour 1951. La montée électoral du RPF (parti anti-système) ne peut qu’inquiéter les partis politiques faisant corps avec la IVème République qui depuis 1945 se trouvent en face d’un Parti Communiste qui recueille régulièrement plus de 25% de voix. Un parti gaulliste recueillant autant de voix rendrait la France ingouvernable et mènerait à l’effondrement dur régime.

Il fallait donc imaginer une loi électorale pouvant favoriser les partis réalisant des alliances électorales ce qui naturellement était pas possible entre le PCF et le RPF.

Dans sa conférence de presse du 14 novembre 1949 et encore plus dans celle du 16 mars 1950, Charles de Gaulle cherche à prévenir toute manipulation de la loi électorales risquant de défavoriser le RPF. Il le fait de deux façons:

  1. La loi « de Gaulle » de 1945 n’était pas si mauvaise et il joue sur la légitimité que lui a apporté les huit ministères qui se sont succédé sans modifier la loi.
  2. Il parle de deux modes de scrutin « francs et honnêtes » rejetant « toutes sortes de trucages ».

Conférence de presse du 14 novembre 1949:

 » … j’ai été au plus simple et je le crois au plus juste à ce moment. Je constate d’ailleurs que depuis mon départ huit ministères se sont succédé dont aucun a proposé le changement de cet effroyable système… Il faut croire que ce qu’on a appelé la loi de Gaulle n’était pas monstrueuse. »

« Maintenant, certains parlent de changer le système et on allègue que le scrutin majoritaire donnerait dans l’Assemblée Nationale une majorité qui permettrait l’action et la stabilité du gouvernement. Si c’est là la seule préoccupation de ceux qui préconisent le changement, je déclare que je suis avec eux et ce n’est pas moi qui ferai d’objections à l’institution d’un scrutin majoritaire pourvu qu’il soit juste et pourvu qu’il favorise le rassemblement des Français et non pas leur division. »

Conférence de presse du 16 mars 1950: « A l’heure qu’il est, il y a deux systèmes électoraux francs, honnêtes qui peuvent être considérés. Il y a d’abord le scrutin actuel … et le scrutin majoritaire de liste dans le même cadre (départemental). J’ai quant à moi aucune objection contre le second d’autant qu’il permettrait peut-être au second tour quelques regroupements utiles …indépendamment … il y a toutes les sortes de trucages. »

Le « trucages »  aura lieu et la loi des apparentements réduira légèrement le succès des listes RPF aux élections législatives de 1951 où 21,7% des voix leur accordera 19,5% des sièges.

MEDIAPART: Port du Havre: Alexis Kohler de nouveau épinglé


Depuis dix ans la ligne n’est pas terminée.

Quelques extraits d’un article sous la rubrique Conflits d’intérêt de Mediapart.

9 OCTOBRE 2018 PAR MARTINE ORANGE ET LAURENT MAUDUIT

La Cour des comptes a rendu public un référé sévère sur le terminal multimodal du port du Havre. Un projet décidé « à la hâte »« protégeant mal les intérêts publics » et qui « n’a pas trouvé son équilibre économique ». Alexis Kohler était administrateur du port au moment où le projet et le montage financier ont été adoptés. Il avait tout approuvé.

La Cour des comptes porte décidément un grand intérêt au port du Havre. Deux ans après avoir rédigé un rapport critique sur la gestion du Grand Port maritime du Havre (GPMH), la juridiction financière s’est de nouveau penchée sur un des grands projets du port : le terminal multimodal. Son référé, rendu public le 9 octobre, dresse un bilan sévère de l’opération : le terminal, décidé « à la hâte », a été réalisé au détriment des intérêts et finances publics et « n’a pas encore trouvé son équilibre économique ».

Coïncidence qui tombe bien mal pour l’Élysée : ce projet, lancé en 2009, l’a été au moment où Alexis Kohler – aujourd’hui secrétaire général de la présidence de la République – siégeait au conseil de GPMH, nommé par l’Agence des participations de l’État (APE) en tant que représentant de l’État, de début 2010 au printemps 2012. Il y assurait même la présidence du comité d’audit. Le bilan dressé par la Cour des comptes est donc un peu le sien. Après une cascade de rebondissements, dont le dernier en date était celui de la déclaration d’intérêts fantôme d’Alexis Kohler lors de son entrée au GPMH (lire ici), ce référé de la Cour des comptes constitue donc un embarras de plus pour l’Élysée.

Pour Alexis Kohler, qui est visé par une enquête préliminaire ouverte le 4 juin par le Parquet national financier (lire notre article ici), dans le prolongement des révélations de Mediapart sur ses relations cachées avec le groupe de sa famille Mediterranean Shipping Company (MSC), ce référé est encombrant : il apporte des éclairages complémentaires sur le rôle du haut fonctionnaire du temps où il siégeait au conseil de ce port, dont MSC était l’un des principaux opérateurs. Il illustre aussi la façon dont le macronisme maltraite les intérêts publics. Ce référé peut être consulté ici. (pdf, 1 B)

Pendant des années, le terminal multimodal a été un serpent de mer au Havre. Tous s’accordaient sur la nécessité de développer le transport fluvial et ferroviaire à côté du port, d’agrandir son « hinterland ». Assurer des connexions ferroviaires et fluviales afin de pouvoir augmenter le trafic des marchandises et des conteneurs, pouvoir les acheminer ou les faire venir de très loin semble d’autant plus impératif que le port est en train de se moderniser et de s’étendre avec la création de Port 2000. Mais l’État, toujours aussi impécunieux, laisse traîner le projet.

Aussi, dès que le port du Havre est devenu une entité indépendante, à la suite de la réforme portuaire adoptée en 2008, la direction du port, assumée par Laurent Castaing – président des chantiers de Saint-Nazaire depuis 2012 – s’est empressée de reprendre le projet. Mais le port, qui s’est déjà lourdement engagé financièrement pour réaliser Port 2000 avec l’aide des collectivités locales, n’a plus de ressources financières pour assumer en plus la création du terminal multimodal….

D’emblée, le montage du projet est déséquilibré. Car comme dans tous les dossiers de partenariat public-privé, le pouvoir revient au privé. C’est lui qui fixe les conditions, détermine l’opération, la conduit, la réalise. Les entités publiques, elles, ne sont là que pour payer. Dans le cas du terminal multimodal, il est prévu dès l’origine que le port du Havre devra apporter 70 % des financements, sans avoir voix au chapitre.

Pis ! La direction accepte de consentir des engagements de concessions aux actionnaires privés du terminal, totalement à son détriment. Comme dans le cas du rachat – illégal – des outillages aux exploitants, la Cour des comptes s’étonne que l’autorité portuaire en arrive à oublier à ce point ses intérêts, « alors même que le port avait été averti par son avocat de leur caractère préjudiciable à ses intérêts », ajoute-t-elle en coup de pied de l’âne.

Le terminal multimodal s’est avéré une opération désastreuse. Mal pensé, mal réalisé, prenant du retard, il n’a jamais fonctionné comme prévu. La société d’équipement est tombée en faillite. Comme l’avait évoqué Alexis Kohler – pour tout de suite en démentir la possibilité –, dès que l’échec est devenu patent, les actionnaires privés se sont dépêchés de quitter le navire. Pour maintenir le projet, le port du Havre a dû reprendre tout à sa charge, prendre le contrôle de la société d’équipement, remettre des financements, revoir les conditions d’exploitation. « L’activité du terminal a redémarré progressivement en décembre 2015. En 2017, il a traité 84 000 boîtes [conteneurs – ndlr], ce qui est insuffisant pour assurer l’équilibre économique. »

L’aventure laisse de lourdes traces dans les comptes : « Le terminal a finalement été entièrement financé par des fonds publics et le coût final de l’équipement (147,8 millions d’euros) a crû de 10,9 millions d’euros par rapport aux prévisions », écrit la Cour des comptes. Pour les actionnaires privés, le Crédit agricole et Caisse des dépôts, qui participeront par la suite aux financements des paquebots de MSC à Saint-Nazaire, tout va bien. Ils ont certes dû prendre les pertes en capital liées à la faillite de la société d’équipement. Mais ils « perçoivent régulièrement les intérêts et commissions liés aux opérations de financement, et Projénor, filiale du Crédit agricole, ainsi que la présidence de LH2T, ont perçu intégralement les rémunérations prévues initialement ».

Ainsi en va-t-il des partenariats public-privé « à la française » : c’est la puissance publique qui prend les risques et les pertes, et le privé les bénéfices quand ils existent, sans que cela ne choque qui que ce soit. Car – que l’on se rassure ! – aucun des responsables de cette affaire calamiteuse, à commencer par Laurent Castaing, dont la gestion est épinglée pour la troisième fois par la Cour des comptes, ne se voit demander des explications, encore moins des comptes. Quant à Alexis Kohler, désormais arbitre décisionnaire sur tous les dossiers économiques et industriels, il y a de quoi s’inquiéter quand on constate, preuves à l’appui, la légèreté et l’indifférence avec lesquelles il traite l’argent et les intérêts publics.

 

Remue ménage à l’Elysée

Monique Cochinal

La belle tour d’ivoire est secouée violemment, depuis peu, et notre Président attaqué de toutes parts. On assiste donc à un semblant de remaniement gouvernemental, confié au Premier Ministre, comme indiqué par notre Constitution. Il doit présenter son nouveau gouvernement au président, qui accepte ou refuse. Une importante charge pour Edouard Phillipe, car il lui faut réussir, sinon …. Pas de gouvernance possible. Le plus ardu reste le choix des nouveaux ministres, qui doivent, en priorité, plaire à notre prince Macron, et autour de lui, les plus fidèles, sentant certainement un épuisement rapide de la méthode macroniste, sont partis pour d’autres aventures. Alors, qui choisir ? Un vrai casse-tête chinois. Cette équipe « macronienne », ces jeunes du « nouveau monde », soi disant « apolitiques », venant en grande partie de la société civile, probablement brillants dans leurs entreprises, ne sont pas forcément efficaces et surtout peu aptes à diriger un ministère (pour preuve : les nombreux couacs observés pendant dix huit mois). Les autres plus âgés, et surtout aguerris en politique, sont partis (Gérard Collomb), ou sont sur le point de partir, mécontents et lassés de leur « magnifique grand chef ». On pense à cette terrible constatation : « quand le bateau coule, tous les rats fuient ».

Il faut dire que le « grand chef » le premier a agi de la sorte pour s’emparer du pouvoir de l’Etat. Petit protégé de François Hollande, il est devenu son ministre, a beaucoup appris en circulant dans tous les couloirs, a bien écouté, a bien regardé et au moment opportun, il a donné sa démission, et a tourné le dos à son protecteur pour accéder au pouvoir, entouré de sa bande. C’était une magnifique épopée, une victoire inattendue pour le candidat Emmanuel Macron au point d’en être grisé.

Mais, les réformes et toutes les lois votées rapidement avec grande autorité ne donnent pas encore le moindre résultat, après presque deux ans de pouvoir ; alors qu’on annonce une reprise économique mondiale. On est déçu, on doute et on geint. Eh oui ! On ose se plaindre.

Ce qui atteint le plus la popularité du Président est son attitude de plus en plus arrogante, méprisante, autoritaire auprès des personnes qu’il rencontre, et qui ouvre la porte à des plaisanteries douteuses bien que philosophiques (le philosophe Onfray, dans sa lettre au Pésident, passe en revue les agissements de plusieurs de ses ministres. Il fait ce qu’il a dit, il suivra jusqu’au bout le cap défini, car c’est le seul possible. C’est lui le chef. Les conseillers, les amis doivent être soumis, et son peuple n’est pas autorisé à se plaindre. Le « jeune loup » n’en fait qu’à sa tête. De nombreuses injustices apparaissent peu à peu. De graves dysfonctionnements institutionnels font jour, surtout depuis l’affaire Benalla, et ce n’est pas terminé. On découvre que plusieurs de nos dirigeants en place sont loin d’être intègres : Richard Ferrand, A. Kohler, Françoise Nyssen et sa protégée Agnès Saal, François Bayrou, le grand défenseur de la loi sur la transparence, préparée sous le quinquennat de François Hollande et votée au début du règne Macron. Et, en même temps, la France est sans gouvernement. A quand la fin du « nouveau monde » ?

President Macron receives negative reviews from the Financial Times

A few excerpts on the Financial Times views on President Macron.

Macron’s struggle to reboot his flagging presidency

French leader hopes for lift from reform programme but scepticism persists

Ben Hall in Paris OCTOBER 6, 2018

They were the words his supporters were longing to hear: “

People of France, help me.” On a visit to French territories in the Caribbean last month, President Emmanuel Macron came down from his Olympian heights and tried to reconnect with an increasingly dismissive public. After repeated gaffes, a scandal involving a security aide and tensions within his government, Mr Macron has come to be seen as arrogant and out of touch. His tour of the Antilles was supposed to be the reboot.

It was unfortunate, then, that the big talking point of the visit was a selfie of a grinning president flanked by two muscular youths, one brandishing his middle finger. Mr Macron’s critics pounced on an alleged debasement of his office. “Unforgivable!” tweeted Marine Le Pen, the far-right leader.

Mr Macron was dealt a more serious blow a few days later when Gérard Collomb, his interior minister, walked out of the government, publicly rebuffing the president’s appeals for him to stay. It was the third ministerial departure in as many months.

A cruel cartoon in a French newspaper featured the president flanked by two ministers, with Mr Collomb wielding his middle finger.

Despite his attempts to be more in touch with his people, Mr Macron cannot seem to help himself. On a visit to the home village of Charles de Gaulle on Thursday, to celebrate 60 years of France’s fifth republic, the president was reminded of the general’s dictum that the French had no right to complain.

Mr Macron concurred. “The country would be in a different place if we were all like that . . . We don’t realise how lucky we are.”

With his approval rating hovering around 33 per cent, many wonder whether he will fall into the same trap as his recent predecessors — a rapid loss of popularity that saps ambition and leads to defeat.

Mr Macron’s allies say the answer to his difficulties lies in less haughtiness, more disciplined communications and above all sticking to his wide-ranging reform plans to deliver tangible change.

“The French are impatient,” said one official. “They want results. They believed in Emmanuel Macron. They still do. But they are questioning us. They still know the status quo is not sustainable. But they want to know whether it will pay off. There would be nothing worse at this stage than to water things down.”

The government is planning to forge ahead with the next wave of the reform programme. After loosening rules on redundancies and overhauling the state railways, it wants to cut the cost of a generous unemployment insurance system and create more incentives for the jobless to take up work.

It has plans to make the pension system fairer and has embarked on a shake-up of benefits and services to lift more people out of poverty. A bill in parliament contains scores of measures to make it easier to run a business. Its overall impact on growth may be modest but it should lift competitiveness with no cost to the Treasury, according to senior officials.

Some Macron loyalists say it is not just the degree of reform but the way it is put in place that counts — an implied rebuke of a president who seems to want to run the country with a handful of aides from the Elysée Palace.

L’importance des sondages

Monique Cochinal

Chaque leader politique en vue, le Président de la République en premier, suit avec grand intérêt les différents sondages émis et largement diffusés par les médias.

Le sondeur, par ses questions, recueille un grand nombre de réponses des personnes interrogées, de toute classe sociale et de toute tendance politique. Il s’agit, ensuite, de classer, d’évaluer toutes ces réponses et de déceler ce qu’il en ressort. L’opinion d’un bon analyste, telle que Bernard Sananes, est intéressante et nous permet de nous interroger sur l’effet de la personnalité d’un homme politique comme étant révélatrice de sa façon de faire, et à partir de là, envisager un avenir positif ou au contraire inquiétant. L’élu au poste de Président de la République obtient l’aura de sa charge, et ses attitudes doivent être justifiées par sa charge. Le citoyen en est très conscient, il sait discerner les différents changements d’attitudes, les virevoltes de leur président, et se faire une opinion. Le peuple est plein de bon sens. Il sait dire ses inquiétudes, ses angoisses parfois, dans ces bains de foule, et il sait aussitôt ce qui est sincère ou exagéré. Il a remarqué un changement complet d’attitude chez leur Président, depuis quelques mois, principalement dans ces bains de foule de plus en plus fréquents. Monsieur le Président veut donner l’image de celui qui agit, il est partout, il est de plus en plus proche de son peuple, il est humain quel bon roi ! Oubliées les petites phrases assassines du genre « gaulois récalcitrants » ou « chômeurs fainéants ».

Et pourtant ….. La majorité des Français persiste à douter, et les sondages sont en berne. Dix huit mois après son élection, 31 % des Français adhèrent à sa politique et continuent à lui faire confiance. Le taux des très hostiles atteint un sommet à 36 %. Notre meilleur analyste des sondages nous fait part de ses remarques : « …. La transformation, qui n’est pas seulement le pilier du macronisme, mais aussi la promesse qui, pendant un an, a séduit une partie de l’électorat de droite. Dès que cette promesse semble s’étioler, ce qui a été le cas entre avril et septembre, le socle réformateur (macroniste ou filloniste) s’affaiblit ou se détourne » (tribune publiée par Bernard Sananes dans « Les Echos » le 28 septembre 2018.

N’oublions pas que le Président Macron a été élu par défaut, et que beaucoup de Français se sont abstenus ou, devant le duel Macron contre Le Pen, ont jugé plus prudent de voter pour lui.

 

A Colombay-les-Deux Eglises

Monique Cochinal

Nous suivons, aujourd’hui, le Président Macron à Colombay-les-Deux-Eglises pour la commémoration des soixante ans de la Vème République, avec une pensée toute particulière pour ce grand homme que fut Charles de Gaulle. La France lui doit beaucoup. De tous bords, on reconnaît son intégrité, on admire sa dignité, même dans le camp de ses plus vigoureux adversaires. Il fut un précurseur dans bien des domaines, avec un grand sens de sa fonction présidentielle, sans oublier le respect des plus humbles.

Encore aujourd’hui, tous nos grands politiciens, sincères ou pas, vont s’incliner sur sa tombe, se souviennent, et le citent en référence dans leurs discours. Et le petit village s’anime soudain, bourdonne de monde, de journalistes, de caméras, de Chefs d’Etat. C’est l’occasion ou jamais, pour notre président, de prendre un nouveau « bain de foule ». Décidément, cela devient un exercice quotidien. La méthode reste la même : un grand discours, et ensuite, on va à la reconquête de « son » peuple, par des contacts directs avec les gens. Il aime cela, notre Président. Il écoute, il rassure, il apaise, s’insurge en pédagogue, en redresseur de torts, mais … hélas ! Le naturel revenant au galop, les phrases incisives fusent, telles que : « les Français se plaignent …… Les Français ne regardent que ce qu’on leur prend d’argent ». Ah ! Oui, et pour cause, il nous faut bien gérer notre budget et ne pas dépenser plus que ce que nous avons, sinon, c’est la faillite, les procès, la justice. Quand on est Président, on n’a pas de soucis de ce genre.

A une femme, ancienne commerçante, qui se plaint de sa toute petite retraite, il répond : « En effet, c’est bien peu … Mais vous n’avez pas beaucoup cotisé ». La pauvre femme le sait bien et c’est là son malheur. Elle dit tout bas, presque honteuse : « j’espère que vous ferez quelque chose pour nous, Président ». Mais notre premier de cordée est déjà plus loin, il passe à d’autres questions, pour faire d’autres réponses, dans le genre de celles-ci : « …. Si on tient compte de ces petits incidents quotidiens … Les sondages, les rumeurs qui circulent, les plaintes, on n’avance pas, il faut regarder plus haut…. ». Pour conclure que le cap fixé sera maintenu, coûte que coûte, que c’est pour le bien de tous, que tout fonctionne. Il fera ce qu’il a dit, sans défaillir. Donc, pas de plaintes malsaines. Tout le reste n’est que balivernes. Lui, il avance, il fonce même droit devant lui. Les réformes annoncées de notre constitution et stoppées par cette affaire Benalla, doivent être très vite reprises, tout sera réglé en janvier 2019.

La citoyenne que je suis (j’allais dire « la gauloise ») est de plus en plus inquiète pour les années qui viennent. A consulter les derniers sondages, nous sommes de plus en plus nombreux à blâmer l’attitude et la politique de notre Président actuel.

ELABE: Macron et l’opinion : la reconquête est-elle possible ?


• Le président français Emmanuel Macron lors d’un point presse à Paris le 16 juillet 2017 (photo d’illustration).
• afp.com/STEPHANE MAHE

LE CERCLE (tribune publiée par Bernard Sananès dans Les Echos le 26 septembre 2018)

Dix-huit mois après son élection, tous les voyants de l’impopularité sont au rouge pour Emmanuel Macron. Est-il victime de la même malédiction que ses prédécesseurs ? Pas si sûr. Il peut encore inverser le cours des choses.

L’histoire semble écrite. Emmanuel Macron, comme tous ses prédécesseurs depuis plus de vingt ans, va s’enfoncer durablement dans les sables mouvants d’une impopularité chronique.

Dix-huit mois après son élection, tous les voyants sont au rouge :  31 %* des Français seulement, son score le plus bas, continuent de lui faire confiance. Le taux des très hostiles atteint un sommet à 36 %. Les retraités, parmi ses plus forts soutiens, lui font désormais moins confiance que la moyenne des Français.

Chez les cadres, autre groupe favorable, le recul a atteint 16 points en six mois. A droite, après avoir séduit plus d’un électeur filloniste sur deux en mars, la baisse est de 12 points. Enfin, si le socle macroniste du 1er tour exprime toujours un fort soutien, celui-ci s’effrite depuis le printemps. Trois éléments structurants, étroitement liés, peuvent encore inverser cette courbe périlleuse.

Transformation et quête de sens

En premier lieu, la transformation, qui n’est pas seulement le pilier du macronisme, mais aussi la promesse qui, pendant un an, a séduit une partie de l’électorat de droite. Dès que cette promesse semble s’étioler, ce qui a été le cas entre avril et septembre, le socle réformateur (macroniste ou filloniste) s’affaiblit où se détourne.

Même si la séquence de rentrée de l’exécutif a été ratée sous l’effet de  la démission de Nicolas Hulot, des couacs, de  l’affaire Benalla, la reprise du rythme des réformes peut lui redonner un peu d’oxygène. Les grands plans annoncés sur  le front de la pauvreté ou de  la santé permettent d’aborder des sujets qui concernent chacun et envoient des signaux à l’électorat du second tour. La réforme de l’apprentissage peut devenir une vraie réforme consensuelle. Tout comme celle de l’assurance-chômage, qui apparaît moins comme un totem dans l’opinion que  celle du Code du travail *, peut ressouder ce socle réformateur.

Mais, de manière surprenante, la réforme de la SNCF a révélé en creux que la transformation vécue comme un trophée ne pouvait pas suffire à répondre à la question « pour moi, Macron ça change quoi ? ». C’est pour cela que la volonté réformatrice ne peut plus à elle seule servir d’étendard. Car enfermé dans l’image du président des riches, dans l’incapacité de prouver à date que l’objectif du libérer-protéger est atteignable, la question du sens de la transformation restera posée pendant tout le quinquennat.

Résultats et gouvernance

Deuxième élément de reconquête possible : les résultats. Octobre s’annonce comme un premier rendez-vous essentiel de ce point de vue. Si l’impact de  la suppression de la taxe d’habitation et de  la baisse des cotisations sociales sur le salaire net est perçu comme réel, l’exécutif pourrait revendiquer à la fois un engagement tenu et aussi un premier effet sur le quotidien des gens.

Enfin, troisième élément, la gouvernance. Aujourd’hui l’impatience de l’opinion est exacerbée par un sentiment d’arrogance. Parce que la séquence « je traverse la rue, je vous trouve un emploi » ne traduit pas seulement un manque d’empathie caractérisé, mais se heurte au ressenti d’une vie quotidienne perçue comme de plus en plus difficile. On s’étonne parfois de la rapidité et de la force du retournement de l’opinion autour d’Emmanuel Macron. C’est d’abord oublier la configuration électorale du premier et du second tour de 2017, l’absence d’élan du premier tour, et l’introuvable état de grâce. Mais c’est surtout sous-estimer la dimension personnelle de ce retournement.

Les Français observent un président qui leur avait promis l’efficacité et n’a pas encore « délivré ». Ils continuent d’apprécier son dynamisme et sa détermination mais le rappellent à un devoir d’écoute et de modestie. Ils sont surpris de voir que, après avoir incarné le « en même temps », le chef de l’Etat semble désormais porter en lui le clivage entre deux France. Surtout, ils ne sont pas mécontents de mettre à l’épreuve un président qui n’en a pas connu. Et nombreux sont ceux qui se posent une question : « il nous demande de changer, mais lui peut-il changer ? »

* Observatoire politique Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique