Charivari à l’Elysée

Monique Cochinal

Que de bruits ! Que de tapage ! Autour de notre Président Macron, ses plus fidèles compagnons du début, complètement acquis à sa politique, désertent les uns après les autres, avec pertes et fracas.

En l’espace de quelques mois, nos ministres démissionnent. Certaines, en douceur (la Ministre des Sports, la Ministre de la culture), mais d’autres, et pas les moindres, avec beaucoup de bruit et en tapant même du poing sur la table, allant jusqu’à attaquer la politique suivie par leur grand chef préféré. Exemple notre sympathique Nicolas Hulot, un des grands amis du Président, annonçant sa démission devant les médias, subitement, avant même d’en avoir averti son ministère et surtout son ami et grand chef Macron.

Et, pour clore le tout, voilà que notre ministre de l’intérieur : Gérard Colomb, tellement pressé de rejoindre sa belle ville de Lyon, prend précipitamment la fuite, en laissant dans l’embarras le Premier Ministre et surtout notre président, qui avait pourtant bien essayé de le rattraper, mais sans succès, hélas. Décidément, rien ne va plus pour notre tout puissant Président. Ses plus fidèles amis, ceux qui l’ont porté au pouvoir, ceux qui semblaient le suivre dans sa politique au doigt et à l’œil, désertent les uns après les autres. Ils prennent leur distance, émettent des doutes, osent critiquer, Gérard Colomb étant le septième, pour le moment. C’est un vrai charivari dans cette tour d’ivoire, depuis l’affaire de son ami Benalla, pendant l’été, pourtant sans importance, juste une grosse bêtise de gamin !!

Comment redresser la barre ? Le bateau chavire, bien secoué par une forte tempête. Où va-t-on ?

De l’importance des juges instructeurs

Bernard Owen

Docteur en Sciences Politiques, Panthéon Sorbonne Université Paris 1

 Personne ne peut se réjouir de l’effondrement d’un gouvernement, dont la chute était prévisible.

En premier : la création des primaires, qui affaiblissent les pouvoirs des partis en encourageant l’arrivée au pouvoir de beaux parleurs incompétents et inconsistants. 

Deuxièmement : l’existence de juges d’instruction et de ceux qui les nomment, dont les connaissances juridiques sont discutables, et qui appliquent les lois de 2013 et 2018 d’une telle façon que la séparation des pouvoirs préconisée par Montesquieu et Tocqueville disparaît, et le juridique accède au législatif et à l’exécutif.

L’élimination du candidat Fillon, lors des élections présidentielles de 2017, a montré la justesse des remarques de Badinter.

S’il vous plaît, lisez le texte de Maître Lehman intitulé : « Le procès Fillon ». A noter que même les avocats de Fillon n’auraient jamais cru à un tel acharnement de la justice. Ne s’agissait-il pas du grand Napoléon, pour qui le juge d’instruction était l’être le plus puissant de France ?