Portes ouvertes à Matignon ou l’échec de l’ultime rendez-vous

 

Monique Cochinal

Après une semaine de dialogue de sourds, nos gilets jaunes sont de plus en plus furieux devant le même refus de changer quoi que ce soit dans la politique du gouvernement. Il y a maintenant plus de trois semaines, qu’ils ont droit à une multitude de discours, une quantité d’explications fumeuses, beaucoup trop de paroles, mais le Président reste droit dans ses bottes. Ce matin encore, de l’Argentine, il est resté inflexible. Il doit garder le cap, sa politique gouvernementale est la seule valable, et s’ils veulent ne pas payer plus d’impôts, qu’ils ne se plaignent pas d’avoir des enfants malades de pollution, qu’ils ne se plaignent pas de voir disparaître des crèches, des écoles, des soins médicaux etc…. Ils devraient réfléchir et faire des efforts en le suivant, lui, surtout en cette période très troublée, où surgissent partout en Europe des nationalistes, populistes, extrémistes …. Le discours habituel, rien de plus. Du reste, ils ont voté pour lui et il fait ce qu’il a promis. Il est le seul, depuis plusieurs quinquennats, à redresser cet Etat qu’il a trouvé en piteuse forme. Il y a déjà quelques résultats et il faut encore attendre pour une réussite totale. Le peuple n’a plus confiance et la colère monte de plus en plus fort. On sent un vent de révolte dans tout le pays. Les esprits s’échauffent. Le peuple de France veut chasser son roi. On entend : «  Macron, démission ! Macron, démission ! ». C’est du sérieux, ils ne s’inclineront pas. Ils demandent un geste, sinon, ce sera le chambardement.

Alors, notre Premier Ministre (puisque notre Président se trouve sur des terres lointaines), et son ministre de l’écologie ont convoqué, à Matignon, une délégation représentant les gilets jaunes (ces insoumis) pour une ouverture et un dialogue (encore un), afin de trouver une issue à ce conflit plus que dérangeant. Dès 13 heures 30, les portes de Matignon sont grandes ouvertes, et un groupe important de journalistes, et cameramen se masse devant la salle éclairée, où se trouvent nos deux hôtes. A 14 heures, la cour est toujours déserte, les journalistes attendent patiemment, mais, oh ! Catastrophe, pas un gilet jaune. Que se passe-t-il ?  Des bruits circulent. Les délégués auraient refusé de venir les uns après les autres pour différentes raisons. Et pendant ce temps, dans la salle bien éclairée, deux personnes face à des chaises vides. Ah ! ces gilets jaunes, ils sont vraiment bizarres, on leur tend la main et ils la refusent. Enfin, patientons ……

Vers les quinze heures, se présente un jeune homme, sans gilet jaune. Il traverse très vite la cour et est introduit dans la salle. Sur les huit attendus, lui seul est venu. Mais pourquoi ? Que va-t-il se passer maintenant ? Encore une petite heure d’attente, et il ressort et se présente devant les micros. Il a accepté de venir, mais a refusé de parlementer, devant le refus du gouvernement de filmer l’entretien. Il nous apprend qu’un de ses camarades, passé par une porte de derrière, incognito est à dialoguer avec Edouard Philippe et le Ministre de l’écologie. A nouveau, longue attente des journalistes pour assister à la sortie du Premier Ministre et savoir enfin ce qu’il en est. Je crois qu’ils sont restés sur leur faim. « Cette rencontre a été utile, sérieuse, amicale….. Les portes de Matignon restent toujours ouvertes, et dès la semaine prochaine, je suis prêt à recevoir d’autres délégués désignés par les gilets jaunes. Il m’est impossible de les recevoir tous ».

Ce que n’a toujours pas compris nos élus macronistes, c’est que, depuis la campagne présidentielle, où l’on a indignement éliminé le seul opposant valable en une mise en examen brutale révélant un grave dysfonctionnement de notre institution justice, la grande majorité des Français ne souhaitait pas ce Président Macron et sa politique. Chose étonnante, maintenant, ces mêmes Français soutiennent les gilets jaunes et leurs revendications, après trois semaines de désordre, et désirent voir démissionner le Président. Même François Hollande recommande à son petit protégé de céder devant ces insoumis dangereux, avant qu’il ne soit trop tard.

ELABE: Gilets jaunes : l‘approbation de la mobilisation reste élevée (75%) et progresse en une semaine (+5)

Gilets jaunes : l‘approbation de la mobilisation reste élevée (75%) et progresse de 5 points en une semaine (+5)

Une dizaine de jours après le début du mouvement, 75%* des Français approuvent la mobilisation (+5 points en une semaine). Dans le détail, 46% (+6) la soutiennent et 29% (-1) ont de la sympathie.

A l’inverse, 17% la désapprouvent (-3), dont 11% y sont opposés (stable) et 6% hostiles (-3).

8% (-2) y sont indifférents.

A titre de comparaison, le niveau d’approbation reste largement supérieur aux mobilisations sociales des cheminots (environ 40%) et contre la réforme du droit du travail (53%) en septembre 2017. Il reste cependant inférieur au niveau de soutien et de sympathie suscité par les mobilisations des retraités (81%) et des personnels d’EHPAD (86%) en mars dernier.

Dans le détail, la mobilisation des « gilets jaunes » reste majoritairement approuvée et son niveau progresse auprès de l’ensemble des catégories de population (hormis chez les jeunes et les cadres où elle est en légère baisse).

  • L’écart d’approbation entre classes socialess’accroit : 56% (-9) auprès des cadres, 75% (+10) auprès des classes moyennes et 83% (+8) auprès des classes populaires.
  • L’intensité des opinions favorables continue de différer selon la zone d’habitation: d’une part, les habitants des communes rurales (83%, +4), petites (77%, +5) et moyennes agglomérations (80%, +4), et d’autre part, ceux des grandes agglomérations (70%, +8) et de l’agglomération parisienne (68%, +5).

A noter qu’au sein des zones urbaines, il existe un écart entre les habitants des communs de banlieue (77%) et des villes centre (69%).

  • De même, le mouvement bénéficie d’une très large approbation auprès des personnes décrivant une situation financièretendue (84%, +3) alors qu’elle est moins nette auprès de celles qui déclarent une situation financière plus aisée (67%, +7).
  • D’un point de vue politique, le mouvement reste approuvé par une majorité au sein de chaque électorat: 91% (+9) chez les électeurs de Marine Le Pen, 86% (+9) chez ceux de Jean-Luc Mélenchon, 72% (-2) chez ceux de Benoît Hamon, 70% (+8) chez ceux de François Fillon et 52% (+3) auprès de ceux d’Emmanuel Macron.

*Le terrain d’enquête a débuté mardi après-midi, soit après l’intervention d’Emmanuel Macron.

20% des Français se définissent comme « gilets jaunes ». Une sur-représentation de ruraux, catégories populaires et de personnes en difficulté financière. Politiquement, une forte sur-représentation des électeurs de Marine Le Pen.

A date, 20% des Français se définissent comme « gilets jaunes », et 54% ne se définissent pas comme « gilets jaunes » mais soutiennent leur action et leurs revendications.

Si le sentiment d’être « gilet jaune » traverse l’ensemble des catégories de population, quel que soit l’âge, la classe sociale ou la zone d’habitation, le taux de personnes se définissant comme « gilets jaunes » est plus élevé auprès des :

–Personnes déclarant une situation financière tendue (27%)

–Catégories populaires (27%)

–Habitants des zones rurales (27%) et des petites agglomérations de 2 000 à 20 000 habitants (24%)

–Personnes ayant un diplôme inférieur au baccalauréat (27%)

D’un point de vue politique, les écarts sont très nets. Le taux de personnes se déclarant « gilets jaunes » est très élevé auprès des électeurs de 1er tour de Marine Le Pen (42%). Il atteint 20% auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 18% auprès des abstentionnistes, 16% auprès de ceux de François Fillon et seulement 5% auprès de ceux d’Emmanuel Macron.

Pour 81% des Français, l’exécutif n’est pas à l’écoute du mouvement des « gilets jaunes »

Malgré les annonces d’Emmanuel Macron sur la révision des taxes sur le carburant en fonction du prix du baril et sur la mise en place d’une concertation sur la transition écologique, 81% des Français estiment que l’exécutif n’est pas à l’écoute des revendications (dont 48% « Non, pas du tout »). Seuls 19% estiment que le gouvernement a fait preuve d’écoute.

Le sentiment d’un manque d’écoute est partagé auprès de l’ensemble des catégories de population, y compris auprès des électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron (59%).

Pour près de 7 Français sur 10, la mobilisation doit se poursuivre

10 jours après le début de la mobilisation, 69% des Français estiment que la mobilisation doit se poursuivre.

Ce taux atteint 79% auprès des catégories populaires, 81% auprès des personnes ayant une situation financière tendue et 75% auprès des habitants des communes rurales. En revanche, il est plus faible auprès des cadres (48%), des personnes ayant une situation financière aisée (57%) et des habitants de l’agglomération parisienne (60%).

D’un point de vue politique, 90% des électeurs de Marine Le Pen, 79% de ceux de Jean-Luc Mélenchon et 62% de ceux de François Fillon estiment que la mobilisation doit se poursuivre. Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, ce taux est de 42%, 58% estimant que la mobilisation doit s’arrêter.

Transition écologique et pouvoir d’achat : pour près de 6 Français sur 10, ces deux objectifs sont conciliables

58% des Français déclarent que l’amélioration du pouvoir d’achat et la transition écologiques sont des objectifs conciliables. A l’inverse, 34% estiment qu’il faudrait privilégier le pouvoir d’achat et 8% la transition écologique.

L’opinion selon laquelle les deux objectifs sont compatibles est majoritaire auprès de l’ensemble des catégories de population, et ce, encore plus auprès des cadres (72%), et dans une moindre mesure des électeurs de Benoît Hamon (65%) et d’Emmanuel Macron (64%).

Cette opinion est également plus largement partagée auprès des personnes ne se définissant pas comme « gilets jaunes » (66%). A noter qu’auprès de celles se définissant comme « gilets jaunes », ils sont 51% à partager cet avis. A l’inverse, 46% estiment qu’il faudrait privilégier le pouvoir d’achat.

La Crimée : Much Ado About Nothing ou bien des efforts pour rien

Le début des problèmes en Crimée… BERNARD OWEN

L’Europe, à travers l’histoire, nous apporte une image de frontières qui se forment et se décomposent à partir de guerres, de révolutions internes dont les raisons reposent sur des stratégies valables ou non sans compter la vanité de certains. L’ensemble pourrait porter à sourire si ce n’était pour les morts, les déplacements de population, les destructions.

Prenons un exemple qui se situe de par son nom dans l’actualité. La guerre de Crimée qui a eu lieu de 1853 à 1856. Illustrons cette complexité. L’Union Soviétique a renversé les statues de ses tsars et pourtant deux existent encore. L’une se trouve au centre de Sofia. Alexandre II est à cheval entouré de ses troupes sur la Grande Place.

Il était le vainqueur des Ottomans qui occupaient la Bulgarie. Un soir à Helsinki nous nous sommes trouvés sur une petite place qui s’appelle « Tzarina » au milieu de laquelle se trouve la statue d’Alexandre II par qui la Finlande était devenue un duché possédant certaines prérogatives qui menèrent à l’indépendance en 1905.

La puissance militaire de la Russie et la stratégie de la première armée russe qui détruisit la Grande Armée de Napoléon I, avant même que le froid n’intervienne, inquiétaient les grandes puissances européennes.

L’Empire Ottoman qui s’étendait en Europe du Sud jusqu’à Vienne était en décomposition. Pas loin de Budapest l’on peut encore gravir les marches d’un minaret. La capitale de la Hongrie a été transférée à Bratislava pendant un siècle et demi. Mais comment s’y retrouver, car la réforme du catholicisme est suivie de la contre-réforme ?

L’Empire Ottoman tentera de se réformer, mais l’opposition traditionnelle étant forte et les puissances européennes sont intervenues ici et là pour protéger les minorités chrétiennes. Les interventions russes reposaient sur l’importance des minorités orthodoxes 30 % de la population (dix millions de personnes).

De 1821 à 1853, divers mouvements ou révoltes de chrétiens contre les Ottomans et les massacres qui suivirent menèrent à l’écrasement de l’armée ottomane par l’armée russe en 1829. Le Tzar Nicolas I arrêta ses troupes aux portes de Constantinople, car il redoutait le chaos. La Russie déploya 90 000 hommes en 1833 quand le vice-roi d’Égypte se révolta contre le Sultan simplement pour sauver Constantinople.

En 1840, le traité de Londres trouve un accord entre l’Égypte et le Sultan s’engagea à modifier le statut des minorités. La Russie accepta la partie du traité qui interdisait le passage des détroits de la Mer Noire à tout navire de guerre appartenant à des pays non alliés à l’Empire Ottoman. Cette clause présentait des dangers pour la Russie et sa flotte de Sébastopol, mais la Russie accepta, car elle cherchait à conclure un accord avec la Grande-Bretagne qui n’eut pas lieu.

La France était devenue à nouveau un empire, le second, avec à sa tête Napoléon III qui voulait que la France retrouve sa place sur la scène internationale. Il était conscient de la crainte qu’inspirait la puissante Russie ainsi que son rôle de protecteur des chrétiens orthodoxes.

L’empereur français trouva un argument fantaisiste à savoir que la France avait été à l’origine des croisades et que cela lui imposait le devoir d’assurer la sécurité des lieux saints de Jérusalem.

Il se trouve que les lieux saints étaient administrés par diverses congrégations religieuses ce qui pouvait mener à des affrontements et qui fut le cas le jour de Pacques 1846 où 40 personnes furent tuées. Napoléon III, par l’intermédiaire de son ambassadeur, demanda aux Ottomans de remettre les clés de la Basilique de la Nativité à la France en 1853 ce qui indisposa la Russie engagée depuis longtemps à soulager les chrétiens traités d’inférieurs. Cette opposition de la Russie à la France sur cette question marginale a été un merveilleux prétexte pour le Sultan qui n’arrivait pas à réformer son empire et à mettre fin aux incursions pour sauver diverses nationalités encore dans l’empire.

Napoléon III, en défenseur de la chrétienté n’eut guère de difficulté à convaincre les Britanniques de présenter une sourde oreille à ce qui se passait entre Ottomans et la Russie.

Le Sultan déclare la guerre à la Russie le 4 octobre 1853. La Russie rompt ses relations diplomatiques avec les Britanniques et la France le 16 février 1854. La guerre de Crimée fut très dure. La France avait ses zouaves aguerris en Algérie et un meilleur fusil que tous les autres. D’énormes progrès du côté humanitaire furent accomplis par les Anglais et les Russes. Un chirurgien russe mit au point de nouvelles règles pour les amputations et exigea que celles de l’anesthésie furent appliquées.

La guerre pris fin quand les Russes se retirèrent ayant incendié Sébastopol et Tolstoi, officier de l’armée russe, nous fait part de sa tristesse devant la défaite et le drapeau français qui flottait sur les ruines. Le congrès de Paris en février-mars 1856 mit fin à la guerre de Crimée. Le congrès restaura le statu quo sur la gestion des lieux saints qui avait mené à l’inconcevable guerre de Crimée.

Napoléon III et d’autres auraient dû tenir compte de ce qu’armée française avait rencontré en Russie. La Grande Armée était vaincue avant l’hiver et pour les grands conflits les Russes avaient des stratégies qui sont encore étudiées avec attention. 

En revanche, quand le fin stratège qu’était Bismark fit de sorte que ce soit la France qui déclara la guerre à la Prusse en 1870 il savait que la Russie n’interviendrait en aucune façon pour sauver la France. Le résultat fut tragique pour la France, car les différents États allemands se sont réunis à Versailles pour acclamer le roi de Prusse devenu empereur d’Allemagne selon les frontières d’avant Louis XIV.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/08/26/cercle_107875.htm#qDu6PdZK0DikZz1z.99

L’Ukraine: Les soubresauts de la fin d’un vaste empire

Crimée

Crimée : le point de non-retour

BERNARD OWEN | LE 21/03/2014

La politique interne des pays dépend de ses institutions. L’être humain, quelle que soit son origine, agit de façon comparable. L’on ne doit en aucune façon oublier qu’en dehors de certaines règles de comportements, les institutions, qui donnent satisfaction dans telles circonstances, pourront se heurter à certains comportements exacerbés.

Le droit international existe, mais disparait devant la force. La guerre d’Irak a éclaté sur de faux prétextes. Elle entre dans la catégorie des guerres de choix, car l’attaquant n’était nullement menacé. Cela s’est effectué contre l’avis d’autres nations moins puissantes, mais qui pouvaient se pavaner au-devant de la scène internationale.

Quelle est la position de la Crimée ? Elle se situe, malgré elle, partout et nulle part. L’on peut se demander comment une telle situation a pu continuer de la sorte. Au départ, cela commence par un transfert de la Crimée à l’Ukraine par Khroutchev pour des raisons de logique géographique et économique, d’après sa petite-fille.

Sans entrer dans les détails que l’on peut trouver dans Wikipedia, notons cependant qu’après le referendum du 20 janvier 1991, la Crimée se proclame « République Autonome » avant la déclaration d’indépendance de l’Ukraine du 24 août 1991. En février 1992, le Parlement de Crimée fonde la République avec l’aval de l’Ukraine, qui reconnaît certains droits à l’auto gestion. En mai 1992, la Crimée proclame son indépendance, approuvée par référendum et introduit sa première constitution.

À partir de ce moment, l’Ukraine s’impliquera dans les affaires de la Crimée. Cette dernière ne pourra agir qu’après consultation avec les autorités ukrainiennes. En mai 1994, le Parlement de Crimée vote le retour à la Constitution de 1992. En septembre 1994, les autorités de Crimée décident d’écrire une nouvelle constitution. En mars 1995, le Parlement d’Ukraine abolit la constitution de 1992 et révoque le Président de Crimée. Pendant tout un temps, la Crimée est gouvernée par décrets présidentiels venant d’Ukraine. Après cela, une autre constitution est écrite par la Crimée et après bien des contestations, elle sera ratifiée par les deux parlements pour entrer en vigueur le 12 janvier 1999.

Qu’en est-il du référendum ?

Notons que la Crimée a déjà cherché l’approbation du peuple par deux référendums, le premier le 20 janvier 1991, le second en mai 1992. Notre ministre Laurent Fabius parle à la télévision d’absence de possibilités d’options sur le bulletin de vote, supposant que le bulletin de vote aurait dû présenter 2 cases, l’une avec « oui », l’autre avec « non » à l’intégration à la Fédération de Russie.

Or, il s’agit d’une appréciation quelque peu simpliste, car la première case correspond bien à l’intégration à la Fédération de Russie, mais la deuxième présente une proposition très différente : il s’agit de répondre à la question : « êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la Crimée de 1992, et au maintien de la Crimée comme partie intégrante de l’Ukraine ». Or, il nous semble intéressant de consulter cette constitution :

Au chapitre 3 : « relations avec la République d’Ukraine », citons l’article 9 : « La République de Crimée fait partie de l’Ukraine et l’État détermine leurs relations sur la base de contrats et accords.

Chapitre 4 : « relations de la République de Crimée avec d’autres États », article 10 : « La République de Crimée, seule, entre en relation avec d’autres États et organisations, qui portent avec eux sur la base des traités et des accords de coopération mutuellement bénéfiques dans l’économie, la culture, la santé, l’éducation, la science et d’autres domaines ; renforcer ses relations avec eux sur la base de l’égalité, le respect de la souveraineté, de l’intégralité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures, le règlement des différends par des moyens pacifiques, le respect de conscience des obligations mutuelles ».

Pour la lecture de la constitution de 1992, nous utilisons une traduction en français, qui paraît être une traduction mécanique. Quand on mentionne au chapitre 3, article 9 « l’État », cela veut dire la République de Crimée, ainsi que cela apparaît clairement dans d’autres articles, par exemple, dans l’article 11 : « La République de Crimée a son emblème d’État ».

Certes, la Constitution de 1992 est plus souple que celle de 1998, mais elle annonce clairement que la Crimée fait partie de l’Ukraine, alors que celle de 1998 est plus proche de ce que l’on penserait trouver dans une constitution autoritaire.

La place Maïden a fait de profonds dégâts en Ukraine. La Crimée tire profit des circonstances étant à l’abri de tracasseries institutionnelles. Il semblerait qu’avec le temps la Chancelière Merkel et John Kerry se soient informés quant à la nature de cette dernière révolution, sa désorganisation, ses excès, et que les discours prônant des sanctions soient moins portés sur la Crimée, mais sur une invasion du sud-est de l’Ukraine par les Russes. Ce serait naturellement un événement peu probable, étant donné que la Russie et la Crimée ont eu gain de cause sur tous les points. Nous pouvons faire confiance en la Chancelière Merkel, qui a eu le courage de s’opposer à la « no fly zone » en Libye.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/03/21/cercle_94018.htm#ZZ3gUjqu6JVQSYmP.99

Ukraine : la place maïden et l’engrenage

BERNARD OWEN | LE 12/03/2014

Les nouvelles autorités ukrainiennes paraissent détachées de la réalité. Les internationaux, en dehors de quelques diplomates avertis, n’ont-ils pas, eux aussi, mal perçu les conséquences de cette révolution mal menée ?

Il s’agit, en fait, d’une caricature de celle qui arborait la couleur orange, où les manifestants étaient préparés de longue date, alors que nous avons pu suivre une violence débridée hors du contrôle de ses chefs.

Citons quelques exemples de maladresse et de naïveté des nouvelles autorités de Kiev :

Le 2 mars 2014, « Le Monde » (site Reuter) nous apprend que  l’Amiral BEREZOSVKI, dès sa nomination par les nouvelles autorités révolutionnaires, comme chef de la marine, avait prêté allégeance aux autorités pro russes de Crimée en leur livrant le quartier général de Sébastopol.

Le 3 mars 2014, « Le nouvel Observateur » titre « la flotte russe de la Mer Noire dément avoir lancé un ultimatum aux forces ukrainiennes en Crimée ».

La Crimée et son parlement se sont de facto rattachés à la Fédération de Russie sans qu’un coup de feu soit tiré (78 votes pour sur un total de 100 votants). Le vice-président du parlement de Crimée annonce que le référendum sera suivi d’élections législatives. La Crimée adoptera le rouble et les retraites seront versées par la Fédération de Russie. (« Le Figaro » du 7/03/2014). Les troupes ukrainiennes sur le territoire de Crimée devront choisir leur allégeance.

A Moscou, la Commission des Lois de la Douma s’est aussitôt réunie pour une proposition de loi fournissant le cadre juridique à une telle absorption.

L’actualité veut que l’on s’intéresse à l’Ukraine, la Crimée et la Russie, mais, pour comprendre, il faut nous déplacer parmi les grands pays de ce monde et même faire des incursions dans la géopolitique. En particulier, il nous faut situer  les évènements d’Ukraine dans la nouvelle planification du déploiement militaire des Etats-Unis, qui a clairement pris forme le 11 septembre 2001.

Après les accords Russo-Chinois et les Etats proches de l’ex empire russe, l’idée du Pentagone est de déployer ses forces militaires le long d’un axe d’instabilité, longeant la Méditerranée, l’Afrique, le Moyen Orient, le Caucase, le centre et le sud de l’Asie. Alors, tout se déroule comme prévu, ou presque. Ce parcours est parsemé de révolutions de couleur, selon un même cheminement :

  • Serbie    OTPOR     « Résistance »
    • Ukraine   PORA     « C’est le moment »
    • Géorgie   KMARA   « C’est assez »
    • Kirghizistan   KELKEL   « Debout et allons »

Nous avons, par ailleurs, développé le fonctionnement bien calculé de ces révolutions tranquilles, pacifiques, sans morts …. Hélas, celle du Kirghizistan a, par la suite, fait des morts.

Citons Saakashvili qui évoquait le cas de la Géorgie : « Nous n’attendons pas les évènements pouvant se produire, mais faisons de notre mieux pour détruire l’empire de la CIS (The messenger – mars 13 – 2005). Rappelons que Schevenatze lui a cédé volontiers la place. Il avait été le ministre des Affaires Etrangères de Gorbatchev et il était respecté par tous.

Il m’est arrivé d’assister à une réunion à l’Ecole Militaire Française avant les évènements du Proche Orient où il était dit que les Etats-Unis ne considéraient pas la Méditerranée à la façon des Européens. Pour eux, il ne s’agissait que d’un bras de mer par rapport à l’étendue des océans. Les temps ont changé.

Les Etats-Unis jouent avec les présidents et les gouvernements au gré de leurs intérêts militaires. Le Kirghizistan en est, comme les autres, une illustration, mais moins connue. Le Président AKAYEV, au pouvoir depuis 1991, d’un Etat avec une économie peu florissante, s’est proposé de louer la base militaire de Manas aux Etats-Unis, pour renflouer ses finances, ce qui mécontenta la Russie et la Chine. Inquiets de la tournure que prenaient les évènements, les Etats-Unis décidèrent de se débarrasser d’AKAYEV. Pour cela, ils utilisèrent les moyens habituels : financements considérables attribués au « National Endowment for Democracy », à « Freedom House, US AID… tout en utilisant les moyens tactiques de GENE SHARP. La révolte dans la province de Xinjiang, le long des 530 miles de frontières avec la Chine a été encouragée par le « US financed World Vighur Congress » de la millionnaire Rebiya Kadeer, ainsi que par le NED, que certains qualifient de « regime change ». Il semblerait que l’intérêt de la location de la base de Manas dépasse de loin le point d’attache des troupes se rendant et quittant l’Afghanistan par sa proximité avec la Chine.

Après le départ d’AKAYTEV, ce fut le tour de son successeur BAKRIYEV, et plus tard, après 80 morts, celui d’OTUNBAYEVA (Eric Walberg – Global Research – mars 2014).

A l’origine, le rattachement de la Crimée à l’Ukraine n’avait pas d’importance, étant donné que les deux faisaient partie de l’Union Soviétique. De toute façon, notre enquête n’avance en rien à se perdre dans l’histoire des transferts et des statuts de la Crimée et de Sébastopol.

L’Occident et  la Russie ne voulaient surtout pas que les armes nucléaires soviétiques installées en Ukraine transforment ce pays en puissance nucléaire. Le monde avait cette préoccupation en tête et le reste importait peu.

A considérer que la seule position de la Crimée en tant que péninsule est un non sens, car elle héberge la flotte russe de la Mer Noire, ce qui se prolonge jusqu’à la Méditerranée, Suez etc… La Crimée comprend l’arsenal de la flotte. Le rattachement de la flotte russe à la Crimée pour dix ans n’a été accepté qu’en 1997. Le quartier général de la flotte russe est à Sébastopol (le nom de ville martyre lui est resté depuis la  guerre).

Qu’en est-il du meneur de cette révolution ? Il se nomme KLITSCHKO et a présenté son engagement en politique en ces termes : « Mon regard est tourné vers la politique ukrainienne, et je perçois que les gens, qui s’y trouvent, ont besoin de moi ». Cela faisait suite à une carrière de boxeur (champion du monde des poids lourds), et à des études en Allemagne qui avaient abouti à l’obtention d’un doctorat. Son frère et lui-même ont manifesté pendant la révolution orange. Il a débuté par la politique locale en changeant de parti, sans grand succès. En 2008, il sera nommé membre de la délégation au Conseil de l’Europe. En 2010, il prend la tête du parti UDAR, ce qui lui permet de pénétrer au parlement avec le soutien de 40 députés. Souhaitant se présenter aux élections présidentielles de 2015, il figure alors dans les sondages pour le premier tour :

Institut de sondage  « RAZUMKOV CENTER »

Décembre 2011  4,8 %
Février  2013   15,1 %
octobre  2013       19,3 %

A partir des mouvements révolutionnaires de décembre 2013, il semblerait que les Affaires Etrangères des Etats-Unis commencent à se méfier de lui, et l’engrenage paraît leur donner raison (Lettre de Victoria Nuland à l’Ambassadeur).

La remarque de Philippe de Suremain, ancien ambassadeur de France en Ukraine, sur BFMTV laisse rêveur. Il avoue sa surprise concernant la réaction de la Russie sur la Crimée. Il parle de consternation à Kiev : « on est obligé de faire le parallèle avec la Géorgie ». Notre ancien ambassadeur et les révolutionnaires de Kiev devraient se tenir au courant de la réalité du moment. La Fédération de Russie n’est plus celle de 1990, qui sortait de 70 années de communisme. Elle a pris ses marques. Il faut compter sur elle, tenir compte de ce qu’elle pense côté diplomatie. Les Etats-Unis et la Russie sont les empires de ce monde. L’Europe est désunie et son influence a peu d’effet. La Russie est de retour. Le Qatar, qui soutenait la rébellion syrienne contre la position de la Russie, a vu le départ de son roi remplacé par son fils, qui a des idées plus réalistes. L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes ont rappelé leurs ambassadeurs du Qatar accusé de formater l’islamisme radical.

Le contexte géopolitique actuel demande un instant d’attention. Les Etats-Unis ont pris une importance stratégique inégalée, et la nouvelle avancée de la Russie n’est pas encore perçue par l’ensemble des nations. Cette remontée n’est pas sans intérêt, car cela laisse apparaître un certain équilibre de la diplomatie mondiale.

Passons quelques instants sur la nature des derniers accords Russie – Ukraine.

Notons que l’accord russo-ukrainien signé le 17 octobre 2013 porte non seulement sur une importante aide économique à l’Ukraine mais aussi sur des relations militaro-techniques. Un accord (Karkov en avril 2010) entre Medvedev et Yanokovitch avait essayé d’éclaircir l’accord brumeux de 1997. La Russie souhaite renouveler et réorganiser sa flotte. A défaut de textes, l’Ukraine voulait que le remplacement de navires se fasse « type pour type », alors que Moscou prétendait remplacer ses navires sans contraintes.

La question des droits de douane devait être réglée lors du premier trimestre 2014.

Pour l’Ukraine, l’accord demande que Moscou prévoit $ 15 milliards pour financer une partie de la dette ukrainienne, et $ 10 milliards de rabais sur le gaz. Un accord pour le renforcement de la flotte russe interviendra avant mai 2015, date des prochaines élections présidentielles. Les chantiers navals ukrainiens pourraient être utilisés par les Russes, alors qu’ils sont actuellement sous exploités. (sources : site du Kremlin, Renters, Flot.com).

La Russie dispose aussi de chantiers navals dans la Mer Balte, qui ont, par exemple, construit une frégate pour l’Inde. La Russie a passé un contrat avec la France en juin 2011 pour l’achat de deux porte avions de type Mistral pour 1 milliard deux d’Euros. Un autre bâtiment russe le « Vladivostock » a commencé à être construit à Saint Nazaire en février 2014 (source : Khan publié dans bp   pour la Russie- Communauté défense).

L’actuelle révolution ukrainienne ne peut en rien être comparée à la révolution orange. Les manifestants de Kiev ont donc agi de façon irresponsable, ignorant la situation très particulière de la Crimée tournée par son activité en direction de la Russie, de sa flotte, et que l’aspect juridique très complexe et irréaliste était en voie de résorption, alors que maintenant une séparation est envisageable

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/03/12/cercle_93317.htm#7hGukFMWLoURY8X3.99

Ukraine : comprendre avant de se prononcer

BERNARD OWEN | LE 02/03/2014

Prenons l’Ukraine et la Crimée situées dans des environnements comparables à ceux que nous allons évoquer, et qui devraient modérer le discours des États étrangers et les faire agir avec réflexion et beaucoup de doigté.

Imaginons un vaste empire divisé en provinces, ou en « républiques autonomes ». La capitale de cet empire dirige l’ensemble, tout en laissant une certaine autonomie aux provinces qui le composent. En admettant que ce vaste empire s’écroule en tant que structure politique, et que les bouleversements retirent l’autorité à la puissante capitale, il y aura rapidement des répercussions au niveau des régions se retrouvant alors sans institutions. Elles vont se trouver d’autres chefs, qualifiés ou non, mais souvent improvisés. Elles vont alors découvrir des difficultés avec leurs propres minorités.

Dirigeons-nous vers le Caucase, et prenons un exemple : l’ancienne province de Géorgie devient un État avec trois zones distinctes, dont deux peuplées de non géorgiens : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. La troisième zone, peuplée de Géorgiens, va aussi déclarer son indépendance. Il s’agit de la République autonome d’Adjarie. Il se trouve que la personne à la tête de cet État avait une forte personnalité, se nommait Abashide et avait des liens d’amitié avec le maire de Moscou. Des troupes russes campaient sur son territoire.

Les événements entre l’Adjarie et la Géorgie se sont détériorés et les canons étaient en place… Or, l’armée russe n’est nullement intervenue, elle s’est retirée, emmenant avec elle le Président Abashide et sa haute administration à Moscou. Petite anecdote : le chien du Président Abashide (un lévrier du Caucase), après le départ de son maître, a cessé de s’alimenter, et les Russes sont venus le chercher par avion pour qu’il retrouve son maître.

L’importance stratégique de la Crimée en tant que port de la flotte russe de la Mer Noire provoque un certain trouble auprès de la Fédération de Russie, qui n’a reconnu le rattachement de la Crimée à l’Ukraine qu’en 1997. Le grand port de Sébastopol bénéficie d’une certaine autonomie administrative, mais toujours dans le cadre de l’Ukraine. Kerson est aussi un haut lien de la marine russe. Le débarquement d’équipement militaire américain en 2006 en préparation de l’opération « Sea Breeze » n’était pas du meilleur goût.

Il faut savoir que 98 % de la population de la Crimée parle russe. Un autre lien avec la Géorgie se situe dans les passeports russes distribués aux russophones de Crimée. La Géorgie agit de même avec les citoyens d’Abkhazie, bien qu’au début des années 90 elle ait perdu deux guerres contre l’Abkhazie. Un rattachement à la Russie ne peut que favoriser la Crimée en tant que débouché et approvisionnement, ne serait-ce même que pour le tourisme développé déjà du temps des Tzars.

Les mouvements d’une violence considérable à Kiev peuvent avoir des conséquences que les organisateurs, autant que l’Occident, étaient loin d’envisager. La télévision a transmis de brefs entretiens avec des manifestants parlant de corruption, et l’on fait sortir de prison Timochenko à l’origine d’une énorme fortune. Lors de notre séjour à Kiev avant les dernières élections, personne dans l’opposition n’a mentionné ou cité le nom de Timochenko.

Les dernières élections se sont fort bien déroulées. Cinq sociétés ukrainiennes et étrangères ont pratiqué des sondages à la sortie des urnes, et tous ont été positifs. Notons que cette procédure de contrôle paraît supérieure à celle de l’observation qui se doit d’être neutre, mais dont les conférences de presse et les rapports préliminaires sont cependant politiques, tant au niveau national, qu’international.

Alors, que penser des actions violentes sur la place principale de Kiev menées par un boxeur suivi par des personnes dont le nombre est de loin inférieur au corps électoral, qui a choisi un gouvernement en toute légitimité ? Insistons sur le danger de ces mouvements pouvant entraîner la séparation de la Crimée, qui annonce déjà un référendum pour plus d’autonomie.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/03/02/cercle_92430.htm#LVYDwxy

Macron ne peut pas équilibrer son budget

Côté écologie, énergies renouvelables… le GIEC est inquiet. Le réchauffement climatique. Après tout, est-il possible d’émettre des prévisions dans ce domaine?  L’on s’interroge car, la réflexion mène à travers les millénaires passés, la vie animale a-t-elle vraiment joué un rôle sur les modifications de la température?

Certaines personnes y croient encore. Pourquoi pas? Nous sommes libres de la pensée. Se lancer aux solaires gâchent les paysages. Encore faut-il s’assurer que la région est ensoleillée. En ce qui concerne le vent, même inquiétude pour des nombreux moulins. Quelques vieux, précisément, existent encore au Pays-Bas. Nos moulins récents sont nettement moins beaux.

Alors que reste-t-il?  Les marées! Celles-ci sont imperturbables mais demandent des travaux considérables. Il m’est arrivé de parcourir la jetée qui relie la Normandie à la Bretagne. Elle est impressionnante mais peut-être faudrait-il avoir une pensée pour nos plages normandes? Quant à nos voitures élecriques elles nous menèrent à la catastrophe. Bernard Owen

EN DIRECT – « Gilets jaunes » : l’opposition déçue par le discours de Macron

Le président de la République a cherché ce matin à répondre à la colère des « gilets jaunes » avec plusieurs annonces. Les représentants du mouvement seront finalement reçus au ministère de l’Ecologie, alors que Benjamin Griveaux avait indiqué ce matin que le gouvernement ne les recevrait pas.

En cours de misà jour à 1:²7

Berger (CFDT) et Veyrier (FO) déçus

Laurent Berger et Yves Veyrier, les numéros un de la CFDT et FO, sont sortis déçus du discours d’Emmanuel Macron sur la transition écologique, face à la gronde des gilets jaunes, regrettant la « faiblesse » des mesures. Les deux dirigeants, de même que Philippe Louis, président de la CFTC, interrogés par l’AFP, ont tous les trois salué la décision du président de la République de maintenir le cap en matière de transition écologique. « C’est nécessaire parce qu’il en va de l’avenir de l’humanité », a réagi Laurent Berger. « Si on infléchit le cap, c’est nos concitoyens qui le payeront et nos enfants », a de son côté souligné M. Louis. La volonté d’Emmanuel Macron d’organiser une concertation avec les corps intermédiaires a également été bien accueillie, mais les leaders syndicaux se sont montrés prudents quant à la manière dont elle va se dérouler.
Il y a « une vraie affirmation du besoin de concertation des acteurs intermédiaires et organisation syndicales, patronales, associatives, des élus locaux, comme si tout d’un coup on s’apercevait du rôle que pouvaient tenir ces corps intermédiaires », a souligné M. Berger. « Tant mieux si c’est un changement de méthode, une inflexion, qui se vérifiera dans la capacité à les entendre dans les discussions à venir », a-t-il ajouté. Sur les solutions proposées, la CFDT et Force ouvrière ont affiché leur frustration.

Il y a une « forme de déception de la faiblesse des mesures annoncées: il n’y a pas pour l’instant de réponses très concrètes », a regretté le secrétaire général de la CFDT, qui dans la matinée a développé dans un communiqué sa vision du « pacte de conversion écologique » à travers une trentaine de propositions. De son côté, Yves Veyrier est resté sur « sa faim ». « J’aimerais que le président de la République intègre un peu plus dans son discours syndicats et salaires, parce que l’augmentation des salaires n’est pas ennemie du climat », a-t-il dit à l’AFP.

« 40 millions d’automobilistes » déçu par les annonces de Macron

« Pour l’association « 40 millions d’automobilistes », le Président de la République continue de mépriser les automobilistes et ne leur promet que la poursuite d’une politique économiquement et socialement injuste. », a déclaré l’association après le discours d’Emmanuel Macron.
Les annonces d’Emmanuel Macron jugées « inquiétantes » par les ONG

Elles sont unanimes : la politique énergétique française prend une mauvaise direction. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) actives sur les thèmes environnementaux déplorent les annonces d’Emmanuel Macron. Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, estime qu' »Emmanuel Macron est en train de réussir un tour de force : alors que l’urgence climatique s’aggrave, il s’apprête à faire moins pour la transition énergétique et le climat que son prédécesseur, François Hollande. les beaux discours d’Emmanuel Macron n’y changeront rien, la France se décrédibilise sur la scène internationale ».

Selon Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme (ancienne Fondation Nicolas Hulot), « ce discours c’est le statu quo sur l’ère du nucléaire et l’art du vide en matière de transition écologique ». Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement, estime que « la PPE annoncée aujourd’hui est inquiétante au regard de l’urgence des enjeux. Elle ne permet pas d’engager la France dans une transition énergétique et écologique digne de ce nom ». Enfin, pour Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat, le président « a acté le retard pris par la France dans la transition écologique et beaucoup parlé de méthode, sans faire d’annonces concrètes. Pire, le report à 2035 des objectifs de réduction de la part du nucléaire va freiner la transition écologique ».

Les gilets jaunes à Paris

Monique Cochinal

Certains de nos gilets jaunes sont montés à la capitale, bien décidés à rencontrer notre Président, et lui seul, devenu subitement muet et sourd, après tous ces bruyants bains de foule populaires. Dès le 17 novembre, les plus hardis s’étaient approchés un peu trop du Palais de l’Elysée, sans succès, bien sûr, étant bien vite repoussés par un service d’ordre imposant. Notre nouveau Ministre de l’Intérieur : Castaner pense que rien de bon ne peut sortir de cette masse de gens fort en colère, manipulée, c’est évident, par des extrémistes (de droite surtout). Ce nouveau mouvement, sans leaders, mal organisé sera facile à mettre au pas, mais il faut vite prendre des mesures, interdire, rappeler la loi, pour sécuriser et les manifestants et les parisiens. Il tient à rappeler qu’il sera intraitable à tout manquement de respect à la loi. Alors, on installe un large périmètre de sécurité autour de l’Elysée. On interdit la manifestation sur les Champs Elysées, et le Préfet de Paris donne son accord uniquement sur le Champ de Mars, grand espace très facile à cerner et à surveiller (au grand désespoir des habitants, Madame la Maire en premier, qui craint de graves détériorations de sa belle pelouse entièrement refaite dernièrement).

Les gilets jaunes ne sont plus des enfants, ils supportent très mal que le gouvernement leur donne des ordres, et fasse régner la peur dans leur mouvement. Ils décident, coûte que coûte, de rencontrer et de dialoguer avec le Président, ils vont aller jusqu’à lui, puisqu’il ne se montre plus et laisse passer la tourmente, toujours droit dans ses bottes. Ils braveront les interdictions et se rassembleront en partie au Champ de Mars, les plus hardis iront sur les Champs Elysées et essaieront, toute la journée de samedi, de remonter cette belle avenue, tentant d’arriver au plus près du palais du roi. On a, malheureusement, assisté à de violents affrontements, à certains endroits, barricades dressées, enflammées, quelques jets de pavés arrachés, vitrines brisées, en riposte, sévère charge des policiers, canons à eau, gaz lacrymogène (dès 10 heures du matin), pour faire reculer cette foule, sous les yeux horrifiés des touristes (provinciaux et étrangers), venus admirer les grandes illuminations de Noël tant vantées par Anne Hidalgo, maire de Paris, dans son tweet très convainquant : « Et si vous profitiez du week-end pour braver le froid et venir admirer les superbes illuminations des Champs Elysées, inaugurées jeudi soir ».

Ce fut une triste journée froide, certes, avec de belles illuminations intacts, mais des blessés, des dégâts matériels, des vitrines cassées, une ambiance de haine, mais aucun dialogue possible, aucun accord, aucune concession de la part du gouvernement, que des accusations dans le genre : « honte aux gilets jaunes qui ont osé s’en prendre aux policiers venus les protéger …. Nous serons intraitables pour ces « voyous » qui saccagent tout, tous ces « extrémistes de droite et de gauche (de droite, surtout le parti de Marine Le Pen) ….. ». Tous les Français sont bien d’accord : nous déplorons tout acte de violence, nous demandons que justice soit faite correctement avec ces voyous casseurs, qui s’introduisent dans toute manifestation, bien connus des policiers, pour semer le désordre, voler, piller détruire, blesser, et que déplorent beaucoup nos gilets jaunes, venus rencontrer leur Président, et lui dire leur souffrance et leur désespoir

French protesters hit out at ‘distant’ Emmanuel Macron

‘Yellow vests’ accuse president of being out of touch with ordinary people

Protesters threw stones at the police and materials on building sites were used to build barricades

Harriet Agnew in Paris  YESTERDAY

The protesters came from all across the French political spectrum but were united by a common complaint: that President Emmanuel Macron was out of touch with the lives of ordinary people and had impoverished them since coming to power 18 months ago.

On Saturday, 8,000 people took to the streets in Paris as part of the so-called Gilets Jaunes (yellow-vest) movement, a grassroots initiative that has no official leaders, no political affiliation and relies on social media to mobilise its cohorts.

Across France, 106,000 protesters wearing gilets jaunes were recorded by the interior ministry, the culmination of a week of countrywide action that claimed two lives and left hundreds injured.

While that figure was fewer than half the 283,000 who turned out on the previous Saturday, the tone of defiance remained. This Saturday 130 people were arrested and placed in police custody, including 42 in Paris, the ministry added.

The official protest site in Paris was the Champ de Mars by the Eiffel Tower, but hundreds of people lined the Champs Elysées and one of the most celebrated avenues in the world quickly descended into chaos. Store windows were smashed and bonfires set alight amid chants of “Macron, démission” (“Macron, resignation”).

Protesters threw stones at the police and materials on building sites were used to build barricades. Police deployed a water cannon, pepper spray and tear gas to prevent people from marching to the presidential palace.

Mr Macron condemned the violent nature of some of the protests. In a tweet on Saturday, he said: “Thank you to our law enforcement for their courage and professionalism. Shame on those who attacked them. Shame on those who have abused other citizens and journalists. Shame on those who have tried to intimidate elected officials. No room for this violence in the Republic.”

Bruno Le Maire, finance minister, said on Sunday that he would meet business leaders on Monday to “take stock of the impact of the gilets jaunes movement on the economic activity of the country”.

What started as an online petition against the government’s decision to increase fuel taxes to spur drivers to greener vehicles has morphed into a wide-ranging display of discontentment. It cuts across age, employment status and political affiliation, and centres on deepening inequality in a country where unemployment hovers at more than 9 per cent.

Aurelien Mercuri travelled from Decazeville in southern France to join the protests in Paris, where he walked up the Champs Elysées brandishing a placard, saying: “France is the most taxed country in the world”.

He said: “There are too many increases: the CSG [social security charges] for the retirees, the gasoline increase. The president does not listen to the people. He takes money from small workers and retirees and distributes it to the rich.”

Most of the protests on the Champs Elysées were peaceful. “We cannot live any more, money is badly distributed,” said an unemployed woman waving a French flag. “They do not tax the international companies that move to France, or the rich with their big boats and private planes. Macron is too distant. He lives in a bubble with only rich people around him and doesn’t know how the ordinary French people live.”

Her friend added: “It’s worse in the provinces. People don’t have public transport, hospitals are closing, public services are closing, and the government has cut the speed limit from 90kph to 80kph on secondary roads. And there is no financial transparency,” he added. “We do not know how the government uses the money.”

Christiane, a 76-year-old woman from the 19th arrondissement in Paris, said: “People have trouble making it to the end of the month. The government takes money from the average French who works and has a small income, and does not touch the high earners. It’s really the France from the bottom of the working class who revolts today.” An ill-timed tweet by the mayor of Paris on Saturday invited people to ‘come to admire the iluminations of the Avenue des Champs-Elysées’


An ill-timed tweet by the mayor of Paris on Saturday invited people to ‘come to admire the iluminations of the Avenue des Champs-Elysées’

On the sidelines of a European Council meeting on Sunday, Mr Macron played down the idea of a rift between France’s urban and rural areas.

The latest round of protests came as the French government prepared this week to unveil a 10-year energy programme, including a road map for a shift away from nuclear energy towards renewables.

“It’s not up to us to pay for the ecological transition, the big companies ought to pay,” said Thomas, a carpenter. “We are fed up with tax.”

The opposition accused the government of trying to discredit the demonstrations by linking the violence to the far-right. At a press conference on Saturday, Christophe Castaner, minister of the interior, distinguished between the “good child” demonstrators and the “seditious” of the extreme right who “answered the call of Marine Le Pen”, the leader of the National Rally, formerly known as the National Front, to parade down the Champs Elysées.

Ms Le Pen retorted on La Chaîne Info that she had “never called for any violence whatsoever” and in turn accused the government of “organising the tension” and making her a “scapegoat”.

Meanwhile, in an ill-timed tweet on Saturday afternoon, Paris mayor Anne Hidalgo invited Parisians to “come to admire the illuminations of the Avenue des Champs-Elysées”. The tweet, which had been scheduled in advance, was quickly taken down.

Dans quelle langue parlera-t-elle la nouvelle armée Européenne?

Maria Rodriguez-McKey

L’Europe ne pourra pas se défendre sans «une vraie armée européenne», a défendu Emmanuel Macron dans une interview diffusée mardi 6 novembre par Europe 1. Et se défendre de qui?  de la Russie, de la Chine et même des Etats-Unis qui financent quasiment à eux seuls l’OTAN: «On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante (…) on doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des Etats-Unis et de manière plus souveraine», plaide le chef de l’Etat dans cet entretien enregistré lundi soir.

Le magazine Le Point nous informe que L’armée européenne, un vieux projet plein d’avenir Emmanuel Macron a relancé l’idée d’une « vraie armée européenne », cette idée qui, sur le papier, n’a que des avantages mais s’est toujours fracassée (Par Luc de BarochezPublié le 06/11/2018 )  De l(humour?  Car l’idée d’une armée européenne n’est pas d’aujourd’hui.

Europe 1 intitule son article de façon plus réaliste: « Macron pour une « vraie armée européenne » : un projet réalisable ?  15h51, le 06 novembre 2018 et nous informe sur le début de l’histoire de idée:

L’idée d’un armée européenne a été défendu par la Chancelière Angela Merkel.  Les mots ont été soigneusement choisis mardi par Angela Merkel: «Nous devons travailler à la vision, un jour, de parvenir à une vraie armée européenne»

Trump n’aime pas l’OTAN mais il ne faut pas oublier ce que ministre de la défense du Président Trump a dit en tentant de rattraper son patron qui parle toujours a son électorat qui sont, après tout, aussi des contribuables. (Les Etats-Unis payent 70% du budget de l’OTAN)

Mais elle sait, comme le Président Macron, que l’idée d’un armée européenne n’a aucune chance de  devenir une réalité… Et la réaction de Merkel en dit long car ses mot vision et un jour parvenir…. Mais ses mots donnent l’illusion d’une entente du fameux couple franco-allemand.  Vu l’approche des élections Européennes, il est possible que le couple veuille dépasser les nationalismes qui gouvernent certains des grands pays européens.

Néanmoins, en ce qui concerne des choses plus concrètes et du présent et moyen terme, les allemands ne rigolent pas. Ils ont cessé de rigoler avec la crise grecque.  L’Allemagne a plusieurs fois dit NON aux grands projets de la France. Et récemment l’idée du Président Macron de constituer un fonds commun au pays de la zone euro dédié au chômage a été accepté en principe par le ministre de l’économie allemand, membre du Parti Social Démocrate, mais pas par l’autre partide la coalition, c’est à dire la CDU de la Chancelière.

Pour l’Allemagne, la France doit se réformer avant de rêver à des grands projets. Mais pour faire des réformes il faut savoir les mener à bien, surtout quand les résultats ne viendront que des années plus tard (les réformes  du chancelier de gauche Schroder , à l’époque de Président Chirac) ont prit neuf ans a donner des résultats°  Mais il faut des bonnes réformes.

Le couple franco allemand ne suffit plus. Dès qu’il y a une crise le couple ne gère plus .  Un peu comme les systèmes des partis en Europe: crise de zone euro et le système des partis grecques s’effondre, la Belgique passe 18 mois sans gouvernement car les partis n’arrivent pas à former une coalition. Et tant d’autres exemples, sans oublier surtout le plus tragique: l’élection du parti Nazi après la crise de 1929. Tous des systèmes proportionnels…

Les gilets jaunes ou la question de la confiance dans la République

Bernard Owen, Docteur en Science Politique, Maria Rodriguez-McKey, Juris Doctor

Notre Président Emmanuel Macron souffre d’une personnalité qui mène à des attitudes inhabituelles et qui gêne ceux qui ont à faire à lui alors quel-en-est le résultat?

Ses maladresses font rire. Qu’un Président  fasse rire par son sens de l’humour: Bravo!  mais par ses maladresses s’est autre chose: Il n’est pas crédible.

Les Français n’aiment pas leur Président. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire  concernant les comptes de campagne de En marche. Il faut lire le texte de Mediapart (sur le site).  Le texte est essentiellement sur la collecte de fonds de toute provenance pour le personnage et son parti au moment de sa création. Or, rien n’est plus à craindre qu’un individu qui cherche à se faire élire, seul, dans une démocratie, se basant sur l’apport de l’argent et, peut être, favorisé par une structure judiciaire, non conforme à la tant vanté « séparation des pouvoirs ».  Un personnage de cet catégorie ne peut mener qu’à les attitudes négatives des Français.

Et comment oublier l’Ecologie?  Certes, cela est inattaquable. Il faut bien une religion civile, une religion républicaine. Il faut bien  nourrir l’Etat.  Hélas! la technique nous apprend que toutes les prévisions alarmistes  sont fausses. Même le GIEC (Nations Unies) en perd la tête.

Il faut quelques belles paroles pour asseoir son pouvoir. La représentante des gilets jaunes du Val d’Oise  a osé parler du danger des voitures électriques et le fait que nous ne savons pas que faire des déchets des batteries de lithium qui les font marcher. Elle a raison!

Pour revenir aux dons fait à la campagne électorale du Président Macron.  Mediapart nous donne les noms des donateurs. Vive la République qui remplace les partis politiques par un inconnu grâce à la mise à l’écart de celui qui aurait du être à sa place si la France n’avait pas encore mis en avant le juge d’instruction, personnage schizophrène selon Robert Badinter car ce juge instruit à charge et à décharge qui constitue deux pouvoirs qui en principe s’opposent (comme le rôle de l’avocat de la défense et celui du procureur). Non seulement nous devons nous méfier de l’exécutif mais aussi de la justice d’une autre époque.

Nouveau record d’impopularité pour Emmanuel Macron…

Des extraits du dernier baromètre BVA en partenariat avec Orange, RTL et La Tribune.

  • La popularité d’Emmanuel Macron diminue pour la cinquième fois consécutive : seuls 26% des Français ont une bonne opinion du chef de l’Etat (-3 points), contre près des trois quarts (73%; +3) qui en ont une mauvaise opinion.
  • Emmanuel Macron fait moins bien que ses prédécesseurs récents (François Hollande : 29% de popularité en novembre 2013 / Nicolas Sarkozy : 48% en novembre 2008).

… sur fond de crise des « gilets jaunes » : un mouvement dans lequel les Français se reconnaissent mais dont le mode d’action divise

  • Près de trois Français sur quatre (72%) se reconnaissent dans ses revendications mais le mode d’action des « gilets jaunes » divise les Français : 52% le désapprouvent, 46% l’approuvent.
  • Si le mode d’action divise, les Français s’accordent largement en revanche pour considérer que jusqu’à présent, le Gouvernement n’a pas eu la bonne attitude face à ce mouvement (71%).
  • Ils souhaitent par ailleurs majoritairement que ce dernier se poursuive (13%) et même s’amplifie (46%), contre 39% qui souhaiteraient qu’il s’arrête. Peu de Français croient à son essoufflement : seuls 33% pensent qu’il va s’arrêter.

Edouard Philippe subit également de plein fouet le mécontentement des Français (69% de mauvaises opinions ; +12)