Angela Merkel et l’Europe

Monique Cochinal

On ne peut évoquer l’Union Européenne sans parler de celle qui fut, pendant treize années, un des principaux leaders politiques à la tête de l’Europe, poursuivant sans relâche cette lourde tâche, après G. Schöder dans la volonté de préservation de la paix et d’union de tous ces petits pays d’Europe, après des siècles de guerres meurtrières.

Angela Merkel, une personne souriante, accueillante, toujours égale à elle-même, les cheveux courts, digne dans ses tailleurs pantalons et vestes de différentes couleurs. Elle a su s’imposer parmi tous ces dirigeants d’Europe et du monde. Elle a accueilli et travaillé avec trois de nos Présidents, et a souvent atténué les différends des uns et des autres. Elle a rencontré également les grands chefs d’Etat de ce monde, et par son sérieux, sa bienveillance et sa simplicité, se faire appréciée de tous. En Allemagne, on l’a vite surnommée « die mutter » la maman.

Entrée très tôt au parti CDU, elle gravite vite tous les échelons et devient la première femme chancelière d’Allemagne, dans un gouvernement de grande coalition. Malgré de nombreuses difficultés, en trois mandats successifs, elle réussit à mener son pays vers la stabilité économique, avec une industrie florissante, un taux de chômage au plus bas, des exportations en expansion et une dette nationale à zéro. Malgré cet essor souvent pris en exemple, surtout dans la zone Européenne, elle ne briguera pas un quatrième mandat, en 2021 et se retirera. Je regrette beaucoup cette décision, car qui la remplacera favorablement ?

Angela Merkel, malgré ses qualités d’organisatrice, ne se sent plus suivie par la classe politique allemande et certains autres pays d’Europe. Elle devient la victime d’un système électoral particulier, absolument illogique dans sa conception, qui oblige les partis voulant mettre en place un gouvernement, à former une coalition. Par exemple, l’apparition du Parti « Die Linke » qui se veut le véritable opposant de la droite (CDU – CSU) depuis que le Parti Socialiste a été en coalition avec la droite. Le même phénomène s’est produit, dernièrement, avec l’apparition d’un nouveau parti d’extrême-droite, ce qui peut mener au morcellement des partis (Die Linke et extrême-droite).

A deux reprises, Bernard Owen, Docteur en Science Politique, a publié une critique très détaillée de ce système électoral allemand, menant immanquablement à une ingérence gouvernementale. Voir, ci-dessous, l’étude de janvier 2017.

 

En marche vers les élections européennes

 

Monique Cochinal

A l’Elysée, et dans un climat de morosité intense, on assiste, depuis quelques jours, à un changement brutal d’attitude de notre Président et de ses amis macronistes. On entend revenir souvent les mêmes phrases : «  nous avons peut-être manqué d’humilité ». « Nous avons pris conscience de la grogne de nos concitoyens ». « Nous savons que nous leur demandons beaucoup ». «Il faut attendre encore un peu pour voir les bons résultats de nos réformes, les seules valables ». « Restons unis surtout face à cette montée, et dans le monde et en Europe, de partis nationalistes, de populistes, de racistes, de fascistes ». On montre du doigt les nouveaux gouvernements anti démocratiques, en Italie, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie. Ils sont anti-européens, donc à bannir. Ce sont de vrais slogans de campagne électorale.

Sur le plan national, il est nécessaire de reconquérir les Français, très mécontents, pour la plupart (84 % de la population estiment que le Président Macron et sa politique sont néfastes à la France). Sur le plan international, il est plus que temps de démolir les quelques leaders opposants restant dans le champ politique. A cet effet, les mises en scène théâtrales se succèdent. Pour exemple, la dernière intervention télévisée du Président Macron, il y a quelques jours, qui m’a fortement interpelée et même angoissée.

Dans une petite pièce sombre de l’Elysée, nous voyons notre Président, uniquement éclairé par le jour venant d’une étroite fenêtre, le visage livide, les traits tirés, une expression triste, les sourcils froncés. Quel brutal changement d’attitude ! Serait-il malade ? Il vient nous dépeindre un avenir apocalyptique de l’Europe de demain, si nous ne le suivons pas. Il va même jusqu’à comparer une situation européenne et mondiale semblable à celle des années terribles trente, avec crise économique mondiale en 1929, montée de l’extrême droite et du nazisme et guerre mondiale. Quelle horreur ! Que penser après ce mélodrame, tellement la mise en scène et le don de l’artiste Macron sont sublimes ? Il faut dire qu’il a eu un très bon professeur : sa femme, qui l’a initié à l’art théâtral, avant de venir à la politique !!

Je fus un peu rassurée par les commentaires de plusieurs éditorialistes politiques, qui ont démonté les éléments du « scénario Macron » les uns après les autres. Une chose est bien certaine : la campagne électorale du Président Macron et de son parti est déjà commencée, et, en rentrant de ce week-end prolongé passé dans un hôtel grand luxe où il descend toujours avec Madame à cette époque, (on s’empresse de nous spécifier « à ses frais »), il commencera une grande tournée de campagne électorale dans toutes les régions de France, entouré de sa troupe de fidèles journalistes, cameramen, pour une reconquête de tous ces « gaulois récalcitrants » en vue de la victoire des élections européennes.

Cependant, un grand doute subsiste, car aucun leader opposant valable ne se montre en face de lui, il est seul. Il est donc fort à craindre que ces prochaines élections, avec un grand nombre d’abstentions, de bulletins blancs et à cause d’un système électoral de liste proportionnel, qui favorise toujours la montée de partis extrémistes, ne soient pas favorables pour diriger l’Europe forte et puissante que nous espérions pour l’avenir.