Les élections européennes

Monique Cochinal

Dans notre pays bien tourmenté, la campagne électorale pour les élections européennes est commencée. Les listes des candidats se forment, et les professions de foi s’élaborent. Ce n’est certes pas le moment favorable pour de telles élections : il y a déjà une telle tension entre le gouvernement et les citoyens mécontents, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, mais il nous faut respecter le calendrier établi.

Comment réfléchir calmement pour élire, en son âme et conscience, les parlementaires européens qui sauront redresser une Europe bien secouée, et qui va à la dérive elle aussi ?

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et pour avoir toute leur valeur, ces élections européennes ne devraient pas être une sanction affligée aux dysfonctionnements de notre gouvernement macroniste, un votre « contre », ou un vote « par défaut », mais plutôt la désignation de parlementaires unis, sachant mettre en place un projet commun, aux bases solides, qui permettrait à l’Union Européenne de faire face aux nombreux défis de la mondialisation sur tous les plans : économie, affaires sociales, santé, éducation, affaires étrangères, armée : un très vaste chantier dépassant, et de beaucoup, nos querelles internes, nos petits clans, nos folles ambitions personnelles. Notre petite France seule est insignifiante face à de grandes puissances telles que les Etats Unis d’Amérique, la Chine, l’Asie, la Russie, le grand continent africain et ses Etats continuellement en guerre. Mais, ne dit-on pas que l’union fait la force. Il est donc nécessaire et urgent que tous nos petits Etats européens acceptent de s’unir s’ils ne veulent pas disparaître.

Cependant, il y a un désamour prononcé pour ces élections et une grande abstention à chaque fois. On a assisté à de grandes campagnes anti européennes, ces derniers temps, qui ont mené, malheureusement, au brexit en Grande Bretagne avec de grandes conséquences autant du côté britannique que du côté européen. Il faut ajouter à cela et déplorer le mode de scrutin employé : la proportionnelle, avec l’émergence de petits partis minoritaires incapables de s’entendre et de former un parlement fort.

Et pourtant, dans deux mois, tout citoyen conscient de l’importance de son bulletin de vote devra choisir ses leaders. Rien de simple dans cette atmosphère plus que troublée.

Pour E. Macron et son parti, la campagne électorale a commencé depuis quelques mois déjà avec de nombreux déplacements, prises de paroles, rencontres, de vrais meetings bien organisés (aux frais de l’Etat, je pense, c’est-à-dire à nos frais). Il ne manque pas une occasion de nous mettre en garde contre nos Etats voisins et amis européens devenus « populistes », « nationalistes », « extrémistes de droite », donc à combattre. Deux idéologies se font face : les progressistes macronistes et les « nationalistes anti européens ». Son ennemi numéro un est, on s’en serait douté, le Rassemblement National et Marine Le Pen, comme dans l’ancien monde, lors des malheureuses élections présidentielles. Les sondages le montrent avec La République en Marche en tête avec un petit pourcentage (24 %) d’intentions de vote, et très près derrière, le Rassemblement National et Marine Le Pen avec 23 % d’intentions de vote.

Nous avons assisté à la présentation peu sérieuse, devant les médias, de la liste des candidats choisis pour le parti La République en Marche. Pour voir toutes les têtes, le cameraman avait aligné avec soin tout le monde (les petits devant, les grands derrière juchés sur un banc (comme pour nos anciennes photos de famille ou de classe), mais, juste au moment de la prise de vue de la camera, un malencontreux mouvement du banc a fait chuter les trois ou quatre personnages, que l’on a vu disparaître les uns après les autres. Est-ce ce malheureux incident qui a troublé le second de la liste chargé de présenter ses coéquipiers et coéquipières au point de le faire bégayer et d’écorcher leurs noms, s’excusant à chaque fois avant de rectifier ?

Quant à Jean Luc Mélanchon et sa liste, nous savons depuis longtemps que ses adhérents voteront en bloc contre le gouvernement actuel, pour instaurer la merveilleuse VIème République (peu sérieux pour des élections européennes). Nos autres grands partis, complètement anéantis depuis la dernière élection présidentielle, ont bien du mal à présenter leurs listes et leurs propres candidats. Espérons un réveil de leur part, avant qu’il ne soit trop tard.

French Senate refers three of Macron’s aides to public prosecutor

Alexis Kohler

Move marks latest twist in Benalla affair that centres on president’s private bodyguard Alexandre Benalla seen with Emmanuel Macron during the 2017 election campaign

Harriet Agnew in Paris – MARCH 21, 2019

The French Senate has decided to refer three of Emmanuel Macron’s top aides to the public prosecutor, the latest twist in an investigation into the so-called Benalla affair that centres on the president’s private bodyguard.

On Thursday the upper house of the French parliament, which is controlled by the opposition rightwing party Les Republicains, sent the cases of bodyguard Alexandre Benalla, his associate Vincent Crase and Patrick Strzoda, Mr Macron’s chief of staff, to the prosecutor on suspicion of false testimony before the Senate commission of inquiry, according to a statement from the Senate.

The move follows a report last month by the Senate that condemned “failings at the heart of the state” that led to the Benalla scandal last summer. Mr Macron’s favoured bodyguard was fired after video footage emerged of him beating up two protesters during the May Day riots. Mr Macron and his team were aware of the incident but failed to inform judicial authorities, and the affair contributed to a political crisis and a fall in the president’s approval ratings in the second half of last year.

The cases of Alexis Kohler, the Elysée secretary-general and Mr Macron’s most senior adviser, and General Lionel Lavergne, head of the presidential security group, were also sent to prosecutors, the Senate said on Thursday. Senators said they believed there were “a number of omissions, inconsistencies and contradictions” in sworn statements during hearings that were part of the investigation. “

There is a worry about whether this will affect the relationship between the Senate and the president of the republic,” Hervé Marseille, president of the centrist union group in the Senate, said on Thursday. “What matters for the population is not institutional and political matters like this but to find a response to the crisis in France that has shown itself in 18 consecutive weekends of sometimes violent protests.”

The Senate’s decision comes as Mr Macron is pushing through legislation to overhaul France’s parliament, one of his signature proposals during his presidential campaign. The overhaul would reduce the number of seats from 577 to 404 in the National Assembly, the lower house, and from 348 to 243 in the Senate. Gerard Larcher, president of the Senate, has been one of the fiercest critics of the measure.

Stanislas Guerini, the leader of Mr Macron’s La République en Marche party, denounced Thursday’s development as a political move against the Elysée by the opposition. He said in a statement to AFP: “They obviously seek to serve their hidden purpose: to attack the president of the republic.” The Elysée declined to comment.

The justice department will now have to decide if there was, during these individuals’ hearings before the commission of inquiry, false testimony, an offence punishable by five years in prison and a €75,000 fine.

Fake news : « Supprimer les contenus, c’est l’inverse du débat démocratique »

ENTRETIEN. Pour l’avocat Dan Shefet, la proposition de loi est liberticide et ne s’attaque pas aux vrais problèmes de notre démocratie.

Par Laurence Neuer

Modifié le 07/06/2018 à 09:35 – Publié le 07/06/2018 à 09:20 | Le Point.fr

Porte ouverte sur « l’arbitraire », « danger pour la démocratie », etc., les réactions à la proposition de loi sur les fakes news, qui sera examinée à partir du jeudi 7 juin à l’Assemblée nationale, se multiplient. Le caractère liberticide du texte est dénoncé par de nombreuses personnalités. L’avocat Dan Shefet, farouchement opposé au projet, explique en quoi il passe à côté de son objectif.

Lire aussi : Fake news : la proposition de loi qui fait un tollé

Le Point : Le texte définit la fausse information ainsi : « Toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ». Que pensez-vous de cette rédaction ?

Dan Shefet : Cette formulation me semble très dangereuse et liberticide, même si elle n’est pas aussi radicale que la loi allemande (qui punit d’une amende de 50 millions d’euros les plateformes n’ayant pas supprimé les contenus illicites qui leur ont été signalés). Car, avec une telle définition, tout ce qui relève de l’opinion est interdit. Il serait alors interdit de critiquer la politique migratoire d’Emmanuel Macron ou de dire que les élections américaines ont été influencées par de fausses informations, car tout cela n’est pas vérifiable…

Quelle serait l’efficacité d’une telle loi dès lors que les informations proviennent de pays indifférents à notre législation ?

Il est illusoire de supprimer des fake news qui proviennent de pays qui n’appliquent pas nos lois ! Soyons réalistes : la déstabilisation par ces news provient le plus souvent de ces pays. À partir du moment où elles sont accessibles en France, il n’y a plus rien à faire. Si, par exemple, un faux site « Le Point » venant de Russie diffuse des informations sur le président de la République, celles-ci seront reprises par tous les journaux et des millions de tweets. Comment supprimer ces informations ? En supprimant l’URL du site russe ? Impossible ! Entre-temps, il y aura eu beaucoup de dégâts…

Se trompe-t-on de cible avec la fake news ?

Bien sûr ! Car ce qui est dangereux, ce n’est pas la news en tant que telle, mais son interprétation, ce sont les théories que l’on développe à partir de faits parfaitement vérifiables. Et l’influence d’une telle information interprétée est bien plus insidieuse que la fake news. La théorie que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune repose sur l’interprétation des faits qui, selon elle, ne constituent pas la preuve que cet exploit n’a pas été tourné dans des studios d’Hollywood. Ce genre de théorie complotiste n’est pas interdit…

Lire aussi : La défaite de la vérité aura-t-elle lieu ? 

Quelle serait la solution idéale pour se débarrasser des parasites informationnels ?

Il faut commencer par oublier la terminologie de « fake news » qui peut nous conduire à la dictature, car seul le juge décidera si une opinion est légale ou pas. Avec le populisme qui gagne du terrain dans de nombreux pays, on ne sait pas comment une telle loi pourrait être dévoyée. Il me semble au contraire capital d’interdire les news sélectives en période préélectorale sur les médias sociaux. Tout le monde doit être en mesure de posséder les mêmes informations de façon à pouvoir s’exprimer sur la même base. Le vrai risque pour la démocratie, c’est de recevoir des news qui nous confortent dans nos opinions. Donc, arrêtons de parler de « fake », parlons de news « contestées » ! Et, au lieu de supprimer les contenus litigieux (qu’il s’agisse de faits, d’opinions, etc.), taguons-les en indiquant qu’ils sont contestés. Le tag pourrait par exemple indiquer : « Attention, tant de personnes ont signalé que ces informations sont fausses. » Et la news contestée circulerait alors sur Internet avec son tag d’avertissement. Supprimer les contenus, c’est l’inverse du débat démocratique. Pour être efficace, une loi ne doit pas conduire à les supprimer, mais à dire qu’ils sont contestés, et à interdire les news sélectives. Et cette contestation doit être facilitée par les médias sociaux. Je regrette d’ailleurs que l’élaboration de ce projet n’ait pas, semble-t-il, intégré l’expérience et les observations de ces médias sociaux pour pouvoir identifier ce qui est techniquement possible.

Lire aussi : « Les nouvelles sélectives sont encore plus dangereuses que les fake news » 

Le projet épingle aussi les « fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin, diffusées de mauvaise foi, de manière artificielle ou automatisée et massive par le biais d’un service de communication au public en ligne ». Serait-il possible d’é voquer l’affaire de François Fillon dans un tel contexte ?

La « mauvaise foi » visée par le texte pourrait être soit d’utiliser une information pour déstabiliser le scrutin, soit de faire état de faits non vérifiés. Cela impliquerait que de tels faits ne pourraient pas être divulgués en période préélectorale. Naturellement, la présomption d’innocence serait préservée, mais doit-elle céder devant le droit à l’information ? La loi est muette sur ce point et sur l’arbitrage éventuel à faire entre la diffusion de l’information en période électorale et l’importance de préserver la présomption d’innocence. Or, ce texte a théoriquement pour but de protéger le processus démocratique…

Vous aviez, il y a un an, rédigé avec la sénatrice Nathalie Goulet une proposition de loi visant à créer une nouvelle infraction. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

J’ai en effet évolué sur cette question. Ce qui m’a frappé, c’est la sévérité de la loi allemande avec ses conséquences délétères sur les petits médias incapables de payer les très lourdes amendes qu’elle prévoit. Cela va conduire à des concentrations antidémocratiques et tuer le débat. En outre, cette loi a été reprise textuellement par Poutine. Et là, j’ai réalisé qu’il était dangereux de légiférer. Je me suis dit : « Il ne faut pas toucher à cette question en créant un Frankenstein qu’on ne contrôle plus »…

Grande fermeté chez Monsieur Castaner

Monique Cochinal

Il a fallu attendre presque quatre mois, il a fallu assister aux différents échecs de répressions employées quant au maintien du service d’ordre, il a fallu constater avec tristesse, samedi après samedi, les nombreux dégâts, pillages, saccages, incendies laissés dans notre capitale après le passage de cette petite minorité de casseurs, sans compter les nombreux blessés, estropiés, expédiés de toute urgence dans les hôpitaux, pour obtenir un semblant d’ordre public dans les belles avenues de notre capitale. Le plus invraisemblable s’est produit, ce 19ème samedi de manifestation (déclarée), subitement, comme par enchantement, pas l’ombre d’un « black bloc, casseur, extrémiste, brute révolutionnaire », donc une manifestation pacifique. Bravo, Monsieur Castaner ! Il était temps, car c’était votre dernière chance …… avant d’être limogé.

Mais, voilà qu’on apprend qu’à Nice, une ville calme, sans gilets jaunes casseurs, un drame s’est produit, ce même samedi : parmi un petit groupe de manifestants, une femme de 73 ans brandit avec fierté un grand drapeau sur lequel on peut lire, écrit en gros caractères, le mot PAIX, juste devant une rangée serrée de policiers, bien équipés. C’en est trop …. Ordre est donné de charger…. On charge et notre brave femme, violemment bousculée tombe, se fracasse le crâne et se retrouve à l’hôpital, ensanglantée, sans avoir bien compris ce qui lui arrivait. Le cas est sérieux et une plainte est déposée auprès du procureur. La justice scrute avec attention toutes les vidéos déjà diffusées dans le monde entier. Sur tous les plateaux de télévision, on en parle (catastrophe pour Notre ami Castaner !), on se pose des questions. Périmètre interdit aux manifestations ? Policiers attaqués ? Ordres de fermeté respectés ? Pourtant, sur ces vidéos, à part un drapeau qui voltigeait dans l’air, nous n’avons pas vu le moindre projectile lancé sur les forces de l’ordre. Pourquoi avait-on interdit toute manifestation dans le centre de cette ville, si calme les autres samedis ? Les nouvelles mesures anti casseurs doivent être rigoureusement respectées, et surtout, éviter tout désordre dans cette ville, où le Président Macron recevra en grande pompe, le lendemain, le chef d’Etat Chinois et madame.

Quelle malchance ! D’autant plus qu’on attaque à nouveau le Président Macron, qui se défend en donnant une bonne leçon de sagesse à cette vieille femme, pas solide sur ses jambes, irresponsable, qui n’avait rien à faire dans cette manifestation, sur une zone interdite aux manifestations par la préfecture. Quelle mauvaise idée avait-elle eue ! Il lui souhaite un prompt rétablissement, et surtout qu’elle ne recommence pas ….. Car elle savait ce qui l’attendait en venant manifester ici. Quand il se sent attaqué, notre cher Président ne peut s’empêcher de faire de malencontreux commentaires. Il n’a pas encore compris que « la parole est d’argent, mais le silence est d’or ».

Atempted Raid on News Site’s Offices Prompts Outcry in France

The Mediapart journalist Fabrice Arfi, at the microphones, and his colleague Edwy Plenel, right of him, at a news conference in Paris on Monday defending their news site.CreditPhilippe Lopez/Agence France-Presse — Getty Images

By Aurelien Breeden – New Tork Times

  • February 8, 2019

ARIS — French journalists and press advocates expressed outrage this week after prosecutors tried to search the offices of the investigative news site Mediapart, which had published audio recordings of a former aide to President Emmanuel Macron whose legal troubles have dogged him for months.

The outcry over possible executive overreach grew following reportsthat information from the prime minister’s office had pushed the Paris prosecutor to open the inquiry that prompted the search.

“This investigation is nothing else than a hunt for our sources which aims to prevent us from seeking and finding the truth,” said Fabrice Arfi, who leads Mediapart’s investigations department.

When two prosecutors and three police officers arrived Monday morning to search Mediapart’s offices in Paris, they were turned away.The news site was not legally obliged to submit to the search linked to the disgraced former aide, Alexandre Benalla, because of the preliminary nature of the investigation into a possible violation of privacy and the illegal possession of wiretapping devices.

Still, French journalists and their supporters saw the move as new proof of the adversarial stance toward the media of Mr. Macron, who recently faced pushback after deciding to move the press room outside of the Élysée Palace, the seat of the presidency.

Journalists at dozens of publications issued a statement this week expressing “solidarity with our colleagues” at Mediapart. The National Union of Journalists — referring to the attempted raid and to laws passed this year on the protection of trade secrets and on so-called fake news — described it as worrying that “journalists’ duty to inform can be flouted in this way, in France, in 2019.”

The episode was the latest of many tied to Mr. Benalla, who was firedlast summer as a security aide to Mr. Macron after it was revealed he had hit a protester at a May 1 demonstration.

Once billed the most serious threat to Mr. Macron, the Benalla affair died down and was eclipsed in France’s news cycle by the “Yellow Vest” economic protests against the president — until a steady stream of news reports in recent weeks raised questions about how the Élysée had handled the earlier case, and whether Mr. Benalla had used his ties to the presidency to obtain business contracts.

In the audio recordings, which date to July and which Mediapart published last week as part of a wider investigation, Mr. Benalla can be heard discussing the case against him with Vincent Crase, who had also worked on security for the Élysée and for Mr. Macron’s party, and who is being investigated over accusations similar to those against Mr. Benalla.

“Crazy thing, yesterday evening the boss sent me a message; he says to me: ‘You’ll eat them alive. You’re stronger than them, that’s why I had you beside me,’” Mr. Benalla is heard saying, referring to Mr. Macron, who was still publicly supportive at the time.

Mr. Crase and Mr. Benalla were under legal orders not to see each other because of the investigations, and they could face repercussions for the meeting.

Each revelation about Mr. Benalla has sprouted another, leading to a complex entanglement of legal inquiries around him. He is also facing investigations into his continued use of a diplomatic passport after he was fired and his involvement, while still working at the Élysée, in the negotiation of a security contract between a company owned by Mr. Crase and a Russian oligarch with ties to President Vladimir V. Putin.

Édouard Philippe, France’s prime minister, confirmed Thursday in an interview with the newspaper Paris-Normandie that his office had informed Rémy Heitz, the Paris prosecutor, about suggestions from journalists that the recordings Mediapart published might have been taped at the home of Mr. Philippe’s head of security.

But Mr. Philippe said in the interview that the only goal had been to share potentially useful information in the cases against Mr. Benalla, not prompt a separate inquiry into Mediapart.

“No instructions were given to the prosecutor’s office,” Mr. Philippe said. “We never do on individual cases.”

Mr. Heitz’s office did not respond to requests for comment on Friday. Mr. Macron’s office declined to comment, citing the continuing investigations. His government has rejected accusations it had a hand in the attempted search of Mediapart’s offices.

Justice Minister Nicole Belloubet said in Parliament that there had been no “manipulation” of the justice system and that freedom of the press and the protection of journalists’ sources were “cornerstones for our democracy.”

“That is the concept of justice that is supported by this government,” she said.

Delphine Meillet, a lawyer in Paris who specializes in press law, said police raids on the offices of news outlets were “extremely rare” in France, with only a handful of cases in the past few decades. Journalists have a legal right not to reveal their sources.

But Ms. Meillet noted that French prosecutors are not independent. They answer to their hierarchy, the Justice Ministry and, as a result, to the executive. Mr. Macron was much more closely involved in the nomination of the Paris prosecutor than his predecessor, François Hollande.

That puts prosecutors in a difficult spot when the president is connected to an investigation, Ms. Meillet said, especially in this case, because “it’s not just any media that they were going to search.”

Mediapart, an online, subscription-based publication, has garnered a reputation in France for hard-hitting investigations of politicians and other officials, with direct consequences, including the downfall of a budget minister and the opening of an investigation into possible Libyan financing of former President Nicolas Sarkozy’s campaign.

The company’s publisher, Edwy Plenel, said at a news conference after Monday’s attempted search that Mediapart was “violating the privacy of no one” and that it was “publishing information in the public interest.”

Mr. Macron’s political opponents seized on the case as proof of his monarchical leadership and lack of appetite for dissent.

“Intimidations against the press, a law that restricts the right to demonstrate, police violence, antimigrant policies — each day the current administration is shrinking bit by bit the space for fundamental rights in France,” Benoît Hamon, who ran against Mr. Macron as a Socialist in the 2017 presidential elections, said on Twitter.

Mr. Arfi, the Mediapart journalist, said Mr. Macron “hasn’t gotten to the point of calling us ‘enemy of the people,’ but he says we no longer seek the truth,” referring to his criticism of the news media last year, after the accusations against Mr. Benalla were first reported.

Mr. Macron, Mr. Arfi said, “is developing a very worrying contempt for journalism.”

Follow Aurelien Breeden on Twitter: @aurelienbrd.

Juliette Hirsch contributed reporting.

 

Macron’s plan to use troops in Paris protests sparks anger

© AFP

Government bans demonstrations on Saturday in parts of the French capital

Victor Mallet in Paris  MARCH, 23, 2019- Financial Times

Thousands of mostly leftwing demonstrators took to the streets of Paris and other French cities on Saturday for the 19th consecutive Saturday of anti-establishment gilets jaunes protests, undeterred by a show of force from the government of President Emmanuel Macron.

Riot police fired tear gas in several cities to disperse bottle-throwing protesters, including in Lille in the north and Montpellier in the south — and eventually also in Paris at the end of an otherwise peaceful march across the city to the Sacré Coeur basilica in Montmartre.

There were protests in Bordeaux, Toulouse, Nice and La Rochelle.

Asked in Paris why her yellow vest had “unhappy granny” written on the back, 59-year-old Laurence Gonzalvo, a social security administrator who lives in the Pigalle district of the capital, replied: “Because she’s afraid for the future of her children.” She added: “We would like a better share of the wealth . . . Many people live worse than four or five years ago.”

Yann Cardin, a 34-year-old dancer, said during the peaceful part of the Paris march that he and his companion — both carrying white flags as a sign of non-violence — were protesting “to show we won’t give in to the security-minded threats of the government in response to legitimate demands”. The marchers were expressing themselves freely “against a capitalist system that no one wants” he said.

Since the gilets jaunes protests erupted in November as a motorists’ protests against rising fuel prices because of green taxes, Mr Macron and his interior minister Christophe Castaner have struggled to try to bring an end to regular Saturday protests.

The thousands marching to Montmartre waved an eclectic selection of flags — red, white, French, Algerian, Catalan, Breton — and placards with leftwing slogans.

The demonstrations have at times been hijacked by dozens of so-called casseurs (wreckers) and militants of the extreme left and right using “black bloc” tactics to sow havoc while avoiding detection and arrest.

After an exceptionally violent Saturday a week ago during which militants rampaged down the Champs Elysées in central Paris, smashing shop windows and setting fire to Fouquet’s restaurant, Mr Macron ordered a new crackdown for today.

The government sacked the Paris police chief, deployed extra anti-terrorist troops to relieve the police of their duties guarding important buildings, and banned protests in various city centres.

Didier Lallement, the new police chief, deployed 6,000 members of the security forces in the capital on Saturday morning and said the authorities had developed more responsive tactics “so as to immediately stop violence or any destruction”.

Mr Castaner said the new hardline approach had “allowed us to maintain order and avoid excesses” during the latest day of protests. There were 40,500 demonstrators across the country, including 5,000 in Paris, compared with 32,000 the previous week, official figures showed. Protesters say the government’s numbers routinely underestimate the size of the crowds.

Hundreds of demonstrators and police officers have been injured in the confrontations over the past four months.

The movement has been evolving from its origins as a workers’ provincial protest about the cost of living into broader and more traditionally leftwing challenge to a leader perceived as an out-of-touch “president of the rich”.

Mr Cardin, the dancer, said he had demonstrated a week ago in support of action to deal with climate change, which is a cause also championed by Mr Macron. “We agree with the carbon tax. That’s why we weren’t with the gil<ets jaunes at the start,” Mr Cardin said.

Le garde du corps de Macron est un proche de Benalla, spécialiste de «l’effraction» et de «l’infiltration»

22 MARS 2019 PAR FABRICE ARFIANTTON ROUGET ET MARINE TURCHI

MEDIAPART

L’actuel principal garde du corps d’Emmanuel Macron est un proche d’Alexandre Benalla, dont il a poussé au recrutement à l’Élysée dans des conditions dérogatoires. L’homme en question, Christian Guédon, est aussi, d’après son C.V. consulté par Mediapart, un spécialiste dans les « domaines […] de l’effraction et de l’infiltration », ainsi que « des techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules » à des fins judiciaires. 

Dans le jargon de la protection rapprochée, Christian Guédon est « l’épaule » du président de la République. C’est le garde du corps le plus proche du chef de l’État, garant de son intégrité physique dans chacun de ses déplacements. Depuis le début du grand débat national, on le voit, des heures durant, dans l’axe des caméras de la télévision, scrutant les faits et gestes d’Emmanuel Macron au milieu des participants.

Mais Christian Guédon n’est pas qu’un membre dévoué du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). C’est aussi un homme placé par Alexandre Benalla dans des conditions inhabituelles. La preuve définitive que, contrairement aux déclarations de représentants de l’Élysée, Benalla avait bien engagé la refondation de la protection du chef de l’État, en vue de créer une structure à sa main, une « brigade du chef » composée de gendarmes de réserves et d’anciens policiers échappant au contrôle direct du ministère de l’intérieur.

Notre enquête montre que :

  • Christian Guédon a été intégré au sein du GSPR grâce à Alexandre Benalla et dans des conditions dérogatoires aux règles jusqu’ici en vigueur.
  • Spécialisé dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration », Christian Guédon a travaillé pendant plusieurs années pour des sociétés de sécurité privée en Afrique et au Moyen-Orient.
  • Christian Guédon a continué à échanger avec Alexandre Benalla après son départ de l’Élysée. Il s’est même rendu en sa compagnie, à la fin de l’été, chez un trouble intermédiaire syrien domicilié à Paris.

Ancien membre du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), Christian Guédon fut garde du corps d’Emmanuel Macron pendant la présidentielle. Il a d’abord été rémunéré à travers sa société « CGSolution » au lancement d’En Marche! (voir une facture ici), avant de signer un CDI avec le parti le 19 septembre 2016 (voir un bulletin de paie ici).

Il a ensuite travaillé sous l’autorité directe d’Alexandre Benalla à l’embauche officielle de ce dernier en qualité de responsable de la sécurité du mouvement, le 5 décembre 2016. Guédon est « un gars très sérieux », considère-t-on chez LREM.

Mediapart avait raconté en août comment l’ancien gendarme avait ensuite été intégré au Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), alors qu’il avait pourtant quitté la gendarmerie depuis plusieurs années. Sa reprise d’activité avait été jugée irréalisable administrativement par la hiérarchie de la gendarmerie. Mais le président a obtenu gain de cause pour faire entrer Guédon dans l’unité de protection présidentielle.

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla a confirmé le caractère atypique de cette nomination. « Alors même que le recrutement des agents du GSPR ne relève, en théorie, que du chef du GSPR, au moins un agent aurait été recruté au sein du GSPR après avoir été recommandé par Alexandre Benalla », se sont étonnés les sénateurs, dans leur rapport d’information (à retrouver en intégralité ici).

Lors de son audition devant la commission le 19 septembre 2018, Alexandre Benalla n’a pas contesté son rôle dans le recrutement de M. Guédon, tout en le relativisant : « Sans émettre, à proprement parler, un avis, j’ai pu dire le bien que je pensais d’une personne, en soulignant qu’il s’agissait d’un grand professionnel et qu’il serait bon qu’il rejoigne les rangs du GSPR. Ce policier a été soumis aux tests, au processus de sélection normal ; il disposait de toutes les compétences requises, et il a été recruté. »

Guédon a certes été soumis à des tests mais, contrairement à ce que soutient Benalla, son recrutement « n’a pas été fait dans le respect des règles habituellement applicables au GSPR », ont souligné les sénateurs.

Sans remettre en cause les « compétences de ce professionnel », la commission d’enquête a constaté « que le seul fait qu’il ait pu être intégré au sein du dispositif de sécurité du président de la République révèle les limites du cadre réglementaire applicable à l’organisation et à la composition du GSPR, qui ne paraît pas garantir que seuls des policiers et gendarmes d’active [en activité – ndlr] dûment formés et sélectionnés puissent y être nommés ».

Aucun texte ne régit formellement le mode de recrutement des membres du GSPR mais la « pratique constante » imposait jusqu’ici que celui-ci « ne soit composé que de fonctionnaires de police et de militaires de la gendarmerie ». Christian Guédon a, lui, quitté la gendarmerie en 2010 et n’était donc plus en activité dans le service public depuis de longues années.

Quand il était gendarme comme chef d’unité opérationnelle, Christian Guédon avait une spécialité pour le moins particulière. Il a été le « créateur », en 2002, de la « cellule ouverture fine au GIGN ». Sa spécialité : les « techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules à des fins judiciaires », revendique-t-il dans son C.V., consulté par Mediapart. Il forme aussi les agents dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration ». La gendarmerie nous a confirmé l’existence de la « cellule ouverture » du GIGN, ainsi que sa création en 2002.

Fort de cette expérience, Guédon part dans le privé en 2010. « Il avait une solide réputation », explique à Mediapart son premier employeur, Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN ayant cofondé quelques mois plus tôt l’entreprise Gallice Security. Pour cette société, Guédon part en Afrique, où Gallice a des marchés avec plusieurs chefs d’État (Mali, Centrafrique ou encore Gabon).

Frédéric Gallois déclare que M. Guédon assure alors la formation des forces de sécurité gabonaises avant la coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2012. « Nous avons utilisé plusieurs instructeurs en free lance. Christian Guédon en faisait partie », explique-t-il. S’est-il appuyé sur son savoir-faire en « ouvertures discrètes » « Non, il s’est occupé de choses très simples, comment organiser un convoi, comment organiser une équipe de sécurité. Toute personne qui sort du GIGN maîtrise ces standards de sécurité », détaille M. Gallois.

Christian Guédon change ensuite d’employeur et bourlingue à travers le monde : de la « contre-piraterie maritime » dans l’océan Indien pour la société Triskel, enregistrée à Londres et opérant depuis Djibouti, des opérations de sécurité électronique au Qatar, etc. En 2013, Guédon assure une formation de sniper en Arabie saoudite.

Depuis 2011, « nous l’avions perdu de vue, avant de le voir réapparaître au GSPR », explique Frédéric Gallois.

 

Le garde du corps de Macron est un proche de Benalla, spécialiste de «l’effraction» et de «l’infiltration»

22 MARS 2019 PAR FABRICE ARFIANTTON ROUGET ET MARINE TURCHI

L’actuel principal garde du corps d’Emmanuel Macron est un proche d’Alexandre Benalla, dont il a poussé au recrutement à l’Élysée dans des conditions dérogatoires. L’homme en question, Christian Guédon, est aussi, d’après son C.V. consulté par Mediapart, un spécialiste dans les « domaines […] de l’effraction et de l’infiltration », ainsi que « des techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules » à des fins judiciaires. 

Dans le jargon de la protection rapprochée, Christian Guédon est « l’épaule » du président de la République. C’est le garde du corps le plus proche du chef de l’État, garant de son intégrité physique dans chacun de ses déplacements. Depuis le début du grand débat national, on le voit, des heures durant, dans l’axe des caméras de la télévision, scrutant les faits et gestes d’Emmanuel Macron au milieu des participants.

Mais Christian Guédon n’est pas qu’un membre dévoué du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). C’est aussi un homme placé par Alexandre Benalla dans des conditions inhabituelles. La preuve définitive que, contrairement aux déclarations de représentants de l’Élysée, Benalla avait bien engagé la refondation de la protection du chef de l’État, en vue de créer une structure à sa main, une « brigade du chef » composée de gendarmes de réserves et d’anciens policiers échappant au contrôle direct du ministère de l’intérieur.

Notre enquête montre que :

  • Christian Guédon a été intégré au sein du GSPR grâce à Alexandre Benalla et dans des conditions dérogatoires aux règles jusqu’ici en vigueur.
  • Spécialisé dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration », Christian Guédon a travaillé pendant plusieurs années pour des sociétés de sécurité privée en Afrique et au Moyen-Orient.
  • Christian Guédon a continué à échanger avec Alexandre Benalla après son départ de l’Élysée. Il s’est même rendu en sa compagnie, à la fin de l’été, chez un trouble intermédiaire syrien domicilié à Paris.

Ancien membre du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), Christian Guédon fut garde du corps d’Emmanuel Macron pendant la présidentielle. Il a d’abord été rémunéré à travers sa société « CGSolution » au lancement d’En Marche! (voir une facture ici), avant de signer un CDI avec le parti le 19 septembre 2016 (voir un bulletin de paie ici).

Il a ensuite travaillé sous l’autorité directe d’Alexandre Benalla à l’embauche officielle de ce dernier en qualité de responsable de la sécurité du mouvement, le 5 décembre 2016. Guédon est « un gars très sérieux », considère-t-on chez LREM.

Mediapart avait raconté en août comment l’ancien gendarme avait ensuite été intégré au Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), alors qu’il avait pourtant quitté la gendarmerie depuis plusieurs années. Sa reprise d’activité avait été jugée irréalisable administrativement par la hiérarchie de la gendarmerie. Mais le président a obtenu gain de cause pour faire entrer Guédon dans l’unité de protection présidentielle.

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla a confirmé le caractère atypique de cette nomination. « Alors même que le recrutement des agents du GSPR ne relève, en théorie, que du chef du GSPR, au moins un agent aurait été recruté au sein du GSPR après avoir été recommandé par Alexandre Benalla », se sont étonnés les sénateurs, dans leur rapport d’information (à retrouver en intégralité ici).

Lors de son audition devant la commission le 19 septembre 2018, Alexandre Benalla n’a pas contesté son rôle dans le recrutement de M. Guédon, tout en le relativisant : « Sans émettre, à proprement parler, un avis, j’ai pu dire le bien que je pensais d’une personne, en soulignant qu’il s’agissait d’un grand professionnel et qu’il serait bon qu’il rejoigne les rangs du GSPR. Ce policier a été soumis aux tests, au processus de sélection normal ; il disposait de toutes les compétences requises, et il a été recruté. »

Guédon a certes été soumis à des tests mais, contrairement à ce que soutient Benalla, son recrutement « n’a pas été fait dans le respect des règles habituellement applicables au GSPR », ont souligné les sénateurs.

Sans remettre en cause les « compétences de ce professionnel », la commission d’enquête a constaté « que le seul fait qu’il ait pu être intégré au sein du dispositif de sécurité du président de la République révèle les limites du cadre réglementaire applicable à l’organisation et à la composition du GSPR, qui ne paraît pas garantir que seuls des policiers et gendarmes d’active [en activité – ndlr] dûment formés et sélectionnés puissent y être nommés ».

Aucun texte ne régit formellement le mode de recrutement des membres du GSPR mais la « pratique constante » imposait jusqu’ici que celui-ci « ne soit composé que de fonctionnaires de police et de militaires de la gendarmerie ». Christian Guédon a, lui, quitté la gendarmerie en 2010 et n’était donc plus en activité dans le service public depuis de longues années.

Quand il était gendarme comme chef d’unité opérationnelle, Christian Guédon avait une spécialité pour le moins particulière. Il a été le « créateur », en 2002, de la « cellule ouverture fine au GIGN ». Sa spécialité : les « techniques d’ouverture discrètes des serrures de bâtiments et véhicules à des fins judiciaires », revendique-t-il dans son C.V., consulté par Mediapart. Il forme aussi les agents dans les « domaines technique et tactique de l’effraction et de l’infiltration ». La gendarmerie nous a confirmé l’existence de la « cellule ouverture » du GIGN, ainsi que sa création en 2002.

Fort de cette expérience, Guédon part dans le privé en 2010. « Il avait une solide réputation », explique à Mediapart son premier employeur, Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN ayant cofondé quelques mois plus tôt l’entreprise Gallice Security. Pour cette société, Guédon part en Afrique, où Gallice a des marchés avec plusieurs chefs d’État (Mali, Centrafrique ou encore Gabon).

Frédéric Gallois déclare que M. Guédon assure alors la formation des forces de sécurité gabonaises avant la coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2012. « Nous avons utilisé plusieurs instructeurs en free lance. Christian Guédon en faisait partie », explique-t-il. S’est-il appuyé sur son savoir-faire en « ouvertures discrètes » « Non, il s’est occupé de choses très simples, comment organiser un convoi, comment organiser une équipe de sécurité. Toute personne qui sort du GIGN maîtrise ces standards de sécurité », détaille M. Gallois.

Christian Guédon change ensuite d’employeur et bourlingue à travers le monde : de la « contre-piraterie maritime » dans l’océan Indien pour la société Triskel, enregistrée à Londres et opérant depuis Djibouti, des opérations de sécurité électronique au Qatar, etc. En 2013, Guédon assure une formation de sniper en Arabie saoudite.

Depuis 2011, « nous l’avions perdu de vue, avant de le voir réapparaître au GSPR », explique Frédéric Gallois.

Graves désordres dans notre service d’ordre

Monique Cochinal

La dix huitième manifestation des gilets jaunes fut une journée d’une violence inouïe. On a assisté, avec tristesse, à de véritables scènes de guérilla, avec le sentiment très net d’un grand désordre du côté des policiers impuissants devant cette minorité de casseurs, toujours les mêmes, parfaitement organisés, qui réussissent toujours à s’infiltrer dans les cortèges, et qui, munis d’outils, arrachent des pavés, des grilles, des palissades de chantier, cassent, incendient, pillent et, leur sale besogne faite, disparaissent, tels des fantômes, dans les rues adverses, sans que les policiers puissent les attraper. Ils sont connus de la police, pourtant.

Samedi dernier, nos services de renseignements étaient informés qu’un groupe plus important et plus violent, bien décidé à « tuer du flic » serait présent dans cette manifestation sur la plus belle avenue de France. Alors, pourquoi ne pas avoir prévu plus d’effectifs ? La nouvelle méthode tant vantée par notre Ministre de l’Intérieur, dès décembre, devant une première commission d’enquête du Sénat, est-elle efficace ? Apparemment non, quand on voit nos policiers reculer devant une petite minorité de casseurs et assister, impuissants aux nombreux ravages, incendies de boutiques, de banques, immeubles. Que s’est-il passé ? Quels sont les responsables de tous ces désordres ?

Dès le lendemain de ce funèbre jour, dès le retour du Président Macron parti en week-end faire du ski, il y eut une grande réunion de crise : hauts fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, policiers, Madame Belloubet, Ministre de la justice, l’adjoint du Ministre de l’Intérieur, pour savoir quels étaient les responsables de ces graves désordres, qui devaient être sanctionnés ? Qui n’avait pas respecté les consignes de fermeté données, bien sûr, par Monsieur Castaner, le grand chef responsable de l’ordre public de notre Etat ? Très vite, on devait trancher. Très vite, on devait faire tomber une tête, mais, laquelle ? Vous souvenez-vous ? Du temps de l’affaire Benalla, on a beaucoup parlé d’un certain préfet de police : Michel Delpuech, pas forcément d’accord avec les affirmations de certains dirigeants de l’Etat, dans cette commission d’enquête sénatoriale. On a donc décidé, après délibération, que notre préfet de police devait être limogé (bien qu’excellent préfet, d’après les affirmations de Monsieur Castaner), car il aurait dû savoir que les ordres de fermeté données par notre Ministre de l’Intérieur, n’avaient pas été respectés, laissant nos policiers, gendarmes mobiles, ou non mobiles, sans ordres précis, et on sait que sans ordre de charger, pas de charge, c’est la loi, au risque de se faire massacrer par ces casseurs.

Cependant, comme il était évident qu’il y avait eu de graves dysfonctionnements, à nouveau, dans plusieurs de nos institutions, deux de nos ministres : Monsieur Castaner, et Monsieur Lemaire, ainsi que l’adjoint de Monsieur Castaner ont été convoqués devant une nouvelle commission d’enquête du Sénat, car nous sommes en droit de connaître la vérité dans cette grave crise gouvernementale.

Décidément, rien ne va plus dans ce « nouveau monde ».

Le Président Macron découvre que c’est plus facile gagner une élection que gouverner…

Le Président Macron a-t-il perdu le contrôle?

Maria Rodriguez-McKey et Bernard Owen

Une élection qu’il a gagné par défaut car seulement 49% de l’électorat a voté au deuxième tour de la présidentielle et 43% de ceci ont voté contre Marine Le Pen. Même Chirac a fait mieux que Macron avec 82% au deuxième tour…

Pour gouverner il faut un savoir -faire qui ne peut être acquis que  par des années d’expérience.  Votre médecin, par exemple, il a lui une formation mais il a besoin de la pratique.  Pourquoi cela serait différent pour le Président de la République surtout qu’n France il a des pouvoirs qui vont bien au delà du régalien.

Quand la situation économique et donc sociale est bonne, le manque d’expérience peut ne pas être un problème, quoi que…En plus, avoir des ministres techniciens mais l’aspect politique, surtout quand on essaye de faire des réformes structurelles, me semble une équation très difficile.

Pourquoi le Président Macron n’a pas réagit quand il a appris pour Benalla?  pourquoi il a aussi attendu trois semaines pour faire quelque chose face aux Gilets jaunes?  S’il avait du savoir-faire et de l’instinct politique … parce que les français soutiennent encore les Gilets Jaunes (dernier sondage: 61%).

La raison pour ce soutien se trouve-t-il dans une certaine méfiance à l’égard du Président? Peut-être même que le respect que l’on doit au chef est absent? Peut-être même que ils les voient considère une opposition plus audible que celle à l’Assemblée Nationale ?

Parce que contrairement à l’avant 2017, le système de partis c’est écroulé, les corps intermédiaires sont inaudibles, le parti La République en Marche n’a pas de relais au niveau locale et surtout le Président Macron est un « control freak » (contrôle monstre) sans le savoir-faire nécessaire pour gouverner un pays.

TROIS ARTICLES POUR LES PROCHAINES ELECTIONS EUROPEENNES

TROIS ARTICLES POUR LES PROCHAINES ELECTIONS EUROPEENNES

L’élection au Parlement européen (mai 2014)

BERNARD OWEN | LE 23/04/2014

Nous arrivons bientôt aux élections européennes, qui se pratiquent au scrutin de liste proportionnel. Or, ce mode de scrutin mène parfois à des situations surprenantes. Contentons-nous d’indiquer que ce mode de scrutin présente à première vue certaines incohérences, à savoir qu’il est moins politique qu’il ne paraît et serait mieux placé dans le domaine de la sociologie.

Un schéma commun à l’Europe

Voyons les élections pour le Parlement européen de 2004 et citons le journal « Le Monde » du 15 juin 2004 : « Les électeurs européens de tous les pays s’abstiennent ou punissent leurs dirigeants ». Tomaz Zukowski parle des élections parlementaires européennes : « un vote de défiance contre le gouvernement, une pré-élection nationale ». Le journal « Le Monde » revient sur le cas de la France : « L’élection européenne a lieu au moment d’un gouvernement de droite : Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac, déjà défaits aux régionales de mars 2004 ».

Confusion quant aux raisons des niveaux atteints

Plus tôt encore : aux élections européennes de 1979, donnons l’exemple d’une élection gagnée par une personne intéressante, mais dont le charisme n’était pas la raison de la victoire de la liste U.D.F.

Simone Weil, tête de liste, obtient 27,6 % des suffrages, alors que Jacques Chirac, R.P.R., n’obtient que 16,3 % des suffrages, sous la présidence de Giscard d’Estaing : U.D.F. Jérôme Jaffré dans la revue « Pouvoirs » II 79 nous fait part d’une étude où il découvre plus de similitudes géographiques entre le vote pour le candidat Giscard d’Estaing aux élections présidentielles de 1974 qu’avec le score des candidats U.D.F. aux élections législatives, pourtant plus proches, de 1979. La liste U.D.F. faisait mieux que celle du R.P.R., mais, naturellement, l’opposition de gauche obtenait un retentissant 44,1 % des suffrages. Le président de la République entraînait donc derrière lui la partie de la majorité législative qui était la sienne.

La popularité du Président par rapport à l’élection

Plus proche de notre époque. Aux élections européennes de 2009, l’U.M.P. avait obtenu 27,9 % des suffrages, ce qui était reconnu comme une victoire, et avait représenté un gain de popularité au Président Sarkozy, qui dura un mois pour retomber aux 37 % précédents (TNS – SOFRES).

Qu’en sera-t-il de nos élections européennes de 2014 ? Une victoire des socialistes en cette période de crise se présenterait comme exceptionnelle. Une telle victoire découlerait directement du changement de premier ministre. Pourquoi ? Une élection pour le parlement européen disposant d’un pouvoir peu connu du public et dont la structure n’est pas à l’image d’une de nos démocraties, à savoir : une équipe qui gouverne et une autre qui la contrôle au sein d’une assemblée, entraîne des doutes. L’Europe est-elle une protection contre la mondialisation ? Ou, au contraire, se mêle-t-elle de questions nationales propres aux diverses nations ?

La crise étant présente, l’action gouvernementale sera commentée et surveillée. Seulement, voilà, les spécialistes de l’économie étant rares, l’on prendra en compte ses propres ennuis, ses craintes, et l’on sera attentif au travail du gouvernement. Là encore, que savons-nous sur la valeur de sa besogne, sa technicité ?

Alors, nous devrons nous fier à son apparence. L’on jugera le gouvernement tel que l’on sait juger une ou telle personne. Sont-elles énergiques, courageuses ? Peut-on faire confiance au gouvernement pour prendre, le moment venu, les décisions qui s’imposent ? Il s’agira moins de l’action du gouvernement, mais que de l’impression et de la confiance qu’il suscitera..

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/04/23/cercle_96123.htm#vIeKvqZgQhHZ3ysG.99

Elections européennes : la nouvelle donne

BERNARD OWEN | LE 06/05/14

De toutes nouvelles données se présentent à l’approche des élections européennes. Elles se situent au niveau de l’autorité qui apparaît au gouvernement. Les sondages, qui se présentaient de façon monotone, prennent leur envolée et apportent l’éclat d’un véritable combat politique, même si l’Europe n’en est que la scène.

Que penser de ces prochaines élections européennes ? Elles faisaient peur… La proportionnelle, même au sein d’une France découpée en 8 circonscriptions, ne pouvait que favoriser les extrêmes. La dynamique de Marine Le Pen (« Marine la Divine » des Guignols) devancerait-elle l’U.M.P. ? Lors du sondage Opinion Way dans le Figaro du 6 avril 2014, 17 % des interrogés ne se prononçaient pas, mais veulent aller voter. En consultant les sondages, qui s’étalent du 9 octobre 2013 au 9 avril 2014, le Parti Socialiste est systématiquement en troisième position derrière l’U.M.P. et le Front National. Or, le monde politique français vient de se transformer au moment des élections européennes du 25 mai 2014.

Il est certain que le scrutin proportionnel favorise les extrêmes, mais il y a aussi bien d’autres choses à dire sur ce sujet. Regardons la situation en France. Trois principaux partis sont présents. Le Parti Socialiste dispose du Président de la République et, jusqu’à une date récente, d’un Premier ministre, qui l’un comme l’autre ne présentaient pas l’image de l’autorité. L’U.M.P., à partir de la C.O.C.O.E., a donné l’impression d’une force désorganisée. C’est de ce constat que l’énergie de Marine Le Pen apporte l’image qu’une nation attend de ses dirigeants. Or, la proportionnelle a d’autres effets.

Hormis certaines situations que nous connaissons bien, le parti est subordonné à l’homme. Cela en Europe ou ailleurs. Par exemple, en Amérique du Sud, on a longtemps pratiqué exclusivement la proportionnelle dans des régimes présidentiels, et dans ce cas, le Président tire derrière lui le parti, qui retombera à un niveau dérisoire, si le Président n’accomplit qu’un seul mandat. Il faut comprendre que l’électeur, surtout dans le cas de ce mode de scrutin, cherche le chef qui se doit d’être compétent et énergique.

Le scrutin proportionnel, sous quelque forme que ce soit, est dangereux. Un livre en anglais (non en américain) vient d’en parler abondamment. Encore faut-il à l’occasion tenir compte des possibilités de ce mode de scrutin.

En France, depuis les élections municipales, le gouvernement a changé. Plaçons-nous le 4 mai 2014 (rédaction par M6 info – GETTXI de 1) : près de deux tiers des Français (64 %) estiment que Manuel Valls est un bon Premier ministre (sondage BVA pour le journal « Le Parisien »).

À noter que pour 76 % des sympathisants de gauche, il est un bon Premier ministre, et 51 % des sympathisants de droite. 50 % des Français pensent qu’il sera efficace pour réduire les déficits publics, mais seulement 32 % croient à sa possibilité de réduire le chômage (les Français sont lucides). 80 % des interrogés le jugent autoritaire.

Il a suffi de le voir devant l’Assemblée nationale où il a répété à trois reprises avec beaucoup d’énergie « j’assume » pour en être convaincu. Quant à son comportement politique, 53 % des Français le trouvent juste comme il faut, ni trop à gauche, ni pas assez à gauche. Pour les sympathisants de gauche, une courte majorité le trouve pas assez à gauche, alors que 47 % le trouvent juste comme il faut, et 3 % « trop à gauche ».

Les élections européennes sont différentes des votations municipales qui représentent un enjeu local proche de chacun.

Par suite du changement de personnalité du gouvernement cette année, l’élection européenne prendra une configuration réellement politique, non seulement nationale, mais aussi européenne.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/05/06/cercle_97061.htm#TtjFY4pi7mte9lm3.99

Les élections européennes à la recherche de la bonne gouvernance

BERNARD OWEN | LE 27/05/14

par Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey –

À la suite des auteurs du XIXe siècle, la croyance dominante a été que le fait de pratiquer le scrutin proportionnel jouait essentiellement sur l’obtention d’une certaine équivalence entre le pourcentage de suffrages et le pourcentage de sièges obtenus. Or, il n’en est rien.

Le scrutin proportionnel, en comparaison à un scrutin majoritaire à circonscription uninominal (cela veut dire que la nation est divisée en circonscriptions, chacune devant élire un seul député), a un effet non négligeable sur le nombre de suffrages obtenus par les partis eux-mêmes.

Pour illustrer ceci, prenons le cas de l’UKIP, parti récemment venu en Grande-Bretagne, qui peut se réjouir du scrutin proportionnel des élections européennes.

En France, les élections qui se présentent à la façon d’une grande circonscription, qu’elles soient ou non au scrutin proportionnel, sont un avantage pour les partis non intégrés dans le bipartisme droite-gauche. L’on y trouve le premier tour d’une élection présidentielle. En 2002, Jean Marie Le Pen a éliminé le candidat socialiste.

Certes, elle faisait suite à une longue période de cohabitation (1997 – 2002), ce qui ne pouvait que troubler l’électorat. L’expérience a peu de chance de se renouveler. Les élections européennes au scrutin proportionnel (même si la France est divisée en 8 circonscriptions) sont la porte ouverte aux partis tels que le Front National, d’autant plus que ce mode de scrutin peut favoriser les scissions des autres formations du bipartisme. L’on revient à « l’accordéon électoral ».

Le scrutin majoritaire rassemble et le scrutin proportionnel divise : ce dont parlait Jean-Luc Parodi – les scrutins majoritaires ou à tendance majoritaire, et les élections européennes au scrutin proportionnel, déjà bien installées dans la plupart des États européens, et le Front National ou les partis populistes toujours prêts à s’engouffrer dès qu’une porte est ouverte.

Lors des élections européennes de 1989, le Front National obtient déjà 11, 73 % des suffrages et 10 sièges, ce qui n’est déjà pas très loin du Parti Socialiste : 23, 6 % des suffrages et 22 sièges, alors que le RPR et l’UDF présentent une seule liste.

Les élections européennes de 1994 accordent 10,6 % des suffrages au Front National et 11 sièges, mais la proportionnelle divise la gauche et le Parti Socialiste n’obtient que 14,5 % des suffrages et 15 sièges, et les Radicaux de Gauche 12 % des suffrages et 13 sièges.

Les élections européennes de 1999 voient toute la droite divisée. Le Front National n’obtient que 5,7 % des suffrages, la scission 3,3 % des suffrages. Le RPR – DC obtient 12,8 % des suffrages, alors que le RPF réussit mieux avec 13 % des suffrages et 13 sièges. L’UDF obtient 9,3 % des suffrages et 9 sièges. Le bipartisme est en loque.

En réalité, il ne faut pas critiquer les élections européennes de 2014. Elles ne sont que l’image de la mauvaise gouvernance que l’on constate dans la plupart des États membres « proportionnalistes ».

Psychologues, psychiatres, sociologues scrutent l’être humain dans sa vie privée ou dans sa vie sociale et politique, ce qui donne lieu à de nombreuses recherches et publications… et les institutions ? Les rédacteurs de lois, de systèmes électoraux ne tiennent aucun compte des recherches faites, et l’on considère l’être humain comme une unité que l’on maîtrise selon des règles en dehors des réflexions comparatives. Il paraît plus simple de concevoir un ordinateur, une fusée que de mettre en place des institutions raisonnables.

Note : Information obtenue des sites BBC, CEVIPOL.