Après le temps des « gilets jaunes » Voici le temps du « maillot jaune »

Monique Cochinal

Chaque année, en juillet, se déroule le tour de France, cette grande envolée de cyclistes de tous pays, qui fait rêver tous nos amateurs de bicyclette, la petite reine « non polluante », remise à l’honneur par nos grands cardiologues. Avec le foot, c’est le sport le plus populaire. Chaque village, chaque moyenne ville, chaque grande ville s’octroie son cycliste préféré. Campagnards et villageois aiment à regarder passer tous ces jeunes, pliés en deux sur leur guidon, transpirant, soufflant et pédalant …. Pédalant sans cesse, jusqu’à l’étape suivante, ivres d’espoir de remporter le « maillot jaune », l’ultime trophée.

Tous nos présidents suivent avec intérêt cette course cycliste et remettent, à l’arrivée, une belle coupe en or au vainqueur félicité, embrassé, couvert de fleurs et d’honneur. C’est la grande fête, surtout si le vainqueur est un Français (le coq gaulois se redresse et chante !!). Voilà cent ans, déjà, que cette course cycliste a débuté. Un événement à ne pas manquer pour le Président Macron, d’autant plus que l’an passé, à cette même époque, débutait l’affaire Benalla très embarrassante pour le pouvoir exécutif et son président, qui ne sortait plus, se calfeutrait dans son beau palais, et attendait des jours meilleurs.

Alors, ce samedi 20 juillet 2019, grand remue-ménage à l’Elysée, grands préparatifs pour un déplacement de notre Président et sa suite : motards, policiers, gardes, une dizaine de voitures présidentielles, journalistes, cameramen au grand complet afin de commémorer les cent ans de ce grand rassemblement populaire : le Tour de France. La ville de Bagnères-de-Bigorre a été choisie intentionnellement car ce même jour, les coureurs y feront étape, avant d’aborder la haute montagne, et surtout le Président y connaît beaucoup de monde, puisque chaque année il y passait ses vacances, sa grand-mère y habitant depuis longtemps. Pour les villageois, c’est une aubaine : la boulangère lui a déjà préparé son gâteau préféré, une spécialité de la région. Tous les habitants sont sortis et se rassemblent sur la place pour attendre l’arrivée de l’enfant du village devenu Président de la République.

Une aubaine également pour nos médias qui vont nous faire suivre toute la journée le Président, très détendu, en pleine forme (comme toujours !), souriant, aimable, le charme en personne (comme toujours !), le « bon roi Macron » faisant le tour de la ville, saluant l’un, l’autre, embrassant les enfants, tutoyant ses amis d’enfance, parlant beaucoup, même des sujets qui fâchent tels que l’affaire des homards de son Ministre de l’écologie, ou de la très controversée réforme des retraites. Notre « bon roi Macron » est le plus fort dans ce genre de rassemblement.

Sous des apparences « bon enfant » l’emploi du temps est minutieusement étudié : le matin, un discours de commémoration à tendance politique, comme du temps de la campagne électorale, et ensuite grand déjeuner (y servait-on du homard ?) en privé, sans caméras, avec son grand ami François Bayrou, toujours à ses côtés, buvant ses paroles. Il faut renforcer les liens, en vue des prochaines élections municipales.

Et pendant ce temps, oubliés les gilets jaunes et leurs revendications, oubliée la dette nationale, oubliées les querelles au sein de son parti La République en Marche pour la présidence de la ville de Paris, oubliés les déboires de son puissant Ministre de l’Intérieur Castaner et les dérives de son service d’ordre, oubliée la mauvaise gestion de la politique nationale et internationale.

De toute façon, les vacances occupent les pensées d’une grande partie de nos citoyens, et on parle surtout du temps qu’il va faire, du petit « coin bien vert » où l’on pourra se reposer, flâner. On verra à la rentrée ……