Au club automobile : Les vieux pneus de cent noix

Jaguar Mark 10, 3,8 litres

Monique Cochinal

Ce matin, et pour la première fois, je suis invitée par mes amis, amateurs de voitures anciennes, à un grand rassemblement à Bouffémont, petite ville en bord de la forêt de Montmorency à quelques kilomètres d’Eaubonne. Ces rendez vous, organisés par le Club « Les vieux pneus de cent noix » ont lieu régulièrement le troisième dimanche de chaque mois.

Le départ est fixé à 9 heures, et le trajet est très agréable, en partie dans la forêt, qui se pare, à cette époque de l’année, de jolies couleurs automnales. J’apprécie beaucoup le confort de leur superbe Jaguar type « mark 10 » des années 1965, une vieille dame encore éblouissante, puissante, parfaitement entretenue et démarrant au quart de tour. Quelle belle mécanique !

Nous arrivons tôt, et après un accueil sympathique, on nous indique une place sur un vaste parking à côté d’une autre Jaguar un peu plus récente. Quelques autres voitures sont déjà arrivées, bien rangées, toutes tellement rutilantes sous le soleil matinal. Les organisateurs ont installé un stand, où l’on sert à volonté, boissons fraîches, boissons chaudes, accompagnées de viennoiseries, gâteaux secs.

Je vois déjà la Jaguar de mes amis, le capot soulevé, entourée d’admirateurs. On se penche sur le moteur, on parle mécanique, on pose des questions, on prend des photos : extérieur, intérieur. « Combien de cylindres ? » « Avez-vous la direction assistée sur ce modèle ? Mais oui, déjà à cette époque, on connaissait ce principe, et tout cela fonctionne encore à merveille.

Peu à peu, les voitures arrivent, et à chaque fois, il se forme une allée d’honneur pour les voir passer, les admirer, et se ranger toutes bien alignées. Les personnes font connaissance, se parlent, évoquent des souvenirs personnels liés à ces merveilles d’une autre époque. Ils ont tous en commun une grande passion : la voiture ancienne. Un habitant de Bouffémont me disait que, depuis la création de ce rassemblement, en 2014, il vient assister à l’arrivée de ces voitures, dans ce parking. Son rêve, lui, c’était de posséder une vraie jeep, celle, me dit-il, qui a fait son entrée en France, lors de la dernière guerre. J’en ai déduit qu’il avait, à quelques années près, mon âge, et, en l’espace d’un instant, je me suis revue petite fille, perdue au milieu d’une foule immense, acclamant, ivre de joie, nos libérateurs américains, perchés sur ces nouvelles voitures chez nous : la jeep.

Très vite, toutes les allées du grand parking se remplissent. C’est un vrai plaisir de voir toutes ces voitures puissantes, longues, larges, petites, de toutes marques, bien rangées, plus ou moins anciennes, paraissant neuves, tellement elles sont bien entretenues. Il y a maintenant beaucoup de monde, hommes, femmes, enfants, qui circulent entre les allées, prennent des photos, se parlent, échangent souvenirs et conseils.

En fin de matinée, le parking est plein. Je n’ai jamais vu autant de voitures aux noms célèbres et venant de différents pays. Mustang, Porsch, Chevrolet, Alfa Romeo, Renault, Citroën, Ford, Delage, Peugeot, Simca. En me promenant dans les allées, j’ai revu la Peugeot 203 des années 52, avec la petite lucarne à l’arrière et le bras qui se levait pour indiquer les changements de direction, sur laquelle j’ai appris à conduire. Plus loin, était garée une belle Peugeot 403, notre première voiture. Encore dans une autre allée, deux belles DS se tenaient côte à côte, et je me suis souvenue de ce superbe voyage effectué en Algérie, dans notre DS, qui avait vaillamment traversé une partie du désert, sous une vraie tempête de sable, sans dommage. J’entends encore, lors de notre retour, le garagiste dire avec admiration : « regardez, les amis, comme c’est beau, cette mécanique, cette DS a traversé le désert. On va la débarrasser de tout ce sable, et elle sera ensuite comme neuve ».

Ce fut une très belle matinée. Encore merci à mes amis, Bernard et Maria de m’avoir permis de voir un tel rassemblement, et de découvrir avec grand plaisir ce monde de gens passionnés, qui gardent intacts les témoins de la fulgurante avancée mondiale de cette industrie automobile.

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