Au Sénat : affaire Benalla

Monique Cochinal

Peu satisfaits des auditions des différents collaborateurs proches du Président Macron, avant la période des vacances, et dans le but d’éclaircir différentes zones d’ombre, avant leur rapport détaillé, nos sages Sénateurs, calmes et déterminés, ont repris, aujourd’hui, leurs auditions. Ils nous l’avaient promis. C’est leur droit le plus absolu. Et pourtant, que de critiques entendues : « Ils perdent leur temps, ils devraient plutôt s’occuper de toutes ces lois en suspens, ils entravent le bon fonctionnement de notre République …. Ce monsieur Benalla est entre les mains de la justice, laissons la justice faire son travail. Et … Le comble ! Monsieur Benalla lui-même insulte nos Sénateurs, les traitant de « petites gens qui emploient des méthodes anti démocratiques ». Ce petit arriviste se permet de telles insultes, car il a été convoqué pour une prochaine audition, et a d’abord fait dire, par l’intermédiaire de son avocat, qu’il refusait de s’y rendre, car il estimait qu’étant entre les mains de la justice, il n’avait pas à s’y rendre, séparation des pouvoirs (justice et pouvoir exécutif) oblige. Là, très ferme rappel à l’ordre du président de la commission, le Sénateur Philippe Bas : « tout citoyen convoqué à une audience ne peut pas refuser, c’est la loi, elle est la même pour tous, s’il refuse, il est passible de la prison et d’une forte amende ». Et d’ajouter : « il viendra, entouré de deux gendarmes, s’il le faut ». Le Président du Sénat : Gérard Larcher, outré, rouge de colère, intervient aussi devant les médias : « je ne laisserai pas insulter ainsi nos Sénateurs, surtout par ce petit individu ». Il rappelle le rôle du Sénat et ses fonctions : dénoncer tout dysfonctionnement des institutions de la République. Monsieur Benalla viendra donc, mais gardera le silence sur toute question relative à sa mise en examen de la justice, ça promet ! Mais j’ai confiance dans l’habileté des Sénateurs pour l’obliger à nous révéler une partie de la vérité, car ce Monsieur Benalla se contredit souvent, tout en voulant se défendre. Saura-t-il garder son calme ? J’en doute.

Les deux auditions d’aujourd’hui ont, malgré tout, dévoilé des dysfonctionnements au sein de l’Elysée, et ont surtout mis en évidence l’importance de Benalla, son arrogance, sa façon violente d’expulser toute personne jugée trop gênante près du Président. Il a surpassé ses fonctions, donné des ordres aux policiers, alors qu’il n’a jamais été policier. Avec difficulté, les sénateurs ont pu obtenir sa feuille de paye : 6 000 Euros net, salaire en rapport, paraît-il, avec ses nombreux services, avec ses qualités d’organisateur etc… Mais, aucune réponse donnée, quand une sénatrice demande pourquoi il n’est pas mentionné sur cette feuille de paye, les avantages en nature qui lui sont attribués : logement de fonction, primes, évalués d’ordinaire (c’est la loi), car susceptibles de la redevance de l’impôt sur le revenu.

De ces deux auditions, nous discernons mieux ce sombre personnage, et nous découvrons à quel point il est protégé par les amis du Président et le Président lui-même. Pouvoir …. Pouvoir absolu. Point final.

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