Brégançon : la tour d’ivoire

Monique Cochinal

Le fort de Brégançon, propriété de l’Etat depuis la révolution française, est devenu, depuis la présidence de Charles De Gaulle, la résidence d’été de nos présidents de la cinquième république. Certains s’y plaisaient, d’autres beaucoup moins, s’y ennuyaient même profondément.

Depuis la diffusion de splendides photos rapportées probablement par un « malin petit drone » surpris en train de voler au-dessus du fort, personnellement je trouve cette très vaste demeure superbe, avec une vue imprenable sur cette belle mer, perchée sur un piton rocheux, entourée d’une végétation méditerranéenne, un vrai palais royal, en quelque sorte.

Pour notre jeune président, il y manquait une piscine …. Coût 34 000 Euros (tout se sait très vite dans ce vieux monde). Il fallait renouveler le service de porcelaine, devenu décidément trop ancien, une belle commande pour le fabriquant français, mais deux grosses factures à payer….. Peu de chose à côté de l’énorme dette nationale qu’il nous faudra rembourser malgré tout un jour ou l’autre.

Voilà donc le Président Macron et sa femme Brigitte installés. Autour d’eux 150 journalistes et le cortège habituel chargé de la protection du président (sans Monsieur Benalla, bien sûr), ainsi que le personnel particulier affecté en permanence à la présidence : cuisiniers, femmes de ménage, sommeliers etc….

Dès leur arrivée, notre président et la première dame de France, entourés de « leurs journalistes » prennent un « bain de foule » à défaut de « bain de mer » puisque maintenant il y a une piscine dans le fort : ce que regrette beaucoup notre président, car il préfère se baigner dans la mer, comme je le comprends !!  C’est pourquoi je n’ai pas de piscine. Mais, voilà …. Et de nous expliquer que, tout compte fait, pour des raisons d’économie, la construction d’une piscine privée dans le fort nous revenait moins cher qu’une quantité plus importante de gendarmes, C.R.S. qu’il aurait fallu mobiliser tout autour d’une plage privée.

On parle à l’un, on sourit à l’autre, on embrasse un petit enfant, on se laisse prendre en photo, on interroge un jeune garçon sept ou huit ans, pas plus. « Alors, comment vas-tu ? Tu aimes la politique ? Dis-moi, quelles seront les prochaines élections ? » Pas de réponse du garçon, il ne sait pas … «  ce sont les élections législatives, en 2019, c’est bientôt. » Une petite marque d’affection, puis : « bonne fin de vacances à tous et merci beaucoup pour votre accueil ».

Et, pendant ce temps, en deux mots, on apprend que le taux de croissance n’est pas bon, que le nombre de chômeurs a légèrement augmenté, que le prix du baril de pétrole continue à augmenter, et que, contrairement à nos voisins européens, nos exportations sont en baisse. Quant à notre énorme dette nationale, secret d’Etat ….

Au fait, où en est donc l’affaire Benalla ? L’enquête judiciaire se poursuit. On nous dit, ce jour, qu’après une perquisition chez Monsieur Benalla, on a trouvé une lettre écrite et signée de Monsieur Delpuech à « son cher         ami Benalla » Alors qu’il avait juré ne pas le connaître, lors de son audition, à la commission d’enquête.

A nouveau, on parle aussi du secrétaire général de l’Elysée : Alexis Kohler, le bras droit du président, compromis dans une affaire de chantier naval, un mélange assez obscur entre intérêt privé et intérêt national. Quelques explications nous seraient nécessaires, cependant, car il semblerait que ce soit une nouvelle atteinte à l’honnêteté et la transparence promises par notre président et sa jeune équipe.

Bonnes vacances, Monsieur le Président.

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