Exercices militaires à l’Est de la Fédération de Russie

Bernard Owen,  Maria Rodriguez McKey

Nos amis russes préparent leurs exercices  militaires du 11 au 17 septembre 2018. Le nom sera «Vostok 2018»  et sera d’une grande étendue, celle de l’Est de la Russie. Pour plus d’information, nous vous proposons de vous référer à la fin de cet article.

Nous apprenons du porte-parole de l’OTAN (Dylan White) que cet exercice aura lieu loin des terres de l’OTAN. Il a ajouté que l’alliance militaire surveillerait avec attention et de près ces exercices. Il qualifie ces exercices comme une préparation à un conflit d’une grande ampleur. Dylan White admet que c’était le droit de toute nation  « tant que l’ensemble ait lieu de façon prévisible ».  En revanche, il nous fait savoir que l’OTAN réfléchissait à la proposition russe d’envoyer des représentants de l’alliance assister aux exercices.

L’on pourrait supposer que l’exercice de nos amis russes sont une réponse à l’extension de l’OTAN aux frontières russes.

… » A travers la voix de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, Moscou a balayé les éventuelles inquiétudes de l’OTAN : «Vostok 2018 se tient loin de la zone de responsabilité [de l’OTAN] et ne change en rien la sécurité de ses Etats membres», a-t-elle affirmé.

« Participante de «Vostok 2018», la Chine a en outre expliqué que sa présence avait pour but d’améliorer les capacités militaires communes de Moscou et Pékin, afin qu’ils soient en mesure de «faire face conjointement à des menaces sécuritaires», sans viser de «partie tierce». »

La description du travail militaire faite par le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou « .contingent attendu : 300.000 soldats, 36.000 véhicules militaires, 1.000 avions et 80 navires.

« Imaginez 36.000 engins militaires se déplaçant en même temps : des chars, des blindés de transport de troupes, des véhicules de combat d’infanterie. Et tout cela, bien sûr, dans des conditions aussi proches d’une situation de combat que possible. »

L’on ne peut tenir compte des propos d’un journaliste tel que Pavelrce Pavel Felguengauer qui parle  « de préparation à une guerre réelle. » L’on voit dans l’ensemble de ces textes que son savoir est loin de la vérité diplomatique et militaire. « Cela s’inscrit dans une tendance que nous voyons depuis un moment : une Russie plus sûre d’elle, qui augmente significativement son budget de Défense et sa présence militaire. »  

(L’Obs « La Russie mène les plus grandes manœuvres militaires de son histoire » (publié le 10 septembre 2018 à 12h11« )

( «Vostok 2018» : la Russie se prépare aux plus grands exercices militaires de son histoire. RT France, 10 sept. 2018, 18:49. )

Voir article sur la confrontation Etats-Unis et l’Union Soviétique ici : http://cece-owen.net/du-tac-au-tac

Trump v. Macron: les rrapports de force que l’Américain impose

New York Times: Le langage du corps des deux présidents, c’était du jamais vu. Le journal se pose la question suivante « M. Trump voulait-il simplement faire plaisir ou dominer son invitée » ‘Le Bromance: Trump and Macron, Together Again – By Julie Hirschfeld Davis and Katie Rogers, April 24, 2018)

Maria Rodriguez McKey et Bernard Owen

Le Président Trump est un homme primaire mais la quête du pouvoir est essentiellement primaire, elle existe depuis que l’être humain est sur terre. Comme a dit  l’ex directeur du l’FBI James Comey, Trump ment et il est ‘morally unfit to be president’.  Mais il nest pas un idéologue et, dans le passé, il s’est opposé à la guerre d’Irak mené par -le Parti Républicain. Il n’avait pas tort car, surtout après le 11 septembre, il ne fallait surtout pas créer des vides de pouvoir dans les Etats musulmans en faisant la guerre pour installer des démocraties qui ne fonctionnent pas.

Néanmoins, revenons au Président Trump. Il s’intéresse à lui-même et à son pouvoir mais ceci n’est guère différent de ce que l’on trouve chez les autres présidents. Certes; le Président Trump se considère, avec raison, comme étant à la tête de la première puissance mondiale: lourde tâche car  la vie d’un Président élu le rend conscient de l’avenir de son pouvoir réel étant donnée qu’il dépend des élections intermédiaires au Congrès qui sont en Novembre. A travers les tweets et les réunions locales avec ses électeurs, il est en campagne permanente. Sa tâche en tant que Président des Etats-Unis est complexe et cela ne le gène nullement de l’accomplir.

Le Président Trump pense que quand on établit un rapport avec  un pays, il faut être en position la plus forte: monter au créneau, taper du poing sur la table, menacer et, s’il s’agit de plusieurs Etats, essayer de « diviser pour mieux régner ». Tout cela est une stratégie vieille comme le monde.

Le Président Trump essaye aussi de ‘déstabiliser « l’ennemi ». Et quoi de plus facile que de diviser l’Europe!  Les Etats Européens sont divisés par leurs élections internes grâce à la proportionnelle (que tous les Etats ont appart la France jusqu’aux prochaines législatives car le Président Macron nous a promis au moins 15%de ce mode de scrutin). La division commence donc au niveau de chaque Etat, y inclus l’Allemagne, l’Italie, la Belgique (qui en plein crise de l’Euro a été sans gouvernement pendant 18 mois, un peu plus long qu’il a fallu à l’Irak pour former un gouvernement), .  Et le Président Trump adore cela mais, encore plus important, il ne peut pas prendre au sérieux les Européens. En Amérique on dirait « Who’s the boss? ». Déjà à l’époque du Président Nixon on se posait la question « si on veut appeler l’Europe, à qui doit on téléphoner?

Aux yeux du Président Trump la réunion du G7 n’était pas importante par rapport à son meeting historique avec le dictateur Nord Coréen. Si le Premier Ministre Justin Trudeau n’avait pas dit que les Canadiens ne se laisseraient pas faire concernant les tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis au Canada, le Président Trump n’aurait pas réagit en refusant de signer l’accord final lu G-7?

Et l’Union Européenne?  Le Président Macron essaye d’en être le boss (voir articles dans les médias étrangers) mais ses rêves sont souvent bloqués par la chancelière Merkel.  Pendant la longue négociation en vue de former une grande coalition entre la CDU-CSU et le Parti Socialiste, le candidat malheureux de ce dernier  parti, Martin Schulz, à dit que l’Europe avait besoin d’une « Allemagne forte, économiquement, et politiquement » C’est la leçon que l’Allemagne a retenu de la crise de l’Euro. On disait d’elle, dans le passé, que l’Allemagne était un géant économique mais un nain politique.

En ce qui concerne la France, la stratégie de la séduction du Président Macron en visite à la capitale des Etats Unis était inutile. Le Président Trump ne s’intéresse qu’à lui même et donc à maintenir son pouvoir. En outre, il ne s’intéresse qu’aux Chefs d’Etat qui peuvent lui donner que du concret. Le Président Macron a pensé que le Président Trump se sentirait isolé parce qu’il n’était pas le bienvenu en Europe,  Mais le Président Trump s’en moque. Ce qui compte pour lui c’est son électorat et les chefs d’Etat avec un pouvoir véritable.

Le Président Trump, à l’image des autres Chefs d’Etat, ne peut s’empêcher d’être lui même. En campagne, ou en exercice, s’est le même homme. Nous savons que le Parti Républicain, fondé en 1854, survivra à Trump, et c’est cela qui compte, pour qu’une démocratie soit éternelle. Et pour cela il faut que toute notre attention et notre travail se portent sur les institutions politiques.

En ce qui concerne notre Président Macron, il est évident qu’il voudrait jouer dans la cour des grands mais son assurance folle et son ego démesuré ne suffisent pas.

Trump, Macron Cool Down the Buddy Act at Canada’s G7

By Reuters

  • June 8, 2018
  • LA MALBAIE, Quebec — It was only six weeks ago when U.S. President Donald Trump and French President Emmanuel Macron grinned, laughed, and hugged their way through a state visit in Washington, showing all the signs of two leaders with a genuine friendship.

But at the G7 summit in Canada, the physical bonhomie between the two leaders was pared back, signaling tensions that boiled over publicly just before the meeting.

Unable to persuade Trump to consider ways to stay in the Iran nuclear deal, and stung by U.S. tariffs on European steel and aluminum, Macron appeared to be recalibrating his approach to Trump.

« I think Macron has had some very hard lessons in terms of how far flattery can get you, » said Julie Smith, a former national security aide in the Obama administration.

Trump’s escalation of tensions with allies was « beyond shortsighted, » said Heather Conley, a former U.S. State Department official in the George W. Bush administration.

« When we’re at war with our allies, if we need something, we don’t have them to turn to, » said Conley, now with the Center for Strategic and International Studies in Washington. « I think this is the part that the White House is underappreciating. »

Leading up to the G7 summit, Macron tweeted his displeasure with Trump over the tariffs, and Trump tweeted back, complaining about European trade measures.

But as cameras rolled, they downplayed the divisions. « We have little tests every once in a while when it comes to trade, » Trump said, expressing optimism without details that « something is going to happen » on that front.

TIGHT GRIP, TIGHT GRIN

The leaders were supposed to meet in the morning. But Trump was more than an hour delayed in leaving Washington, which meant the meeting had to be pushed back for the end of the day.

Trump pulled Macron aside for a quick chat on their way into the summit and Macron posted the pleasantries on Twitter.

When the two leaders finally met late in the day, Macron was first to reach out to shake Trump’s hand and the last to let go, gripping it so tight his fingers left white marks – a reprise of the long, exaggerated handshake that marked the first meeting between the two leaders last year.

The two leaders bonded after Macron invited Trump to Paris for the Bastille Day military parade. Trump returned the honor, inviting Macron for a state visit in April.

« It looked like he had cracked the code, » said Smith, now with the Center for a New American Security in Washington.

But the friendship failed to keep Trump from leaving the Iran nuclear deal, a decision that will have major implications for French businesses wary of triggering U.S. sanctions on business with Tehran.

Nor did it keep Trump from slapping stiff tariffs on imports on European steel and aluminum, a decision taken last week.

Macron occasionally flashed a tight grin as Trump spoke, and winked once, describing their talks as « very direct and open. »

« I want to say sometimes we disagree, but we share I’d say common concerns and common values and we share the willingness to deliver results together, » Macron said.

(Reporting by Roberta Rampton, Jean-Baptiste Vey, Andreas Rinke; editing by Grant McCool)

France’s Macron Seeks to Forge European Front Against Trump

... and he didn’t make it

  • June 8, 2018

PARIS — French President Emmanuel Macron is seeking to take the lead of the European brigade against U.S. President Donald Trump at the summit of the Group of Seven wealthy countries in Canada.

Macron called a meeting Friday with German Chancellor Angela Merkel, British Prime Minister Theresa May, new Italian Premier Giuseppe Conte and top EU officials just before the G-7 opening.

He told reporters the United States’ attitude must lead other nations to « reforge the European front. »

European leaders criticize the U.S. decision to impose protectionist tariffs on steel and aluminum and to exit the Iran nuclear deal and the Paris climate agreement.

Tweeting in English, Macron stressed: « No leader is eternal. We inherit commitments which are beyond us. We take them on. That is the life of nations. »

Macron launched the offensive on Thursday at a joint news conference with Canadian Prime Minister Justin Trudeau.

Adopting an unusually sharp tone about one of France’s closest allies, Macron rejected the idea of an American « hegemony ».

« The other countries of the G-6 are a larger market than the American market, » Macron said. « Maybe it doesn’t bother the American president to be isolated, but it doesn’t bother us to be six if need be. »

European Council President Donald Tusk, who will attend the meeting of EU leaders, said in the New York Times this week « Europe must now do everything in its power to protect the trans-Atlantic bond, in spite of today’s mood. But at the same time we must be prepared for scenarios in which we will have to act on our own. »

Macron’s initiative comes six weeks after Macron and Trump exhibited their friendship at a state visit in Washington — with exaggerated handshakes and a pair of kisses.

The two leaders talked on the phone last week after Trump announced U.S. tariffs on European goods. Macron declined to disclose details of the discussion after an unnamed source told CNN television it went badly.

He instead repeated the famous line attributed to 19th-century German statesman Otto von Bismarck about laws and sausages: « It’s best not to see them being made. »

And he promised a « frank and direct discussion » with Trump in Canada.

AP Writer Elaine Ganley in Paris contributed to this report.

FINANCIAL TIMES – Opinion: The strange isolation of Emmanuel Macron

GIDEON RACHMAN  FINANCIAL TIMES

James Ferguson Gideon Rachman APRIL 30, 2018

Few international leaders cut a dash like Emmanuel Macron. Last week, the French president received a standing ovation from the US Congress. The week before he got the same treatment from the European Parliament. This week, Mr Macron is off to Australia. At a time when Angela Merkel looks tired, Theresa May looks overwhelmed and Donald Trump looks berserk, the French president radiates energy, charisma and intelligence. His US trip generated laudatory headlines, with a Washington Post column arguing that “the fate of the western alliance is in Macron’s hands” and Politico proclaiming that Mr Macron is now the “new leader of the free world”.

But to lead you have to have followers — or at least close allies. So far, Mr Macron is struggling in that department. He has admirers in many western capitals (and in even more western newsrooms). But there is, as yet, little evidence that he can form international coalitions to shift the direction of world affairs. This matters because there is a limit to what the leader of a middle-sized European power can do on his own.

In recent generations, the most effective French and British statesmen were able to position themselves as shapers of international politics only in alliance with like-minded western leaders. François Mitterrand, France’s president in the 1980s, worked closely with Helmut Kohl in Germany and Jacques Delors, the president of the European Commission. Around the same time, Margaret Thatcher was forging an alliance with Ronald Reagan. In the 1990s, Tony Blair’s claim to be a world leader was burnished by his “third way” alliance with Bill Clinton and Germany’s Gerhard Schröder. By contrast, Mr Macron — for all his charm — is finding it hard to persuade others to follow his lead. Following his departure from Washington, Mr Trump called his French counterpart a “wonderful guy”. But for all the quirky, dandruff-plucking bonhomie between the two presidents, there is little evidence that Mr Macron was able to shift Mr Trump on anything substantive. The major differences between the two leaders — on Iran, climate change and protectionism — remain in place. This is hardly surprising since, as Mr Macron made clear in his speech in Washington, he and Mr Trump are at different ends of the ideological spectrum.

The more natural arena for the French president to build alliances is Europe. But even there he is oddly isolated. Mr Macron has made a big bet on persuading Germany to take the next leap towards “ever closer union”, in particular by agreeing to a eurozone budget and finance minister. Yet the undoubted warmth felt towards Mr Macron in official Berlin has not proved enough to get Germany to move towards him. The suspicion that the Macron plan is just a fancy way of getting German taxpayers to fund an over-extended French state remains powerful and prohibitive. Without strong German support, Mr Macron has few obvious alternatives.

Brexit creates a natural divide with the UK, which is accentuated by the British suspicion that France is pushing the European Commission to take a particularly tough line in the negotiations. The British were very appreciative of French support in the recent confrontation with Russia. But ad hoc moments of strategic co-operation between Britain and France, against the background of Brexit, are not a basis for Mr Macron to be the “leader” of a new western alliance.

France’s other possibilities do not look any more promising. Mr Macron is unwilling to position himself as the leader of a southern European faction, lest this stoke German suspicions of French fiscal laxity. Italy, dominated by the populists of the Five Star movement and the League, is anyway not a natural partner for France. The Dutch, meanwhile, are moulding a new, informal “ Hanseatic League ” of northern European countries that is even more suspicious of Mr Macron’s proposed eurozone reforms than the Germans. Central Europe looks even worse. The French president has led the way in condemning “authoritarian democracy”, an unmistakable reference to the current governments of Hungary and Poland. His frankness is welcome and bold. But it is not winning many friends in central European chancelleries.

The one part of the EU where Mr Macron gets full-throated support is Brussels. In the corridors of the European Commission, the French president is regarded as a hero. But elsewhere in Brussels there are complications. The fact that Mr Macron leads a new party, La République en Marche, means that his supporters are not part of the established power structures in the European Parliament — which is a problem when it comes to shaping legislation and parcelling out the top jobs.

The danger for Mr Macron is that he could be a leader who is out of tune with the times. At home, he is a liberal economic reformer, at a time when “neoliberalism” has never been less fashionable. He is a pro-European at a time of mounting Euroscepticism across the EU. He is a globalist and an internationalist at a time when protectionism and nationalism are on the march. There is honour in all those positions. But Mr Macron may be swimming against the tide of history, rather than surfing the wave.

 

 

Et la guerre de tente ans?

Bernard Owen

Sur terre se trouve l’énigme. L’être humain se regroupe et forme des Etats. Malheureusement, ces Etats peuvent créer des alliances ou peuvent entrée en guerre. L’on  connait bien les nôtres de 1939 – 1940, 1914 – 1918, 1870 après la conquête du Schleswig  Holstein nous avons pu observer guerre de l’Prusse contre l’Autriche.

L’avant dernière où les deux grands Etats allemands s’étaient de concert battus contre le Danemark. Les prussiens avaient noté que l’armée autrichienne était techniquement en avance sur leur artillerie en comparaison à la leur. Donc rectification.

De nos jours on compte les morts, certes approximativement. L’on en est à des dizaines de millions. Cela est terrible mais si la curiosité nous fait pénétrer dans le passé lointain l’on découvre que les Etats modernes, en leur temps, se sont toujours battus avec ardeur et pour de bonnes raisons.

Il faut pourtant  explorer les excellentes raisons. L’Etat est faible ou, au contraire, regarde avec envie le voisin plus faible que lui.

Puissants ou faibles, il est très difficile d’agir car les règlements internationaux sont à l’image du terrain: difficiles à mettre en œuvre.

Nous sommes à l’époque des démocraties. Il ne s’agit pas seulement d’empires, de royautés, l’élection est toute puissante. Heureusement… peut être car encore faut-il qu’elle nous mène à la souveraineté tranquille et merveilleuse.

Pratiquons (grâce à Wikipedia) un regard sur une époque lointaine mais qui peut, elle aussi, éclairer notre passé: La Guerre de 30 ans. Voici quelques extraits:

« … Ces chiffres, issus de l’historiographie du xixe siècle, basée sur les écrits de témoins horrifiés, n’ont pas été confirmés par des enquêtes de démographie historique. Ils ont été l’objet de débats importants. On s’accorde aujourd’hui sur le chiffre de 3 ou 4 millions de morts en trente ans pour une population initiale de 17 millions d’habitants, chiffre énorme.

Les horreurs de la guerre entraînent à travers l’Europe un fort renouveau de la pratique religieuse, où les populations catholiques et protestantes cherchent le réconfort114. »

« Les États européens prennent progressivement conscience des désavantages de l’emploi de mercenaires, qui a été la règle quasi générale durant la guerre de Trente ans. L’Europe se dirige vers un système d’armée de métier : les effectifs de l’armée permanente augmentent, en France, de manière exponentielle. En Allemagne, la Marche de Brandebourg compte parmi les États qui commencent à constituer une armée nationale. La guerre de Trente Ans contribue à la naissance du concept d’armée moderne113.

Situation des États belligérants de la guerre de Trente Ans
Parti de l’Empereur : rouge. Opposant à l’Empereur : bleu
Foncé : engagement direct. Clair : soutien

Le New York Times et Madiapart: Leurs visions de la relation Macron – Trump

Le titre de l’article de Mediapart et direct: Macron aux Etats-Unis, une visite pour l’image. Celui du New York Times Macron Takes a Risk in Courting Trump, but Has Little to Show for It  est plus nuancé mais a défaut du pouvoir, on multiplie le tentatives.

Macron aux Etats-Unis, une visite pour l’image

22 AVRIL 2018 PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

New York (États-Unis), de notre correspondant. En bras de chemise, attentif, le corps penché en arrière : il y a un air de famille avec certains clichés de Barack Obama à la Maison Blanche, modèle assumé de celui qui est devenu l’an dernier, à 39 ans, le plus jeune « dirigeant français depuis Napoléon », comme le rappellent volontiers les médias anglo-saxons.

Un an après son élection, Emmanuel Macron pose ces jours-ci dans le Vanity Fair américain : dans le salon vert de l’Élysée, à son bureau la main sur la tête de Nemo, labrador présidentiel, le tout sous l’objectif de la photographe star Annie Leibovitz. « Une artiste reconnue pour son regard photographique », a justifié l’Élysée, qui ferme le reste du temps le palais présidentiel à la presse.

« Emmanuel Macron se livre sur l’Iran et son nouveau copain (sic) à la Maison Blanche », titre l’article. Après des mois de silence « jupitérien », les interviews en grand dans des médias français (dont Mediapart) pour répondre aux colères qui montent en France, le président français contesté à domicile pour des réformes jugées trop dures, puisées dans le catéchisme néolibéral ou bien juste vieillottes, repart à la conquête de l’opinion internationale.

Devant les eurodéputés à Strasbourg il y a quelques jours, il a alerté contre la progression des « démocraties illibérales ». En visite d’État, ce lundi, et pour trois jours, aux États-Unis, Macron entend peaufiner l’image de lui qu’il préfère : le jeune président qui a dynamité le système politique de son pays, a freiné une vague populiste après le Brexit et la victoire de Trump, a lancé les réformes structurelles réclamées par les institutions internationales et se pose en rempart contre les dérives antidémocratiques en Europe et dans le monde.

Le voyage de Macron aux États-Unis, qui durera jusqu’à mercredi, est la première visite d’État de son mandat – un type de déplacement plus protocolaire que les voyages officiels. C’est aussi la première organisée par le président Trump depuis son entrée en fonction en janvier 2017.

Pour l’Élysée, cette invitation inédite est le signe de l’« histoire extraordinaire d’amitié et d’alliance depuis deux cent cinquante ans » entre les deux pays – la coopération militaire et antiterroriste est toujours qualifiée d’excellente de part et d’autre de l’Atlantique. Les honneurs faits à Macron sont aussi la preuve, souligne la présidence de la République, d’une « relation proche et de confiance entre les deux hommes ».

Dans Vanity Fair, Emmanuel Macron parle à l’envi de sa « relation très personnelle » avec l’actuel locataire de la Maison Blanche avec qui il n’a pourtant rien en commun. « Nous avons développé un bon niveau de confiance et de respect », dit Macron, qui parle « régulièrement » au téléphone à Trump et apprécie leurs « conversations directes ».

Avec le président américain, Macron a mis en scène dès le début une relation amicale « et en même temps » basée sur le rapport de force. Leur première poignée de main avait été très commentée. Lorsque Trump a annoncé sa sortie de l’accord de Paris, Macron a joué les trolls avec une vidéo en anglais où il proclamait « Make the planet great again », un détournement du slogan de campagne du président américain. Puis il l’a flatté en l’invitant à la parade militaire du 14-Juillet sur les Champs-Élysées. Il y a quelques jours, Macron s’est vanté d’avoir convaincu les Américains de « rester dans la durée en Syrie »Il exagérait et a nuancé ses propos, mais sa sortie prouve qu’il cherche toutes les occasions de pousser son avantage face à un Donald Trump hors de contrôle et son administration à vau-l’eau.

Dimanche, sur la chaîne ultraconservatrice Fox News, Macron a souligné la « relation très spéciale » qui l’unit au président américain – « Nous sommes tous les deux non conformistes, nous ne sommes pas issus du système politique classique » – se gardant bien de commenter les multiples déboires judiciaires et politiques de Trump. De quoi flatter les oreilles du président milliardaire, un spectateur assidu de Fox News, « Trump TV » où il compte de nombreux amis et relais.

Lundi soir, un dîner des couples Macron et Trump est prévu à Mount Vernon, en Virginie, la résidence d’un des pères de l’indépendance américaine, le premier président George Washington (1732-1799). Mardi, une photo et plusieurs entretiens sont organisés à la Maison Blanche, avant un déjeuner au département d’État, une visite au cimetière militaire d’Arlington et le fastueux dîner d’État truffé de leaders du Parti républicain : pour son premier organisé à la Maison Blanche, Trump a rompu avec la tradition qui consiste à inviter des personnalités de l’opposition et des journalistes connus.

Mercredi, avant de deviser avec des étudiants à l’Université George-Washington, Emmanuel Macron prononcera un discours, en anglais, devant le Congrès. « Un événement extrêmement rare », se plaît à souligner l’Élysée. En réalité, hormis François Hollande, tous les présidents récents de la Cinquième République y ont eu droit. Seul Valéry Giscard d’Estaing s’est exprimé en anglais. « Une société libérale est en même temps la meilleure société de progrès », avait dit VGE le centriste devant les parlementaires américains le 18 mai 1976, à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance américaine.

Selon l’Élysée, le discours d’une demi-heure sera l’occasion d’adresser un « message d’amitié, de respect, d’affection du peuple de France à la nation américaine »« On est confrontés à des défis qui sont d’une complexité inégalée. La question qui se posera lors de ce discours devant le Congrès, finalement, ça sera : est-ce que vous voulez qu’on continue à écrire l’histoire ensemble ? » ajoute l’Élysée, qui prévoit dans ce discours un passage sur « la démocratie et les valeurs ».

Emmanuel Macron devrait éviter toute critique frontale. La politique intérieure américaine ? Pas le but de la visite, dit l’Élysée. L’accord sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump pourrait décider de sortir en mai ? La France, qui cherche à l’en dissuader, prévient que « ce n’est pas à cette occasion qu’on espère engranger un accord ». Le président français entend aussi « remettre l’action climatique au centre du dialogue ». Mais « on n’est plus dans une situation où on cherche à faire revenir les États-Unis dans l’accord de Paris », concède l’Élysée, même si Trump souffle parfois le chaud et

C’est surtout du côté de l’image que Macron compte engranger des points. Sa victoire en mai 2017 face à Marine Le Pen a soulagé tout ce que les États-Unis comptent d’opposants à Trump, néoconservateurs bushiens, républicains modérés, libéraux ou progressistes. Après le vote du Brexit (juin 2016) puis l’élection de Trump (novembre 2016), celle de Macron a été reçue de l’autre côté de l’Atlantique comme un coup d’arrêt, au moins temporaire, à la montée du nationalisme et des « populismes ».

Dans un pays où se définir de gauche ou socialiste reste un ticket pour une forme de marginalité politique – même si c’est en train de changer, notamment grâce à la campagne de Bernie Sanders en 2016 –, le mot « populiste » inclut souvent la gauche de la gauche. Jeune maître de conférences à Harvard et animateur du podcast The Good Fight où défilent les voix mainstream de l’antitrumpisme, l’universitaire Yascha Mounk vient ainsi de publier un livre sur le populisme où il décrit Podemos, Jean-Luc Mélenchon ou l’extrême droite européenne comme les deux faces d’une même monnaie (The People vs Democracy, Harvard University Press, non traduit en France). Il sait gré à Macron d’avoir été le « deus ex machina » qui a évité une victoire de Marine Le Pen, mais aussi une confrontation entre Le Pen et Mélenchon au second tour. « Cela aurait été un cauchemar », dit-il.

Dans la presse américaine, notamment économique, Macron, libéral dont le positionnement politique est, à gros traits, au diapason de l’establishment du parti démocrate, est très souvent vu comme le président qui va enfin mener des réformes structurelles jugées nécessaires. Le Financial Times estime que la réforme de la SNCF est son premier « grand test ». Alors que Donald Trump, élu sur un programme protectionniste, décrète des « guerres commerciales », le Wall Street Journal, quotidien conservateur des affaires, salue l’ouverture de Macron au libre-échange.

Dans le chaos international actuel – crises, démocraties occidentales malades, autocrates plus ou moins dangereux –, l’action Macron est donc plutôt bien cotée, en tout cas à la bourse des commentateurs. En un an, « Macron est devenu le leader central du monde occidental »s’enthousiasme William Drozdiak, ancien correspondant en Europe du Washington Post, qui constate le « crépuscule » d’Angela Merkel et l’absence relative de la Grande-Bretagne accaparée par le Brexit. « Nouveau leader du monde libre », s’enthousiasme Politico, un média très lu à Washington.

« Macron s’est engouffré dans le vide politique laissé par le retrait des États-Unis après soixante-dix ans de domination mondiale. Le sort de l’alliance occidentale est entre ses mains », écrit Drozdiak, qui le félicite d’avoir « coordonné les expulsions de diplomates russes des pays occidentaux » après l’empoisonnement d’un espion russe à Londres, de renouer le dialogue avec la Chine ou l’Inde, ou encore de « redynamiser l’Union européenne comme puissance globale ».

En réalité, pendant toute sa visite, Macron jouera sur du velours : à côté de Trump, il n’a pas grand-chose à faire pour apparaître comme le plus fréquentable. Chaque jour, Trump nomme des affairistes ou des ultra droitiers à divers échelons du pouvoir, conteste l’enquête tentaculaire du FBI sur sa campagne, purge les administrations rétives, menace de virer son ministre de la justice et son adjoint, attaque sur Twitter des Noirs, des femmes, des juges, estime que certains de ses opposants devraient être enfermés, ment éhontémentattaque la presse.

Il fait déporter les immigrés sans papiers à un rythme soutenu, dirige la première puissance mondiale en affairiste ploutocrate, défend des décisions transphobes, bataille contre l’avortement. Son avocat personnel, dépositaire de tous ses secrets, est dans le viseur de la justice et certains membres de son administration se permettent des dépenses somptuaires aux frais de l’État. Des juges fédéraux l’accusent de « tyrannie ».

James Comey, l’ancien patron du FBI qu’il a limogé, vient d’expliquer dans un livre que la présidence de Trump est un « feu de forêt qui menace chaque jour ce qui est bon dans notre pays ». Plusieurs best-sellers publiés récemment s’interrogent sur l’avenir de la démocratie américaine. L’historien Timothy Snyder (dans son livre On Tyranny) dépeint Trump en « nationaliste qui nous encourage au pire ».

« Les États-Unis ne sont plus un modèle démocratique. (…) Nos garde-fous constitutionnels sont-ils suffisants en eux-mêmes pour garantir la démocratie ? Nous pensons que la réponse est non », écrivent les politologues de Harvard Steven Levitsky et Daniel Ziblatt dans How Democracies Die, une étude comparative fouillée qui rappelle aux Américains que la démocratie est mortelle.

Can it Happen Here ?, un ouvrage collectif sur la poussée autoritaire aux États-Unis, commence lui par une dystopie où Trump, après un attentat massif à Chicago, impose la loi martiale et la dictature, étend la surveillance, crée un crime de « sédition », fiche les musulmans, impose sa loi au Congrès, censure les médias, déclenche une guerre sans fin. Dans son avant-dernière livraison, le magazine Harper’s s’est inquiété : et si, malgré le chaos de sa présidence, Trump était réélu en 2020 ? « Ça peut arriver parce que cela s’est déjà produit »prévient le mensuel.

Dans cette drôle d’atmosphère américaine, il suffira donc à Macron de sourire, de charmer et de se montrer un peu spirituel pour se faire valoir. Son rôle préféré, loin de la France et des contestations.

Macron Takes a Risk in Courting Trump, but Has Little to Show for It

By ALISSA J. RUBIN and ADAM NOSSITERAPRIL 22, 2018

PARIS — President Emmanuel Macron was put on the spot this year in front of a room full of journalists when one asked, provocatively: Which man is more dangerous, North Korea’s leader, Kim Jong-un; or Donald J. Trump?

“You know, I have always refrained from making sweeping judgments,” Mr. Macron answered slowly, weighing his words.

“The American people have chosen their president,” he said. “Our relationship with the United States is absolutely critical, in fact. Fundamental. We need it.”

With that careful answer, the leader of France sought to reassure a French public hostile to the American president that pure pragmatism governed his relations, while hinting that by giving Mr. Trump the benefit of the doubt, he could get something in return.

But has he? Mr. Macron departs on Monday for his first official visit to Washington at a particularly difficult moment in his young presidency. His popularity is challenged on many fronts. His ambitious domestic reform program has been barraged by strikes. His big plans to overhaul the European Union are in tatters.

And the verdict on the French president’s subtle calculus toward Mr. Trump is distinctly mixed. Almost alone among Europe’s leaders, Mr. Macron has struck an apparent rapport with the mercurial American president, who has taken pride in testing, even alienating, some of the United States’ oldest and truest allies.

Mr. Macron has made a gamble, given Mr. Trump’s unpopularity, that he can court him but not be tarnished by him — or even that he can burnish his own reputation as a leader who is so psychologically astute that he can gain the ear of an American president who is in many respects his polar opposite.

A year into a sustained charm offensive, Mr. Macron has won a trip to Washington, occasioned by an invitation from Mr. Trump for a formal state visit, the first the American leader has extended during his presidency.

But other than that, he has little to show for his courtship of Mr. Trump. Mr. Macron has gotten “nothing” was the unsparing judgment of Denis Lacorne, who teaches at Sciences-Po in Paris and is among the most seasoned observers of Franco-American relations.

Mr. Macron pitched hard to bring Mr. Trump around on climate change, the antinuclear proliferation deal with Iran and trade tariffs on steel and aluminum, Mr. Lacorne noted.

But the American president withdrew from the Paris climate accord; is on the verge of abandoning the Iran deal and potentially could force the Europeans to leave it, as well; and is moving ahead with tariffs on aluminum and steel that will hurt some European allies.

“You don’t see concrete results,” said Laurence Nardon, the director of the North America program at the French Institute of International Relations.

But Mr. Macron, in her view, may get something intangible. “What Macron gets is that he is seen as being close to the U.S. and even to Trump, and that gives his presidency and France bigger clout,” Ms. Nardon said.

Mr. Macron has built a career out of offering respectful, flattering attention to older power figures. Mr. Trump is only the latest in a succession of such men — François Hollande, the former French president; Jacques Attali, a former presidential counselor — Mr. Macron has cleverly used and then leapfrogged over.

The French leader had the insight that Mr. Trump would be thrilled by the military might, pomp and circumstance of France’s annual Bastille Day Parade, with its show of military hardware, and invited him to share a front-row seat last July.

Mr. Trump was so taken with it, he ordered up one of his own for this year, now tentatively scheduled for Nov. 11, Veterans Day, but with details still in flux.

The French president also took Mr. Trump and his wife to dinner in a formal restaurant in the Eiffel Tower, a canny recognition of Mr. Trump’s attract

ion to glitz.

No one should confuse Mr. Macron’s attention to Mr. Trump’s likes and dislikes with a genuine bromance, however, and Mr. Macron’s staff bristles at the suggestion that the two are friends.

Asked at a media luncheon about purported closeness between the two leaders, Benjamin Griveaux, the government’s spokesman, responded: “I don’t think they are buddies. The goal is not to have affectionate relations, but to establish some sort of personal connection.”

Mr. Macron himself makes selective criticisms of Mr. Trump as if to send a clear signal to the French that he is not naïve. He said publicly that Mr. Trump had made a mistake to deride Haiti and African nations as “shithole countries.”

His tone in talking about the Iran nuclear nonproliferation pact and the Paris climate accord brushes aside Mr. Trump’s positions. “There is no Plan B,” his aides say of the Iran deal, echoing Mr. Macron’s frequent comment about the climate pact, “There is no Planet B.”

The Janus-faced approach — at once warm and friendly to Mr. Trump but at the same time keeping his options open — in some ways reflects the French love-hate relationship with the United States.

France disdains America’s brashness and unilateralism but also admires its popular culture and the fluidity of a society where it is easier to rise to wealth and power than in France.

In foreign policy, France’s independent line, forged by the former president and general Charles de Gaulle, was clearest in France’s refusal to go along with the American invasion of Iraq.

More recently, however, France and the United States have found themselves on the same page when it comes to terrorism and working closely together on the problems in North Africa, as well as in the Middle East.

So as genuine allies on the defense front, Mr. Macron “has to try” to bring Mr. Trump along, Ms. Nardon said.

If he can move Mr. Trump a little on policy, so much the better, but as Mr. Macron has said himself, Mr. Trump is not easy to persuade.

“Sometimes I manage to convince him, sometimes I fail,” he told a BBC interviewer in January.

The accommodating dynamic between the two men, and perhaps the limits of the relationship, were evident during their joint appearance at the Élysée Palace in July before the Bastille Day celebration.

Mr. Macron took Mr. Trump and his wife to dinner in July at a formal restaurant in the Eiffel Tower, a canny recognition of Mr. Trump’s attraction to glitz. CreditStephen Crowley/The New York Times

As they stood side by side, there was a lot of shoulder-patting back and forth. But Mr. Trump’s breezy suggestions of acquiescence to the French point of view — on climate change, for instance — turned out to be no more substantive than the off-the-cuff way in which they were delivered.

“Something could happen with respect to the Paris accord,” Mr. Trump said. “We’ll see what happens.” Nothing ever did.

The risk, said Thomas Guénolé, a political scientist who follows geopolitics closely and teaches at the University of Paris-East at Créteil, is that Mr. Macron gives too much to Mr. Trump and gets little in return.

“Emmanuel Macron doesn’t risk being unpopular for trying to get things from Donald Trump and trying to negotiate with him,” said Mr. Guénolé.

“The problem would come if, like Tony Blair, he tried to get things by developing a strong relationship with the U.S. president, but afterward got too little,” said Mr. Guénolé, referring to the former British prime minister who allied himself with President George W. Bush’s decision to remove Saddam Hussein and found himself and his country mired in a yearslong war in Iraq.

Mr. Guénolé, Ms. Nardon and other analysts say that Mr. Macron is taking advantage of the vacuum left in Europe by Prime Minister Theresa May’s preoccupation with how to get Britain out of the European Union and Chancellor Angela Merkel’s focus on maintaining an unwieldy coalition in Germany.

In a way, that fits well with the Trump White House.

“France’s cooperation with the United States has always been pragmatic,” said Alexandra de Hoop Scheffer, a senior trans-Atlantic fellow and director of the Paris office of the German Marshall Fund.

“So in a certain way, the French pragmatic way mirrors Trump’s transactional approach,” she added. “It’s why they can succeed in getting along while they have very deep policy disagreements.”

If the rhetoric is stripped away, Mr. Macron in fact has set rather modest goals, although the show of friendship with Mr. Trump can be distracting, she said.

“It’s to keep the U.S. engaged in the international system, the multilateral system, and not give the U.S. the sense that the Europeans are trying to isolate Washington,” she said.

Mr. Macron will be in Washington for three days, with a State Dinner planned for Tuesday and a speech to a joint session of Congress on Wednesday. Still, a senior aide at the Élysée tried to lower expectations.

It would be a mistake to judge the success of the trip by what the French president could get from Mr. Trump, the aide said. Instead, the visit will allow time for the two leaders to luxuriate in the pomp and circumstance that they both enjoy and for them to talk in a more personal way with their wives present.

In a January television interview, Mr. Macron waxed about how the two men talked often and how he felt “attached” to Mr. Trump. But when the interviewer questioned how he could be friendly with the American president, Mr. Macron laid out his colder, strategic assessment.

“The United States is the premier power; it is our most important partner in multilateral endeavors; it’s our first partner in the fight against terrorism; it is important for collective security,” he said.

“We can be angry with the United States, we may disagree about the methods as we do on Iran, but at the end, we are in agreement,” he said.

Les Présidents Trump, Macron et la Syrie

Maria Rodriguez-McKey

Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.― Charles de Gaulle

Les Présidents d’un Etat s’adapte à la situation géographique et politique internationale sans oublier son passé à travers l’histoire du monde.

Notre Président actuel entrerait dans la catégorie des « touche à tout », ce qui a certains inconvénients car   conserver la tête froide en voulant s’impliquer ici et là n’est pas donné à tous.

Notre actuel Président a reçu le Président Putin à Versailles , alors serait-il plus royaliste que le roi? Il a invité le Président Trump au célébrations du 14 juillet. Trump a tellement apprécié qu’il voudrait même organiser un défile militaire pour le prochain 4 juillet mais il a du mal à convaincre car le 4 juillet est réservé aux civils avec, certes, des feux d’artifice dans certaines villes.

Trump aime l’or aussi, comme le prouve son appartement dans son bâtiment « Trump Tower à Manhattan. Mais ce n’est pas Versailles.

Apparent, notre Président et Trump partagent aussi la même vision sur la Syrie, le français allant jusqu’à proposer que Bachar eAl-Assad soit jugé par la Cour Pénale Internationale ( Voir l’article sur la question). Même Hollande et Fabius auraient préféré avoir Trump on face pour se débarrasser d’Assad car à l’époque, les russes n’étaient pas présents. Le problème, avec cette possibilité serait que l’on se trouve avec un vide de pouvoir, comme l’Irak et la Libye.  La Russie a promis de riposter aux attaques du couple USA-France. Espérons que cela restera de l’ordre du symbole.

De partout l’on a critiqué, et avec raison, Trump. Mais après tout il s’avère utile pour les ambitions du Présidant français dans la région.  Car le but de la France est d’être assise à la table des négociations quand la guerre se sera terminée.  Comme après la fin de la première guerre mondiale où avec la Grande Bretagne elle a récupéré la Syrie et le Liban. Cette fois ci, il  ne sont pas que deux. Outre les Etats-Unis et la Russie, il y a l’Iran, la Turquie et très probablement les Kurdes, qui font du lobbying dans la capitale américaine.

Cette volonté de la France me rappelle un autre élément en commun entre le Président Trump et le Président Macron.  Le président français a proposé ses bons offices de médiateur entre le gouvernement turque et les kurdes de Syrie. Fin de non recevoir de la part du président Erdogan, donc échec pour Macron. Quant à Trump, il a dit, il y a environs une semaine, qu’il ferait revenir les troupes américaines de Syrie, ce qui était une erreur car les Etats-Unis, quoique on pense de Trump, a tout intérêt d’y rester en vue de la table des négociations. D’ailleurs, il y a quelques mois le ministres des Affaires Etrangères russe a dit que les américains le lui avaient promis. Vous voyez donc que chacun essaye de rattraper le coup et renforcer sa place.

De Gaulle avait parfaitement raison. Après il est question de ne pas se tromper d’ennemi, comme Hollande et Fabius qui ne voulaient pas bombarder l’Etat Islamique en Syrie. Or, il a fallu les attentats horribles de Paris pour qu’ils changent d’avis. Il faut bien comprendre qu’il est dans l’intérêt de tous de ne pas créer un vide de pouvoir en Syrie, en d’autres mots, une démocratie à la force des armes est-elle souhaitable? Après le 11 septembre il ne fallait surtout pas créer ces vides qui facilitent la création des Al Qaïda, Etat Islamique et d’autres.

Congressional Report on Terrorism/ L’Union Européenne et sa stratégie cotre le terrorisme

Article du  Southern Poverty Law Center sur le rapport du  Congrès concernant le terroriste « fait maison » ou de provenance étrangère.

Congressional Report Highlights Gaps in U.S. domestic terrorism policy

Daryl Johnson 

January 02, 2018

Since the 9/11 terrorist attacks against the World Trade Center, Shanksville, and the Pentagon in 2001, U.S. counterterrorism policies have overwhelmingly focused on international threats emanating from terrorists, such as al-Qaeda, the Islamic State (IS) and their affiliates.

While this national security strategy was justified in the years immediately following such a horrific, mass-casualty producing attack against America, it now appears narrow-minded and limited given the resurgence of other violent forms of domestic terrorism perpetrated by violent antigovernment and hate-oriented extremists.

A new Congressional report distributed in August highlights the growing threat from domestic terrorists, described as “people who commit crimes within the homeland and draw inspiration from U.S.-based extremist ideologies and movements.” The report, published by the Congressional Research Service (CRS), highlights several gaps in U.S. policy related to identifying, analyzing and assessing domestic terrorist threats. It notes that domestic terrorists “have not received as much attention from federal law enforcement as their violent jihadist counterparts,” which has not always been the case. For example, in 1999, the Federal Bureau of Investigation (FBI), the lead federal agency responsible for investigating acts of domestic terrorism, stated that “during the past 30 years, the vast majority — but not all — of the deadly terrorist attacks occurring in the United States have been perpetrated by domestic extremists.”

According to the CRS report, it’s clear that domestic terrorism is not a top federal counterterrorism priority. Nevertheless, domestic terrorist threats feature prominently among state and local law enforcement concerns. Furthermore, several recent studies have shown that domestic terrorism is often overlooked and rivals that of Al Qaeda-inspired terrorism.

According to studies from New American FoundationCombatting Terrorism Center at West Point, the SPLC and others, domestic terrorists have been responsible for orchestrating many deadly terrorist incidents in the U.S. since 9/11. Some have concluded that domestic non-Islamic terrorism poses a greater threat in the U.S. than Al Qaeda-inspired terrorism based on the number of attacks since 9/11.

A 2016 Center for Investigative Reporting study concluded there were nearly twice as many domestic terrorist attacks and plots as Al Qaeda-inspired incidents between 2008 and 2016. According to CIR investigative reporters, nearly half (48 percent) of the Al Qaeda-inspired incidents were FBI sting operations (which inflated the number of incidents). This was more than four times the rate for domestic non-Islamic extremists. This disparity, according to counterterror experts, is indicative of the lopsided nature of U.S. government counterterrorism and investigative resources. Statistics provided in the CIR study indicates that far fewer resources (e.g. analysts, agents, informants, operatives, etc.) are allocated to analyze, assess, investigate, and prosecute domestic non-Islamic terrorists. A similar allegation was also made during a Congressional hearing on hate crimes held in the immediate aftermath of the Sikh Temple shooting in August 2012.

Likewise, a 2014 University of Maryland national survey of state and local law enforcement officers found that sovereign citizens was the “top concern” for terrorist threats in the homeland. Al Qaeda-inspired terrorism ranked second, but was also closely followed by militia/antigovernment and white supremacist threats. A second survey conducted by Duke University’s Triangle Center on Terrorism and Homeland Security in 2015 produced similar results with antigovernment extremism being the top law enforcement concern.

The CRS report raises several key issues related to improving U.S. domestic terrorism policy. They include: (1) federal agencies employ varying terminology and definitions to describe domestic terrorist threats;  (2) the Department of Justice (DOJ) and the FBI do not officially designate domestic terrorist organizations; (3) few, if any, domestic terrorists are charged or prosecuted under federal or state terrorism statutes; (4) domestic terrorists, for the most part, do not use traditional terrorist tactics such as bombings, large-scale attacks, airplane hijackings, or political assassinations; (5) foreign-inspired homegrown violence gets more media attention than acts of domestic terrorism; and, (6) domestic extremist ideology often uses the cover of constitutionally protected activity. These constitutional rights pose unique challenges to law enforcement when monitoring extremist groups and individuals, assessing potential threats and interdicting violent acts.

Existing official definitions of “domestic terrorism” (e.g. those used by federal agencies or codified into law) are too broad and confusing. These definitions need to be consolidated, more clearly worded, and narrowly focused on what constitutes domestic terrorism. Ambiguity in the investigative process regarding when criminal activity becomes domestic terrorism may also need clarification. Furthermore, federal agencies appear to use the terms “terrorist” and “extremist” interchangeably when referring to domestic terrorism. This practice confuses the issue and blurs the line between peaceful, law-abiding activity and illegal acts and violence.

The report raises the lack of an official domestic terrorist group list as another problem. U.S. counterterrorism policy abroad is driven by such a list — the U.S. Department of State’s list of foreign designated terrorist organizations. The State Department list gives lawmakers a clear, succinct, and vetted catalog of terrorist groups. The lack of a similar domestic terrorist group list confuses policy makers and complicates their understanding of domestic terrorism. In turn, this negatively impacts their ability to develop domestic counterterrorism policies.

The group list issue is further problematic due to the fact that domestic terrorists don’t operate like foreign terrorist groups. In contrast, domestic terrorists have adopted the tactics of leadless resistancelone wolves and small cells. For this reason, domestic terrorists may be better categorized according to the extremist ideological concepts that underpin their threats, inspire radicalization, and mobilize individuals toward violence or criminal activity. For example, the DOJ, the FBI, and the Department of Homeland Security (DHS) have already identified domestic terrorist threats in their public statementsCongressional testimony and official reports. According to these statements, domestic terrorist threats have included animal rights extremists, eco-terrorists, anarchists, anti-government extremists (such as ‘sovereign citizens’ and unauthorized militias), black nationalists, white supremacists and violent anti-abortion extremists.

The DOJ, FBI, and DHS, however, must balance their respective authorities while safeguarding extremists’ rights to freedom of expression, freedom of assembly, and other constitutionally protected activity. Unfortunately, domestic extremists are well aware of their civil and privacy rights and often exploit these rights to provide cover for illegal activity, further radicalization, and mobilization towards violence. The CRS report draws attention to this dilemma stating, “domestic terrorists operate in a decentralized fashion, terrorist lone actors (lone wolves) or isolated small groups (cells) generally operate autonomously and in secret, all the while drawing ideological sustenance — not direction — from propagandists operating in the free market of ideas.”

Another persistent issue relates to the disparity in federal and state prosecution and sentencing of Al Qaeda-inspired terrorists in the U.S. versus domestic terrorists. Outside of eco-terrorist cases, there have been virtually no violent domestic extremists charged or prosecuted under federal or state terrorism statutes which offer penalty enhancements for suspects engaging in domestic terrorist plotting or terrorist-related activity. Most domestic terrorists are charged under existing firearms, arson, and explosives laws, rather than a terrorism statute.

A 2016 Reuters analysis of more than 100 federal cases since 2014 further illustrated that domestic terrorist suspects collectively face less severe charges than those affiliated with the Islamic State who were arrested in the U.S. Between 2014 and 2016, 27 defendants were charged in the U.S. for plotting or inciting terrorist attacks. They carried a median prison sentence of 53 years. Over the same time period, 27 U.S.-based antigovernment or hate-motivated extremists were charged with similar activity. They carried a medium prison sentence of 20 years.

The Reuters study indicates that federal agents and U.S. Attorney’s Offices are encouraged to “open investigations into Americans who support groups on the State Department’s list of foreign designated terrorist organizations.” Reuters further reported that, “the maximum penalty for supporting a foreign terrorist organization has been raised from 10 years to 20 years in prison since 2001.”

Although most judges sentenced Al Qaeda-inspired terrorists below the maximum, domestic terrorists enjoy greater constitutional protections and have rarely been charged or prosecuted with terrorism statutes. Embracing domestic extremism, no matter how radical the rhetoric becomes, is not a crime. According to current and former federal prosecutors, it is also very difficult “to convince a jury that someone who is not affiliated with a foreign group can be guilty of terrorism.”

It is important that the U.S. government take the lead in developing new strategies and tools for law enforcement and the courts to better deal with problems associated with domestic terrorism. There is also a need for government officials, law enforcement, and the media to educate themselves and the public about domestic terrorism. There is a need for better methodology for determining what extremist ideologies, groups or movements support domestic terrorism and who, if any, deserves the label of “violent extremist” or “domestic terrorist.” If the U.S. government is unwilling to pursue the issues raised in the CRS report and the other aforementioned studies, then state governments should take the initiative to discuss and consult on these matters between state and local law enforcement officials, governors, and states attorneys’ offices in an effort to develop their own strategies and methodology for fighting domestic terrorism.

La coopération policière

Synthèse 23.03.2018

Entamée dans les années 1970 au sein de l’Union européenne, la coopération policière a surtout pris son élan avec le traité de Lisbonne et la suppression du troisième pilier (JAI). Elle s’appuie sur son outil principal, Europol (l’Office européen de police) mais est également très liée à la coopération douanière, la coopération judiciaire en matière pénale, le volet extérieur de l’espace de liberté, de sécurité et de justice, le respect des droits fondamentaux ou encore la protection des données personnelles.

Evolution de la coopération policière

En 1976, plusieurs responsables des ministères de la Justice et de l’intérieur des 12 Etats membresde l’Union européenne (alors Communauté) se réunissent pour composer TREVI, une structure ad hoc intergouvernementale dont l’objectif est la coopération policière à l’échelle européenne. Ce groupe reste tout à fait secret jusqu’en 1989, et est officialisé par le traité de Maastricht (1992). Ce dernier précise les domaines justifiant la mise en place d’une coopération policière : le terrorisme, le trafic de drogues et toute autre forme de criminalité internationale. Il crée également l’Office européen de police, Europol, qui remplace TREVI, mais n’est concrétisé au départ que partiellement avec la mise en place de l’Unité drogues Europol.

Ce n’est que le 26 juillet 1995 que la convention Europol est signée, et l’office n’entame réellement ses activités qu’en 1999, avec des compétences renforcées par le traité d’Amsterdam. Pour autant, la coopération policière a avancé en parallèle depuis la création de l’espace Schengen en 1985. L’acquis Schengen en matière de coopération policière est ainsi repris par le traité d’Amsterdam mais au titre du troisième pilier, qui n’est pas « communautarisé » mais reste intergouvernemental.

Le traité de Lisbonne a profondément modifié, et renforcé par la même occasion le système de coopération policière. Elle est désormais régie par les articles 33, 87, 88 et 89 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). La procédure législative ordinaire s’y applique désormais : le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen sont compétents pour adopter des mesures en codécision. Cependant, de même que pour la coopération judiciaire en matière pénale, certaines particularités résistent (au-delà des « opting-out » bénéficiant dans ce domaine au Royaume-Uni, à l’Irlande et au Danemark) : la Commission continue de partager son pouvoir d’initiative avec les Etats membres, même si pour ces derniers ce pouvoir a été largement restreint par le traité de Lisbonne ; le Parlement européen n’est que consulté en ce qui concerne les mesures de coopération opérationnelles ; de même en l’absence d’unanimité au Conseil, les éventuelles coopérations renforcées qui pourraient être mises en place (à l’initiative de neuf Etats membres minimum) doivent recevoir l’aval du Conseil européen qui recherchera un consensus entre les 28 Etats membres ; enfin les actes adoptés avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ne peuvent pas faire l’objet d’un recours en manquement ou d’un renvoi préjudiciel pendant une période de cinq années.

Les outils de la coopération policière

Le Collège européen de police (CEPOL)

Créé en 2000 et basé à Budapest depuis le 1er octobre 2014, le CEPOL propose des cours, séminaires et conférences aux hauts fonctionnaires de police de toute l’Europe. Son objectif est d’encourager la coopération transfrontalière dans la lutte contre la criminalité et le maintien de la sécurité et de l’ordre public. Le CEPOL est reconnu agence de l’Union européenne depuis 2005.
Europol

L’outil principal de coopération policière à l’échelle de l’Union européenne est l’Office européen de police, Europol. Son rôle est d’améliorer l’efficacité des autorités policières nationales (ou assimilées) en stimulant et en accompagnant leur coopération dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et toutes les formes graves de criminalité internationale.

Créé dans le cadre du troisième pilier « JAI » intergouvernemental, Europol est depuis 2010 et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne une agence « communautaire » (même si la Communauté a disparu au profit de l’Union) composée de 1 000 agents (dont 200 agents de liaison), basée à La Haye (Pays-Bas) et financée par le budget européen. Elle n’a cependant pas de pouvoir de coercition : elle ne peut en aucun cas participer à des arrestations ou des perquisitions. Son activité se concentre sur l’amélioration des échanges d’informations entre les Etats membres et la surveillance des menaces criminelles graves à l’échelle européenne.

Peu à peu, les pouvoirs d’Europol sont  renforcés. . Ainsi en 2002, le Conseil européen autorise des équipes d’Europol à participer à une enquête. L’office européen peut également demander aux Etats membres d’ouvrir une enquête pénale lorsqu’une menace le justifie. En mars 2000, le Conseil habilite Europol à conclure des accords avec des instances internationales ou des pays tiers, comme c’est déjà le cas avec Interpol (dont le siège est à Lyon) ou les Etats-Unis. Le 27 mars 2013, la Commission européenne présente une proposition de règlement visant à renforcer les prérogatives d’Europol et à en faire « le centre névralgique de l’échange et de l’analyse des informations sur la grande criminalité ».En fusionnant Europol et le Collège européen de police (CEPOL), la proposition ambitionne de créer une véritable agence de l’UE pour la coopération et la formation des services répressifs, toujours sous le nom d’Europol. Rejetée par le Conseil et le Parlement, cette fusion ne voit pas le jour.

Néanmoins, les pouvoirs d’Europol sont constamment renforcés par la suite. En 2015, à la suite des attentats terroristes survenus à Paris et à Copenhague, Europol créé une unité de signalement des contenus sur internet afin de lutter contre la propagande terroriste en ligne et autres activités extrémistes. Un nouveau Centre européen de la lutte contre le terrorisme voit également le jour. Depuis le 1er janvier 2016, les Etats membres peuvent détacher des experts du domaine afin d’accroître les moyens d’enquête transfrontaliers.

De même, face à la crise des migrants, Europol lance en mars 2015 l’opération conjointe MARE en vue d’intensifier les efforts de lutte contre la traite des êtres humains. Europol contribue également à cette opération par le déploiement de « hotspots ».

En mai 2016, un nouveau règlement Europol est approuvé par le Parlement et le Conseil. Il facilite la création par Europol d’unités spécialisées chargées de répondre aux menaces émergentes et fixe les règles applicables aux unités existantes (telles que les unités de lutte contre le terrorisme). Ce règlement renforce également le régime de protection des données, la gouvernance et la responsabilité d’Europol par le biais d’un groupe de contrôle parlementaire conjoint réunissant parlements nationaux et Parlement européen.

Le comité permanent de coopération opérationnelle en matière de sécurité intérieure (COSI)

Le traité de Lisbonne a également créé un Comité  permanent de coopération opérationnelle de sécurité intérieure (COSI) chargé de l’évaluation de l’orientation générale et des lacunes de la coopération opérationnelle, de la formulation de recommandations concrètes et d’assister le Conseil au titre de la « clause de solidarité » de l’article 222 TFUE qui permet à un ou plusieurs Etats membres de porter assistance à un autre Etat membre victime d’une attaque terroriste ou d’une catastrophe naturelle ou humaine.

Ce COSI remplace les réunions informelles de la « Task force des chefs de police » qui depuis 2000 réunissait tous les deux ans des responsables de la sécurité intérieure de plusieurs Etats membres pour échanger des informations dans les domaines du contre-espionnage, du terrorisme ou de la criminalité organisée. Le COSI n’a pas de siège officiel, il reste organisé depuis les capitales. Il n’a pas de pouvoir d’intervention, ni sur le terrain ni dans la procédure législative.

Le centre de l’Union européenne pour l’analyse d’informations (Intcen)

L’UE dispose enfin d’un « Centre de l’Union européenne pour l’analyse d’informations » (INTCEN) qui fait partie du Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Son rôle est d’évaluer la menace qui peut peser sur l’Union européenne ou un ou plusieurs de ses Etats membres en se basant sur les informations qu’il collecte auprès des services de renseignement, des diplomates, des militaires et des services de police.

Sources

Lutte antiterroriste Terrorisme Sécurité Europol Eurojust Frontex

 

Shengen et la lutte contre le terrorisme

Question-Réponse 23.03.2018 Isaure Magnien

« Il faut retrouver la souveraineté de nos frontières »« Schengen est une vraie passoire »… vraiment ? Si l’espace Schengen a bien supprimé les frontières entre les pays membres et les contrôles qui les accompagnaient, des mesures ont également été prises pour renforcer les frontières extérieures de l’espace. Quels sont les outils mis en place pour lutter contre le terrorisme au sein de l’espace Schengen ? Toute l’Europe fait le point. 

Qu’est-ce que l’espace Schengen ?

En 1985, l’accord de Schengen est conclu en dehors du cadre communautaire entre 5 Etats membres de l’Union européenne (Belgique, Allemagne, France, Luxembourg et Pays-Bas). Il entre en vigueur dix ans plus tard, en mars 1995 et compte alors 7 membres (l’Espagne et le Portugal signent l’accord en 1991). La Convention prévoit la libre circulation des personnes entre les Etats signataires et met ainsi fin à un vaste réseau de postes frontières et de patrouilles sur les frontières intérieures des pays membres. En 1997, à l’occasion de la signature du traité d’Amsterdam, « l’Acquis Schengen » rejoint le cadre juridique et institutionnel de l’UE.

Aujourd’hui, l’espace est composé de 26 pays européens, dont 22 Etats membres de l’Union européenne. Un pays aspirant à entrer dans l’espace Schengen s’engage à ne plus pratiquer de contrôle aux frontières intérieures entre deux pays Schengen, et à pratiquer des contrôles harmonisés aux frontières extérieures de l’espace.

Le fonctionnement de l’espace Schengen

Le terrorisme dans l’Union européenne

En 2016, on compte 142 attentats avortés, déjoués ou réussis et 1 002 personnes arrêtées pour infractions terroristes. La même année, le Royaume-Uni est le pays qui a été le plus touché par les attaques terroristes (76 attaques), devant la France (23) et l’Italie (17). Les Etats membres ont reporté 142 personnes mortes d’attaques terroristes et 379 personnes blessées en 2016 (Source : Europol).

Compétence avant tout nationale, la lutte contre le terrorisme est soutenue par l’Union européenne grâce à la mise à disposition d’outils de coopération. L’article 222 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne affirme que les Etats Membres doivent agir « dans un esprit de solidarité si un État membre est l’objet d’une attaque terroriste ou la victime d’une catastrophe naturelle ou d’origine humaine » et que l’Union « mobilise tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les États membres » pour « prévenir la menace terroriste »« protéger les institutions démocratiques et la population civile d’une éventuelle attaque terroriste »et « porter assistance à un Etat membre sur son territoire, à la demande de ses autorités publiques, dans le cas d’une attaque terroriste ».

Sécurité et lutte contre le terrorisme en Europe

L’ouverture des frontières intérieures favorise-t-elle le terrorisme ?

Certains partis, femmes ou hommes politiques affirment qu’il faudrait supprimer l’espace Schengen et restituer les frontières nationales pour lutter contre le terrorisme. Cela a d’ailleurs été le réflexe de plusieurs pays européens visés par des attentats, notamment la France et la Belgique. Après les attaques de 2015, la France a déclaré l’état d’urgence et a rétabli les contrôles d’identité à sa frontière nationale. L’état d’urgence et les contrôles aux frontières ont pris fin en octobre 2017. Entre temps, cela n’a malheureusement pas empêché les attentats de Nice et de Bruxelles.

Pour la Commission européenne, rétablir les frontières entre les pays de l’Union n’est une solution ni efficace ni durable pour lutter contre le terrorisme. L’institution rappelle que rien qu’entre la France et la Belgique, il existe 300 points de passage. Tous les surveiller mobiliserait des milliers de policiers, qui pourraient être plus efficaces ou utiles sur des enquêtes.

On peut par ailleurs constater que le Royaume-Uni, pays non-membre de l’espace Schengen, qui contrôle donc ses frontières, a été le pays le plus visé par des attentats en 2016. Si l’on associe l’espace Schengen avec le terrorisme, c’est que l’on estime que les terroristes viennent principalement de pays tiers. C’est pourtant une affirmation fausse. Le journal Le Monde a répertorié les nationalités et lieux de naissance des terroristes impliqués dans les principaux attentats en France depuis 2012 et a pu constater que la majorité des auteurs étaient des Français nés en France.

Le danger reposerait dans les voyages de certains terroristes dans des pays tiers, dans lesquels ils partent se former avant de revenir en Europe pour perpétuer les attentats. C’est pourquoi l’Union européenne se concentre sur la collecte de données de certains citoyens identifiés qui voyagent en dehors de l’Union européenne.

La Commission rappelle par ailleurs que réinstaurer des contrôles permanents aux frontières de l’UE occasionnerait des coûts directs allant de 5 à 18 milliards d’euros par an (Source : Feuille de route Schengen 2016, Commission européenne).

Qu’est-ce que le système d’information Schengen ?

Premier outil de protection des frontières extérieures, le Système d’information Schengen (SIS) a été mis en place en même temps que la Convention d’application des accords Schengen en mars 2001. La préoccupation des Etats membres était alors de compenser la suppression des contrôles de police et des contrôles douaniers aux frontières intérieures par un système innovant. Le SIS est en effet un outil informatique qui permet aux autorités nationales de rentrer des données sur des personnes qui n’ont pas le droit d’entrer ou de séjourner dans l’espace Schengen, des personnes recherchées dans le cadre d’activités criminelles et des personnes disparues. Il peut également fournir des données relatives à certains objets perdus ou volés et des données qui sont nécessaires pour localiser une personne et confirmer son identité (Source : Commission européenne).

En 2006, le système a évolué en SIS II. Il peut maintenant être lié à d’autres outils, comme Eurodac, qui enregistre les empreintes digitales ou le système d’information des visas.

Le SIS permet ainsi la localisation et l’arrestation de terroristes qui font l’objet d’une alerte lorsque ceux-ci entrent ou sortent de l’espace européen. En effet, depuis avril 2017, les agents aux frontières de l’espace Schengen sont obligés de consulter le SIS pour tout citoyen européen traversant la frontière.

Depuis sa création, le système a permis l’arrestation de 25 000 personnes recherchées par la justice et la découverte de 12 000 personnes disparues, il permet également quotidiennement de détecter et d’arrêter des djihadistes qui partent ou reviennent de zones de guerre (source : Commission européenne).

En France, c’est le ministère de l’Intérieur et la direction générale de la police nationale qui sont en charge du fichier.

Quelles sont les autres ressources de Schengen pour lutter contre le terrorisme ?

Schengen met fin aux contrôles aux frontières intérieures mais ne met pas fin aux contrôles tout court. Ainsi, des contrôles mobiles sur le terrain des pays membres ont toujours lieu. Non-planifiables par les criminels, ils peuvent même se révéler plus efficaces que des contrôles aux frontières prévisibles.

Avec l’espace Schengen, les Etats membres s’engagent à protéger leurs frontières extérieures et sont soutenus dans leurs actions par l’Agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières (ex-Frontex). L’agence est basée à Varsovie, en Pologne. Elle a vu ses compétences renforcées en 2015, en réaction à la crise migratoire qui a mis en lumière ses insuffisances. Son rôle consiste à créer des normes communes de protection des frontières et à les surveiller par l’organisation de tests de vulnérabilités qui permettent d’identifier leurs points faibles. Lorsqu’une frontière est identifiée « à risque », des agents sont détachés pour les renforcer et assister les autorités nationales compétentes. L’agence a la possibilité de partager avec les Etats membres et Europol toutes les données collectées sur des personnes soupçonnées d’activités criminelles, notamment de terrorisme.

Qu’est-ce que l’agence européenne de garde-côtes et garde-frontières ?

Plus que Schengen, c’est la mise en place d’une coopération transfrontalière qui permet de lutter efficacement contre le terrorisme.

Ainsi, Europol, l’office européen de police, a été créé pour faciliter les opérations de lutte contre la criminalité au sein de l’Union européenne. Il permet aux enquêteurs d’échanger des informations et apporte son soutien aux services de police nationaux. Une des principales menaces pour la sécurité européenne étant le terrorisme, Europol concentre beaucoup de ses moyens pour s’en prémunir. L’agence a notamment créé en 2016 le centre européen de lutte contre le terrorisme (ECTC) qui travaille étroitement avec le centre européen contre le cybercrime et le centre européen contre le trafic des migrants, deux services d’Europol. Après les attentats du 13 novembre 2015, Europol a par exemple créé une task force qui a permis d’aider les enquêteurs français et belges dans leur travail.

Qu’est-ce qu’Europol, l’office européen de police ?

La création d’un mandat d’arrêt européen a également permis à la Belgique de remettre Salah Abdelsam à la France en quelques semaine seulement, quand il avait fallu dix ans pour extrader Rachid Ramda, un des auteurs des attentats du RER Saint Michel en 1995 (source : décodeurs de l’UE).

En 2016, le Passenger name record (PNR) européen a été officiellement adopté, après cinq ans de négociations. Le registre européen des passagers aériens permet de garder une trace des passagers dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Sa mise en place part du constat que la plupart des activités criminelles en réseau organisé et terroristes impliquent des déplacements internationaux. Le terrorisme ne s’arrête pas aux frontières, et c’est bien tout l’enjeux de la sécurisation de l’espace Schengen et de la coopération policière et juridique.

Le système Eurosur fournit quant-à-lui à Frontex un réseau de communication protégé entre les pays européens, qui vise en particulier à renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen. Les garde-frontières et garde-côtes peuvent échanger des images et des données en temps réel sur les frontières de l’Union, recueillies grâce à différents outils de surveillance. Si une situation présente un risque, les autorités nationales de surveillance et Frontex peuvent ainsi agir rapidement.

Qu’est-ce qu’Eurojust, l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne ?

Eurodac complète enfin cet arsenal de coopération entre les pays membre de l’espace Schengen. Ce fichier central enregistre toutes les empreintes digitales des personnes franchissant les frontières extérieures de l’UE et tous les pays membres de l’UE peuvent y avoir accès.

Que peut-on améliorer ?

« Comment un individu notoirement connu des services de renseignements belges et français a-t-il pu se rendre en Belgique et en France sans être repéré ? » telle est la question posée dans les médias en 2015 après les attentats de Paris. Depuis, l’Union européenne a pris de nombreuses mesures pour renforcer la coopération entre les pays membres.

La dernière, le nouveau système européen d’entrée et de sortie du territoire, devrait enregistrer des informations sur l’entrée, la sortie et le refus d’entrée des ressortissants de pays tiers. Il sera valable aussi bien pour les voyageurs soumis à l’obligation de visa que pour ceux qui en sont exemptés. Le système remplacera l’estampillage des passeports par un système électronique qui stockera les données des voyageurs et qui permettra un meilleur partage des informations.

La prochaine étape pour la lutte contre le terrorisme devrait viser l’échelle internationale. Dans une tribune datant de 2015, Yves Bertoncini et Antonio Vitorino insistent sur l’amélioration de « la coopération européenne avec les pays tiers où sont susceptibles de transiter les terroristes -par exemple la Turquie et les pays du Maghreb- mais aussi avec les États-Unis. C’est un mouvement d’internationalisation de la coopération policière et judiciaire qu’il faut encourager pour renforcer la sécurité des Européens, à défaut d’un mouvement de repli fantasmatique et inefficace sur les frontières nationales. »

u’est-ce qu’EUROPOL, l’office européen de police ?

Synthèse 10.08.2017

EUROPOL (European Union Law Enforcement Organisation), l’Office européen de police créé en 1995, est l’organe en charge de faciliter les opérations de lutte contre la criminalité au sein de l’Union européenne.

Il facilite l’échange de renseignements entre polices nationales en matière de stupéfiants, de terrorisme, de criminalité internationale et de pédophilie.

Missions

Les Etats membres de l’Union européenne ont créé EUROPOL pour accroître la sécurité au sein de l’espace européen.

Il traite des domaines où la sécurité des Européens est la plus menacée : trafic de drogues ou de matières radioactives, filières d’immigration clandestine, traite des êtres humains, trafics de véhicules, blanchiment des capitaux, terrorisme et grande criminalité internationale (mafia), pédophilie, cybercriminalité.

Activités

Echange de données

EUROPOL participe à la lutte contre la criminalité en Europe en améliorant la coopération entre les officiers de liaison EUROPOL (OLE) détachés auprès de l’Office par Etats membres, par la transmission simplifiée et en direct des informations nécessaires aux enquêtes (simplification des procédures d’enquête, réduction des obstacles juridiques ou bureaucratiques…). Il coordonne et centralise des enquêtes à l’encontre d’organisations criminelles de dimension européenne voire internationale.

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité (trafic illicite de stupéfiants, trafic de véhicules volés, blanchiment d’argent, traite des êtres humains et terrorisme), EUROPOL apporte son concours :

  • aux équipes communes d’enquêtes, par l’intermédiaire des unités nationales EUROPOL ;
  • à la structure de liaison opérationnelle des responsables des services de police européens (task force), afin de permettre un échange d’expériences et de pratiques contre la criminalité transfrontalière.

L’unité de coopération judiciaire EUROJUST apporte son concours dans les enquêtes relatives aux affaires de criminalité organisée, en partie sur la base de l’analyse effectuée par EUROPOL. Cette unité est composée de procureurs, magistrats ou d’officiers de police des Etats membres de l’Union européenne ayant des compétences équivalentes, détaché par chaque Etat membre conformément à son système juridique.

Le collège européen de police (CEPOL) a pour mission de former les hauts responsables des services de police des Etats membres de l’Union européenne et des pays candidats à l’adhésion. Il a notamment pour objectif d’approfondir la connaissance des systèmes et structures nationaux des autres Etats membres, d’EUROPOL et de la coopération transfrontalière dans l’UE.

Analyse et rapport

Les missions d’EUROPOL

EUROPOL aide les Etats membres de l’UE dans les domaines suivants :
– le trafic illicite de stupéfiants ;
– les filières d’immigration clandestine ;
– le trafic de véhicules volés ;
– la traite des êtres humains ;
– le faux-monnayage et la falsification ;
– le trafic de matières radioactives et nucléaires ;
– la cybercriminalité ;
– le terrorisme.

Ces compétences ont été étendues avec le Traité de Lisbonne à l’ensemble de la criminalité organisée transnationale (25 types d’infractions sont visées).

Les investigations, les renseignements, les analyses opérationnelles et les rapports de type stratégique sont communiqués dans le respect des législations nationales et selon les instructions données aux officiers de liaison par leurs ministres compétents (notamment pour ce qui concerne la protection des données personnelles).

Système informatique EUROPOL (SIE)

C’est un fichier informatisé de travail dont la base est localisée dans les locaux d’EUROPOL. Il est alimenté par les pays membres et mis à disposition de l’ensemble des services d’investigation des pays membres travaillant dans le domaine de la criminalité organisée ou de la lutte contre le terrorisme. Il contient des données personnelles sur les individus, les véhicules, les modes opératoires, la téléphonie etc.

Une autorité de contrôle commune composée de deux experts en protection des données par Etat membre surveille le contenu et l’utilisation de toutes les données à caractère personnel détenues par EUROPOL.

Assistance technique

EUROPOL enquête sur les réseaux criminels dans les Etats membres, envoie sur place des experts, crée des équipes communes d’enquêteurs (policiers, gendarmes, douaniers), demande aux polices nationales d’enquêter sur des affaires concernant plusieurs pays. EUROPOL n’a pas de mandat exécutif et n’agit que par la coordination et la transmission d’informations sous le contrôle et la responsabilité juridique des Etats membres concernés. Ce sont par exemple, les polices nationales qui supervisent les arrestations.

Le traité de Lisbonne a permis un renforcement d’EUROPOL puisque la coordination, l’organisation ou la réalisation d’actions opérationnelles peuvent être désormais confiées à l’agence. Néanmoins, toute action doit alors être menée en liaison et en accord avec les autorités des Etats membres dont le territoire est concerné.

Exemples d’opérations menées ces dernières années grâce à EUROPOL

  • Le 28 novembre 2016, EUROPOL annonçait la fermeture de 4500 portails web vendant des contrefaçons, dans le cadre de l’opération « In Our Sites (IOS) VI ».
  • L’opération « ambre bleue » a mené à environ 900 arrestations en décembre 2015, ainsi, entre autres, qu’à la saisine de 7,7 tonnes de drogues. Cette opération a mobilisé les 28 Etats-membres ainsi que 31 pays non membres de l’Union européenne.
  • En décembre 2015, EUROPOL a annoncé avoir mis fin aux agissements d’un groupe de maîtres-chanteurs agissant en Bosnie-Herzégovine, le DDOS For Bitcoins (DD4BC). Une opération lancée par les agences allemande, autrichienne, bosniaque et britannique.

Fonctionnement et organisation

Rob Wainwright 

De nationalité britannique, le directeur d’EUROPOL assure cette mission depuis avril 2009. Avant d’occuper ce poste, il a notamment travaillé en tant que directeur international du National Criminal Intelligence Service (NCIS).

Voir le CV du directeur d’EUROPOL (pdf)

Le conseil d’administration d’EUROPOL, constitué d’un représentant de chaque Etat membre, a pour tâche de contrôler les activités de l’organisation. M. Rob Wainwright est directeur de l’Office depuis 2009.

Chaque Etat de l’Union européenne désigne une unité spéciale de police nationale chargée des relations avec EUROPOL et délègue des officiers de liaison qui participent aux travaux d’échange d’information et d’analyse.

Composé de plus de 1 000 personnes dont 200 officiers de liaison, EUROPOL est financé par le budget de l’Union européenne, après décision conjointe du Conseil de l’Union européenne et du Parlement européen. Le budget d’EUROPOL s’élève pour 2016 à 100 millions d’euros.

Le siège d’EUROPOL est situé à La Haye (Pays-Bas). Des locaux où sont également installés le Centre Européen contre le Cybercrime (EC3) ainsi que le Centre européen de contre-terrorisme.

Développement de la coopération policière en Europe

La coopération policière formelle entre les Etats membres a débuté en 1976, avec la création du groupe TREVI, qui portait principalement sur la lutte contre le terrorisme.

Puis c’est la Convention de 1995, signée et ratifiée par tous les Etats membres de l’Union européenne, qui a créé l’Office européen de police (EUROPOL). Mais il a fallu attendre 1999 pour qu’EUROPOL exerce réellement l’ensemble de ses missions. En cause : les longs délais pour conclure le protocole, prévoir les mesures d’application et faire ratifier la Convention par tous les Etats membres.

Cependant, une convention implique de se limiter à une méthode intergouvernementale. Ainsi seuls les Etats étaient parties prenantes à la négociation.

Ceci explique que, jusqu’au traité de Lisbonne, la coopération policière se soit inscrite dans le cadre du 3ème pilier de l’Union : les décisions se prenaient à l’unanimité, le Parlement européen était peu impliqué et les compétences de la Cour de justice de l’UE en ce domaine étaient restreintes. Le traité de Lisbonne a permis de renforcer l’efficacité et la légitimité d’EUROPOL en communautarisant la coopération policière.

Mais malgré tout, des spécificités subsistent. Ainsi, le droit d’initiative législative des Etats membres perdure, partagé avec la Commission européenne. De même, trois pays ont obtenu avec le traité de Lisbonne de ne pas participer à la coopération policière, étendue à 133 instruments de coopération : le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark. Le Royaume-Uni a par la suite réintégré 35 de ces instruments, dont EUROPOL, tandis que les Danois ont refusé, par un référendum du 3 décembre 2015, de s’intégrer à la coopération policière. Quant à l’Irlande, elle ne participe pas pleinement à l’Espace de Liberté de Sécurité et de Justice, mais est intégrée au programme EUROPOL.

De plus, l’unanimité et la consultation simple du Parlement européen sont maintenues pour les décisions d’un Etat membre d’intervention sur le territoire d’un autre Etat membre ou pour les aspects opérationnels de la coopération.

Depuis 2010, EUROPOL est une agence communautaire. Ce changement de statut a eu pour principales conséquences d’augmenter les pouvoirs de l’office ainsi que de financer son fonctionnement par le budget communautaire, en contrepartie de quoi le contrôle de ses activités par le Parlement européen a été accru.

Source

 

 

 

Macron, Netanyahou, Orban et Soros

Soros pleure-t-il son université?

Les points communs entre ces quatre personnes n’ont rien d’évident. C’est plutôt au croisement de plusieurs actualités que se situe l’intérêt de leur rapprochement : la position de la France dans le conflit israélo-palestinien, les postures autoritaires et antisémites d’Orban, le talon de fer que subissent les Palestiniens et un financier international qui a initié une ONG qui appuie les luttes pour la démocratie et contre les discriminations. Et, au-delà de ces événements factuels, ce sont les signifiants qu’ils véhiculent qui font sens.

Les faits sont connus. Le président de la République française juge bon d’inviter B. Netanyahou à la commémoration du Vél’d’Hiv au cours de laquelle il mélange, au grand plaisir de son invité, antisionisme et antisémitisme. Orban tente de fermer l’Université libre initiée par Soros (et dans laquelle il avait étudié…) et s’en prend à ce dernier dans une forme si manifestement antisémite que cela fait réagir la communauté juive de Hongrie, laquelle, initialement soutenue par l’ambassade d’Israël dans ce pays, est ensuite désavouée par Netanyahou qui ne voit dans Soros que celui qui soutient les ONG israéliennes opposées à sa politique.

De cela on peut tirer quelques enseignements.

Le président de la République serait bien avisé de s’inspirer de ses deux prédécesseurs. A chaque fois que la diplomatie française a tenté de considérer M. Netanyahou comme un partenaire, elle n’a cessé d’essuyer rebuffades et déloyauté. En faisant mine de croire que le Premier ministre israélien serait favorable à une solution négociée (on entend par là autre chose qu’un régime de servitude à long terme imposé aux Palestiniens…), soit Emmanuel Macron se trompe, soit il fait semblant. Dans les deux cas, il ne fait que renforcer l’illusion israélienne d’un statu quo permanent ou, pire, les délires d’une partie du gouvernement israélien conduisant à la déportation des Palestiniens. Ceci ne signifie pas, bien sûr, qu’il ne faille pas recevoir et discuter avec M. Netanyahou, mais certes pas en le renforçant dans sa folie suicidaire par des gestes inappropriés. Reste aussi à définir ce que sera la politique de la France dans les prochaines années. La référence à une solution à deux Etats, la condamnation de la colonisation, l’appel à la reprise de la négociation bilatérale et le refus de reconnaître l’’Etat de Palestine ne sauraient constituer une politique si ce n’est, en y mettant les formes minimales, une forme d’entérinement de la situation d’aujourd’hui.

Assurément, en assimilant antisionisme et antisémitisme, le président de la République a commis deux fautes. D’abord en se livrant à un raccourci intellectuel et historique injustifié, dans un domaine qu’il ne maîtrise visiblement pas. Ensuite, en donnant à croire qu’il enfourche la thématique habituelle des autorités israéliennes qui tentent de désamorcer les critiques que mérite leur politique, en les assimilant à de l’antisémitisme. Non que certains ne dissimulent pas leur antisémitisme viscéral sous le vocable d’antisionisme : Dieudonné et d’autres en sont des exemples. Mais, si rien ne justifie de délégitimer l’existence de l’Etat d’Israël, rien ne justifie de transformer ceux et celles qui dénoncent la politique israélienne en antisémites.

Et le fait que ce propos ait été tenu au moment de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv aggrave encore les choses. En conviant M. Netanyahou à la commémoration de ce moment d’indignité national, le président de la République confère à son hôte ce dont tous les gouvernements israéliens rêvent depuis toujours : le monopole de la représentation des juifs, même s’ils ne se reconnaissent pas dans l’Etat d’Israël. Ce qui est inacceptable pour trois raisons.

Rien n’autorise à faire de M. Netanyahou le porte-parole de ceux et celles qui ont disparu en juillet 1942. Concéder au Premier ministre israélien le droit de s’exprimer sur un événement de la seule responsabilité du régime nazi et de ses commettants français revient à faire de ceux et celles qui sont morts les citoyens d’un Etat qui n’existait pas, et d’usurper leur parole.

Rien, non plus, n’autorise Netanyahou à parler au nom des juifs. Nombre d’entre nous ne se reconnaissent pas dans l’Etat d’Israël et refusent d’être représentés par quelqu’un qu’ils n’ont pas élu et avec lequel ils entretiennent de lourds désaccords.

Enfin, qu’il le veuille ou non, en reconnaissant à M. Netanyahou une sorte de monopole de la représentation juive, le président de la République entraîne à confondre chaque juif personnellement avec la politique d’un Etat. Pèse-t-il bien les conséquences de cette logique de responsabilité imposée ?

Les dirigeants européens auront fait un grand pas lorsqu’ils cesseront de regarder Israël comme un Etat qui leur rappelle les crimes commis sur ce continent, malgré une civilisation que l’on voulait et que l’on croyait supérieure.

Ce ne sont pas ces responsabilités passées et le fait qu’elles ont contribué à la création de l’Etat d’Israël qui peuvent justifier la politique actuelle de cet Etat et le sort réservé aux Palestiniens.

Il faut mettre un terme, sans rien oublier pour autant, à ce lien pervers entre l’histoire de notre continent et notre attitude à l’égard de la politique israélienne. La responsabilité de l’Europe, pas plus que l’antisémitisme d’aujourd’hui, ne disparaîtront pas avec l’impunité reconnue aux autorités israéliennes.

Le sort réservé à M. Soros vient nous dire, encore plus fortement, que pour sauvegarder ce qu’elles pensent être leurs intérêts, les autorités israéliennes peuvent mépriser ce qu’elles affirment être dans leur ADN : lutter contre l’antisémitisme.

Il suffit que M. Soros déplaise au gouvernement israélien pour que, adoptant l’adage malheureux selon lequel l’ennemi de mon ennemi est mon ami, il soutienne un gouvernement aussi peu démocratique et maniant une aussi détestable rhétorique antisémite.

Il est vrai que sans aller aussi loin, la volonté de M. Netanyahou de mettre au pas les associations israéliennes qui dénoncent sa politique a quelques ressemblances avec la préoccupation de M. Orban de faire taire sa propre société civile.

Cet épisode devrait aussi servir de leçon à ceux et celles qui, en France, sanctifient Israël et sa politique. Il démontre, en effet, que, comme tous les autres Etats, Israël privilégie ses seuls intérêts. L’antisémitisme intéresse M. Netanyahou, surtout si cela lui apporte des immigrants et renforce sa monopolisation de la parole juive.

Le bilan de cette séquence n’est pas des meilleurs : un président de la République française qui nous laisse dans l’incertitude de sa politique et qui a commis quelques fautes symboliques majeures, la lutte contre l’antisémitisme délaissée au profit d’une alliance contre la société civile. Peut mieux faire, M. le Président !

Michel Tubiana, Président d’honneur de la LDH

MEDIAPART: Macron face au monde, ou le président Castafiore

La Castafiore, la Diva, le Petit Prince (Stéphane Guillon)

3 JANVIER 2018 PAR ANTOINE PERRAUD

En recevant le Turc liberticide Recep Tayyip Erdoğan vendredi 5 janvier, Emmanuel Macron va au-delà d’une diplomatie fondée sur les réalités. Il joue avec notre crainte de la menace dictatoriale. Pour cultiver son ascendant et s’embellir en ce miroir…

Le côté caméléon kaléidoscopique d’Emmanuel Macron défie les étiquettes, dont il se méfie. Elles collèrent à ses deux prédécesseurs. Jusqu’à les faire disparaître sous les dénominations infamantes reprises en chœur par les électeurs : Nicolas Sarkozy n’était plus, aux yeux de tous, que le vulgaire insensé ; puis François Hollande l’empoté dépassé. Du coup, M. Macron refuse de se laisser épingler par les entomologistes médiatiques : insaisissable il se veut. Aucune danse du scalp définitionnelle ne pourra le « jivariser » !

Dans ce grand jeu à l’œuvre sous nos yeux depuis l’élection de mai, l’hôte de l’Élysée se voue au simulacre, à la feintise, aux mascarades les plus diverses : la politique est pour lui la continuation du théâtre par d’autres moyens. D’où le paradoxe sur le président : « C’est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes » (Denis Diderot, Paradoxe sur le comédien). Ne surtout rien éprouver pour donner l’impression de compatir : « Tout son talent consiste non pas à sentir, comme vous le supposez, mais à rendre si scrupuleusement les signes extérieurs du sentiment, que vous vous y trompiez » (Diderot toujours).

Tapisserie de l’Apocalypse («La Grande Prostituée sur les eaux »), château d’Angers…

Le huitième président de la VeRépublique ajoute quelques degrés à ce vertige : il se regarde – en observateur continu de l’effet qu’il produit – nous embobiner. Et il invite par conséquent les plus critiques d’entre nous à le contempler se regardant nous embobiner.

S’il n’y avait qu’un fil à tirer de la pelote Macron, ce serait la fibre narcissique. Il se mire et s’admire, penché sur l’image que lui renvoie l’opinion publique, tout en appréciant de surcroît le contraste flatteur reflété par les despotes qu’il reçoit en provenance de Moscou, Washington et bientôt Ankara : « Ah ! je ris de me voir si beau en ces miroirs ! », semble chanter à tue-tête ce président Castafiore.

Puisqu’il aime à picorer chez ses grands prédécesseurs histoire de bâtir et d’installer son personnage, force est de rapprocher l’ardeur mise à recevoir les horreurs mondiales d’un certain goût, naguère manifesté par François Mitterrand, pour la canaille transgressive – Hassan II du Maroc au-dehors, Bernard Tapie au-dedans…

Toutefois, le modèle insurpassable demeure de Gaulle, que singe avec constance son lointain successeur – Emmanuel Macron est le premier président de la République française né après la mort de mon général : « Il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités (…) On va sur des chimères, on va sur des mythes ; ce ne sont que des chimères et des mythes. Mais il y a les réalités et les réalités ne se traitent pas comme cela. Les réalités se traitent à partir d’elles-mêmes »(Charles de Gaulle, entretien radio-télédiffusé avec Michel Droit, 14 décembre 1965).

Emmanuel Macron nous sert du de Gaulle dévoyé en ne traitant pas les réalités à partir d’elles-mêmes, mais à partir de l’idée présomptueuse que s’en fait, à sa seule aune, l’actuel locataire de l’Élysée. Celui-ci n’est guère loin de penser, à propos de lui-même et pour paraphraser Aragon : suffit-il donc que je paraisse…

Aller au contact, sans peur sinon sans reproche, ne signifie pas que notre président thaumaturge guérisse ses hôtes, et partant la planète, des écrouelles dictatoriales. Dès le 20 mai 2017, Vladimir Poutine fit mine de considérer l’amphitryon de Versailles, de façon que ce tendron français gonflé d’importance entravât l’omnipotence de la chancelière allemande et désincarcérât le maître du Kremlin de son dialogue contrariant avec cette Angela Merkel à qui on ne la fait pas.

Lors du 14 juillet, le tour de piste en compagnie du bouillant Donald Trump offrit à ce dernier le bol d’air international dont il avait besoin. Ces deux dirigeants contestés, le Russe et le Yankee, mirent donc les formes au nom de leur intérêt bien compris, permettant au président Macron de se hausser du col, sans rien obtenir mais en donnant accroire que sa diplomatie cash était payante – avec la complicité des médias français prompts à entonner l’air du service après-vente.

En revanche, grande discrétion des thuriféraires après que M. Macron était tombé sur un os : Bachar al-Assad, qui ne tire pour sa part aucun profit à ménager ce président français se prenant pour le deus ex machina de la scène internationale. Paris a été sèchement et injurieusement traité par Damas à la mi-décembre. L’Élysée a poussé un petit cri de réprobation étonnée, puis c’en fut fini de l’aggiornamento que la France brûlait de faire adopter pour résoudre la désolation syrienne.

Les tyrans sur la défensive n’auront jamais, vis-à-vis de la mouche du coche française, la magnanimité madrée d’un Poutine ou d’un Trump au faîte de leur puissance. Emmanuel Macron le découvrira sans doute à ses dépens, vendredi 5 janvier, en recevant le président turc Erdoğan. Celui-ci a du reste commencé par une mauvaise manière diplomatique : il annonça tout de go sa visite à Paris le 30 décembre, avant même que la puissance invitante n’eût eu son mot à dire.

Qu’importe, pour Emmanuel Macron, que soient nuls les résultats de ses invites à le venir rencontrer, tant l’avantage escompté s’avère, au bout du compte, intérieur. En se constituant un tel musée des horreurs confinant à une Monstrueuse parade géopolitique, le président joue à la fois gros et fin. Il rappelle aux Français ce à quoi ils ont, grâce à lui, échappé : la démagogie haineuse et scélérate d’une Marine Le Pen à laquelle plus des deux tiers s’opposent ; le populisme rageur de Jean-Luc Mélenchon que redoute une majorité du corps électoral.

Ne manque plus que le proconsul de Budapest, Viktor Orbán, à cette collection en forme de piqûre de rappel : moi Macron, ou le chaos atrabilaire, autoritaire, arbitraire, totalitaire des grands fauves oppressifs.

Le libéralisme politique, c’est ce qui reste à la France quand elle a tout perdu, selon la mise en récit (storytelling) du nouveau pouvoir. Et M. Macron se présente comme l’ultime incarnation de cette dernière carte. D’où son perpétuel chantage électoral rétrospectif, qui consiste à lui conférer les pleins pouvoirs : « C’est pour faire cela que j’ai été élu. » Le président joue sur les affres de tout perdre, jusqu’à sa dignité de peuple tombé sous une férule odieuse, qui taraudent l’esprit public en notre étrange pays.

Alors le Machiavel amiénois ravive, à coups d’invitations lancées à des personnages horrifiques, cette grande peur restée en partie sourde et inavouée du printemps 2017, quand tout sembla tragiquement possible et qu’il fut hissé à l’Élysée davantage par un lâche soulagement que par l’adhésion populaire.

C’est une façon de nous tenir. En témoigne ce passage, au troisième paragraphe de ses vœux, sur « les mille fils tendus qui nous tiennent ». Nous avons porté sur le pavois un président-araignée. Araignée, quel drôle de nom pour un monarque républicain ! Pourquoi pas lib élu, ou pas à pas pillons (les pauvres) ?