Reconfinement ou pas ? Un pari politique ou pas ?

Monique Cochinal

En mars 2020, le président Emmanuel Macron annonçait que la France était en guerre face à l’épidémie de Covid 19. Toutes les mesures seraient prises pour vaincre ce microscopique ennemi et ensemble nous le vaincrons. L’Etat protègerait en priorité les plus atteints, et aiderait les plus démunis. Notre Président devenait le Chef Suprême des armées, et s’entourait de gens compétents dans le domaine de la santé, nos nouveaux généraux, car ce nouveau virus ravageur ne ressemblait en rien aux autres ennemis combattus par les armes habituelles. C’était une pandémie. Un conseil de défense sanitaire était créé, et chaque semaine, un délibéré devait être transmis, en toute transparence. Alors, on a vu défiler sur tous les plateaux d’éminents scientifiques, des médecins, de célèbres professeurs des différents services de nos principaux hôpitaux de Paris et de province. On a appris à connaître ces organisations qui veillaient sur notre santé : Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Agence Européenne des médicaments, etc…. Mais, hélas, ce virus défiait, avec violence et rapidité, tous les scientifiques et notre Chef suprême des armées…. Après de nombreuses tergiversations, il fallait confiner la France entière : ce fut le premier confinement et l’arrêt de toute l’activité du pays. Une catastrophe nationale et mondiale sévissait.

Un an après, ce mercredi 17 mars, le Président Macron convoque à nouveau le conseil de défense sanitaire pour prendre ensuite une décision concernant le confinement partiel ou pas de la région Ile de France. Il se retrouve « au pied du mur ». En complet désaccord avec les autorités sanitaires, il a essayé de gagner du temps en reculant devant cette décision délicate, cette région étant considérée comme le poumon économique de la France, toutes les activités centralisées autour de Paris. Depuis hier, il a multiplié les consultations et avait avoué : « le maître du temps c’est le virus ». La crise sanitaire dure depuis plus d’un an, et au sein même du gouvernement, la sidération a laissé place à la fatigue : un proche d’Emmanuel Macron souligne : « si des décisions importantes sont prises, il faut être en mesure de les appliquer ».

Hier, mardi 16 mars 2021, le Premier Ministre Jean Castex, prépare le terrain, il déclare : « Le moment est venu pour envisager des dispositions pour la région Ile de France ….. Reconfiner le week end, c’est une hypothèse, car il faut être efficace et juste ». Cette semaine sera décisive, car après la suspension du vaccin Astra Zeneca annoncée par E. Macron au nom du principe de précaution, et l’interruption de la vaccination, nous attendons, jeudi prochain, l’avis de l’Agence européenne des médicaments, qui doit décider du sort de ce vaccin en Europe.

Que penser de tous ces dysfonctionnements ? Comment avoir confiance ? Comment pourrons-nous sortir vainqueurs de cette pandémie ? Tout cela rend les gens de plus en plus anxieux, méfiants, hargneux.

 

Les « écolos » s’emparent de nos grandes villes françaises

Monique Cochinal

Aux dernières élections municipales, le 29 juin 2020, dans une ambiance anxiogène de pandémie, nous assistons avec stupéfaction à une victoire du parti EELV (Europe Ecologie les Verts).

Dans le journal « Le Monde », Abel Mestre nous dit : « Avec EELV, une vague déferle sur les grandes villes françaises. En gagnant à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers ou Marseille, et en participant à la victoire à Paris …… C’est une bascule historique. Seuls ou à la tête de coalitions (Paris, Marseille) …… Les écolos s’imposent comme une force politique du premier plan. ».

Ces nouveaux maires verts, inconnus au plan national  dirigeront, dorénavant, Paris (     avec le Parti Socialiste), Lyon, Bordeaux, Tours, Strasbourg, Besançon, Annecy, Marseille, ou encore  Colombes (petite ville des Hauts de Seine). Leur programme est le même : lutter à fond contre le réchauffement climatique, la pollution meurtrière, développer partout des espaces verts, économiser l’énergie, encourager la culture bio, manger bio, pour vivre sainement dans un monde tout vert et tout BIO. Ah ! La belle vie qu’on nous promet, sinon ….. Dans un temps très court, l’espèce humaine est en voie de disparition, et notre belle planète terre disparaîtra.

Pour ce faire, on imagine, on élabore des projets parfois insensés, on s’impose par la force, on interdit et on punit. Rien de démocratique dans tous ces slogans publicitaires entendus chaque jour. Il y a quelques jours, nos nouveaux maires se sont distingués par des interdictions saugrenues : Grégory Doucet, l’humanitaire écolo, à la tête de la ville de Lyon, très mécontent que le Tour de France fasse étape dans cette belle ville de Lyon, a traité cette manifestation si populaire depuis tant d’années, de polluante et « macho ». Obligé, en tant que maire, d’assister au parcours des cyclistes et de la caravane, il a dédaigné le maillot jaune et a seulement applaudi le maillot vert !

A Paris et dans d’autres villes, on privilégie les allées piétonnes, les vélos, les patinettes électriques, au détriment des voitures (beaucoup trop polluantes), avec des règles peu formelles, qui provoquent de nombreux accidents graves. On veut supprimer la voiture dans Paris, mais comment font nos entrepreneurs pour livrer ou dépanner les habitants ? e vois mal le plombier ou le menuisier trimballer sur son dos ou sur son vélo ou sa patinette tout son matériel.

A Bordeaux, notre maire vert veut supprimer le sapin de Noël illuminé et décoré  sur la place en plein centre de la ville, car « plus d’arbre mort dans sa ville » nous dit-il. Nos villes vont devenir bien tristes, s’il est rejoint par d’autres verts. Il est si plaisant de se promener dans ces jolies villes provençales, à Noël et admirer les efforts d’imagination pour décorer à peu de frais leur propre ville.

On parle aussi de supprimer la fête nationale du 14 juillet……… Dans quel monde veut-on nous mener ?

 

 

 

Triste chronique d’une pandémie. Grande leçon d’humilité

La France manque de tests…

Monique Cochinal

En novembre 2019, au moment où, chaque année, une épidémie de grippe sévit, on entend parler de « grippette », en signalant quelques cas isolés. Mais, n’ayons crainte, notre système de santé est le meilleur d’Europe, et le corona virus responsable de la grippe, nous le connaissons. Du reste, nous avons un vaccin très efficace. Bonnes gens dormez bien, dormez tranquilles !

Presque à la même époque, dans une province éloignée d’Extrême-Orient, on parle d’une épidémie plus sérieuse et l’on voit circuler les habitants tous masqués. Oh ! Rien d’anormal : ils sont bien habitués à cette protection …. Il y a une telle pollution dans l’air : trop d’usines polluantes, trop de gaz carbonique … Heureusement rien de semblable en France, nous y veillons !!

Il faut dire que nos « élites » avaient d’autres chats à fouetter : elles devaient faire face à une longue série de grèves, manifestations violentes de personnes de tous bords opposées à cette grande réforme (une de plus) de notre archaïque système des retraites. Une bonne majorité de la population française, désemparée par tant d’hésitations, d’incohérences et d’incompréhensions, se sentait abandonnée, et les plaintes s’amplifiaient : trop de réformes, trop de lois votées vite, non appliquées. Les principaux ministères étaient en panique : réforme du travail, réforme de la santé, réforme de l’éducation nationale, réforme de la justice, réforme de la constitution. Trop de chantiers commencés en même temps, traités froidement, sans aucune considération de l’être humain, le grand principe étant partout la « Rentabilité ». Dans les territoires éloignés et les villes de province : fermeture des maternités (non rentables), fermeture des petits hôpitaux de province (non rentables), fermeture des centres médicaux (manque de médecins, manque d’infirmières, manque d’aides soignants, de kinésithérapeutes), fermeture de petites écoles (pas assez d’enfants et manque d’enseignants).

Très vite, dans cette ambiance plus que morose, tout va basculer, et la « petite grippette » va devenir une redoutable pandémie. Tous les pays de la planète seront touchés. Ce virus invisible, que l’on croyait connaître, va se répandre à la vitesse de l’éclair, et apporter deuils, tristesse, malheur, crise sanitaire, crise économique, crise sociale. « Nous sommes en guerre », annoncera notre Président. Notre ennemi ? Un microscopique virus, aux effets imprévisibles, qui laisse impuissants et désarmés nos plus grands scientifiques mondiaux.

Devant une pandémie ou une guerre, tout Etat se doit de prendre rapidement des décisions précises, faire des choix difficiles, avec, avant toute chose, le souci de protéger la population, et éradiquer, le plus vite possible, le mal, en oubliant les querelles politiciennes, la vanité prétentieuse. Pour mériter confiance, reconnaissance et respect, il faut savoir reconnaître ses torts, humblement et sincèrement, et dire toujours la vérité, aussi dure soit-elle. Il faut savoir diriger fermement, mais sans accuser et juger (une main de fer dans un gant de velours). Il faut savoir rassurer et non effrayer.

Ce n’est qu’en temps de catastrophe naturelle, guerre, pandémie, que l’on distingue la force et les capacités d’un Chef d’Etat et sa bonne gouvernance. En Europe, où la pandémie bat son plein, on voit se profiler une fin plus rapide, dans les Etats les plus forts du Nord (Allemagne, Danemark, Suède, Luxembourg, Suisse, Belgique, Hollande) et un durcissement de la situation dans les Etats les plus faibles du Sud (Italie, Grèce, Espagne).

En France, hélas, nous atteindrons très prochainement le chiffre impressionnant  de 30 000 décès du coronavirus, et probablement plus à la fin de cette pandémie, car il est toujours présent. Un triste bilan, qui a révélé des incohérences, des incompétences, des négligences de la part de notre gouvernement : masques manquants, lits manquants et matériels médicaux introuvables dans les services de réanimation, services d’urgence des hôpitaux publics débordés, pénurie de médicaments indispensables pour soulager les souffrances des malades, menacés très vite de mort par asphyxie. Puis, très vite, confinement déclaré officiellement, fermeture de toutes les écoles, tous les services administratifs, mais, « en même temps » maintien du premier tour des élections municipales. Transparence absolue avec, chaque soir, le nombre de décès en 24 heures, le nombre d’amendes distribuées pour non respect du confinement, mais « en même temps » pas encore assez de masques, de médicaments, d’appareils respiratoires, de sur-blouses pour nos soignants.

La période du « déconfinement » (un nouveau mot inventé par nos gouvernants) n’est pas plus claire avec la réouverture des écoles, mais dans certaines conditions sanitaires : masques obligatoires pour les enseignants, distance de plus d’un mètre entre chaque élève, désinfection des locaux, du matériel utilisé plusieurs fois par jour, lavage des mains au savon très souvent dans la journée, et cours donnés par groupe de 15 enfants maximum, deux jours par semaine seulement. La France est partagée en deux zones : zone verte et zone rouge, mais « en même temps » le virus circule toujours dans toute la France. Donc, restons vigilants, et surveillons les nouveaux cas partout, avec des tests, qui arrivent avec difficulté et manquent encore sur le terrain. On craint même qu’ils arrivent en masse au moment où ils deviendront inutiles. Iront-ils moisir au fond d’un hangar ?

Le gouvernement devra rendre compte devant nos deux assemblées de cette mauvaise gestion de la crise, car nous avons droit à la vérité. Combien de morts évités ? Combien de souffrances soulagées ? Combien de malheurs épargnés ? Pourquoi le décès de mon grand frère, certes âgé (il aurait eu 93 ans en septembre 2020), mais en pleine forme physiquement et intellectuellement, confiné dans son appartement, en plein centre de la ville de Massy, mais obligé de sortir pour se ravitailler, sans masque de protection, car, à cette époque, hélas ! On nous affirmait que le port d’un masque était inutile, pour cacher la vérité : il n’y avait plus de masques de protection, la réserve sanitaire ayant moisi dans un entrepôt, donc devenue inutilisable elle fut brûlée.

Plutôt que de distribuer primes, médailles, belles paroles de reconnaissance aux plus petits de nos soignants, aux plus humbles travailleurs, tous nos vaillants soldats en première ligne, dès le début de la crise, nos gouvernants sauront-ils reconnaître et apprécier leurs valeurs humaines. Relisons la belle fable de La Fontaine : le lion et le souriceau, et mettons à profit la morale de ce récit : « on a souvent besoin d’un plus petit que soi ».

La grande réforme des retraites ? Un ballon qui se dégonfle

Monique Cochinal

Voilà bien longtemps qu’en France on nous parle de la nécessité de faire une réforme de notre système de retraite, les caisses de l’Etat étant, d’année en année, de plus en plus vides, nos seniors vivant de plus en plus longtemps, et nos jeunes travaillant de plus en plus tard, après de longues études supérieures. J’entends encore mon défunt mari dire en toute connaissance de cause : « la retraite à 60 ans  et les semaines de 35 heures, quelle folie ….L’Etat va à la faillite … Moi je prendrai ma retraite à 65 ans ». Il est décédé à 64 ans, après avoir cotisé toute sa vie. C’était en 1987 ….

Chaque nouveau gouvernement (de droite ou de gauche) a bien essayé. Quelques « réformettes » ont été entreprises, sans grand succès dans notre beau pays, alors qu’en Europe et dans plusieurs autres pays du monde, l’âge autorisé de la retraite était reculé (exemple : 67 ans en Allemagne). Chaque programme d’une nouvelle campagne présidentielle comprenait ce grave problème des retraites et nous faisait miroiter des recettes miracles qui nous permettraient de conserver nos droits acquis : régimes spéciaux (42), retraite à 60 ans, avec un niveau de vie suffisant, donc revalorisation suivant le coût du pouvoir d’achat, sans augmentation des cotisations, malgré une grave crise économique et financière mondiale, surtout depuis 2007.

Mais, ce que personne n’avait réussi à faire auparavant, notre jeune et brillant Président Macron le ferait, il nous l’avait promis, et « il fait toujours ce qu’il a promis de faire ». La tâche sera rude, mais ….. Il réussira …. Il fallait, dans ce nouveau monde, une grande et belle réforme des retraites, universelle, équitable, sûre, bien préparée par d’excellents technocrates, pour qu’enfin toutes les classes de la société puissent avoir une longue vieillesse heureuse et paisible, profitant ainsi des progrès de notre médecine moderne, dans ce monde nouveau. Très convaincus (au départ), nos Ministres, députés, guidés par notre Chef d’Etat, n’ont cessé de nous vanter le bien-fondé de cette nouvelle et unique réforme universelle à points, un système différent, le meilleur, le plus fiable, le seul valable. Il fallait expliquer, débattre, avancer les bons arguments, concerter les différents syndicats, et surtout convaincre tous les citoyens français.

Hélas, plus on expliquait, plus tout s’embrouillait chez ces citoyens français, qui devenaient de plus en plus anxieux pour leurs vieux et longs jours, car ils savaient que la vieillesse n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il n’y a pas grand choix : ou bien on est capable de vivre autonome, chez soi, en ayant recours à des aides à domicile, moyennant salaire, ou bien nos chers enfants doivent chercher un établissement spécialisé, moyennant coût de plus en plus important, dépassant largement le montant mensuel de notre retraite.

Plus on essayait d’expliquer, plus on décortiquait ce beau système nouveau, plus on s’apercevait que l’universalité si prometteuse d’équité, devenait une grande source d’inégalités entre les différents régimes (42), chacun revendiquant, syndicats à l’appui, des droits acquis depuis longtemps, et essayant d’obtenir des compensations au manque à gagner que l’on découvrait. Le beau ballon bien gonflé se dégonflait peu à peu …… Pour en arriver aux conflits actuels : grèves, manifestations, grande division, colère, violences : hier, une première fois peut-être dans notre cinquième république, nous avons vu nos pompiers en opposition aux policiers, s’affronter à coups de gaz lacrymogènes, grenades, jets d’eau.

Après un rapport plus que néfaste du Conseil d’Etat, qui a révélé que cette loi sur la réforme des retraites n’était pas subventionnée, et qu’elle ne pouvait pas être présentée à l’Assemblée Nationale ainsi, selon l’article 42 de la Constitution, le gouvernement doit revoir sérieusement sa copie.

 

Monsieur retraites a la mémoire courte

Monique Cochinal, chercheur associé
Jean-Paul Delevoye, nommé ministre en septembre 2019 et chargé par le Président Macron, son ami, de la plus importante des réformes sociales de ces dernières décennies, a la mémoire courte. Lui, l’homme intègre, digne de toute confiance, aurait fait des erreurs impardonnables dans sa première déclaration d’intérêts auprès de la haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP), lors de sa nomination de ministre. Serait-ce dû à son hyper activité ? Une grande fatigue ? Une grosse étourderie ? Ou le sentiment (oh ! bien inconscient) d’être au-dessus des lois ? Dans ce « nouveau monde des macronistes » il ne serait pas le seul.
Le 14 décembre 2019, Martine Orange nous dit que Jean-Paul Delevoye, après une semaine de révélations, Jean-Paul Delevoye, lui, notre « monsieur retraites » avait rendu publique une nouvelle version de sa déclaration d’intérêts. Il reconnaît désormais avoir exercé 13 fonctions dans des organismes extérieurs, dont 11 dans lesquelles il est toujours en poste, en dépit de sa charge ministérielle (au lieu de trois signalées dans sa première déclaration). Il a également réévalué le montant de ses salaires. Depuis les premières révélations du journal « Le Parisien » sur l’oubli de sa fonction d’administrateur à l’Ifpass , l’Institut de formation de la Profession de l’Assurance, la presse avait trouvé cinq « oublis ». Le ministre en reconnaît aujourd’hui 13, dont 11 bénévoles. Comment Jean-Paul Delevoye a pu oublier tant de choses ? Il explique, auprès du journal « Le Monde » qu’il a concentré toute son attention sur sa déclaration de patrimoine, ayant même fait appel à un expert-comptable pour l’aider à la remplir, mais qu’il avait quelque peu négligé sa déclaration d’intérêts, un sujet annexe, selon lui, rejoignant ainsi l’état d’esprit de la macronie, pour laquelle le conflit d’intérêts n’existe pas.
Jean-Paul Delevoye, un ancien élu : député, sénateur, ministre sous Raffarin, président du Conseil économique et social, Médiateur de la République, a oublié qu’un ministre ne pouvait pas cumuler d’autres revenus avec ceux de sa fonction et de ses retraites, selon l’article 23 de la Constitution, qui spécifie : « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national, et de tout emploi public, ou de toute activité professionnelle ».
La loi interdisant donc le cumul des mandats et privé, ainsi, de ses retraites comme député et sénateur, il a jugé bon de conserver son salaire mensuel versé pour sa fonction de président de l’Institut Parallaxe (institut du monde des assurances), une pratique illégale, puisque contraire à la constitution, et pouvant être sanctionnée, et pourtant semblant ne pas émouvoir le gouvernement. Si la presse n’avait pas révélé, une fois de plus, tous ces abus et dysfonctionnements, le manège aurait pu durer encore longtemps.
Comment croire encore nos élus qui, par leurs paroles et leurs actions, se sentent supérieurs aux lois et décrets qu’ils ont votés ?
Comment faire confiance à notre gouvernement dans cette importante réforme des retraites, qui met en cause la vie et l’avenir de 70 millions de personnes ?

Après l’échec de Sylvie Goulard, l’Elysée veut plus de «stabilité» au Parlement européen

3 NOVEMBRE 2019 PAR LUDOVIC LAMANT  MEDIAPART

À l’approche de l’audition de Thierry Breton pour la Commission, l’Élysée plaide pour tirer les leçons du rejet de la candidature de Sylvie Goulard, et réclame une « majorité de responsabilité » au Parlement européen. Quitte à réactiver le spectre de cette « grande coalition » mécanique entre droite et gauche, qui a longtemps étouffé la politique dans l’hémicycle

Le jour du rejet de la candidate française à la Commission européenne, Emmanuel Macron avait lâché, agacé : « Il faut qu’on m’explique. » « J’ai besoin de comprendre ce qui s’est joué de ressentiment, voire de petitesse », avait-il insisté, en marge d’un déplacement à Lyon, le 10 octobre.

À la surprise de ses collaborateurs, il avait même révélé publiquement, ce jour-là, les tractations menées en amont avec la future présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Selon la version du président de la République, c’est l’ancienne ministre allemande qui a insisté pour retenir le nom de Sylvie Goulard, plutôt que d’autres.

Elle l’a fait malgré l’existence de « risques » qui lui avaient été signalés – notamment une procédure judiciaire ouverte à Paris dans l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem. « Ce qui m’est revenu, c’est que ces risques étaient “encadrables”, qu’ils n’étaient pas bloquants », s’est défendu le chef de l’État, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 18 octobre. Bref, celle qui doit succéder à Jean-Claude Juncker serait en partie responsable d’une « crise politique » qui dépasserait largement la France.

Trois semaines ont passé, et l’onde de choc de l’affaire Goulard continue de se propager. Le camouflet du 10 octobre va laisser des traces sur tout le mandat en cours (2019-2024). À Bruxelles, les esprits restent agités à l’approche de l’audition, début novembre, d’un nouveau candidat français, l’ancien ministre Thierry Breton (lire notre portrait).

Plusieurs personnes dans l’entourage d’Emmanuel Macron relaient en tout cas une même analyse, qui peut surprendre : selon eux, l’affaire ne révèle pas tant l’imprudence de Paris, coupable d’avoir choisi une candidate fragile sur le plan éthique et moral, mais plutôt l’absence d’une majorité claire au sein du nouveau Parlement. « La majorité étroite avec laquelle Ursula von der Leyen a été élue au Parlement cet été le prouvait déjà. Il y a des signaux d’instabilité politique au Parlement, il n’existe pas de majorité consolidée pour agir et mettre en œuvre notre programme », dit-on à l’Élysée. En résumé, si Sylvie Goulard n’est pas passée, c’est en grande partie parce qu’Ursula von der Leyen et Angela Merkel n’ont pas réussi à tenir leurs troupes conservatrices au Parlement.

Le président de la République s’en est même pris, le 18 octobre à Bruxelles, à la dynamique délétère de la « pyrolyse » entre conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux : « Les trois groupes qui peuvent former une majorité ont décidé de commencer un processus physico-chimique qui s’appelle la pyrolyse. Ça marche pour nettoyer les fours, on ferme [et] l’on détruit progressivement tout ce qu’il y a dedans. […] Cette dynamique ne permet pas d’avoir une Commission forte. »

C’est pourquoi l’Élysée multiplie désormais les appels pour la formation d’une « majorité de responsabilité et d’ambition » au sein de l’hémicycle. Depuis la tenue des premières élections européennes en 1979, jamais le Parlement européen n’a été aussi divisé qu’aujourd’hui. Les conservateurs du PPE et les sociaux-démocrates du S&D ne peuvent plus à eux seuls gouverner, unis dans cette « grande coalition » qui a marqué – et asphyxié ? – la politique européenne pendant des années.

Comme Mediapart l’avait décrit, les eurodéputés ont tenté, en juin dernier, de former une coalition aux contours bien plus larges : PPE, S&D mais aussi libéraux (le groupe Renew, ex-ADLE) et Verts. Mais cet essai n’a pas débouché. Aujourd’hui, Emmanuel Macron remonte au créneau sur le sujet. Quitte à donner l’impression qu’il veut museler un Parlement trop vivant à son goût, et revenir aux pratiques toxiques de la « grande coalition », qui corsetait les débats et étouffait les positions minoritaires… au moment même où le Parlement européen semble s’affirmer dans le jeu bruxellois.

« Au contraire, nous pensons que c’est une bonne chose que la politique se fasse désormais en plénière et dans les commissions du Parlement européen, plutôt que dans les couloirs, rétorque l’eurodéputé Stéphane Séjourné, à la tête de la délégation Renaissance à Bruxelles. C’est une bonne chose qu’il y ait des surprises. »

L’ancien conseiller du chef de l’État assure qu’il n’est pas question d’en revenir aux pratiques de la « grande coalition » : « Nous pensons à quelque chose d’intermédiaire qui nous permette de stabiliser un cadre majoritaire, qui n’efface pas la politique, mais qui permette de conserver une certaine efficacité, pour ne pas faire traîner trop longtemps les discussions de couloir. »

L’exécutif a une date en tête : le premier semestre 2022, durant lequel la France doit occuper la présidence de l’UE – en même temps qu’organiser une élection présidentielle. Il faut tout faire, dans l’esprit d’Emmanuel Macron et de ses lieutenants, pour que le plus grand nombre de textes aboutissent d’ici-là.

Vu la lenteur du processus de prise de décision à Bruxelles, l’opération s’annonce difficile. D’autant que bon nombre de partenaires européens de la France, à commencer par l’Allemagne, affichent moins d’entrain. Et que le style Macron, perçu par beaucoup comme de l’arrogance, passe de moins en moins à Bruxelles.

L’une des raisons du rejet de Sylvie Goulard n’a rien à voir avec sa personne : des élus de droite ont aussi voulu se venger de Paris, après le veto d’Emmanuel Macron posé à la candidature de Manfred Weber, un eurodéputé conservateur bavarois, pour présider la Commission. L’affaire Goulard a suivi un premier revers de taille pour la délégation Renaissance, lorsque Nathalie Loiseau avait été empêchée de présider le groupe Renew, après avoir braqué certains de ses partenaires issus de « petits » pays. À l’époque, c’est l’arrogance de Paris qui avait été critiquée de toute part.

« Ces deux épisodes ont un point commun, reconnaît Stéphane Séjourné. Il y a une attention particulière autour de ce qui a trait à Macron en Europe. Il énerve une partie des autres délégations du PPE et du S&D. La France a toujours été à la remorque depuis dix ans dans les institutions. On a placé des gens dans les institutions qui n’ont pas forcément fait le job. Aujourd’hui, le réinvestissement politique dans ces institutions peut coûter cher. On n’a pas le droit à l’erreur. Mais nous n’allons pas non plus renoncer à notre volonté de pousser nos sujets en Europe. »

Sur un registre plus consensuel, le président de la République a pris position pour la création d’une Haute Autorité de la transparence, idée défendue de longue date par les écologistes, et reprise il y a peu par la Gauche unitaire européenne (lire notre entretien avec Manon Aubry). Cette future entité indépendante se pencherait sur la situation des commissaires, mais aussi des eurodéputés et des hauts fonctionnaires de l’UE.

Il reste une autre inconnue de taille à ce stade : l’avenir de Thierry Breton. L’eurodéputé écolo Yannick Jadot a déjà prédit que cela allait « être difficile, encore une fois »« Thierry Breton est président d’Atos, une société du numérique qui touche des subventions européennes. […] Et dans son portefeuille de futur commissaire, qu’est-ce qu’on a ? Le numérique. On va avoir un souci de conflit d’intérêts », a-t-il souligné.

Même tonalité du côté des eurodéputés socialistes français, qui pointent pour leur part « une responsabilité morale dans le désastre des suicides chez France Télécom » : « Après le crash de Sylvie Goulard, si le président Macron imagine que l’audition de Thierry Breton sera une formalité, il se trompe lourdement », écrivent-ils dans un communiqué.

Thierry Breton a fait savoir lundi, par la voix de son entourage, qu’il vendrait l’ensemble des actions qu’il détient, dont celles d’Atos, si sa nomination était confirmée par le Parlement européen. Suffisant pour gagner la confiance des eurodéputés ? Stéphane Séjourné, lui, se dit « confiant », convaincu que l’« on ne peut pas analyser le conflit d’intérêts à l’aune d’une expérience dans le privé, parce que sinon, cela veut dire que l’on ne met que des responsables politiques qui n’ont fait que ça de leur vie ».

Et d’insister : « Si l’on suit la définition du conflit d’intérêts de Yannick Jadot, dans ce cas-là, lui-même a beaucoup de chance de devenir commissaire, puisqu’il a fait de la politique toute sa vie. Mais ce n’est pas notre conception des choses. Je ne vois pas pourquoi on serait systématiquement suspicieux de quelqu’un qui ne devrait pas défendre l’intérêt général européen, parce qu’à un moment donné, il a défendu des intérêts particuliers. »

Lors de son audition, Breton devrait s’engager à se déporter des questions liées à Atos durant son mandat. Mais des eurodéputés anticipent déjà un redécoupage de ce portefeuille par ailleurs gigantesque, qui inclut marché intérieur, numérique, défense, espace ou encore… culture. Ce serait, là encore, un nouvel affront pour Emmanuel Macron, lui qui avait déclaré, le jour du rejet de la candidature de Sylvie Goulard : « Je suis très détendu, ce qui m’importe, c’est le portefeuille. »

Extrémisme: La barbe et la burqa ne font pas le terrorisme

BERNARD OWEN | LE 11/01/15

Maria Rodriguez-McKey  

fr/archives/cercle/2015/01/11/cercle_120809.htm

Même si les pays occidentaux voient le nombre d’extrémistes croître sur leur sol, il est difficile de les distinguer du reste des autres citoyens.

En France, la neutralité de l’école publique s’applique officiellement aux professeurs et aux élèves. Il n’en est pas partout ainsi, par exemple, aux États-Unis, dans les écoles publiques, les professeurs doivent observer une stricte neutralité, ce qui n’est pas exigé des élèves (port du voile, vêtements ostentatoires, croix, kippa, etc.).

Peut-être en raison des nombreuses religions qui cohabitent ensemble depuis longtemps dans ce pays, et surtout que de nombreux immigrants avaient quitté l’Europe où l’on ne pratiquait pas la liberté de culte.

Poussée des extrémistes

Mais on assiste, comme partout dans le monde, à une montée grandissante d’extrémistes jeunes et moins jeunes, vivant dans un pays comme tout autre citoyen. Ils n’ont pas de signes ostentatoires. La burqa et la barbe ne font pas le terroriste. Ils fréquentent les discothèques, ont de petites amies, et semblent parfaitement intégrés.

En Grande Bretagne, ils jouent au cricket. Le père d’un de ces tueurs était propriétaire d’un « fish and chips shop », sa famille n’était-elle pas des plus intégrées ? Nous ne sommes plus à l’époque où l’art de la guerre faisait manœuvrer des combattants qui portaient des uniformes et brandissaient des fanions. De toute façon ces belles tenues et armures n’étaient-elles pas témoins d’atrocités ?

Notre tueur actuel n’inscrit pas sa nature. Il est poli avec ses voisins et semble bien intégré dans le milieu où il vit. Dans ces conditions, comment le reconnaître ? Par le passé, il a été un petit délinquant. Il a fait de la prison, pas trop. Il a été en Afghanistan, au Yémen : c’était pour faire du tourisme. Mais à ce moment-là, il va basculer dans l’horreur, certain qu’il est devenu un héros.

1.000 terroristes français fichés aux Etats-Unis

Certes, il est difficile de les suivre dans leurs activités malfaisantes, car intervient la notion de liberté individuelle. Les événements du 11 septembre 2001, aux États-Unis, ont mené au « Patriot act », car le succès de Ben Laden découlait du manque de coordination entre le terrain et le centre opérationnel – le fait qu’un des pilotes apprentis ne souhaitait pas apprendre comment atterrir avait éveillé les soupçons à la base, mais sans suite…

Nos terroristes français étaient fichés dans le cadre du « Patriot Act » et disponible pour la France. Ils étaient au nombre de 1.000, encore fallait-il que nos informaticiens conçoivent des logiciels qui feraient de sorte qu’une cohorte de policiers ne soit pas nécessaire pour les suivre dans leur activité de terrorisme.

Les événements en France du 8 janvier 2015 mènent à des interrogations. Faut-il poser des limites à la liberté individuelle au nom du bien-être général ? Sur un autre registre moins difficile à résoudre est celui de l’application de peines. Était-il normal qu’un de nos tireurs n’ait accompli que deux ans d’une peine de prison de six ans ? Chaque situation dramatique doit mener à réfléchir. Celle-ci est d’autant plus importante qu’elle couvre le monde entier.

Président Macron face à l’hydre islamiste

besopha — Paris Uploaded by Magnus Manske

Monique Cochinal

Le jeudi 3 octobre, Mickaël Harpon, agent administratif à la Direction de Renseignement de la Préfecture de Paris (DRPP), armé de deux couteaux a sauvagement tué quatre de ses collègues et blessé une cinquième. Une véritable tuerie préméditée, un drame épouvantable commis au sein de la Préfecture de Police de Paris, l’Etat dans l’Etat. Cela ne s’était jamais produit auparavant et appelle de nombreuses enquêtes, en cours ou à venir.

Comment une telle personne, habilitée à un service de renseignement « secret défense » a pu en arriver à  cet acte odieux ? Le plus grave est qu’il avait accès aux dossiers « secret défense » de l’Etat. Une taupe bien placée au sein de notre noble institution : la police nationale, chargée de notre protection …… On en a froid dans le dos ! On comprend l’angoisse terrible que vit, depuis, chaque matin, chaque employé, quand il franchit le seuil de son lieu de travail. On imagine l’esprit de suspicion qui va régner dorénavant dans cette maison de l’Etat, car qui aurait pu affirmer que cet « irréprochable employé, connu de tous, sans aucun signe apparent de radicalisation (comme nous l’affirme Christophe Castaner, trois heures après la tuerie), subitement, deviendrait fou furieux, adepte de cette « hydre islamiste » ?

Une nécessaire enquête, menée par le Procureur de la République : Jean François Ricard, à la tête du Parquet National anti-terroriste, nous révèle, en quelques jours, de graves dysfonctionnements dans différents services administratifs de la Préfecture de Police de Paris, reconnus par notre Ministre de l’Intérieur : Monsieur Castaner lui-même, le chef suprême de la police, qui n’était pas au courant de la radicalisation de Mickaël Harpon, depuis déjà plusieurs années (qui peut croire à une telle ignorance ?). Mais, il ne démissionnera pas. Du reste, il garde la confiance de l’ensemble de son gouvernement et de son cher ami, notre Président Macron.

Devant les quatre cercueils, les familles éplorées et  l’assemblée de nos policiers fortement éprouvés, notre Président se devait de prononcer un éloge grandiose de nos policiers défunts, avec remise à chacun de la légion d’honneur à titre posthume. Il nous assure que tout sera mis en œuvre pour remédier à jamais à ces dysfonctionnements, mais que, « en même temps », le risque zéro n’existe pas. Il appelle tous les citoyens à lutter contre cette « hydre islamiste », car il pense que toutes nos institutions, toutes nos lois ne sont pas à l’abri d’infiltrations de radicalisés, genre Mickaël Harpon, petit Français bien tranquille, bon musulman et fier de l’être.

Alors, il demande à tous « ces gaulois récalcitrants » de rester unis et de devenir des « gaulois vigilants » en surveillant de près, partout où nous sommes, nos voisins, nos collègues de travail, nos relations, afin de déceler le moindre signe de radicalisation dans leur comportement, et de le signaler aussitôt. Citoyens à vos armes pour tuer l’hydre islamiste !

 

Goulard sommée de s’expliquer sur les liens entre Macron et un raider américain


Sylvie Goulard. © Reuters

Quelques extraits d’un article fort intéressant…

4 OCTOBRE 2019 PAR LAURENT MAUDUIT

Après une audition mouvementée devant le Parlement européen, la candidate au poste de commissaire européen au marché intérieur va devoir répondre à des questions écrites complémentaires.

Après l’audition mouvementée qu’elle a connue, le 2 octobre, afin de devenir commissaire européen au marché intérieur, Sylvie Goulard espérait peut-être en avoir fini avec ce long parcours d’obstacles vers Bruxelles. Et pourtant, non. Dès la fin de l’audition, elle a su qu’une nouvelle épreuve l’attendait. Le Parlement européen a en effet décidé que les « coordinateurs » pour les commissions parlementaires – qui regroupent les dirigeants politiques de chaque groupe, chargés de coordonner le point de vue de leur groupe sur les différents sujets et d’organiser le travail, en relation avec le président et les vice-présidents– lui enverraient un jeu de multiples questions écrites, afin qu’elle leur fournisse des réponses plus précises.

Mediapart a pris connaissance de ces questions auxquelles va devoir maintenant répondre Sylvie Goulard : elles sont susceptibles d’être ravageuses. Elles reprennent, mais de manière beaucoup plus détaillée et incisive, les interpellations qui ont été lancées lors de l’audition. Et surtout, elles détaillent les relations professionnelles que l’ex-ministre française des armées entretenait avec le raider américain Nicolas Berggruen, ainsi que les relations que ce dernier ainsi que son frère, Olivier Berggruen, entretenaient avec Emmanuel Macron.

Or, comme ces questions sont posées de manière écrite, il va maintenant être beaucoup plus difficile à celle que l’Élysée veut faire entrer à la Commission européenne de jouer de l’esquive ou d’éluder les questions.

Sous l’intitulé « Questions écrites supplémentaires au commissaire européen pour le marché intérieur », le questionnaire commence par un commentaire acerbe qui donne le ton : « Lors de l’audition du 2 octobre 2019, vos réponses et vos engagements ne nous ont pas été clairs. »

Suivent alors une cascade de questions qui portent sur tous les volets de l’activité qui seront sous la supervision de Sylvie Goulard, si finalement le Parlement devait accepter qu’elle devienne commissaire européen au marché unique, aux côtés d’Ursula von der Leyen. Du marché unique jusqu’à la défense, en passant par la politique industrielle, les aspects extérieurs, le numérique, le dieselgate, l’économie circulaire, la politique industrielle, ou encore l’intelligence artificielle, la candidate va donc devoir de nouveau s’expliquer sur les  innombrables dossiers de son possible portefeuille.

Noir week-end de rentrée

Marche pour le climat, les gilets jaunes, les retraites…

Monique Cochinal, chercheur associé

On nous avait prédit un week-end de rentrée très mouvementé, avec de nombreuses manifestations et revendications sociales, infiltrées par de violents gilets jaunes radicalisés et de virulents black blocs. Le Président Macron, lui-même était très inquiet. Les forces de l’ordre, toujours parfaitement informées (nous dit-on) se tenaient prêtes à toute éventualité. Policiers à vos postes, une fois de plus, toujours prêts aux ordres du Préfet de Police de la ville de Paris, très droit dans son bel uniforme, implacable, il nous dit : « On s’attend à une ruée de black blocs dans les rues de la capitale, mais nous ferons face, nous sommes prêts …. Renforcement de nos troupes policières, de nos brigades mobiles, munies de superbes et puissantes motos enfourchées par nos vaillants et superbes motards, bien équipés …. Renforcement des contrôles dans nos gares et nos aéroports …… Interdiction de manifester dans plusieurs quartiers de Paris, complètement cernés par un important service d’ordre ….. Canons à eau en place, grenades lacrymogènes etc… etc… Boutiques de commerçants fermées, devantures barricadées ». Encore cette fois-ci, gros embarras de notre Ministre de l’Intérieur, car ce samedi ensoleillé et estival est le début des journées du patrimoine 2019, qui rassemblent chaque année un grand nombre de personnes françaises et étrangères, venues visiter les plus beaux sites de Paris et de France, déambuler dans les jardins tout fleuris de l’Elysée, du Sénat, admirer ces superbes anciens hôtels particuliers, sièges de nos Ministères. Bien facile, pour nos violents et rusés black blocs et extrémistes de tous genres de s’infiltrer dans cette foule, et faire leur petite révolution, sans être interpellés.

Finalement, beaucoup de bruit et de paroles, pour (heureusement) peu de choses. Il y a bien eu quelques actes répressifs, quelques semblants de barricades et quelques poubelles incendiées, surtout dans les manifestations des jeunes écolos, anti mondialisation, anti pesticides, anti élevage intensif, anti agriculture intensive, les « ultra » venus manifester, eux, jeunes nantis, fruits de nos « trente glorieuses », munis de leurs téléphones « ultra performants », vêtus d’habits de marque, chaussés de chaussures de marque (derniers produits de cette mondialisation qu’ils bannissent à tout jamais), dirigés et instrumentalisés par des organisations non gouvernementales étrangères telles que « Green Pace » .

Nous voyons, dans ces manifestations de ce samedi, peu de gilets jaunes, ce qui fait dire à nos gouvernants que ce samedi est un nouveau succès pour Monsieur Castaner et son service d’ordre, et que c’est un « flop » pour nos gilets jaunes et leurs revendications, qui n’ont plus de raison d’être, comme nous le confirme S. Ndiaye, porte parole du gouvernement, ce matin devant les médias. Nous apprenons, de sa bouche, beaucoup d’autres choses peu agréables, mais « en même temps » dites avec un grand sourire découvrant une rangée de dents d’un blanc éclatant. Par exemple : concernant les taxes supplémentaires (nouveaux impôts) attribuées sur le travail des aides ménagères accordées aux personnes âgées (les séniors qui peuvent bien casquer, puisqu’ils sont riches), S. Ndiaye confirme, en ajoutant d’un air candide : «  n’allez pas penser que nous pratiquons une politique anti vieux ». Mais, qui donc aurait pu imaginer une telle pensée ?

Le jour de la grève très suivie des transports parisiens, où cette foule de travailleurs (et travailleuses) parisiens et banlieusards attendait en vain un train ou un métro, en espérant pouvoir monter sans rester coincés dans les portes qui se referment, notre chère Madame Ndiaye diffusait ce message, pensant bien faire : « Je me rendrai au travail avec ma voiture de fonction, mais je compatis devant les difficultés rencontrées par les travailleurs (et travailleuses) pour se rendre à leur travail ». Comme c’est gentil de penser à eux (et à elles) !!!

Et l’entretien se poursuit : un taux de chômage un peu réduit ? « C’est un beau succès, que l’on n’avait pas vu depuis plus de dix ans …. Ca prouve que nos réformes commencent à produire des résultats positifs ». Nouvelles lois pour les migrants ? Réponse : « l’intégration ne fonctionne pas » (enfin un aveu d’insuccès !), mais elle poursuit : «  pour tous ces sujets brûlants, il faut du temps, beaucoup de temps pour convaincre tous nos citoyens, et un autre grand débat national ». Encore un débat, qui va occuper notre Président et son gouvernement pendant encore combien de temps ? Ce dernier samedi, on lisait sur de grandes pancartes ces mots : « Grand débat, grand bla bla bla ».

Ce matin, un éditorialiste analyse tous ces événements et conclue tristement, que c’est un week-end surtout raté pour notre démocratie, car on a assisté à des manifestations de rues bridées par le gouvernement, et que la réponse aux revendications se dilue dans le temps, en se transformant en bla bla bla politiciens. J’ajouterai que cette première journée du patrimoine 2019, avec portes ouvertes de nos plus beaux monuments nationaux a fait « flop » au point de ne pas en parler. Un grand dommage pour Stéphane Bern, notre Monsieur Patrimoine. Mais cela aura évité les petites phrases blessantes, dites, un an plus tôt, dans les jardins de l’Elysée, par notre Président à un jardinier se plaignant de ne pas trouver du travail : « Du travail ? Je t’en trouve, il n’y a qu’à traverser la rue …. ».