Franco-German tension complicates race for EU’s top jobs

Strained relations between Berlin and Paris make it hard to predict who will end up running the commission and ECB

Mallet in Paris and Guy Chazan in Berlin

Europe is picking a new batch of EU presidents and there is nothing like the symbols of a coronation for France and Germany to show the world how close their relationship is — and who exactly is on top.

When General Charles De Gaulle invited Konrad Adenauer for a “mass for peace” in 1962 it was held in Reims Cathedral, where French kings had been crowned since the sixth century. The event was a historic reconciliation after three catastrophic wars, but De Gaulle nevertheless chose a chair that was noticeably taller than the German chancellor’s.

Six decades on, with Berlin’s economic power now in the ascendant, Angela Merkel and Emmanuel Macron renewed the vows of the Franco-German relationship in January, signing the Aachen treaty in a hall where Holy Roman Emperors once held coronation banquets.


German chancellor Konrad Adenauer (left) and French President Charles De Gaulle attend mass at Reims cathedral on July 5 1962 © AFP

But instead of a backdrop of vaulted medieval ceilings, fit for the ambition of Mr Macron, the German hosts put the leaders in front of a white panel, smattered with functional black lettering. “It said it all,” says one senior official present at the ceremony. Ms Merkel, now on her fourth French president, is not one for vaulting ambition.

The episode is a window on an increasingly lopsided political double act that, along with the rest of the EU’s leadership, is seized by transition. Brussels is in the throes of a succession battle, and the Franco-German relationship, once the guiding force for the European project, is showing the strain.

At a Brussels summit next week, the EU is supposed to start nominating new presidents for its main institutions — the European Commission, European Council, European Central Bank and European Parliament. It is a chance for the two senior partners to shape the outcome. Yet rather than rush to Berlin to seal a deal, Mr Macron is openly challenging the veteran chancellor and her centre-right allies in the European People’s party.

Nominally in his sights is Manfred Weber, the lead candidate for the EPP and Ms Merkel’s official choice for the Commission. But Mr Macron’s aim is broader: to “rebalance Europe” through alliances with progressives and liberals to end what senior French officials call the “hegemonic habits” of the Berlin-dominated EPP. France’s disrupter-in-chief is turning his energy to the political networks that underpinned two decades of German dominance in Brussels.

Fake News, délation, punition

Monique Cochinal

Trois mots courants de ce « monde nouveau ».

Il ne se passe pas de jours sans que nos politiciens n’emploient ces mots effrayants, qui sont responsables d’un climat de méfiance, d’angoisse, de peur et de division des citoyens. Est-ce cela le « nouveau monde » ? Est-ce cela la nouvelle politique ? Est-ce cela le « macronisme » ?

Certes, notre vieille France a grand besoin de réformes pour affronter la mondialisation actuelle, mais, pour chaque nouvelle réforme, nos ministres, nos députés, et le Président lui-même, à bout d’arguments convaincants, ordonnent, culpabilisent, dénoncent et punissent les citoyens non convaincus. Dans quel monde vivons-nous ? Comment ne pas réagir ?

Pour l’écologie et les lois concernant la transition écologique, on nous dit : « citoyens, soyez conscients et responsables. Si vous ne voulez pas que vos enfants et petits-enfants meurent asphyxiés par les gaz d’échappement de vos voitures polluantes, changez de voiture, ou bien passez-vous de voiture ». Il y a quelques jours, j’entendais même, dans la bouche d’un célèbre élu vert, ces mots : « Nous demandons à l’Assemblée de voter un amendement pour supprimer toutes les publicités en faveur des voitures essence et diesel ». Il allait encore plus loin en ajoutant : « interdisons la construction de tels moteurs polluants ». En voilà une drôle d’idée ….. Une façon certaine de provoquer la fermeture de nos usines automobiles mondialement prospères, et de mettre au chômage beaucoup d’ouvriers et employés.

Dans le domaine de l’économie et les nouvelles lois sociales, bientôt en vigueur, les entreprises seront étroitement surveillées, classées. On dénoncera les chefs d’entreprise trop friands de contrats à durée déterminée (CDD). Ces mauvais seront punis. Ils devront payer une amende, mis à l’index, et n’auront plus la confiance des éventuels clients. C’est la chasse aux réfractaires de la loi. Après les entreprises, on s’attaque aux banques : la Société Générale, la BNP Paris Bas, qui ont versé des sommes considérables comme amendes.

Dans le domaine de la santé, ce n’est pas mieux. Notre chère Ministre de la santé, après avoir augmenté les taxes sur le tabac, les alcools (il est vrai que la consommation à outrance de ces denrées est très mauvaise pour la santé), donc notre Ministre de la santé envisagerait d’obliger nos jeunes médecins de s’établir dans nos territoires lointains, à la campagne et non en ville. Encore, faudrait-il qu’il y ait assez de nouveaux médecins pour les villes et les campagnes de France ? Avant de recruter des médecins étrangers : Polonais, Turcs, Africains, Asiatiques……

Pour vous déplacer rapidement, vous envisagez de prendre l’avion. Alors, là aussi ….. Attention ! Soyez donc responsable et réfléchissez un peu : si vous voulez aller à Lyon, on vous obligera à prendre le TGV (non polluant) et non l’avion (à des prix défiant toutes concurrences, selon certaines compagnies aériennes), car ce moyen de transport émet trop de gaz polluant, donc à supprimer.

Quant aux « fake news » répandues partout à une vitesse folle, elles frappent toute personne en plein cœur, blessent profondément et anéantissent la réputation d’un être à vie.

Quel triste monde ! Il me rappelle celui de la dernière guerre, où nous avons connu un tel climat de délations, dénonciations, méfiance envers l’autre, le voisin, l’ami même parfois.

Seuls face à l’extrême droite: le jeu dangereux des macronistes

11 JUIN 2019 PAR ELLEN SALVI

Certains macronistes profitent de l’affaiblissement des partis d’opposition pour lancer des appels à rejoindre leurs rangs. Sous couvert de rassemblement, ils piétinent le pluralisme, écartent les contre-pouvoirs, et installent le RN comme unique alternative.

 « Qui est prêt à faire passer son pays avant son parti ? » Cette question, posée par la secrétaire d’État Marlène Schiappa et les deux députés LREM Olivia Grégoire et Laurent Saint-Martin, dans une tribune parue le 9 juin dans Le JDD, peut sembler anodine sur le papier. Après tout, que des macronistes qui se targuent depuis plus de deux ans de dépasser les clivages appellent sans distinction ceux qui le souhaitent – de LR au PS, en passant par le Parti animaliste – à les rejoindre n’a rien de surprenant.

Que des personnes qui répondent « pragmatique » lorsqu’on leur demande quelle est leur sensibilité politique ne voient aucun inconvénient à effacer les cultures et les histoires de chacun n’est pas non plus très étonnant. On pourrait s’agacer – et on le fait d’ailleurs – de la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à dire que « le principal parti de droite ne défend plus l’ordre public et cautionne les manifestations violentes » et que « le principal parti de gauche ne se réjouit pas de la baisse factuelle du taux de chômage ».

Mais le problème n’est même pas là. Non, le problème fondamental de cette tribune, au-delà de l’ineptie de certaines de ses assertions, d’autant plus crispantes qu’elles sont assénées sur le ton de l’évidence, réside dans le raisonnement que sous-tend la question posée par les trois signataires. Car à y regarder de plus près, cette question est tout sauf anodine. Elle est même lourde de sens, tant l’idée qu’elle véhicule est de nature à remettre en cause l’un des fondements de notre démocratie : le pluralisme.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron à l’Élysée, le 21 novembre 2017. © Reuters

 

Le projet de Marlène Schiappa, Olivia Grégoire et Laurent Saint-Martin repose sur un principe assez simple : puisque les partis traditionnels sont démonétisés, autant que les élus qui souhaitent se mettre « au service des Français » viennent « marcher » derrière Emmanuel Macron. Rassurons-nous, les trois signataires restent magnanimes : « Nous ne serons pas d’accord sur tout, concèdent-ils, c’est ce qui fait (encore) la beauté du débat d’idées. Mais nous serons rassemblés sur une destination. »

Une destination, pour ne pas dire un « cap », celui que le président de la République maintient depuis le début de son quinquennat, malgré la crise sociale. Cette tribune, qui s’appuie sur la désormais fameuse ligne de partage entre « progressistes » et « populistes », a évidemment pour objectif de créer une force assez dense pour faire le poids contre l’extrême droite, arrivée en tête des élections européennes. En revanche, elle ne dit absolument rien des politiques à mener pour endiguer la montée du RN.

Sous couvert de rassemblement, l’appel de Marlène Schiappa, Olivia Grégoire et Laurent Saint-Martin est aussi simpliste que dangereux. Certes, les soutiens du chef de l’État pourront affirmer qu’il est logique qu’un parti cherche à glaner toujours plus de renforts. Ils pourront aussi arguer que le RN n’a pas attendu Emmanuel Macron pour mettre à mal le bipartisme droite/gauche. Mais donner corps à ce que les frontistes ont longtemps appelé « l’UMPS » et installer dans la durée une nouvelle bipolarisation politique, où le vote utile règne en maître, est un pari risqué.

Car une fois que ce grand parti hégémonique aura été créé et qu’il luttera seul contre celui de Marine Le Pen, quelle alternative restera-t-il en cas de crise du pouvoir ? Le RN, rien que le RN. C’est ce qu’explique dans les colonnes du Point l’ex-conseillère de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, que l’on peut difficilement taxer de gauchiste. « Si c’est le vrai clivage[progressistes/populistes – ndlr], alors c’est le vrai vertige parce qu’à force de dire aux Français, c’est moi ou le RN, on finira par avoir le RN », prévient-elle.

Avant de poursuivre : « Si le jeu politique se réduit à un choix entre Emmanuel Macron, qui porterait les espoirs des gagnants de la mondialisation, et des partis politiques dispersés qui ne parleraient qu’aux perdants, on se prépare des lendemains difficiles. […] La démocratie doit avoir deux poumons, tournés vers le progrès, mais qui parlent au peuple, ayant en commun l’essentiel des valeurs républicaines, tout en permettant l’alternance. » En clair, la démocratie mérite mieux qu’un face-à-face avec l’extrême droite.

Tous ceux qui « veulent faire passer leur pays avant leur parti », pour reprendre la formule de Churchill que Marlène Schiappa, Olivia Grégoire et Laurent Saint-Martin ont détournée, n’ont donc pas vocation à se retrouver au sein d’une seule et même formation. La stratégie du « moi ou le chaos », qu’Emmanuel Macron entend user jusqu’à la corde, contribue à maintenir le RN au centre de l’échiquier politique pour se poser en rempart. C’est électoralement fructueux. Jusqu’au jour où ça ne le sera plus.

Quand on les interroge sur le sujet, les soutiens du président de la République répètent qu’ils ne sont en rien responsables de cette situation, qu’ils préféreraient avoir LR, le PS ou EELV comme adversaires, mais que la réalité est ainsi faite, que l’on n’y peut rien, que la droite et la gauche se sont tuées toutes seules, etc., etc. Difficile de nier que les partis dits de gouvernement sont mal en point depuis de nombreuses années. Emmanuel Macron est d’ailleurs avant tout le fruit de leur déconfiture.

Mais depuis le début du quinquennat, la donne s’est clarifiée. Car malgré ce que veulent croire ceux qui, au sein de LREM, se pensent encore de gauche, les politiques conduites par le gouvernement d’Édouard Philippe ont rapidement démonté l’idée du « en même temps ». Aux élections européennes, les électeurs de droite ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, en se reportant massivement sur le vote macronistebientôt suivis par des dizaines d’élus locaux, anciennement estampillés LR.

Que le ministre Sébastien Lecornu appelle ses anciens collègues de la rue de Vaugirard à le rejoindre au sein de la majorité est donc plutôt cohérent : la droite n’est pas morte, elle est au pouvoir. « Il faut dire les choses comme elles sont : Emmanuel Macron est le meilleur président de droite qu’on ait eu depuis un certain temps », reconnaît Emmanuelle Mignon dans Le Point. La République en marche, « c’est de la droite modérée, pour moi, il n’y a pas de sujet à cet égard », a également déclaré l’avocat François Sureau, sur France Inter.

Même s’il déplaît aux ex-socialistes de la majorité, l’appel des anciens LR à rallier les rangs de la Macronie n’est pas de même nature que celui formulé par Marlène Schiappa, Olivia Grégoire et Laurent Saint-Martin pour tenter vainement de rééquilibrer les forces. Car en affirmant que ceux qui, à droite comme à gauche comme au centre comme partout, ne choisiraient pas LREM feraient passer leur pays au second plan, les trois signataires créent un prétendu « camp du bien » et touchent un point sensible de nos équilibres institutionnels : celui des contre-pouvoirs, dont font partie les oppositions politiques.

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Si le pouvoir n’est pas entièrement responsable de l’épuisement des contre-pouvoirs, il ne peut décemment s’appuyer sur leurs faiblesses pour avancer. La première partie du quinquennat, et l’échec de la méthode d’Emmanuel Macron en la matière, en a fait la preuve. En écartant du chemin de ses réformes tous ceux qu’il considérait comme des « éléments bloquants », à commencer par les corps intermédiaires et les élus locaux, le chef de l’État a d’abord imposé ses politiques au pas de charge. Puis, il s’est retrouvé seul. Seul face aux « gilets jaunes », sans aucun corps intermédiaire pour jouer les pare-feu.

Le retour de bâton de cet exercice vertical du pouvoir a pris la forme d’un mouvement social inédit, qui a décidé le président de la République à changer non pas de « cap », mais de « méthode » – du moins l’a-t-il promis. Le même principe peut s’appliquer aux partis d’opposition. Si au lieu de laisser la droite et la gauche se revitaliser, le pouvoir profite de leur décomposition pour s’installer seul face au RN, sans aucune autre alternative, il prend le risque d’un nouvel effet boomerang. Dont il ne sera, cette fois, pas la seule victime.

 

Ecosse : un système électoral favorable aux nationalistes

Depute Chef du Parti national écossais et MSP pour Dunblane et Clackmannanshire Keith Brown est vu prendre une avec un manifestant selfies après un discours à l’extérieur du Parlement écossais. Les manifestants se sont réunis à l’extérieur de bâtiment du parlement écossais à Édimbourg pour protester Brexit et à faire pression pour un deuxième référendum sur l’indépendance.
– ID de l’image: RDDMF6

Bernard OWEN, Secrétaire général du Centre d’Etudes – Sénat

Le système électoral écossais a favorisé l’accès au Parlement des petites formations comme celle du Parti Nationaliste. Légitimés, ceux qui prônent la séparation de l’Ecosse avec le Royaume-Uni ont pu plus facilement ouvrir le débat de l’indépendance.

Pendant la campagne menant au referendum, on parle d’économie, de la Livre Sterling, du pétrole de l’Europe, mais il existe une voie qui mène à des modifications pouvant être bienfaisantes ou dramatiques. Il s’agit du système électoral choisi, dont les effets sont ignorés ou mal compris.

L’Ecosse, en tant que région bien déterminée, ainsi que le Pays de Galle au Royaume Uni, ont tendance à voter à gauche : il s’agit donc du Parti Travailliste, qui était le parti dominant. Prenons l’évolution en sièges de deux partis qui nous concernent dans ce travail, lors des élections à la Chambre des Communes Britannique pour le vote qui a eu lieu dans les circonscriptions écossaises.

De 1974 à 1997, le vote pour le Parti Travailliste a toujours été supérieur à 40 sièges, atteignant même 56 sièges en 1974. En ce qui concerne le Parti Nationaliste Ecossais, après un bon début de 11 sièges en 1974, il obtenait moins de 5 sièges sauf pour l’élection de 1997 où il a atteint 6 sièges.

Lorsqu’il a été question, dans les années 1990, d’un Parlement à Edimbourg qui s’occuperait de questions de la région, on a pensé que l’Ecosse indépendante serait condamnée à subir invariablement un gouvernement de gauche. Alors on créa un système électoral double : majoritaire et proportionnel à compensation. Ce qui fut appliqué de 1999 à 2011.

Avant de développer le nouveau système intitulé « système de membres additionnels », réfléchissons sur le raisonnement. Les auteurs n’ont pas tenu compte que l’électorat d’une région faisant partie d’une nation n’agit pas de façon identique dans le cas où elle deviendrait indépendante.

Un système électoral complexe

Dans une région, la population a un certain sentiment d’appartenance, ce qui diffère de ceux de la Nation, en certains points. La région acquiert une identité focalisée en Ecosse sur le Parti Travailliste, mais en cas de séparation son isolement modifie entièrement son attitude politique, et il ne fallait surtout pas modifier les institutions électorales et le système électoral lui-même, qui, réunis, vont contribuer au désarroi. Le vote à gauche irait en s’atténuant, alors que le parti séparatiste, qui apparaît progressivement grâce au nouveau système électoral, devra revoir ses positions en cas d’indépendance.

Après cette mauvaise compréhension du vote de l’électorat, nos amis ont conçu un système électoral mixte combinant le scrutin majoritaire à un tour et un système proportionnel avec compensation, qui donne lieu à des résultats fantaisistes et par là même dangereux. 73 députés sont élus au scrutin uninominal à un tour, pendant que 56 députés sont élus au scrutin proportionnel, dans le cadre de 8 régions, nommant 7 députés chacun. Or, ainsi que l’on peut le constater dans d’autres pays, le nombre de sièges obtenus à la proportionnelle ne dépend pas du nombre de suffrages obtenus à ce niveau, mais au nombre de sièges obtenus au scrutin majoritaire. En exemple, l’élection de 1999 (voir le tableau).

On peut constater la curiosité des résultats. Rapidement : plus un parti obtient de sièges majoritaires, moins il en recueille au niveau proportionnel. Ceci avantage les petits partis, par exemple, les Nationalistes qui, au lieu de 7 sièges, en obtiennent 28 + 7 = 35 sièges. La raison pour cela découle de ce que la partie proportionnelle est obtenue non par le nombre de suffrages obtenus par région mais par le nombre de sièges obtenus par son parti au niveau majoritaire + 1 (le + 1 est pour le parti qui n’a obtenu aucun siège au niveau majoritaire). Dans la pratique, le nombre de suffrages obtenus par le parti dans la région est divisé par le nombre de sièges majoritaires qu’il a reçu dans la dite région.

Dans notre exemple de l’élection de 1999 : le Parti Conservateur à partir de 0 députés dans le système majoritaire obtient 18 sièges dans le système proportionnel. Après cette première division, vient la deuxième où le chiffre devient 2 puis 3 et le suivant selon le nombre de députés obtenus ainsi à la proportionnelle et que le nombre de 7 députés pour la région puis le nombre de 56 pour les 8 régions. Il suffit, pour la recherche du prochain élu, du chiffre restant le plus important dans chacune des 7 députés par région.

Pour les élections suivantes de 2003 à 2011, nous assistons à la progression en sièges majoritaires du Parti Nationaliste Ecossais. En 2003, il n’obtient que 9 sièges majoritaires, mais après la division, 18 sièges proportionnels. Aux prochaines élections de 2007, le même parti obtient 21 sièges majoritaires et 26 sièges proportionnels, alors que le Parti Travailliste obtient 37 sièges majoritaires et, après division, seulement 9 sièges proportionnels. En 2011, on trouve une très forte progression du Parti Nationaliste avec 53 sièges majoritaires. En faisant le calcul total des deux partis, le Parti Travailliste obtient 37 sièges contre 69 pour le Parti Nationaliste.

Le choix du candidat qui va représenter l’électeur auprès des autorités qui gouvernent devrait être simple et clair. Le système électoral choisi pour les élections écossaises est loin de tout cela et n’est pas sans danger pour l’avenir, car il accorde, dans la partie proportionnelle, plus de sièges aux nouvelles petites formations (qui peuvent être extrêmes), leur apportant la respectabilité d’un parti siégeant à l’Assemblée.

Campagne électorale des européennes 2019 : campagne du soldat Macron sauveur de l’Europe

Monique Cochinal

Après le grand débat national et l’omniprésence de notre Président, nous rentrons dans la grande campagne électorale pour les élections européennes, et … à nouveau la présence presque journalière d’Emmanuel Macron. Il se montre partout, comme au temps de sa glorieuse campagne présidentielle, entouré de ses premiers amis apolitiques en un temps, mais bien vite devenus le Parti : Les Républicains en Marche, il y a tout juste deux ans. C’est à se demander si le leader de la liste de ce parti ne serait pas Emmanuel Macron plutôt que Nathalie Loiseau. Il faut dire que les sondages quotidiens des intentions de vote de ces futures élections européennes ne lui sont plus favorables, et donnent en tête la liste du « rassemblement national » (23 % des intentions de vote), le parti de Marine Le Pen, qu’il était convaincu d’avoir éliminé à tout jamais de son chemin.

Il est grand temps pour le soldat Macron de se remettre en marche, entouré de ses quelques amis fidèles (certains ayant déserté depuis quelques mois déjà) à la conquête de l’Europe, après la conquête de la France, en attendant la conquête du monde …. A Emmanuel Macron, rien d’impossible ! Alors, pas question de ronronner doucement pour ses ministres, députés, Premier Ministre, secrétaires d’Etat. Chacun doit prendre part à ce travail de Titan. On voit même notre Ministre de l’Intérieur : Monsieur Castaner aller sur les marchés pour distribuer des tracts, répandre la bonne parole. C’est à qui fera le plus de meetings, d’interventions, de débats, car un tableau d’honneur sera dressé en fin de campagne : les bons seront récompensés et les mauvais … virés, en premier, le Premier Ministre. Et ce sera le grand remaniement ministériel. Ils doivent impérativement gagner cette campagne, derrière le sauveur de l’Europe. N’est-il pas considéré comme le seul leader de l’Europe aux yeux de biche de son amie Nathalie Loiseau, cette jeune femme candide et inconnue, sans grande envergure, toujours souriante, certainement une excellente technocrate, lancée pour la première fois dans la cour des grands en tant que leader de la liste « renaissance » du parti macroniste.

La campagne sera très courte mais rude. Allons-nous enfin parler de l’Europe ? Uniquement Europe ? Comment nous y prendre pour transformer cette Europe qui bat de l’aile devant des grandes puissances telles que les Etats Unis d’Amérique, la Chine, le Japon, la Russie, notre proche voisine, qu’il ne faudrait peut-être pas dénigrer autant, et tous ces malheureux pays du continent africain, en perpétuels conflits. Nous avons l’embarras du choix avec 32 listes, 32 professions de foi différentes, un vrai casse-tête pour les communes qui ont la charge du montage des panneaux : à chaque liste son panneau, ses affiches de présentation, sa profession de foi, le nom de chaque coéquipier ou coéquipière, sans compter le nombre démesuré de bulletins de vote à imprimer, les salles à préparer, le matériel …..

Saurons-nous assez vigilants et pertinents dans notre choix ? Car notre destin d’Européens est en jeu. N’écoutons pas les bonnes paroles de nos beaux politiciens qui veulent une Europe plus forte, plus prospère, plus grande, mais qui dénigrent souvent nos proches voisins et amis européens, s’ils n’ont pas la même idéologie.

Macron and Merkel sign Aachen treaty to deepen Franco-German ties

Pact on foreign and defence policy and economic links lacks substance, critics say

Financial Times -Guy Chazan in Berlin JANUARY 22, 2019

Germany and France signed a new treaty in the border town of Aachen on Tuesday that commits them to deeper co-operation on foreign and defence policy and closer economic integration.

Angela Merkel, German chancellor, and Emmanuel Macron, French president, sealed the agreement 56 years to the day after Konrad Adenauer and Charles de Gaulle signed the Élysée Treaty, a landmark pact that became a symbol of reconciliation between the two former enemies.

The ceremony took place near the residence of Charlemagne, the king who united much of western and central Europe during the Early Middle Ages.

Mr Macron said the Aachen treaty opened “a new chapter” in the Franco-German relationship. In a Europe threatened by Brexit, rising nationalism and the challenges of terrorism, migration and digitalisation, “Germany and France must assume responsibility and show the way”, he added.

According to the French leader, the pact was also designed to contribute to closer integration in the EU. “Our common ambition must be that Europe shields our people from the tumults of the world,” he said. “Because we love Europe, we have decided to continue to build it with force and determination.”

« The treaty of Aachen is emblematic of the current state of Franco-German relations: strong on symbols, but weak on substance. » Henrik Enderlein, vice-president, Hertie School of Governance, Berlin

Ms Merkel said the treaty would “renew the foundation of co-operation” between the two countries, which had affirmed that “we will address the challenges of our time hand in hand”.

But critics said the pact lacked depth. “What was agreed in Aachen is co-operation on the back-burner,” said Anton Hofreiter, head of the Greens in Germany’s parliament. Mr Macron had pushed for much more ambitious goals, for example on climate change, but was rebuffed by Ms Merkel, he said. Aachen produced “nice pictures but barely any substance”.

Henrik Enderlein, president of the Hertie School of Governance in Berlin, said: “The treaty of Aachen is emblematic of the current state of Franco-German relations: strong on symbols, but weak on substance.”

Mr Macron first broached the idea of renewing the Élysée Treaty in a speech at the Sorbonne in 2017, in which he set out a number of wide-ranging reforms of the EU designed to “strengthen Europe’s sovereignty”. France and Germany renew friendship treaty

He had hoped the new agreement would be signed in January 2018, but negotiations dragged on for months, held up by divergent views between the two countries on military co-operation.

Meanwhile, Mr Macron has come under rising pressure from France’s “gilets jaunes” protest movement, while Ms Merkel’s authority in her CDU party has been weakened by a string of poor regional election results. She finally stood down as CDU leader last year after 18 years in the job.

The Aachen treaty envisages much closer co-ordination between Paris and Berlin on foreign and defence policy. It boosts the status of the joint Franco-German cabinet meetings that are already held on a regular basis and of the joint security and defence council, first created in 1988, turning it into a “political steering body”.

It also creates a bilateral “council of economic experts” whose brief is to help create a “Franco-German economic space”. Julien Thorel, a researcher at the Centre for European Policy, said France and Germany were positioning themselves as the “avant-garde of the European single market”.

France also pledges to support Germany’s bid for a permanent seat on the UN Security Council. The move will disappoint some in Berlin: last November, Olaf Scholz, German finance minister, urged France to go much further and turn its Security Council seat over to the EU to allow the bloc to “speak with one voice” on foreign policy.

The Aachen treaty also calls for much closer co-operation between border regions. The idea is to create more cross-border connections, both physical — linking the countries’ rail and road networks — and digital, even if this means deviating from national laws. In addition, France and Germany have agreed to recognise each other’s school-leaving qualifications and create joint Franco-German day-care centres for children.

They also agreed a list of 15 projects they will immediately seek to implement, including closing Fessenheim, a French nuclear power station close to the border that is seen by many in Germany as a security risk.

Some on the right of French politics have criticised the treaty, saying it signs away French sovereignty over eastern France. Marine Le Pen, leader of the far-right Rassemblement National, called it an act of “treachery”.

Mr Macron addressed those critics in his speech in Aachen. “Those who don’t learn the lessons of our reconciliation are accomplices in the crimes of the past,” he said.

Merkel and Macron betray weakness with cautious Aachen treaty

Rhetoric of deeper ties does not live up to limited results 

Emmanuel Macron (left) originally conceived of the Franco-German agreement with Angela Merkel (right) as building on the Elysée Treaty signed in 1963

Guy Chazan in Berlin and Victor Mallet in Paris JANUARY 21, 2019

When Angela Merkel and Emmanuel Macron sign a new Franco-German treaty in the historic city of Aachen on Tuesday, there will be much soaring rhetoric about the deepening ties between the two countries.

To critics, though, the Treaty of Aachen is thin gruel. Anyone hoping for a new, tighter alliance between France and Germany, and for signs that the two countries might once again drive European integration, will be disappointed.

In that respect the treaty is richly symbolic of the state of the Merkel-Macron axis. A relationship that once promised a new beginning for Europe has been beset by disappointments, mutual tensions and mismatched expectations.

“There is nothing in the treaty that suggests France and Germany want to open a new chapter in their relationship,” said Josef Janning, senior policy fellow at the European Council on Foreign Relations. “It offers no alternative to the status quo.”

Mr Macron originally conceived of the agreement as building on the Elysée Treaty signed in 1963 between Konrad Adenauer and Charles de Gaulle, which for years stood as a symbol of Franco-German reconciliation after nearly a century of devastating wars.

The French president saw it as a way to advance much deeper economic and administrative integration between the neighbours and serve as an example to the rest of the EU.

« Obviously it is just symbolic. But at a time when the whole idea of Europe is increasingly threatened by national egoism and fragmentation, symbols are important. » Claire Demesmay of the German Council on Foreign Relations

Ms Merkel’s initial response when Mr Macron broached the idea in 2017 was positive. But since then, the political environment for both leaders has changed dramatically. Stung by a succession of dismal election results, Ms Merkel stood down as leader of the Christian Democratic Union last year after 18 years in the job. And anti-government protests by the “gilets jaunes” have weakened Mr Macron’s authority at home.

The European context is also less amenable to bold reform initiatives, with populists on the march in Italy, illiberal democracies in Hungary and Poland and EU leaders preparing for the eventuality of a no-deal Brexit.

Since his famous speech at the Sorbonne in 2017 setting out sweeping proposals to reform the EU, Mr Macron has repeatedly had to downgrade his plans. His idea of a eurozone budget  that would give the currency area more financial firepower to deal with crises and of a digital tax on internet companies both met stiff resistance in Berlin.

Against that backdrop, the treaty Paris and Berlin negotiated has ended up being far less ambitious than Mr Macron envisaged. Barbara Kunz, research fellow at Ifri, the French Institute of International Relations, said it was a “lowest common denominator” agreement.

Yet the treaty’s supporters insist it is a big step forward. The two countries say they will work together more closely on foreign and defence policy and create a new “Franco-German defence and security council”. They will commit to closer military co-operation and promise to co-ordinate more closely in the UN, where France will back Germany’s efforts to win a permanent Security Council seat.

Jürgen Hardt, foreign affairs spokesman of Ms Merkel’s CDU/CSU bloc, said the treaty was a “decisive step forward” in defence policy. “We want to ensure that Europe’s voice in the world is heard more clearly,” he said. Aachen would show that the “Franco-German motor is intact and is giving out critical impulses for Europe”.

Isabelle Bourgeois, an expert on Franco-German relations, singled out the new defence council as a potential advance. “You have to go step-by-step,” she said. “France and Germany can develop some areas of co-operation and show other EU members that working together can lead to concrete actions.”

Experts have praised other aspects of the treaty, such as its emphasis on co-operation between regions on either side of the Franco-German frontier.

“We want to facilitate and improve relations between people in the border regions, to enable an exchange and improve mobility,” said Steffen Seibert, Ms Merkel’s spokesman. The idea was to “do everything we can to make life easier for people living in these regions”.

That might seem rather small-bore. But in its modesty, the treaty implicitly acknowledges the constraints stopping Paris and Berlin pursuing anything more ambitious. Both want a common EU policy on asylum and migration, for example, but know it would be resisted by eastern European countries like Hungary. France’s desire for deeper integration of the eurozone would be blocked by fiscally hawkish countries.

“But at least on the issue of closer cross-border co-operation they can act,” said Claire Demesmay of the German Council on Foreign Relations. The idea might seem “niche”, she said, but could end up becoming a “laboratory” for closer EU integration.

The treaty, for example, allows border regions to diverge from national law in the pursuit of joint projects in areas such as infrastructure, energy and health.  France and Germany renew friendship treaty

Yet even that goes too far for some. Marine Le Pen, leader of the far-right Rassemblement National, said Aachen amounted to “treachery”. “Macron is selling our country off piece by piece and destroying our sovereignty,” she tweeted.

Her ally, Nicolas Dupont-Aignan of the Eurosceptic party Stand up, France, warned that Aachen would pave the way for “German laws” to be enforced in parts of eastern France close to the German border.

That even such a modest agreement should face such fierce opposition on the right is a sign of the times. But that, according to Ms Demesmay, proves that Aachen is a positive contribution. “Obviously it is just symbolic,” she said. “But at a time when the whole idea of Europe is increasingly threatened by national egoism and fragmentation, symbols are important.”

« Président raté » : la tribune du New York Times qui accable Emmanuel Macron

BLOG : L’EUROPE SOCIALE DES DROITS DE L’HOMME

Une tribune publiée dans le prestigieux quotidien juge sévèrement les premiers mois à l’Élysée du président français… ( » Emmanuel Macron Will Be Yet Another Failed French President  » https://www.nytimes.com/2017/09/07/opinion/emmanuel-macron-popularity.html?_r=0)

http://www.sudouest.fr/2017/09/09/president-rate-la-tribune-du-new-york-times-qui-accable-emmanuel-macron-3762023-7527.php

C’est ce qui s’appelle ne pas mâcher ses mots. Dans une tribune publiée ce jeudi dans le prestigieux New York TimesChris Bickerton, un enseignant de politique européenne à l’université de Cambridge, assassine le président français et sa politique. 

« Emmanuel Macron will be yet another failed french president », titre le quotidien américain, estimant qu’Emmanuel Macron sera lui aussi un « président français raté ». Au mois de mai dernier pourtant, l’élection du président avait été largement saluée par le journal. Mais quatre mois plus tard, les choses ont changé.

Pour l’auteur de la tribune, si la cote du président français a autant dégringolé depuis élection,  c’est avant tout parce que son projet est faible et bien « trop centré sur sa personnalité », ce qu’il appelle : le macronisme.

Voir aussi :

L’OBS : « Une attitude arrogante », « un président raté » : une tribune du New York Times accable Macron

Une tribune publiée vendredi 8 septembre, dans le prestigieux « New York Times« , étrille les premiers mois de la présidence Macron. Sous une plume acide, Chris Bickerton, professeur qui enseigne la politique européenne à l’université anglaise de Cambridge, attribue la chute de popularité du président au « macronisme » : cette manie du chef de l’Etat de concentrer sa politique autour de sa petite personne. 

Une critique qui contraste sévèrement avec l’enthousiasme dont faisait preuve la presse internationale, le 9 mai dernier, lors de la victoire de l’ancien banquier au second tour de la présidentielle, face à Marine Le Pen. Au lendemain de son élection, ce même « New York Times » y voyait notamment « un nouvel espoir pour l’Europe ».

Quatre mois plus tard, force est de constater que l’optimisme n’est plus au rendez-vous. Emmanuel Macron a bien œuvré « pour une meilleure image de la France dans le monde », reconnaît toutefois Chris Bickerton. Selon lui, le président bénéficie toujours d’une certaine aura à l’étranger, notamment parce qu’il a redonné un coup de jeune à la diplomatie française « en tenant tête à Donald Trump et à Vladimir Poutine ».

« Une politique centrée sur sa personne »

Pour autant, « en France, c’est une autre histoire », souligne-t-il dans sa tribune au titre volontiers provocateur (« Emmanuel Macron sera encore un autre président français raté »). Tentant d’analyser la chute de popularité inédite du chef de l’État, l’universitaire explique d’abord qu' »il a remporté le scrutin parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Mais surtout, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ». 

Les Echos : « Président raté »  : le tacle d’un universitaire à Emmanuel Macron

Une tribune écrite par un universitaire et publiée sur un blog du New York Times épingle Emmanuel Macron, sa personnalité, sa politique, sa gouvernance.

Le Point : Une tribune publiée dans le « New York Times » accable Emmanuel Macron

L’universitaire britannique Chris Bickerton, spécialiste de la politique européenne juge sévèrement les débuts de la présidence Macron.

Le JDD : « Emmanuel Macron sera encore un président français raté » : une tribune dans le New York Times étrille le chef de l’Etat 

Une tribune publiée dans le prestigieux quotidien américain du New York Times critique très vivement les premiers mois d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

La Dépêche : Dans une tribune au vitriol, le « New York Times » juge Emmanuel Macron comme « un président raté »

« Emmanuel Macron sera encore un président français raté ». C’est sous ce titre que le « New York Times » publie ce vendredi une tribune au vitriol signée de Chris Bickerton, professeur à l’université anglaise de Cambridge, où il enseigne la politique européenne. Quatre mois après avoir considéré le même comme « un nouvel espoir pour l’Europe », le prestigieux journal américain a fini de rêver. 

L’éditorialiste admet qu’à l’étranger, Emmanuel Macron a contribué à restaurer l’image de la diplomatie française en se posant en égal de Donald Trump et de Vladimir Poutine. « Mais à la maison, c’est une autre histoire », indique Chris Bickerton à ses lecteurs américains. Rappelant d’abord l’été calamiteux que vient de traverser le président français en termes de notoriété (40 % d’opinions favorables à ce jour), le professeur de Cambridge souligne que « M. Macron n’a de toutes façons jamais bénéficié d’un large soutien populaire. Qualifié pour le second tour avec 24 % des suffrages, soit en dessous de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, il a remporté le scrutin  parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Une élection par défaut, suggère Chris Bickerton, pour lequel il y a plus grave que l’arithmétique électorale…

« Macron souffre du…macronisme »

Selon l’éditorialiste du NYT, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ». Il explique ainsi que « tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne. Une grande partie de son attrait provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de sa beauté et de ses compétences oratoires. Cette approche hyper-personnalisée a toujours présenté le risque qu’une fois le charme passé, il ne reste plus rien, ce qui est exactement en train de se produire ».

« Prolifération de CDD, stagnation des salaires: est-ce le futur que la France veut? »

Chris Bickerton évoque aussi le pouvoir « arrogant » tel que l’exerce Emmanuel Macron, son désir de « présidence jupiterienne », les accents « monarchiques » de la réunion du Congrès à Versailles. 
S’agissant enfin la récente réforme du code du travail, le professeur met en garde sur  « les politiques économiques de M. Macron qui favorisent les employeurs par rapport aux travailleurs et éliminent ce qui reste de l’Etat-providence français. En matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays suggèrent que des résultats s’obtiennent  au prix de nouvelles inégalités. En Allemagne, les réformes du marché du travail ont entraîné une prolifération de «mini-emplois», un travail à temps partiel légèrement réglementé et qui a remplacé les emplois à plein temps dans certains secteurs. Dans le marché du travail hautement déréglementé de la Grande-Bretagne, les niveaux records d’emplois existent parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. Est-ce ce futur que la France veut? », interroge cruellement Chris Bickerton…

LIONEL LAPARADE 

Une enquête préliminaire ouverte sur l’origine de dons à La République en marche

Les paragraphes clefs de l’enquête de Mediapart…

PAR ANTTON ROUGET

Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête sur l’origine de 144 000 euros de dons reçus par le parti d’Emmanuel Macron en 2017. Pour la présidentielle, le candidat avait réussi à mobiliser près de 13 millions d’euros de dons en un temps record.

Le procureur de la République de Paris a ouvert mardi 20 novembre une enquête préliminaire pour faire la lumière sur l’origine de 144 000 euros de dons reçus en 2017 par La République en marche (LREM), a annoncé ce mardi 20 novembre le parquet, confirmant une information d’Europe 1.

Nous republions ci-dessous nos révélations sur « Les secrets d’une levée de fonds hors norme » (enquête publiée le 21 mai 2017 avec Mathilde Mathieu, Martine Orange et Mathieu Magnaudeix).

À l’image de cet échange, l’exploitation des milliers de mails et documents issus des Macron Leaks (voir Boîte noire) – ainsi que d’autres documents récupérés au fil de la campagne par Mediapart – permet de comprendre comment la garde rapprochée d’Emmanuel Macron a explosé les compteurs de dons entre avril 2016 et avril 2017 pour permettre à l’ancien ministre de François Hollande d’accéder au pouvoir, un an à peine après la création de son propre mouvement. À l’extérieur, Dargnat et les membres de l’équipe Macron ont tout fait pour démentir l’image du candidat des affaires, préférant insister sur l’afflux de petits dons. En réalité, c’est bien une camarilla de banquiers d’affaires qui a pris en main cette levée de fonds hors norme, mobilisant tous azimuts ses réseaux et carnets d’adresses au service du combat de l’ovni politique Macron.

Cette stratégie s’est appuyée sur un raisonnement simple, résumé dans un court message de M. Dargnat en septembre 2016, alors que Macron vient juste de quitter le gouvernement : « Quand on sait que les dépenses de campagne présidentielle sont limitées à 22 millions d’euros et que nous pourrions contracter un prêt bancaire (à hauteur de 9 millions) remboursé si le candidat dépasse le seuil des 5 % aux élections, il nous reste donc à “trouver” 13 millions », expose l’ancien banquier. En clair, calcule-t-il, « si l’on arrondit à 10 millions le budget à trouver, il faut donc obtenir des dons de 1 333 personnes à 7500 € chacune [le plafond autorisé pour le financement d’une campagne – ndlr] ».

En réalité, c’est dès le printemps 2016 que les plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron se sont discrètement activés pour organiser de façon méthodique la mobilisation de riches contributeurs. …

1 Dans cette petite équipe soudée, on trouve Emmanuel Miquel, capital-risqueur chez Ardia et trésorier de la même association, mais aussi deux de ses anciens camarades de HEC : Stanislas Guerini, directeur de l’expérience client chez Elis, délégué du mouvement à Paris et aujourd’hui candidat aux législatives dans la capitale ; et Cédric O, un jeune directeur d’usine du groupe Safran, ancien du cabinet de Moscovici à Bercy. Cédric O, garçon discret qui fuit les médias, a endossé le costume de mandataire financier de la campagne, dont il est un des couteaux suisses les plus efficaces.

Pendant des mois, ce petit groupe a manœuvré avec une seule idée en tête, quasi obsessionnelle : faire fructifier en un an des carnets d’adresses bien fournis, afin de fonder un club de « grands donateurs » aux profils globalement homogènes (urbains, CSP+, issus de grandes écoles). Nous sommes là loin, bien loin, d’un mouvement soutenu par une vague aussi populaire que spontanée, image que les communicants d’En Marche! ont savamment cultivée et propagée. Et pas très loin du « Premier Cercle » de riches donateurs ayant financé une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, même si l’entourage de Macron s’en est toujours défendu au motif qu’En Marche! n’a jamais organisé de grand raout mélangeant tous les grands donateurs. Effectivement : les proches d’Emmanuel Macron ont été bien plus discrets.

Dans les mails de l’équipe d’Emmanuel Macron, on retrouve un document de travail, diffusé et amendé en comité restreint en avril 2016 : la notice pour la chasse méthodique aux millions de la campagne. En Marche! est alors un mouvement balbutiant, à peine créé. Le tout nouveau parti n’a enregistré qu’environ 400 000 euros de dons et promesses – à 95 % des grands donateurs à 7 500 euros. L’équipe veut passer à la vitesse supérieure en activant un impressionnant maillage des réseaux d’entrepreneurs, banquiers, avocats, lobbyistes et autres « influencers » susceptibles de dégainer un jour ou l’autre l’équivalent de 6,5 Smic pour aider le candidat Macron.

Ces généreux bienfaiteurs seront approchés les mois suivants à travers des dizaines de dîners organisés en France et à l’étranger, le plus souvent en présence du « chef », le surnom d’Emmanuel Macron. Ces sauteries, symboles du confinement et de l’endogamie d’une certaine élite, sont « très mal vu[e]s par certaines catégories de la population », convient En Marche! dans une note interne. Mais elles sont aussi tellement rentables, surtout quand le candidat se déplace. Mi-avril 2016, un seul déjeuner à Londres au domicile privé de la directrice financière d’un site de vente en ligne permet de réunir 281 250 euros, selon un document d’En Marche!. Deux semaines plus tard, à Paris, un cocktail dînatoire génère 78 000 euros en à peine une heure et demie. La cash machine est lancée.

Pour multiplier les rencontres, l’équipe « fundraising » (« collecte de fonds ») d’En Marche! a élargi son maillage par l’intermédiaire de rabatteurs, des sympathisants du mouvement – très bien intégrés dans les hautes sphères économiques – qui ouvrent leurs carnets d’adresses, accueillent des déjeuners, voire, parfois, organisent des événements « clés en main ». Ne reste alors au mouvement qu’à valider les listes d’invités et à organiser la venue du candidat. Détail financier non négligeable : les frais liés aux dîners effectués aux domiciles des donateurs sont des « dépenses privées non intégrées » aux comptes de campagne.

Le   1er juin 2016,  le conseiller de dirigeants d’entreprise Édouard Tétreau, un temps protégé par l’ancien PDG d’Axa Claude Bébéar,  accueille l’un des tout premiers grands cocktails parisiens. « Durée : 1 h 30, dont passage Emmanuel d’1 h 00 », note minutieusement l’équipe d’En Marche!. Tout est millimétré :« Salutations 15 min/speech 20 min/Q&A  [questions/réponses – ndlr] 20 min/sortie 5 min. » Les invités sont triés sur le volet : une trentaine de « quadra, hors CEO [PDG – ndlr] CAC40 ». Une semaine plus tard, Édouard Tétreau renouvelle l’expérience pour une nouvelle cible. Cette fois, 32 personnalités issues de « différents cercles (avocats, conseil, lobbying, édition, etc.) » sont concernées. Ne reste qu’à valider la liste d’invités. Mais « attention ! », alerte En Marche !, « un partner d’Image 7 », la boîte de la communicante Anne Méaux, qui conseille François Fillon, fait partie des convives potentiels.

 « Mon sentiment, développe Chardoillet, si nous restons sur l’objectif précis du fundraising, est que cette cible centre droit n’est pas, pas du tout mûre pour la donation. Positionnement, programme et démarcation de Hollande seront des éléments clés pour que cette cible évolue. » 
« Top de voir ces manifestations », se réjouit dans la foulée Emmanuel Miquel, dans un message en copie au reste de la direction d’En Marche!. Seul bémol : pour « aller dans le sens » de ce que « Christian [Dargnat – ndlr] évoquait de constituer une petite base de gens disponibles pour appeler des contacts », Miquel « pense qu’il faut être vigilant à ne pas trop diluer l’exercice de Fundraising. Il faut certes se démultiplier, mais le sujet FR [fundraising – ndlr] reste sensible ».

Au terme de plus de deux heures d’entretien filmées, Emmanuel Macron quittait les locaux de Mediapart, vendredi 5 mai vers 23 heures, quand les réseaux sociaux se sont mis à bruire : les Macron Leaks, soit le hacking et la diffusion de milliers de mails de l’équipe de campagne d’En Marche!, étaient publiés sur un site de partage, avant d’être abondamment relayés par l’extrême droite américaine, les réseaux trumpistes puis, en France, par le Front national. Le tout en un temps record.

Mediapart a, dès le début, pris le parti de tenir tous les bouts de cette histoire. C’est-à-dire d’une part dénoncer, comme l’a fait notre journaliste Yann Philippin dans Libération et sur le plateau de MediapartLive, une pure opération de déstabilisation électorale. En publiant dans la nature à deux jours du second tour de l’élection présidentielle un très gros volume de données brutes, non vérifiées et dont la source est totalement inconnue, la méthode employée par les initiateurs des Macron Leaks était en effet déloyale, pour ne pas dire sale. Le but était de créer le chaos.

Mediapart a d’abord enquêté sur les origines de cette boule puante et, notamment, sur l’émergence d’une piste russe – voir nos articles iciiciet .

Pour autant, les Macron Leaks sont susceptibles de contenir des informations d’intérêt public, devenant ainsi un matériau journalistique à part entière, à la condition impérieuse que les documents soient authentifiés de manière indépendante et que les faits découverts soient confrontés loyalement avec les personnes concernées. Dès le lendemain de la « révélation » des Macron Leaks, une équipe de journalistes et techniciens de Mediapart a par conséquent engagé des recherches dans cette immense base de données, en utilisant notamment les outils techniques du consortium European Investigative Collaborations (EIC), à l’origine des Football Leaks ou des Malta Files.

Après deux semaines d’enquête, de vérifications et de respect du débat contradictoire, nous avons décidé de rendre publiques certaines informations qui sont, pour tout ou partie, issues des Macron Leaks. Ces éléments ont été complétés par des témoignages et documents récupérés au fil de la campagne.

Pour cet article sur les dessous de la levée de fonds de la campagne d’Emmanuel Macron, nous avons contacté lundi 15 mai plusieurs dizaines de donateurs, “poissons-pilotes” et membres de l’équipe d’En Marche!. Beaucoup ne nous ont pas répondu. Ils ont été relancés mercredi 17 mai, jour où nous avons adressé une série de questions à la communication d’En Marche! pour que le mouvement s’exprime indépendamment des cas individuels. Nos interrogations sont là aussi restées sans réponse.

Gouverner ce n’est pas plus facile que gagner une élection!

Maria Rodriguez cKey

Pendant deux ans, le Président Macron a pensé que « gouverner est plus facile que gagner une élection ». Il aurait dû regarder avec plus de sagesse les deux exemples malheureux de ses deux prédécesseurs : Nicolas Sarkozy, qui affirmait, lors d’une de ses conférences de presse, la même pensée, et François Hollande, qui fut bien vite rattrapé par les médias, et le téléphone portable transformé en appareil photos, dans son escapade en moto de la rue du Cirque, et les croissants chauds.

Mais, il n’en est rien. Le Président Macron continue de penser qu’il est unique et indispensable. Avec son égo démesuré, il veut s’octroyer tous les pouvoirs (en exemple, sa prise en main de la campagne électorale des européennes). Il faut noter qu’un président de la Vème République n’est pas loin de posséder tous les pouvoirs. Or, posséder tous les pouvoirs exige endosser aussi toutes les responsabilités, ce que lui-même et ses conseillers sont loin d’avoir découvert.

D’autre part, il ne devrait pas oublier qu’il a été élu, par défaut, avec un faible taux de participation  pour une élection présidentielle, ce qui lui a accordé seulement 43,6% des inscrits.

Depuis cette élection, la gauche est divisée. Il est même possible que le PS n’arrive pas à obtenir des sièges au Parlement européen, surtout avec le mode de scrutin à la proportionnelle. A l’assemblée, à droite « Les Républicains » sont tiraillés entre les « constructivistes », qui ont tendance à voter les lois Macronistes, et ceux qui s’y opposent.

En ce moment, dans nos institutions, seul le Sénat occupe bien la place de contre-pouvoir.