Les Etats-Unis quittent l’Unesco, accusant l’organisation d’être « anti-israélienne »

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision d’inscrire la vieille ville de Hébron au patrimoine mondial.

Le Monde.fr avec AFP | 12.10.2017 à 15h17 • Mis à jour le 12.10.2017 à 17h39

Les Etats-Unis ont annoncé, jeudi 12 octobre, leur retrait de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), accusant l’institution d’être « anti-israélienne ».

Washington conservera un statut d’observateur en lieu et place de leur représentation à l’agence onusienne sise à Paris, a précisé le département d’Etat américain. Le retrait ne sera effectif qu’à compter du 31 décembre 2018, conformément aux statuts de l’Unesco, a-t-il ajouté :

« Cette décision n’a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants. »

Arrêt du financement américain en 2011

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Cette décision, qualifiée d’« affront à l’histoire »« discrédite encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable », avait alors déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Les Etats-Unis, grand allié d’Israël, avaient déjà pris leurs distances avec l’Unesco. Ils avaient ainsi arrêté de participer à son financement en 2011 après que l’agence a admis la Palestine parmi ses Etats membres. Mais ils continuaient depuis à siéger au conseil exécutif de l’Unesco, composé de 58 membres.

Selon le département d’Etat, un statut d’observateur permettrait de continuer d’apporter la « vision » et « l’expertise » américaines « sur certains dossiers importants gérés par l’organisation », notamment « la protection du patrimoine mondial, la défense de la liberté de la presse » et la promotion des sciences et de l’éducation.

 Lire notre enquête sur l’institution :   Perdue dans ses multiples missions, l’Unesco cherche sa direction

Regrets « profonds » de l’Unesco

La directrice générale de l’organisation, Irina Bokova, a réagi dans un communiqué, regrettant « profondément » la décision américaine, et se disant « convaincue » que ses missions répondent « aux préoccupations du peuple américain » :

« L’universalité est essentielle à la mission de l’Unesco pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l’homme et de la dignité humaine. »

Une position partagée par la France, canditate à la tête de l’Unesco, qui « regrette » cette décision « dans une période où le soutien de la communauté internationale à cette organisation est primordial » et estime que cette décision donne « une signification nouvelle »à sa candidature. De son côté, Israël a salué le début d’une « nouvelle ère aux Nations unies : celle où quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix ».

 

Macron philosophe: ces intellectuels qui n’y croient pas

 Charlotte Cieslinski, publié le 06/09/2016 à 13:05.  thttp://www.lexpress.fr

« Assistant » de Ricoeur, thèsard chez Balibar… Emmanuel Macron jouit d’une aura philosophique insolite dans l’arène politique. Pourtant, de Michel Onfray aux membres du Fonds Ricoeur, plusieurs intellectuels s’agacent publiquement d’une mise en scène qu’ils jugent surfaite.

Emmanuel Macron, un philosophe en politique? Doué en rhétorique, jamais avare d’une citation littéraire, le jeune fondateur d’En Marche! est régulièrement présenté comme ancien assistant de Ricoeur. Belle sur le papier, l’histoire du philosophe devenu banquier irrite pourtant une partie de l’intelligentsia française. « Je ne sais pas s’il est autant philosophe que ce qu’on a bien voulu le dire », a ainsi ironisé lundi Michel Onfray sur le plateau des « Grandes Gueules », chez RMC.

Assistant de Ricoeur?

Michel Onfray a ravivé la polémique lundi. « On dit qu’il a été l’assistant de Paul Ricoeur, je crois qu’il a dû corriger les épreuves d’un de ses livres. On dit qu’il est agrégé, normalien, apparemment ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré, cinglant. Quelques jours plus tôt dans Le Monde, la philosophe Myriam Revault d’Allonnes émettait également des réserves sur le rôle réel tenu par Emmanuel Macron auprès du philosophe.

Membre du conseil scientifique du Fonds Ricoeur, elle précise au quotidien du soir qu’Emmanuel Macron n’a été qu’assistant éditorial de l’ouvrage La Mémoire, l’histoire, l’oubli (Seuil, 2000). « Et non pas « l’assistant » de Paul Ricoeur à l’université, abus de langage souvent repris par les médias, ce qui supposerait qu’Emmanuel Macron ait enseigné la philosophie, ce qu’il n’a jamais fait, qui plus est avant Mai 68″, raille-t-elle

Une thèse avec Balibar?

Avant d’entrer à l’ENA, Emmanuel Macron a fait une hypokhâgne et une khâgne au lycée Henri IV, puis a obtenu un DEA de philosophie à l’université Paris-X Nanterre. De cette période, l’ancien ministre dit avoir été « beaucoup inspiré » par le philosophe marxiste Etienne Balibar. « Il dit qu’il a fait une thèse avec (Etienne) Balibar, il semblerait que Balibar ne s’en souvient pas », sourit Michel Onfray.

>> LIRE AUSSI : La bombe Macron

De fait, le professeur en question admet n’avoir « aucun souvenir de son travail » universitaire. Et, souligne Le Monde, s’il n’a « aucune hostilité particulière à l’égard » de l’homme politique, il trouve « absolument obscène cette mise en scène de sa formation philosophique qu’il organise lui-même ou que son entourage organise ».

Une caution intello usurpée?

L’ancien énarque en fait-il trop avec la philo? Dans les premiers portraits que lui consacre la presse, Emmanuel Macron est décrit comme un ancien élève brillant, connaissant dès la sixième « les racines grecques et latines de la langue française« . Une réputation usurpée? Non, à en croire plusieurs membres du comité de rédaction de la revue Esprit, auquel a appartenu Emmanuel Macron.

C’est le cas de l’actuel directeur des études du think-tank de gauche Terra Nova, Marc-Olivier Padis qui loue –toujours dans Le Monde– son « agilité intellectuelle », et qui assure que sa relation avec Ricoeur n’a pas été gonflée. Idem pour Olivier Mongin, qui dirigé la revue jusqu’en 2012 et qui vante « l’incontestable solidité philosophique » du ministre démissionnaire.

Le Président Macron et les Français

Bernard Owen

Voici un petit résumé des sondages de notre Présidence, y compris une interrogation sur la personne. Peut-on ressentir de la sympathie pour cette catégorie de personnage?  Est-ce l’absence de maturité? Un être humain qui va ici ou là?  Qui a invité les grands de ce monde, qui se rend chez eux pour récolter un brin de leur puissance? de leur maturité?

Le 11 août 2017

36% des français satisfaits de l’action d’Emmanuel Macron.

23% estiment des français que les pays évoluent plutôt dans le bon sens.

La baisse des aides au logement: 60% ne sont pas satisfaits.

Le 27 août 2017

57% se déclarent mécontents de l’action d’Emmanuel Macron.

20% sont très mécontents.

Le 5 septembre 2017

54% n’approuvent pas l’action d’Emmanuel Macron dont 30% pas du tout.

Le 13 septembre 2017

La cote de popularité du Président de nouveau en forte baisse avec une chute de 13 points en deux mois.

Emmanuel Macron Will Be Yet Another Failed French President

Opinion | OP-ED CONTRIBUTOR

By CHRIS BICKERTON SEPT. 7, 2017

At home in France, it’s a very different story. A recent poll found that Mr. Macron’s popularity fell by 14 points in August, after a fall of 10 points in July. Only 40 percent of respondents said they were satisfied with the president’s performance.

To be fair, Mr. Macron never had much popular support to begin with. In the first round of the presidential election in April, when the vote was split among four main contenders, he won just under 24 percent. (By comparison, François Hollande received 28 percent of the vote in the first round in 2012. Nicolas Sarkozy won 31 percent in 2007.) Mr. Macron won the second round handily, but only because he was the lesser-evil candidate in the runoff — his competitor was Marine Le Pen, the leader of the far-right populist National Front party.

Electoral arithmetic explains only so much. Mr. Macron’s popularity suffers from something more fundamental: Macronism. His entire political project has been far too focused on his personality. Much of his appeal has come from his youth, his dynamism, his good looks and his oratorical skills. This hyper-personalized approach always carried the risk that once his charm wore off, there would be nothing left for his supporters to like, which is exactly what is happening.

Since taking office, Mr. Macron has put off many people by trying to recapture the grandeur of the presidency. In a phrase that may stick to him for the rest of his time in office, he said he wanted to make the presidency more “Jupiterian,” comparing himself with the powerful Roman god Jupiter, who ruled the skies. When he brought the Senate and Parliament together at the Versailles palace and spoke to them about his ambitions for the presidency, many in France bristled at the monarchical overtones.

This arrogant attitude about power has destroyed the anti-establishment, upstart image that Mr. Macron cultivated during the campaign. The post-ideological platform on which he ran is starting to reveal itself for what it really is: an emptiness at the heart of his political project.

Every weekday, get thought-provoking commentary from Op-Ed columnists, the Times editorial board and contributing writers from around the world.

Mr. Macron’s two big policy goals are fixing the economy and fixing Europe. He has gone so far as to describe his economic policies as a “Copernican revolution,” but he is merely pushing France a little farther down the road of labor market deregulation and fiscal austerity, a path well trodden by other countries.

The new president says he is determined to make France a “start-up nation,” borrowing the vapid parlance of Silicon Valley. This has won him the support of venture capitalists and tech billionaires but has yet to convince the wider French public. Silicon Valley’s libertarian social contract, with its cavalier attitude toward inequality, sits uneasily with a population raised on France’s postwar social-democratic traditions.

His main goal is to reduce France’s unemployment rate, which at around 10 percent remains stubbornly high. He hopes to do this by reforming the labor code. One of the new measures is a cap on the damages that courts can award workers claiming wrongful dismissal, a move intended to give employers more confidence in hiring. Another would allow companies with fewer than 50 employees to negotiate contracts without having to go through trade unions. The French far left has called this a “social coup d’état,” but the president has been careful not to give in entirely to the business lobby.

What really matters is the endpoint. Any sustained fall in unemployment in France would be welcome, but the experiences of other countries suggest it comes at the cost of new kinds of inequality. In Germany, labor market reforms have led to a proliferation of “mini-jobs,” part-time work that is lightly regulated and has taken the place of full-time jobs in some sectors. In Britain’s highly deregulated labor market, record employment levels exist alongside low productivity, stagnating wages and a proliferation of short-term contracts. Is this the future France wants?

Not since the economic boom of the 1950s and ’60s has capitalism in Europe been dynamic enough to combine high levels of employment with long-term material gains for the masses. Today, choices involve painful trade-offs. Mr. Macron’s economic policies favor employers over workers and chip away at what remains of the French welfare state.

But fearful of giving his program any actual political content, the president wraps up his reforms in the European flag. He tells French voters that only if they make these sacrifices at home, the rest of the European Union — especially Germany — will take them seriously and give France a better deal.

Mr. Macron’s European plans include a common budget and finance minister for the eurozone. His ideas have received warm words from Berlin, and there are signs that such a deal could be possible after Germany has its federal elections on Sept. 24. But if Chancellor Angela Merkel wins, her mandate will not be for a European fiscal union where German tax revenues are placed in a common European pot. She has given her support to only a very modest version of what Mr. Macron is proposing. The payoff for all of France’s sacrifice at home will be small — and the president will surely be no more popular than he is now.

Mr. Macron’s success in June’s presidential election has shaken up the moribund political landscape in a deep and lasting way. For that, he deserves thanks. But as a political project, Macronism is little more than rhetoric and hubris, backed up with conventional neoliberal policies. For now, Mr. Macron is still the darling of the global liberal elite, but his growing unpopularity gives us a better picture of what he has to offer.

Correction: September 7, 2017 A previous version of this article misstated the date for Germany’s federal elections. They will be held on Sept. 24, not Sept. 25.

Chris Bickerton (@cjbickerton) is a lecturer in politics at Cambridge University and the author of “The European Union: A Citizen’s Guide.”

Macron va à la pêche..

Voici un autre bon article de MEDIAPART.

Macron rejoue les grands classiques de la droite

31 AOÛT 2017 PAR ELLEN SALVI

Dans un entretien-fleuve au Point, le président développe plusieurs des réformes à venir. APL, assurance chômage, université… Toutes les antiennes de la droite y sont réunies. Mais aucun marqueur de gauche n’y figure.

Ils y sont quasiment tous. Dans un entretien-fleuve accordé ce jeudi 31 août au Point, Emmanuel Macron remet au goût du jour les grands classiques de la droite française. Sur plus de 20 pages de questions-réponses, celui qui avait théorisé, le temps de sa campagne, l’idée d’un mouvement politique « et de droite et de gauche » accorde en réalité très peu de gages à la seconde partie de l’expression. Pour ne pas dire aucun.

Le président de la République y confirme en revanche que son appropriation des antiennes de la droite ne relevait pas seulement d’une stratégie politique destinée à achever le parti de la rue de Vaugirard après la Bérézina Fillon, mais qu’elle constitue bien le socle sur lequel il entend s’appuyer pour réformer – pardon « transformer », comme il le répète – le pays.

Outre la réforme du code du travail par ordonnances, destinée à « flexibiliser » et donc à précariser davantage encore le salariat, Emmanuel Macron revient dans cet entretien sur le coup de frein donné aux emplois aidés, indiquant qu’« il s’agit trop souvent d’une perversion de la politique de l’emploi » et les qualifiant de « subvention déguisée vers les collectivités locales ou le secteur associatif ». Le président de la République l’assure : « Le taux de retour à l’emploi durable des personnes concernées est très faible. […] Pour un jeune des quartiers difficiles, ce n’est pas un contrat aidé qui va changer sa vie. »

Comme l’a expliqué Mediapart, la réalité est un peu plus complexe. Certes, la Direction de recherche du ministère de l’emploi (Dares), qui reconnaît que les emplois aidés ont des effets positifs sur le chômage à court terme, estime que ces effets sont « plus mitigés » à moyen terme. Elle reste toutefois très prudente quant au diagnostic, tant les éléments méthodologiques manquent pour l’établir de façon sûre.

Le président de la République comme son premier ministre, sa ministre du travail et son porte-parole ne s’embarrassent pas d’une telle prudence. Eux continuent d’opposer ce dispositif à la formation, jugée plus efficace pour l’emploi, comme le faisait François Fillon à l’époque où il espérait encore gagner la présidentielle. L’ancien candidat LR, qui souhaitait « une révolution culturelle de l’alternance », envisageait d’« assécher les dispositifs des contrats aidés pour les jeunes et mettre ces moyens qui aujourd’hui sont gaspillés sur autre chose ».

« Aujourd’hui, on oriente les jeunes vers des voies sans issue. L’idée, c’est d’arrêter avec les emplois aidés », expliquait, dès 2015, l’ex-députée Isabelle Le Callenec, qui avait participé à l’élaboration du projet. Le choix d’Emmanuel Macron en la matière aurait donc de quoi satisfaire tous ceux qui, à droite, ont défendu le programme de François Fillon. Ce sont pourtant les mêmes, de Gérard Larcher à François Baroin, qui aujourd’hui poussent des cris d’orfraie sur le sujet.

Même chose sur la réforme de l’assurance chômage qui sera mise en œuvre à compter de l’été 2018. Comme il l’avait déjà indiqué, le président de la République confirme dans Le Point qu’« au bout du premier mois, un chômeur devra bénéficier d’un bilan de compétences »« S’il existe des emplois accessibles en lien avec ses compétences, ils seront proposés, poursuit-il. Au deuxième refus, les droits seront perdus. » On retrouve, là encore, une proposition de François Fillon, qui entendait lui aussi « responsabiliser les demandeurs d’emploi en rendant obligatoire la motivation d’un refus d’emploi et en sanctionnant un deuxième refus insuffisamment motivé ».

Malgré la polémique et le fait que son premier ministre Édouard Philippe ait lui-même convenu qu’il s’agissait d’une mesure « pas intelligente », le chef de l’État affirme également sa volonté de continuer à baisser les aides personnelles au logement (APL) au-delà des 5 euros déjà annoncés. « Dans le cadre, dit-il, d’une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers et dans le cadre d’une politique plus globale. » De leur côté, la quasi-totalité des candidats de la primaire de la droite, d’Alain Juppé à François Fillon, n’étaient même pas allés jusque-là, envisageant pour leur part une refonte complète des prestations sociales, aides au logement comprises.

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Dans un autre registre, Emmanuel Macron fait encore un pas supplémentaire du côté de la droite lorsqu’il évoque sa « révolution sur l’éducation »« Nous ferons en sorte que l’on arrête, par exemple, de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde », affirme-t-il. La formulation est assez sibylline pour être comprise comme on le souhaite. Sans jamais prononcer le terme de « sélection »idée défendue par les ténors de LR, mais tabou absolu pour les acteurs de l’université, le président de la République relance toutefois le débat sur le sujet. Le gouvernement souhaiterait instaurer des prérequis mais ne livre pour l’heure aucun autre détail sur les modalités de ces derniers. Si celles-ci s’avéraient contraignantes, cela reviendrait à instaurer une sélection déguisée.

En occupant tout l’espace de la droite, le chef de l’État ne laisse à cette dernière qu’une seule solution pour exister : celle de se crisper sur ses marottes identitaires, de continuer de sombrer, par la voix de personnalités comme Laurent Wauquiez, dans la surenchère et de se rapprocher davantage encore de l’extrême droite. Car sur le volet social comme sur volet économique, rien de ce qu’il développe dans Le Point ce jeudi ne pourrait être sincèrement renié par le parti de la rue de Vaugirard. Sur des points de détail, sans doute. Mais uniquement sur cela.

Rien d’étonnant, donc, à voir tous les anciens soutiens d’Alain Juppé, à commencer évidemment par l’actuel premier ministre Édouard Philippe, applaudir les réformes – pardon, les « transformations » – promises par Emmanuel Macron. « Quand vous superposez les projets de Juppé et de Macron, il y a beaucoup de points de convergence : même mécanisme sur le coût du travail, même philosophie sur les 35 heures ou sur la taxation forfaitaire du capital… », soulignait un proche conseiller du maire de Bordeaux, dès mai dernier.

Certes, les « Marcheurs » qui rejettent les étiquettes politiques du « vieux monde » pourront toujours objecter le fait que tout ce qui est développé dans le premier grand entretien de leur mentor figurait déjà dans son programme pour la présidentielle. Ils auront d’ailleurs raison sur la plupart des sujets. La surprise de cette interview n’est pas tant qu’il y délivre un discours de droite. Elle réside dans le seul fait qu’il n’y adresse aucun message à destination de la gauche.

Ordonnances: l’impossible équation de Muriel Pénicaud

30 AOÛT 2017 PAR FRANÇOIS BONNET

Alors que le premier ministre présente le détail des ordonnances, l’avenir de sa ministre du travail semble des plus incertains. Venue du monde patronal, dont elle apparaît comme un relais actif, refusant la confrontation politique, elle se trouve durablement affaiblie par l’affaire Business France et par les montants extravagants de ses rémunérations chez Danone.

C’est donc le jour J. Ce jeudi 31 août, le premier ministre Édouard Philippe rend enfin publique la totalité des textes des ordonnances réformant le droit du travail, après quelques jours d’obscurs débats parlementaires et plusieurs semaines de vraie-fausse concertation avec les organisations syndicales (lire ici notre dossier complet). Cette réforme expresse par ordonnances a été présentée par le candidat Emmanuel Macron comme la clé de voûte d’une refonte en profondeur du marché du travail et d’une relance de l’économie française. Et elle concernera directement le statut, les conditions d’embauche et de licenciement des plus de 25 millions de salariés en France.

C’est l’importance de cette réforme qui justifierait sa présentation par le premier ministre. À ses côtés, précisait mercredi Matignon, sera bel et bien présente Muriel Pénicaud, ministre du travail. Parlera-t-elle ? C’est une autre question. Car l’avenir de Muriel Pénicaud au sein du gouvernement paraît des plus incertains. Et ce pour plusieurs raisons.

La première est le piètre exercice parlementaire réalisé par la ministre lors de la session parlementaire et des débats sur la loi d’habilitation autorisant le gouvernement à recourir aux ordonnances. Cramponnée à une novlangue managériale, important à l’Assemblée les arguments classiques du monde de l’entreprise, la ministre s’est montrée incapable de tenir une confrontation politique avec des députés de gauche et de droite trouvant pour le moins légères les formules jargonnantes du genre « libérer les énergies »« responsabiliser les individus »« sécuriser les trajectoires professionnelles » ou « redonner confiance aux entrepreneurs ». L’Assemblée nationale ne parle pas le langage de l’université d’été du Medef et autres conclaves patronaux.

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À vrai dire, bien peu sont ceux qui mettent en cause la technicité de la ministre sur un dossier à la fois complexe et stratégique. La difficulté majeure est directement politique et relance cette bien vieille question : « D’où parles-tu ? »Muriel Pénicaud, sans itinéraire politique identifié (hormis un court passage comme conseillère technique-formation au cabinet de Martine Aubry il y a plus d’un quart de siècle), porte pourtant des intérêts et des engagements très identifiés : ceux des grandes entreprises.

Inutile de lui faire le procès d’être la voix du patronat et du Medef, ce que ne font d’ailleurs pas les syndicats FO ou CFDT. Mais ses plus de 20 années passées dans les grandes entreprises la rattachent à cette caste particulière et fort homogène des hauts dirigeants. Un monde où les impératifs économiques enrobés de novlangue managériale (lire à ce sujet notre entretien avec Agnès Vandevelde-Rougale) interdit toute dissonance. Elle a ainsi pu sans difficulté travailler pour deux grands groupes aussi différents que Dassault-Systèmes et Danone, avant de prendre la direction de l’organisme public Business France, chargé de vendre à l’étranger les entreprises et le dynamisme entrepreneurial (pas celui des salariés) français.

Avec Muriel Pénicaud, voici donc les dirigeants d’entreprise – leur culture, leurs dogmes, leur vision de l’économie – aux commandes du puissant ministère du travail. Une ministre issue du patronat pour gérer la condition salariale : c’est du jamais vu dans l’histoire politique récente, tant cela marque et proclame d’emblée combien le rapport des forces sera défavorable aux salariés. L’« ouverture à la société civile » tant pratiquée depuis 40 ans s’est faite, pour beaucoup de ministères, en direction de spécialistes des secteurs concernés : la santé (Emmanuel Schwartzenberg ou Bernard Kouchner), les sciences et la recherche (Hubert Curien), les sports (Alain Calmat, Bernard Laporte…), l’économie (Francis Mer, un patron), etc. Mais cela ne s’est jamais fait concernant le ministère du travail.

Parce que ce ministère est un marqueur éminemment politique. Et parce qu’une grande part de sa mission – organiser concertations et négociations – interdit au titulaire de ce portefeuille d’apparaître comme pouvant être le relais direct d’une des parties, patronat ou salariés. C’est ainsi que la plupart des ministres du travail ont toujours été des poids lourds politiques : Jean Auroux puis Pierre Bérégovoy sous Mitterrand ; Philippe Séguin sous Chirac en 1986 ; le centriste Jean-Pierre Soisson sous Mitterrand/Rocard ; Martine Aubry sous Jospin ; Gérard Larcher sous Chirac ; Xavier Bertrand et Éric Woerth sous Nicolas Sarkozy ; Michel Sapin et François Rebsamen sous François Hollande (voir ici la liste complète des ministres du travail).

Quelques éléments sur l’économie française.

Maria Rodriguez McKey

La dette de la France est de  97 % par rapport au PIB pour le moment, la France paye un taux d’intérêt faible pour s’endetter mais cela peut changer.

La France dépend de la politique  monétaire de la Banque européenne

L’Euro est fort par rapport au dollar. Ceci est mauvais pour la France (sauf pour payer le pétrole et le gaz qui se vendent en dollars).

Le code du travail a quelques 3000 pages. Les contrats de travail (exemple, le contrat a durée indéterminé)  est une  loi de assemblée et doit être assoupli par le gouvernement . Ceci est un système rigide car on doit attendre que le gouvernement agisse. Les entreprises sont que peu indépendantes.

Le taux de chômage structurel, celui que ne vient pas des crises comme celle de 2007 (chômage conjoncturel), est là depuis au moins vingt ans…

Les dernières nouvelles de François Fillon

ouestfrancefr

PAYS DE LA LOIRE  /  SABLÉ-SUR-SARTHE  /

Après ses vacances, François Fillon « va travailler dans le privé »

Modifié le 22/08/2017 à 10:42 | Publié le 22/08/2017 à 10:24

Écouter

Au programme : règlement de comptes avec Les Républicains, travail dans le privé et suites du feuilleton judiciaire.

Sa terrible campagne présidentielle s’est achevée au soir du premier tour, le 23 avril 2017 : en troisième position avec 20 % des suffrages. Force républicaine, le micro-parti de François Fillon, avait engrangé 3,3 millions d’euros de dons. Après la défaite, il restait 1,9 million non-dépensé. Les Républicains ont réclamé leur part, notamment pour renflouer le parti qui affiche 55 millions de dettes.

Hier, Le Parisien a révélé que, fin juillet, Force républicaine avait finalement accepté de reverser « 900 000 € » aux Républicains. Pas sûr que le chèque apaise les tensions. Beaucoup n’ont pas digéré l’échec. Et le perdant a visiblement coupé les ponts. Aucune déclaration publique et de rares contacts en privé.

À quel poste ? Mystère…

Les Républicains éliront leur nouveau président les 10 et 17 décembre. Fillon a reçu Laurent Wauquiez, il rencontrera bientôt Daniel Fasquelle. Ce dernier, député du Pas-de-Calais qui a lancé le mouvement « Sauvons la droite », devrait annoncer sa candidature en cette fin de semaine. Fillon laisse passer l’été. Il a séjourné dans son manoir sarthois, en Islande et en Toscane. Et « à la mi-septembre, il va travailler dans le privé », confirme son entourage.

Dans quelle entreprise, à quel poste ? Mystère. Le jeune homme qui rêvait de journalisme, qui est diplômé en droit public, a plongé tôt dans le chaudron politique. Il avait 22 ans, il en a aujourd’hui 63. Parmi ses autres projets : une Fondation pour les chrétiens d’Orient.

Une certitude : il aura rendez-vous avec la justice. Dans le cadre de « l’affaire Pénélope », il est notamment poursuivi pour détournement de fonds publics.

Macron, superficiel?

Bernard Owen

Voici un article du New York Times concernant la victoire d’Emmanuel Macron.  Il traite la question de l’abstention des électeurs, et donc de la base  plutôt étroite de son gouvernement et donc les possibles conséquences sur la gouvernance du pays. L’article mentionne aussi les entretiens du Président avec Vladimir Putin, Donald Trump… mais comme a dit quelqu’un que nous connaissons « Je pense qu’il s’entend avec tout le monde ».

 

For Macron’s Party in France, Success Is Broad. But How Deep?

By ALISSA J. RUBIN, JUNE 12, 2017

PARIS — By almost any measure, the party of President Emmanuel Macron achieved overwhelming success in the first round of parliamentary elections on Sunday.

The candidates of his newly formed party, La République en Marche, finished first in 449 of 577 districts, leaving them poised to dominate the National Assembly, the lower and more powerful house of French Parliament, after the second round of elections next Sunday.

That success built on Mr. Macron’s strong early performance as president, analysts said, but was also greatly helped by the vacuum left when successive parties on the left and right collapsed in the face of his strong showing in the presidential race and by historically low turnout — just 49 percent of the French went to the polls.

The combination of factors has left some analysts and historians wondering if perhaps Mr. Macron is even succeeding too well. The vulnerability inherent in his success is that while he will be able to push through his agenda, he will lack a broad base of support because only one in two eligible French citizens voted and his party’s likely crushing majority in the Parliament will overwhelm opposition voices.

In addition, because he is expected to have such a large margin in the National Assembly, his program could win approval with little resistance, allowing him to skip the step of assembling a broad-based coalition. That could come back to haunt him, leaving some, perhaps even many, feeling disenfranchised.

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“There will be rather weak political opposition within the Parliament, but we are going to face it on the street, on the social networks, outside of institutions,” said Jean Garrigues, a historian at the University of Orléans.

“And it is always dangerous when political opposition hardens outside of institutions,” he said.

The left-leaning newspaper Liberation on Monday likened Sunday’s results to a “takeover” of the nation’s politics.

None of that undercuts Mr. Macron’s formidable political skills or that of his party, La République en Marche (The Republic on the Move). He managed to take France’s rather querulous desire for change and infuse it with a sense of optimism, with the idea that people could be better off.

Past presidents who had proposed changes in labor laws and the French social safety net had not been able to convince the public that the benefits would outweigh the pain.

“People are wondering what kind of fairy dust he used to make this happen,” said Édouard Lecerf, global director for polling and research for Kantar Public.

Since 2002, when the timing of the French legislative elections changed so that they directly followed the presidential elections, the ballot has served as confirmation of the president’s win, reliably sending a majority of representatives of the president’s party to Parliament. Although pundits initially expressed doubts that Mr. Macron could secure a majority because of how new his party and its candidates were, he helped ensure that outcome by quickly impressing the French during his first days as president.

“He had series of impressive international events with the NATO summit, the G-7 and the meeting with Putin at Versailles,” said Bruno Cautrès, a political scientist at the Center for Political Research at Sciences Po in Paris.

He was referring to Mr. Macron’s star turns both in Brussels where he met President Trump and won the ‘I can shake hands harder than you can’ competition, and at Versailles where he went toe to toe with President Vladimir V. Putin of Russia, bringing up sensitive topics like the treatment of gay people in Chechnya during a joint news conference.

Mr. Cautrès said the new president’s shrewd choices of people, from both the left and right, to fill the ranks of his government had also helped.

Mr. Macron has benefited from the weakness of the other parties; even those parties that were relatively strong as recently as the presidential election have seen a sudden drop in popularity. For instance, the far-right party of Marine Le Pen, the National Front, received 21 percent of the vote in the election’s first round, and the far-left party of Jean-Luc Mélenchon, France Unbowed, took close to 20 percent.

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Both lost ground during the legislative contest. Ms. Le Pen’s party got about 13.5 percent of the vote nationwide in the weekend elections, a precipitous drop, and France Unbowed did not quite reach 11 percent.

“The National Front was unable to capitalize on the 11 million votes it won in the presidential election,” Mr. Cautrès said. “The far right appears divided and Marine Le Pen’s leadership could be challenged if she does not win her legislative race on Sunday.”

Ms. Le Pen won 46 percent in a district in the northeast of France where she is running, making it likely that she will win. Less clear is whether more than a bare handful of other National Front candidates will garner the votes necessary to get into Parliament.

On the left, Mr. Mélenchon, who by dint of his personality and debating skills was a strong presence in the presidential election, was unable to project himself into the scores of races nationwide where his candidates were competing.

The Socialist Party of Mr. Macron’s predecessor, François Hollande, fared badly in the legislative elections. It had been accused of betrayal by unions and its own left wing after the government pushed pro-business changes to the labor laws that it had once shunned.

About 100 Socialist Party representatives and their allies in the National Assembly lost their seats on Sunday, including Jean-Christophe Cambadélis, the head of the party; the Socialists’ presidential candidate, Benoît Hamon; and a number of Mr. Hollande’s former ministers.

“It paid dearly for its contradictions,” Mr. Cautrès said.

But the most potentially dangerous element for Mr. Macron is one that helped his party do so well: a historically high abstention rate — 51 percent of the French decided not to vote last Sunday.

The low turnout helped Mr. Macron’s candidates by reducing their competition, but the darker side is that many workers and poorer people in cities as well as in the countryside will not be represented, several historians and political sociologists said.

“There’s a spectacular underrepresentation of the National Front and of the France Unbowed party,” Mr. Garrigues said.

“It is the case that this National Assembly is going to represent the France that is favored to the detriment of the France that is suffering,” he said.

Myriam Revault d’Allonnes, a philosopher and specialist in political representation, sees in the abstention a form of protest rather than apathy. “You don’t abstain because you prefer to go fishing,” she said.

It is not a only a sign of a lack of interest in politics, she said in an interview published on the Franceinfo news website, “it is also a sign of protest.”

“The state of grace will not last forever,” said Mr. Lecerf, the pollster. “Once he starts changing the pensions and work laws, it is going to get much more complicated.”

Aurelien Breeden and Benoît Morenne contributed reporting.

Brigitte Macron vue par les « anglo-saxons »

Voici quelques extraits u du Daily Mail (Britannique) et le New York Times (Etats-Unis).

http://www.dailymail.co.uk

I have wrinkles, he has freshness. That’s how it is’: 64-year-old wife of France’s Emmanuel Macron speaks about the ‘problem’ of having a husband 25 years younger

  • Brigitte Macron opens up about 25-year difference between her and Emmanuel
  • She said she is reminded of his ‘freshness’ every morning while she has ‘wrinkles’
  • The couple met when Brigitte taught the teenage Emmanuel drama at school
  • She also discussed being forced to abandon plans to create new ‘First Lady’ role

By Peter Allen In Paris for MailOnline

PUBLISHED: 14:56 BST, 17 August 2017

The wife of French President Emmanuel Macron today spoke for the first time about being married to a man 25 years her junior, saying: ‘The only problem is that he’s younger than me’.

..  ‘Of course, we have breakfast, me with my wrinkles, him with freshness, but that’s how it is,’ said Mrs Macron.

She also spoke out after public pressure forced the Macrons to abandon their plans to give Mrs Macron the official title of First Lady – claiming she was not too bothered.

‘I don’t feel like a First Lady,’ said Mrs Macron.

France’s First Lady, a Confidante and Coach, May Break the Mold

By SUSAN CHIRA and LILIA BLAISEMAY 11, 2017

PARIS — If France’s president-elect has broken every rule in the political playbook, consider Brigitte Macron, the country’s next first lady.

She met her future husband, Emmanuel, when he was 15 and she was his 39-year-old drama teacher, married with three children. She and his parents at first tried to discourage him from pursuing her, and she has said they did not have a “carnal” relationship when he was in high school, but he eventually won her over.

By all accounts, she was present at every stage of his political evolution, coaching him on his speeches and public demeanor, and she is the one he turns to for an unsparing critique. He treats her as an equal partner and says she will define her future role.

In the days after the election, social media posts went viral criticizing the way the couple have sometimes been portrayed in the press: she as a predatory “cougar” and he as a “boy toy”; Ms. Macron, 64, has been called everything from a grandmother making his tea to a “cagole,” a French term for a bimbo. If the ages were reversed, her defenders pointed out, no one would have blinked an eye.

Leah Pisar, an expert in Franco-American relations who worked in the Clinton White House, said Ms. Macron served as his gatekeeper: “You want to get to him, you go through her.”

In this, Ms. Macron also appears maternal, protecting her husband as many French wives are expected to do. She is seen chiding him not to eat junk food on the trail in a documentary that followed his campaign for several months.

She and one of her daughters pushed him to help advance women in politics; he has pledged that half the candidates his party will field in the coming legislative elections will be women and that he will appoint many to his cabinet.

…in a television interview after he made it to the presidential runoff, her husband made it clear that she was not vanishing: “She will have a say in what she wants to be. She will have a presence, a voice, a look. She will have it privately by my side as she always has, but she will have a public role because that’s how it goes.”

Brigitte Macron, Liberator

Roger Cohen MAY 12, 2017

Emmanuel Macron and his wife, Brigitte, in Paris after his victory on May 7.

There have been magazine pieces about the couple, including an interview with Brigitte in Paris Match. As Le Monde put it, “It is together that this atypical couple scaled the steps of power. Never has the wife of a candidate been as present in a presidential campaign.” But prurience and sexism have been in short supply.

What’s new in a French political context is that Macron and his wife cooperate so intensely. She is a principal adviser. She gave up a job as a French teacher to work with Macron when he became economy minister in 2014, and has remained at his side. For many, she has helped humanize the technocrat-banker with a tendency (now contained) for highfalutin jargon. Born into a provincial family of chocolatiers, she has good antennae for ‘‘la France profonde” (deep France.) Not since the song was released a half-century ago has a more emphatic affirmative answer been given to the Beatles’ question: “Will you still need me, will you still feed me, when I’m sixty-four?”

Vanessa Friedman

ON THE RUNWAY MAY 15, 2017

Especially because she is being cheered as an icon of “French style” as a result. Though equally interesting is the icon of French style she has enlisted in her cause. Traditionally, first ladies and female leaders from Mrs. Kennedy to Queen Elizabeth II and Angela Merkel have worked with a single designer on creating their image, a pattern broken in recent years by Mrs. Obama, and her peers Samantha Cameron and Sophie Grégoire Trudeau. While Ms. Macron seems to be engaged in a return to form, her choice of collaborator is an interesting one.