New York Times: Aide to France’s Macron: Protest Beating Was ‘Huge Mistake’

By The Associated Press

  • July 26, 2018

PARIS — The former security aide to President Emmanuel Macron who triggered an uproar after a video showed him beating a protester acknowledged a « huge mistake » in attending the demonstration equipped as a police officer, but described it as a political error that ended up backfiring against the French leader.

Authorities have opened a judicial investigation into Alexandre Benalla, who was fired last week, and his office was searched on Wednesday. Le Monde newspaper published the interview Thursday with Benalla, who had shaved his beard to be less recognizable.

Macron’s office has been criticized for not disclosing the accusations weeks ago and the way it handled them. The French leader said Tuesday at a private gathering of his centrist party that he alone was responsible. He has not spoken publicly to lawmakers during a week of televised parliamentary sessions, but when pressed by journalists on Wednesday he downplayed the uproar over Benalla’s actions.

« He made a real, serious error which I felt was a personal betrayal and told him so. He was punished for this error and then resumed his work. When he made a second error he was more severely punished, as had been expected, » Macron said. « Everyone makes mistakes, the response has to be proportional. »

France’s parliament has opened up a series of inquiries into Benalla’s role within the Macron administration and his request to carry firearms. The 26-year-old claimed credit for choosing the site where Macron formally claimed the presidency — the Louvre palace — and said his job was to take care of Macron’s private life. He can be seen in dozens of photos, at Macron’s side or just behind him.

« I don’t have the sense that I betrayed the president; I have the sense that I made a huge mistake, to have committed an error, » Benalla said. « But this error, it’s more from a political point of view: I never should have gone to that protest as an observer and then, perhaps, I should have stayed back. »

Benalla said targeting him has been a means to hurt Macron. « I am the weak link, » he said.

Benalla had considered himself a crucial part of Macron’s detail, and has criticized his official security, the equivalent of the American Secret Service. « They aren’t at all involved in organization. They only handle security, » he told Le Monde.

Earlier this week, speaking to lawmakers, Paris Police Chief Michel Delpuech denounced what he called « unhealthy cronyism » to explain Benalla’s apparent sway within France’s security apparatus. However, both the interior minister and the police chief said Benalla was among some 40 people present in the command room on the night of May 1, watching video screens of the police cleanup operation of the protests.

 

Un Parti politique du nouveau monde : LREM

Monique Cochinal

Les citoyens se souviendront longtemps de cette malheureuse campagne électorale pour l’élection du Président de la République. Immobilisée et loin de chez

moi, j’ai suivi, jour après jour, tous ces événements avec consternation.

Très vite, un jeune candidat : Emanuel Macron s’impose. Il a été nommé auparavant Ministre de l’économie, par le Président Hollande, il démissionne et annonce sa candidature, faisant ainsi un grand pied de nez au candidat sortant. Il prétend bouleverser l’ancien monde politique, préconise des réformes plus que nécessaires, sûr de réussir là où les gouvernements d’anciens ont échoué, et se dit d’aucune formation politique (pourtant …. Petit protégé du Président Hollande, il sort d’un gouvernement socialiste, et a dû, à mon avis, adhérer au Parti Socialiste, ce qu’il dément tout au long de sa campagne).

Charmeur, beau parleur, il rassemble très vite autour de lui des jeunes issus de la société civile, attirés par son flot de paroles, ses idées nouvelles et sa force de conviction. Je me souviens avoir discuté, à cette époque, avec l’un de mes petits-enfants (trente ans), qui me vantait ce candidat, et me disait : »on en a assez de tous ces politiciens, de leurs manigances, au moins, lui, il est autre, il se moque bien de la politique, il est franc, loyal ……. Et ça va nous changer ».

Alors, petit à petit, on se réunit entre copains, on élabore un programme, on s’installe, on cherche des capitaux (une campagne électorale, ça coûte cher, surtout si on n’est pas soutenu par un parti politique). Du reste, l’origine des fonds récoltés est restée trouble ……

Peu à peu, les nombreux candidats sont discrètement éliminés, ils font partie de l’ancien monde. Un dernier candidat émerge, se tient debout, présente son programme. Il a une certaine carrure et une bonne expérience des nombreux problèmes de notre pays. Il devient dangereux …. Il faut l’abattre, ce fut fait en l’espace de quelques semaines (voir sur ce site un entretien d’Hervé Lehman, avocat inscrit au Barreau de Paris sur l’affaire Fillon, publié par le journal « Le Figaro ».

Nos jeunes « macronistes », se rendent vite compte qu’ils doivent accepter les règles de l’ancienne politique de « l’ancien monde », et se voient obligés, pour avancer jusqu’à la victoire, de fonder un nouveau parti politique : La République en Marche, avec un chef, une structure et des règles. A ce propos, actuellement, le Président de ce parti est le Chef de Cabinet de l’Elysée, le très proche collaborateur du Président de la République. Comment peut-il et a-t-il les capacités voulues pour concilier les deux fonctions ?

Après avoir balayé tous les opposants, le candidat Macron, maintenant seul, peut se faire élire Président. Il s’entoure de ses fidèles compagnons du début, et va même jusqu’à leur faire signer une clause de « confidentialité ». Tous derrière le chef ….. Jusqu’à quand ? J’espère que les Français vont se réveiller avant qu’il soit trop tard.

La République en Marche ….. En panne !

Venez me chercher!

Monique Cochinal

Aurore Bergé, Députée de LREM est invitée, ce matin,  sur les plateaux de LCI. Une jeune femme, très convaincue, sûre d’elle, je dirai « copie conforme » de la « bande à Macron » répond aux questions posées.

50 lois votées en un an, pourquoi une telle accélération ? Peut-être sont-elles bâclées ? Pas assez de réflexion ? Pas assez de sérieux ?

Réponse : « Nous avons été élus pour réformer le pays. Nous tenons nos promesses, contrairement à nos aînés. Nous travaillons beaucoup, avec sérieux, et avec maturité. ». Là, on en doute beaucoup, quand on voit les gamineries des débats à l’Assemblée Nationale et la faible valeur des orateurs et oratrices, tous et toutes recrutés par Notre Président.

Question : l’affaire Benalla est-elle une faute grave ? Est-elle une affaire d’Etat ? Réponse : « Elle a été intentionnellement exagérée par l’opposition pour nous empêcher d’avancer et faire tomber le gouvernement. C’est seulement une faute individuelle, qui est aussitôt sanctionnée. Le Président assume. Nous n’avons rien à cacher. Les gens en sont lassés. Nous avons été assaillis par l’opposition, brimés et même obligés d’arrêter nos travaux sur la réforme de la constitution, que l’opposition refusait de voter, en exagérant l’affaire Benalla ». A mon avis de citoyenne, il a été très sage de reporter ces travaux, car j’estime qu’ils demandent mûres réflexions : on ne touche pas, dans la précipitation encore moins, à notre constitution, qui est le socle, le « rempart » comme disent certains sénateurs de cette 5ème République.

Nous avons droit à quelques mots souvent entendus sur « plus de proportionnelle », dans un Etat démocratique : accueillir à l’Assemblée Nationale des députés de tous bords, représentant le plus de pensées diverses. C’est déjà ce que le Président a fait pour former son gouvernement (Un Premier Ministre de droite, un Ministre de l’Intérieur de gauche, ainsi que quelques autres ministres de tendance gauche).

A mon simple avis, ça n’a pas réussi du tout partout en Europe, au cours de l’histoire, et est la cause de bien des troubles et, pire, de guerres meurtrières. A lire, sur ce site, une étude très approfondie Du Professeur Bernard Owen, Docteur en Science Politique.

La République en Marche est « en panne » et c’est tant mieux. On attend septembre et les résultats des enquêtes parlementaires, sénatoriales et judiciaires.

En peu de temps, on voit cette majorité de jeunes « loups », notre Président en tête, piétinant leurs aînés, voulant tout réformer, arrivés maintenant à un dangereux « sur pouvoir » après avoir balayé toute l’opposition.

Mais …… nous allons réagir. Cette affaire Benalla aura eu l’avantage de stopper les travaux de la majorité et de faire enfin émerger et réagir les opposants. C’est un début.

MEDIAPART: L’affaire Benalla est bien une affaire Macron

31 JUILLET 2018 PAR EDWY PLENEL

Il n’y a pas d’Alexandre Benalla à l’Élysée sans Emmanuel Macron, auquel le premier doit tout. Mais il n’y a pas non plus d’affaire Benalla sans le soutien apporté par le président de la République à son homme de confiance. C’est cette couverture, jusqu’au mensonge, qui en fait une affaire d’État.

L’affaire Benalla est un impitoyable révélateur politique : elle montre que le pouvoir né du chamboule-tout électoral de 2017 n’a finalement guère de conscience démocratique, ce mélange de précaution et de scrupule où se niche le souci du bien commun, au-delà de son propre sort. Voici donc un président de la République, supposé être celui de tous les Français, au-dessus des clans et des factions, qui, il y a une semaine, lance lui-même la contre-offensive politique et médiatique à la manière d’un chef de bande devant ses affidés, défiant d’un « qu’ils viennent me chercher » tous les contre-pouvoirs, le Parlement, la presse, voire la justice. Le chef de l’État y parle de lui à la troisième personne : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français. »

Depuis, sa garde des Sceaux, piétinant allègrement la séparation des pouvoirs, s’en va répétant dans les médias qu’il n’y a pas d’affaire, juste une faute individuelle, alors que des enquêtes judiciaires sont en cours pour, précisément, dire ce qu’il en est au regard du code pénal. Quant aux députés de La République en marche, ils se sont résolus sans états d’âme à faire reculer ladite République, entravant le travail de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, au point même d’en annoncer précipitamment des conclusions arrangeantes pour la présidence de la République, le tout avec un mépris affiché du parlementarisme.

Mais il y a peut-être pire. Portés par le principal intéressé, Alexandre Benalla, dans plusieurs prestations médiatiques auxquelles les communicants de l’Élysée ne sont pas étrangers, les éléments de langage de cette contre-attaque ne se contentent pas de minimiser les actes délictuels commis par l’homme de confiance d’Emmanuel Macron et son acolyte Vincent Crase, salarié du parti présidentiel. Ils les légitiment, affirmant qu’ils étaient en droit de porter assistance aux CRS en s’en prenant à des manifestants, en les frappant et en les interpellant – ce qu’ils feront à plusieurs reprises, comme l’établit encore la dernière vidéo révélée par Mediapart.

Autrement dit, il serait sinon admissible, du moins bénin que des collaborateurs du président et des membres de son parti jouent les supplétifs de forces de police pour s’en prendre à des opposants politiques exprimant dans la rue leur mécontentement. Et alors même qu’aucune charge ne sera retenue contre ces manifestants à l’issue de leur interpellation.

Faut-il rappeler qu’un des droits démocratiques fondamentaux qui s’imposent aux détenteurs momentanés de la représentation nationale, fût-ce le premier d’entre eux, est le droit de tout citoyen de manifester ses opinions, de les exprimer dans la rue et en public ? Ajouté à la coutumière banalisation française des violences policières dans le maintien de l’ordre, ce discours de relativisation des faits qui sont au départ de l’affaire Benalla revient tout simplement à accepter la mise à bas de l’État de droit au profit d’un régime autoritaire.

Car, comme l’a opportunément rappelé sur les réseaux sociaux l’historien Nicolas Offenstadt, « l’exercice de la violence physique contre des opposants politiques sans mandat légal, ou avec le soutien implicite des institutions, est un des traits marquants du fascisme ». La violence supposée légitime de l’État y est supplantée par une violence partisane à l’abri d’une privatisation du pouvoir. Si se dire que nous n’en sommes pas encore là est vrai, ce n’en est pas pour autant rassurant. De même qu’idéologiquement, la courte échelle faite à la déchéance de nationalité a donné droit de cité aux refrains xénophobes de l’extrême droite, ce qui se donne à voir et à entendre dans l’affaire Benalla, c’est l’acceptation par ceux qui nous gouvernent de pratiques antidémocratiques fondées sur la violence contre celles et ceux qui les contestent.

Car sinon, les faits étant connus du pouvoir élyséen et du parti présidentiel dès le 2 mai, les deux apprentis nervis du 1er mai auraient été licenciés sans frais, sans délai ni indemnité, pour faute grave. Or c’est tout l’inverse qui s’est produit : ils ont été couverts et protégés. Ne valant pas sanction disciplinaire d’un point de vue juridique (lire sur le blog de Paul Cassia), leur mise à pied symbolique de deux semaines, sans aucune retenue sur leur salaire du mois, n’est qu’un leurre : ils n’ont tout simplement pas été sanctionnés. Alexandre Benalla est tranquillement parti en vacances en Bretagne avant de reprendre sa place au plus près du président de la République, dans les mêmes fonctions, avec le même poids, les mêmes avantages auxquels devait s’ajouter le privilège d’une résidence dans l’annexe élyséenne du Quai Branly. Et Vincent Crase était encore jusqu’à l’annonce opportune de son licenciement, ce mardi 31 juillet, responsable de la sécurité du mouvement présidentiel.

L’attitude spontanée de la présidence face aux révélations initiales du Monde, le 18 juillet, confirme cet engagement total du pouvoir à leur côté. Non seulement le porte-parole de l’Élysée a été missionné le lendemain pour mentir de façon éhontée – rien de ce qu’il a dit ce jour-là n’ayant résisté aux investigations qui ont suivi – mais, de plus, comme l’a dévoilé Mediapart, des membres de l’entourage présidentiel n’ont pas hésité à exploiter, aux fins de soutenir Alexandre Benalla, les vidéos de la préfecture de police, en les faisant relayer dans la nuit du 18 au 19 juillet par des comptes En Marche!. Parce qu’ils mettent en branle la justice, c’est l’attitude du préfet de police et du procureur de la République qui obligera l’Élysée à accélérer le pas et à annoncer le 20 juillet le licenciement du chargé de mission présidentiel.

Bref, sans les révélations de la presse et sans les sursauts de hauts fonctionnaires, l’Élysée ne se serait jamais séparé d’Alexandre Benalla dont les rêves de grand ordonnateur d’une nouvelle direction de la sécurité présidentielle, totalement dévouée à Emmanuel Macron – à l’homme et non plus seulement à la fonction –, auraient pu prospérer. Une phrase de son entretien-plaidoyer au Monde donne une indication de la voie que le « Monsieur sécurité » du président élu en 2017 entendait suivre : « Si demain il y a une cohabitation, vous avez la sécurité qui est sous la main du ministre de l’intérieur », y confiait-il sur le mode de l’inquiétude.

On retrouve là les anciennes obsessions de ceux qui, se prenant pour les mousquetaires du roi, entendaient sanctuariser la sécurité présidentielle, ainsi que le théorisait la tristement fameuse « cellule de l’Élysée » sous la présidence de François Mitterrand. Sa mésaventure, qui se terminera devant la justice par des peines de prison avec sursis, suffit à nous rappeler ce que cache ce prétexte sécuritaire : une privatisation accentuée du pouvoir présidentiel.

Empêcher la privatisation du pouvoir

À tous ces titres, l’affaire Benalla est évidemment une affaire d’État, puisque son siège est à l’Élysée, au plus près du président de la République. Si elle n’a pas l’ampleur ou la gravité de celles qui l’ont précédée sous la Cinquième République, de l’affaire Ben Barka sous de Gaulle à l’affaire Greenpeace sous Mitterrand, c’est parce que ses protagonistes ont été pris en flagrant délit au tout début de leur carrière de basse police et de haute courtisanerie.

Mais tout ce que l’on apprend, depuis deux semaines que cette part d’ombre du macronisme est mise au jour, permet d’imaginer ce qu’il en aurait été, demain, après-demain, de leurs pratiques et de leurs dérives si, comme le cabinet présidentiel l’espérait, la vidéo des violences de la place de la Contrescarpe était tombée dans l’oubli sans que le faux policier casqué ne soit identifié comme un chargé de mission élyséen. Combien d’autres abus de pouvoir, avec leur cascade de passe-droits et de mélanges des genres, auraient été commis, autrement désastreux et ravageurs ?

Cette affaire d’État est évidemment une affaire Macron. Car cette histoire d’un chargé de mission élyséen fauteur de désordre en jouant les supplétifs du maintien de l’ordre aurait dû être réglée dans les vingt-quatre heures par son éjection de la présidence de la République. Dans ce cas, et dans ce seul cas, nous en serions restés au fait divers d’une dérive individuelle, aussi bavarde soit-elle sur la folie du pouvoir et sur l’esprit du temps.

Or si tel n’a pas été le cas, c’est parce que le président de la République lui-même a choisi de protéger son protégé. La seule vérité indiscutable de la communication présidentielle de ces derniers jours est la revendication par Emmanuel Macron de sa pleine et entière responsabilité. Mais cette responsabilité, celle de ne pas licencier son chargé de mission, de le conserver à ses côtés, de lui maintenir sa confiance et de ne pas saisir la justice, se révèle en contradiction avec la mission que lui a confiée le suffrage universel. « Le Président de la République veille au respect de la Constitution, énonce en effet l’article 5 de celle-ci. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. »

Emmanuel Macron n’est certes pas le premier des présidents de la Cinquième République à malmener, pour son pouvoir personnel et ses intérêts partisans, cette définition de sa fonction en gardien d’une Constitution qui le dépasse, supposant « respect »« arbitrage »« continuité » et « fonctionnement régulier », autant de mots qui relèvent des précautions et scrupules démocratiques. Autant de mots surtout que heurte de plein fouet le passage en force d’une pratique de plus en plus monarchique du pouvoir, sous l’aisance et l’accessibilité apparentes. Soulevant ce masque affable et souriant, l’affaire Benalla nous confirme la tentation d’un absolutisme présidentiel, faisant fi des oppositions, méprisées ou caricaturées, jamais entendues ni écoutées, et des contre-pouvoirs, notamment la presse, diabolisée à la manière de Donald Trump en productrice de fausses nouvelles alors même que, sans elle, la vérité n’aurait jamais vu le jour.

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« L’État, c’est moi », semble dire Emmanuel Macron en revendiquant, bravache, l’affaire Benalla. Un État à sa main, sans balance des pouvoirs et des contre-pouvoirs, sans ces pare-feu au pouvoir personnel qu’offre une administration dévouée à sa mission plutôt qu’à un homme, sans ces équilibres qui garantissent la vitalité et la stabilité démocratiques. La mémoire républicaine le sait, d’expérience douloureuse : on ne se méfiera jamais assez de ces aventuriers de la politique qui, en chamboulant les partis et les traditions, s’assoient sur la dynamique de mouvements informes, totalement dévoués à leur personne. De l’aventure du futur Napoléon III, assassin de la Deuxième République qu’il présidait, à celle d’Emmanuel Macron, déterminé jusqu’à l’affaire récente à accentuer la présidentialisation du régime par une réforme constitutionnelle qui aurait encore réduit les pouvoirs du Parlement, il y a évidemment un gouffre, de temps historique et de mœurs politiques.

Mais cela n’empêche pas les résonances fructueuses. Ainsi de cette « Société du 10 décembre » qui accompagna la marche consulaire du neveu du premier Bonaparte, dont Karl Marx offre un saisissant tableau dans son inoubliable Dix-huit brumaire de Louis Bonaparte (lire sur le blog de Paul Alliès). Un monde varié d’ambitieux les plus divers, demi-soldes, soldats licenciés, escamoteurs, joueurs, filous, portefaix, écrivassiers, etc., décrit-il, en somme « une masse confuse, décomposée, flottante » qu’il assimile à la bohème.

Comment ne pas y penser en voyant ce tandem d’un ancien membre du service d’ordre du PS et d’un réserviste de la gendarmerie sans profession jouer les fiers-à-bras au cœur du pouvoir, sans que rien ne les arrête, sauf le travail des journalistes ? Que la défense médiatique d’Alexandre Benalla soit cornaquée par Marc Francelet, ex-journaliste devenu entremetteur récemment condamné pour escroquerie, et, quoi qu’elle en dise, par Mimi Marchand, grande prêtresse de la presse people, de ses silences comme de ses arrangements avec la vérité, ajoute au tableau de cette drôle d’engeance qui semble tenir lieu de cour présidentielle.

Avec ses protagonistes inédits et ses pratiques transgressives, la privatisation macronienne se révèle un nouvel épisode de la dégénérescence de la Cinquième République, alors qu’avant son élection, le candidat d’En Marche! prétendait la relever et l’élever. Tout pouvoir personnel étant tenté d’aller jusqu’au bout de lui-même, en faisant céder ce qui l’entrave, il serait bien naïf d’espérer qu’il se remette en cause. Tout au contraire, à la manière d’une bête blessée, Emmanuel Macron risque fort de s’entêter sur la voie d’un absolutisme présidentiel.

Il faut donc parier sur nous-mêmes, nos résistances, nos indépendances, nos solidarités, pour éviter une dérive qui affaiblira plus encore notre démocratie. Faute d’avoir été censuré par le Parlement, il faudra bien que ce pouvoir soit empêché par la société.

Dernière enquête au Sénat

Monique Cochinal

L’audition de Christophe Castaner, chef du Parti La République En Marche, et délégué général du gouvernement face à l’assemblée nationale, s’est déroulée, ce matin, avec autant de calme et de sérieux que les autres auditions publiques au Sénat.

Christophe Castaner condamne les actes d’Alex Benalla, le 1er mai dernier, dès le 2 mai, il agit et inflige les sanctions adéquates aux deux personnes reconnues sur la vidéo : Monsieur Alexandre Benalla et Vincent Crase. 

Un Sénateur qui, après toutes ces auditions, a la nette impression qu’une consigne a été donnée de minimiser cette affaire, à la limite de l’étouffer, demande ce qu’en pense Christophe Castaner. Réponse un peu brusque : « devant ces actes, certains peuvent carrément exagérer les faits, intentionnellement ou pas, et, dès le 19 juillet, j’ai tenu à en parler, sur vos plateaux, et remettre les choses en ordre ».

Les autres questions ont des réponses à peu près semblables à celles déjà entendues les autres jours, pendant les auditions précédentes. Une autre vidéo mise en ligne et saisie par le Parquet, nous révèle que, le même jour, quelques heures avant la manifestation, Monsieur A. Benalla et Monsieur Vincent Crase avaient interpelé et malmené des personnes au Jardin des Plantes, à Paris. D’où plusieurs questions sur Vincent Crase, qui est-il ? Il est employé et rémunéré par le Parti LR en marche, jusqu’à maintenant. Il avait les mêmes fonctions que Monsieur Benalla pendant la campagne présidentielle du candidat Macron. Il sera licencié très prochainement par Christophe Castaner. Son « copain » Benalla l’aurait convié aux manifestations du 1er mai, comme observateur. Là ….. Grosse zone d’ombre à nouveau. Qui a délivré les autorisations ? Qui sont les responsables ? N’y a-t-il pas un contrôle beaucoup plus sévère ? Le comble quand on apprend qu’il était en possession d’une arme, probablement sans autorisation, et ainsi de suite …. Espérons que les enquêtes judiciaires nous dévoileront bien des faits obscurs. Je dis bien « les enquêtes » car, maintenant, il y a en cours deux enquêtes judiciaires, si j’ai bien compris.

A la question brûlante d’un Sénateur : « Monsieur Castaner, comment pensez-vous concilier favorablement votre fonction de chef de parti et celle de Délégué du gouvernement devant l’Assemblée Nationale ? ». Il répond assez brusquement : « Ce n’est pas un gros mot de dire que je fais de la politique, mais je suis bien trop conscient, tout comme vous, Monsieur le Sénateur, de l’importance de nos institutions et du rempart pour la République qu’elles constituent pour mener à bien les travaux qui m’ont été confiés par le Président de la République, et devant l’Assemblée Nationale ».

En fin de séance (la dernière avant la période des vacances), on nous livre quelques impressions et réflexions des sénateurs de toutes ces auditions. Ils demandent, après un petit recul, et toujours dans le souci du bon fonctionnement des Institutions de l’Etat, l’autorisation d’auditionner, en septembre, d’autres personnes ou les mêmes pour éclaircir certains points. Puis un rapport sera établi, et ils feront quelques recommandations.

Après ces trois semaines d’auditions, on ne peut pas dire qu’on y voit plus clair. Pour beaucoup de Français, même s’ils sont en vacances, il reste un grand malaise ? Ils sont déçus. Ce beau Président, modèle de transparence, de sa tour d’ivoire, devient de plus en plus éloigné de ses compatriotes. Qui est-il en réalité ? Que vont devenir nos institutions ?

Il me semble qu’il y aura bel et bien un avant et un après cette malheureuse affaire Benalla. Rendez-vous est donné en septembre.

 

 

L’affaire Macron-Benalla vue de l’étranger

Voici quelques extraits de la presse étrangère.

L’affaire Benalla vue par la presse étrangère

BLOG : LE BLOG DE VILMAUVE

« Le cogneur de Macron envoie l’Élysée au tapis » « la pire crise » « la gravité des faits » ETC…

Tout le week-end, les différentes rédactions étrangères, soit dans les journaux télévisés, soit dans les éditions numériques et papier des quotidiens, ont relayé l’histoire du garde du corps d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, qui agite depuis mercredi la France.

… La « pire crise » de l’exécutif

Idem en Espagne pour le grand quotidien madrilène, qui évoque la « pire crise » du gouvernement français actuel. « Macron a jusqu’ici évité d’aborder le problème, mais pourrait devoir changer de stratégie. Car qu’il n’y a aucun signe que la tempête va se dégager dans les prochains jours », écrivait ce week-end El Pais. Le journal espagnol estime que vu « la gravité des faits », la sanction est considérée comme trop douce ».  …

…Une affaire qui « détruit » l’image de Macron

Avec des mots plus forts, le plus ancien journal danois, le Berlingske va même jusqu’à dire que l’affaire « détruit l’image de Macron ».

Quotidien le plus diffusé en Suède, Aftonbladet estime que « pour Macron, l’histoire devient de plus en plus embarrassante ».

Pour la presse européenne, l’affaire Benalla écorne l’image d’Emmanuel Macron

Alors que le chef de l’Etat se rend jeudi à Madrid, les journaux espagnols, allemands, britanniques et belges décrivent le scandale comme une « crise » grave pour lui.

LE MONDE | 25.07.2018 à 19h26 • Mis à jour le 26.07.2018 à 09h57 |Par Intérim (à Bruxelles), Sarah Calamand, Thomas Wieder (Berlin, correspondant) etSandrine Morel (Madrid, correspondance)

Emmanuel Macron est attendu à Madrid jeudi 26 juillet pour une visite de travail avec le nouveau président du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez. S’il lui donne l’occasion de s’éloigner de Paris, le voyage devrait se dérouler dans l’ombre de l’affaire Benalla, qui ne passe pas inaperçue au-delà des Pyrénées ou dans d’autres pays européens.

Depuis une semaine, les journaux espagnols, allemands, britanniques ou belges suivent les révélations de près, sans en faire pour autant leurs gros titres. Ils s’accordent cependant sur la gravité de l’affaire. The Guardian au Royaume-Uni et Die Welt, le quotidien conservateur allemand, parlent ainsi « du plus gros scandale depuis le début du mandat » de M. Macron.

 Comprendre pourquoi   l’affaire Benalla devient une affaire d’Etat

Dans un pays très « macronphile » comme l’Espagne, l’affaire Benalla risque d’entacher la venue du président français alors même que Pedro Sanchez espérait réaffirmer sa carrure internationale en posant au côté de son invité. C’est la « pire crise de son gouvernement », selon El Pais.

Pour le quotidien de droite El Mundo, ce scandale « révèle au moins un dysfonctionnement : un président tout-puissant a cru avoir le droit de concéderd’extraordinaires prérogatives à son garde du corps de confiance, et peut-être, c’est à voir, a permis que fonctionne une police présidentielle loin des contrôles légaux ». D’après le journal, M. Macron se trouve dans son « pire moment de popularité » : « le nom d’Alexandre Benalla pèsera pour toujours sur son mandat ».

Pour sa part, le journal conservateur et monarchique ABC estime que « le scandale du “gorille” d’Emmanuel Macron s’est transformé en un champ de mines politique qui menace tous les projets de réformes du président,transformé dans un rosaire de casseroles qui peuvent le poursuivreindéfiniment ».

 Lire notre analyse sur   les failles de la chaîne de commandement

« Avant son élection, Macron a publié un livre intitulé Révolution, rappelle le Süddeutsche Zeitung, quotidien munichois de centre gauche. La politique manque trop souvent de transparence, estimait alors le candidat, qui promettait de gouverner de façon désintéressée et honnête. Un tel candidat, pouvait-on imaginer, allait être un président capable de supporter la critique. On a plutôt l’impression du contraire. Macron se tait. »

Malgré ces critiques, la presse allemande qui, depuis le début du quinquennat, s’est montrée globalement très élogieuse à l’égard de M. Macron, refuse de basculer d’un extrême à l’autre, et, même si l’image du président français est sérieusement écornée, la condamnation n’est pas totale. « Si l’on met tous les détails bout à bout, l’affaire apparaît moins grave que d’autres scandales qui ont entaché la Ve République – par exemple celui du Rainbow Warrior, ce bateau de Greenpeace coulé par les services secrets français en 1985 », relativise ainsi le Tagesspiegel.

 Lire comment,   après des jours de silence, Macron organise la riposte

La presse britannique ironise

Un président à l’image dépréciée, c’est aussi ce qui ressort dans la presse britannique. Si l’affaire ne fait pas non plus les gros titres outre-Manche, les quelques analyses se concentrent sur le récit des faits et sur le président, alors que M. Macron est « arrivé au pouvoir en mai 2017 plaidant pour un nettoyage de la politique française et la “moralisation” de la vie publique », comme le rappelle le quotidien The Guardian.

Un scandale « qui n’arrange rien » à l’image du président, « rapidement passée de celle d’un souple libéro-centriste à celle d’un réactionnaire inflexible » à en croire le quotidien généraliste The Independent.

Pour la BBC, l’affaire Benalla est même révélatrice des faiblesses d’un président désormais « aux pieds d’argile » :

« Qu’un si petit événement devienne une affaire d’Etat suggère une de ces deux choses. Soit l’opposition et les médias manquent tellement d’éléments critiques sur le président qu’ils ont joyeusement poussé “l’affaire Benalla” dans ses retranchements, au risque d’exagérer. Soit l’événement en lui-même révèle une vérité plus sombre à propos de la présidence Macron, qui nous a jusqu’alors trop éblouis pour que nous puissions la remarquer. »

Et The Guardian de rappeler que, malgré la « probité exemplaire de son équipe à l’Elysée » vantée par M. Macron lors du sommet du G7 au Québec les 8 et 9 juin, sa présidence s’intègre dans l’histoire des présidents de la Ve République qui n’est, elle, pas un exemple. Enumérant les scandales – des diamants de Bokassa pour Valéry Giscard d’Estaing aux soupçons de financements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy, en passant par le « cabinet noir » de François Mitterrand –, le quotidien suggère que M. Macron « aurait dû savoirque sa croisade de nettoyage finirait par tomber sur un os ».

The Daily Telegraph, quotidien conservateur, suggère enfin un double coup pour le chef de l’Etat, dont la popularité « a atteint des records de baisse après la publication des images », au lieu du « bond » qu’elle aurait dû connaître après la victoire française à la Coupe du monde de football, le 15 juillet.

 Les questions   que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla

La presse belge temporise

S’ils ont un peu boudé leurs voisins français après la Coupe du monde de football, les Belges retrouvent peu à peu leur curiosité pour la politique hexagonale avec l’affaire Benalla. Les quotidiens suivent l’affaire de près, surtout depuis le début des auditions devant l’Assemblée nationale.Globalement, les éditorialistes se rejoignent sur deux points : ils critiquent, eux aussi, le mutisme observé par le chef de l’Etat jusqu’au 24 juillet, et applaudissent la soif de démocratie du peuple français.

« La France, l’Europe ont besoin d’un Macron éclairé, pas d’un Jupiter retranché », écrit ainsi le quotidien La Libre Belgique« Dans l’affaire Benalla, ce sont la presse d’abord, la justice et le Parlement français ensuite, qui ont forcé l’exécutif à appliquer les lois et à respecter les prescrits éthiques et de responsabilité (…). C’est la seule chose réjouissante à constater », soulignait, pour sa part, lundi, l’éditorialiste Béatrice Delvaux, du journal Le Soir. Elle explique au Monde que la presse francophone « suit l’affaire, mais pas de manière hystérique non plus »….

Enquêtes au Sénat

Monique Cochinal

Aujourd’hui, deux enquêtes de deux collaborateurs de Gérard Collomb, devant nos sénateurs, on est gâté. J’ai pu suivre l’une et l’autre avec beaucoup d’intérêt, et j’essaie de rassembler mes impressions, toujours en tant que « simple citoyenne ».

Jean Marie Girier, Chef de Cabinet de Gérard Collomb, directeur de campagne du candidat d’Emanuel Macron (je viens de l’apprendre) se porte garant du Ministre et de son Ministère et charge plusieurs fois le Préfet de Police. 

Il reconnaît quelques dysfonctionnements, et nous assure aussitôt qu’il y sera remédié très prochainement. Il n’a pas eu connaissance de l’autorisation du port d’arme de Monsieur Benalla. Il n’a pas été chargé du recrutement de Monsieur Benalla, mais connaissait ses qualités d’organisateur, de sérieux, d’efficacité dans la fonction de protecteur civile, puisqu’il avait déjà exercé (avec succès) cette fonction pendant toute la durée de la campagne électorale du candidat Macron. Il ne lui appartient pas de juger des fonctions rapprochées et du nouveau statut qui lui sont attribués auprès du candidat Macron élu Président (élu par défaut, après l’élimination douteuse de son concurrent). Il n’a pas eu connaissance de l’autorisation du port d’arme de Monsieur Benalla. Il n’a pas vu Monsieur Benalla aux réunions préparatoires, après la sanction qui lui a été infligée, en regard de la vidéo des malheureux événements du 1er mai.

En résumé, Monsieur Benalla n’avait pas à se trouver là en tant qu’observateur, il n’avait aucun pouvoir pour intervenir, et surtout se comporter de la sorte. Il a été aussitôt sanctionné, et l’enquête judiciaire est en cours, donc, à nouveau : «  circulez, il n’y a rien à voir ». Le Ministre de l’Intérieur a bien fait « son » travail, et les fonctionnaires de son ministère sont compétents, dévoués, au service, avant tout, de la République. Bravo !!

Quant à Stéphane Fratacci, le Directeur de Cabinet de Gérard Collomb, à peu près mêmes réponses. Il loue (lui aussi)  

les décisions prises le lendemain de la manifestation, reconnaît quelques dysfonctionnements de coordination entre les différents services de police, et aux questions de plus en plus subtiles de plusieurs sénateurs, il renvoie aux différentes autres auditions précédentes, ou bien à l’enquête judiciaire en cours, qui saura apprécier. A ce stade, une petite remontrance du Président de la commission, le sénateur Bas, très digne, très calme, très poli : « Vous comprendrez, Monsieur le Directeur de cabinet, qu’en tant que sénateurs, il est de notre devoir d’insister ou de revenir sur certains faits qui nous paraissent troubles, toujours en regard des lois en vigueur de la République. L’enquête judiciaire en cours est tout autre chose ».

Ces enquêtes au Sénat, très utiles ont fait émerger deux dysfonctionnements de nos institutions : un mauvais fonctionnement dans la coordination des services de police, et …. Surtout, il me semble, la sur puissance du nouveau Président de la République et un déséquilibre flagrant entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (absence d’oppositions, réduites à néant), qu’il serait grand temps de réformer. A suivre ……

Affaire Benalla : le déroulement des faits, le 1er mai, place de la Contrescarpe

« Guérilla urbaine », selon Alexandre Benalla ; « rendez-vous convivial » pour les manifestants présents sur la place. Que s’est-il passé au cours du rassemblement en marge du 1er Mai ?

LE MONDE | 27.07.2018 à 13h55 • Mis à jour le 27.07.2018 à 18h02 |Par Cécile Bouanchaud

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Il est 19 h 10, mercredi 1er mai, et, dans la rue Lacépède, donnant sur la place de la Contrescarpe, des jeunes, sourires aux lèvres, accueillent les CRS par une ola aussi ironique que bon enfant. Moins d’une heure plus tard, au même endroit, un homme — identifié le 18 juillet par Le Monde comme étant Alexandre Benalla — s’en prend violemment à deux personnes, sous le regard de plusieurs manifestants filmant la scène.

Une semaine après ces révélations, Emmanuel Macron est sorti de son silence, s’interroge sur le contexte de ces violences. « On ne voit jamais la scène d’avant ou la scène d’après, quel est le contexte, que s’est-il passé ? S’agissait-il d’individus qui buvaient gentiment un café en terrasse ? Que s’est-il passé juste ensuite ? J’ai cru comprendre qu’il y avait des images, où sont-elles ? Sont-elles montrées avec la même volonté de rechercher la vérité et d’apporter de manière équilibrée les faits ? Non », a réagi mardi le président de la République.

 Les questions   que pose le discours d’Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla

Présent dans le défilé du 1er Mai et place de la Contrescarpe quelques minutes avant les agissements de M. Benalla, Le Monde reconstitue ce rassemblement dans le Quartier latin, qui s’inscrivait alors dans une journée de tensions inédites. La préfecture ne souhaitant pas s’exprimer « au vu des affaires en cours », nous nous appuyons sur des témoignages et des vidéos de personnes présentes ce jour-là.

« Une journée très éprouvante »

A l’origine de ce rassemblement, les membres de la mouvance autonome — notamment le Comité d’action interlycéen et les collectifs interfacs — invitent, la veille de la manifestation, à « passer un moment convivial en partageant un apéro […] à la fin de la manif [du 1er Mai], vers 18 heures ».

C’est à cette heure-là que Sonia B. s’installe à la terrasse d’un café de la place du quartier touristique du 5e arrondissement. Elle est l’une des premières sur le lieu du rendez-vous. La jeune femme de 33 ans, qui n’a pas participé à la manifestation du 1er Mai, mais qui « soutient les demandes des militants », a décidé de « venir observer ce rendez-vous », en voyant l’appel au rassemblement sur le site Demosphère, qui répertorie les manifestations en France. La Polono-Américaine, qui vit en France depuis douze ans et habite le quartier, voit la place se remplir de manifestants visiblement soulagés d’avoir laissé derrière eux les lacrymogènes du pont d’Austerlitz.

« C’était une journée très éprouvante, on a été nassés sans raison, on a pris beaucoup de gaz, on a couru pour les éviter », rapporte Nicolas Lescaut, militant de La France insoumise et élu de l’UNEF. « De loin la manifestation la plus violente que j’ai connue », résume Renaud Delacroix, délégué syndical SUD-Santé Sociaux, qui est pourtant de « toutes les manifestations », citant celles du printemps 2016 contre la loi El Khomri et celles, plus récentes, contre les « lois Macron »« Vu ce qu’on avait subi toute la journée, c’était bien de pouvoir se retrouver pour échanger, dans le calme », se remémore cet homme de 43 ans, qui travaille au sein de l’association Aides.

Relire notre reportage   lors de la manifestation du 1er mai

 

« Attitude hostile »

Si une poignée de manifestants ont pu accéder à la place sans se fairecontrôler, la majorité d’entre eux, arrivés vers 19 heures, ont fait l’objet d’un filtrage par les forces de l’ordre, dont les effectifs se sont étoffés en début de soirée à mesure que le nombre de personnes souhaitant accéder à la place augmentait. « J’ai vu un jeune se faire refouler, simplement parce qu’il avait des lunettes de plongée dans son sac », commente Sonia B., qui déplore « une provocation inutile » des forces de l’ordre, vidéos à l’appui.

Nicolas Lescaut décrit, lui aussi, des « contrôles aléatoires et parfois humiliants ». Le militant insoumis mentionne également « les invectives violentes aux passants », comme cette mère souhaitant traverser la place avec sa poussette, et qui se serait vu rétorquer « dégage de là ! ».

A l’unisson, les manifestants estiment que c’est « la présence démesurée » de forces de l’ordre, le fait qu’elles empêchent des personnes supplémentaires d’accéder à la place et, selon Sonia B., « les méthodes de nasse utilisées par les CRS », qui ont fini d’« attiser les tensions ». En lisant l’interview de M. Benalla dans Le Monde — qui évoque un climat de « guérilla urbaine » sur la place — elle confie s’être « étouffée ». Jeudi 26 juillet, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire sur les violences commises contre des policiers.

 La demande du procureur de Paris,   qui exige des explications à la police sur les violences survenues place de la Contrescarpe

« Des jeunes avaient une attitude très hostile envers les policiers », reconnaît Nicolas Lescaut, qui évoque « en face » des policiers avançant vers la place en « bousculant les gens et les chaises ». Sur les vidéos tournées place de la Contrescarpe, on entend notamment des manifestants entonner des chants antipoliciers, comme « tout le monde déteste la police »« tous les flics sont des bâtards », ou encore « cassez-vous ! ».

Des canettes et des bouteilles de verre sont également jetées sur les forces de l’ordre, ce qui donne lieu à une première charge de police, vers 19 h 30, à grand renfort de gaz lacrymogène. « Les CRS ont répliqué en gazant, sans distinction, les gens assis par terre et les clients en terrasse », se souvient Renaud Delacroix, qui décrit un événement « très bref ».

Violences « tristement banales »

C’est là, peu avant 20 heures, que le couple molesté par M. Benalla intervient. Sur plusieurs vidéos, on voit les deux jeunes gens jetant chacun un projectile sur les CRS en faction sur la place. Puis, la jeune femme termine par un bras d’honneur. Alexandre Benalla et Vincent Crase, un gendarme réserviste employé par La République en marche et ponctuellement par l’Elysée, repèrent le couple, le désignent du doigt.

 

1er mai, à la place de la Contrescarpe. Dommage qu’on ne parle pas aussi de cette jeune femme qui s’est fait violenter, elle aussi, par Alexandre Benalla avant que ce dernier s’en prenne à son ami. #AffaireBenalla #MyFirstTweet

19:15 – 19 juil. 2018

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Le chargé de mission à l’Elysée, casqué, s’avance, récupère la jeune femme au coin de la rue Mouffetard, et l’entraîne de l’autre côté de la place. Les forces de l’ordre, auxquelles Vincent Crase vient prêter main-forte, s’occupent du jeune homme. Les violences sont désormais connues de tous.

Les manifestants présents sur place disent qu’ils sont « choqués » par cette scène, mais surtout qu’ils y sont « habitués »« C’est terrible à dire, mais quand on assiste souvent à des manifestations, ce genre de comportement de la part des forces de l’ordre est tristement banal, les réseaux sociaux regorgent de ce genre de vidéos », commente Renaud Delacroix pour expliquer que « l’affaire n’en était pas une avant que l’on apprenne qu’il ne s’agissait pas d’un fonctionnaire de police ». Et d’évoquer « le climat de violences policières » de ce printemps, citant l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes et celle de facultés, comme Tolbiac, à Paris.

Plus tard dans la soirée, le face-à-face entre manifestants et policiers s’est poursuivi dans le 5e arrondissement de Paris, jusqu’à environ 22 heures. Et de façon bien plus virulente selon Nicolas Lescaut, qui rapporte que des black blocs étaient cette fois présents. L’étudiant assure avoir assisté, « encore une fois », à des « scènes de violences policières ». Mais cette fois pas de vidéos. Et pas de M. Benalla.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla

Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.

Alexandre Benalla se justifie-t-il?

Monique Cochinal

Alexandre Benalla livre « ses vérités » sur TF 1.  Il faut reconnaître qu’il est très performant. Sûr de lui, il répond aux questions de la journaliste clairement, simplement. Il apparaît comme un jeune homme, maître de lui, travailleur, sérieux, dévoué. Il ne s’est pas emporté, il a eu des gestes vigoureux, mais n’a pas tapé ce jeune délinquant à terre, il a agi comme un simple citoyen l’aurait fait dans une telle circonstance. Il a vécu cette sanction, qui a été bien appliquée comme une profonde humiliation. Il regrette de s’être trouvé comme observateur ce jour là à cet endroit précis où les violences étaient particulièrement intenses. Il pense, malgré tout avoir gardé la confiance du Président de la République et il regrette surtout que « cette grosse bêtise » ait été autant exploitée. « En m’attaquant, on a voulu attaquer le Président, et je trouve cela profondément injuste, et c’est pourquoi je suis là ». Bravo, Monsieur Benalla, voilà une superbe défense, digne de celle de votre avocat, très naturelle quand on doit se défendre. Mais, en y réfléchissant, à mon avis, le problème est tout autre et dépasse la simple affaire Benalla (affaire d’été, comme vous dites) pour devenir une « affaire d’Etat », d’où les enquêtes en cours : enquêtes parlementaires, entravées par le pouvoir, enquêtes sénatoriales, très sérieuses, et enquête judiciaire (mise en examen, perquisitions au domicile de Monsieur Benalla).

De nombreux points restent encore obscurs, concernant les dysfonctionnements de nos institutions, la question la plus grave étant : Pourquoi notre Président a gardé le silence devant cette affaire grave pendant presque trois mois, lui qui sait très bien s’exprimer devant les citoyens, quand cela l’arrange ?

Nous , citoyens, devons avoir un jour « LA VERITE » sur cette malheureuse affaire Benalla, très vite maintenant, avant de passer à autre chose.

Trois articles sur les dernières élections Européennes

L’élection au Parlement européen (mai 2014)

BERNARD OWEN | LE 23/04/2014

Nous arrivons bientôt aux élections européennes, qui se pratiquent au scrutin de liste proportionnel. Or, ce mode de scrutin mène parfois à des situations surprenantes. Contentons-nous d’indiquer que ce mode de scrutin présente à première vue certaines incohérences, à savoir qu’il est moins politique qu’il ne paraît et serait mieux placé dans le domaine de la sociologie.

Un schéma commun à l’Europe

Voyons les élections pour le Parlement européen de 2004 et citons le journal « Le Monde » du 15 juin 2004 : « Les électeurs européens de tous les pays s’abstiennent ou punissent leurs dirigeants ». Tomaz Zukowski parle des élections parlementaires européennes : « un vote de défiance contre le gouvernement, une pré-élection nationale ». Le journal « Le Monde » revient sur le cas de la France : « L’élection européenne a lieu au moment d’un gouvernement de droite : Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac, déjà défaits aux régionales de mars 2004 ».

Confusion quant aux raisons des niveaux atteints

Plus tôt encore : aux élections européennes de 1979, donnons l’exemple d’une élection gagnée par une personne intéressante, mais dont le charisme n’était pas la raison de la victoire de la liste U.D.F.

Simone Weil, tête de liste, obtient 27,6 % des suffrages, alors que Jacques Chirac, R.P.R., n’obtient que 16,3 % des suffrages, sous la présidence de Giscard d’Estaing : U.D.F. Jérôme Jaffré dans la revue « Pouvoirs » II 79 nous fait part d’une étude où il découvre plus de similitudes géographiques entre le vote pour le candidat Giscard d’Estaing aux élections présidentielles de 1974 qu’avec le score des candidats U.D.F. aux élections législatives, pourtant plus proches, de 1979. La liste U.D.F. faisait mieux que celle du R.P.R., mais, naturellement, l’opposition de gauche obtenait un retentissant 44,1 % des suffrages. Le président de la République entraînait donc derrière lui la partie de la majorité législative qui était la sienne.

La popularité du Président par rapport à l’élection

Plus proche de notre époque. Aux élections européennes de 2009, l’U.M.P. avait obtenu 27,9 % des suffrages, ce qui était reconnu comme une victoire, et avait représenté un gain de popularité au Président Sarkozy, qui dura un mois pour retomber aux 37 % précédents (TNS – SOFRES).

Qu’en sera-t-il de nos élections européennes de 2014 ? Une victoire des socialistes en cette période de crise se présenterait comme exceptionnelle. Une telle victoire découlerait directement du changement de premier ministre. Pourquoi ? Une élection pour le parlement européen disposant d’un pouvoir peu connu du public et dont la structure n’est pas à l’image d’une de nos démocraties, à savoir : une équipe qui gouverne et une autre qui la contrôle au sein d’une assemblée, entraîne des doutes. L’Europe est-elle une protection contre la mondialisation ? Ou, au contraire, se mêle-t-elle de questions nationales propres aux diverses nations ?

La crise étant présente, l’action gouvernementale sera commentée et surveillée. Seulement, voilà, les spécialistes de l’économie étant rares, l’on prendra en compte ses propres ennuis, ses craintes, et l’on sera attentif au travail du gouvernement. Là encore, que savons-nous sur la valeur de sa besogne, sa technicité ?

Alors, nous devrons nous fier à son apparence. L’on jugera le gouvernement tel que l’on sait juger une ou telle personne. Sont-elles énergiques, courageuses ? Peut-on faire confiance au gouvernement pour prendre, le moment venu, les décisions qui s’imposent ? Il s’agira moins de l’action du gouvernement, mais que de l’impression et de la confiance qu’il suscitera..

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/04/23/cercle_96123.htm#vIeKvqZgQhHZ3ysG.99

Elections européennes : la nouvelle donne

BERNARD OWEN | LE 06/05/14

De toutes nouvelles données se présentent à l’approche des élections européennes. Elles se situent au niveau de l’autorité qui apparaît au gouvernement. Les sondages, qui se présentaient de façon monotone, prennent leur envolée et apportent l’éclat d’un véritable combat politique, même si l’Europe n’en est que la scène.

Que penser de ces prochaines élections européennes ? Elles faisaient peur… La proportionnelle, même au sein d’une France découpée en 8 circonscriptions, ne pouvait que favoriser les extrêmes. La dynamique de Marine Le Pen (« Marine la Divine » des Guignols) devancerait-elle l’U.M.P. ? Lors du sondage Opinion Way dans le Figaro du 6 avril 2014, 17 % des interrogés ne se prononçaient pas, mais veulent aller voter. En consultant les sondages, qui s’étalent du 9 octobre 2013 au 9 avril 2014, le Parti Socialiste est systématiquement en troisième position derrière l’U.M.P. et le Front National. Or, le monde politique français vient de se transformer au moment des élections européennes du 25 mai 2014.

Il est certain que le scrutin proportionnel favorise les extrêmes, mais il y a aussi bien d’autres choses à dire sur ce sujet. Regardons la situation en France. Trois principaux partis sont présents. Le Parti Socialiste dispose du Président de la République et, jusqu’à une date récente, d’un Premier ministre, qui l’un comme l’autre ne présentaient pas l’image de l’autorité. L’U.M.P., à partir de la C.O.C.O.E., a donné l’impression d’une force désorganisée. C’est de ce constat que l’énergie de Marine Le Pen apporte l’image qu’une nation attend de ses dirigeants. Or, la proportionnelle a d’autres effets.

Hormis certaines situations que nous connaissons bien, le parti est subordonné à l’homme. Cela en Europe ou ailleurs. Par exemple, en Amérique du Sud, on a longtemps pratiqué exclusivement la proportionnelle dans des régimes présidentiels, et dans ce cas, le Président tire derrière lui le parti, qui retombera à un niveau dérisoire, si le Président n’accomplit qu’un seul mandat. Il faut comprendre que l’électeur, surtout dans le cas de ce mode de scrutin, cherche le chef qui se doit d’être compétent et énergique.

Le scrutin proportionnel, sous quelque forme que ce soit, est dangereux. Un livre en anglais (non en américain) vient d’en parler abondamment. Encore faut-il à l’occasion tenir compte des possibilités de ce mode de scrutin.

En France, depuis les élections municipales, le gouvernement a changé. Plaçons-nous le 4 mai 2014 (rédaction par M6 info – GETTXI de 1) : près de deux tiers des Français (64 %) estiment que Manuel Valls est un bon Premier ministre (sondage BVA pour le journal « Le Parisien »).

À noter que pour 76 % des sympathisants de gauche, il est un bon Premier ministre, et 51 % des sympathisants de droite. 50 % des Français pensent qu’il sera efficace pour réduire les déficits publics, mais seulement 32 % croient à sa possibilité de réduire le chômage (les Français sont lucides). 80 % des interrogés le jugent autoritaire.

Il a suffi de le voir devant l’Assemblée nationale où il a répété à trois reprises avec beaucoup d’énergie « j’assume » pour en être convaincu. Quant à son comportement politique, 53 % des Français le trouvent juste comme il faut, ni trop à gauche, ni pas assez à gauche. Pour les sympathisants de gauche, une courte majorité le trouve pas assez à gauche, alors que 47 % le trouvent juste comme il faut, et 3 % « trop à gauche ».

Les élections européennes sont différentes des votations municipales qui représentent un enjeu local proche de chacun.

Par suite du changement de personnalité du gouvernement cette année, l’élection européenne prendra une configuration réellement politique, non seulement nationale, mais aussi européenne.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/05/06/cercle_97061.htm#TtjFY4pi7mte9lm3.99

Les élections européennes à la recherche de la bonne gouvernance

BERNARD OWEN | LE 27/05/14

par Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey –

À la suite des auteurs du XIXe siècle, la croyance dominante a été que le fait de pratiquer le scrutin proportionnel jouait essentiellement sur l’obtention d’une certaine équivalence entre le pourcentage de suffrages et le pourcentage de sièges obtenus. Or, il n’en est rien.

Le scrutin proportionnel, en comparaison à un scrutin majoritaire à circonscription uninominal (cela veut dire que la nation est divisée en circonscriptions, chacune devant élire un seul député), a un effet non négligeable sur le nombre de suffrages obtenus par les partis eux-mêmes.

Pour illustrer ceci, prenons le cas de l’UKIP, parti récemment venu en Grande-Bretagne, qui peut se réjouir du scrutin proportionnel des élections européennes.

En France, les élections qui se présentent à la façon d’une grande circonscription, qu’elles soient ou non au scrutin proportionnel, sont un avantage pour les partis non intégrés dans le bipartisme droite-gauche. L’on y trouve le premier tour d’une élection présidentielle. En 2002, Jean Marie Le Pen a éliminé le candidat socialiste.

Certes, elle faisait suite à une longue période de cohabitation (1997 – 2002), ce qui ne pouvait que troubler l’électorat. L’expérience a peu de chance de se renouveler. Les élections européennes au scrutin proportionnel (même si la France est divisée en 8 circonscriptions) sont la porte ouverte aux partis tels que le Front National, d’autant plus que ce mode de scrutin peut favoriser les scissions des autres formations du bipartisme. L’on revient à « l’accordéon électoral ».

Le scrutin majoritaire rassemble et le scrutin proportionnel divise : ce dont parlait Jean-Luc Parodi – les scrutins majoritaires ou à tendance majoritaire, et les élections européennes au scrutin proportionnel, déjà bien installées dans la plupart des États européens, et le Front National ou les partis populistes toujours prêts à s’engouffrer dès qu’une porte est ouverte.

Lors des élections européennes de 1989, le Front National obtient déjà 11, 73 % des suffrages et 10 sièges, ce qui n’est déjà pas très loin du Parti Socialiste : 23, 6 % des suffrages et 22 sièges, alors que le RPR et l’UDF présentent une seule liste.

Les élections européennes de 1994 accordent 10,6 % des suffrages au Front National et 11 sièges, mais la proportionnelle divise la gauche et le Parti Socialiste n’obtient que 14,5 % des suffrages et 15 sièges, et les Radicaux de Gauche 12 % des suffrages et 13 sièges.

Les élections européennes de 1999 voient toute la droite divisée. Le Front National n’obtient que 5,7 % des suffrages, la scission 3,3 % des suffrages. Le RPR – DC obtient 12,8 % des suffrages, alors que le RPF réussit mieux avec 13 % des suffrages et 13 sièges. L’UDF obtient 9,3 % des suffrages et 9 sièges. Le bipartisme est en loque.

En réalité, il ne faut pas critiquer les élections européennes de 2014. Elles ne sont que l’image de la mauvaise gouvernance que l’on constate dans la plupart des États membres « proportionnalistes ».

Psychologues, psychiatres, sociologues scrutent l’être humain dans sa vie privée ou dans sa vie sociale et politique, ce qui donne lieu à de nombreuses recherches et publications… et les institutions ? Les rédacteurs de lois, de systèmes électoraux ne tiennent aucun compte des recherches faites, et l’on considère l’être humain comme une unité que l’on maîtrise selon des règles en dehors des réflexions comparatives. Il paraît plus simple de concevoir un ordinateur, une fusée que de mettre en place des institutions raisonnables.

Note : Information obtenue des sites BBC, CEVIPOL.