Emmanuel Macron ou la verticale du pouvoir

29 AVRIL 2018 PAR ELLEN SALVI 

MEDIAPART

Convaincu depuis longtemps qu’il manque un roi à la France, Emmanuel Macron pousse à son paroxysme la logique de la monarchie républicaine, en tirant tous les leviers que la Ve République lui confère. Sans cacher une certaine autosatisfaction, le chef de l’État dit « assumer totalement la “verticalité” du pouvoir », quitte à renier la culture du débat prônée durant la présidentielle.

Il y en aura eu pour tous les goûts. Après le « 13 heures » de Jean-Pierre Pernaut, suivi de l’entretien mené par Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, Emmanuel Macron poursuit l’explication de texte de sa première année de présidence dans les colonnes de la prestigieuse Nouvelle revue française (NRF). Trois formats, trois styles, mais une seule conception du pouvoir, déclinée à l’envi et sur tous les tons par un chef de l’État qui en « assume totalement la “verticalité” » et ne cache pas une certaine autosatisfaction.

« En réalité, je ne suis que l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque », confie à la revue des éditions Gallimard celui qui, très tôt, s’est senti « porté par l’ambition dévorante des jeunes loups de Balzac ». Un an après son élection, Emmanuel Macron cherche désespérément à écrire son histoire. Désespérément, au sens acharné du terme. Il veut compter, imprimer une marque, être perçu comme un grand président ou à tout le moins, comme celui qui aura réussi à redorer une fonction que ses prédécesseurs ont, chacun à leur façon, contribué à dénaturer.

Sa communication sur papier glacén’est faite que pour cela : montrer au reste du monde la chance qu’ont les Français d’avoir un tel chef de l’État. À l’étranger, les discours de self-made man, prononcés en bras de chemise et micro à la main, comme au temps de sa campagne présidentielle, impressionnent encore certains. « Regardant Emmanuel Macron l’autre jour, parler “on” et sans notes à un groupe de journalistes, concluant trois jours de lune de miel avec le président Trump, la pensée qui venait à l’esprit était : le monde doit à la France un grand moment », s’est par exemple enthousiasmé l’éditorialiste du New York TimesRoger Cohen.

En France, les choses sont bien plus délicates. Et les beaux discours ne suffisent plus à occulter la dureté des politiques mises en place. Face à la contestation, le président de la République ne cesse de répéter qu’il applique le programme pour lequel il a été élu, semblant par moments oublier les circonstances exceptionnelles de son élection face au Front national. « Je fais ce que j’ai dit », argue-t-il souvent, avant d’ajouter, là encore pour mieux se différencier de ses prédécesseurs, que « ça fait peut-être longtemps que ce n’était pas arrivé ». Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron n’avait pas dit grand-chose durant sa campagne. Certes, il avait fixé ce qu’il appelle « un cap » et tracé les grandes lignes de son programme. Mais ce dernier ne contenait en vérité que très peu de détails, ce qui offre beaucoup de champ à ceux qui le mettent aujourd’hui en œuvre.

Sur le fond, les « transformations » lancées au cours des premiers mois du quinquennat révèlent une politique classique de réformes néolibérales, laquelle penche invariablement à droite, dans un mouvement qui a remisé aux oubliettes le « en même temps » de la campagne présidentielle. Sur la forme, le chef de l’État pousse à son paroxysme la logique de la monarchie républicaine, en tirant tous les leviers que la Ve République lui confère. Sa méthode, qui se joue des élus, des corps intermédiaires et de tous ceux qui se plairaient selon lui à « bloquer » la France, consiste à n’en faire qu’à sa tête.

Qu’importe si d’aucuns se fâchent et s’échinent à comprendre le pourquoi du comment. C’est lui le chef, c’est lui qui a été démocratiquement élu, c’est donc lui et lui seul qui décide. « J’assume les choix qui sont faits, et je hais l’exercice consistant à expliquer les leviers d’une décision », affirme-t-il dans la NRF. Avant de poursuivre, un peu plus loin : « L’enjeu, c’est de retrouver la possibilité de construire, en assumant la part parfois univoque, unilatérale de toute décision. » Dans son cas précis et au regard de la façon dont les différentes négociations sont engagées depuis plusieurs mois, le « parfois »était peut-être de trop.

Le président de la République en est convaincu depuis longtemps : il manque un roi à la France. « La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même, confiait-il à Le 1 Hebdo, dès juillet 2015. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. » C’est donc en toute logique qu’il a décidé d’en revêtir le costume, quitte à éclipser tous ceux qui l’entourent, à commencer par son premier ministre et l’ensemble des membres de son gouvernement.

La verticalité comme exercice du pouvoir. Nous sommes loin, très loin, de ce qu’un ancien inspecteur des finances, devenu banquier d’affaires, théorisait en 2011 dans la revue Esprit« Le théâtre de la décision ne peut être l’énoncé d’un programme électoral qui sera ensuite débattu − de manière accessoire et pré-écrite − pour être appliqué verticalement, estimait-il à l’époque. L’action politique est continue et le débat participe de l’action. C’est la double vertu du parlementarisme et de la démocratie sociale que notre République a encore trop souvent tendance à négliger. »

Sept ans plus tard, Emmanuel Macron a visiblement changé d’avis. Même s’il continue de revendiquer « l’horizontalité de l’action politique », cette dernière se heurte à l’épreuve des faits. La plupart des députés de la majorité, pour beaucoup élus sur le seul nom de leur champion, continuent d’avoir pour lui les yeux de Chimène et votent tous les textes gouvernementaux, sans vraiment parvenir à les faire évoluer. L’équilibre des pouvoirs ne devrait guère s’arranger avec le projet de loi institutionnel, dont certaines dispositions – encadrement du droit d’amendement, maîtrise de l’ordre du jour, raccourcissement des navettes… – accroissent davantage encore la domination de l’exécutif sur le législatif.

Les débats ne se font guère plus avec les acteurs de terrain. Les syndicats et responsables associatifs, appelés à participer aux consultations, sortent généralement des réunions avec la désagréable sensation de ne pas avoir été entendus. Le président de la République, qui se targue d’aller « au contact, les yeux dans les yeux », continue de vouloir éduquer tout le monde à ses schémas de pensée, en faisant de la « pédagogie ». Quand il n’y parvient pas, il finit invariablement par se montrer arrogant« Je vous demande d’accepter le changement, ne prenez pas tout le monde en otage », lançait-il à un cheminot en colère, le 18 avril« Pardon de vous le dire, mais vous dites des bêtises », affirmait-il à une aide-soignante, quelques jours plus tôt.

Emmanuel Macron est persuadé d’avoir raison sur tous les sujets, tout le temps. Et paraît ne jamais douter. Quiconque ose le contredire est immédiatement renvoyé dans les cordes, avant de se voir exclu du cercle fermé des gens raisonnables. Un cercle peuplé de technos, agrégés autour de la figure d’un seul homme, qui accentue comme jamais l’une des faiblesses de la démocratie en général, et de la Ve République en particulier : l’hypercentralisation du pouvoir. Cette dernière est d’autant plus assumée par le chef de l’État que son élection ne procède pas du jeu classique des partis traditionnels et reste vécue par le principal intéressé comme une victoire individuelle. Or, on le sait, le fractionnement du pouvoir est la plus sûre manière d’en empêcher l’abus.

 

 

Que peut-on dire sur les voitures électriques?

Voici un article intéressant sur le site d’Arte concernant les batteries. Bernard Owen

Le lithium, source d’inégalités et de pollution.

Ce qui pollue le plus, ce n’est pas l’utilisation du véhicule mais toutes les étapes avant, au moment de la fabrication et de l’acheminement des batteries” note Claude Delmas. Pour les fabriquer, les industriels utilisent en effet des composants comme le lithium, également présent dans les téléphones portables. Il faut environ cinq kilos de lithium pour fabriquer une batterie. L’extraction de l’or blanc, présent en grande quantité en Bolivie, au Chili, en Argentine ou en Chine, a des conséquences néfastes sur l’écosystème de ces régions. Autre composant problématique : le cobalt, actuellement extrait dans les mines de République démocratique du Congo, le plus souvent par des enfants. “Ces composants sont ensuite assemblés en Chine ou en Corée du Sud avant d’être acheminés jusqu’en Europe”, explique Claude Delmas. Un tour du monde qui coûte cher à l’environnement.

Des dizaines d’autres solutions à l’étude

Pour pallier les lacunes de la voiture 100% électrique, les chercheurs explorent d’autres pistes. Pour Claude Delmas, le compromis idéal serait la voiture hybride rechargeable, équipée d’une batterie pour les trajets en ville et d’un moteur essence qui prend le relais sur les longues distances. Pour Pascal Brault, directeur de recherche CNRS à l’Université d’Orléans, l’hydrogène est le carburant de l’avenir. Dans ce système, la production d’électricité est assurée par la conversion d’hydrogène en électricité à travers une pile à combustible. “L’avantage, c’est qu’on enlève les problèmes liés à la batterie, explique le chercheur. On peut augmenter l’autonomie du véhicule en augmentant la quantité d’hydrogène stocké”. Peu développée en France, la filière est soutenue par la Commission européenne, qui finance notamment des projets de transports en commun…. Tout comme elle critiqué les Belges dans leur façon de faire leur fameuses frites car cela serait carcinogène. Les Belges ont dit n’ont pas accepté.

L’urgence : changer nos modes de déplacement

Si la voiture électrique est encore loin d’être parfaite, elle pourrait bousculer nos modes de vie et les rendre plus propres. “Le véhicule électrique peut encourager de nouveaux modes de déplacement, explique Maxime Pasquier. On sortirait alors de la logique prédominante de possession du véhicule« . …

 

Macron Leaks»: les secrets d’une levée de fonds hors norme

21 MAI 2017 PAR ANTTON ROUGETMATHILDE MATHIEUMATHIEU MAGNAUDEIX ET MARTINE ORANGE

Pour financer sa campagne, Emmanuel Macron a réussi à mobiliser près de 13 millions d’euros de dons en un temps record. Loin de l’image cultivée par En Marche! d’une campagne aussi spontanée que populaire, un puissant réseau de banquiers d’affaires a discrètement ouvert ses carnets d’adresses au nouveau président. Révélations.

Mail du 13 février 2017 : « Comme vous l’observez, notre start-up continue de tracer son sillon ! Alors que nous allons entrer dans le “dur” dans les prochains jours, nous avons plus que jamais besoin de soutien. » La start-up en question n’est pas une entreprise comme les autres. Et l’homme derrière son clavier n’a rien d’un banal VRP. Christian Dargnat n’est autre que l’ancien directeur général de BNP-Paribas Asset Management, branche du groupe bancaire chargée de la gestion d’actifs. « Marcheur » de la première heure, il a tout lâché en avril 2016 pour organiser « à titre bénévole »le financement de la campagne de son ami Emmanuel Macron. Dargnat, c’est l’homme du coffre-fort. Pendant des mois, il a multiplié les rendez-vous discrets, les dîners confidentiels et les mails de relance pour les riches donateurs, en plein accord avec l’actuel locataire de l’Élysée.

Ce courriel du 13 février est adressé au collectionneur américano-allemand Olivier Berggruen, une figure incontournable du marché mondial de l’art. Dès le lendemain, le riche New-Yorkais répond favorablement à la demande de Dargnat en promettant « de contribuer à 4 000 euros au mouvement et 4 000 euros au candidat ». Un virement est effectué deux jours plus tard : 8 000 euros en un message, voilà qui témoigne d’une redoutable efficacité.

À l’image de cet échange, l’exploitation des milliers de mails et documents issus des Macron Leaks (voir Boîte noire) – ainsi que d’autres documents récupérés au fil de la campagne par Mediapart – permet de comprendre comment la garde rapprochée d’Emmanuel Macron a explosé les compteurs de dons entre avril 2016 et avril 2017 pour permettre à l’ancien ministre de François Hollande d’accéder au pouvoir, un an à peine après la création de son propre mouvement. À l’extérieur, Dargnat et les membres de l’équipe Macron ont tout fait pour démentir l’image du candidat des affaires, préférant insister sur l’afflux de petits dons. En réalité, c’est bien une camarilla de banquiers d’affaires qui a pris en main cette levée de fonds hors norme, mobilisant tous azimuts ses réseaux et carnets d’adresses au service du combat de l’ovni politique Macron.

Cette stratégie s’est appuyée sur un raisonnement simple, résumé dans un court message de M. Dargnat en septembre 2016, alors que Macron vient juste de quitter le gouvernement : « Quand on sait que les dépenses de campagne présidentielle sont limitées à 22 millions d’euros et que nous pourrions contracter un prêt bancaire (à hauteur de 9 millions) remboursé si le candidat dépasse le seuil des 5 % aux élections, il nous reste donc à “trouver” 13 millions », expose l’ancien banquier. En clair, calcule-t-il, « si l’on arrondit à 10 millions le budget à trouver, il faut donc obtenir des dons de 1 333 personnes à 7500 € chacune [le plafond autorisé pour le financement d’une campagne – ndlr] ».

En réalité, c’est dès le printemps 2016 que les plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron se sont discrètement activés pour organiser de façon méthodique la mobilisation de riches contributeurs. Emmanuel Macron est encore à Bercy, mais il veut déjà tout faire pour se présenter à la présidentielle. Une véritable « task force » s’organise alors autour de Christian Dargnat, le président de l’association de financement d’En Marche! (AFCPEM). Dans cette petite équipe soudée, on trouve Emmanuel Miquel, capital-risqueur chez Ardia et trésorier de la même association, mais aussi deux de ses anciens camarades de HEC : Stanislas Guerini, directeur de l’expérience client chez Elis, délégué du mouvement à Paris et aujourd’hui candidat aux législatives dans la capitale ; et Cédric O, un jeune directeur d’usine du groupe Safran, ancien du cabinet de Moscovici à Bercy. Cédric O, garçon discret qui fuit les médias, a endossé le costume de mandataire financier de la campagne, dont il est un des couteaux suisses les plus efficaces.

Pendant des mois, ce petit groupe a manœuvré avec une seule idée en tête, quasi obsessionnelle : faire fructifier en un an des carnets d’adresses bien fournis, afin de fonder un club de « grands donateurs » aux profils globalement homogènes (urbains, CSP+, issus de grandes écoles). Nous sommes là loin, bien loin, d’un mouvement soutenu par une vague aussi populaire que spontanée, image que les communicants d’En Marche! ont savamment cultivée et propagée. Et pas très loin du « Premier Cercle » de riches donateurs ayant financé une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, même si l’entourage de Macron s’en est toujours défendu au motif qu’En Marche! n’a jamais organisé de grand raout mélangeant tous les grands donateurs. Effectivement : les proches d’Emmanuel Macron ont été bien plus discrets.

Dans les mails de l’équipe d’Emmanuel Macron, on retrouve un document de travail, diffusé et amendé en comité restreint en avril 2016 : la notice pour la chasse méthodique aux millions de la campagne. En Marche! est alors un mouvement balbutiant, à peine créé. Le tout nouveau parti n’a enregistré qu’environ 400 000 euros de dons et promesses – à 95 % des grands donateurs à 7 500 euros. L’équipe veut passer à la vitesse supérieure en activant un impressionnant maillage des réseaux d’entrepreneurs, banquiers, avocats, lobbyistes et autres « influencers » susceptibles de dégainer un jour ou l’autre l’équivalent de 6,5 Smic pour aider le candidat Macron.

Ces généreux bienfaiteurs seront approchés les mois suivants à travers des dizaines de dîners organisés en France et à l’étranger, le plus souvent en présence du « chef », le surnom d’Emmanuel Macron. Ces sauteries, symboles du confinement et de l’endogamie d’une certaine élite, sont « très mal vu[e]s par certaines catégories de la population », convient En Marche! dans une note interne. Mais elles sont aussi tellement rentables, surtout quand le candidat se déplace. Mi-avril 2016, un seul déjeuner à Londres au domicile privé de la directrice financière d’un site de vente en ligne permet de réunir 281 250 euros, selon un document d’En Marche!. Deux semaines plus tard, à Paris, un cocktail dînatoire génère 78 000 euros en à peine une heure et demie. La cash machine est lancée.

Pour multiplier les rencontres, l’équipe « fundraising » (« collecte de fonds ») d’En Marche! a élargi son maillage par l’intermédiaire de rabatteurs, des sympathisants du mouvement – très bien intégrés dans les hautes sphères économiques – qui ouvrent leurs carnets d’adresses, accueillent des déjeuners, voire, parfois, organisent des événements « clés en main ». Ne reste alors au mouvement qu’à valider les listes d’invités et à organiser la venue du candidat. Détail financier non négligeable : les frais liés aux dîners effectués aux domiciles des donateurs sont des « dépenses privées non intégrées » aux comptes de campagne.

Le 1er juin 2016, le conseiller de dirigeants d’entreprise Édouard Tétreau, un temps protégé par l’ancien PDG d’Axa Claude Bébéar, accueille l’un des tout premiers grands cocktails parisiens. « Durée : 1 h 30, dont passage Emmanuel d’1 h 00 », note minutieusement l’équipe d’En Marche!. Tout est millimétré :« Salutations 15 min/speech 20 min/Q&A  [questions/réponses – ndlr] 20 min/sortie 5 min. » Les invités sont triés sur le volet : une trentaine de « quadra, hors CEO [PDG – ndlr] CAC40 ». Une semaine plus tard, Édouard Tétreau renouvelle l’expérience pour une nouvelle cible. Cette fois, 32 personnalités issues de « différents cercles (avocats, conseil, lobbying, édition, etc.) » sont concernées. Ne reste qu’à valider la liste d’invités. Mais « attention ! », alerte En Marche !, « un partner d’Image 7 », la boîte de la communicante Anne Méaux, qui conseille François Fillon, fait partie des convives potentiels.

Un autre « PP » (pour « poisson-pilote ») du mouvement, Hélène Chardoillet, directrice du développement d’une PME dans le domaine bancaire et « amie »d’Astrid Panosyan, une ancienne conseillère du cabinet Macron, s’active aussi en coulisses. Au mois de mai, elle alerte Emmanuel Miquel sur le positionnement politique du candidat. « Les personnes que je connais et que j’ai commencé à approcher (5 sur cette dernière semaine) sont de sensibilité politique centre droit et leur retour en substance est le suivant », écrit-elle au trésorier du mouvement : flou sur le programme de Macron, danger de voir sa candidature « phagocytée » par François Hollande, faiblesse de son bilan à Bercy…

« Mon sentiment, développe Chardoillet, si nous restons sur l’objectif précis du fundraising, est que cette cible centre droit n’est pas, pas du tout mûre pour la donation. Positionnement, programme et démarcation de Hollande seront des éléments clés pour que cette cible évolue. » 
« Top de voir ces manifestations », se réjouit dans la foulée Emmanuel Miquel, dans un message en copie au reste de la direction d’En Marche!. Seul bémol : pour « aller dans le sens » de ce que « Christian [Dargnat – ndlr] évoquait de constituer une petite base de gens disponibles pour appeler des contacts », Miquel « pense qu’il faut être vigilant à ne pas trop diluer l’exercice de Fundraising. Il faut certes se démultiplier, mais le sujet FR [fundraising – ndlr] reste sensible ».

Des demandes d’audience auprès du ministre

Trois semaines plus tard, Christian Dargnat, encore lui, est à la manœuvre pour motiver ses troupes : « Si vous connaissez des gens désireux d’aider la cause [sic], n’hésitez pas à les orienter vers moi », encourage-t-il par mail. Un appel reçu cinq sur cinq. « Hello, une de mes amies me dit que son patron [d’une mutuelle – ndlr] souhaiterait participer à un de nos dîners. J’ai bien précisé que c’était réservé aux grands donateurs 🙂 », écrit Cédric O. Retour de Dargnat, un mois plus tard : « J’ai déjeuné avec le DG et [la responsable des affaires publiques du groupe – ndlr] : excellents contacts et gros potentiels de networking. Merci encore. » 

Très investi, Cédric O préconise aussi de convier à un dîner du mois de juillet un patron qu’il connaît personnellement : « Je ne suis pas certain qu’il donnera, mais c’est un très gros driver pour d’autres (sur la thune et en termes de réseau). » Bonne pioche : ce quadra donnera plus tard 2 500 euros à la candidature. « Pas mal », note, impassible, le mandataire. 
« Nous organisons le 1er juillet un déjeuner autour d’E. Macron : si vous avez des gens prêts à contribuer à hauteur de 7,5 K€, envoyez à Emmanuel Miquel et moi-même les coordonnées de ces personnes », relance encore Dargnat à une dizaine de ses contacts.

Dans la liste : Frédéric Surry, directeur des investissements actions et obligations convertibles à la BNP, Denis Panel, DG d’une des filiales du groupe bancaire, et un ancien de la maison, David Pillet, ex-business manager ayant fondé en 2016 sa propre société de conseil. Deux mois plus tard, une nouvelle soirée fait saliver l’équipe : 23 chefs d’entreprise « qui peuvent bcp aider » ont déjà promis d’être là. L’un d’entre eux, patron d’une jeune société d’investissement, semble « très helpful ». Un autre – dans le classement Challenges des plus grandes fortunes de France en 2016 – est carrément « au taquet ». La récolte promet d’être grandiose.

L’équipe tient des tableaux précis de chacun des événements. Et Dargnat veille au grain : « Peux-tu m’envoyer la liste des invités (noms + adresses mails) de ton dîner afin que nous puissions suivre l’évolution des contributions et t’en rendre compte également ? », demande l’ancien banquier à l’organisateur d’un dîner. Les retours sont bons, mais il faut à tout prix garder le rythme. « Les amis, les deux prochaines semaines, nous n’avons pas de dîner FR, souffle Emmanuel Miquel le 20 juin. Nous nous proposons avec Christian de (re)mettre la pression sur ceux qui auraient déjà dû donner, afin de les relancer pour qu’ils donnent d’ici la fin de semaine. »

Le trésorier soumet alors à son équipe une liste de sept noms, « soit un potentiel de 53K€ pour cette semaine ». Ismaël Emelien, le plus proche conseiller d’Emmanuel Macron – il est aujourd’hui son conseiller spécial à l’Élysée –, se propose d’en appeler quelques-uns. Mais pas l’avant-dernier nom de la liste, celui du directeur général d’une grande entreprise française de sites internet : « J’avais en revanche senti […] [qu’il n’était] pas très chaud pour payer, il aide beaucoup en termes de conseil. »

À l’autre bout de la chaîne, le « chef » supervise les opérations par l’entremise de son cabinet. « Sophie [pour Sophie Ferracci, cheffe de cabinet de Macron à Bercy – ndlr], peux-tu nous faire un point avec les prochaines dates ? Merci bcp », demande le 2 mai 2016 Julien Denormandie, un autre membre de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron, son ancien dircab à Bercy.

À la même période, Dargnat sollicite Emmanuel Miquel et Cédric O pour qu’ils trouvent « des gens qui pourraient organiser des dîners » à l’occasion des déplacements à venir du ministre à « Orléans le 8 mai, La Rochelle le 9 mai, Toulouse le 19 mai, La Grande-Motte le 26 mai, Chalon-sur-Saône le 30 mai, Rennes le 20 juin, Annecy le 23 juin ». Très efficace à Paris, En Marche! veut désormais braconner en région.
 Le mouvement assure que ces dîners provinciaux ont été des fiascos.

Pas question, en revanche, qu’Emmanuel Macron s’investisse publiquement dans la collecte alors qu’il est encore à Bercy. « Tant qu’Emmanuel est ministre, je ne crois pas en sa volonté de vouloir signer les courriers [de remerciement aux donateurs de plus de 500 euros – ndlr] », prévient Julien Denormandie. Le « chef » se contente alors de textos. 
C’est que la frontière entre les fonctions est parfois ténue. Comme pour ce fondateur d’un fonds d’investissement, qui sollicite une audience auprès de Macron-ministre après avoir fait un don à Macron-candidat. Son message est directement transmis par Denormandie à Ferracci, sans que l’on sache si ce donateur a obtenu gain de cause : « Sophie, pour ta pochette “demande d’audience”. Merci beaucoup. »

Le 15 septembre, Emmanuel Miquel, prudent, rappelle aussi la nécessité de vérifier « l’absence éventuelle de conflits d’intérêts (incompatibles avec les fonctions passées d’EM) » et le « caractère recommandable [sic] du donateur ». Il transmet une liste comportant les noms et coordonnées de 62 contributeurs – principalement domiciliés à Paris et Londres – représentant 276 000 euros de dons. Cette fois, c’est Alexis Kohler qui se charge de répondre. L’ancien directeur de cabinet de Macron à Bercy a alors officiellement quitté la campagne pour travailler dans le privé, mais il reste très impliqué dans l’organisation : « Je regarde de plus près demain mais je n’en vois aucun susceptible de poser problème à première vue », répond-il. Depuis le 14 mai, Alexis Kohler est le nouveau secrétaire général de l’Élysée. C’est lui, l’homme sérieux à lunettes qui a annoncé mercredi 17 mai la liste du gouvernement d’Édouard Philippe.

Pour les donateurs étrangers, la prudence est de mise. « Vous êtes à l’aise avec les virements reçus ? », s’inquiète par exemple, le 2 février 2017, le mandataire Cédric O en découvrant les noms de plusieurs de ces donateurs étrangers sur un relevé de comptes. « Oui je les connais tous », répond Dargnat dans la minute.

La banque saisit aussi à plusieurs reprises l’équipe du candidat. « Je suis à même de vous les réclamer [des justificatifs pour des virements en provenance de l’étranger – ndlr] en fonction des demandes de notre service des affaires internationales », prévient la directrice adjointe de l’agence du Crédit agricole où est logé le compte de campagne. Mediapart a ainsi identifié plusieurs situations litigieuses – toutes résolues a posteriori, selon les documents consultés –, dues notamment à l’incompréhension par certains donateurs de la réglementation française (interdiction de contribuer pour une personne morale ou dépassement des seuils).

Le 21 mars, par exemple, le compte de l’AFCPEM reçoit un virement de 12 000 euros de la part d’un richissime donateur installé à Madagascar, Amin Hiridjee, très présent dans les secteurs de la finance, des télécoms, de l’immobilier et de l’énergie. « Nous sommes contraints de rembourser intégralement les dons qui dépassent les plafonds. Sur le compte de l’AFCPEM (financement candidat) le maximum autorisé est 4 600 € ; sur celui de l’AFEMA (financement mouvement), le max est 7 500 € », alerte Dargnat, avant de demander au frère du donateur – Hassanein Hiridjee, qu’il tutoie – s’il peut lui demander, « si cela n’est pas trop gênant », de faire « deux virements : un de 4 600 à l’ordre de l’AFCPEM et l’autre de 7 500 à l’ordre de l’AFEMA ». Pas de problème : « Je m’en occupe et te reviens », répond H. Hiridjee.

Plus problématique est le sujet traité, début janvier, lors d’une réunion réduite à cinq participants. Les fidèles d’Emmanuel Macron ouvrent la discussion sur un point « spécifique » : le cas du « financement d’une vingtaine de donateurs libanais »« Problème traité (identifié) », notent les participants dans leur compte-rendu. Sollicité par Mediapart pour en savoir plus quant à la nature du problème et sa résolution, En Marche!, rebaptisé depuis peu La République en marche, n’a pas retourné nos questions (voir la Boîte noire).

Dès sa création, le mouvement a su générer une « forte demande pour organiser des événements » à l’étranger, ainsi que le mouvement le notait en avril 2016. De fait, les expatriés dans les pôles urbains de Londres, Genève, San Francisco ou New York ont été très actifs dans la collecte de dons. Parfois, les investisseurs étrangers ont aussi directement pris attache avec l’équipe.

Tandis qu’Emmanuel Macron s’installait en tête des sondages, le dirigeant d’un important hedge fund à New York a par exemple sollicité fin mars 2017 Cédric O, par l’entremise d’une connaissance commune, pour qu’il organise une rencontre avec un membre du mouvement à Paris. O l’oriente alors vers Dargnat, qui accepte la mission : « Oui j’en fais 2 à 3 par jour [sic] des présentations de ce type… Cela me détend des négociations sur le prêt [En Marche! est alors en pleine négociation – tardive – d’un emprunt de 8 millions – ndlr]. » Rien ne prouve dans la comptabilité analysée par Mediapart que cet investisseur ait financé la candidature, mais l’épisode témoigne de l’attrait du mouvement à l’international.

Au terme de plus de deux heures d’entretien filmées, Emmanuel Macron quittait les locaux de Mediapart, vendredi 5 mai vers 23 heures, quand les réseaux sociaux se sont mis à bruire : les Macron Leaks, soit le hacking et la diffusion de milliers de mails de l’équipe de campagne d’En Marche!, étaient publiés sur un site de partage, avant d’être abondamment relayés par l’extrême droite américaine, les réseaux trumpistes puis, en France, par le Front national. Le tout en un temps record.

Mediapart a, dès le début, pris le parti de tenir tous les bouts de cette histoire. C’est-à-dire d’une part dénoncer, comme l’a fait notre journaliste Yann Philippin dans Libération et sur le plateau de MediapartLive, une pure opération de déstabilisation électorale. En publiant dans la nature à deux jours du second tour de l’élection présidentielle un très gros volume de données brutes, non vérifiées et dont la source est totalement inconnue, la méthode employée par les initiateurs des Macron Leaks était en effet déloyale, pour ne pas dire sale. Le but était de créer le chaos.

Mediapart a d’abord enquêté sur les origines de cette boule puante et, notamment, sur l’émergence d’une piste russe – voir nos articles iciiciet .

Pour autant, les Macron Leaks sont susceptibles de contenir des informations d’intérêt public, devenant ainsi un matériau journalistique à part entière, à la condition impérieuse que les documents soient authentifiés de manière indépendante et que les faits découverts soient confrontés loyalement avec les personnes concernées. Dès le lendemain de la « révélation » des Macron Leaks, une équipe de journalistes et techniciens de Mediapart a par conséquent engagé des recherches dans cette immense base de données, en utilisant notamment les outils techniques du consortium European Investigative Collaborations (EIC), à l’origine des Football Leaks ou des Malta Files.

Après deux semaines d’enquête, de vérifications et de respect du débat contradictoire, nous avons décidé de rendre publiques certaines informations qui sont, pour tout ou partie, issues des Macron Leaks. Ces éléments ont été complétés par des témoignages et documents récupérés au fil de la campagne.

Pour cet article sur les dessous de la levée de fonds de la campagne d’Emmanuel Macron, nous avons contacté lundi 15 mai plusieurs dizaines de donateurs, “poissons-pilotes” et membres de l’équipe d’En Marche!. Beaucoup ne nous ont pas répondu. Ils ont été relancés mercredi 17 mai, jour où nous avons adressé une série de questions à la communication d’En Marche! pour que le mouvement s’exprime indépendamment des cas individuels. Nos interrogations sont là aussi restées sans réponse.

Fabrice Arfi

Campagne de Macron: les cadeaux du «roi de l’événementiel»

27 AVRIL 2018 PAR ANTTON ROUGET – MEDIAPART

Selon les comptes de campagne consultés par Mediapart, la société d’événementiel GL Events a effectué d’importantes ristournes en faveur de la campagne d’Emmanuel Macron. L’entreprise dirigée par Olivier Ginon, proche de Gérard Collomb et aujourd’hui très en cour à l’Élyséeargue d’un geste commercial habituel. Mais selon d’autres factures consultées par Mediapart, François Fillon n’a pas bénéficié de tels rabais.

De la mairie de Lyon au palais de l’Élysée, le patron Olivier Ginon, proche de Gérard Collomb, grimpe à toute vitesse dans l’entourage d’Emmanuel Macron. La relation du président de la République avec le PDG de GL Events, leader français de l’événementiel cité dans les « Panama Papers », qui ambitionne d’atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires cette année, n’en finit pas d’intriguer.

Elle a aussi fait tiquer la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP). Selon nos informations issues de la consultation des comptes de campagne du vainqueur de l’élection présidentielle (voir boîte noire), la CNCCFP a relevé les promotions exceptionnelles, parfois « d’un pourcentage anormalement élevé », du champion de l’événementiel, qui a loué au candidat Macron plusieurs de ses salles dont il détient les concessions dans des grandes villes (Paris, Lyon ou encore Clermont-Ferrand).

La note de la CNCCFP vise une facture en particulier, ayant pour objet la location de matériel à l’occasion du meeting du 10 décembre 2016 à la porte de Versailles, qui a subitement été rabotée de plus de 9 000 euros pour passer de 39 490 euros à 29 663 euros. D’autres prestations ont aussi été sabrées à coup de –30 %, –50 %. Parfois même intégralement. C’est cadeau !

Les soldes ont débuté dès le lancement de la campagne, à l’été 2016, alors que Macron n’avait pas encore mis la main sur ces centaines de grands donateurs. La veille du meeting de la Mutualité du 12 juillet 2016, trois mois à peine après le lancement d’En marche!, la location de la salle principale pour les préparatifs devait coûter 14 129 euros à l’équipe de campagne. C’était sans compter sur une promotion exceptionnelle « Remise –100 % » (sic) qui a annulé cette ligne de dépenses. Rebelote le lendemain, le jour du meeting : une nouvelle réduction a fait baisser les coûts de près de 15 000 euros (25 710 euros contre 40 554 euros). Appréciable, avant que les dons affluent dans les caisses du parti.

Extrait de la facture de la Mutualité. © Document Mediapart

Sollicité par la CNCCFP en septembre 2017, la société de M. Ginon a attesté le 17 octobre que « les remises (…) correspondent à une négociation commerciale habituelle avec un organisateur d’événements ». Le 20 octobre, l’expert-comptable de la campagne d’Emmanuel Macron a appuyé son fournisseur en expliquant que les promotions, comme celles d’autres entreprises, « sont normales et régulières dans une optique de fidélisation de la clientèle ». La commission s’est satisfaite de ces explications.

De telles ristournes sont-elles pour autant si « habituelles »« normales » et « régulières » ? Un autre candidat n’a visiblement pas eu cette chance. Des factures de GL Events identifiées par Mediapart dans le compte de François Fillon montrent que le candidat de la droite n’a, lui, pas eu le droit à de telles remises quand il a loué des salles à Nice (Nice Acropolis) ou à Lyon (Eurexpo). Sollicité par Mediapart, l’Élysée n’a pas retourné nos demandes d’entretien sur la relation d’Emmanuel Macron avec celui qu’il a considéré comme son « ami » le 27 septembre dernier (le président a pourtant déclaré le 15 avril, au détour d’une question sur Bernard Arnault : « Je n’ai pas d’amis… je suis le président. »). Après la publication de notre article, le service presse de l’Elysée nous a fait savoir que les deux hommes n’ont « jamais partagé aucun moment privé ensemble ». Il ajoute aussi que les tarifs de la campagne ont été négociés au niveau « du pôle événementiel d’En Marche! » : « Au cours de la campagne présidentielle, le mouvement est parvenu à tenir les coûts des différents événements grâce à une approche agressive des négociations commerciales. »

Le ministre Gérard Collomb a déclaré ne pas être intervenu dans les négociations tarifaires avec l’entreprise. Olivier Ginon nous a assuré par écrit que les prestations de la campagne Macron « ont fait l’objet de facturations selon des critères communs à tous ». Relancé sur l’absence de telles « remises » dans le compte Fillon, il ne nous a plus répondu.

En décembre 2016, dans un mail issu des « Macron Leaks », c’est un autre aspect de la société d’Olivier Ginon qui a fait surface : le recours à des travailleurs étrangers détachés. En 2015, à l’occasion des Universités d’été du Parti socialiste, GL Events a mis le PS dans l’embarras en sous-traitant une Les comptes de campagne d’Emmanuel Macron en quelques chiffres. © Mediapart partie de ses missions à une entreprise roumaine. Dans un message transmis à trois responsables de la campagne, la directrice des affaires juridiques Marine Mathé alerte, le 16 décembre : « Pour des questions d’image, il s’agit également d’être vigilant sur l’hypothèse de prestataires français recourant à des travailleurs étrangers détachés (souvent dans le cadre d’une sous-traitance. Ce n’est nullement illégal mais souvent mal perçu dans les médias (cf. UEPS 2015 du PS et les 10 salariés roumains, régulièrement détachés, de GL EVENTS). Dans ce cas, la transmission par le prestataire d’une attestation sur l’honneur de l’absence de travailleurs détachés (même en sous-traitance) pourrait être envisagée. »

L’implication du champion de l’événementiel dans la campagne de Macron fait aussi beaucoup parler à Lyon, où Olivier Ginon a mis la main sur de juteux marchés de l’administration Collomb. Les élus d’opposition Les Républicains viennent d’y solliciter la chambre régionale des comptes pour en savoir plus sur les moyens publics de la Métropole de Lyon qui auraient été utilisés au profit du candidat Macron. En cause : l’organisation, par Gérard Collomb, alors maire de la ville, d’une réception d’Emmanuel Macron (encore ministre mais déjà tourné vers la présidentielle) à l’hôtel de ville en juin 2016. L’opération a été prise en charge par la métropole, avec du matériel Sono/éclairage loué à GL Events.

Début avril, Le Canard enchaîné a aussi révélé que c’est l’entreprise d’Olivier Ginon qui a accueilli, le 18 novembre, le congrès de La République en marche, à l’Eurexpo de Lyon, dont elle détient la concession. Le PDG a légitimé auprès du Palmipède ses liens avec le président de la République : « Vu la taille de notre groupe, c’est normal que les responsables politiques me reçoivent. »

L’idylle entre Emmanuel Macron et le chef d’entreprise date de plusieurs années. Le 24 avril 2015, le futur président de la République, alors ministre de l’économie, lance en compagnie de ses collègues Patrick Kanner (Ville), Thierry Braillard (Sports) et Matthias Fekl (Commerce extérieur) un « comité stratégique de filière » dont l’animation est confiée à Olivier Ginon.

L’initiative avait pour objectif de proposer un contrat stratégique de filière, à la veille de l’organisation de l’Euro 2016 de football et du dépôt de la candidature à l’organisation des JO 2024. Les ministres fanfaronnent alors sur ce marché qui « représente un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros par an ». En 2016, la société d’Olivier Ginon a dégagé 130 millions d’euros sur les seuls Jeux olympiques de Rio, et l’entreprise s’active déjà pour ne pas perdre une miette de Paris 2024.

En attendant, GL Events entretient son réseau. Du 27 au 30 mars, le ban et l’arrière-ban de la Macronie ont défilé au « Global Industrie », salon professionnel que l’entreprise organise à Paris. Le président de la République a aussi mouillé sa chemise en recevant 200 industriels à l’Élysée. « C’est la première fois en France depuis plusieurs années que nous avons autant de personnalités politiques sur un salon industriel », s’est à cette occasion félicité le directeur de l’événement.

Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. François FILLON, candidat à l’élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017

 

Extraits de la décision de la Commission  des Comptes de campagne relative au comptes de campagne du candidat François Fillon. Pour plus d’information http://www.cnccfp.fr/

JORF n°0036 du 13 février 2018
texte n° 45

Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. François FILLON, candidat à l’élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques,
Au vu des textes et documents suivants :

– la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel, notamment son article 3 ;
– le code électoral en ses dispositions rendues applicables par la loi susvisée ;
– la loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012, notamment son article 112, et le décret n° 2009-1730 du 30 décembre 2009, d’où il résulte que le plafond des dépenses électorales applicables aux candidats présents au premier tour de l’élection présidentielle est fixé à 16 851 000 euros ;
– le décret n° 2001-213 du 8 mars 2001 portant application de la loi du 6 novembre 1962 susvisée ;
– la déclaration des résultats du premier tour de scrutin en date du 26 avril 2017 et la proclamation des résultats de l’élection du Président de la République en date du 10 mai 2017 ;
– le compte de campagne du candidat déposé le 6 juillet 2017 et publié au Journal officiel du 3 août 2017, ainsi que les pièces jointes à ce compte ;
– le questionnaire adressé le 29 septembre 2017 par les rapporteurs à M. François FILLON, au président de l’association de financement électorale, M. Vincent Chriqui, et à l’expert-comptable et la réponse à ce questionnaire en date du 20 octobre 2017 ;
– la lettre d’observations adressée le 24 novembre 2017 par les rapporteurs aux mêmes destinataires et la réponse à cette lettre en date du 8 décembre ;
– les autres pièces jointes au dossier ;

Après avoir entendu les rapporteurs,
A constaté que le compte de campagne de M. François FILLON a été déposé conformément aux dispositions législatives applicables et qu’il fait apparaître un montant de recettes déclarées de 13 784 073 euros et un montant de dépenses déclarées de 13 784 073 euros.

La commission décide :

Article 1Le compte de campagne de M. François FILLON est approuvé après réformation et s’établit en recettes à 13 794 601 euros et en dépenses à 13 794 601 euros ; il est arrêté comme suit :


RECETTES (en euros)

DÉPENSES (en euros)
Montants
déclarés
par le candidat
Montants
retenus
par la CNCCFP
Montants
déclarés
par le candidat
Montants
retenus
par la CNCCFP
I. Recettes perçues par le mandataire dont : 12 248 535 12 124 225 I. Dépenses payées par le mandataire dont : 12 248 535 12 124 225
– apport personnel (y compris l’avance de 153 000 €) 2 241 935 2 117 625 – dépenses payées directement 6 886 539 6 871 345
– versements définitifs des partis politiques 10 000 000 10 000 000 – dépenses facturées par les partis politiques 5 361 996 5 252 880
– dons des personnes physiques 6 600 6 600
– autres recettes
II. Contributions des partis politiques : II. Contributions des partis politiques :
– paiements directs 85 156 85 156 – dépenses payées directement 85 156 85 156
– concours en nature 1 265 203 1 395 351 – concours en nature 1 265 203 1 395 351
III. Autres concours en nature 185 178 189 869 III. Autres concours en nature 185 178 189 869
Total des recettes du compte,
y compris l’avance forfaitaire
13 784 072 13 794 601 Total des dépenses électorales soumises au plafond 13 784 072 13 794 601
Solde du compte 0 0

Article 2

Le montant dû par l’Etat est arrêté à la somme de 2 067 625 euros, dont 153 000 euros ont déjà été versés.

Article 3

Il n’y a pas lieu, pour le candidat, de procéder à une dévolution.

Article 4

La présente décision sera notifiée à M. François FILLON et au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.

Délibéré par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dans sa séance du 21 décembre 2017, où siégeaient MM. François LOGEROT, président, François DELAFOSSE, vice-président, Mmes Martine BETCH, Maud COLOME, Martine DENIS-LINTON, Francine LEVON-GUERIN, MM. Philippe GRÉGOIRE, Jean-Dominique SARCELET.

Pour la commission :

Le président,

F. Logerot

On lui a nié la nationalité à cause d’un détail

Maria Rodriguez McKey

L’article du New York Times ci-dessous nous raconte l’histoire d’une femme algérienne qui épouse un français et qui cinq ans après décide de demander la nationalité française. Après la cérémonie de naturalisation, elle n’a pas serré la main, aux deux officiers mâles, par conviction religieuse sur quoi la nationalité lui a été refusée. Le couple fait appel et le Conseil d’Etat décide que la décision est légale et que « le refus a été fait à un endroit et à un moment qui sont symboliques et révèlent une manque d’assimilation. »

En matière de religion, la France légifère et donc l’Etat intervient.  lEt les citoyennes françaises qui portent le voile, quelles sont les lois qui les régissent? ces polémiques ont donné lieu à deux lois : la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises (2004) et la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public (2010).

No Handshake, No Citizenship, French Court Tells Algerian Woman

By AURELIEN BREEDENAPRIL 21, 2018

PARIS — An Algerian woman’s refusal to shake hands with male officials at a French naturalization ceremony is sufficient grounds for denying her citizenship, France’s top administrative court has ruled.

In its decision — issued on April 11 but reported only this week — the court, known as the Council of State, said that the woman’s refusal “in a place and at a moment that are symbolic, reveals a lack of assimilation.”

The woman, who has not been identified, married a French citizen in Algeria in 2010 and filed for French citizenship five years later. At her naturalization ceremony in 2016 in Grenoble, in southeastern France, the woman refused to shake the hands of a local state official and of a local elected official, both male, citing her religious convictions.

The ruling did not specify the woman’s religion, and it did not identify her as Muslim. Some practicing Muslims believe Islam does not permit physical contact with a person of the opposite sex, with the exception of immediate family members.

After the woman refused to shake hands with the officials, she was denied citizenship.

The woman appealed, but the court ruled this past week that the decree was legal. The ruling was based on a law that gives the government two years after a foreign spouse files for naturalization to oppose the request, on grounds of “lack of assimilation, other than linguistic.” The court also ruled that the decision was not detrimental to her freedom of religion.

The court’s ruling has not garnered widespread attention within the country, but many recent debates in France on the place of Muslims in French society have focused on issues of gender relations and attitudes toward women.

Similar debates have played out elsewhere in Europe. In 2016, local authorities in Switzerland said two Muslim boys, both immigrants from Syria, could not refuse to shake their female teacher’s hand on religious grounds.

In the summer of 2016, France was roiled by debates over the burkini — full-body swimsuits that comply with Islamic modesty standards — after several Mediterranean coastal towns banned them on their beaches.

 

The veil worn by some Muslim women also has become a flash point in France, which passed a law in 2010 banning face-covering garments like the burqa or niqab in public, although the law did not explicitly mention Islam.

Wearing a veil that doesn’t cover the face is not banned in public, except in the case of students in public schools and civil servants, who are not allowed to wear visibly religious symbols or clothing on the job.

President Emmanuel Macron, speaking on French television last week, said “the issue of the veil is very important today” but said he was not in favor of any new laws restricting those who choose to wear the garment.

“Why does this veil make us feel insecure?” Mr. Macron asked. “Because it is not in keeping with the civility in our country, that is to say with the relations between men and women in our country.”

“We are attached to this equality between man and woman, and so we do not understand this difference, this distance, this separation,” Mr. Macron said of the veil.

But he said he respected a woman’s choice to wear it.

“I am not personally happy that it is that way, but I do not want to make a law that bans it in the street, because it would be counterproductive,” Mr. Macron said.

Un trou d’un million d’euros au Havre rattrape Edouard Philippe

Quelques extraits d’une enquête de Mediapart .

 10 AVRIL 2018 PAR MICHAËL HAJDENBERG ET ANTTON ROUGET

L’organisation des « 500 ans du Havre », l’une des manifestations culturelles les plus importantes de l’année 2017, rattrape le Premier ministre Édouard Philippe, ancien maire de la ville et grand architecte de l’événement. Selon nos informations, des prestataires font face à plus d’un million d’euros d’impayés. La faute aux difficultés financières rencontrées par le producteur de l’événement, sélectionné dans des conditions suspectes.

Des visiteurs par milliers, un budget de 20 millions d’euros et des têtes d’affiche internationales… Officiellement, « les 500 ans du Havre » furent, en 2017, la vitrine éclatante du succès d’Édouard Philippe comme maire de sa ville. Mais, en coulisse, c’est une tout autre réalité qu’a découverte Mediapart en enquêtant sur les événements culturels organisés en Normandie par l’actuel Premier ministre, et dont il s’est servi comme tremplin politique. Marché public dévoyé, prestataires non payés, liens d’affaires avec Jacques Attali privilégiés : la mairie du Havre a beau répondre que « l’organisation a été menée strictement dans le cadre des règles de passation des marchés publics », l’examen précis des pièces du dossier fait apparaître des éléments pour le moins suspects.

Dans sa ville, l’ambition d’Édouard Philippe a en effet laissé des traces douloureuses. Selon nos informations, plusieurs prestataires du Havre n’ont toujours pas été rémunérés pour leur participation aux « 500 ans », à l’été 2017. Cette ardoise dépasse le million d’euros et donne des sueurs froides au successeur du Premier ministre à la tête de la mairie, Luc Lemonnier.

Un trou d’un million dans une opération financée par le public : la situation n’est pas banale. Mais le groupement d’intérêt public bâti pour l’occasion n’a pas respecté les garde-fous qu’il avait lui-même imposés pour éviter ce genre d’accident.

Pour mettre sur pied la manifestation, le GIP « Le Havre 2017 », financé par l’argent public, a été créé en avril 2014. Il était présidé par Édouard Philippe en personne jusqu’à sa nomination à Matignon, en mai 2017. Doté d’un budget de 20 millions d’euros (ce qui en fait une des plus grandes manifestations culturelles des dernières années), le GIP a fait le choix d’externaliser la quasi-totalité de sa production, en sélectionnant un prestataire chargé d’organiser l’événement. …

Qu’en est-il de la gouvernance?

Notre Dame des Landes est un projet qui a vu le jour en 1963. C’était à l’époque la guerre froide. Depuis bien des choses ont changé dans le monde et en France. Il y a eu le choc pétrolier qui a arrêté le projet alors que le prix a  depuis beaucoup baissé. En 2012 le Premier ministre Ayrault décide de repousser d’environ six mois les premier travaux alors prévus en 2013 et crée une « commission du dialogue ». De nombreux recours en justice sont déposés par les opposants mais sont rejetés et, en 2016, une consultation locale en Loire-Atlantique approuve le transfert à 55%. Quel gâchis!  Et le Président Macron balaye d’un revers de main des décisions de justice sans compter le référendum. Le Président a le pouvoir d’aller à l’encontre d’une décision de justice… Où se situe alors la séparation des pouvoirs?

La réforme de la SNCF, qui est un sujet technique à la fois financier et des exigences Européennes, devient un affrontement gouvernement-syndicats.  Même si les négociations se poursuivent entre le gouvernement et les syndicats de la  Société nationale du Réseau Ferroviaire, celles-ci sont menées dans un cadre tendu et où les français sont pris en otage.

Car en France, la gouvernance repose sur les épaules d’un seul homme qui devrait les avoir larges. Certes, quand il faut des reformes, le Président doit décider qu’après mure réflexion  et à condition d’avoir le courage pour braver la rue et prendre les décisions qui s’imposent mais dont les effets se situent au long terme. L’introduction des primaires a retiré une part du pouvoir qui se situait au niveau des partis pour le diriger vers un seul homme.

A vouloir faire plaisir à tous…

Pouvoir d’achat, hausses des taxes… pourquoi la popularité d’Emmanuel Macron baisse

 16h48 , le 19 février 2018, modifié à 20h56 , le 19 février 2018

Emmanuel Macron n’est plus majoritaire dans l’opinion, selon le baromètre Ifop publié par le JDD dimanche. Pour la première fois, les critiques sont homogènes autour d’un facteur précis : le pouvoir d’achat.

Pour deux Français sur trois, Macron est éloigné des préoccupations de la France rurale

09h17, le 24 février 2018

Deux Français sur trois ne font pas non plus confiance au président et à son gouvernement pour « mener une bonne politique agricole », selon un sondage Odoxa.

Plus de deux Français sur trois considèrent qu’Emmanuel Macron est éloigné des préoccupations de la France rurale et une même proportion ne lui fait pas confiance pour « mener une bonne politique agricole », selon un sondage Odoxa publié vendredi*. Alors que le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes samedi, 69% des personnes interrogées jugent le chef de l’État « plutôt éloigné » des préoccupations de la France rurale, contre 30% d’un avis contraire. Jean-Luc Mélenchon fait légèrement mieux en la matière avec 36% de réponses positives, mais 15% seulement des Français interrogés considèrent Laurent Wauquiez « plutôt proche » des préoccupations du monde rural, selon cette enquête avec Dentsu consulting pour Le Figaro et France Info.

La grande popularité du monde agricole. Par ailleurs, deux Français sur trois (65%) ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour « mener une bonne politique agricole », contre 34% d’un avis opposé. Et une proportion semblable (66%) ne leur fait pas confiance pour « permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail », contre 33% d’un avis contraire. À l’opposé, les agriculteurs jouissent pour leur part d’une grande popularité auprès des Français : 88% des personnes interrogées ont une « bonne opinion » d’eux et seuls 12% sont d’un avis opposé.

Des pratiques critiquées. Une popularité qui n’exclut pas quelques réserves : si 95% des Français considèrent que les agriculteurs « sont utiles au pays », ils sont 79% à penser qu’ils « utilisent trop de pesticides ». Enfin, pour 41% les agriculteurs sont « trop subventionnés » et 17% seulement estiment qu’ils « sont justement rétribués par la grande distribution ».

*Enquête réalisée en ligne les 21 et 22 février auprès de 973 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

Début janvier déjà, Emmanuel Macron accusait déjà une légère baisse dans notre baromètre mensuel réalisé par l’Ifop. Dimanche, la cote de popularité du chef de l’Etat s’est fixée à 44% d’opinions favorables, soit 6 points de moins que le mois précédent. Une nouvelle chute en réalité après la sévère désillusion de l’été dernier, quand le Président a vu cette même cote de popularité passer de 64% à 40%. Une telle évolution est observée dans les études de tous les autres instituts de sondage (Elabe, Harris, Ipsos, BVA et Kantar-TNS).

« L’effet déceptif » de la politique du gouvernement

Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop qui décrit « un coup d’arrêt pour le couple exécutif », insiste auprès du JDD sur une forte chute dans la catégorie des classes moyennes (moins 17 points chez les professions intermédiaires), et relativement importante chez les retraités et ceux qui s’apprêtent à le devenir. Ces derniers sont directement impactés par l’augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG), qu’ils ont pu constater sur leurs revenus à la fin du mois de janvier.

En revanche, Emmanuel Macron ne voit pas sa cote de popularité augmenter chez les 25-65 ans, dont une grande partie, actifs, ont pu voir leur salaire net augmenter en janvier. « L’enjeu du pouvoir d’achat gagne en intensité, commente Frédéric Dabi. Il y a un effet déceptif de la politique menée, avec un décalage entre le discours de Macron et la promesse d’augmenter le pouvoir d’achat, d’une part, et les effets réels de sa politique, d’autre part. »

C’est bien la question du pouvoir d’achat qui cristallise les déceptions, alors qu’au 1er janvier, les prix du gaz, diesel, du fioul domestique ou des timbres ont augmenté. En mars, c’est le prix du paquet de cigarettes qui augmentera d’un euro. Selon le baromètre annuel de l’Observatoire Cetelem, publié le 6 février dernier, 48% des consommateurs jugent même que leur pouvoir d’achat a baissé en 2017… alors que selon une étude de l’Insee, l’indice du pouvoir d’achat moyen des Français a augmenté d’1,6% l’an dernier.

Les Français ne font pas confiance à Macron pour « améliorer leur niveau de vie »

Frédéric Dabi explique cela par la théorie du « vase-communicant ». « C’est l’idée que ce que le gouvernement nous donne d’un côté, il nous le prend de l’autre ; que s’il augmente le pouvoir d’achat des salariés, il devra trouver des recettes complémentaires pour équilibrer les comptes », résumait le directeur général adjoint de l’Ifop dans une interview fin janvier dans L’Obs en marge d’une étude Ifop sur l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

« Cela réactive une préoccupation plus générale depuis le début du quinquennat, développait encore le politologue. Les Français se disent qu’Emmanuel Macron va transformer le pays, certes, et qu’il le fait en cohérence avec son programme présidentiel. Mais ils se demandent s’ils vont eux-mêmes bénéficier de cette transformation. S’agira-t-il d’un changement pour tous? » Résultat : 70% des Français ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour « améliorer leur niveau de vie » selon le sondage Elabe du 1er février dernier pour Les Echos-Radio Classique.

A ce contexte, il faut ajouter quelques bourdes du gouvernement qui n’ont pas arrangé ce climat de défiance. Mi-janvier sur LCP, la ministre Jacqueline Gourault a ainsi laissé entendre – avant de revenir sur ses propos – que la suppression de la taxe d’habitation serait compensée par la création d’un nouvel impôt. L’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires et plusieurs mouvements sociaux (ceux des personnels soignants, des surveillants de prison ou aujourd’hui des cheminots de la SNCF) ont également contribué à écorner l’image du couple exécutif. « Des premières critiques sur le réel changement du pays », résume Frédéric Dabi.

Pour 56% des Français, l’islam est compatible avec les valeurs de la société française


La sénatrice du Val-de-Marne: « Personne n’osera jamais contrôler […] une Juive ultra-orthodoxe en robe longue, perruque et/ou foulard » Le Journal Musulman
Nous avons déjà écrit sur le sujet (« Extrémisme: La burqa et la barbe ne fort pas le terroriste  « ) un article qui est apparu d’abord sur le site du journal Les Echos puis sur ce site . Le sondage ci-dessous nous donne une nouvelle occasion car il montre qu’il y a encore une majorité des français qui pensent que  » l’islam est compatible avec les valeurs de la société française » mais le chiffre serait en recul.

L’amalgame fait par les représentants de l’Etat entre Islam et djihadistes a des conséquences.  Quelqu’un m’a dit, il y a peu de temps que l’Islam  n’était pas modéré.  Mais a-t-elle lu le Coran?;  Mais aux Etats-Unis où les protestants lissent directement la Bible, j’ai compris que l’on peut interpréter de mille façons un texte, d’où les nombreuses cultes protestants américaines.

Quand le Petit Journal était encore sur Canal Plus, un journaliste couvrir les élections américaines de 2017. Le journaliste avait été envoyé pour couvrir les élections américaines de 2017. Ce journaliste s’approche des personnes qui attendent à écouter Donald Trump.  Il leur lis deux passages violents.  Un des électeurs de Trump dit « C’est le Coran!’.  Le journaliste lui dit et lui répond que c’est un passage de la Bible.

Le rôle de l’Etat doit être neutre par rapport a toutes les religions.  Interdire la burqa?  et alors les femmes juives orthodoxes qui couvrent leurs corps et portent une perruque?  D’ailleurs, il y a plusieurs années, j’ai appris que quand la mairie de Lille avait, sous pression, dédier un jour de la semaine uniquement pour les femmes à la piscine municipale, les musulmanes se rencontraient à coté des juives orthodoxe.

Aux Etats-Unis, la jurisprudence du premier Amendement à la Constitution oblige le gouvernement fédéral et les gouvernements des Etats de l’union à exercer une neutralité absolue à l’égard des religions. Le citoyen, lui, peut afficher sa religion.

.Mais le terrorisme c’est tout une autre chose.  Depuis le 11 septembre il y a eu un seul attentat qui a été commis par un citoyen américain: l’attentat dans un discothèque en Floride. En revanche, en France, ne faudrait-il peut-être se poser la question de pourquoi tous les attentats sauf celui de Nice ont été commis par des citoyens français tout droit sortit de l’école de la République.  Il y a eu des belges aussi, qui ont aussi l’interdiction de la burqa.  D’ailleurs, on avait laissé circuler au moment des réjouissances le camion utilisé dans l’attentat de Nice malgré le fait qu’il avait été repéré par les cameras installées dans le cartier.

Justement parce qu’il y a ces attentats et que les citoyens ont peur. l’Etat ne doit pas se tromper ennemi. Maria Rodriguez-McKey

Pour 56% des Français, l’islam est compatible avec les valeurs de la société française

  • Par  Le Figaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 11/02/2018 à 08:23,  Publié le 11/02/2018 à 08:17

56% des Français considèrent que l’islam est compatible avec les valeurs de la société française, un chiffre en net recul comparé à 2016, selon un sondage Ifop à paraître dans le Journal du Dimanche .

La tendance s’est inversée en deux ans. Lors d’une étude sur le même sujet réalisée par le même institut en septembre 2016, ils étaient 56% de la population à juger l’islam incompatible avec les valeurs de la société française, contre 44% opposés à cette opinion. En 2018, ils ne sont plus que 43% à considérer que cette religion ne correspond pas aux valeurs de la France (1% ne se prononce pas).

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Cette opposition entre islam et société française est majoritaire chez les sympathisants des Républicains (63%) et du FN (62%). 41% des sympathisants de la République en marche et de La France insoumise (39%) partagent cette opinion, alors qu’ils ne sont que 27% parmi ceux qui se déclarent proches du Parti socialiste.

Une très large majorité de Français (70%), tous courants politiques confondus, est en revanche opposée à l’instauration d’une taxe sur les produits halal pour financer le culte musulman.

Enquête réalisée par téléphone les 2 et 3 février auprès de 1002 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1.

Le Figaro.fr avec AFP