De personnes entrants et sortants de l’Elysée…

Le Président Macron,Alexis etKohler et Ismaël Emelien

Il a été question en diverses occasions de personnes entrants et sortants de l’Elysée dont les fonctions, parfois officielles paraissent mal définies.

Nous allons  en découvrir un nouvel inconnu de nous et dont nos amis de  Mediapart vont nous apporter un certain éclaircissement.  Bernard Owen

29 AOÛT 2018 PAR PASCALE PASCARIELLOFABRICE ARFI ET KARL LASKE

Un syndicat de policiers, partie civile dans l’affaire des « faux policiers » de l’Élysée, vient de demander l’audition d’Ismaël Emelien, conseiller spécial de Macron, accusé d’avoir détenu le CD-Rom montrant les images volées de la vidéosurveillance des violences du 1er mai. Mediapart a consulté les pièces de l’enquête qui embarrassent ce collaborateur du président.

  • Plus d’un mois après le début de l’affaire des « faux policiers »de l’Élysée, l’audition du conseiller spécial Ismaël Emelien se fait attendre. Ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron n’a joué aucun rôle dans les incidents du 1er mai, mais il a récupéré le CD-Rom de la vidéosurveillance des incidents ayant eu lieu sur la place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris. Ce document, sorti illégalement des archives de la préfecture de police le 18 juillet, au moment des premières révélations du Monde, est aujourd’hui considéré par les juges comme un « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ». C’est Alexandre Benalla lui-même qui a impliqué le conseiller du président de la République devant les enquêteurs.

Mais depuis, plus rien.

Un syndicat de policiers, partie civile dans le dossier, VIGI-Mi, a donc demandé officiellement aux juges, mercredi 29 août, l’audition d’Ismaël Emelien « dans les meilleurs délais », par l’intermédiaire de l’avocat MeYassine Bouzrou. Comme Mediapart l’a signalé, plusieurs comptes Twitter, soutiens de LREM, ont diffusé jeudi 19 juillet des images de la vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe, avant de les effacer. Ces images communiquées par les policiers de la préfecture de police à Benalla, puis à Emelien, auraient été utilisées durant plusieurs heures sur les réseaux sociaux afin de prouver l’agressivité des manifestants et le bien-fondé de la riposte policière. Avant de réaliser que ce matériel ne pouvait en aucun cas être diffusé.

Ces faits ont depuis valu des mises en examen à plusieurs fonctionnaires de police parisiens, en plus de Benalla.

Le soir des incidents du 1er mai, Alexandre Benalla avait déjà informé Alexis Kohler du fait qu’il avait été filmé en mauvaise posture, mais cette fois par un manifestant, et qu’une vidéo avait été mise en ligne sur les réseaux sociaux. Le chargé de mission l’avait appris alors qu’il se trouvait « pour débriefer » dans la salle de commandement de la préfecture. Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, venu faire le bilan de la journée avec le préfet Delpuech, l’avait salué.

« À un moment, dans le fond de la salle de commandement, deux opérateurs, qui suivaient en temps réel les réseaux sociaux, ont appelé le major en lui disant qu’il y avait manifestement un problème, déclare Alexandre Benalla. Le major m’a alors fait venir et m’a montré la présence sur les réseaux sociaux de la vidéo de l’intervention de la Contrescarpe. […] J’ai décidé d’avertir mon autorité de l’existence de cette vidéo en lui envoyant un message. J’ai alors envoyé un message à Alexis Kohler sous forme de télégramme via mon téléphone et l’application du même nom. »

Le lendemain matin, c’est le directeur de cabinet du chef de l’État, Patrick Strzoda, qui cherche à le joindre « d’urgence ». Le préfet Strzoda, qui avait autorisé la sortie de Benalla, prétend qu’il n’avait pas compris qu’il irait sur le terrain, mais qu’il croyait qu’il comptait suivre la manifestation depuis la salle de commandement… Le 2 mai, lors d’un second entretien, il lui notifie une suspension de 15 jours. « Je n’ai pas compris le sens de cette sanction, alors que l’on ne m’avait pas demandé de relater ma version des faits sur les circonstances exactes de ce qui apparaissait sur cette vidéo, commente Benalla devant les policiers. Ce que j’ai compris, c’est que je n’étais pas sanctionné pour les faits eux-mêmes, tels qu’ils peuvent laisser à interprétation sur cette vidéo, mais simplement pour avoir exposé la présidence à un risque pour son image. »

Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresseenquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.

L’émigration en masse

Bernard Owen

Un arbre qui cache la forêt ?

Il a été question de l’émigration de masse qui menacerait notre passé culturel. Or, ce chemin peut nous cacher certains autres problèmes qui sont bien les nôtres, et se situent au niveau de nos institutions.

Le Président Macron a profité d’un avantage extrêmement dangereux, qu’il a développé selon ses besoins : celui de l’effondrement de notre système des partis ; Plus rien ne peut l’arrêter maintenant, il est hors d’attaque. Le seul recours de la France serait qu’il démissionne.

D’autre part, le droit français réclame certains aménagements au niveau du droit des institutions.

  1. L’existence même du juge d’instruction est à revoir. Nos amis Allemands et Italiens s’en sont débarrassés. Le système français a créé une personne schizophrénique agissant à charge et à décharge, se substituant à la police, qui se doit de rechercher et au magistrat à qui revient le rôle de juger
  2. Le droit électoral doit éliminer les primaires, qui placent en avant l’individu au détriment des partis, dont l’existence est une priorité dans toute démocratie.
  3. Nous avons, dans le passé, écrit un livre intitulé : « La société civile : un cheval de Troie ». Il s’agit de mettre en lumière le danger que représentent, à travers le monde, les interventions de la société civile dans tous les Etats, qu’il s’agisse des nouveaux venus à la démocratie ou des autres. Dans ce texte, nous avons mentionné, en premier, la mise en place des associations de Monsieur SOROS ;

Nous pensons que l’immigration de masse pour l’Europe ne représente pas un danger, à partir du moment où elle peut être réglée de différentes façons. En revanche, le danger réel et caché demeure dans le financement parfois considérable provenant de l’étranger destiné à financer un candidat provenant de la société civile. Par exemple, Bernil SANDERS, candidat d’extrême gauche aux Etats Unis, a été financé par la société civile. Les Etats Unis ont limité ce financement, depuis 1938. La Fédération de Russie a fait de même récemment.

Notre ami SOROS répond aux demandes qui lui sont faites, partout dans le monde. Il utilise, pour ce faire, des spécialistes : des adeptes de Gene SHARP, auteur d’une action « non violente » qui représente « leur bible » et comprend pas moins de 100 articles ….

Personnellement et partout où je suis allé, je n’ai jamais rencontré une réussite au long terme d’une telle action. Le vrai danger est bien là.

Gros nuages menaçants avant l’orage Pour notre Président

Monique Cochinal

Décidément, le temps de la rentrée politique se dégrade, et le ciel du « nouveau monde » s’obscurcit de plus en plus.

Nous apprenons, ce matin, que le troisième Ministre d’Etat : Nicolas Hulot annonce brutalement sa démission, au cours d’un entretien radio. Il avoue ses échecs et avoir porté seul ses hautes pensées utopiques. Il se rend compte qu’entre utopie et réalités économiques il y a un abîme, qu’il lui est incapable de franchir. Il est déçu et quitte le gouvernement brutalement, sans en avoir parlé au Président, ni même à ses proches collaborateurs. Pourquoi si brutalement ? il se justifie … Il craignait d’être, encore une fois, récupéré par son « cher ami Macron ».

Dans le gouvernement, grande stupéfaction, grand remue- ménage. Que dire ? Que faire ? Voilà un gros nuage menaçant de plus. La veille, Le Premier Ministre avait annoncé un prochain budget revu à la baisse, la croissance n’étant pas au rendez-vous, et « en même temps » des restrictions prévues pour différents postes déficitaires, mais pas d’augmentation des impôts et « en même temps » diminutions des allocations et prestations accordées à droite et à gauche.

Pendant ce temps, notre Président est en voyage officiel au Danemark. On imagine le grand embarras de l’ensemble du gouvernement. Il faut répondre aux nombreuses questions qui fusent de toutes parts, et ils sont privés de leur grand chef. Quoi dire ? Quoi faire ? De toute façon, on attend son retour …..

Qui remplacera Nicolas Hulot ? Y aura-t-il un remaniement plus complet du gouvernement ? Car il y a quelques personnes proches du président traînant derrière elles quelques casseroles (affaire Benalla, affaire kohler, affaire Nyssen), sans oublier la façon peu cavalière d’avoir éliminé son principal concurrent aux élections présidentielles avec cette malheureuse affaire Fillon- Pénélope. Décidément, ce règne Macron commençait bien mal.

Que de gros nuages à l’horizon qui laissent prévoir un gros orage !!

Comment notre pays pourra s’en sortir, maintenant ?

Bientôt, nous aurons des élections européennes. Il nous faudra être très vigilants, savoir choisir nos leaders, ne pas écouter tous nos nationalistes de droite comme de gauche, et mettre dans les urnes le bon bulletin pour élire des députés conscients que notre pays seul face aux autres grandes puissances : Etats Unis, Chine, Japon, Inde, est vraiment impuissant. Je crois profondément aux capacités de la vieille Europe. Tout n’y est peut-être pas parfait, mais il y fait, malgré tout, bon vivre.

 

A Marseille, au congrès

L’Humanité

Monique Cochinal

C’était hier, à Marseille. Le grand beau temps, un ciel très bleu, un beau soleil, un peu de mistral, et une ambiance joyeuse, une foule bigarrée : des jeunes, des adultes, des séniors, heureux de se retrouver en famille, c’est la fête. On attend le grand chef avec impatience : Jean Luc Mélanchon. Le voilà, il arrive … grand sourire jovial, grands gestes, col de chemise ouvert, cheveux volant au vent, tenue décontractée, on est entre amis, lunettes sur le nez, malgré tout, ça fait plus sérieux et c’est surtout très utile pour parcourir les quelques notes posées sur une table près de lui et calées par une grosse pierre, car il y a du vent et les feuilles de papier risquent de s’envoler.

Il sait parler à tous ces gens, il est des leurs, il connait leurs problèmes, leurs difficultés, leurs soucis et aussi leurs aspirations. Son discours est fort bien construit, avec quelques envolées lyriques, quelques slogans, repris en cœur par les auditeurs qui rient, applaudissent. Dans l’ensemble, cette harangue est un peu moins violente que lors de sa dernière campagne électorale, car l’heure est au rassemblement : un appel du pied aux écologistes, les « verts » assez nombreux dans différents pays d’Europe, en évoquant leurs difficultés dans ce gouvernement actuel à faire aboutir leurs revendications bien légitimes pour le bien de toute l’humanité, en remerciant chaleureusement les sympathisants de quelques partis voisins venus assister au congrès. Quel leader ! C’est un vrai spectacle. On ne s’ennuie pas. Il va, il vient, remet en ordre ses cheveux, gesticule, va, de temps à autre, vers la table pour consulter discrètement ses notes, tourne les pages, car, décidément …. Ce maudit vent a mélangé toutes les feuilles !!! Ses amis ont tous les yeux rivés sur lui. On applaudit souvent, on rit  beaucoup, on se lève de sa chaise pour mieux le voir, on brandit son téléphone ou sa caméra pour prendre quelques photos souvenir, on répète les slogans, on hoche de la tête pour approuver. C’est certain, on est convaincu. Après une heure et demie, on se sépare à regret. Quelle belle fête ! Décidément « notre Jean Luc est formidable ». Il est si près du peuple. Il a parlé à tous : ouvriers, employés, migrants, chômeurs, handicapés, séniors, malades, jeunes étudiants, apprentis, croyants, non croyants, peu importe la religion, chacun a le droit de penser ce qu’il veut, à condition qu’il respecte la loi sur la laïcité votée (là, je suis tout à fait d’accord avec lui).

Mais, dans quel but tout cela ? Toujours le même : faire la révolution, renverser cette Vème République complètement pourrie, bien malade, et instaurer la 6ème République, celle du peuple, pour le peuple, anti-européenne, anti ceci, anti cela, anti tout, d’une façon tout à fait démocratique : en glissant dans l’urne, aux prochaines élections européennes, un bulletin du leader désigné par le parti de Mélanchon, le nouveau slogan étant : « élections européennes, élections anti-Macron », mais plutôt anti tout, à mon avis. Ils ne sont pas seuls, ils ont des alliés dans beaucoup de pays d’Europe, et rassemblés, ils gagneront.

Une fois le rideau baissé, une fois la lumière éteinte, une fois la fête terminée, il nous faut revenir vite à la réalité et constater avec tristesse qu’avec de tels slogans, un tel programme, si peu de modération, on ne peut pas gouverner durablement un pays. Alors ….. Espérons dans le bon sens de nombreux électeurs pour que ces élections européennes ne tournent pas au désastre de notre vieux continent.

Affaire Nyssen: le parquet de Paris ouvre une enquête sur l’agrandissement du siège d’Actes Sud

Françoise Nyssen, la ministre de la Culture. Photo Ludovic MARIN/AFP

 

 

 

 

 

23 AOÛT 018 PAR LA RÉDACTION DE MEDIAPART

L’enquête devra déterminer si les travaux d’agrandissement d’Actes Sud, la maison d’édition anciennement dirigée par l’actuelle ministre de la culture Françoise Nyssen, respectent le Code de l’urbanisme.

 

Le parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête préliminaire pour déterminer si les travaux d’agrandissement du siège d’Actes Sud, la maison d’édition anciennement dirigée par la ministre de la culture Françoise Nyssen, respectent le Code de l’urbanisme, a appris l’AFP de source judiciaire. Ces investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, à la suite des révélations mercredi du Canard enchaîné sur ces travaux qui auraient été réalisés en 1997 « sans autorisation » « ni déclaration au fisc » dans cet immeuble classé.

Un peu plus tôt ce jeudi, l’association Sites et Monuments avait annoncé le dépôt d’une plainte contre la ministre de la culture et présidente d’Actes Sud jusqu’à son entrée au gouvernement, en 2017. Se présentant comme « la plus ancienne association agissant pour la protection du patrimoine naturel et bâti », elle reproche à l’ex-éditrice de s’être « affranchie des règles du droit du patrimoine et de l’urbanisme, aussi bien à Arles qu’à Paris ».

Le Canard enchaîné fait état de travaux accomplis dans les locaux parisiens des éditions Actes Sud en 1997 et en 2012, sans autorisation de la mairie ni notification au fisc. L’installation de plusieurs mezzanines aurait permis de gagner environ 150 mètres carrés. Le siège parisien d’Actes Sud, où ont lieu les travaux incriminés, est un hôtel particulier du XVIIIe siècle, inscrit aux Monuments historiques. Ces agrandissements auraient dû donner lieu à des prélèvements supplémentaires.

En juin déjà, l’hebdomadaire avait dénoncé des irrégularités similaires dans le siège d’Actes Sud à Arles (Bouches-du-Rhône). La ministre, qui a cédé la présidence des éditions à son époux en 2017, avait alors reconnu une « négligence ».

Cette fois, Françoise Nyssen a fini par sortir du silence après plus de 24 heures de polémique et déclaré que la mise en conformité des bureaux était une « évidence ».

« Aucune entreprise n’est au-dessus des lois », a indiqué la ministre, répétant mot pour mot les éléments de langage développés par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, la veille.

Interrogé mercredi, le porte-parole du gouvernement a aussi rappelé que « le président de la République s’est engagé sur l’exemplarité […] et sur notamment les exigences de transparence ». Il avait aussi confusément expliqué que « quand on est locataire et qu’on s’installe quelque part, on demande rarement s’il y a déjà eu toutes les autorisations » pour agrandir les lieux. « Il faut voir si la justice s’en saisit, je ne crois pas que ce soit le cas », avait-il ajouté.

De leur côté, les éditions Actes Sud ont fait savoir jeudi qu’elles vont entreprendre « les démarches qui s’avéreraient nécessaires » pour régulariser la situation de leurs bureaux à Paris. Dans un communiqué, la maison d’édition affirme avoir « mandaté le cabinet de maître Franck Benalloul, avocat au barreau de Marseille, afin qu’il entreprenne toutes les démarches pour une mise en conformité au code de l’urbanisme de leurs bureaux parisiens ».

C’est la rentrée !

decliccreatif.skyrock.com

Monique Cochinal

Après un fort bel été chaud et sec, comme on en a souvent connu, il y a une quarantaine d’années, avant que l’on nous parle du réchauffement climatique dû à la pollution, c’est le retour chez soi, et la reprise des tâches quotidiennes et du travail pour la plupart des Français.

Au fait, quelles sont les nouvelles ? Comment va la France ? Comment se comportent nos chers élus ? Que va-t-on nous annoncer ? Qu’en est-il de ces nombreuses réformes et de cette république de la transparence tant prônée par notre Président et son équipe de jeunes élus « irréprochables », et faisant la leçon à leurs aînés ?

Alors, on apprend qu’après l’affaire d’Etat Benalla, qui sommeille doucement (dans ces cas, notre justice est très lente), mais qui n’est pas du tout terminée, après l’affaire Kohler (enquête en cours), la ministre de la culture et du patrimoine : Françoise Nyssen, est mise en cause pour avoir fait agrandir les locaux de son ex maison d’éditions « Actes Sud » sans autorisation préalable, dans un quartier résidentiel de Paris. Le Parquet de Paris ouvre une enquête (une de plus).

Que devient notre Président en vacances ? Dans la discrétion la plus absolue, il est sorti de son fort préféré de Brégançon, juste pour quelques jours, pour assister, sans tambours ni trompettes, à la réunion de rentrée des ministres, et a laissé le Premier Ministre annoncer les mauvaises nouvelles, à savoir le casse tête budgétaire, car la croissance n’est pas au rendez-vous, le chômage est en hausse ainsi que notre dette nationale, dont on parle de moins en moins.

Pour notre Ministre de l’écologie et de l’environnement : Nicolas Hulot, ça ne va pas fort. Il a, certes, de très belles idées utopiques, mais la réalité est tout autre. On dit qu’il n’est pas à la hauteur.

Quant à Gérard Collomb, les choses sont loin de s’arranger. On lui reproche son manque d’humanité vis-à-vis de ces migrants repêchés en mer, et qui débarquent en masse avec femmes et enfants, que l’on devra nourrir, loger et assister entièrement pendant des années. A Marseille, aujourd’hui, à nouveau un homme tué. A Trappes, une attaque au couteau d’un assaillant radicalisé et fiché S, bilan : deux personnes mortes et une blessée, et, par suite d’une erreur de la justice, un présumé djhiadiste a été libéré et court dans la nature.

Toutes ces mauvaises nouvelles vont réveiller tous les opposants au gouvernement, qui essaient de se regrouper : l’extrême gauche et la gauche. Au sein du Parti Socialiste, François Hollande en tête, on attaque très fort, c’est normal, mais on reste encore bien divisé. Du côté du parti LR, il règne également un certain désordre, certains militants seraient même attirés par Mélenchon, nous dit-on. On aura tout vu !!

Décidément ce « nouveau monde » n’est pas du tout attirant.

François Hollande, le récit d’une trahison

L’article du journal Le Monde ci-dessous traite de la mise en vente du livre de notre ancien Président François Hollande sous le signe de la trahison. qui évoque Emmanuel Macron. Mais il s’agit là de l’attitude d’un individu. Néanmoins, l’importance se situe non pas au niveau des individus mais des institutions et, notamment, de la justice.

Le journaliste du FIGAROVOX Alexandre Delvecchio

Bastien Bonnefous

 

 

 

 

 

s’entretient  avec l’auteur du livre intitulé « Le procès Fillon », l’avocat Hervé Lehman, à savoir si la procédure était légitime:

« Le Parquet national financier était-il légitime dans cette affaire?

Le parquet national financier a été créé pour lutter contre «la grande délinquance financière». La loi lui donne compétence pour les affaires de détournement de fonds publics «d’une grande complexité». L’affaire de l’emploi de Pénélope Fillon est d’une grande simplicité. 

On n’a pas créé un parquet national financier pour vérifier l’emploi du temps d’une assistante parlementaire de la Sarthe. Si le parquet national financier s’est saisi, précipitamment (le jour même de la sortie de l’article du Canard enchaîné), en raison de la dimension politique de l’affaire, alors ce n’est plus un parquet national financier, mais un parquet national politique.  

Hervé Lehman

(«La rapidité avec laquelle l’affaire Fillon a été traitée au début est stupéfiante», Par  Alexandre Delvecchio, Publié le 04/05/2018 à 20:26, FIGAROVOX) » 

Bastien Bonnefous

Bernard Owen

François Hollande, le récit d’une trahison

L’ex-chef de l’Etat consacre à Emmanuel Macron, dont il juge déloyale l’attitude, une large part de son ouvrage paru le 11 avril. 

LE MONDE | 13.04.2018 à 11h19 |Par Bastien Bonnefous

Les mots ont un sens et Les Leçons du pouvoir (Stock, 22 euros, 400 pages), le livre de François Hollande, paru mercredi 11 avril, ne sont pas les mémoires d’un ancien président de la République décidé à laisser une trace dans l’Histoire en revenant après coup et en détail sur un parcours politique définitivement clos. Comme son titre l’indique, le but de cet ouvrage est avant tout de « tirer les leçons du pouvoir », après cinq années passées à l’Elysée, cette « maison du silence », par un homme qui a « voulu être un président normal pour mieux assumer une tâche anormale ».

Un retour en arrière et à chaud sur un quinquennat hors norme, durant lequel la gauche est revenue au plus haut du pouvoir pour la seconde fois sous la Ve République, et qui s’est terminé pour elle au plus bas, avec un président qui décide de ne pas se représenter et qui voit élu pour lui succéder un de ses anciens jeunes conseillers. A la lecture du livre, on mesure souvent le vertige et le baroque de ces cinq années écoulées, en passant au fil des 400 pages des attentats de 2015 ou de la guerre française au Mali en 2013, à l’affaire du « Closergate » et aux révélations sur la vie privée de François Hollande. De la tragédie la plus grave à la farce la plus grotesque.

Pas la moindre autocritique

Si l’ancien chef de l’Etat y fait l’analyse de son mandat, nulle trace en revanche de la moindre autocritique. Au contraire, François Hollande vante son bilan « qui avec le temps se défendra tout seul », défend ses choix économiques de « la politique de l’offre » et du « sérieux budgétaire », et juge, au final, rempli son contrat passé avec les Français en 2012. « La courbe du chômage finalement s’est inversée. La reprise est venue. Mais tard pour le pays et, subsidiairement, pour moi », écrit-il. Seules concessions de sa part aux critiques qui l’ont frappé durant cinq ans, notamment…

François Hollande, la « mouche du coche » d’Emmanuel Macron

L’ex-chef de l’Etat, qui pourrait se rendre à La Rochelle le 25 août pour l’université d’été des élus PS, envisage d’y prononcer un discours sur l’Europe.

La tournée des librairies de François Hollande pour dédicacer son ouvrage Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros) devait s’arrêter avant l’été. Puis, elle a été prolongée au mois de juillet. Il ne devait rien se passer en août, un mois de « repos » et de « vacances », comme le précisait son entourage avant la pause estivale. Mais l’ancien chef de l’Etat n’a pas pu résister…

En vacances dans les Bouches-du-Rhône avec sa compagne Julie Gayet, François Hollande a finalement décidé de se rendre dans le département voisin du Var pour une nouvelle séance de signatures, assortie d’un bain de foule. Le 5 août, l’ex-président a ainsi dédicacé son ouvrage dans une librairie de Saint-Cyr-sur-Mer (Var), à une soixantaine de kilomètres du fort de Brégançon, où le couple Macron se repose depuis le début du mois.

Difficile de ne pas y voir un fait exprès. « Il a peut-être eu un petit rire dans le cœur », en pensant à son successeur, si près, concède Michel Sapin en souriant. « Mais il ne faut pas surinterpréter. Il n’y avait rien d’organisé ni de médité », promet l’ancien ministre des finances, qui a rejoint l’équipe de l’ex-président dans ses bureaux de la rue de Rivoli. « François Hollande pouvait choisir de parler de l’affaire Benalla, mais il ne l’a pas fait. En revanche, au moment où Emmanuel Macron hésite à faire des bains de foule, lui ne résiste pas. Il y va, et souligne ainsi la différence », analyse de son côté l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

En marge de sa séance de dédicaces, c’est donc un François Hollande souriant et bronzé qui a fendu la foule, serré des mains et mis en scène sa proximité avec les Français. Alors que, de son côté, son successeur n’était toujours pas sorti de la résidence d’été réservée aux présidents en exercice. Du pain bénit pour l’ancien président qui, selon l’un de ses proches amis, n’a « toujours pas digéré » la victoire… Bastien Bonnefous

Macron, the bodyguard and the May Day scandal

French president battles biggest political crisis of his tenure

Credit:Witt/SIPA/1807190851 — SIPA

Financial Times, Harriet Agnew, July 28, 2018

French president battles biggest political crisis of his tenure Emmanuel Macron pictured with Alexandre Benalla, right, in April 2017 Harriet Agnew in Paris JULY 28, 2018 Print this page When Emmanuel Macron finally responded to reports that his private bodyguard had assaulted May Day protesters, he took full responsibility. “If they are looking for the person responsible, it’s me and me alone,” he told members of his party on Tuesday, five days after the incident was made public. Yet, in the face of the biggest political crisis of his tenure, the French president remained full of bravado, declaring: “Let them come and get me.” Critics say that the scandal centring on Alexandre Benalla, the 26-year old formerly in charge of the president’s security during trips, has highlighted the limitations of Mr Macron’s self-professed “Jupiterian” presidency. And it has cast a light on the inner workings of Mr Macron’s highly-centralised team of trusted millennial, mostly male, aides. “Both the strength and the weakness of the president is to have a very centralised and vertical organisation around him,” said Nicolas Bouzou, head of Asterès, an economic research centre. “On the one hand it makes it efficient to launch reforms quickly but on the other hand it makes him vulnerable to affairs like Benalla because he’s not protected.”

The head of state has a behavioural problem — he expresses provocations but refuses to answer questions Thomas Guénolé At the centre of the incident is Mr Benalla, who was caught on camera almost three months ago punching a male protester and tackling a young woman during the May Day riots. Mr Macron and his team were aware of the incident but failed to inform judicial authorities. Mr Benalla was initially suspended for two weeks but was kept on the payroll and accompanied the French football team on their World Cup victory drive down the Champs-Élysées last week. The affair only came to light after a video implicating Mr Benalla was widely circulated online and published in Le Monde newspaper. The scandal has united opposition parties across the political spectrum, which are preparing to submit a motion of no confidence against the government. “It’s unthinkable that Mr Macron should taunt his opponents with ‘come and get me,’” said Thomas Guénolé, a political analyst and member of Jean-Luc Mélenchon’s far-left Unbowed party. “It’s a provocation by a child king, not a statesman. The head of state has a behavioural problem — he expresses provocations but refuses to answer questions.” Mr Guénolé said the affair is “a French Watergate . . . the main problem is not what Benalla did but the cover-up by the highest officials in Macron’s team. The accumulation of lies and the different versions of events are absolutely spectacular.” Many questions remain unanswered, say Mr Macron’s opponents.

Why did Mr Macron deem it necessary to have his own personal bodyguard when there is an established security group for the French president? Why was Mr Benalla equipped with a police helmet, armband and a two-way radio? Why did Mr Macron and his team fail to inform judicial authorities about the incident? Was it due to poor judgment, or was there a deliberate cover-up? The scandal comes amid accusations that Mr Macron is a “president for the rich” who is arrogant and out of touch with the lives of ordinary French people. A €26,000 bill for three months of make-up, a plan to build a swimming pool at the presidential summer retreat, and a public dressing down he gave to a teenager who called him Manu have all fuelled such criticism. Mr Macron recently ordered €500,000 worth of new banqueting plates for the Elysée Palace — around the same time his staff posted a video of him lashing out at the “insane amount of dough” pumped into social benefits. Little more than a year into his presidency, Mr Macron’s popularity is declining.

A survey by pollster Ipsos this week — the first since the Benalla scandal broke — found that Mr Macron’s support had dropped to 32 per cent, down four points since June and the lowest level since September 2017. Some say Mr Macron’s reign is as much about his style as his ambitious reform agenda, which is aimed at rebooting the eurozone’s second-largest economy. “Everything at the Elysée is based on how close people think you are to the president,” Mr Benalla told Le Monde in an interview on Thursday. “Did he smile at you, call you by your name, et cetera. It’s a court phenomenon.” Rumours have swirled on the internet about the nature of the relationship between Mr Macron and Mr Benalla, the son of Moroccan immigrants who grew up in a suburb of Evreux in Normandy and was unknown to the public until last week despite his proximity to Mr Macron’s personal and public life. “Alexandre Benalla has never had the nuclear codes!” joked Mr Macron when he addressed his party on Tuesday, adding that ‘Benalla has never been my lover!’.

In the Le Monde interview, Mr Benalla, who formerly worked with the socialist party and advised Mr Macron during his presidential campaign, admitted he had made “a big blunder”. He confirmed that he was paid €6,000 net of tax each month for his role, had obtained a pass to access the National Assembly, and had an apartment at his disposal, “an apartment of 80 square metres, not 300 square metres as was said”, which he claimed was necessary for his job. Mr Benalla was fired last Friday and is now being investigated for allegations of violence and impersonating a police officer. Mr Macron and his team are left dealing with the fallout. The Benalla affair has hurt Macron’s “image, political capital and credibility,” said Mr Bouzou. “What now is the credibility of Mr Macron and his government to implement some difficult reforms?”

Brégançon : la tour d’ivoire

Monique Cochinal

Le fort de Brégançon, propriété de l’Etat depuis la révolution française, est devenu, depuis la présidence de Charles De Gaulle, la résidence d’été de nos présidents de la cinquième république. Certains s’y plaisaient, d’autres beaucoup moins, s’y ennuyaient même profondément.

Depuis la diffusion de splendides photos rapportées probablement par un « malin petit drone » surpris en train de voler au-dessus du fort, personnellement je trouve cette très vaste demeure superbe, avec une vue imprenable sur cette belle mer, perchée sur un piton rocheux, entourée d’une végétation méditerranéenne, un vrai palais royal, en quelque sorte.

Pour notre jeune président, il y manquait une piscine …. Coût 34 000 Euros (tout se sait très vite dans ce vieux monde). Il fallait renouveler le service de porcelaine, devenu décidément trop ancien, une belle commande pour le fabriquant français, mais deux grosses factures à payer….. Peu de chose à côté de l’énorme dette nationale qu’il nous faudra rembourser malgré tout un jour ou l’autre.

Voilà donc le Président Macron et sa femme Brigitte installés. Autour d’eux 150 journalistes et le cortège habituel chargé de la protection du président (sans Monsieur Benalla, bien sûr), ainsi que le personnel particulier affecté en permanence à la présidence : cuisiniers, femmes de ménage, sommeliers etc….

Dès leur arrivée, notre président et la première dame de France, entourés de « leurs journalistes » prennent un « bain de foule » à défaut de « bain de mer » puisque maintenant il y a une piscine dans le fort : ce que regrette beaucoup notre président, car il préfère se baigner dans la mer, comme je le comprends !!  C’est pourquoi je n’ai pas de piscine. Mais, voilà …. Et de nous expliquer que, tout compte fait, pour des raisons d’économie, la construction d’une piscine privée dans le fort nous revenait moins cher qu’une quantité plus importante de gendarmes, C.R.S. qu’il aurait fallu mobiliser tout autour d’une plage privée.

On parle à l’un, on sourit à l’autre, on embrasse un petit enfant, on se laisse prendre en photo, on interroge un jeune garçon sept ou huit ans, pas plus. « Alors, comment vas-tu ? Tu aimes la politique ? Dis-moi, quelles seront les prochaines élections ? » Pas de réponse du garçon, il ne sait pas … «  ce sont les élections législatives, en 2019, c’est bientôt. » Une petite marque d’affection, puis : « bonne fin de vacances à tous et merci beaucoup pour votre accueil ».

Et, pendant ce temps, en deux mots, on apprend que le taux de croissance n’est pas bon, que le nombre de chômeurs a légèrement augmenté, que le prix du baril de pétrole continue à augmenter, et que, contrairement à nos voisins européens, nos exportations sont en baisse. Quant à notre énorme dette nationale, secret d’Etat ….

Au fait, où en est donc l’affaire Benalla ? L’enquête judiciaire se poursuit. On nous dit, ce jour, qu’après une perquisition chez Monsieur Benalla, on a trouvé une lettre écrite et signée de Monsieur Delpuech à « son cher         ami Benalla » Alors qu’il avait juré ne pas le connaître, lors de son audition, à la commission d’enquête.

A nouveau, on parle aussi du secrétaire général de l’Elysée : Alexis Kohler, le bras droit du président, compromis dans une affaire de chantier naval, un mélange assez obscur entre intérêt privé et intérêt national. Quelques explications nous seraient nécessaires, cependant, car il semblerait que ce soit une nouvelle atteinte à l’honnêteté et la transparence promises par notre président et sa jeune équipe.

Bonnes vacances, Monsieur le Président.

MSC: les preuves du mensonge d’Alexis Kohler, numéro 2 de l’Elysée

6 AOÛT 2018 PAR LAURENT MAUDUIT ET MARTINE ORANGE   MEDIAPART

Contrairement à ce qu’il affirme, Alexis Kohler n’a pas toujours révélé ses liens familiaux avec MSC et ne s’est pas toujours déporté sur tous les dossiers concernant l’armateur italo-suisse. Des documents officiels du port du Havre, auxquels Mediapart a eu accès, montrent que le plus proche collaborateur d’Emmanuel Macron, quand il siégeait de 2010 à 2012 au conseil de surveillance du Port, a pris part aux discussions et aux votes en faveur de MSC.

Le sujet a manifestement intrigué un membre de la commission de déontologie de la fonction publique en 2014. Sur la déclaration d’Alexis Kohler, transmise en juin de cette année-là, alors qu’il demandait à être mis à disposition de l’administration pour rejoindre l’armateur Mediterranean Shipping Company (MSC), une main anonyme a souligné « Grand Port maritime du Havre » (GPMH), comme pour mieux attirer l’attention sur le silence autour de ce dossier.

Car Alexis Kohler semble ne pas s’être étendu – pas plus d’ailleurs que son supérieur hiérarchique, Rémy Rioux, qui se porte garant pour lui – sur sa présence entre 2010 et 2012 comme administrateur, représentant l’État, au conseil de surveillance du port du Havre. La commission de déontologie a rendu en 2014 un avis défavorable à son pantouflage chez MSC en invoquant uniquement son rôle au conseil d’administration de STX France (les chantiers de Saint-Nazaire), mais n’a jamais évoqué le conseil du Havre. Un port où MSC, deuxième transporteur maritime mondial de marchandises (lire notre enquête), joue un rôle considérable en tant que client, mais aussi en tant qu’opérateur important, puisqu’il contrôle deux terminaux.

Alexis Kohler et Édouard Philippe, tous deux membres du conseil de surveillance de GPMH entre 2010 et mi-2012. © LCI

Quelle est la raison de ce silence ou de cet oubli ? La réponse est sans doute dans les documents obtenus par Mediapart. Nous avons en effet fait la demande, puis obtenu les procès-verbaux du conseil de surveillance du GPMH durant la période où Alexis Kohler y siégeait comme administrateur, dépêché par l’Agence des participations de l’État (APE) (voir notre Boîte noire). Or ces documents posent question sur l’attitude qu’a pu avoir le secrétaire général de l’Élysée, visé par une enquête préliminaire que le parquet national financier a ouverte. Ils révèlent que, lorsqu’il siégeait comme administrateur au conseil de surveillance du port du Havre, Alexis Kohler n’a jamais informé les autres membres du conseil de ses liens familiaux avec MSC : sa mère est la cousine germaine de Rafaela Aponte, cofondatrice et principale actionnaire, avec son mari Gianluigi Aponte, du groupe de transport maritime, comme l’a révélé notre enquête (voir Alexis Kohler, un mensonge d’État à l’Élysée).

Parmi les membres du conseil siégeait également le maire du Havre, Édouard Philippe, comme en témoigne la liste intégrale du conseil de surveillance publiée dans le rapport annuel du Port pour l’année 2011. Interrogé sur le fait de savoir si Alexis Kohler avait fait part au conseil de sa situation familiale compliquée, le premier ministre nous a fait répondre qu’« il connaît Alexis Kohler depuis longtemps et a toujours admiré sa très grande intégrité, son sens de l’État et sa force de travail au service de l’intérêt général ». Il avait déjà tenu les mêmes propos lors de l’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire visant le secrétaire général de l’Élysée par le parquet national financier en juin. Quant aux fonctions exercées par Alexis Kohler au port du Havre, Édouard Philippe nous a fait préciser qu’« il n’a[vait] pas de commentaires à donner spécifiquement sur sa situation au conseil d’administration du port maritime du Havre » (voir nos questions dans l’onglet Prolonger). 

 Les procès-verbaux du conseil de GPMH ne laissent cependant aucun doute : Alexis Kohler ne s’est jamais déporté quand MSC était concerné. Il a participé à toutes les délibérations, y compris celles concernant l’armateur italo-suisse. Une fois au moins, il a même voté une disposition, mettant en jeu de l’argent public, favorable à MSC.

Alexis Kohler et l’Élysée soutenaient pourtant le contraire. « Dans toutes ses fonctions successives au sein de l’État, M. Kohler a toujours informé sa hiérarchie de ses liens familiaux, ainsi que ses collègues de travail qui avaient à connaître cette circonstance ; – que ces liens personnels étaient connus de la Commission de déontologie de la Fonction publique ; – que M. Kohler ne s’est jamais trouvé ou placé en position décisionnaire ou en situation de faire valoir une opinion personnelle dans les travaux internes et délibérations concernant MSC. Ceci reste effectif pour le présent comme pour l’avenir ; – que M. Kohler s’est toujours conformé aux termes des décisions de la Commission de déontologie », nous avait répondu l’Élysée début mai, quelques heures après la parution de notre première enquête qui mettait en lumière les liens familiaux étroits et cachés existant entre le secrétaire général de l’Élysée et MSC. Interrogé sur ces nouveaux éléments concernant le port du Havre, l’Élysée n’a pas donné suite à nos questions (voir notre onglet Prolonger).

Aujourd’hui, toute cette première ligne de défense se trouve minée. Après l’affaire Benalla, les nouveaux faits mis au jour illustrent combien la vigilance contre les conflits d’intérêts, le respect des règles et des lois ne semblent pas relever de l’impératif catégorique pour une partie de la haute fonction publique, comme pour le premier cercle autour d’Emmanuel Macron.

STX France, port du Havre : des postes problématiques

Lorsqu’il est promu comme sous-directeur de l’APE en 2010 et prend la succession de Rémy Rioux comme responsable de la direction des transports et de l’audiovisuel, Alexis Kohler ne peut pas ignorer qu’il est en situation de conflit d’intérêts potentiel au moins sur deux dossier, STX France et le grand port maritime du Havre. Ces deux dossiers, où l’État est en première ligne parce que, dans un cas, il agit en tant qu’actionnaire et, dans l’autre, il s’agit d’un établissement public, sont importants : ils mobilisent l’un comme l’autre beaucoup d’argent public. Mais ce sont aussi deux dossiers essentiels pour MSC – le groupe de son cousin, Gianluigi Aponte –, en quête d’importants soutiens financiers de l’État français.

Pourquoi, si jamais sa hiérarchie a été informée, a-t-elle accepté malgré tout de nommer ce haut fonctionnaire à de tels postes, l’exposant à de tels conflits d’intérêts ? Cette hiérarchie a-t-elle considéré que ces risques étaient mineurs et qu’ils ne justifiaient pas en tout cas de bouleverser l’organisation interne de l’APE ? On n’en saura rien.

Par deux fois, en 2014 puis en 2016, Rémy Rioux, son supérieur hiérarchique d’abord à l’APE puis comme directeur de cabinet du ministre des finances, Pierre Moscovici, s’est porté garant – en lieu et place du ministre, d’ailleurs – d’Alexis Kohler auprès de la commission de déontologie lorsque ce dernier a demandé à rejoindre MSC. « J’atteste que dans le cadre de ses fonctions, Monsieur Alexis Kohler n’a pas été amené à exercer un contrôle ou une surveillance, ni à conclure des contrats, ni encore à proposer des décisions relatives à des opérations réalisées par la société MSC (…) qu’il souhaite rejoindre, ni par ses filiales », écrit-il alors sans hésitation à la commission de déontologie (voir notre enquête). Dans son attestation, Rémy Rioux prend garde de ne se référer qu’à la période où son collaborateur était son adjoint au cabinet de Pierre Moscovici, mais ne parle pas de la période antérieure : celle où ils étaient tous les deux à l’APE.

La question vaut encore plus pour Alexis Kohler. Car même s’il avait le feu vert de sa hiérarchie, il en allait aussi de sa responsabilité personnelle de refuser. Pourquoi a-t-il accepté de siéger au conseil de STX France, devenu un sujet politiquement très sensible, en sachant que MSC était alors quasiment le seul client des chantiers de Saint-Nazaire et qu’à un moment ou un autre, ne manquerait pas de se poser la question du soutien de l’État pour l’aider à passer ce mauvais cap ? La suite a prouvé combien ces aides ont été favorables à MSC : l’État joue le rôle de banquier pour l’armateur. Ce dernier bénéficie aujourd’hui de plus de 1,5 milliard d’euros de garanties financières signées par la puissance publique. Combien de groupes industriels ont obtenu de telles faveurs ?

Dans le cadre de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, à ce jour abrogée, mais dont les dispositions ont été reprises au sein du Code des relations entre le public et l’administration (CRPA), permettant communication des documents administratifs, nous avons adressé deux courriels, l’un le 29 juin, l’autre le 4 juillet, pour demander au grand port maritime du Havre (GPMH) communication des procès-verbaux du conseil de surveillance entre 2010 et mi-2012, période pendant laquelle Alexis Kohler était administrateur représentant l’État au port du Havre, ainsi que sa déclaration d’intérêts.

Après avoir conduit une analyse juridique, la direction du GPMH a estimé que les procès-verbaux de son conseil de surveillance étaient des documents communicables, aux termes du CRPA. Manifestant un respect rigoureux de la loi, la direction du GPMH nous a donc transmis les procès-verbaux.

La direction du GPMH nous a toutefois fait savoir qu’elle ne détenait pas les déclarations d’intérêts souscrites, aux termes de la loi, par tous les nouveaux membres du conseil de surveillance, mais qu’elles étaient entre les mains du commissaire du gouvernement auprès du port, actuellement Alexis Vuillemin, par ailleurs directeur des services de transport à la direction générale des infrastructures, des transports et de la mer du ministère de la transition écologique et solidaire. Ce dernier nous a fait savoir par courrier (lire ici) que notre demande de communication de la déclaration d’intérêts d’Alexis Kohler ne serait pas satisfaite. Motif invoqué du refus de communication : « Les déclarations d’intérêt (…) sont susceptibles de comporter des informations relatives (…) aux fonctions exercées par le déclarant et sa famille dans les ”sociétés ou organismes” qui sont susceptibles de conclure des conventions avec le grand port maritime. »

Mediapart a décidé de saisir la Commission d’accès aux documents administratifs, pour obtenir communication de la déclaration d’intérêts d’Alexis Kohler.