Ce que l’on sait de l’Ukraine et de la chute de l’avion de ligne

Bernard Owen
En ce moment l’Europe est désespérée car l’Ukraine va lui couter très cher. D’abord la Grèce, maintenant l’Ukraine.
Le terrible accident d’un avion de ligne au dessus de la zone séparatiste de l’Ukraine va resserrer les rangs de l’Occident. Que faire? Se tourner vers Moscou?
Pour l’instant oublions Moscou et envisageons ce que fut l’armée Ukrainienne et ce qu’elle est maintenant. Avant la place Maïdan et la Crimée, l’armée couvrait l’ensemble du territoire. Les militaires qui la composaient étaient de toute provenance. Que sont-ils devenus ceux qui étaient stationnés dans la zone devenue séparatiste?
Certains ont pris leurs armes et ont rejoint Kiev. D’autres ont rejoint Kiev tout en laissant sur place leurs armes. Cela volontairement ou non. D’autres sont restés sur place et ont rejoint la force combattante. Ces événements quelque peu chaotiques se trouvent à tous les niveaux de l’Ukraine.
Voyons la situation politique. Le premier ministre Yatsenyuk a annoncé à la Rada (parlement) sa démission ainsi que celle de son gouvernement le 24 juillet. Deux partis sur lequel il comptait ont retiré leur soutient. Il s’agit des néo-Nazi SVOBODA et l’OUDAR mené par Vitali Klitschko, l’ancien boxer de la place Maïdan. En résumé, l’économie nationale est en crise et la structure politique est désorganisée.
Que s’est-il passé? Aljazeera nous apprend de façon laconique le 23 juillet que les services de renseignements des Etats-Unis pensent que l’avion a été abattu par erreur par les indépendantistes ukrainiens. NBC news (une des grandes chaînes de télévision des Etats-Unis) indique que le Président Ukrainien Poroshenko avait incriminé les indépendantistes et avait placé en ligne une discussion où un colonel russe se vantait de cet exploit. NBC n’a pas pu authentifier ce texte. Le vice-président Joe Biden a déclaré que l’avion avait apparemment été abattu.
D’un autre coté le Ministère de la défense de la Malaisie a déclaré que le fait que l’avion avait été abattu n’était pas confirmé et que leur armée interviendrait dans la recherche et l’exploitation des données. Un Boeing 777 a disparu dans le plus grand mystère de l’aviation civile le 6 mars 2014.
Quelques détails techniques apparaissent lors de la conférence du général Kartapolov chef de l’Etat Major Russe: « La chute a eu lieu à 31 miles de la frontière russe » « L’on a observé la montée, d’un avion de chasse ukrainien SU-25 qui s’approchait du Boeing Malaisien. Le U-25 dispose de missiles air-air qui garantissent la destruction d’un objectif jusqu’à 5 km. Pourquoi cette proximité de l’avion de chasse? Après Donetsk l’avion de ligne s’est écarté de son corridor vers la gauche jusqu’à 14 kilomètres puis a tenté de retourner. A 17H20 l’on observe une baisse sensible de sa vitesse et à 17H23 il a disparu des écrans radar. (Service Huffington Post Le Monde)
Les faits existent. La politique est bien là, prête à tirer d’un côté ou de l’autre selon ses besoins.

Les résultats finaux de l’enquête
Le rapport de l’enquête du vol MH 17, quinze mois après la chute, a été publié par les enquêteurs néerlandais le 13 octobre 2015. Ce rapport et les autres ne fournissent pas une idée claire des évènements « l’avion s’est écrasé suite à la détonation d’une ogive à l’extérieur de l’avion contre le côté gauche du cockpit». Le missile serait de fabrication russe de type BUK, mais l’endroit de l’emplacement du tir de ce missile sol – air est peu précis, car il s’agit d’une zone de 320 kilomètres carrés. Le fabricant russe conteste le fait qu’il s’agisse de ce type de fusées. De toute façon, l’enquête critique l’Ukraine de n’avoir pas interdit son espace à l’aviation civile, car un Etat doit garantir la sécurité de son espace aérien.
Il existe de nombreuses organisations techniques qui ont été sur le terrain, sans compter les avocats des familles dont les proches se trouvaient dans l’avion. Il semblerait que l’accident ne soit pas dû à une défaillance technique, ni à une erreur du personnel volant.
Il est certain que cette bévue tombe mal dans ce pays endetté, où le Premier Ministre Aseny Yatsenyuk doit gouverner sans l’accord du parlement, mais soutenu par le Président Petro Poroshenko.

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