Croquis. Pourquoi Fillon n’a pas encore perdu

Quelques extraits d’un article de Mediapart.

17 FÉVRIER 2017 PAR HUBERT HUERTAS

Justice ou pas, François Fillon persiste à rester candidat. Son discours est inaudible, ses meetings sont compromis, son agenda est erratique, sa défense est contradictoire. Mais il a une conviction : il peut être élu en mai. Il n’a pas forcément tort.

De mémoire de journaliste politique, on n’avait jamais vu ça. Un personnage majeur de l’élection centrale de la République française condamné par un impeachment de fait, c’est-à-dire une procédure de destitution qui l’empêche d’être candidat. Mais qui peut pourtant gagner…

François Fillon ne peut plus se rendre en France, cette France qu’il aspire à gouverner.

 

Dans la fable du méchant qui s’attaque au gentil, François Fillon tient les deux rôles à la fois. C’est un … animal mythologique qui se dévore lui même et que Charles Baudelaire a chanté dans un poème de fin du monde : « Je suis la plaie et le couteau ! / Je suis le soufflet et la joue ! / Je suis les membres et la roue, / Et la victime et le bourreau ! »

Donc, François Fillon est à terre, sa campagne est à plat, et tout ce qu’il pourrait dire et faire devrait en toute logique être frappé de nullité. Mais en VeRépublique, la logique a des raisons que la raison ne connaît pas. Fillon ne peut plus être un candidat à part entière, c’est un fait avéré, mais il conserve de bonnes chances de devenir le huitième président de la République française, et de le rester pour cinq ans.

Ainsi va notre élection présidentielle, voulue par un grand militaire, et qui était censée nous débarrasser des combines minoritaires ou des partis charnières. À vouloir imposer des majorités de fer, voilà, 60 ans plus tard, que notre système électoral favorise les minorités magiques. … Fillon s’accroche aux branches dans le but de rebondir et de passer de la broyeuse à la consécration. Avec son élection possible, la roche Tarpéienne ne serait plus à deux pas du Capitole, mais l’Élysée…

Fillon représente la perspective paradoxale d’une victoire par un candidat K.O., …Mais les parlementaires de droite ont fait leurs comptes et le bilan est sans appel. Fillon est dans la vase, mais son élimination ouvrirait une bataille de succession qui pourrait ravager la droite à un mois du dépôt des candidatures.

Lui restant candidat, .. il se trouvera un noyau incompressible d’électeurs de droite pour le soutenir. Ils bouderaient, traîneraient des pieds, mais marcheraient sur leur désillusion pour éviter Macron..

 

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