ELABE: L’exécutif peine à convaincre

Les Français ne croient pas au changement de style et de méthode.  Suite au discours de politique générale d’Edouard Philippe devant l’Assemblée Nationale le 12 juin et aux récentes interventions d’Emmanuel Macron, 80% estiment que cela ne va pas marquer un changement de style et de méthode dans le quinquennat d’Emmanuel Macron (+4 par rapport au 26 avril au lendemain de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron). A l’inverse, seuls 19% croient en un changement du style et de la méthode.

En comparaison avec le 14 janvier 2019 après l’annonce du « grand débat national », ce taux est inférieur de 13 points.

D’un point de vue politique, ce changement de politique et de style annoncé par l’exécutif ne convainc qu’une minorité auprès de l’ensemble des électorats, y compris auprès des électeurs d’Emmanuel Macron : seuls 41% croient en un changement de style.

La crédibilité des baisses d’impôts progresse mais reste minoritaire.

Alors que le Premier Ministre a annoncé mercredi dernier vouloir baisser le taux d’imposition des deux premières tranches, 58% des Français jugent que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, 42% estiment qu’elle est crédible.

A noter que la crédibilité d’une baisse d’impôt, bien que minoritaire dans l’opinion publique, est en hausse progressive depuis plusieurs mois : 26% jugeaient crédible la baisse d’impôts de 6 milliards annoncée par Emmanuel Macron fin septembre 2018, 29% l’annonce par Edouard Philippe de baisse d’impôts à la restitution du grand débat national, et 37% lors de l’intervention d’Emmanuel Macron fin avril 2019.

A date, l’annonce de la baisse d’impôt sur le revenu apparaît crédible pour 73% des électeurs d’Emmanuel Macron et 52% de ceux de François Fillon. En revanche, 73% des électeurs de Marine Le Pen et 68% de ceux de Jean-Luc Mélenchon affirment ne pas y croire.

Le tournant écologique : les Français ne le jugent pas crédible.

Alors que le Premier Ministre a annoncé que « les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique », 70% des Français estiment que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, seuls 29% estiment qu’elle l’est.

Cette annonce n’apparaît pas crédible auprès d’une majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (84%), de Marine Le Pen (84%) et de François Fillon (61%).

Si une majorité apparaît convaincue auprès des électeurs d’Emmanuel Macron du 1er tour de l’élection présidentielle, ce taux n’est que de 58%.

Politique de l’exécutif : si près d’un Français sur deux estime que les promesses de campagne sont tenues, l’efficacité de la politique du gouvernement reste jugée très négativement

46% des Français estiment que la politique menée depuis le début du quinquennat est conforme aux engagements de campagne, un chiffre en nette hausse (+8) par rapport à début mai.

En revanche, elle est jugée inefficace pour réduire les inégalités entre territoires (79%), pour réduire le déficit public (78%), injuste (78%, +5) et inefficace pour améliorer le pouvoir d’achat (77%).

71% (stable) estiment également qu’elle ne permet pas d’améliorer la situation du pays et 66% (-1) qu’elle est inefficace pour relancer l’économie.

La hausse du jugement concernant les promesses de campagne s’explique par une progression de 19 points auprès des électeurs de François Fillon, à 65%.

Si l’électorat d’Emmanuel Macron tire un bilan plus positif, il reste néanmoins en majorité négatif sur les sujets de justice fiscale (52% « non »), de réduction du déficit public (54% « non »), de réduction des inégalités entre territoires (60%) et est divisé sur l’amélioration du pouvoir d’achat (51% « non », 48% « oui »).

PMA : une majorité de Français favorable à son élargissement aux femmes seules et aux couples de femmes

Suite à l’intervention d’Edouard Philippe annonçant l’examen à l’Assemblée Nationale en septembre de l’élargissement de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, 53% des Français affirment y être favorables, dont 23% très favorable. A l’inverse, 30% y sont opposés, dont 15% très opposé. 17% déclarent y être ni favorable ni opposé.

Les femmes apparaissent nettement plus favorables que les hommes (58% pour les femmes contre 47% pour les hommes) à sa mise en place. D’un point de vue de l’âge, le taux d’approbation est relativement homogène, l’unique différence se situant dans une plus grande indifférence ou indécision chez les plus jeunes (environ 20%), alors que les plus âgés s’y opposent légèrement plus (environ 30%).

D’un point de vue politique, environ deux tiers des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (62%), de Benoît Hamon (73%) et d’Emmanuel Macron (63%) y sont favorables. En revanche, auprès des électeurs de François Fillon, l’élargissement de la PMA à toutes les femmes recueille une opposition majoritaire (50%, contre 37% favorables).

A noter que les résultats sont relativement semblables auprès des sympathisants LR uniquement (48% opposés, 40% favorables), signe que l’opposition à ce projet n’est pas unanime auprès de cette population.

Les électeurs de Marine le Pen sont plutôt favorables mais assez divisés : 45% y sont favorables, 32% opposés et 23% ni favorable ni opposé.

Répartition des rôles au sein de l’exécutif : si un Français sur deux estiment que la répartition actuelle est bonne, 32% (+10) souhaiteraient qu’Edouard Philippe ait un rôle plus important.

Invités à se prononcer sur la répartition des rôles entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe, une majorité relative (48%, -13 par rapport à janvier 2018) estime que la répartition actuelle des rôles est la bonne.

En revanche, 32% (+10) pensent qu’Edouard Philippe devrait avoir un rôle plus important, et qu’Emmanuel Macron devrait être plus en retrait, un score en nette hausse par rapport à janvier 2018. Enfin, 18% (+3) ont un avis inverse, jugeant qu’Emmanuel Macron devrait avoir un rôle plus important.

Si 61% des électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron jugent que la répartition actuelle est la bonne, ce taux est en baisse de 22 points, au détriment d’un souhait croissant qu’Edouard Philippe ait un rôle plus important (28%, +22).

Les autres principaux électorats sont plus nuancés, même si une majorité relative fait le constat d’une bonne répartition. Cependant, le souhait d’un rôle plus important d’Edouard Philippe progresse auprès de tous les électorats.

Edouard Philippe : une image qui s’est durcie et dégradée en un an et demi

Par rapport à la mesure réalisée les 23 et 24 janvier 2018, l’image du Premier Ministre s’est nettement dégradée.

Alors que le dynamisme et la volonté de vraiment changer les choses étaient les qualificatifs les plus attribués il y a un an et demi, ils le sont aujourd’hui nettement moins : -13 points pour le dynamisme (46%) et -10 points pour la volonté de vraiment changer les choses (46%).

Edouard Philippe est aujourd’hui d’abord jugé autoritaire par 56% des Français (+2) et inquiète un Français sur deux (50%, +4). 50% lui accordent un certain courage.

Il n’est jugé honnête et sympathique plus que par 42% (-12) et 39% (-13) des Français.

Sa capacité à réformer le pays est en nette baisse aux yeux des Français (-12) à 36%, alors que moins d’un tiers (31%) estiment qu’il obtient des résultats.

Enfin, seuls 26% lui attribuent une certaine proximité, en baisse de 9 points en un an et demi.

En comparaison avec Emmanuel Macron (mesure du 30 janvier 2019), Edouard Philippe possède quelque avantages comparatifs, notamment sur ses qualités humaines : il est jugé nettement moins autoritaire (56% contre 78%), plus honnête(42% contre 35%), sympathique (39% contre 35%) et proche (26% contre 19%).

En revanche, il est jugé nettement moins dynamique que le Président de la République (46% contre 70%) et légèrement moins en capacité de réformer le pays (36% contre 43%).

D’un point de vue politique, en un an et demi, son image se dégrade très nettement auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen (15 à 20 points de moins selon les qualificatifs).

Auprès des électeurs de François Fillon, l’image d’Edouard Philippe est en baisse d’une dizaine de points mais reste assez positive (scores supérieurs à 50%), hormis sur sa proximité et sa capacité à obtenir des résultats.

Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, son image reste bonne et est relativement stable, hormis une baisse d’une dizaine de points sur son dynamisme et sa capacité à réformer le pays. Il est également jugé légèrement moins proche et sympathique auprès de cet électorat.