De l’importance des institions

Bernard Owen

Nous venons de parcourir un texte de  Fabien Escalona faisant suite à un entretien qu’il a eu avec Pierre Martin. Le texte est intitulé « La disparition inachevée ». Vous avez compris qu’il s’agit du paysage politique actuel. Notre auteur réfléchi à la suite Macroniènne.

Son approche n’est pas la notre. Nous soulignons l’importance des institutions  en se basant sur les comparaisons sur le terrain et de l’histoire.

Revenons en France. Comment peut-on arriver à une telle décomposition des tendances politiques?

  1. L’introduction des primaires qui retire la puissance des partis politiques pour la reporter aux individus.
  2. Une utilisation incroyable du droit qui mène à de profondes réflexions.
  3. Les institutions, les systèmes électoraux.

De nos jours,  nous disposons d’exemples de réussites et d’acharnements. Cela nous permet de faire un choix ou plusieurs selon diverses situations. Parlant ainsi, je fais preuve d’un gentil optimisme.

Je pense à l’Egypte actuel: un Etat que les conseillers internationaux ont dirigé sur une pente glissante. Cela peut surprendre mais notons qu’à travers l’histoire, l’incompétence se trouve a tout les niveaux.

Etant Français serait-il possible de partir à travers le monde et parler dans l’auditoire sans produire de discrets petits sourires. Un Etat doit être pourvu d’institutions à toute épreuve.

Ces institutions doivent venir au secours de l’être humain car en se fiant à ses propres instincts, ces merveilleux  individus peuvent dans certaines circonstances agir de façon positive ou, au contraire, se livrer aux pires atrocités. Alors, que faire pour le maintenir dans la première voie?

Il faut trouver le moyen d’établir des synthèses. Que les partis politiques soient ces organismes pouvant établir des regroupements. Certes, il ne faut pas que ces partis soient trop nombreux car l’on se trouvera dans des organismes incapables de s’entendre des qu’une crise, quelle qu’en soit la nature,  se présentera dans cet Etat.

Il faut que les institutions de ce pays encouragent la formation des partis, pas trop, car les défauts de l’être humain s’y retrouveraient. Il faut un parti de gouvernement et un d’opposition. Les systèmes majoritaires uninominales à un tour sont alors à placer loin devant les systèmes proportionnels.

Il faut aussi, bien sur, mettre fin aux primaires, qui portent en avant la personne et non son parti. L’insouciance du Président de France peut avoir de terribles conséquences pour l’Etat.

En outre, un système judiciaire défectueux peut mener à des désastres. Il est bon de lire l’entretien  mené par Alexandre Delvechio d’ Hervé Lehman (auteur de « Le dossier Fillon ») dans Le Figaro , En voici quelques extraits.

Le Parquet national financier était-il légitime dans cette affaire?

Le parquet national financier a été créé pour lutter contre «la grande délinquance financière». La loi lui donne compétence pour les affaires de détournement de fonds publics «d’une grande complexité». L’affaire de l’emploi de Penelope Fillon est d’une grande simplicité. On n’a pas créé un parquet national financier pour vérifier l’emploi du temps d’une assistante parlementaire de la Sarthe. Si le parquet national financier s’est saisi, précipitamment (le jour même de la sortie de l’article du Canard enchaîné), en raison de la dimension politique de l’affaire, alors ce n’est plus un parquet national financier, mais un parquet national politique.

Cette saisine est d’autant moins compréhensible que, pour les affaires apparues à la même époque, la soirée à Las Vegas d’Emmanuel Macron organisée par Business France qui était dirigée par Muriel Penicaud, l’affaire des assistants parlementaires du Modem de François Bayrou, l’affaire mettant en cause Richard Ferrand, le parquet national financier ne s’est pas saisi, alors même que les deux premières sont plus complexes que le cas de Penelope Fillon.

Ce n’est plus un parquet national financier, mais un parquet national politique.

Comment le juge d’instruction est-il nommé?

Nous apprenons que je juge d’instruction est nommé par le président du tribunal de grande instance. …Elle résulte d’un choix non justifié et non motivé.

Il doit donc être constaté qu’a été choisi pour l’affaire mettant en cause le candidat de l’opposition à l’élection présidentielle un juge qui est réputé pour traiter les politiques comme les délinquants de droit commun,

Diriez-vous comme Napoléon Ier que «le juge d’instruction est l’homme le plus puissant de France»?

Le mis en examen est juridiquement présumé innocent, il est médiatiquement et socialement présumé coupable.

Nos grands voisins, l’Allemagne et l’Italie, y ont renoncé ; la plupart des pays démocratiques n’ont pas de juge d’instruction et ont un système clair dans lequel, entre le procureur qui enquête et accuse et la défense, il y a un juge qui ne fait que juger. Comme le dit Robert Badinter, le juge d’instruction est mi-Maigret mi-Salomon, mi-policier mi-juge. C’est une fonction schizophrénique.

 

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