Démocratie: Le mot magique

Bernard Owen, Maria Rodriguez-Mckey

A notre époque, on emploie des mots magiques comme celui de « démocratie ». Il va de soi que nous sommes les premiers à la soutenir. Seulement, l’être humain a rencontré tant de difficultés et tant d’échecs à la mettre en place qu’il est grand temps que les hommes comprennent qu’il existe des règles, tout comme pour l’ingénieur, qui met au point des engins d’une grande complexité.
La démocratie a besoin d’un ensemble de techniques, qui ne sont pas enseignées dans nos universités. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer, non pas l’histoire du monde, mais les problèmes actuels du Moyen Orient.
Après l’Irak, l’Egypte, la Lybie, l’on parle de règlements politiques pour la Syrie. Cela peut mener à une catastrophe généralisée pour les jeunes et pour d’autres Etats, qui assistent à la démolition d’un des Etats. Les Nations Unies réunissent les autorités, les opposants très peu nombreux, et laissent de côté Daesh, qui sème la terreur ici ou là.
Sur un terrain strictement géopolitique, l’Irak a été une catastrophe concernant le découpage de la zone Kurde de l’Irak au grand damne de la Turquie, qui ne dispose plus de l’armée bien entraînée des années 1960. Ne parlons plus de Bremer (Irak 2003) que les commentateurs des Etats Unis qualifient comme étant la plus grande catastrophe de leur politique extérieure.
En Syrie, les Nations Unies multiplient les « communiqués », les « déclarations », « en vue d’un règlement politique durable de la crise ». Elles vont très loin évoquant « une nouvelle constitution conduite sous la supervision des Nations Unies ». Ce groupe de contacts est « conscient du lien étroit existant entre un cessez-le-feu et un processus politique, conformément au communiqué de Genève de 2012 ».
Heureusement que nous avons encore les Nations Unies, car la grande coalition anti Daesh est en mauvaise posture. Le Chef d’Etat Major Britannique, le Général Nicolas Houghton a déclaré que les forces britanniques ne participaient plus aux bombardements des positions de Daesh en Syrie. Le Pentagone (Ashton Carter) parle d’une coopération entre Etats Unis et force d’opposition syrienne, mais termine prudemment en ajoutant seulement dans le cas d’une attaque contre EL Raqqa. Le nouveau Premier Ministre canadien a informé la Maison Blanche qu’il retirait son aviation de Syrie. La participation de la France et de l’Australie est très restreinte.
L’attitude de la Grande Bretagne dépend de la « House of commons », qui s’oppose à des bombardements en Syrie, admettant seulement des vols de reconnaissance.
D’autre part, le quotidien « The New York Times » fait part de l’intérêt des occidentaux face aux forces russes. Leur action en Syrie a permis de noter leur efficacité et la rapidité de leur intervention. Le quotidien note qu’en deux semaines les avions russes effectuent autant de frappes en un jour que les avions de la grande coalition en effectuent en un mois. La Russie a donné une preuve d’efficacité à laquelle on ne s’attendait pas.

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