Edward SNOWDEN ou l’espionnage à l’américaine

Il ne parait pas inutile de s’attarder un instant sur le parcours de Snowden qui présente l’espionnage dans toute sa modernité. Il ne s’agit que d’un aperçu car Wikipedia lui consacre un lapse de temps bien plus étoffé.

Edward Joseph Snowden, né le 21 juin 1983 à Elizabeth City, Caroline du Nord, est un informaticien américain1, ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA), qui a révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques.
À partir du 6 juin 2013, Snowden rend publiques par l’intermédiaire des médias, notamment The Guardian et The Washington Post, des informations classées top-secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que les systèmes d’écoute sur internet des programmes de surveillance PRISM, XKeyscore, Boundless Informant et Bullrun du gouvernement américain et les programmes de surveillance Tempora, Muscular et Optic Nerve du gouvernement britannique. Pour justifier ses révélations, il a indiqué que son « seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui. ».
À la suite de ses révélations, Edward Snowden est inculpéle 22 juin 2013 par le gouvernement américain sous les chefs d’accusation d’espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux.
Exilé à Hong Kong en juin 2013 puis à Moscou, Edward Snowden obtient le 31 juillet 2013 l’asile temporaire en Russie. Le 1er août 2014 il obtient un droit de résidencepour trois ans en Russie.
Le 14 avril 2014, l’édition américaine du Guardian et le Washington Post se voient décerner le prix Pulitzer pour la publication des révélations sur le système de surveillance de la NSA, rendues possibles grâce aux documents fournis par Snowden.
Snowden décrit sa vie comme très confortable, gagnant un salaire annuel d’environ 200 000 dollars avant son emploi chez Booz Allen Hamilton. Dans un entretien avec le quotidien de Hong Kong South China Morning Post, réalisé le 12 juin 2013, mais publié seulement le 25 juin 2013, Snowden affirme avoir cherché un emploi chez Booz Allen Hamilton afin de recueillir des preuves des activités de la NSA : « Mes fonctions au sein de Booz Allen Hamilton me donnaient accès aux listes des appareils [ordinateurs, téléphones portables] espionnés à travers le monde par la NSA ». « C’est pour ça que j’ai accepté le poste il y a trois mois », a-t-il expliqué.

Cette section est liée à un événement en cours (6 juin 2013 – 16 mai 2016).

Bloqué à l’aéroport Cheremetievo
À son arrivée à l’aéroport international Cheremetievo de Moscou, Snowden rencontre brièvement un diplomatede l’ambassade de l’Équateur à Moscou, le ministre des Affaires étrangères équatorien annonçant pour sa part que Snowden a demandé l’asile politique dans son pays.

Le 25 juin 2013, Edward Snowden, dans une lettre rendue publique par la presse locale, demande officiellement l’asile au gouvernement équatorien …
« Moi, Edward Snowden, citoyen des États-Unis d’Amérique, je vous écris pour solliciter l’asile à la république de l’Équateur, face au risque de persécution de la part du gouvernement des États-Unis et de ses agents en relation avec ma décision de rendre publiques de graves violations de la part du gouvernement des États-Unis d’Amérique de leur Constitution – concrètement du quatrième et du cinquième amendement – ainsi que de plusieurs traités des Nations unies souscrits par mon pays. […] Je crois qu’il est improbable que je reçoive un traitement humain avant le procès et je cours en plus le risque d’une condamnation à perpétuité ou la mort111. »
Selon un cadre de la compagnie Aeroflot cité par l’agence Reuters, Snowden réserve un siège sur un vol à destination de La Havane. D’après une journaliste de Reuters, qui se trouve sur ce vol, l’ex-agent ne se trouve toutefois pas à bord. Le site WikiLeaks, fondé par Julian Assange, annonce alors que Snowden est « en route pour la République d’Équateur par un chemin sûr afin d’obtenir l’asile ».
Le 25 juin 2013, le président russe Vladimir Poutine déclare qu’Edward Snowden est toujours dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo ; son arrivée à Moscou étant, affirme-t-il, « totalement inattendue »113. La présence de Snowden dans la zone de transit cause un début de crise diplomatique entre les États-Unis et la Russie, les Américains souhaitant que les Russes extradent de force Snowden vers les États-Unis, les Russes estimant de leur côté que : « Les Américains ont mis en connaissance de cause Moscou dans l’embarras en n’avertissant pas à temps de l’annulation du passeport » d’Edward Snowden, affirme le 28 juin 2013 une source proche du dossier à l’agence russe Interfax. « Si cela avait été su plus tôt, il est possible que Snowden n’aurait jamais décollé pour Moscou, et il n’y aurait pas eu toute cette histoire », ajoute la source.
Dans une interview donnée à la chaîne NBC le 28 juin 2013117, Lonnie Snowden, le père d’Edward, déclare que son fils est prêt à envisager un retour sur le sol américain s’il obtient certaines garanties.
Par l’intermédiaire de son avocat, Lonnie Snowden adresse une lettre à Eric Holder, le ministre américain de la Justice. Il y explique que son fils est prêt à rentrer aux États-Unis à condition qu’il ne soit pas arrêté avant son procès. Il demande également qu’il puisse choisir le lieu où il sera jugé et qu’il ne soit pas tenu au silence. Selon NBC, les deux hommes ne se seraient pas parlé depuis avril dernier.
Le porte-parole de la présidence de la Fédération de Russie, Dmitri Peskov, ajoute que Snowden ne peut être remis aux États-Unis, où la peine de mort est en vigueur : « Aucun pays ne peut livrer Snowden à un autre pays comme les États-Unis où est appliquée la peine de mort »
Le même jour, Wikileaks annonce qu’Edward Snowden a fait une demande d’asile à vingt et un pays dont l’Islande, l’Allemagne, la France, l’Inde, la Chine, Cuba, l’Équateur ou encore le Brésil. Ces nouvelles demandes font suite à la réticence de l’Équateur quant à l’accueil de l’ancien agent de la NSA, réticences engendrées par la forte pression exercée par les États-Unis pour empêcher Snowden, comme il le dit lui-même dans un communiqué:
« Jeudi, le président Obama a déclaré à la face du monde qu’il ne permettrait aucune « manigance ou marchandage » diplomatique à mon propos. […] Cependant, on apprend maintenant qu’après avoir promis de ne pas agir de cette manière, le président a donné l’ordre à son vice-président de faire pression sur les dirigeants des pays auprès de qui j’ai demandé une protection pour rejeter mes demandes d’asile politique. […] Ce type de méthode de la part d’un leader mondial n’est pas la justice… Il s’agit des vieux instruments d’agression politique. »
À cette période, Snowden renonce à demander l’asile politique en Russie.

Le 5 juillet 2013, le président du Venezuela, Nicolás Maduro, et le président du Nicaragua, Daniel Ortega, affirment tous les deux qu’ils sont disposés à accorder l’asile à l’ex-consultant Edward Snowden. Nicolás Maduro, au cours d’une célébration de l’indépendance du Venezuela, annonce qu’il entend « le protéger de la persécution de l’empire le plus puissant du monde, qui s’est déchaînée sur lui ». Daniel Ortega confirme pour sa part avoir reçu une demande de Snowden à l’ambassade du Nicaragua à Moscou : « Nous, nous sommes ouverts et respectueux du droit d’asile, et il est clair que si les circonstances le permettent, nous recevrons Snowden avec grand plaisir et lui donnerons l’asile ici au Nicaragua ». Le 6 juillet 2013, à la suite de ses ennuis avec certains pays européens qui lui ont refusé le survol de leur espace aérien, Evo Morales offre lui aussi l’asile politique à Snowden.
Le 7 juillet 2013, le président cubain Raúl Castro soutient le droit de ces pays à offrir l’asile politique à ceux qui sont « persécutés pour leur idéal ou en raison de leur lutte pour les droits démocratiques ». Ce soutien est important, notamment en l’absence de vol commercial direct à partir de Moscou vers l’un des trois pays latino-américains susceptibles d’offrir l’asile à Snowden, ce qui l’obligerait théoriquement à faire escale à La Havane.

Choix de l’asile en Russie
Le 12 juillet 2013, lors d’une rencontre avec des avocats et des défenseurs des droits de l’homme à l’aéroport de Moscou, Edward Snowden déclare qu’il va demander à nouveau l’asile politique en Russie, ce qui est confirmé par son avocat Anatoli Koutcherena.
Trois pays d’Amérique latine ainsi que Cuba sont prêts à l’accueillir, mais Snowden invoque l’impossibilité de rejoindre ces pays pour expliquer sa demande, n’ayant pas de passeport pour pouvoir se déplacer hors de Russie : « Je ne peux qu’accepter l’offre de la Russie car je suis dans l’impossibilité de me déplacer ».
Le même jour, le président de la Douma, Sergueï Narychkine, s’exprime en faveur de l’accueil de Snowden : « La Russie doit accorder à Snowden l’asile politique ou un asile politique temporaire », déclare-t-il, le considérant « comme un défenseur des droits de l’homme »143. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, réitère via l’agence Interfax les conditions déjà fixées la semaine dernière par Vladimir Poutine lui-même : s’il formule réellement une demande d’asile à la Fédération de Russie, « Snowden pourrait théoriquement rester si, premièrement, il renonce totalement à ses activités qui font du tort à nos partenaires américains, et, deuxièmement, si lui-même le souhaite ».
Le 15 juillet 2013, le président russe Vladimir Poutine accuse les États-Unis d’avoir  « coincé »  Edward Snowden en Russie : « Il est arrivé sur notre territoire sans invitation, en transit vers d’autres pays. Nos collègues américains l’ont de facto coincé [en Russie] après avoir intimidé tous les pays prêts à l’accueillir ».
Le 16 juillet 2013, Edward Snowden dépose officiellement sa demande d’asile en Russie afin d’obtenir le statut de réfugié politique, qui lui permettrait ensuite de quitter Moscou à destination d’un autre pays, la réponse des autorités russes étant attendue dans les trois mois.
Le 24 juillet 2013, la presse annonce qu’Edward Snowden devrait être autorisé à quitter l’aéroport de Cheremietevo où il est confiné depuis un mois, mais que ette décision ne sera effective que lorsque les papiers d’immigration seront remplis; de son côté, Michael McFaul (en), l’ambassadeur américain à Moscou, confirme que les États-Unis ne demandent pas l’extradition de Snowden, mais son retour volontaire dans sa patrie.

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