ELABE. Emmanuel Macron : un Président jugé autoritaire et arrogant mais aussi dynamique et courageux

Par rapport à décembre, Emmanuel Macron est perçu nettement plus dynamique et courageux, mais les qualificatifs autoritaire et arrogantprogressent également et restent en tête.

Les Français dépeignent toujours le portrait d’un Président autoritaire (78%, +5 points par rapport à l’enquête Elabe du 11 décembre 2018), arrogant (76%, +5) et dynamique (70%, +13). Le courage lui est également attribué par une majorité de Français (57%) et progresse de 13 points.

Le lancement du « grand débat national » et sa présence dans plusieurs échanges avec les maires et les citoyens semblent avoir fait bouger les lignes par rapport à début décembre, lui permettant de retrouver des niveaux d’image proches de ceux d’octobre 2018 avant la crise des « gilets jaunes ». Si cette séquence lui permet de recueillir une prime de dynamisme et de courage en allant se confronter aux maires et citoyens, les accusations d’arrogance restent très présentes et se renforcent même.

Sa capacité à réformer le pays (43%, +3 par rapport à décembre 2018) et à respecter ses engagements (42%, +1) sont relativement stables et attribuées par environ 4 Français sur 10.

Moins de 4 Français sur 10 jugent qu’Emmanuel Macron est honnête (35%, +2), sympathique (35%, +6), sincère (32%, +2) et capable d’obtenir des résultats (31%, +4).

Sa capacité à rassembler les Français (20%, -1) et sa proximité aux Français (19%, stable) ne lui sont que très peu attribuées.

L’amélioration de l’image d’Emmanuel Macron concernant le dynamisme et le courage est principalement le fait d’une hausse de ces indicateurs auprès de ses opposants, qui portaient un jugement très négatif en décembre dernier : +28 et 20 points auprès des électeurs de Marine Le Pen et +10 et 11 points auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

De manière générale, même si son image reste mauvaise dans l’absolu auprès de l’électorat de Marine Le Pen, l’ensemble des indicateurs s’améliorent .

A noter quelques dégradations auprès de l’électorat de François Fillon : arrogant (+19 à 76%), capable de réformer le pays (-12 à 59%) et de rassembler le pays (-9 à 25%).

Le changement de style et de méthode de l’exécutif n’apparaît pas crédible pour deux Français sur trois

Suite à l’organisation du « grand débat national » et aux récentes interventions d’Emmanuel Macron et du gouvernement, 66% des Français estiment que cela ne marquera pas de changement de style et de méthode dans le quinquennat d’Emmanuel Macron. Rappelons que mi-octobre, au lendemain de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron faisant suite à la démission de Gérard Collomb et au remaniement du gouvernement, ce taux avait été mesuré à 84%.

Si les électeurs de Marine le Pen et de Jean-Luc Mélenchon et estiment majoritairement que l’exécutif ne va pas changer de méthode et de style (respectivement 79% et 69%), les électeurs d’Emmanuel Macron et de François Fillon sont plus partagés : respectivement 56% et 44% estiment que l’exécutif change de méthode.

La volonté de réformer (28%) est la première qualité d’Emmanuel Macron selon les Français.

Mais 48% des Français ne trouvent rien de positif.

Invités à choisir parmi une liste de neuf qualités que l’on entend dans le débat public à l’égard d’Emmanuel Macron, 28% citent sa volonté de réformer.

Ensuite, 21% citent sa détermination et 18% sa façon de représenter la France à l’étranger.

Moins de 15% des Français citent sa jeunesse (12%), sa vision pour la France (9%), sa capacité à renouveler la politique (8%), le fait qu’il tienne sa promesse (8%), sa façon d‘incarner la fonction (7%) et l’orientation globale de sa politique (6%).

Enfin, les Français sont 48% à déclarer ne rien trouver de positif concernant Emmanuel Macron.

Par rapport cette fois au mois d’avril 2018, sa détermination (-11), sa volonté de réformer (-7) et le respect des promesses (-9) sont en nette baisse. La proportion de Français ne trouvant rien de positif grimpe de 12 points.

Si la volonté de réformer est nettement plus citée auprès des électeurs d’Emmanuel Macron (50%) et de François Fillon (38%), elle est en forte baisse par rapport à avril 2018 : -10 et -15 points.

La volonté réformatrice du Président reste un moteur du soutien de son électorat et d’une partie de celui de François Fillon mais s’est nettement estompée ces derniers mois.

La déconnexion des réalités quotidiennes (51%) et la politique en faveur des plus aisés (47%) sont les principales critiques envers Emmanuel Macron.

Invités cette fois-ci à choisir parmi une liste de neuf critiques, les Français citent d’abord sa déconnexion des réalités quotidiennes (51%), sa politique en faveur des plus aisés (47%), son arrogance (39%) et son manque d’écoute des Français (37%).

Viennent ensuite le fait qu’il décide seul (19%), son autoritarisme (18%), l’orientation globale de sa politique (13%), le fait qu’il ne tienne pas ses promesses (12%) et son excès de communication (7%).

8% des Français ne lui trouvent rien de négatif.

Par rapport au mois d’avril 2018, sa déconnexion des réalités est en très forte hausse (+19), et dans une moindre mesure son arrogance (39%, +9).

La critique la plus largement partagée d’une déconnexion est en forte hausse auprès de tous les électorats : celui de Jean-Luc Mélenchon (56%, +18), d’Emmanuel Macron (40%, +18), de François Fillon (54%, +14) et de Marine Le Pen (59%, +29)

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