ELABE: La rentrée de l’exécutif confrontée à la défiance des français

  • ÉTUDES & SONDAGES
  • 22 AOÛT 2018
  • French President Emmanuel Macron attends a ceremony at the Royal Military Academy Sandhurst, west of London on January 18, 2018.
    French President Emmanuel Macron will take part in a Franco-British summit to discuss migration and Brexit.LUDOVIC MARIN/AFP/Getty Images)

    S’ils sont relativement confiants pour leur avenir personnel, les Français expriment un fort pessimisme sur le futur de la société française

    67% des Français sont pessimistes sur l’avenir de la société française. En revanche, ils sont relativement optimistes (60%) sur leur avenir personnel.

    S’il existe un réel optimisme pour soi et un pessimisme au sujet la société française partagés par l’ensemble de la population, l’intensité diffère et est corrélée à l’âge ainsi qu’à la catégorie socioprofessionnelle des individus :

    En effet, l’optimisme décroit avec l’âge : de 39% chez les 18-24 ans à 29% chez les plus de 65 ans pour l’avenir de la société française et de 80% à 50% au sujet de leur propre avenir.

    Les personnes issues des classes populaires font montre d’un optimisme moins important par rapport aux autres catégories socioprofessionnelles:  31% des ouvriers et employés se disent optimistes pour l’avenir de la société française contre 37% des cadres et 40% des classes moyennes. 60% des Français venant des classes populaires sont optimistes pour leur propre avenircontre 70% des classes moyennes et 75% des cadres.

    D’un point de vue politique, seuls les électeurs d’Emmanuel Macron du 1er tour de l’élection présidentielle se disent optimistesdans les deux cas, aussi bien pour la France (57%, dont 4% très optimistes) que pour eux-mêmes (75%, dont 11% très optimistes). Parmi les autres principaux électorats, une courte majorité est optimiste concernant son avenir (entre 51% et 64% d’avis optimistes), mais une forte majorité est pessimiste concernant l’avenir de la France (entre 70% et 82% d’avis pessimistes).

    Une majorité de Français considère que la politique de l’exécutif dégrade leur situation personnelle et la situation du pays

    58% des Français estiment que la politique menée par l’exécutif a pour effet de dégrader leur situation personnelle, 36% qu’elle reste stable et 6% qu’elle l’améliore.

    Dans le même temps, 57% des Français considèrent qu’elle dégrade la situation du pays, 27% qu’elle reste stable et 16% qu’elle l’améliore.

    Les opinions connaissent des différences marquées selon le segment politique :

    • L’électoratd’ Macron est plutôt positif : une majorité relative de ces électeurs estime que l’action de l’exécutif a pour effet d’améliorer la situation du pays (44%), 35% qu’elle reste stable et 20% qu’elle la dégrade. En revanche ils sont plus sceptiques concernant leur propre situation : 56% estiment qu’elle reste stable, 34% qu’elle la dégrade et seuls 10% qu’elle l’améliore.
    • L’électorat de Fillonest partagé concernant la situation du pays (42% dégrade, 38% stable et 20% améliore), ils sont plutôt négatifs concernant leur propre situation (52% dégrade, 42% stable et 5% améliore).
    • Les autres électorats ont un point de vue négatifsur l’effet de la politique de l’exécutif : entre 66% et 78% estiment qu’elle dégrade la situation du pays et entre 65% et 72% leur propre situation.

    Les personnes issues des classes populaires ont un constat plus négatif (68% estiment que la politique dégrade la situation du pays et 61% qu’elle dégrade leur situation) que les classes moyennes (53% pour le pays, et 55% pour leur situation), et les classes aisées (40% pour le pays, et 44% pour leur situation).

    A noter que le sentiment de dégradation de sa situation personnelle augmente avec l’âge : 36% chez les 18-24 ans, 51% chez les 25-34 ans, 55% chez les 35-49 ans, 63% chez les 50-64 ans et 68% chez les 65 ans et plus. 

    Action d’Emmanuel Macron : une majorité de Français la juge décevante

    54% des Français déclarent être déçus par l’action d’Emmanuel Macron. C’est le deuxième plus mauvais chiffre enregistré par Elabe depuis juillet 2017. Depuis avril 2018 (1 an après l’élection) la déception a progressé de 8 points.

    Si on note cependant un léger recul ce mois-ci quant à la déception, cette baisse se fait au profit de l’attente (32%, +6) et non de la satisfaction (14%, -1).

    Une majorité relative des électeurs d’E. Macron est dans l’attente (48%), 32% sont satisfaits et 20% déçus. 

     Les électeurs de F. Fillon sont partagés entre l’attente (43%) et la déception (41%). La déception est majoritaire pour l’ensemble des autres électorats (entre 69% et 85%) 

  • Les cadres sont partagés entre la déception (44%) et la patience(41%). Une majorité relative des classes moyennes est déçue (47%) et 38% est dans l’attente. Les classes populaires sont majoritairement déçues (62%).

    A noter que la déception est majoritaire quelle que soit la tranche d’âge : 52% chez les 18-24 ans, 56% chez les 25-34 ans, 53% chez les 35-49 ans, 59% chez les 50-64 ans et 51% chez les 65 ans et plus. 

    Emmanuel Macron : une image qui se dégrade sensiblement par rapport à fin janvier

    Les Français portent sur la quasi-totalité des items proposés un jugement en recul par rapport à janvier 2018. Ils dépeignent le portrait d’un Président avant tout  autoritaire (80%, +7 par rapport à l’enquête réalisée les 23 et 24 janvier 2018), dynamique (72%, -5) qui veut vraiment changer les choses (62%, -4) et inquiétant (59%, +5).

    Sa capacité à réformer le pays (53%, -7), et la sympathie  (52%, -4) lui sont également reconnus par une majorité de Français, mais en recul.

    Sa capacité à respecter ses engagement (50%, -6) et son honnêteté(42%, -7) sont en baisse.

    Seuls 28% des Français (-16) reconnaissent sa capacité à rassembler les Français et 24% (-5) considèrent qu’il comprend les gens comme vous.

    Près d’un an et trois mois après son élection, malgré une légère dégradation, son image reste très bonne auprès de son électorat de 1er tour (90% à 81% selon l’item, et 33% pour l’item vous inquiète). Seules la capacité à rassembler les Français (60%) et sa capacité à comprendre les gens comme vous (53%) sont atteignent des scores plus mesurés. A noter que l’ensemble des items est en baisse, hormis son aspect inquiétant et autoritaire, qui sont en légère hausse.

    Si les dynamiques d’opinion sont assez similaires auprès des principaux électorats,  les niveaux restent eux très différents :

     

    • son image reste relativement bonne auprès des électeurs de François Fillon (2 items seulement inférieurs à 50%), malgré de très fortes baisses : capable de rassembler les Français (32%, -26), comprend les gens comme vous (22%, -14),honnête (55%, -12), capable de réformer le pays (62%, -11),  dynamique (80%, -10) et sympathique (60%, -10). A noter qu’il est en hausse de 7 points sur l’item il vous inquiète (50%).
    • elle est en revanche assez moyenne auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (6 items inférieurs à 50%) ;
    • et est mauvaise chez les électeurs de Marine Le Pen (7 items inférieurs à 50%)

    Les projets gouvernementaux sous le signe de la défiance

    Interrogés sur 8 des principaux chantiers de la rentrée pour l’exécutif, les Français expriment une défiance globale.

    A l’exception du chantier du prélèvement à la source (55% de confiance, dont 42% lui font plutôt confiance), les Français ne font pas confiance au président de la République et au gouvernement pour mener à bien :

    la réforme constitutionnelle (59% ne leur font pas confiance, dont 23% pas du tout)

    la révision des lois de bioéthique ( 61% dont 22% pas du tout)

    la réforme de l’assurance chômage (62% dont 26% pas du tout)

    la réduction des déficits (62% dont 28% pas du tout)

    la transformation du système de santé (65%, 28% pas du tout)

    -la réforme des retraites (68% dont 35% pas du tout)

    -et enfin le plan pauvreté (75% ne leur font pas confiance dont 36% pas du tout).

    D’un point de vue politique, une majorité des électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron lui font confiance pour mener à bien l’ensemble de ces chantiers (de 64% à 84% de « confiance »). Ils sont toutefois plus en retrait au sujet du plan pauvreté : 56% font confiance au président de la République pour mener à bien ce chantier.

     

    Les électeurs de François Fillon sont davantage partagés : s’ils font confiance à Emmanuel Macron au sujet du prélèvement à la source (67%), de la réforme constitutionnelle (57%), la réforme de l’assurance chômage (52%), ils sont partagés sur la révision des lois bioéthique (50%) et sur la réforme des retraites (49%),  ils ne lui font pas confiance au sujet du plan pauvreté (69% ne lui font pas confiance), de la transformation du système de santé (57%) et  de la réduction des déficits (54%).

     

    Les autres principaux électorats et les abstentionnistes ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour mener à bien les chantiers de la rentrée (hormis les électeurs de B. Hamon au sujet du prélèvement à la source, 54%). 

     

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