ELABE: L’image d’Emmanuel Macron se détériore dans l’opinion

Réforme des retraites : 61% pensent qu’Emmanuel Macron devrait prendre en compte les contestations et la retirer.

A 48 heures de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, 61% pensent qu’Emmanuel Macron devrait prendre en compte les contestations et retirer la réforme. A l’inverse, 39% estiment qu’il a raison de faire cette réforme et qu’elle était dans son programme. C’est notamment le cas des retraités (50%) et des cadres (59%).

D’un point de vue politique, 74% de ses électeurs de 1er tour et 62% de ceux de François Fillon le soutiennent concernant la réforme des retraites. A l’inverse, respectivement 26% et 38% estiment qu’il devrait prendre en compte les contestations et la retirer.

Chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Benoît Hamon …

Plus de 6 Français sur 10 sont déçus de l’action du Président de la République

62% des Français déclarent que l’action d’Emmanuel Macron en tant que Président de la République est décevante. Seuls 14% la jugent satisfaisante et 24% estiment qu’il est encore trop tôt pour se prononcer.

En 3 mois, le jugement des Français s’est durci à l’égard de l’action d’Emmanuel Macron (+7 points par rapport à fin octobre 2019) et retrouve un niveau de déception proche de celui atteint pendant le mouvement des « gilets jaunes » (entre 62% et 69%).

La proportion de personnes se déclarant satisfaites de son action est relativement stable (+2 par rapport à octobre 2019), alors que celle des Français faisant appel à la patience est en baisse de 8 points.

Sur le long terme (depuis juillet 2017), les dynamiques d’opinions montrent que les principales évolutions se sont faites entre les « déçus » et les « patients ». En effet, le taux de « satisfaits » a toujours oscillé dans une fourchette relativement restreinte, entre 7% et 20%.

A l’inverse, le taux de « patients » est passé de 64% en juillet 2017 à 24% aujourd’hui, alors que celui des « déçus » est passé de 21% à 62%. Entre ces deux jugements à l’égard de l’action du Président de la République, les courbes se sont croisées dès le mois de janvier 2018, la proportion de déçus restant alors jusqu’ici toujours plus importante que celles des « patients ».

Si la période entre avril 2019 et octobre 2019 avait fait preuve d’exception avec un léger recul des déceptions à la faveur d’un regain de la patience, la dynamique de durcissement des opinions est de nouveau d’actualité.

Cette hausse de la part des « déçus » s’observe auprès de l’ensemble des catégories de populations, hormis chez les cadres et les retraités.

A noter que la proportion de déçus est largement plus importante chez les répondants ayant une situation financière difficile* : si elle n’est « que » de 54% pour ceux bouclant facilement leurs fins de mois, elle atteint 72% chez ceux pour qui les fins de mois sont difficiles.

le taux de déçus Chez les électeurs de François Fillon, la déception augmente de 12 points (54%) au détriment de la patience (28%, -12). Chez les électeurs d’Emmanuel Macron, la proportion estimant qu’il est trop tôt pour se prononcer baisse de 14 points, à 33%, celle des « déçus » progresse de 4 points, à 26%, et celle des « satisfaits » progresse de 10 points à 41%.

*58% déclarent finir leurs fins de mois plutôt facilement, 42% plutôt difficilement.

Pour plus de 3 Français sur 4, l’action du Président de la République n’a pas amélioré leur situation personnelle ni celle du pays

82% des Français jugent que depuis le début du quinquennat l’action d’Emmanuel Macron n’a pas amélioré leur situation personnelle (+2 par rapport à octobre 2019) et 75% celle du pays (+4). Le jugement sur la situation du pays se dégrade particulièrement : si la hausse au global est de 4 points, on remarque un net durcissement avec une hausse de 8 points des opinions les plus négatives (« non, pas du tout »).

L’ensemble des catégories de population portent un regard négatif sur l’amélioration de la situation personnelle et la situation du pays. Une nouvelle fois, les opinions négatives sont nettement plus nombreuses auprès des personnes ayant une situation financière difficile. A titre d’exemple, 89% des personnes ayant des fins de mois difficiles estiment que l’action d’Emmanuel Macron n‘a pas permis d’améliorer leur situation personnelle.

. La dégradation concernant le regard sur l’état du pays s’observe avant tout chez les électeurs de François Fillon (65% « non », +9) et ceux d’Emmanuel Macron (41% « non », +5).

On observe un double mouvement :

un basculement du positif vers le négatif d’une petite partie des électorats d’Emmanuel Macron et de François Fillon

-et en parallèle, un durcissement des opinions négatives (« non, plutôt pas » vers « non, pas du tout

») auprès de nombreuses catégories de population, et notamment des classes moyennes et des classes populaires.

L’image d’Emmanuel Macron se détériore par rapport à octobre 2019.

Par rapport à fin octobre 2019, Emmanuel Macron est notamment jugé plus inquiétant (+7), obtenant moins de résultats (-5), moins sympathique (-4), moins dynamique (-3) et plus arrogant (+3).

Au-delà de ces évolutions, l’image d’Emmanuel Macron reste structurée autour des dimensions suivantes autoritaire (72%, +1), arrogant (70%, +3), inquiétant (64%, +7) et dynamique (61%, -3).

Il clive davantage sur les dimensions de courage (51%, -2) et de représentations de la France à l’étranger (52%, -1).

Environ 4 Français sur 10 lui reconnaissent sa capacité à réformer le pays (42%, +2), à respecter ses engagements (41%, +2), ces traits d’image lui sont reconnus par une partie de l’opinion publique, notamment son cœur électoral et environ la moitié des électeurs de François Fillon.

Sa sympathie (35%, -4), sa capacité à obtenir des résultats (31%, -5) et sa sincérité (31%, -2) lui sont attribués par environ un Français sur trois, et notamment par une partie de son électorat (environ deux tiers).

Il continue d’enregistrer un déficit d’image sur la proximité (22%, -1) et la capacité à rassembler les Français (19%, -3).

L’image d’Emmanuel Macron subit une double dégradation par rapport à octobre 2019 :

une bascule d’une partie de ses électeurs et des électeurs de François Fillon d’une image positive vers une image négative. A titre d’exemple, auprès de ses électeurs, on observe une hausse de 13 points sur le qualificatif « vous inquiète », une baisse de 11 points concernant sa capacité à rassembler les Français et de 9 points sur sa sympathie. Seule amélioration au tableau, sa capacité à respecter ses engagements (+9). Auprès des électeurs de François Fillon, la bascule est d’une ampleur plus importante : sympathie (-21), obtient des résultats (-20), sincère (-14), dynamique (-9), proximité (-9), capable de rassembler les Français (-9), courage (-8), capacité à réformer (-7), etc.

un durcissement des opinions négatives : la proportion de l’item le plus négatif (« s’applique très mal ») progresse de 7 points sur la capacité à rassembler les Français, de 7 points sur les résultats et de 5 points sur le courage.

Deux ans et trois mois avant l’élection de 2022, 7 Français sur 10 pensent qu’Emmanuel Macron ne serait pas réélu.

31% des Français estiment que si Emmanuel Macron se représentait à l’élection présidentielle de 2022 (-8 points par rapport à octobre 2019), il serait réélu (7% certainement, 24% probablement) et 69% (+10) qu’il ne serait pas réélu (37% probablement pas, 32% certainement pas).

A noter que la proportion de « certainement pas » progresse de 13 points.

Politiquement, 62% de ses électeurs de 1er tour pensent qu’il serait réélu (-12), mais 37% pensent l’inverse. Chez les électeurs de François Fillon, 46% pensent qu’il serait réélu (-10)…