En marche vers la reconquête

Monique Cochinal

Le 11 novembre 2018, nous fêterons le centenaire de l’armistice et la fin de cette première guerre mondiale tellement meurtrière, avec son nombre effrayant de soldats morts sur le front. Dans chaque famille, on déplore un père, un fils, un oncle, mort au combat. Les quelques rescapés ont pu évoquer leurs douloureux souvenirs avant de disparaître. Il est important d’honorer leur mémoire et de se souvenir. C’est notre histoire.

Notre Président, imitant le Général De Gaulle, a décidé de faire un pèlerinage sur le terrain pendant cinq jours, sans revenir à l’Elysée. Une bonne occasion de prendre la température de ces territoires lointains de Paris, qui bougent, s’agitent et se révoltent en ce moment. Pour cela, l’itinéraire a été préparé avec beaucoup de soin. On évitera les grandes villes pour s’attarder tout particulièrement dans les régions de l’est durement éprouvées pendant cette guerre. A chaque étape, c’est un dépôt de gerbes de fleurs, une allocution, un déjeuner pris avec les élus locaux, une nuit passée chez le Préfet de la région, on reste sur le terrain, comme du temps de l’ancien monde où le roi visitait ses provinces pour savoir ce qu’il s’y passait.

Il est grand temps de reconquérir ces lointaines provinces, les « oubliées » de la politique macronienne. Depuis plusieurs mois, rien ne va plus. On a beau expliquer, dialoguer, être « pédagogue », ces « gaulois récalcitrants » ne veulent pas comprendre cette politique qu’ils jugent incompréhensible, brouillonne, injuste. Ils ont l’impression qu’on se moque d’eux, que l’on sollicite toujours les mêmes, et qu’on leur raconte des histoires. Ils n’ont vraiment plus confiance, et …. Les élections européennes qui approchent à grands pas.  Alors, la troupe Macron part en guerre. La consigne : écouter, dialoguer, amadouer, et surtout convaincre, car elle seule possède la vérité. Plus de phrases assassines, plus de mouvements de colère devant eux.

Ce matin, la troupe arrive à Verdun, notre Président en tête, très digne. Il faut redorer son blason ! Au programme : déambuler dans cette ville de province, oh ! Combien célèbre, et bain de foule de quarante minutes. Il faut bien se lancer dans l’arène pour être le vainqueur. Alors, le Président va parler de tous les sujets qui fâchent : augmentation de la CSG pour les séniors, augmentation des taxes sur les carburants, baisse du pouvoir d’achat, inégalités, insécurité, violence dans les écoles, flux migratoire, aucun résultat des mesures économiques mises très vite en place, chômage en hausse, et la dernière, la plus controversée, des taxes supplémentaires sur le prix de l’essence à la pompe, dont les recettes iront au profit de cette fameuse transition écologique, pour supprimer peu à peu toutes ces voitures trop polluantes, et les remplacer par des voitures hybrides, voitures électriques, petits gabarits. Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut mettre le paquet, mais où prendre l’argent ? l’Etat est endetté au maximum. Dans la poche des Français qui se lèvent tôt pour travailler, et dans la poche des séniors qui ne peuvent plus travailler, mais qui ont l’audace d’avoir épargner, pour être autonomes justement dans leurs vieux jours. Ne rien avoir à demander à la société.

Combien de temps encore allons-nous supporter ces injustices dans ce nouveau monde ?

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