Enquêtes au Sénat

Monique Cochinal

Aujourd’hui, deux enquêtes de deux collaborateurs de Gérard Collomb, devant nos sénateurs, on est gâté. J’ai pu suivre l’une et l’autre avec beaucoup d’intérêt, et j’essaie de rassembler mes impressions, toujours en tant que « simple citoyenne ».

Jean Marie Girier, Chef de Cabinet de Gérard Collomb, directeur de campagne du candidat d’Emanuel Macron (je viens de l’apprendre) se porte garant du Ministre et de son Ministère et charge plusieurs fois le Préfet de Police. 

Il reconnaît quelques dysfonctionnements, et nous assure aussitôt qu’il y sera remédié très prochainement. Il n’a pas eu connaissance de l’autorisation du port d’arme de Monsieur Benalla. Il n’a pas été chargé du recrutement de Monsieur Benalla, mais connaissait ses qualités d’organisateur, de sérieux, d’efficacité dans la fonction de protecteur civile, puisqu’il avait déjà exercé (avec succès) cette fonction pendant toute la durée de la campagne électorale du candidat Macron. Il ne lui appartient pas de juger des fonctions rapprochées et du nouveau statut qui lui sont attribués auprès du candidat Macron élu Président (élu par défaut, après l’élimination douteuse de son concurrent). Il n’a pas eu connaissance de l’autorisation du port d’arme de Monsieur Benalla. Il n’a pas vu Monsieur Benalla aux réunions préparatoires, après la sanction qui lui a été infligée, en regard de la vidéo des malheureux événements du 1er mai.

En résumé, Monsieur Benalla n’avait pas à se trouver là en tant qu’observateur, il n’avait aucun pouvoir pour intervenir, et surtout se comporter de la sorte. Il a été aussitôt sanctionné, et l’enquête judiciaire est en cours, donc, à nouveau : «  circulez, il n’y a rien à voir ». Le Ministre de l’Intérieur a bien fait « son » travail, et les fonctionnaires de son ministère sont compétents, dévoués, au service, avant tout, de la République. Bravo !!

Quant à Stéphane Fratacci, le Directeur de Cabinet de Gérard Collomb, à peu près mêmes réponses. Il loue (lui aussi)  

les décisions prises le lendemain de la manifestation, reconnaît quelques dysfonctionnements de coordination entre les différents services de police, et aux questions de plus en plus subtiles de plusieurs sénateurs, il renvoie aux différentes autres auditions précédentes, ou bien à l’enquête judiciaire en cours, qui saura apprécier. A ce stade, une petite remontrance du Président de la commission, le sénateur Bas, très digne, très calme, très poli : « Vous comprendrez, Monsieur le Directeur de cabinet, qu’en tant que sénateurs, il est de notre devoir d’insister ou de revenir sur certains faits qui nous paraissent troubles, toujours en regard des lois en vigueur de la République. L’enquête judiciaire en cours est tout autre chose ».

Ces enquêtes au Sénat, très utiles ont fait émerger deux dysfonctionnements de nos institutions : un mauvais fonctionnement dans la coordination des services de police, et …. Surtout, il me semble, la sur puissance du nouveau Président de la République et un déséquilibre flagrant entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (absence d’oppositions, réduites à néant), qu’il serait grand temps de réformer. A suivre ……

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