Faudrait-il mieux connaître la Syrie ?

Bernard Owen
Kurt Nimmo, à partir des données de Wikileaks (fondateur : Julian Assange), bien avant la révolte de 2011 en Syrie, fait état de remarques datant de 2006 de l’Ambassadeur des Etats Unis concernant un projet qui consistait à pousser le gouvernement Syrien à prendre une allure et des attitudes outrées, à mesure que le Printemps Arabe se déroulait (l’Ambassadeur était William Rockback). Ce projet était destiné à donner l’image de Bashar El Assad d’un homme faible, incapable d’arrêter des Islamistes de pénétrer en Irak. Il s’agissait de créer une paranoïa au sein des autorités pour les faire agir d’une façon inconsidérée.

Le Printemps Arabe se présentait par la presse occidentale comme une réaction spontanée contre la tyrannie des pouvoirs en 2011. En fait, dès le mois d’avril 20001, le journal « New York Times » énumère les actions bien pensées et coordonnées des ONG, IRI, NDI, Freedom House et l’Endowment for Democracy, dont nous avons parlé par ailleurs. Le Printemps Arabe a été conçu au loin, à Washington, dans les camps en Serbie, mais point au Moyen Orient.

En avril 2011, l’A.F.P. a publié un article présentant les moyens que le département d’Etat mettait à la disposition des pays arabes, téléphones et mails sécurisés.

En avril 2013, Roland Dumas, ancien Ministre des Affaires Etrangères, a fait part à la télévision d’une conversation avec deux diplomates britanniques lui laissant comprendre que la Grande Bretagne préparait certains évènements en Syrie.

Le Printemps Arabe fournit une image idéale bien acceptée par la gauche progressiste rejetant au loin l’impérialisme de l’Occident. Naturellement, cette image a un inconvénient, car elle prépare la voie à la conflagration régionale, et, pourquoi pas, mondiale. Les révélations de Julian Assange n’ont pas, jusqu’à maintenant, pu faire croire que la guerre en Syrie n’est pas le soulèvement d’un peuple, mais une attaque bien orchestrée par Washington, l’Arabie Saoudite contre l’Iran shiite. Les Emirats Arabes souhaitent, eux aussi, faire du sunnisme la religion prédominante contre l’Iran et … la Syrie. Naturellement, les fausses informations qui circulent à travers le monde, nous feront oublier que l’après Saddam Hussein a montré un Etat qui n’en n’est plus un, où les Sunnites se battent contre les shiites, et que les Kurdes que l’on a détachés de l’Irak sont les seuls combattants contre les extrémistes, ce qui n’arrange pas la Turquie fragilisée par les exigences de la Communauté Européenne pour accepter sa demande de faire partie de l’Union Européenne. Pour cela, il fallait, entre autre, élimer la constitution deMustapha Kemal, qui plaçait les militaires comme gardiens de la démocratie.

Steve Randall écrit un texte intitulé « Skepticism is essential in Syria reporting ». pour cet auteur, la presse internationale avec ses journalistes et les organismes, dont le but déclaré est d’apporter une juste vision du monde, se sont placés à l’écart de la réalité. Il mentionne l’opposition armée, qui tue des civils, pratique la torture, les enlèvements, les exécutions sommaires des prisonniers, et citant (la BBC du 8 janvier 2012) le recrutement d’enfants. L’on tue même des Sunnites qui refusent de prendre les armes contre le gouvernement. Les personnes interrogées ne peuvent que répéter la version des rebelles car parler autrement peut mener à la mort.

Un écrivain très connu : Nadia Khort, de Damas, dénonce la réaction de la représentante des Etats Unis, qui critique la position différente de la Russie et de la Chine. Elle cite le cynisme de l’Occident.

Nous terminerons avec la synthèse sur la Syrie de Bouthaina Chabane, conseillère auprès du Président : « Le multipartisme a été introduit en 2012. A savoir si les Occidentaux sont intéressés par les réformes….. Avant la crise, la Syrie possédait des infrastructures sanitaires, éducatives, qui fonctionnaient. Chaque village avait son école gratuite. Les étudiants allaient à l’université pour 20 dollars par an . La Syrie n’avait pas de dettes extérieures ».

Il est parfois difficile de comprendre l’Occident. Il a encouragé les Syriens à fuir le pays. Le Qatar n’a-t-il pas créé un fonds spécial destiné à aider financièrement les candidats à l’exil ?

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