Fin du grand débat national, fin du macronisme ?

 

Monique Cochinal

Nous avons assisté, jeudi dernier, à la grande conférence de presse (à grand débat, grande conférence) de notre Président, ressemblant fort au dernier acte d’une « grande œuvre théâtrale », notre président en étant le metteur en scène et dirigeant de main de fer sa troupe d’acteurs favoris : nos députés, et ministres actuels. L’acte 1 a débuté par la révélation d’actes de violence policière, lors des manifestations du premier mai 2018, commis par deux inconnus des Français, mais intimement proches du Président et de l’Elysée. Et c’est l’affaire d’Etat Benalla et compagnie (loin d’être terminée un an après).

Notre Président Macron a donc invité plus de trois cents journalistes français et étrangers dans cette belle salle des fêtes de son palais, largement éclairée par de somptueux lustres, qui mettent en valeur les dorures et peintures du plafond. On a soigné le décor pour cette grande et unique conférence de presse, il doit être simple mais très lumineux : sur l’estrade, une grande table recouverte d’une nappe d’un blanc étincelant, un fauteuil placé devant, drapeaux derrière. Les journalistes arrivent, s’installent et remplissent vite la salle, impatients de savoir ce que le Président a décidé. Puis, les uns après les autres, tous les membres du gouvernement se massent au bas de l’estrade, chacun à la place qui lui est attribuée. On attend le Président dans un grand brouhaha et avec de nombreuses prises de vues par de très nombreux cameramen et photographes, qui circulent dans la salle. Voilà le Président qui arrive de derrière l’estrade. Grand silence. Tout le monde se lève respectueusement. Le Président s’avance vers la table et s’assied avec aisance, après avoir salué gracieusement tout ce monde. La conférence commence. Pendant plus d’une heure, il va parler, changeant facilement d’attitude : tantôt d’un ton ferme et autoritaire, tantôt se faisant humble et presque contrit. Lors de ces longues heures passées parmi les Français, il a compris la grande détresse de son peuple, il a même ressenti dans sa chair leur misère, Il a « saisi l’épaisseur de ces vies » (curieuse expression, bien théâtrale, celle-ci). Mais ….. Il ne changera pas de cap …. Il est convaincu que sa politique économique et sociale est la seule valable pour sauver la France et sauver l’Europe……… Il ira jusqu’au bout avec fermeté, sans faillir…… Il sait qu’il ne pourra pas satisfaire tous les Français, car c’est impossible, et il n’a pas été élu pour cela, donc il s’en « fiche » (il me semble bien avoir entendu ce terme surprenant dans sa bouche !)….. Donc, « en marche pour des réformes « humaines », cette fois-ci on doit tenir compte des principales revendications du peuple (gilets jaunes non radicalisés y compris).

La mise en œuvre sera longue et difficile, et va nécessiter de nouveaux grands chantiers confiés au Premier Ministre et à tout son gouvernement pour un travail vite fait et bien fait (on dit pourtant travail bien fait demande du temps !). Il y a beaucoup de promesses utopiques, mais « en même temps » il y faudrait beaucoup de milliards d’Euros, et « that is the question », où les trouver ? Les caisses de l’Etat sont vides depuis longtemps …….

Qu’en pensent nos gilets jaunes « non radicalisés » et les Français ? Selon le dernier sondage, 63 % des citoyens condamnent le macronisme et n’ont plus aucune confiance en leur Président et son nouveau monde.

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