Gilets jaunes, écharpes rouges et gilets bleus

Monique Cochinal

Un feu d’artifice de couleurs nous est proposé, aujourd’hui, dans notre beau pays de France, complètement bouleversé, secoué de toutes parts, et qui part à la dérive en s’enfonçant dans la violence des manifestations de mouvements divers : gilets jaunes (au départ, non violents), écharpes rouges (contre les violences des gilets jaunes), et gilets bleus (le dernier sorti).

Après une déplorable campagne présidentielle complètement faussée, nous assistons, impuissants, à dix huit mois d’une politique imposée par un pouvoir exécutif composé de jeunes inconnus, non formés aux nouvelles fonctions leur ayant été attribuées, et à leur tête, un jeune chef, très ambitieux, prêt à toutes manœuvres ambigües pour se hisser au pouvoir et mettre en œuvre « son programme », « sa politique », « ses réformes », les seules valables, sa petite équipe bien protégée, derrière lui. Mais….. « Bien mal acquis, ne profite jamais ! ».

Un jour de novembre, subitement, un mouvement spontané de citoyens se dresse pour crier leur colère, leur détresse, et enfilent leur gilet jaune, leur seule arme pour aller manifester et se faire entendre, une bonne fois. Ils demandent des comptes à ce gouvernement, ils veulent être reconnus et parler à leur Président, seul responsable de leurs grandes difficultés. Ne plus être méprisés, ignorés, montrés du doigt par ce monarque et ses phrases incisives dites à toute occasion, y compris à l’étranger.

Et, de samedis en samedis, on assiste à des manifestations, en ville, en province, à Paris. On ne parle plus que des manifestations jaunes annoncées, autorisées, non autorisées, on fait des sondages. Combien de gilets jaunes à Paris ? Combien en province ? Plus ? Moins ? Sous quelle forme, cette fois-ci ? On évalue l’intensité des violences du samedi passé et celles du prochain. Car le Ministère de l’Intérieur, notre Ministre Castaner en tête doit se tenir prêt à protéger la population civile de ces fous de criards, destructeurs jaunes. La République est en danger, ses institutions sont attaquées. Il faut réagir et mater très fort tous ces révolutionnaires. Et c’est un déchainement de violences de part et d’autre. Chaque semaine, on compte les blessés du côté des policiers, en ignorant les blessures des manifestants, matraqués, mis à terre, souvent encerclés par les forces de l’ordre, donc obligés de rester sur place face à cette imposante police, bien protégée derrière leurs boucliers, matraques à la main, et flashball à leur disposition (seulement, paraît-il, en cas d’attaque des manifestants), si les canons à eau et les gaz lacrymogènes largement projetés ne suffisent pas à éloigner ces casseurs jaunes. Pas de distinction, plus de gilets jaunes … terminé. Et vive la République !

Et, en même temps, notre Président et son équipe décident de se montrer et d’affronter ces Français de plus en plus mécontents. On organise un grand débat national, on se déplace de ville en ville, de province en province, on essaie de se réconcilier avec tous les maires et « ces Français qui se plaignent tout le temps ». Il faut, maintenant une main de fer dans un gant de velours (le gant de velours ne réussit pas, donc il reste la main de fer !). Rigueur ! Rigueur !….. Qui mène à la catastrophe de ce dernier samedi de manifestation : Monsieur Rodriguez, un gilet jaune pacifique en train de photographier, a gravement été blessé à l’œil par un tir de flashball d’un policier. Depuis le début de ces manifestations, on avait évoqué les graves blessures provoquées par cette arme, interdite dans d’autres pays d’Europe et du monde. Alors …. Grave faute d’un policier ? Autre dysfonctionnement du Ministère de l’Intérieur dans son service d’ordre ? Le précédent dysfonctionnement de ce Ministère ayant été révélé, quelques jours avant, avec les quatre fameux passeports diplomatiques de notre cher Benalla, non restitués ? Un redonné ? Ou perdu ? Un véritable casse-tête pour nos sénateurs, qui sauront élucider cette grave affaire Benalla.

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