Gilets jaunes : l‘approbation de la mobilisation reste élevée mais en léger recul

 

Manifestation du mouvement des gilets jaunes, à Belfort, le 29 décembre 2018.

ELABE

Après plus d’un mois de mobilisation, le niveau d’approbation reste important : 70% des Français approuvent la mobilisation (-3 points en une semaine). Dans le détail, 41% (=) la soutiennent et 29% (-3) ont de la sympathie. A l’inverse, 22% la désapprouvent (+4), dont 11% y sont opposés (+2) et 11% hostiles (+2). 8% (=) y sont indifférents.

Dans le détail, la mobilisation des « gilets jaunes » reste majoritairement approuvée auprès de l’ensemble des catégories de population sauf les cadres (47%, -20). Cependant, l’intensité de cette approbation diffère selon la classe sociale, la zone d’habitation et la catégorie politique :

  • 78% (-3) auprès des classes populaires, 71% (-4) auprès des classes moyennes, 67% (-3) auprès des retraités, et 47% (-20) auprès des cadres.
  • L’intensité des opinions favorables continue de différer selon la zone d’habitation: d’une part, les habitants des communes rurales (73%, -8), des petites agglomérations (77%, -2) et des grandes agglomérations (69%, +2) et d’autre part ceux  de l’agglomération parisienne (61%, -10).
  • D’un point de vue politique, le mouvement est approuvé par une majorité au sein de chaque électorat sauf l’électorat d’Emmanuel Macron (42%, -13): 90% (-1) chez les électeurs de Marine Le Pen, 82% (-4) chez ceux de Jean-Luc Mélenchon, 71% (-5) chez les abstentionnistes et 61% (+1) chez ceux de François Fillon.

Les Français sont très divisés sur la suite à donner à la mobilisation des « gilets jaunes ». Après avoir fortement diminuée en deux semaines (-17 points), la volonté de poursuite de la mobilisation est quasiment stable cette semaine.

Après plus d’un mois de mobilisation, 54% des Français estiment que la mobilisation doit se poursuivre (+2 points en une semaine) alors que 46% pensent qu’elle doit s’arrêter (-1).

Les catégories populaires continuent majoritairement à souhaiter la poursuite de la mobilisation (65%, +1), les classes moyennes sont plus partagées (59%, +9), alors que les retraités (44%, +3) et les cadres (37%, -13) sont minoritaires à souhaiter sa continuation.

D’un point de vue politique, la poursuite de la mobilisation est souhaitée par 75% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (-1) et 76% des électeurs de Marine Le Pen (=). A l’inverse, 79% des électeurs d’Emmanuel Macron (+5) et 62% des électeurs de François Fillon (-12) pensent que la mobilisation doit s’arrêter.

Les Français sont partagés sur les annonces concernant le pouvoir d’achat.

46% des Français considèrent que les annonces ne répondent qu’en partie aux attentes concernant le pouvoir d’achat. Seulement 12% trouvent qu’elles répondent complètement aux attentes. Enfin, 42% estiment qu’elles n’ont pas du tout répondu aux attentes.

Une majorité de l’électorat de Marine Le Pen (65%) et de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (58%) considèrent que les annonces ne répondent pas du tout aux attentes.

Une majorité des électeurs d’Emmanuel Macron (60%) et de François Fillon (56%) trouve que les annonces répondent en partie aux attentes.

Les abstentionnistes sont divisés sur cette question puisque 48% trouvent que les annonces ne répondent pas du tout aux attentes, 43% en partie et 9% complètement.

L’amélioration du pouvoir d’achat est perçue prioritaire parmi les revendications des gilets jaunes

72% des Français considèrent que l’amélioration du pouvoir d’achat est la première priorité, suivie par la meilleure prise en compte de l’avis des citoyens dans les décisions politiques (42%), la lutte contre l’évasion fiscale (32%), la remise à plat de la fiscalité (30%) et l’amélioration des services publics dans tous les territoires (16%).

L’amélioration du pouvoir d’achat est encore plus largement prioritaire parmi les électeurs de Marine Le Pen (85%), les catégories populaires (79%) et par les personnes âgées de 35 à 64 ans (78%).

La meilleure prise en compte de l’avis des citoyens dans les décisions politiques est davantage perçue comme la priorité auprès des électeurs de Marine Le Pen (58%), les salariés du public (44%) et les personnes âgées de 18 à 34 ans (46%).

Les questions de fiscalité sont davantage perçues comme la priorité par les Français âgés de 65 ans et plus (40%) et les retraités (36%).

Enfin, l’amélioration des services publics est davantage considérée comme priorité par les salariés du public (24%), les cadres (26%), les électeurs d’Emmanuel Macron (26%) et les personnes âgées de 18 à 34 ans (22%).

Une large majorité de Français sont favorables à la mise en place du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC)

Quel que soit le domaine d’application du RIC, les Français y sont largement favorables : 82% y sont favorables pour proposer des lois, 80% pour abroger des lois, 76% pour approuver les traités européens et internationaux, 73% pour révoquer un élu et 67% pour modifier la Constitution.

Sur l’ensemble de ces domaines dans lesquels le RIC pourrait être mise en place, le niveau d’approbation diffère en fonction de la catégorie sociale, de la zone d’habitation et du vote à l’élection présidentielle de 2017:

– Les catégories sociales populaires et moyennes sont plus favorables (entre 66% et 88% selon le domaine d’action) au RIC que les catégories sociales supérieures (entre 54% et 82%).

– Les Français des communes rurales sont les plus favorables à la mise en place du RIC (entre 69% et 86%), quel que soit le champ d’action de celui-ci, suivis par les résidents de communes urbaines de province (entre 69% et 82%), et par les habitants de l’agglomération parisienne (entre 58% et 79%).

– Politiquement, ce sont les électeurs de Marine Le Pen (entre 86% et 93%) et de Jean-Luc Mélenchon (entre 83% et 91%) qui sont le plus favorables au RIC, suivis des abstentionnistes (entre 69% et 87%), des électeurs de François Fillon (entre 56% et 74%) et de ceux d’Emmanuel Macron (entre 45% et 71%).

Pour la moitié des Français, aucune formation politique n’incarne l’opposition à l’exécutif. Le Rassemblement National premier parti d’opposition pour la première fois depuis juillet 2017. Lorsqu’ils sont testés, les « gilets jaunes », apparaissent en 1ère position, devant les partis politiques.

Pour 53% des Français, aucune formation politique n’incarne l’opposition. Ce chiffre est en hausse de 10 points en un mois. Pour la première fois depuis juillet 2017, le Rassemblement National est perçu comme le parti politique qui incarne le mieux l’opposition (18%, +2), suivi de la France Insoumise (17%, -8), des Républicains (6%, -4), du Parti Socialiste (3%, -1), du Parti Communiste (2%, =) et de l’Union des Démocrates Indépendants (1, +1).

Lorsque l’on ajoute les « gilets jaunes » dans la liste testée, ces derniers devancent nettement les partis politiques. 43% des Français continuent de dire qu’aucun acteur politique n’incarne l’opposition, 23% choisissent les gilets jaunes, 13% le RN, 12% LFI, 4% LR, 3% le PS, 1% le PCF et 1% l’UDI. La France Insoumise et le Rassemblement National se situent 5 points en-dessous dans ce scénario incluant les « gilets jaunes ».

Les gilets jaunes sont davantage perçus comme incarnant l’opposition par les résidents de petites agglomérations (26%), par les 18-24 ans (28%), par les électeurs de Marine Le Pen de 2017 (27%), par les inactifs (26%) et par les sympathisants de gauche (27%). Ces taux de réponse relativement élevé chez les électeurs de Marine Le Pen et les sympathisants de gauche expliquent que dans ce scénario le RN et la FI perdent respectivement 5 et 6 points sur cette question.

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