Goulard sommée de s’expliquer sur les liens entre Macron et un raider américain


Sylvie Goulard. © Reuters

Quelques extraits d’un article fort intéressant…

4 OCTOBRE 2019 PAR LAURENT MAUDUIT

Après une audition mouvementée devant le Parlement européen, la candidate au poste de commissaire européen au marché intérieur va devoir répondre à des questions écrites complémentaires.

Après l’audition mouvementée qu’elle a connue, le 2 octobre, afin de devenir commissaire européen au marché intérieur, Sylvie Goulard espérait peut-être en avoir fini avec ce long parcours d’obstacles vers Bruxelles. Et pourtant, non. Dès la fin de l’audition, elle a su qu’une nouvelle épreuve l’attendait. Le Parlement européen a en effet décidé que les « coordinateurs » pour les commissions parlementaires – qui regroupent les dirigeants politiques de chaque groupe, chargés de coordonner le point de vue de leur groupe sur les différents sujets et d’organiser le travail, en relation avec le président et les vice-présidents– lui enverraient un jeu de multiples questions écrites, afin qu’elle leur fournisse des réponses plus précises.

Mediapart a pris connaissance de ces questions auxquelles va devoir maintenant répondre Sylvie Goulard : elles sont susceptibles d’être ravageuses. Elles reprennent, mais de manière beaucoup plus détaillée et incisive, les interpellations qui ont été lancées lors de l’audition. Et surtout, elles détaillent les relations professionnelles que l’ex-ministre française des armées entretenait avec le raider américain Nicolas Berggruen, ainsi que les relations que ce dernier ainsi que son frère, Olivier Berggruen, entretenaient avec Emmanuel Macron.

Or, comme ces questions sont posées de manière écrite, il va maintenant être beaucoup plus difficile à celle que l’Élysée veut faire entrer à la Commission européenne de jouer de l’esquive ou d’éluder les questions.

Sous l’intitulé « Questions écrites supplémentaires au commissaire européen pour le marché intérieur », le questionnaire commence par un commentaire acerbe qui donne le ton : « Lors de l’audition du 2 octobre 2019, vos réponses et vos engagements ne nous ont pas été clairs. »

Suivent alors une cascade de questions qui portent sur tous les volets de l’activité qui seront sous la supervision de Sylvie Goulard, si finalement le Parlement devait accepter qu’elle devienne commissaire européen au marché unique, aux côtés d’Ursula von der Leyen. Du marché unique jusqu’à la défense, en passant par la politique industrielle, les aspects extérieurs, le numérique, le dieselgate, l’économie circulaire, la politique industrielle, ou encore l’intelligence artificielle, la candidate va donc devoir de nouveau s’expliquer sur les  innombrables dossiers de son possible portefeuille.