Graves désordres dans notre service d’ordre

Monique Cochinal

La dix huitième manifestation des gilets jaunes fut une journée d’une violence inouïe. On a assisté, avec tristesse, à de véritables scènes de guérilla, avec le sentiment très net d’un grand désordre du côté des policiers impuissants devant cette minorité de casseurs, toujours les mêmes, parfaitement organisés, qui réussissent toujours à s’infiltrer dans les cortèges, et qui, munis d’outils, arrachent des pavés, des grilles, des palissades de chantier, cassent, incendient, pillent et, leur sale besogne faite, disparaissent, tels des fantômes, dans les rues adverses, sans que les policiers puissent les attraper. Ils sont connus de la police, pourtant.

Samedi dernier, nos services de renseignements étaient informés qu’un groupe plus important et plus violent, bien décidé à « tuer du flic » serait présent dans cette manifestation sur la plus belle avenue de France. Alors, pourquoi ne pas avoir prévu plus d’effectifs ? La nouvelle méthode tant vantée par notre Ministre de l’Intérieur, dès décembre, devant une première commission d’enquête du Sénat, est-elle efficace ? Apparemment non, quand on voit nos policiers reculer devant une petite minorité de casseurs et assister, impuissants aux nombreux ravages, incendies de boutiques, de banques, immeubles. Que s’est-il passé ? Quels sont les responsables de tous ces désordres ?

Dès le lendemain de ce funèbre jour, dès le retour du Président Macron parti en week-end faire du ski, il y eut une grande réunion de crise : hauts fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, policiers, Madame Belloubet, Ministre de la justice, l’adjoint du Ministre de l’Intérieur, pour savoir quels étaient les responsables de ces graves désordres, qui devaient être sanctionnés ? Qui n’avait pas respecté les consignes de fermeté données, bien sûr, par Monsieur Castaner, le grand chef responsable de l’ordre public de notre Etat ? Très vite, on devait trancher. Très vite, on devait faire tomber une tête, mais, laquelle ? Vous souvenez-vous ? Du temps de l’affaire Benalla, on a beaucoup parlé d’un certain préfet de police : Michel Delpuech, pas forcément d’accord avec les affirmations de certains dirigeants de l’Etat, dans cette commission d’enquête sénatoriale. On a donc décidé, après délibération, que notre préfet de police devait être limogé (bien qu’excellent préfet, d’après les affirmations de Monsieur Castaner), car il aurait dû savoir que les ordres de fermeté données par notre Ministre de l’Intérieur, n’avaient pas été respectés, laissant nos policiers, gendarmes mobiles, ou non mobiles, sans ordres précis, et on sait que sans ordre de charger, pas de charge, c’est la loi, au risque de se faire massacrer par ces casseurs.

Cependant, comme il était évident qu’il y avait eu de graves dysfonctionnements, à nouveau, dans plusieurs de nos institutions, deux de nos ministres : Monsieur Castaner, et Monsieur Lemaire, ainsi que l’adjoint de Monsieur Castaner ont été convoqués devant une nouvelle commission d’enquête du Sénat, car nous sommes en droit de connaître la vérité dans cette grave crise gouvernementale.

Décidément, rien ne va plus dans ce « nouveau monde ».

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