La démocratie en Amérique

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Nous sommes en 2017, moment où la France se prépare  pour des élections présidentielles directes mais à deux tours. Il est toujours intéressant de tourner les pages d’un ancien qui réfléchissait sur la nouveauté de son temps: la République des Etats-Unis et ce qu’elle entamait (Alexis de Tocqueville « De la démocratie en Amérique », Chapitre II, page 264) . Parlant de démocratie  « je l’aime par la considération des maux qu’elle empêche bien plus que pour les biens qu’elle fait » (Livre II, Chapitre 7)  L’on comprend difficilement comment les américains libres et indépendants ne tombent pas dans les abus de la liberté mais sont constamment en train de former des associations pour promouvoir quelques principes politiques. Ces  rencontres, ces échanges d’idées soutiennent des  initiatives. « La liberté d’association lui parait nécessaire et intéressante car il se passe un transfert au niveau des partis qui regroupent autant au niveau national que local. »

Tocqueville Livre I, Chapitre VI: « De quel despotisme peuvent craindre les nations démocratiques? »

Ses contemporains ont deux passions conflictuelles. Ils veulent être dirigés tout en conservant leur libertés. Etant donné qu’il faut joindre les deux, le choix s’est porté de la façon suivante: Ils optèrent pour un gouvernement puissant mais élu par le peuple. Cette lucidité qui  pourrait mener à des situations conflictuelles ne satisfait pas Tocqueville. Mais à la réflexion il la considère comme une étape positive.

Il raisonne de la façon suivante: Dans le cas où le souverain est élu ou « surveillé » par une assemblée législative élue et indépendante l’oppression sur les individus peut être parfois plus forte mais toujours dégradante car chaque personne peut se dire que lorsqu’il obéit, c’est à lui-même qu’il obéit et que les autres sont soumis à ceux qui partagent ses propres idées.

Tocqueville insiste sur la nécessité d’avoir la démocratie au niveau des affaires locales de façon à ce que l’individu soit conscient de sa propre volonté et de son pouvoir. Ceci se ressentira quand il aura à choisir au moyen d’une autre élection les dirigeants au niveau de la nation.

Livre I, Chapitre X

Tocqueville développe l’intérêt d’avoir  de grands partis. Sa définition est intéressante. Ils représentent deux idéologies, vieille comme le monde que l’on trouve dans toute  démocratie qui se présentent sous des noms différents, l’un tendant à limiter l’autre à  augmenter considérablement le pouvoir du peuple.

Livre I, Chapitre IV

Notre ami Tocqueville entrevoit le danger des élections trop fréquentes car elles pourraient attiser et renforcer l’animosité des camps opposés. Il mentionne la nature humaine pour qui les intérêts matériels se situent en première place. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont les seuls car il a  été témoin d’actions pour le bien public qu’ont mené à des sacrifices individuels.

En admettant que Tocqueville revienne pour s’entretenir avec nous afin de prendre connaissance de la démocratie dans le monde. De ses réalisations et de ses échecs. Il pourrait constater la séparation des pouvoirs, la liberté des croyances religieuses. Ces premières constatations me parviennent que le réjouir  mais en approfondissant sa recherche il ne pourrait que trébucher sur des  dysfonctionnement de la démocratie. Comment répondre à ses questions? Les instabilités gouvernementales. Les gouvernements minoritaires chargés des affaires courantes. « Le certain déséquilibre » dont il parlait existe ou n’existe pas. Il ferait les découvertes: Les « structures d’influence électorales » « l’absence de structures d’accueil pour le vote contre », « Les effets des systèmes électoraux ». La proportionnelle qui peut créer des coalitions gouvernementales de cinq partis incapable de se mettre d’accord en situation de grave crise socio-économique. Il existe un terrible exemple que l’on aurait du mal a lui expliquer. Le fonctionnement de la démocratie en Allemagne de Weimar qui possédait un système électoral très proportionnel qui a mené à un gouvernement                                                                                          de cinq partis incapables de s’entendre pendant deux ans  ce qui a mené à l’élection du Parti Nazi avec Hitler à la tête et plus de 40 millions de morts.

Il apparait que rares sont ceux qui travaillent et enseignent le danger de la proportionnelle. Nous parlerions à notre ami Tocqueville, ainsi que vous, électeur contemporain de deux livres qui préparent cette étude, la plus importante de notre époque et de notre avenir.

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