La démocratie par tirage au sort

Tirage au sort pour la Ligue des champions de l’UEFA, 2010. Photo : FABRICE COFFRINI.AFP

Bernard Owen, Monique Cochinal

L’on apprend qu’en Belgique, le parlement de la communauté germanophone (troisième communauté du pays avec 76 000 habitants) a voté l’intégration d’un conseil citoyen dans le processus législatif. Donc, dès septembre prochain, un conseil de 24 citoyens tirés au sort pourra s’impliquer dans la vie politique.

Serait-ce judicieux de remettre entre les mains du hasard le sort et la bonne gouvernance d’un Etat ? Je ne le pense pas, car dans ce système, on ne tient pas compte de la notion de pouvoir discerner, par notre intelligence, la meilleure procédure à suivre pour le bien être de tous.

Il est évident que toute communauté, pour vivre en bonne entente, a besoin de structures, et doit se choisir un chef. Dans le règne animal, la meute des loups, par exemple, va reconnaître comme chef le loup qui, par sa nature, par son besoin d’agir, sa force et sa puissance saura les guider. D’instinct, la meute, pour survivre, n’aura pas désigné au hasard leur guide.

Tous nos nombreux Etats sont formés de différents groupes d’individus, aux pensées multiples, qui se choisiront chacun un chef, le leader. La complication viendra quand deux chefs de deux groupes différents émergent, par leurs égales qualités. Il faudra bien que la population choisisse celui qu’elle estime le meilleur, avec le risque de se tromper…….

Ces différents groupes (Eglise, syndicats, équipe de sport) et leur chef, sont nos partis, à condition qu’ils se stabilisent, et deviennent « structure d’influence » (terme technique) dans l’élection nationale. Peu à peu, on s’est rendu compte que l’électeur conçoit l’enjeu de l’élection de façon différente selon le système électoral choisi. On a surtout exploré différents systèmes électoraux aux moyens mathématiques (majoritaires, uninominaux, plurinominaux …… et les proportionnels, avec décompte d’un quotient : système d’Hondts, système Lagues ….). Dans le cas d’une élection à la proportionnelle, on obtient rarement un bipartisme, il faut donc envisager le soutien ou la participation d’autres partis, ou tendances, pour former un gouvernement. Dans ce cas, les gouvernements se heurtent à de graves difficultés dans l’exercice de leurs fonctions, pouvant mener à une malheureuse séparation au sein de l’Etat.

Nous nous sommes intéressés à nos amis Belges. Nous avons proposé des systèmes électoraux majoritaires, uninominaux à un tour. Nous avons présenté les exemples européens ou la proportionnelle à mené à des désastres. Nous avons présenté la raison pour laquelle les systèmes électoraux agissent sur la conception que les électeurs avaient de l’enjeu électoral. Cela se conçoit sans difficulté en travaillant de façon comparative et dans le temps. Les animaux en liberté choisissent leur chef. Le tirage au sort serait le signe que nous sommes d’une espèce inférieure, incapable d’établir un choix. La capacité de choisir pourrait se retrouver dans un laisser-aller généralisée   Cela se conçoit généralisé et bientôt se retrouverait  dans nos concepteurs d’avions et d’automobiles.

Nous avons de nombreux exemples de ces situations en Europe, exposés dans d’autres textes, et nous nous sommes rendus, à plusieurs reprises chez nos amis Belges, et sommes prêts à y revenir, ne serait-ce que pour apprécier leurs merveilleuses frites, en oubliant ce que l’Union Européenne en a dit …..