La France ne doit pas faire bande à part

Bernard Owen

Les interventions des Occidentaux au Moyen Orient ont mené à des situations pires qu’auparavant. L’Irak s’est retrouvé pendant une année entre les mains d’un nommé Brenner, qui a dissout le parti laïc Bass, comprenant les fonctionnaires, les enseignants, ainsi que les militaires. Tout ce monde s’est retrouvé dans la rue. Les opposants modérés au pouvoir se sont fait la guerre, laissant la place aux fanatiques, dont la seule opposition crédible venait des Kurds détachés de l’Irak. Cette situation, très mal vécue par la Turquie, laisse une porte ouverte à la recomposition des frontières du Moyen Orient.

Autre erreur : La Libye. Kadhafi avait rejoint le camp de l’Occident, après avoir réussi à créer un Etat à partir de puissances tribales, il a assuré la tranquillité du Sahel, et a apporté un soutien considérable aux Maliens.

Deux mots sur l’Egypte, dont les conseillers occidentaux ignoraient tout des règles essentielles devant précéder la mise en place d’institutions démocratiques viables. L’Egypte a été menée le long d’une route semée d’embûches, et cette démocratie tant souhaitée est noyée dans l’incertitude.

La somme de toutes les erreurs de l’Occident se retrouve dans la France actuelle, où notre Ministre des Affaires Etrangères s’est lancé dans la reconnaissance de l’opposition dite modérée du pouvoir Syrien en place. La France n’est plus le grand et puissant Etat qu’elle a été dans l’histoire, et la relève est présente : Les Etats Unis, la Russie, l’Iran sont à même de s’opposer aux remontrances que l’on entend, lors des réunions internationales. Le Ministre Russe des Affaires Etrangères : Lavrof, en « off » fait comprendre qu’il sait que tous les opposants de Bachar El Assad sont des terroristes, et que le pouvoir laïc en place est préférable aux gentils opposants, une minorité qui ne représente rien. N’oublions pas que dans ces Etats les dictateurs laïcs au pouvoir avaient leur place, et que le moment de les remplacer n’était pas venu. Le père de Bachar El Assad était venu au pouvoir soutenu par les militaires. Ce n’était pas le cas de Sadam Hussein. Les militaires l’avaient rejoint, impressionnés par son sens de l’organisation. Tony Blair a admis en public s’être trompé sur l’exploitation d’armes de destruction massive.

Certes, le Moyen Orient et ses « pétro dollars » issus des monarchies héréditaires et absolues, aide les pays sunnites, mais est-ce souhaitable pour l’avenir ?

Pendant ce temps, la France, avec quelques avions, se veut présente sur la scène syrienne. Elle a organisé, en octobre 2015, un « diner de travail » sans la Russie et l’Iran. Laurent Fabius tente de convaincre que la diplomatie française n’est pas morte. Cela sera difficile, car tous les Etats sont bien convaincus de la nécessité de négocier avec Bachar El Assad. A noter que Laurent Fabius a invité à Paris, le 6 novembre 2015, le représentant des opposants modérés de la Syrie. Hubert Védrine (selon l’A.F.P avait dit que ce « diner » serait le baroud d’honneur de Laurent Fabius, auquel on proposerait une place au Conseil Constitutionnel.

Certes, Laurent Fabius n’a pas été déclaré responsable de l’affaire du sang contaminé, mais personne ne parle du fiasco de « green peace » en Nouvelle Zélande.

Il est possible qu’une entente entre les services syriens et français aurait rendu plus difficiles les tristes évènements de Paris. Pour l’instant, les Etats Unis et la Russie s’entendent avec efficacité au niveau militaire. Pour la suite, c’est à voir ……

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