La République en Marche et l’affaire des homards de François de Rugy

Monique Cochinal

Les années se suivent et …. Se ressemblent pour notre parti La République en Marche et son nouveau monde de Macronistes exemplaires :

En juillet 2018 : un bel été bien éprouvant pour nos élus : c’est le début de la malheureuse affaire Benalla et Compagnies, bien cachée par nos dirigeants pendant deux mois, loin d’être terminée, puisqu’elle est entre les mains de la justice aujourd’hui encore. On dit que les Français ont la mémoire courte, ils auront ainsi le temps d’oublier. Ce fut, pourtant, une grave crise politique pendant des mois et non « l’affaire de l’été » comme on semblait le prétendre. Un jour, quand la justice sera prête, nous saurons enfin la vérité.

Juillet 2019, juste un an après, voici une nouvelle affaire politique, qui entache l’exemplarité de nos « macronistes » au pouvoir. Le journal Médiapart vient de révéler les somptueuses dépenses de notre Ministre de l’environnement et de l’écologie : François de Rugy et de sa femme. Ce sont de grandes réceptions données dans un bel hôtel parisien, possédant une cave aux grands crus, datant de l’empire napoléonien, avec homards bien rouges, bien préparés et fort appétissants (photo à l’appui), caviar, mets fins et champagne, naturellement. Autour de la table dressée, Madame a invité de très nombreux convives, comme à chaque fois, triés sur le volet : grands patrons de lobbies puissants, amis du couple, journalistes et autres personnages influents. Ce sont voitures avec chauffeurs mises à la disposition de la famille De Rugy. Ce sont ces sommes folles engagées pour la rénovation des appartements de Monsieur et Madame. On parle même d’un sèche-cheveux de Madame recouvert de feuille d’or, laissé dans un des appartements (photo à l’appui). On dit aujourd’hui qu’il n’a pas payé un Euro d’impôts sur le revenu, car il aurait fait don de 1200 Euros chaque mois à des associations écologiques et à son parti. Il me semblait, cependant, que le montant total de dons pour chaque foyer fiscal était règlementé. Il essaie de se défendre comme il peut, mais c’est d’un comique !!! Exemple : un journaliste lui montre la photo de la table dressée, avec, en premier plan, trois magnifiques homards, vins fins, champagne etc… François de Rugy répond : « c’est un coup monté, on veut ma mort …. De toute façon, je ne bois pas de champagne et je suis allergique au homard ainsi qu’à tous les crustacés ». Cela me rappelle la réplique, l’été dernier, du Président Macron interpellé par un journaliste concernant la construction de la piscine dans sa résidence d’été, en bord de mer. « On ne m’a pas demandé mon avis » nous dit Monsieur le Président, qui poursuit : « moi, je préfère de beaucoup les bains de mer, sur ma plage privée, mais …. Par économie, il est moins coûteux d’assurer ma sécurité au bord de la piscine dans l’enceinte de ma résidence que sur ma plage privée ». On peut dire que nos jeunes recrus se ressemblent et ont les mêmes réactions quand ils se sentent menacés.

Le parti, devant ces nouveaux événements, a aussitôt réagi, contrairement aux deux mois de silence absolu dans l’affaire Benalla. François de Rugy a été convoqué, hier, à Matignon par le Premier Ministre, et le président s’est, paraît-il, fâché, il est furieux. Une enquête judiciaire est ouverte, et les fouilles des appartements se font en quête de preuves. Notre Ministre de l’écologie sera, peut-être obligé de donner sa démission, car son comportement est inexplicable, surtout quand on a passé son temps à donner des leçons de morale pour une « république exemplaire », quand on a exigé de tous les citoyens de faire des efforts pour changer notre mode de vie en vue d’une planète écolo, toute verte.

Les deux images ont déjà fait le tour du monde sur internet : l’une montrant les trois homards et le champagne, l’autre montrant le sèche-cheveux recouvert d’or. Elles vont le poursuivre partout où il ira. Quel poids aura-t-il à l’avenir. Ce sera « le Ministre écolo aux homards », l’affaire « des homards et du champagne de François de Rugy », et l’homme de la « république exemplaire, pour les autres seulement, pas pour lui ».

Au sein du parti La République en Marche, la bataille meurtrière en vue des prochaines élections municipales pour la direction de la ville de Paris, n’est pas mieux. On assiste à des compromissions multiples. Tous les coups les plus bas sont permis. Gare à celui qui veut faire bande à part, il sera limogé et exclu du parti. La façon dont on a imposé la candidature de Benjamin Griveaux fait dire à un éditorialiste que c’était un vote à la russe, du temps du régime communiste en Russie.

Alors, le parti La République en Marche, est-ce un mouvement de jeunes élites avides de pouvoir et de richesse ? Est-ce un nouveau parti aux méthodes plus que troubles ? Un nouveau « panier à crabes » (en la circonstance, on pourrait plutôt dire : un panier à homards ?