La série des affaires politico judiciaires. Grand embarras pour LREM et les « macronistes »

Monique Cochinal Chercheur associé

Et la valse des « affaires politico judiciaires » continue ! Tournez … Tournez valseurs. Après l’affaire récente des « homards de François de Ruggy » voici, de nouveau, « l’affaire des mutuelles de Bretagne ».

Richard Ferrand, quatrième personnage de l’Etat, Président de l’Assemblée Nationale, a été mis en examen et interrogé, dans la nuit de mercredi à jeudi (ce jour), à Lille pour « prise illégale d’intérêts dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne ». Cette affaire date de presque deux ans, et il est souhaitable de la rappeler, les citoyens français ayant la mémoire si courte….

Octobre 2017 : une première plainte est déposée à Brest. L’affaire est classée sans suite par le « complaisant Procureur de Brest ». Richard Ferrand, un des plus fidèles compagnons de notre Président Macron, peut poursuivre, radieux, sa carrière politique. Pas de soucis, tout est clair et net. C’est un homme intègre, très compétent, dont la République a grand besoin ….. Et en septembre 2018, notre ami Richard Ferrand, nommé par son Président et ami, prend la succession de François de Ruggy au perchoir de notre très respectable Assemblée Nationale. Il faut se souvenir du départ tout à fait imprévu et larmoyant du Ministre de l’écologie et de l’environnement : Nicolas Hulot, qu’il fallait bien vite remplacer et faire un léger remaniement gouvernemental ; ainsi, pour remplacer Nicolas Hulot, on nomma François de Ruggy, un autre grand ami du président, et pour remplacer François de Ruggy, qui était au perchoir, on nomma Richard Ferrand, cet homme aux grandes qualités : intégrité reconnue, compétence, fidélité, un vrai convaincu « macroniste ».

Tout fonctionnait bien …. Oubliées les casseroles de Richard Ferrand. Pour gagner du temps, on fait transférer son dossier de Brest à Lille, bien qu’à cette époque, l’association anticorruption « Anticor » ait déposé une seconde plainte avec constitution de partie civile.

Septembre 2019 : patatras ! A Lille, le dossier est rouvert et …. Pour la seconde fois, Richard Ferrand est mis en examen par la justice. Doit-il démissionner ? Oui ? Non ? Comme François de Ruggy, dans l’affaire des homards, en son âme et conscience, il se pose la question. Il sait qu’il est innocent, il ne renoncera pas à son perchoir, il se justifie comme il peut, lui aussi, en invoquant la présomption d’innocence. Il doit continuer « sa » mission dans « son gouvernement », et il ajoute : « Je ne suis pas le seul dans ce cas ». En effet, il y en a d’autres qui traînent des affaires politico judiciaires derrière eux, non élucidées : la justice est si lente dans certaines circonstances …..

Il restera à son poste honorifique de Président de notre belle et transparente Assemblée Nationale. La Plupart de nos jeunes élus le soutiennent avec fermeté. Monsieur Le Gendre, chef de file des députés de LREM, estime qu’il doit rester à ses fonctions, où il jouit de la confiance et de l’estime d’une grande majorité de députés. Sibeth Ndiaye minimise la portée d’une éventuelle mise en examen. Sébastien Lecornu, ancien Filloniste qui a vite tourné sa veste pour se diriger vers le candidat Macron, lors des dernières malheureuses élections présidentielles, affirme même, devant les médias, qu’il est dans son droit le plus absolu de rester au gouvernement, présomption d’innocence oblige, car la justice est indépendante (qui l’aurait cru ?) et donc les affaires judiciaires sont indépendantes des affaires de l’Etat (on en doute souvent, surtout depuis ce quinquennat). Cependant, il ajoute que c’est une très mauvaise nouvelle pour tous nos politiciens, à la veille de nouvelles élections.