Le grand débat national, et après ?

Monique Cochinal

Ce jour, c’est à nouveau une rencontre entre les maires de la Gironde et notre Président, pour un grand débat national. Pour des raisons politiques, la belle ville de Bordeaux a été judicieusement choisie. En effet, c’est la ville de Juppé, ex opposant d’Emmanuel Macron dans cette dernière malheureuse campagne présidentielle. Après avoir été maire de nombreuses années, Alain Juppé portera sa démission justement ce soir à la préfecture, pour une entrée au Conseil Constitutionnel. Une dernière fois, il assistera, en tant que maire, à ce grand débat, et se retrouvera pour presque quatre heures aux côtés du Président, le vainqueur, le regardera, l’admirera peut-être pour sa jeunesse, son aisance, avant de partir de la salle, en toute discrétion, seul, à pied, pour aller jusqu’à la préfecture déposer sa démission. Sur son chemin, pas de badauds, personne pour lui serrer la main, le remercier, ou l’encourager dans sa décision, tous les projecteurs sont braqués sur la vedette du jour et sa suite. Quelle tristesse ! Mais, en politique, le vaincu est vite oublié, mis au placard, surtout quand il vieillit, dans ce monde de jeunes loups.

Que dire de ce débat ? Rien de bien nouveau, rien d’innovant …. Le théâtre continue, le principal acteur étant le Président en personne. Il écoute, sourit aimablement, prend des notes, paraît très attentif aux questions posées des maires (bien souvent les mêmes, depuis le temps), puis se lève et répond à chacun (toujours les mêmes réponses), c’est devenu une habitude, comme un rite, un grand meeting de campagne électorale. Des promesses, encore des promesses, toujours des promesses ……

Il est grand temps que toutes ces heures de parlottes cessent, car les Français (62 %) se demandent avec angoisse ce qu’il va sortir de tout cela. Ne serait-ce pas une belle envolée théâtrale de plus ? Dans le but des prochaines élections : les européennes, puis les communales, il faut absolument se réconcilier avec ses électeurs et convaincre tous les opposants pour vaincre. Ah ! Nous voilà revenus dans l’ancien monde, subitement. Tout passe …. Tout lasse …….

Sans les gilets jaunes, que l’on veut anéantir très vite, rien de tout cela ne se serait passé. Les réformettes seraient votées et appliquées, les taxes multiples et impôts supplémentaires seraient engrangés dans les caisses de l’Etat. Quant à la dette nationale, pas de problèmes : elle aurait augmenté gentiment, sans contrôle.

Mais, les gilets jaunes veillent. Ils sont de moins en moins nombreux, débinés par les uns et les autres, traités de tous les noms par nos dirigeants et le Président qui félicite les forces de l’ordre de leur travail impressionnant, lors de chaque manifestation, et du bon résultat obtenu puisqu’il n’y a pas eu un seul mort de leur côté. Quant aux nombreux blessés, mutilés, et aussi plusieurs morts du côté des manifestants …. Ils n’avaient pas à manifester, sachant qu’à chaque fois il y avait beaucoup de violence …. Ils devaient s’attendre au pire et rester chez eux. On doit respecter la loi et il n’est pas question d’interdire, en France, le droit de manifester, notre Président nous l’a confirmé aujourd’hui, avec autorité.

Alors, à quoi donc aura servi ce grand débat national ? Et que va-t-il se passer après ?

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