Le grand débat: national Ultime issue de secours du macronisme

Monique Cochinal

Et voilà … le grand débat national est lancé. Depuis plus d’une semaine, on nous en parle sur toutes les chaînes de télévision, en direct, nous vivons au rythme des régions de France, au nord, au centre, au sud. C’est l’occasion de reconna: tre certains visages mais, surtout de découvrir tous les principaux et nouveaux jeunes illustres inconnus députés, ministres, secrétaires d’Etat en fonction, le Premier Ministre en tête. Après l’ouverture fracassante et les séances de réconciliation du président en personne avec nos maires fort en colère du peu d’intérêt porté par le gouvernement, il faut ramener à la bonne cause les citoyens Français, mécontents, eux aussi, et leur prouver que leur bon roi les a entendus. Au passage, une simple remarque : dans cette foule de Français, on ne voit pas de Gilets jaunes, face au Président, et pourtant…. La belle lettre du Président est adressée à tous les Français, mais on se méfie beaucoup de cette foule criarde, revendicatrice, jamais satisfaite de son sort. Y aurait-il, également, une grande méfiance aussi de la part des gilets jaunes ?

Edouard Philippe fait son tour de France et va, de commune en commune, de village en village, rencontrer au plus près, en décontracté, nos habitants, citoyens Français pour un débat sur les quatre thèmes principaux imposés par le Président. L’ambiance des salles est fort sympathique, on parle beaucoup, de tout : les souffrances de la vache de Monsieur X et des difficultés pour trouver un abattoir « agréé » pour euthanasier cette pauvre bête. Notre Premier Ministre hoche de la tête, compatit. On ne s’ennuie pas, ils sont sympa ces braves paysans. Tout va bien …. Juste quelques remarques sifflantes sur les 80 kilomètres heure imposés partout, au lieu des 90. Il est responsable de cette loi, il assume et il savait qu’elle était « vachement impopulaire », mais il ne regrette pas, car, affirme-t-il, moins de morts sur les routes, les statistiques le montrent, donc, c’est une bonne loi et il n’est pas question de la supprimer. Et, au fil des heures, le même scénario se poursuit. Chacun prend le micro, explique son problème, fait part de ses critiques et de ses difficultés devant notre premier ministre, très attentif, puis qui répond, essaie de convaincre, avec simplicité, qu’il est impossible de changer quoique ce soit des lois « vachement bien préparées et débattues dans de nombreuses commissions, en pesant le pour et le contre, et qui doivent donner de bons résultats, mais il faut attendre, et encore attendre…. Finalement, nous sommes tous des impatients, et des Français jamais contents…. Difficiles à gouverner.

Dans chaque débat, la position du gouvernement reste toujours la même. La transition écologique ? Tous les problèmes sont évoqués : en premier, celui de réduire notre consommation d’énergie, réduire nos habitudes alimentaires en consommant moins de viande (subitement, la viande rouge est devenue très mauvaise pour notre santé), on peut aussi se passer de voiture (la marche à pied est recommandée chaque jour pour notre santé), et ainsi de suite. En conclusion, les affirmations du Premier Ministre ou du Président tombent : impossible de faire autrement pour cette rapide transition écologique, sans augmenter les tarifs de l’électricité et du gaz, c’est normal et naturel, mais ne nous plaignons pas, puisque notre pouvoir d’achat va augmenter (c’est en route), grâce aux bons résultats de cette politique, et nous pourrons donc payer les augmentations successives de nos factures, tout contents de participer à cette transition écologique. Soyons solidaires et bons citoyens !

Cependant, en toile de fond, on suit avec tristesse le douzième samedi de manifestations des gilets jaunes, avec, en tête du cortège, les manifestants blessés par des armes dangereuses : grenades, flash balls, sans compter l’usage de plus en plus fréquent de canons à eau et de gaz lacrymogènes. On compte le nombre de manifestants, de moins en moins nombreux, et l’intensité des violences, le nombre de blessés et de mutilés de part et d’autre, et toujours …. Le petit nombre de voyous professionnels qui se mêlent aux manifestants, une minorité agissante qui attaque, pille, détruit, et se joue des répressions violentes commandées par Monsieur Castaner. De semaine en semaine, on assiste à une escalade de violence et de haine, à de nombreuses arrestations musclées par un service d’ordre disposant d’armes redoutables interdites partout en Europe dans ce genre de manifestations, car jugées dangereuses par les graves blessures et mutilations qu’elles provoquent, surtout lorsqu’elles sont mises à la disposition de personnes non formées. Comment, avec tous ces moyens mis en place, on ne peut pas venir à bout de ces bandes de voyous minoritaires, bien connus des forces de l’ordre, qui reviennent à chaque manifestation, échappant aux arrestations et aux sanctions ? N’y aurait-il pas une autre méthode de fonctionnement pour protéger les manifestants et les biens, en punissant sévèrement les vrais coupables, sans envisager et voter une nouvelle loi « anti casseurs » ?

Et en même temps, nouveau rebondissement de l’affaire politico judiciaire Benalla (acte III) révélée par le journal « médiapart » et qui diffuse un enregistrement d’une conversation téléphonique entre Monsieur Benalla et son ami Vincent Crase, tous deux sanctionnés par la justice avec interdiction de se voir et de communiquer, affirmant que le patron (le président Macron) les soutenait toujours, qu’il leur gardait sa confiance, et qu’ils n’avaient rien à craindre pour leurs prochaines affaires en cours, alors que l’Elysée dément. Qui a menti ? Qui protège qui ? Dans quel but ? Nous voulons toute la vérité.

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