Le macronisme de l’an deux

Monique Cochinal

Après deux semaines sans gouvernement, c’est aujourd’hui le grand jour de la présentation du nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron (deuxième remaniement depuis son élection). Une longue attente pour un mini remaniement.

Ce matin, 21 ministres et 13 secrétaires d’Etat ont pris place autour de notre président à l’air grave et plutôt soucieux, pour le conseil des ministres et la présentation du nouveau gouvernement. Seulement trois petits nouveaux ont pris place, car nous connaissons déjà tous les autres. Pour remplacer Gérard Collomb, on a nommé le fidèle Christophe Castaner, et pour le remplacer à son ancien poste, on a nommé une autre personne de la famille, et ainsi de suite. On serre les rangs et surtout tous unis derrière le chef.

Notre président remet les choses en place. La période est difficile, depuis l’affaire Benalla. Les oppositions sont nombreuses, et les Français deviennent de plus en plus mécontents. Mais, envers et contre tous, le cap suivi restera le même, les nombreuses réformes devront être votées et exécutées. Quant aux élections européennes qui approchent, il faut déjà s’y préparer, car il faut les remporter. Rien ni personne ne doit les arrêter. Leur charge sera difficile, mais ils sont nommés pour réussir, et il est, lui, de plus en plus convaincu que la politique menée est la seule valable.

Serait-ce coïncidence ou pas ? Le jour de la présentation du nouveau gouvernement, nous sommes les témoins de l’évènement suivant : dès sept heures du matin, des policiers et un procureur de la République en tête, sur ordre du Parquet de Paris, font irruption dans les appartements privés et dans le local du parti « La France Insoumise », le fief de notre bouillant méditerranéen Jean Luc Mélanchon, élu député et chef de groupe à l’Assemblée, justement ce fameux leader qui fait barrière à la politique actuelle et demande même aux citoyens mécontents de profiter des élections européennes pour voter contre le président et sa politique. C’en est trop, il devient gênant, il serait peut-être opportun de l’éliminer lui aussi….. On a déjà connu cela pendant la campagne présidentielle, rappelez-vous.

Il est regrettable que Monsieur Mélanchon se soit exprimé avec autant de violence, sans pouvoir garder son calme devant les forces de l’ordre et Le Procureur. Dans sa colère, il pose une question importante : qui a donné l’ordre de perquisition ? D’après la loi, il est député, élu par le peuple, il représente la République, et normalement intouchable. Y aurait-il un nouveau complot lancé contre lui, pour l’évincer ? Y aurait-il connivence entre pouvoir politique et justice ? La justice est-elle la même pour tout citoyen ? Pourquoi poursuivre avec acharnement certains leaders politiques et protéger certains de nos ministres actuels, qui traînent, depuis quelques années, des casseroles derrière eux ?

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