Le rapport de la Commission d’enquête sénatoriale

Monique Cochinal

Comme promis, nos sénateurs ont terminé leurs travaux d’enquête concernant l’affaire Benalla.

Après plusieurs mois d’un important travail, après plusieurs heures d’une écoute attentive de nombreux hauts-fonctionnaires du pouvoir exécutif, proches du Président Macron, le rapport est accablant. Il révèle de graves dysfonctionnements au sein de plusieurs des institutions de notre République : dissimulations, favoritisme « incompréhensible » en faveur de Monsieur Benalla et ses nombreuses combines, mensonges et même parjures devant la commission d’enquête de trois plus proches collaborateurs et amis du président, et ….. Ce « n’est que la partie émergée de l’iceberg » nous dit notre Sénateur Philippe Bas, président de la commission.

Peu de temps avant la divulgation du rapport sénatorial, Dame Justice s’est subitement réveillée, en panique, et le Parquet de Paris vient de placer Alexandre Benalla en détention provisoire, en attendant l’ouverture d’une nouvelle enquête. Voilà donc notre « ex garde du corps » du Président, en prison, certes, mais dans une cellule séparée, à l’abri des mauvais coups de certains détenus (on ne sait jamais …. Ce qui pourrait lui arriver …. Il est tellement connu en France et à l’étranger). Il va pouvoir se reposer de ses nombreux voyages et activités multiples et regarder la télévision, entendre tous les commentaires concernant sa personne, car il est encore la vedette du jour. On ne l’oublie pas. Il va rester célèbre dans ce « nouveau monde ». Vraiment dommage que les journalistes, avec leur désir de toujours fouiller partout, aient dévoilé et diffusé « certaines choses pas très catholiques », longtemps dissimulées. Et ce Sénat qui se mêle de ce qui ne le regarde pas !

Comment réagit notre pouvoir exécutif ? Assez mal, à mon avis, avec deux tendances distinctes. La première réaction est celle de Benjamin Griveaux, aussitôt après le compte-rendu de l’enquête sénatoriale, qui accuse carrément le Sénat en affirmant des « contrevérités dans ce fameux rapport » Qu’il avoue, par ailleurs, ne pas avoir encore lu !!!

Notre Ministre de la Justice, Madame Belloubet, accuse aussi le Sénat d’avoir dépassé, uniquement pour des raisons politiques, les fonctions attribuées par la constitution de notre république, en mêlant pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire, qui est indépendant et l’a toujours été (on en a souvent douté, surtout lors de la dernière nomination du nouveau Procureur de Paris par le Président Macron lui-même). Du reste, les enquêtes judiciaires menées avant le rapport de cette commission montrent que la justice est la même pour tout citoyen (sauf que pour certains citoyens protégés elle est très …. Très lente, et pour d’autres jugés dangereux pour le pouvoir, excessivement rapide).

Quelques députés de La République en Marche minimisent encore l’affaire Benalla : «  oui, il y a eu peut-être quelques dysfonctionnements, quelques maladresses, quelques irresponsabilités, mais ce rapport dénote surtout une manœuvre politique de l’opposition, une petite vengeance de tous ces partis pour nuire au Président, et non une affaire d’Etat ». Du reste, ils ont déjà pris des dispositions pour qu’une telle affaire ne se reproduise pas. Piètre défense, à mon avis. Si tout avait été clair et transparent, pourquoi, dès le début, nos chers députés et la présidente de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale ont-ils fait échouer cette assemblée en employant de mauvais arguments ?

Personnellement, je remercie nos sénateurs intègres pour ce véritable travail de recherche de la Vérité, et mon souhait le plus cher serait que nos institutionnalistes sachent conserver intactes toutes les institutions de cette Vème République, en réformant toutes les dérives de nos adeptes du « nouveau monde ».

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