Le vote blanc

> Voici un article écrit par  

Françoise  Tchoudjem (voir sa biographie à la fin)  sur le « vote blanc  » publié dans Vie publique et une enquête IFOP.

La reconnaissance du vote blanc

Le Parlement a définitivement adopté une proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections.

Le vote blanc consiste, pour un électeur, à glisser un bulletin vierge (ou pas de bulletin du tout) dans l’enveloppe qu’il dépose ensuite dans l’urne. Jusque-là, le code électoral n’établissait pas de distinction entre vote blanc et vote nul (bulletins déchirés ou annotés). Lors du dépouillement, les votes blancs et les votes nuls étaient comptabilisés ensemble et annexés au procès-verbal du dépouillement mais sans être pris en compte dans le décompte des suffrages exprimés.

Les parlementaires ont considéré que le vote blanc a une signification politique particulière et qu’il convient d’opérer une distinction claire entre l’absence de vote, le vote nul parce qu’irrégulier et le vote blanc du citoyen. En outre, une meilleure reconnaissance du vote blanc devrait contribuer à la lutte contre le développement de l’abstention voire « dégonfler les votes pour les extrêmes », l’électeur disposant d’une voie nouvelle pour faire entendre son insatisfaction à l’égard de l’offre politique et pour appeler au renouvellement de celle-ci.

Le texte adopté par le Parlement modifie le code électoral pour assurer, lors de chaque scrutin, la comptabilisation des votes blancs de manière séparée des bulletins nuls. Le nombre de votes blancs sera mentionné dans les résultats du scrutin. Néanmoins, les votes blancs ne seront pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Les seuils électoraux pour se maintenir au second tour ou pour atteindre la majorité absolue ne seront donc pas modifiés par ce nouveau mode de comptabilisation. En outre, le texte ne concerne pas l’élection présidentielle (une modification des règles de l’élection présidentielle nécessiterait une loi organique).

L’article 6 de la loi prévoit une entrée en vigueur le 1er avril 2014. Ces nouvelles dispositions s’appliqueront pour la première fois lors des élections européennes du 25 mai 2014.

 « Les Français et le vote blanc » : étude Ifop- Association des « Citoyens du vote blanc »

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sondages

L’étude Ifop, pour l’Association « Citoyens du vote blanc », intitulée « Les Français et le vote blanc » remet sur la table un sujet bien souvent sous évalué dans l’opinion : le vote blanc.

En février 2014, une loi avait  été votée en faveur d’une meilleure reconnaissance du vote blanc : son seul effet pratique est que les votes blancs seront comptabilisés séparément des votes nuls, auxquels ils étaient auparavant assimilés: « Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait spécialement mention dans les résultats des scrutins ».

Selon l’étude en question, 83 % des Français souhaitent que la loi électorale soit modifiée pour que le vote blanc soit considéré comme un suffrage exprimé (et puisse éventuellement empêcher l’élection d’un candidat, faute de majorité absolue). Selon cette étude, 25 % voteraient blanc au premier tour de 2017 si le vote blanc était réellement pris en compte dans les résultats. Etre pour la reconnaissance du vote blanc ne veut donc pas dire que l’on va voter blanc, le vote blanc actuel n’ayant pas d’impact sur le résultat de l’élection.

La reconnaissance du vote blanc serait-elle aussi une incitation à voter ? La question mérite d’être posée, surtout au vu des chiffres de l’abstention lors des dernières élections. Présidentielle de 2012 : 20,52 % au premier tour et 19,65 % au second tour ; Législatives de 2012 : 42,78 % au premier tour et 44,60 % au second tour ; Européennes de 2014 : 57,57 % ; Départementales 2015 : 49,83 % au premier tour et 50,02 % au second tour ; Régionales 2015 : 50,09 %  au premier tour et 41,59 % au second tour.

Diverses personnalités se sont prononcées en faveur de la reconnaissance du vote blanc : le philosophe Michel Onfray, les journalistes Yves Thréard, Christophe Barbier, Natacha Polony, les élus Jean Lassalle, Claude Bartolone ou encore le cinéaste Mathieu Kassovitz

Françoise TCHOUDJEM

Après une formation universitaire à la Sorbonne, Françoise BAILLE TCHOUDJEM a exercé des fonctions d’encadrement au ministère de l’agriculture (relations européennes), puis au  ministère des affaires étrangères à la Direction des Nations Unies et des Organisations Internationales – Mission des fonctionnaires internationaux. Elle s’est notamment occupée des missions de gestion de crises et de la sélection  d’observateurs électoraux pour le compte de l’Union européenne et de l’OSCE. Elle a effectué des missions d’observations électorales dans les Territoires palestiniens, au Togo, au Venezuela et en Côte d’ Ivoire. Elle a participé à la formation au diplôme d’administrateur des élections sous la responsabilité de M. Bernard Owen en 2010-2011.

 

 

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