Les avatars du macronisme et du « nouveau monde »

Monique Cochinal

Depuis l’affaire Benalla, rien ne va plus pour nos élus et leur idéologie macroniste. Ils étaient pourtant bien partis « en marchant » puis « en courant » pour arriver « en grande pompe » au sommet de la cordée, étonnés et ravis de leur victoire inattendue. Les premiers mois du quinquennat (tout nouveau, tout beau) notre jeune équipe, sans grande expérience des affaires de l’Etat, s’est attaquée à tous les dossiers en même temps, a voté de nouvelles lois à tour de bras, et en grande vitesse. La vie était facile, ils étaient majoritaires à l’Assemblée Nationale, tous derrière le chef, liés à lui. Les opposants ? Disparus, anéantis, muets (ou presque). Il y avait bien quelques rumeurs, par ci, par là, mais rien d’important. De toute façon, les mesures prises, les réformes engagées étaient les seules valables pour rétablir travail, prospérité, sécurité, bien-être dans notre beau pays de France, en ville comme à la campagne, car nos jeunes élus, pendant la campagne électorale nous l’avaient promis, et notre candidat Emmanuel Macron, au cours de merveilleux discours de plus en plus enflammés affirmait : « je ferai baisser le chômage, je ferai repartir notre économie…. Je ne toucherai pas à l’âge obligatoire de la retraite…. Mon cap est bien défini …. Je ferai ce que j’ai dit … j’en prends l’engagement …. Pour le bien de tous et toutes ». Hélas, gouverner un pays est une très lourde tâche et une grosse charge. Rien à voir avec les promesses utopiques des discours de campagne électorale. Il y faut du doigté, de l’expérience, une bonne dose de sincérité, de l’humilité, parfois, et aussi une véritable attention aux autres. Sinon …..

En plein été 2018, subitement, un violent orage éclata dans ce ciel sans nuage : la malheureuse affaire Benalla et les nombreuses enquêtes sénatoriales, diffusées en direct sur les plateaux de télévision, qui ont suscité un grand intérêt de la part de nombreux citoyens. Des mensonges, des erreurs, des dysfonctionnements de nos principales institutions furent dévoilés, et le peu de  confiance, que nous avions envers nos élus, s’envola très vite. Décidément, ce « nouveau monde » avec son idéologie était pire que l’ancien monde. Plus les mois passaient, plus on doutait. Et puis, malgré toutes ces réformes, le pouvoir d’achat diminuait, le taux de chômage ne baissait pas, les impôts augmentaient, et le chef d’Etat, droit dans ses bottes, s’entêtait, se cabrait, accusant l’un, l’autre.

On connaît la suite : la grave crise des gilets jaunes, depuis novembre 2018, les réformes suspendues, la grogne des citoyens, leur colère violente et la panique à bord du bateau France, qui sombre lentement mais sûrement. Nos moussaillons, effrayés, quittent le navire, les uns après les autres. De cette belle équipe, bien soudée, il n’en reste plus que quelques uns ou quelques unes. Le capitaine Macron a beaucoup de difficultés, il lui faut déplacer l’un pour remplacer l’autre. Curieux remaniement !

C’est ainsi que nous avons assisté au chassé croisé du dernier remaniement. A nouveau, trois départs de l’équipe des fidèles de notre président, que l’on a dû remplacer rapidement. Alors, quelles jolies têtes fidèles allons-nous choisir ? La jolie Sibeth Ndiaye, jeune, costaude, sûre, porte parole du gouvernement, qui a déclaré, devant l’Assemblée Nationale, savoir mentir pour protéger le président.

Aurélie de Montchalin (33 ans) est nommée secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes pour remplacer Nathalie Loiseau, désignée tête de liste du parti LAREM pour les élections européennes, et enfin, Cédric O (36 ans), le trésorier de la campagne électorale du président Macron, devient secrétaire d’Etat au numérique.

Ce qui fait dire aux opposants que ce dernier remaniement « faisait la part belle aux fidèles d’Emmanuel Macron » (on peut rajouter « aux derniers fidèles »). Comme dans l’ancien monde, on prend les mêmes et on recommence.

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