Les élections européennes

Monique Cochinal

Dans notre pays bien tourmenté, la campagne électorale pour les élections européennes est commencée. Les listes des candidats se forment, et les professions de foi s’élaborent. Ce n’est certes pas le moment favorable pour de telles élections : il y a déjà une telle tension entre le gouvernement et les citoyens mécontents, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, mais il nous faut respecter le calendrier établi.

Comment réfléchir calmement pour élire, en son âme et conscience, les parlementaires européens qui sauront redresser une Europe bien secouée, et qui va à la dérive elle aussi ?

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et pour avoir toute leur valeur, ces élections européennes ne devraient pas être une sanction affligée aux dysfonctionnements de notre gouvernement macroniste, un votre « contre », ou un vote « par défaut », mais plutôt la désignation de parlementaires unis, sachant mettre en place un projet commun, aux bases solides, qui permettrait à l’Union Européenne de faire face aux nombreux défis de la mondialisation sur tous les plans : économie, affaires sociales, santé, éducation, affaires étrangères, armée : un très vaste chantier dépassant, et de beaucoup, nos querelles internes, nos petits clans, nos folles ambitions personnelles. Notre petite France seule est insignifiante face à de grandes puissances telles que les Etats Unis d’Amérique, la Chine, l’Asie, la Russie, le grand continent africain et ses Etats continuellement en guerre. Mais, ne dit-on pas que l’union fait la force. Il est donc nécessaire et urgent que tous nos petits Etats européens acceptent de s’unir s’ils ne veulent pas disparaître.

Cependant, il y a un désamour prononcé pour ces élections et une grande abstention à chaque fois. On a assisté à de grandes campagnes anti européennes, ces derniers temps, qui ont mené, malheureusement, au brexit en Grande Bretagne avec de grandes conséquences autant du côté britannique que du côté européen. Il faut ajouter à cela et déplorer le mode de scrutin employé : la proportionnelle, avec l’émergence de petits partis minoritaires incapables de s’entendre et de former un parlement fort.

Et pourtant, dans deux mois, tout citoyen conscient de l’importance de son bulletin de vote devra choisir ses leaders. Rien de simple dans cette atmosphère plus que troublée.

Pour E. Macron et son parti, la campagne électorale a commencé depuis quelques mois déjà avec de nombreux déplacements, prises de paroles, rencontres, de vrais meetings bien organisés (aux frais de l’Etat, je pense, c’est-à-dire à nos frais). Il ne manque pas une occasion de nous mettre en garde contre nos Etats voisins et amis européens devenus « populistes », « nationalistes », « extrémistes de droite », donc à combattre. Deux idéologies se font face : les progressistes macronistes et les « nationalistes anti européens ». Son ennemi numéro un est, on s’en serait douté, le Rassemblement National et Marine Le Pen, comme dans l’ancien monde, lors des malheureuses élections présidentielles. Les sondages le montrent avec La République en Marche en tête avec un petit pourcentage (24 %) d’intentions de vote, et très près derrière, le Rassemblement National et Marine Le Pen avec 23 % d’intentions de vote.

Nous avons assisté à la présentation peu sérieuse, devant les médias, de la liste des candidats choisis pour le parti La République en Marche. Pour voir toutes les têtes, le cameraman avait aligné avec soin tout le monde (les petits devant, les grands derrière juchés sur un banc (comme pour nos anciennes photos de famille ou de classe), mais, juste au moment de la prise de vue de la camera, un malencontreux mouvement du banc a fait chuter les trois ou quatre personnages, que l’on a vu disparaître les uns après les autres. Est-ce ce malheureux incident qui a troublé le second de la liste chargé de présenter ses coéquipiers et coéquipières au point de le faire bégayer et d’écorcher leurs noms, s’excusant à chaque fois avant de rectifier ?

Quant à Jean Luc Mélanchon et sa liste, nous savons depuis longtemps que ses adhérents voteront en bloc contre le gouvernement actuel, pour instaurer la merveilleuse VIème République (peu sérieux pour des élections européennes). Nos autres grands partis, complètement anéantis depuis la dernière élection présidentielle, ont bien du mal à présenter leurs listes et leurs propres candidats. Espérons un réveil de leur part, avant qu’il ne soit trop tard.

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