Les élections européennes : une réplique des élections présidentielles ?

Monique Cochinal

Dans un mois, auront lieu les élections européennes. Tout citoyen Français, en âge de voter, pourra retourner aux urnes et voter, librement, en son âme et conscience, pour la liste des candidats de son choix. Bien que l’enjeu soit considérable, ces élections, généralement, sont boudées par les Français, qui préfèrent aller à la pêche et profiter des beaux dimanches ensoleillés du mois de mai, plutôt que de se rendre dans un sombre bureau de vote, et glisser son bulletin de vote dans l’urne. Et vivent les chers loisirs au grand air !

Or, il faut se rendre à l’évidence que celles-ci, si proches, dans un environnement national et international plus que tourmenté, nous rappellent, hélas, les dernières élections présidentielles, sans débats sérieux, si ce n’était qu’une cacophonie de multiples candidats aux programmes plus ou moins utopiques, satisfaits d’eux quand ils pouvaient abattre définitivement leurs adversaires (souvenons-nous de l’affaire politico judiciaire Fillon Pénélope et de ses dramatiques conséquences). A nouveau, face à face, deux blocs, les mêmes : la liste du seul mouvement au pouvoir La République en Marche (LReM) et le macronisme, et la seule opposante en vue : Marine Le Pen et son parti, le Rassemblement National, anti- Europe, nationaliste, anti- républicain etc… Ce qui fait dire à notre Président : « si vous ne votez pas pour mon parti et sa liste, vous aurez d’ici peu, non seulement en France, mais également en Europe, les très méchants populistes extrémistes ». Nous avons déjà entendu le même refrain, lors des dernières élections européennes. Cela lui a réussi, malheureusement, puisque les bons citoyens n’aimant pas du tout les extrêmes, de droite ou de gauche, au pouvoir, ou bien se sont abstenus (le taux d’abstention le plus élevé pour une élection présidentielle), ou bien ont voté « par défaut » (un peu plus de 20 %). Que voit-on aujourd’hui, dans les sondages pour les intentions de vote des européennes ? Les mêmes pourcentages : pour le parti du pouvoir  et sa liste : 25 % de votes, aussitôt derrière, la liste du Parti Rassemblement National : 23, 5 % de votes, les autres opposants et leurs listes venant assez loin derrière. Il faut ajouter à tout cela un climat de trouble et de grande violence, que nous ne connaissions pas auparavant, et une vaste propagande nationale et internationale de la part de notre propre gouvernement d’une lutte sauvage de tous les opposants jugés dangereux. Il faut entendre Nathalie Loiseau, femme leader de la liste Macroniste, cracher son venin envers Marine Le Pen et la liste du Rassemblement National, oubliant, pour un temps, qu’une petite erreur de jeunesse l’avait, pour faire plaisir à des amis, fait s’inscrire sur une liste de ce parti qu’elle bannit si fortement maintenant. Ah ! Ces erreurs de jeunesse ….. Elles vous rattrapent un jour ou l’autre. Quant à sa profession de foi, elle est convaincue qu’elle est la plus forte, avec son ami Macron derrière, aucun souci. Il sait comment faire table rase de tous ses adversaires.

Au fait, côté adverse, on a beaucoup de mal à se relever. Quelques frémissements pour la liste Les Républicains, avec un certain François Xavier Bellamy, jeune candidat très posé, qui demande à être connu, avec un programme pro-européen paraissant sensé et raisonnable.

Il serait fort dommageable que ces élections européennes aboutissent, par un vote « par défaut » à la victoire d’un personnage peu aimé de son peuple et de plusieurs Etats européens voisins. Alors, restons vigilants.

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